L’Iran accélère la production d’uranium hautement enrichi selon l’AIEA

L’Iran a encore accéléré son rythme de production d’uranium hautement enrichi, selon un rapport confidentiel de l’AIEA, jugé “politique” par l’Iran au moment où il dit avoir reçu des “éléments” d’une proposition américaine pour un nouvel accord.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a noté une nette hausse de l’uranium enrichi à 60%, seuil proche des 90% nécessaires pour fabriquer une arme nucléaire, d’après un bilan d’étape consulté par l’AFP.Le total s’élevait à 408,6 kg à la date du 17 mai, soit une augmentation de 133,8 kg sur les trois mois passés (à comparer +92 kg sur la période précédente).Quant à la quantité totale d’uranium enrichi, elle dépasse désormais de 45 fois la limite autorisée par l’accord conclu en 2015 avec les grandes puissances, s’élevant à 9247,6 kg.”Cette hausse considérable dans le seul Etat non-détenteur d’armes nucléaires à produire une telle matière suscite une forte inquiétude”, écrit l’instance onusienne.En réaction, le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé des conclusions “politiques”, qui “ne présentent pas une évaluation complète et précise des facteurs ayant un impact sur la situation actuelle”. Dans un communiqué, il a accusé l’AIEA de “s’appuyer sur des sources d’information peu fiables et trompeuses fournies par le régime israélien”.De son côté, le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas tardé à regretter que “malgré les innombrables avertissements de la communauté internationale”, l’Iran soit “totalement déterminé à achever son programme d’armement nucléaire”.- L’enrichissement au coeur des débats -Ce rapport a été divulgué alors que Washington et Téhéran mènent des discussions depuis plusieurs semaines pour tenter de trouver un nouvel accord et stopper l’escalade.Samedi, l’Iran a dit avoir reçu des “éléments” d’une proposition américaine à l’issue de cinq cycles de négociations menés sous la médiation d’Oman et a affirmé par le voix de son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, sur X, qu’il y répondra de manière appropriée”.Vendredi le président américain Donald Trump estimait qu’Iran et Etats-Unis étaient “assez proches d’un accord”, un optimisme toutefois tempéré par M. Araghchi, “pas sûr” de l'”imminence” d’un accord.Les négociations achoppent pour l’heure sur la question de l’enrichissement d’uranium: les Etats-Unis demandent que l’Iran y renonce totalement, tandis que Téhéran refuse catégoriquement.Les pays occidentaux soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. L’Iran se défend d’avoir de telles ambitions militaires, mais souligne son droit au nucléaire civil.- Inspecteurs américains ? -Téhéran et Washington ont tenu le 23 mai à Rome le cinquième cycle de pourparlers sous la médiation d’Oman. Aucune nouvelle date n’a pour le moment été fixée.En cas d’accord avec Washington, l’Iran a affirmé mercredi qu’il pourrait autoriser sur son sol des inspecteurs américains de l’AIEA.Il s’agirait d’une première depuis la Révolution islamique de 1979, selon le chercheur Ali Vaez, spécialiste de l’Iran à l’International Crisis Group, un cercle de réflexion américain.L’AIEA a par ailleurs déploré samedi la coopération “moins que satisfaisante” de l’Iran, dans un second rapport préparé par l’instance onusienne à la demande cette fois des Occidentaux lors de leur résolution critique de novembre.”L’Iran a, à plusieurs reprises, soit pas répondu, soit pas fourni de réponses techniquement crédibles aux questions de l’agence et a nettoyé” des lieux, “ce qui a entravé les activités de vérification” dans trois sites non déclarés, à savoir Lavisan-Shian, Varamin et Turquzabad, déplore l’Agence.Durant son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait retiré unilatéralement son pays d’un accord international sur le nucléaire conclu en 2015 et rétabli de lourdes sanctions américaines.En représailles, l’Iran s’est affranchi de certaines obligations, accélérant notamment l’enrichissement d’uranium bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l’accord.M. Trump cherche dorénavant à négocier un nouveau texte mais menace d’un recours à l’option militaire en cas d’échec de la diplomatie. 

Ukraine: la pression russe s’intensifie dans la région de Soumy, où Kiev craint un assaut

La Russie a revendiqué samedi la prise d’un nouveau village dans la région ukrainienne de Soumy (nord-est), où Kiev craint un assaut d’ampleur et vient d’ordonner de nouvelles évacuations.Malgré l’intensification des contacts diplomatiques pour trouver une issue à l’invasion russe de 2022, les combats et bombardements continuent de faire rage en Ukraine, où ils ont tué selon les autorités au moins huit personnes dans les dernières 24 heures, dont une fillette de neuf ans.Le ministère russe de la Défense a annoncé dans un communiqué la prise du village de Vodolagy, dans la région frontalière de Soumy, après avoir revendiqué la prise d’autres localités de la zone ces dernières semaines.Il a aussi affirmé s’être emparé d’un village de la région de Donetsk (est), Novopil.L’essentiel des combats se concentre dans l’est de l’Ukraine, mais Kiev craint une nouvelle offensive russe plus au nord, dans la région de Soumy.Le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Oleksandre Syrsky, a affirmé samedi que la Russie concentrait ses assauts dans plusieurs zones de la région de Donetsk, notamment Pokrovsk et Toretsk, mais aussi sur des “parties de la région de Soumy”.Il a aussi noté que les forces russes intensifiaient leurs assauts bien plus au sud, dans la région de Zaporijjia, où l’Ukraine craint également une offensive.Toute attaque à grande échelle représenterait un défi important pour l’armée ukrainienne, moins bien dotée et déjà en position difficile.Plus tôt cette semaine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que Moscou massait plus de 50.000 soldats en vue d’une possible offensive dans la région de Soumy.Moscou pourrait vouloir créer une zone tampon pour empêcher des incursions ukrainiennes sur son territoire, comme l’été dernier dans la région de Koursk qui jouxte celle de Soumy.L’administration régionale ukrainienne a annoncé samedi l’évacuation obligatoire de onze villages proches de la frontière.Elle n’a pas cité la crainte d’un assaut, mais a justifié cette décision par “la menace constante qui pèse sur la vie des civils en raison des bombardements”.Au total, 213 localités de la région sont déjà placées sous ordre d’évacuation, selon les autorités.L’évacuation obligatoire d’un village est généralement décidée quand les combats s’intensifient, mais ne signifie pas forcément que l’armée russe s’apprête à s’en emparer.- Rendez-vous lundi? -Le porte-parole du service d’Etat des garde-frontières, Andriï Demtchenko, a néanmoins affirmé jeudi à la télévision ukrainienne que la Russie avait massé assez de forces près de Soumy pour “tenter une attaque”.Selon lui, ce “renforcement” a commencé quand les forces de Moscou luttaient contre les soldats ukrainiens dans la région russe de Koursk.L’armée ukrainienne y avait lancé une offensive surprise en août, mais elle a perdu depuis la quasi-totalité du territoire qu’elle contrôlait.La Russie a lancé en février 2022 ses troupes à l’assaut de l’Ukraine, pays dont elle occupe actuellement environ 20% du territoire. Ce conflit a fait au moins des dizaines de milliers de morts civils et militaires dans les deux camps.Les efforts diplomatiques pour y mettre fin s’intensifient ces dernières semaines, mais chaque camp accuse l’autre de ne pas vouloir la paix.Après que le président américain Donald Trump a estimé que son homologue russe “jouait avec le feu”, Moscou a proposé à Kiev de se retrouver pour de nouveaux pourparlers directs lundi à Istanbul, où s’était tenu un premier rendez-vous infructueux le 16 mai.L’Ukraine, qui accuse la Russie de ne chercher qu’à gagner du temps, n’a pas encore dit si elle acceptait. Elle demande notamment à recevoir à l’avance le “mémorandum” exposant les conditions de Moscou pour une paix durable, ce que le Kremlin a refusé.M. Zelensky a encore dit samedi que les intentions de Moscou n’étaient pas claires, et que, à ce stade, la réunion d’Istanbul “ne (semblait) pas très sérieuse”. Il a accusé la Russie de tout faire pour que celle-ci “n’apporte aucun résultat”.Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans un appel à M. Zelensky vendredi soir, a plaidé pour la participation des deux pays lundi avec des “délégations fortes”, selon l’agence étatique turque Anadolu.La composition de la délégation russe lors du premier cycle de discussion, menée par un conseiller de second plan connu pour ses positions nationalistes, avait été interprétée par Kiev comme un signe du manque de sérieux de la démarche russe.Moscou prévoit d’envoyer la même équipe lundi.Kiev exhorte la Russie à accepter un cessez-le-feu immédiat proposé par Washington et soutenu par les Européens, mais le Kremlin s’y refuse.

Ukraine: la pression russe s’intensifie dans la région de Soumy, où Kiev craint un assaut

La Russie a revendiqué samedi la prise d’un nouveau village dans la région ukrainienne de Soumy (nord-est), où Kiev craint un assaut d’ampleur et vient d’ordonner de nouvelles évacuations.Malgré l’intensification des contacts diplomatiques pour trouver une issue à l’invasion russe de 2022, les combats et bombardements continuent de faire rage en Ukraine, où ils ont tué selon les autorités au moins huit personnes dans les dernières 24 heures, dont une fillette de neuf ans.Le ministère russe de la Défense a annoncé dans un communiqué la prise du village de Vodolagy, dans la région frontalière de Soumy, après avoir revendiqué la prise d’autres localités de la zone ces dernières semaines.Il a aussi affirmé s’être emparé d’un village de la région de Donetsk (est), Novopil.L’essentiel des combats se concentre dans l’est de l’Ukraine, mais Kiev craint une nouvelle offensive russe plus au nord, dans la région de Soumy.Le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Oleksandre Syrsky, a affirmé samedi que la Russie concentrait ses assauts dans plusieurs zones de la région de Donetsk, notamment Pokrovsk et Toretsk, mais aussi sur des “parties de la région de Soumy”.Il a aussi noté que les forces russes intensifiaient leurs assauts bien plus au sud, dans la région de Zaporijjia, où l’Ukraine craint également une offensive.Toute attaque à grande échelle représenterait un défi important pour l’armée ukrainienne, moins bien dotée et déjà en position difficile.Plus tôt cette semaine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que Moscou massait plus de 50.000 soldats en vue d’une possible offensive dans la région de Soumy.Moscou pourrait vouloir créer une zone tampon pour empêcher des incursions ukrainiennes sur son territoire, comme l’été dernier dans la région de Koursk qui jouxte celle de Soumy.L’administration régionale ukrainienne a annoncé samedi l’évacuation obligatoire de onze villages proches de la frontière.Elle n’a pas cité la crainte d’un assaut, mais a justifié cette décision par “la menace constante qui pèse sur la vie des civils en raison des bombardements”.Au total, 213 localités de la région sont déjà placées sous ordre d’évacuation, selon les autorités.L’évacuation obligatoire d’un village est généralement décidée quand les combats s’intensifient, mais ne signifie pas forcément que l’armée russe s’apprête à s’en emparer.- Rendez-vous lundi? -Le porte-parole du service d’Etat des garde-frontières, Andriï Demtchenko, a néanmoins affirmé jeudi à la télévision ukrainienne que la Russie avait massé assez de forces près de Soumy pour “tenter une attaque”.Selon lui, ce “renforcement” a commencé quand les forces de Moscou luttaient contre les soldats ukrainiens dans la région russe de Koursk.L’armée ukrainienne y avait lancé une offensive surprise en août, mais elle a perdu depuis la quasi-totalité du territoire qu’elle contrôlait.La Russie a lancé en février 2022 ses troupes à l’assaut de l’Ukraine, pays dont elle occupe actuellement environ 20% du territoire. Ce conflit a fait au moins des dizaines de milliers de morts civils et militaires dans les deux camps.Les efforts diplomatiques pour y mettre fin s’intensifient ces dernières semaines, mais chaque camp accuse l’autre de ne pas vouloir la paix.Après que le président américain Donald Trump a estimé que son homologue russe “jouait avec le feu”, Moscou a proposé à Kiev de se retrouver pour de nouveaux pourparlers directs lundi à Istanbul, où s’était tenu un premier rendez-vous infructueux le 16 mai.L’Ukraine, qui accuse la Russie de ne chercher qu’à gagner du temps, n’a pas encore dit si elle acceptait. Elle demande notamment à recevoir à l’avance le “mémorandum” exposant les conditions de Moscou pour une paix durable, ce que le Kremlin a refusé.M. Zelensky a encore dit samedi que les intentions de Moscou n’étaient pas claires, et que, à ce stade, la réunion d’Istanbul “ne (semblait) pas très sérieuse”. Il a accusé la Russie de tout faire pour que celle-ci “n’apporte aucun résultat”.Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans un appel à M. Zelensky vendredi soir, a plaidé pour la participation des deux pays lundi avec des “délégations fortes”, selon l’agence étatique turque Anadolu.La composition de la délégation russe lors du premier cycle de discussion, menée par un conseiller de second plan connu pour ses positions nationalistes, avait été interprétée par Kiev comme un signe du manque de sérieux de la démarche russe.Moscou prévoit d’envoyer la même équipe lundi.Kiev exhorte la Russie à accepter un cessez-le-feu immédiat proposé par Washington et soutenu par les Européens, mais le Kremlin s’y refuse.

Pentagon chief warns China is ‘preparing’ to use military force in Asia

US Secretary of Defense Pete Hegseth on Saturday warned that China was “credibly preparing” to use military force to upend the balance of power in Asia — remarks that earned a sharp rebuke from Beijing.The Pentagon chief was speaking at an annual security forum in Singapore, as the administration of US President Donald Trump spars with Beijing on trade, technology, and influence over strategic corners of the globe.China’s foreign ministry blasted the speech, saying it had “lodged solemn representations with the US side” over Hegseth’s comments and taking particular exception to his remarks about Taiwan.Trump has launched a trade war with China since taking office in January, sought to curb its access to key AI technologies and deepened security ties with allies such as the Philippines, which is engaged in escalating territorial disputes with Beijing.”The threat China poses is real and it could be imminent,” Hegseth said at the Shangri-La Dialogue, attended by defence officials from around the world.Beijing is “credibly preparing to potentially use military force to alter the balance of power in the Indo-Pacific”, he said.Hegseth warned that the Chinese military was building the capabilities to invade Taiwan and “rehearsing for the real deal”.China has ramped up military pressure on Taiwan and held large-scale exercises around the self-governed democratic island that are often described as preparations for a blockade or invasion.The United States was “reorienting toward deterring aggression by communist China”, Hegseth said, calling on US allies and partners in Asia to swiftly upgrade their defences in the face of mounting threats.In Beijing, the foreign ministry said: “The US should not try to use the Taiwan issue as a bargaining chip to contain China and must not play with fire.”- ‘Stirring up trouble’ –Hegseth described China’s conduct as a “wake-up call”, accusing Beijing of endangering lives with cyber attacks, harassing its neighbours, and “illegally seizing and militarising lands” in the disputed South China Sea.Beijing claims almost the entire waterway, through which more than 60 percent of global maritime trade passes, despite an international ruling that its assertion has no merit.It has clashed repeatedly with the Philippines in the strategic waters in recent months, with the flashpoint set to dominate discussions at the Singapore forum, according to US officials.As Hegseth spoke in Singapore, China’s military announced that its navy and air force were carrying out routine “combat readiness patrols” around the Scarborough Shoal, a chain of reefs and rocks Beijing disputes with the Philippines.Beijing did not send any top defence ministry officials to the summit, dispatching instead a delegation from the People’s Liberation Army National Defence University led by Rear Admiral Hu Gangfeng.Without referring to Hegseth by name, Hu said of his speech that “these actions are essentially about stirring up trouble, creating division, inciting confrontation, and destabilising the Asia-Pacific”.Hegseth’s comments came after Trump stoked new trade tensions with China, arguing that Beijing had “violated” a deal to de-escalate tariffs as the two sides appeared deadlocked in negotiations.The world’s two biggest economies had agreed to temporarily lower eye-watering tariffs they had imposed on each other, pausing them for 90 days.- ‘Cannot dominate’ -Reassuring US allies on Saturday, Hegseth said the Asia-Pacific region was “America’s priority theatre”, pledging to ensure “China cannot dominate us — or our allies and partners”.He said the United States had stepped up cooperation with allies including the Philippines and Japan, and reiterated Trump’s vow that “China will not invade (Taiwan) on his watch”.However, he called on US partners in the region to ramp up spending on their militaries and “quickly upgrade their own defences”.”Asian allies should look to countries in Europe for a newfound example,” Hegseth said, citing pledges by NATO members including Germany to move towards Trump’s defence spending target of five percent of GDP.”Deterrence doesn’t come on the cheap.”

Australian sprinter Kennedy tastes 100m victory in NairobiSat, 31 May 2025 17:29:01 GMT

Australian Lachlan Kennedy produced a powerful finish to topple a strong African 100m field in a personal best 9.98sec at the Kip Keino Classic on Saturday.Kennedy, 21, came from behind to beat Bayanda Wazala of South Africa and Kenya’s African 100m record holder Ferdinand Omanyala into second and third positions respectively in Nairobi.”As soon as …

Australian sprinter Kennedy tastes 100m victory in NairobiSat, 31 May 2025 17:29:01 GMT Read More »

Rafale et arme atomique: lifting à 1,5 milliard pour la base de Luxeuil

C’est une base aérienne centenaire, dans les vertes collines de Haute-Saône. A l’est de l’Hexagone, Luxeuil accueillera dans moins de 10 ans une cinquantaine de Rafale et l’arme nucléaire, après une colossale rénovation à 1,5 milliard d’euros.Sur place le 18 mars, Emmanuel Macron a annoncé que la base aérienne 116 serait à l’horizon 2035 la première à recevoir la nouvelle version du Rafale et son missile hypersonique, l’ASN4G (missile air sol nucléaire de 4e génération).Une nouvelle mission à l’heure où le président de la République a annoncé début mars un “débat stratégique sur la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen”.La base, une “petite ville” de 2.700 habitants avec sa vingtaine de Mirage-2000, va donc doubler de taille avant de pouvoir recevoir une cinquantaine de Rafale, après un arrêt de l’activité aérienne entre 2029 et 2032, explique le colonel Emmanuel Roux, qui commande le site.Les vieux hangars au toit triangulaire, qui datent de 1952, ont été “bien rentabilisés”, observe le colonel, lors d’une visite de presse. “J’ai vu des images d’une visite du général de Gaulle en 1962: c’était pareil”, s’amuse-t-il.Les hangars céderont la place à des installations plus vastes. “Le Rafale est plus grand, il ne rentre pas en hauteur” dans les installations actuelles, explique le colonel Roux, derrière une fine barbe grisonnante. “Il faut tout revoir pour les infrastructures”.Autre changement impératif: la piste, où deux Mirage peuvent actuellement décoller de front à 300 kmh. Le nouvel avion de combat étant plus lourd, il va falloir la refaire pour qu’elle puisse supporter durablement ses atterrissages.Un recensement de la faune et de la flore va être engagé pendant un an, selon le colonel Roux, alors que les écologistes de Haute-Saône réclament une étude des sols avant le début des travaux.- “Bâtisseur de cathédrale” -Les armements nucléaires doivent faire l’objet d’un stockage et d’une protection spécifiques.”Toutes les bases aériennes de l’armée de l’air et de l’espace sont déjà particulièrement protégées”, souligne le commandant de la base. “Mais évidemment, les bases à vocation nucléaire sont encore plus renforcées que les autres: il va falloir réaugmenter les dispositifs de sécurité et l’ensemble de l’infrastructure pour se mettre au point”.Le colonel Roux se voit en “bâtisseur de cathédrale” – il est chargé du lancement d’un projet qui sera poursuivi par d’autres. “On n’a pas le droit d’échouer ni de prendre du retard”.Le défi est triple: technologique, infrastructurel et humain.”On a 10 ans pour construire la première base de France avec des avions qui n’existent pas, une arme nucléaire qui n’existe pas, et des mécaniciens qui sont encore au lycée”.Une base aérienne accueille une cinquantaine de métiers différents, civils et militaires. Outre pilotes et mécaniciens, elle rassemble contrôleurs du ciel, pompiers, commandos qui surveillent les lieux, spécialistes des radars, sans oublier les services d’hébergement et de restauration.L’arrivée du Rafale va quadrupler le nombre de pilotes: l’appareil est biplace alors que le Mirage de Luxeuil est monoplace. – “Dernier recours” -La base dispose aussi d’une école, l’Unité d’instruction spécialisée (UIS), où sont formés pilotes et mécaniciens, français et étrangers. Ils se forment sur une maquette transparente du Mirage 2000 et passent progressivement au maniement du Rafale.Les mécaniciens, au nombre de 300 actuellement, seront près d’un millier lorsque la base sera totalement opérationnelle, après la fin des travaux en 2036 ou 2037, selon le colonel Roux, lui même ancien officier mécanicien.”C’est la logistique qui gagne la guerre”, relève-t-il, expliquant que la vitesse à laquelle un avion est préparé permet d’accélérer ses rotations. A titre d’exemple, il suffit d’une heure pour changer le moteur d’un Rafale et d’un quart d’heure pour remplacer un siège éjectable.Du côté des pilotes, on se dit “prêt” à transporter l’arme atomique.”C’est une responsabilité vraiment lourde que l’emploi de l’arme nucléaire”, reconnait Julien, un pilote de 35 ans qui n’a pas le droit de révéler son nom de famille.”C’est l’arme du dernier recours, mais je pense qu’on est tous prêts, pour protéger ceux qu’on aime et notre nation, à utiliser cette arme”.

A Ryad, le métro comme vecteur de brassage social

Depuis plusieurs mois, Zayed al-Ghamdi laisse son 4×4 au garage pour se rendre au travail en métro, une nouveauté à Ryad, qui lui permet de gagner du temps mais aussi, dit-il, de s’affranchir un peu des rigoureux clivages sociaux du royaume.  Dix ans après le lancement des travaux, le métro a ouvert ses portes en décembre, offrant aux huit millions d’habitants de Ryad une alternative aux routes saturées par plus de deux millions de voitures.Pour la première fois aussi, les plus aisés partagent leurs déplacements avec les moins favorisés, et les Saoudiens côtoient une vaste population d’expatriés, majoritairement des ouvriers sud-asiatiques, mais aussi quelques cols blancs occidentaux.”Pendant 40 ans, j’étais confiné à ma voiture ou à des restaurants avec mon père et mes frères, puis avec ma femme et mes enfants”, explique à l’AFP M. Ghamdi, un fonctionnaire de 42 ans travaillant dans le centre de Ryad.”Je ne parlais à personne en dehors de mon entourage ou de gens qui me ressemblaient”, dit-il.”Aujourd’hui, les choses ont changé. On sent que la société, avec toutes ses classes, se retrouve au même endroit”, dit-il, à bord de la ligne bleue reliant les quartiers populaires du sud à ceux aisés du nord de Ryad.Entre richesse extravagante, réseaux tribaux complexes et importante population étrangère, la société saoudienne s’est bâtie sur des divisions sociales rigides.Mais pour la classe moyenne, dans les rames du métro, ces divisions s’effacent pour un moment. Aux heures de pointe, les rames sont bondées d’ouvriers, étudiants et cadres. “Je discute de tout et de rien avec des inconnus et découvre même de nouvelles choses et cultures”, confie Nasser al-Qahtani, ingénieur de 56 ans, au côté d’un jeune Saoudien qui tient une planche de skateboard.- “Rapprocher les gens” – Si le métro n’a pas encore fluidifié la circulation de Ryad, il représente “un événement social et psychologique majeur”, selon le sociologue Mohammed al-Hamza.”Le métro a changé l’état d’esprit de la société saoudienne. Il a rapproché les gens”, alors que “la culture en Arabie saoudite est centrée sur la famille et les amis, avec une réticence à aller vers les autres”.Le brassage social reste toutefois genré: la plupart des usagères optent pour les wagons “famille”, où les hommes ne sont admis qu’accompagnés de femmes. Pour une réelle mixité, ou éviter la promiscuité, il reste toujours possible de payer 10 rials de plus (2,35 euros) et accéder aux compartiments de première classe, en tête de train. Le métro permet aussi aux usagers de gagner du temps en s’affranchissant du tout-voiture. “Il me fallait plus d’une heure et demie pour me rendre au travail, épuisé et stressé par les embouteillages ”, raconte M. Ghamdi, précisant que son précieux 4×4 reste au garage depuis plusieurs mois.”Aujourd’hui, j’arrive détendu, sans stress ”, ajoute-t-il.En Arabie saoudite, le litre d’essence coûte à peine 2,33 rials (0,57 euro), moins qu’un paquet de pain de mie. Mais à 4 rials (environ 1 euro) le ticket, valide deux heures, le métro offre une alternative avantageuse. Hadil Walid, étudiante en droit de 20 ans, n’a plus besoin que d’une heure pour se rendre à l’université, contre parfois jusqu’à quatre heures en voiture.  “Je rentre chez moi avec de l’énergie pour ma famille et mes études”, se réjouit-elle.- Un pari pas gagné d’avance – Le métro figure parmi les nombreuses infrastructures de “Vision 2030″, l’ambitieux plan de réformes du prince héritier et dirigeant de facto du royaume, Mohammed ben Salmane, destiné à diversifier l’économie du premier exportateur mondial de brut.Avec ses six lignes s’étendant sur 176 kilomètres et 85 stations, le réseau est l’un des plus importants du monde arabe.Son succès n’apparaissait toutefois pas garanti, notamment après l’échec relatif du réseau de bus, qui restait, lui, soumis aux aléas de la circulation.”Honnêtement, pendant dix ans, on se demandait: +qui va prendre le métro ?+”, confie à l’AFP un haut responsable de l’exploitation du réseau, sous couvert d’anonymat. “Personne ne s’attendait au niveau d’utilisation actuel, ni même aux retombées financières”.La Commission royale pour Ryad n’a pas répondu à l’AFP sur la fréquentation, mais le même responsable avance un chiffre de l’ordre de dizaines de milliers d’usagers quotidiens.Les autorités envisagent d’élargir le réseau, avec une septième ligne, reliant Ryad à ses périphéries.