Macron à Marseille réaffirme la “guerre” au narcotrafic

Traque des têtes de réseaux, augmentation de l’amende forfaitaire pour les consommateurs de drogues, hommage à la famille Kessaci: Emmanuel Macron a martelé mardi à Marseille sa détermination à mener la “guerre” contre le narcotrafic.Le déplacement présidentiel a débuté par un geste symbolique fort, avec un temps de recueillement sur la tombe de Mehdi Kessaci, assassiné le 13 novembre à l’âge de 20 ans, sans doute pour intimider son frère Amine, militant engagé contre l’emprise des réseaux de trafic de drogue.Un assassinat qui a sidéré la ville, pourtant coutumière des violences liées au trafic de stupéfiants. Même si le nombre de personnes tuées est en baisse depuis deux ans, 17 cette année dans le département, contre 24 l’an dernier et 50 en 2023.Mehdi Kessaci “a été attaqué parce qu’on attaquait” les trafiquants, a estimé M. Macron devant un groupe de policiers lors de l’inauguration d’un commissariat dans les quartiers Nord de Marseille, en présence d’Amine Kessaci, 22 ans, et de sa mère. “C’est une famille courageuse qui se bat, comme beaucoup de Marseillaises et de Marseillais. On ne doit rien lâcher, parce que ce qu’ils (les trafiquants) cherchent à faire, c’est à intimider”, a ajouté le président.- Balle perdue -M. Macron a également rencontré la mère de Socayna, jeune étudiante tuée par une balle perdue alors qu’elle étudiait dans sa chambre en 2023, un drame qui avait déjà secoué la deuxième ville de France.Dans la matinée, lors d’un “face aux lecteurs” du quotidien régional La Provence, le président a promis de mener une “guerre aux réseaux qui tuent des jeunes innocents”, assurant qu’il “n’y a(vait) aucune chance qu’ils (les réseaux) gagnent”.Il a affiché sa volonté d’aller “chercher dans les pays où sont les têtes de réseau de la coopération, pour pouvoir saisir leurs biens, pour pouvoir arrêter les têtes de réseau, nous les restituer”.Le chef de l’État doit se rendre dimanche pour le Noël aux troupes aux Émirats arabes unis, où d’importants narcotrafiquants ont trouvé refuge, selon la justice française.Concernant les consommateurs, dont il fustige régulièrement la responsabilité, il a annoncé un passage à 500 euros, contre 200, de l’amende forfaitaire délictuelle. “J’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans des quartiers d’avoir d’autres gens qui considèrent que c’est festif d’aller acheter de la drogue”.Pour le maire divers gauche de Marseille, Benoit Payan, cette mesure “ne mettra pas fin au trafic”. “Mes ennemis, c’est ceux qui ont du sang sur les mains, c’est les narcotrafiquants. Mais évidemment que les consommateurs doivent se poser la question de ce qu’ils font”.M. Payan a surtout réclamé plus de moyens pour la réinstallation de services publics dans les quartiers paupérisés et gangrénés par les trafics.Amine Kessaci avait de son côté souhaité mardi matin sur Ici Provence la création d’une “convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et donner la parole” aux habitants.En fin d’après-midi, toujours dans la thématique sécuritaire, M. Macron a inauguré l’agrandissement de la prison des Baumettes.- Continuer le travail -Il a également défendu le bilan du plan “Marseille en grand” – “qui n’a pas d’équivalent” – lancé en grande pompe en 2021 pour aider la cité phocéenne à rattraper ses retards, avec cinq milliards d’engagements de l’Etat à la clé.La Cour des comptes avait dénoncé en octobre 2024 un suivi “indigent” et un “défaut de cohérence” de cette initiative, destinée à rénover les écoles insalubres, développer les transports en commun, réduire la fracture géographique et sociale entre quartiers nord et sud et renforcer les effectifs de police.Alors que l’Élysée a mis en ligne juste avant la visite un site permettant de suivre la progression des différents projets, M. Macron a souligné qu’il allait “sur le terrain, voir les réalisations et ce qu’il reste à faire pour +Marseille en grand+. Et je continuerai, moi, de rendre compte et de continuer le travail”.Les deux-tiers des crédits sont désormais engagés, assure l’Elysée, citant la livraison de 15 écoles, des projets en cours sur 86 autres ou l’arrivée de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône.Le chef de l’État a conclu sa visite en lançant symboliquement les travaux de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, qui vise notamment à reconfigurer le réseau régional et certaines gares, notamment l’extension de la gare Saint-Charles, un investissement de 3,6 milliards d’euros.

Macron à Marseille réaffirme la “guerre” au narcotrafic

Traque des têtes de réseaux, augmentation de l’amende forfaitaire pour les consommateurs de drogues, hommage à la famille Kessaci: Emmanuel Macron a martelé mardi à Marseille sa détermination à mener la “guerre” contre le narcotrafic.Le déplacement présidentiel a débuté par un geste symbolique fort, avec un temps de recueillement sur la tombe de Mehdi Kessaci, assassiné le 13 novembre à l’âge de 20 ans, sans doute pour intimider son frère Amine, militant engagé contre l’emprise des réseaux de trafic de drogue.Un assassinat qui a sidéré la ville, pourtant coutumière des violences liées au trafic de stupéfiants. Même si le nombre de personnes tuées est en baisse depuis deux ans, 17 cette année dans le département, contre 24 l’an dernier et 50 en 2023.Mehdi Kessaci “a été attaqué parce qu’on attaquait” les trafiquants, a estimé M. Macron devant un groupe de policiers lors de l’inauguration d’un commissariat dans les quartiers Nord de Marseille, en présence d’Amine Kessaci, 22 ans, et de sa mère. “C’est une famille courageuse qui se bat, comme beaucoup de Marseillaises et de Marseillais. On ne doit rien lâcher, parce que ce qu’ils (les trafiquants) cherchent à faire, c’est à intimider”, a ajouté le président.- Balle perdue -M. Macron a également rencontré la mère de Socayna, jeune étudiante tuée par une balle perdue alors qu’elle étudiait dans sa chambre en 2023, un drame qui avait déjà secoué la deuxième ville de France.Dans la matinée, lors d’un “face aux lecteurs” du quotidien régional La Provence, le président a promis de mener une “guerre aux réseaux qui tuent des jeunes innocents”, assurant qu’il “n’y a(vait) aucune chance qu’ils (les réseaux) gagnent”.Il a affiché sa volonté d’aller “chercher dans les pays où sont les têtes de réseau de la coopération, pour pouvoir saisir leurs biens, pour pouvoir arrêter les têtes de réseau, nous les restituer”.Le chef de l’État doit se rendre dimanche pour le Noël aux troupes aux Émirats arabes unis, où d’importants narcotrafiquants ont trouvé refuge, selon la justice française.Concernant les consommateurs, dont il fustige régulièrement la responsabilité, il a annoncé un passage à 500 euros, contre 200, de l’amende forfaitaire délictuelle. “J’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans des quartiers d’avoir d’autres gens qui considèrent que c’est festif d’aller acheter de la drogue”.Pour le maire divers gauche de Marseille, Benoit Payan, cette mesure “ne mettra pas fin au trafic”. “Mes ennemis, c’est ceux qui ont du sang sur les mains, c’est les narcotrafiquants. Mais évidemment que les consommateurs doivent se poser la question de ce qu’ils font”.M. Payan a surtout réclamé plus de moyens pour la réinstallation de services publics dans les quartiers paupérisés et gangrénés par les trafics.Amine Kessaci avait de son côté souhaité mardi matin sur Ici Provence la création d’une “convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et donner la parole” aux habitants.En fin d’après-midi, toujours dans la thématique sécuritaire, M. Macron a inauguré l’agrandissement de la prison des Baumettes.- Continuer le travail -Il a également défendu le bilan du plan “Marseille en grand” – “qui n’a pas d’équivalent” – lancé en grande pompe en 2021 pour aider la cité phocéenne à rattraper ses retards, avec cinq milliards d’engagements de l’Etat à la clé.La Cour des comptes avait dénoncé en octobre 2024 un suivi “indigent” et un “défaut de cohérence” de cette initiative, destinée à rénover les écoles insalubres, développer les transports en commun, réduire la fracture géographique et sociale entre quartiers nord et sud et renforcer les effectifs de police.Alors que l’Élysée a mis en ligne juste avant la visite un site permettant de suivre la progression des différents projets, M. Macron a souligné qu’il allait “sur le terrain, voir les réalisations et ce qu’il reste à faire pour +Marseille en grand+. Et je continuerai, moi, de rendre compte et de continuer le travail”.Les deux-tiers des crédits sont désormais engagés, assure l’Elysée, citant la livraison de 15 écoles, des projets en cours sur 86 autres ou l’arrivée de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône.Le chef de l’État a conclu sa visite en lançant symboliquement les travaux de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, qui vise notamment à reconfigurer le réseau régional et certaines gares, notamment l’extension de la gare Saint-Charles, un investissement de 3,6 milliards d’euros.

Inéligibilité avec exécution provisoire pour le président de la métropole de Lille en appel

La cour d’appel de Douai a condamné mardi le président divers droite de la métropole européenne de Lille (Mel) à une peine de deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, notamment pour détournement de fonds publics.Damien Castelain, 58 ans, a également été condamné à 18 mois de prison avec sursis et à 20.000 euros d’amende. Dans son arrêt consulté par l’AFP, la cour d’appel a notamment pointé des dépenses personnelles réalisées entre 2016 et 2018 avec plus de 10.000 euros d’argent public: frais de spa, achats de vêtements, restaurants, usage exclusif d’un véhicule de la Mel, hôtel de luxe à Paris pour assister à des matchs du PSG au Parc des Princes, sans lien établi avec ses fonctions de président de la Mel.La cour a par ailleurs constaté ses condamnations définitives dans deux autres dossiers: une affaire de recel d’abus de confiance dite des “pierres bleues”, des pavés haut de gamme que M. Castelain s’est vu offrir pour orner sa propre terrasse, et une affaire de prise en charge par la Mel de frais d’avocats.Ces deux dossiers n’ont pas été réexaminés durant le procès en appel en septembre, la cour ayant estimé que l’appel de M. Castelain était incomplet.En première instance en 2024, M. Castelain avait été condamné à un an de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, mais sans exécution provisoire à l’époque.Il est désormais “contraint de se démettre de l’ensemble de ses mandats électifs” au sein de la métropole européenne de Lille, a déclaré la Mel dans un communiqué. Le premier vice-président de cette vaste intercommunalité, Éric Skyronka, va assurer l’intérim avant une nouvelle élection du président en janvier, a ajouté la Mel. Sollicités par l’AFP, M. Castelain et l’une de ses conseils, absents lors du délibéré à Douai, n’ont pas souhaité réagir dans l’immédiat.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, par ailleurs conseiller de la Mel pour la ville de Tourcoing, a assuré M. Castelain de son “soutien dans ce moment difficile”, mais “sans commenter d’aucune manière une décision de justice”, a-t-il tenu à préciser sur X.”Ce feuilleton judiciaire a gravement entaché l’image de la métropole européenne de Lille et de ses élus”, a réagi le groupe écologiste de la Mel dans un communiqué. “La probité n’est pas une option (…), il est temps de tourner la page”.Maire de Péronne-en-Mélantois, une petite commune près de Lille, Damien Castelain avait été propulsé à la présidence de la Mel en 2014, après un accord avec la maire PS de Lille d’alors, Martine Aubry, présidente sortante de l’intercommunalité, afin d’empêcher l’UMP (aujourd’hui LR) de s’emparer de la collectivité.emy-ldf-cln-etb/abl

Inéligibilité avec exécution provisoire pour le président de la métropole de Lille en appel

La cour d’appel de Douai a condamné mardi le président divers droite de la métropole européenne de Lille (Mel) à une peine de deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, notamment pour détournement de fonds publics.Damien Castelain, 58 ans, a également été condamné à 18 mois de prison avec sursis et à 20.000 euros d’amende. Dans son arrêt consulté par l’AFP, la cour d’appel a notamment pointé des dépenses personnelles réalisées entre 2016 et 2018 avec plus de 10.000 euros d’argent public: frais de spa, achats de vêtements, restaurants, usage exclusif d’un véhicule de la Mel, hôtel de luxe à Paris pour assister à des matchs du PSG au Parc des Princes, sans lien établi avec ses fonctions de président de la Mel.La cour a par ailleurs constaté ses condamnations définitives dans deux autres dossiers: une affaire de recel d’abus de confiance dite des “pierres bleues”, des pavés haut de gamme que M. Castelain s’est vu offrir pour orner sa propre terrasse, et une affaire de prise en charge par la Mel de frais d’avocats.Ces deux dossiers n’ont pas été réexaminés durant le procès en appel en septembre, la cour ayant estimé que l’appel de M. Castelain était incomplet.En première instance en 2024, M. Castelain avait été condamné à un an de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, mais sans exécution provisoire à l’époque.Il est désormais “contraint de se démettre de l’ensemble de ses mandats électifs” au sein de la métropole européenne de Lille, a déclaré la Mel dans un communiqué. Le premier vice-président de cette vaste intercommunalité, Éric Skyronka, va assurer l’intérim avant une nouvelle élection du président en janvier, a ajouté la Mel. Sollicités par l’AFP, M. Castelain et l’une de ses conseils, absents lors du délibéré à Douai, n’ont pas souhaité réagir dans l’immédiat.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, par ailleurs conseiller de la Mel pour la ville de Tourcoing, a assuré M. Castelain de son “soutien dans ce moment difficile”, mais “sans commenter d’aucune manière une décision de justice”, a-t-il tenu à préciser sur X.”Ce feuilleton judiciaire a gravement entaché l’image de la métropole européenne de Lille et de ses élus”, a réagi le groupe écologiste de la Mel dans un communiqué. “La probité n’est pas une option (…), il est temps de tourner la page”.Maire de Péronne-en-Mélantois, une petite commune près de Lille, Damien Castelain avait été propulsé à la présidence de la Mel en 2014, après un accord avec la maire PS de Lille d’alors, Martine Aubry, présidente sortante de l’intercommunalité, afin d’empêcher l’UMP (aujourd’hui LR) de s’emparer de la collectivité.emy-ldf-cln-etb/abl

Rétractation de Takieddine: la perspective d’un nouveau procès pour Nicolas Sarkozy

La menace d’un nouveau procès se précise pour Nicolas Sarkozy: le parquet national financier a demandé mardi le renvoi de onze personnes parmi lesquelles l’ex-président, son épouse Carla Bruni-Sarkozy, et la “papesse des paparazzis” “Mimi” Marchand dans l’affaire de la rétractation possiblement monnayée de l’intermédiaire Ziad Takieddine.Dans ce dossier, en lien avec celui du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, pour lequel Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance, les parties vont désormais pouvoir faire leurs observations.La décision de les renvoyer ou non devant le tribunal correctionnel revient au juge d’instruction chargé du dossier.Les mis en examen sont soupçonnés d’avoir voulu tromper la justice en utilisant des moyens frauduleux pour innocenter Nicolas Sarkozy: un témoin, l’intermédiaire Ziad Takieddine (décédé en septembre 2025), avait retiré ses accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.Avec une question, savoir si l’ancien président a avalisé ces manœuvres présumées pour obtenir fin 2020 la volte-face du principal témoin à charge contre lui. Deux mois plus tard, Takieddine incriminait à nouveau M. Sarkozy.- Association de malfaiteurs -Dans son réquisitoire définitif, rendu mardi, le parquet national financier requiert le renvoi de Nicolas Sarkozy pour “association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée” et “recel de subornation de témoin”. Interrogé par l’AFP, l’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Christophe Ingrain, a indiqué n’avoir aucun commentaire à faire à ce stade, tout comme celui de Carla Bruni-Sarkozy, Me Paul Mallet.Pour celle-ci, le renvoi est requis uniquement pour “l’association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée”, un non-lieu partiel ayant été requis pour le “recel de subornation de témoin”.Pour Michèle dite “Mimi” Marchand, le parquet demande le renvoi également pour “subornation de témoin” et “association de malfaiteurs en vue de corrompre des personnes exerçant des fonctions juridictionnelles au Liban”.Tous les trois encourent une peine maximale de dix ans de prison et 150.000 euros d’amende.- “Sauver Sarko” -L’affaire de la fausse rétractation du Franco-Libanais Ziad Takieddine, appelée opération “Sauver Sarko” par certains protagonistes, est liée au dossier principal du financement libyen de la campagne de 2007.Dès mai 2012, Ziad Takieddine assurait à la presse que le financement de la campagne de l’ex-chef de l’Etat français par le défunt dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, et de ses lieutenants, évoqué dès 2011, était “la vérité”.Nicolas Sarkozy avait en retour constamment vilipendé celui qu’il qualifiait de “grand manipulateur”, connu pour ses déclarations fluctuantes.En 2016, dans un retentissant entretien à Mediapart, Takieddine s’auto-incrimine: il affirme avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 “cinq millions d’euros” dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris, remis en deux fois à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, mais aussi à l’ancien chef de l’Etat lui-même.Ces derniers avaient farouchement démenti. Ziad Takieddine avait été mis en examen dans cette enquête sensible.L’ex-chef de l’Etat (2007-2012) a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison dans ce dossier. Il a passé 20 jours en détention à la prison parisienne de la Santé, un fait inédit pour un ex-président dans l’histoire de la République française.M. Sarkozy a fait appel et doit être rejugé à partir du 16 mars 2026. L’ancien président avait vivement attaqué les juges après sa condamnation, dénonçant une décision motivée selon lui par la “haine” des magistrats à son égard.Parallèlement au réquisitoire du Parquet national financier, dirigé par le magistrat Jean-François Bohnert, qui doit très prochainement quitter ses fonctions, des demandes d’annulation de la procédure et des mises en examen sont toujours en cours devant la cour d’appel de Paris, sans qu’une date d’audience ne soit encore fixée, a appris l’AFP de source judiciaire.

Rétractation de Takieddine: la perspective d’un nouveau procès pour Nicolas Sarkozy

La menace d’un nouveau procès se précise pour Nicolas Sarkozy: le parquet national financier a demandé mardi le renvoi de onze personnes parmi lesquelles l’ex-président, son épouse Carla Bruni-Sarkozy, et la “papesse des paparazzis” “Mimi” Marchand dans l’affaire de la rétractation possiblement monnayée de l’intermédiaire Ziad Takieddine.Dans ce dossier, en lien avec celui du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, pour lequel Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance, les parties vont désormais pouvoir faire leurs observations.La décision de les renvoyer ou non devant le tribunal correctionnel revient au juge d’instruction chargé du dossier.Les mis en examen sont soupçonnés d’avoir voulu tromper la justice en utilisant des moyens frauduleux pour innocenter Nicolas Sarkozy: un témoin, l’intermédiaire Ziad Takieddine (décédé en septembre 2025), avait retiré ses accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.Avec une question, savoir si l’ancien président a avalisé ces manœuvres présumées pour obtenir fin 2020 la volte-face du principal témoin à charge contre lui. Deux mois plus tard, Takieddine incriminait à nouveau M. Sarkozy.- Association de malfaiteurs -Dans son réquisitoire définitif, rendu mardi, le parquet national financier requiert le renvoi de Nicolas Sarkozy pour “association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée” et “recel de subornation de témoin”. Interrogé par l’AFP, l’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Christophe Ingrain, a indiqué n’avoir aucun commentaire à faire à ce stade, tout comme celui de Carla Bruni-Sarkozy, Me Paul Mallet.Pour celle-ci, le renvoi est requis uniquement pour “l’association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée”, un non-lieu partiel ayant été requis pour le “recel de subornation de témoin”.Pour Michèle dite “Mimi” Marchand, le parquet demande le renvoi également pour “subornation de témoin” et “association de malfaiteurs en vue de corrompre des personnes exerçant des fonctions juridictionnelles au Liban”.Tous les trois encourent une peine maximale de dix ans de prison et 150.000 euros d’amende.- “Sauver Sarko” -L’affaire de la fausse rétractation du Franco-Libanais Ziad Takieddine, appelée opération “Sauver Sarko” par certains protagonistes, est liée au dossier principal du financement libyen de la campagne de 2007.Dès mai 2012, Ziad Takieddine assurait à la presse que le financement de la campagne de l’ex-chef de l’Etat français par le défunt dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, et de ses lieutenants, évoqué dès 2011, était “la vérité”.Nicolas Sarkozy avait en retour constamment vilipendé celui qu’il qualifiait de “grand manipulateur”, connu pour ses déclarations fluctuantes.En 2016, dans un retentissant entretien à Mediapart, Takieddine s’auto-incrimine: il affirme avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 “cinq millions d’euros” dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris, remis en deux fois à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, mais aussi à l’ancien chef de l’Etat lui-même.Ces derniers avaient farouchement démenti. Ziad Takieddine avait été mis en examen dans cette enquête sensible.L’ex-chef de l’Etat (2007-2012) a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison dans ce dossier. Il a passé 20 jours en détention à la prison parisienne de la Santé, un fait inédit pour un ex-président dans l’histoire de la République française.M. Sarkozy a fait appel et doit être rejugé à partir du 16 mars 2026. L’ancien président avait vivement attaqué les juges après sa condamnation, dénonçant une décision motivée selon lui par la “haine” des magistrats à son égard.Parallèlement au réquisitoire du Parquet national financier, dirigé par le magistrat Jean-François Bohnert, qui doit très prochainement quitter ses fonctions, des demandes d’annulation de la procédure et des mises en examen sont toujours en cours devant la cour d’appel de Paris, sans qu’une date d’audience ne soit encore fixée, a appris l’AFP de source judiciaire.

L’Assemblée adopte définitivement le budget de la Sécurité sociale pour 2026

L’Assemblée nationale a définitivement adopté mardi la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, premier texte budgétaire validé sans 49.3 depuis l’absence de majorité absolue dans l’hémicycle en 2022.Le budget de la Sécu, qui contient la suspension de l’emblématique réforme des retraites, a été adopté par 247 contre 232. Une victoire arrachée par le Premier ministre Sébastien Lecornu à force de compromis, notamment avec le Parti socialiste.Les députés Renaissance et MoDem ont unanimement voté pour, rejoint par une écrasante majorité des groupes PS et Liot, membres de l’opposition.Les abstentions très majoritaires des écologistes ont eu aussi un rôle prépondérant, pour combler celles d’une partie des groupes Horizons et LR, membres du camp gouvernemental, mais échaudés par les concessions au PS. L’alliance Rassemblement national-UDR et les Insoumis ont unanimement voté contre.”Depuis trois ans, jamais un budget de la Sécurité sociale n’avait autant été débattu”, a déclaré la ministre de la Santé Stéphanie Rist (Renaissance). “C’est une victoire du Parlement”, a abondé la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet face à la presse à l’issue du scrutin (Renaissance).Peu après Mathilde Panot, cheffe des députés LFI a dénoncé au contraire des socialistes qui ont “changé d’alliance” et une “forte responsabilité des écologistes”. Elle a aussi annoncé que son groupe saisirait le Conseil constitutionnel sur ce budget de la Sécu.Encore il y a peu, beaucoup doutaient d’une possible adoption du premier des deux textes budgétaires, sur lequel le gouvernement de Michel Barnier était tombé fin 2024. Lors d’un vote presque identique il y a une semaine, l’Assemblée avait une première fois approuvé la copie, soumise à son dernier mot mardi après un dernier passage express au Sénat.Pour Sébastien Lecornu, cette étape couronne au moins temporairement sa méthode, à coup de consultations et de concessions successives, parfois annoncées par lui-même dans l’hémicycle.Mais les tractations sur le budget de l’Etat, elles, se poursuivent avec des négociations décisives jusqu’au week-end, et un accord qui s’annonce bien plus complexe, alors que la date butoir du 31 décembre se rapproche.- Budget profondément remanié -Durant les longues semaines de débats sur le budget de la Sécu, le gouvernement a vu sa copie profondément remaniée par les députés.Ils ont notamment supprimé le gel des pensions de retraite et minima sociaux, et contraint l’exécutif à renoncer à doubler les franchises médicales.Mardi, les syndicats FO et CGT ont toutefois manifesté devant l’Assemblée, critiquant notamment la limitation de la durée des arrêts maladie, ou une taxe sur les mutuelles dont ils craignent la répercussion sur les cotisations.”Cette taxe d’un milliard pèsera à terme sur nos concitoyens”, a prévenu le président de la Mutualité, Eric Chenut sur RTL, annonçant que les complémentaires à statut mutualiste augmenteront leurs cotisations en 2026.Le texte prévoit par ailleurs la création d’un nouveau congé de naissance, ou d’un “réseau France santé” voulu par M. Lecornu pour l’accès aux soins.Quant au déficit anticipé pour la Sécurité sociale, il est évalué à 19,4 milliards d’euros en 2026 (contre 23 milliards en 2025). Mais au prix de transferts de 4,5 milliards d’euros des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu.Des transferts qui contribuent à compliquer l’équation pour le budget de l’Etat, où ils doivent être compensés.- “positions très éloignées” – La copie du budget de l’Etat adoptée lundi au Sénat porterait le déficit à 5,3% du PIB. Or le gouvernement a placé l’objectif à 5%.Sébastien Lecornu a admis mardi que trouver un accord sur le budget de l’Etat serait bien une autre paire de manches.Une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept députés et sept sénateurs doit tenter de trouver un accord vendredi et possiblement samedi, une opération périlleuse au vu des divergences entre les deux chambres.Le Premier ministre a assuré vouloir faire “converger les positions de chacun” qui “sont – à ce stade – très éloignées”.Les négociations porteront notamment sur la question des recettes, alors que les socialistes réclament des mesures de justice fiscale, quand la droite se montre intransigeante dans son refus de nouveaux prélèvements.Même en cas d’accord, il faudrait ensuite qu’il puisse être adopté la semaine prochaine à l’Assemblée. Et ce alors que les socialistes promettent cette fois de s’abstenir au mieux, et les Écologistes de voter contre.Autres possibilités: utiliser le 49.3 en s’assurant d’une non-censure dans la foulée, ou se résoudre à une loi spéciale pour assurer le maintien temporaire du financement des administrations, avec une reprise des négociations en janvier.