Le suspect du meurtre d’Hichem Miraoui présenté à un juge antiterroriste

Christophe B. est présenté jeudi à un magistrat antiterroriste en vue d’une mise en examen pour le meurtre d’Hichem Miraoui, un quadragénaire tunisien, samedi à Puget-sur-Argens (Var), un acte considéré comme “raciste” et “sans doute antimusulman” par Bruno Retailleau.Après quatre jours de garde à vue et un transfert de l’enquête entre les mains du parquet antiterroriste (Pnat), celui-ci a annoncé jeudi à l’AFP l’ouverture d’une information judiciaire et la présentation de Christophe B. à un juge d’instruction pour une possible mise en examen, qui pourrait ensuite déboucher sur une éventuelle incarcération.C’est la première saisine du Pnat concernant un homicide raciste lié à l’ultradroite.Alertés par la compagne du suspect samedi soir, les militaires de la gendarmerie nationale avaient fait appel à l’antenne GIGN d’Orange pour interpeller, non loin de la scène de crime, ce quinquagénaire français qui avait pris la fuite en voiture.Le suspect, qui serait né en 1971, a “diffusé, avant et après son passage à l’acte, deux vidéos (…) au contenu raciste et haineux”, selon le parquet de Draguignan, initialement chargé de l’enquête.Plusieurs médias ont épluché son profil Facebook, désormais restreint mais sur lequel apparaissaient encore mardi certaines publications anti-islam, insultantes pour Emmanuel Macron ou en faveur des “gilets jaunes”.Dans une vidéo, selon ces médias, Christophe B. assurait “prêter allégeance au drapeau français” et appelait les Français à “tirer” sur les personnes d’origine étrangère.L’homme est aussi accusé d’avoir blessé un autre de ses voisins, de nationalité turque.Une source proche du dossier a souligné à l’AFP que contrairement aux crimes lié au jihadisme, souvent rattachés à un groupe terroriste connu comme tel, par exemple le groupe Etat islamique, qui parfois les revendique lui-même, l’appréciation se fait “au cas par cas” concernant les faits liés à l’ultradroite.Il n’y a en effet pas de rattachement à un groupe dont les actions passées auraient déjà reçu une qualification terroriste.Cela se fait donc, selon cette source, au regard de la personnalité de l’auteur, de la gravité intrinsèque de l’acte et de l’intention finale de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, critères de saisine de la justice antiterroriste.En l’espèce, selon la source proche du dossier, Christophe B. avait bien comme volonté de “troubler l’ordre public par la terreur”. – Stigmatisation -Mardi après-midi, devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a exprimé “une pensée émue” pour les victimes, leurs familles, mais aussi pour “la communauté tunisienne”. Ce meurtre est “clairement un crime raciste”, “sans doute aussi antimusulman”, et “peut-être aussi un crime terroriste”, a ajouté le ministre, “heureux” de la saisine du Pnat.”Je veux justice pour mon frère”, “victime d’un acte terroriste”, a réclamé mardi Hanen Miraoui, sœur de la victime, par téléphone à l’AFP.Avec son frère, né en 1979, “nous parlions des préparatifs de l’Aïd (El Kebir, grande fête musulmane prévue ce vendredi en Tunisie). Il rigolait et taquinait ma mère qui était malade, puis tout d’un coup, je l’ai entendu dire +Aïe+ puis la communication s’est interrompue”, a décrit Hanen Miraoui.D’après elle, le suspect “était connu dans le quartier de (son) frère pour sa haine des Arabes”.Ce crime “terroriste” a “suscité un profond mécontentement et une profonde tristesse dans l’opinion publique” tunisienne, a relevé lundi le ministre tunisien de l’Intérieur, Khaled Nouri, soulignant “la nécessité d’assurer la protection de la communauté tunisienne sur le territoire français”.Organisée par les proches d’Hichem Miraoui, une marche blanche doit avoir lieu dimanche à 15H00 à Puget-sur-Argens.Les actes antimusulmans ont augmenté de 72% au premier trimestre, avec 79 cas recensés, selon le décompte du ministère de l’Intérieur.De nombreuses voix ont dénoncé à l’occasion de ce crime la stigmatisation de la communauté musulmane, alimentée par “les sphères politiques et médiatiques”, selon le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz.

Peines minimales: le plus haut magistrat du parquet appelle à “laisser les juges faire leur travail”

Face à la volonté du gouvernement d’instaurer des “peines minimales” en réaction aux violences commises en marge de la victoire du PSG en Ligue des champions, le procureur général près la Cour de cassation Rémy Heitz a demandé jeudi à ce qu’on laisse les juges “faire leur travail dans la sérénité”.”Je voudrais quand même m’inscrire en faux, de manière très catégorique, par rapport au prétendu laxisme des juges”, a ajouté l’un des deux plus hauts magistrats de France, sur France Inter. “Les juges font leur travail… il y a eu des sanctions, des sanctions individualisées”, a-t-il souligné.”Il faut laisser les juges faire leur travail dans la sérénité”, a-t-il insisté.Alors que la grande fête après la victoire du PSG face à l’Inter Milan samedi à Munich a été assombrie par de nombreux incidents et dégradations à Paris et en régions, le gouvernement a défendu mardi l’instauration dans la loi de “peines minimales” pour répondre à “l’exaspération” des Français. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a ouvert le bal mardi matin, au lendemain des premières condamnations à Paris, estimant qu’elles n’étaient “plus à la hauteur”, et a proposé de “faire évoluer radicalement la loi” en supprimant notamment les aménagements de peine obligatoires et le sursis.Le Premier ministre François Bayrou lui a aussitôt emboîté le pas en soutenant la proposition d’une peine minimale devant les députés, lors de la séance de questions au gouvernement.  “Les juges comprennent et entendent ce besoin de fermeté. Et en l’espèce, les peines qui ont été prononcées ne sont pas des peines légères”, a dit Rémy Heitz. Quatre individus ont été condamnées lundi soir à des peines de deux à huit mois d’emprisonnement avec sursis, assorties de 500 euros d’amende, selon le parquet de Paris. Mardi, au moins huit personnes ont été condamnées à des peines de prison, allant de cinq mois avec sursis à 15 mois ferme avec mandat de dépôt.  – Des “injonctions contradictoires”-“La difficulté dans ce type d’affaires (…) c’est qu’il y a un décalage très fort entre les images de ces violences vues à la télévision et parfois la réalité des faits que l’on reproche”, a expliqué le plus haut magistrat du parquet.  “Ce qu’on juge, c’est une personne, un homme ou une femme qui se trouve dans le box et à qui on impute un fait ou des faits précis, parfois d’ailleurs avec des difficultés de preuves, parce que les enquêtes sont conduites dans des délais très courts et parfois les preuves sont relativement légères”, a-t-il ajouté.Rémy Heitz a défendu des juges confrontés selon lui à “des injonctions contradictoires”: “D’un côté, on leur demande de plus en plus de fermeté”, et de l’autre “on leur dit +Attention, les prisons sont pleines. Ne mettez pas l’administration pénitentiaire dans l’incapacité d’exécuter les peines+”.  Le magistrat a également rappelé que “la justice n’a jamais été aussi sévère qu’aujourd’hui”, avec plus de 83.000 détenus dans les prisons françaises et un taux d’occupation de près de 200% dans les maisons d’arrêt franciliennes notamment.  Par ailleurs, Rémy Heitz a insisté sur le fait que “la majorité des personnes condamnées à des peines d’emprisonnement avec sursis” -une peine “importante” selon lui- “ne récidivent pas”, ce qui en fait une sanction “utile dans quand même beaucoup de situations”. “Si l’on supprime aujourd’hui le sursis, il faut pouvoir le remplacer”, a-t-il également rappelé. Or “si on le remplace par des peines d’emprisonnement, là on serait dans une situation (…) totalement impossible.”  “Il faut que nous puissions maintenir ce principe d’individualisation et de personnalisation des peines”, a plaidé le premier magistrat du parquet, “ce qui permet au quotidien d’apporter une réponse adaptée à chaque faits de délinquance commis”. “La fin du sursis, ça voudrait dire renvoyer aujourd’hui encore des milliers et des milliers de détenus derrière les barreaux”, a de son côté fustigé la contrôleure générale des lieux de privation de liberté Dominique Simonnot sur Public Sénat jeudi. “La situation est critique. L’administration pénitentiaire redoute des incidents très graves”, a-t-elle alerté.

Lula entame une visite en France, Mercosur et crises mondiales en toile de fond

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a débuté jeudi une visite en France au cours de laquelle seront abordés les crises internationales ainsi que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, auquel Paris est fermement opposé.Il s’agit de la première visite d’Etat en France d’un président brésilien depuis 2012, et elle intervient à quelques mois de la COP30 organisée par le Brésil en novembre prochain.Le président français Emmanuel Macron a accueilli son homologue brésilien avec une cérémonie aux Invalides, au cours de laquelle ils ont passé les troupes en revue. Les deux dirigeants, qui entretiennent des relations chaleureuses malgré les différends, auront ensuite un déjeuner de travail, suivi d’un dîner d’Etat dans la soirée.La visite de M. Lula, qui avait lui-même accueilli son homologue français en mars 2024, vise selon le président brésilien à “renforcer” les liens stratégiques entre les deux pays. Une douzaine d’accords de coopération dans les domaines de l’environnement, de la technologie, de la défense, de l’énergie et de la santé devraient être signés.- Crises internationales -Dans le contexte mondial mouvementé, marqué notamment par les surtaxes douanières imposées par le président américain Donald Trump à ses partenaires, et par les guerres en Ukraine et au Proche-Orient, “il est d’autant plus important de retrouver des convergences avec le Brésil, un grand Etat émergent” qui assure cette année la présidence tournante du bloc de pays émergents des Brics, a souligné l’Elysée.La France compte notamment sur la mobilisation du Brésil, qui a reconnu l’Etat palestinien en 2010, pour peser sur l’issue de la conférence organisée par la France et l’Arabie saoudite à l’ONU mi-juin, visant à redonner un élan à une solution politique au conflit israélo-palestinien.”Il n’y aura pas de paix tant qu’on n’aura pas conscience que le peuple palestinien a droit à son Etat”, a déclaré Lula mardi, quelques heures avant son départ pour Paris.”C’est justement en raison des souffrances du peuple juif dans son histoire que le gouvernement d’Israël devrait traiter le peuple palestinien avec humanisme et bon sens”, a ajouté le président brésilien, qualifiant l’offensive israélienne à Gaza de “génocide”, comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises par le passé.Concernant l’Ukraine, la France “compte présenter au président Lula l’état du dossier”, avec “une partie agressée qui est prête à la paix, et une autre partie, l’agresseur, qui refuse toute proposition de paix ou de dialogue”.Le Brésil continue d’entretenir de bonnes relations avec la Russie et Lula était à Moscou le 9 mai pour les commémorations de la victoire contre l’Allemagne nazie, où il a été reçu par le président russe Vladimir Poutine.- Mercosur – L’accord de libre échange entre l’UE et des pays d’Amérique latine sera en toile de fond de la visite de Lula en France.Cet accord avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay doit permettre à l’UE d’exporter notamment plus de voitures, de machines et de spiritueux, en échange de l’entrée de viandes, sucre, riz, miel ou soja sud-américains.Paris s’oppose à cet accord “dans sa forme actuelle”, contrairement à d’autres pays européens comme l’Allemagne ou l’Espagne.A la veille du début de la visite du président brésilien, des députés français ont réuni mercredi plusieurs filières agricoles à l’Assemblée pour réaffirmer leur opposition à l’accord.Jean-François Guihard, président de l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev), a notamment appelé Emmanuel Macron à être “extrêmement ferme” face au président brésilien “pour dire que cet accord n’est pas possible”.Mais en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, “il y a un nouveau contexte international” qui devrait pousser en faveur de l’accord, selon la diplomatie brésilienne.Après sa visite à Paris, le président brésilien participera le 8 juin à un sommet économique à Monaco, puis sera à Nice le 9 avec le président Macron pour l’ouverture de la conférence de l’ONU sur les océans.

Lula entame une visite en France, Mercosur et crises mondiales en toile de fond

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a débuté jeudi une visite en France au cours de laquelle seront abordés les crises internationales ainsi que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, auquel Paris est fermement opposé.Il s’agit de la première visite d’Etat en France d’un président brésilien depuis 2012, et elle intervient à quelques mois de la COP30 organisée par le Brésil en novembre prochain.Le président français Emmanuel Macron a accueilli son homologue brésilien avec une cérémonie aux Invalides, au cours de laquelle ils ont passé les troupes en revue. Les deux dirigeants, qui entretiennent des relations chaleureuses malgré les différends, auront ensuite un déjeuner de travail, suivi d’un dîner d’Etat dans la soirée.La visite de M. Lula, qui avait lui-même accueilli son homologue français en mars 2024, vise selon le président brésilien à “renforcer” les liens stratégiques entre les deux pays. Une douzaine d’accords de coopération dans les domaines de l’environnement, de la technologie, de la défense, de l’énergie et de la santé devraient être signés.- Crises internationales -Dans le contexte mondial mouvementé, marqué notamment par les surtaxes douanières imposées par le président américain Donald Trump à ses partenaires, et par les guerres en Ukraine et au Proche-Orient, “il est d’autant plus important de retrouver des convergences avec le Brésil, un grand Etat émergent” qui assure cette année la présidence tournante du bloc de pays émergents des Brics, a souligné l’Elysée.La France compte notamment sur la mobilisation du Brésil, qui a reconnu l’Etat palestinien en 2010, pour peser sur l’issue de la conférence organisée par la France et l’Arabie saoudite à l’ONU mi-juin, visant à redonner un élan à une solution politique au conflit israélo-palestinien.”Il n’y aura pas de paix tant qu’on n’aura pas conscience que le peuple palestinien a droit à son Etat”, a déclaré Lula mardi, quelques heures avant son départ pour Paris.”C’est justement en raison des souffrances du peuple juif dans son histoire que le gouvernement d’Israël devrait traiter le peuple palestinien avec humanisme et bon sens”, a ajouté le président brésilien, qualifiant l’offensive israélienne à Gaza de “génocide”, comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises par le passé.Concernant l’Ukraine, la France “compte présenter au président Lula l’état du dossier”, avec “une partie agressée qui est prête à la paix, et une autre partie, l’agresseur, qui refuse toute proposition de paix ou de dialogue”.Le Brésil continue d’entretenir de bonnes relations avec la Russie et Lula était à Moscou le 9 mai pour les commémorations de la victoire contre l’Allemagne nazie, où il a été reçu par le président russe Vladimir Poutine.- Mercosur – L’accord de libre échange entre l’UE et des pays d’Amérique latine sera en toile de fond de la visite de Lula en France.Cet accord avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay doit permettre à l’UE d’exporter notamment plus de voitures, de machines et de spiritueux, en échange de l’entrée de viandes, sucre, riz, miel ou soja sud-américains.Paris s’oppose à cet accord “dans sa forme actuelle”, contrairement à d’autres pays européens comme l’Allemagne ou l’Espagne.A la veille du début de la visite du président brésilien, des députés français ont réuni mercredi plusieurs filières agricoles à l’Assemblée pour réaffirmer leur opposition à l’accord.Jean-François Guihard, président de l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev), a notamment appelé Emmanuel Macron à être “extrêmement ferme” face au président brésilien “pour dire que cet accord n’est pas possible”.Mais en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, “il y a un nouveau contexte international” qui devrait pousser en faveur de l’accord, selon la diplomatie brésilienne.Après sa visite à Paris, le président brésilien participera le 8 juin à un sommet économique à Monaco, puis sera à Nice le 9 avec le président Macron pour l’ouverture de la conférence de l’ONU sur les océans.

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Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a débuté jeudi une visite en France au cours de laquelle seront abordés les crises internationales ainsi que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, auquel Paris est fermement opposé.Il s’agit de la première visite d’Etat en France d’un président brésilien depuis 2012, et elle intervient à quelques mois de la COP30 organisée par le Brésil en novembre prochain.Le président français Emmanuel Macron a accueilli son homologue brésilien avec une cérémonie aux Invalides, au cours de laquelle ils ont passé les troupes en revue. Les deux dirigeants, qui entretiennent des relations chaleureuses malgré les différends, auront ensuite un déjeuner de travail, suivi d’un dîner d’Etat dans la soirée.La visite de M. Lula, qui avait lui-même accueilli son homologue français en mars 2024, vise selon le président brésilien à “renforcer” les liens stratégiques entre les deux pays. Une douzaine d’accords de coopération dans les domaines de l’environnement, de la technologie, de la défense, de l’énergie et de la santé devraient être signés.- Crises internationales -Dans le contexte mondial mouvementé, marqué notamment par les surtaxes douanières imposées par le président américain Donald Trump à ses partenaires, et par les guerres en Ukraine et au Proche-Orient, “il est d’autant plus important de retrouver des convergences avec le Brésil, un grand Etat émergent” qui assure cette année la présidence tournante du bloc de pays émergents des Brics, a souligné l’Elysée.La France compte notamment sur la mobilisation du Brésil, qui a reconnu l’Etat palestinien en 2010, pour peser sur l’issue de la conférence organisée par la France et l’Arabie saoudite à l’ONU mi-juin, visant à redonner un élan à une solution politique au conflit israélo-palestinien.”Il n’y aura pas de paix tant qu’on n’aura pas conscience que le peuple palestinien a droit à son Etat”, a déclaré Lula mardi, quelques heures avant son départ pour Paris.”C’est justement en raison des souffrances du peuple juif dans son histoire que le gouvernement d’Israël devrait traiter le peuple palestinien avec humanisme et bon sens”, a ajouté le président brésilien, qualifiant l’offensive israélienne à Gaza de “génocide”, comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises par le passé.Concernant l’Ukraine, la France “compte présenter au président Lula l’état du dossier”, avec “une partie agressée qui est prête à la paix, et une autre partie, l’agresseur, qui refuse toute proposition de paix ou de dialogue”.Le Brésil continue d’entretenir de bonnes relations avec la Russie et Lula était à Moscou le 9 mai pour les commémorations de la victoire contre l’Allemagne nazie, où il a été reçu par le président russe Vladimir Poutine.- Mercosur – L’accord de libre échange entre l’UE et des pays d’Amérique latine sera en toile de fond de la visite de Lula en France.Cet accord avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay doit permettre à l’UE d’exporter notamment plus de voitures, de machines et de spiritueux, en échange de l’entrée de viandes, sucre, riz, miel ou soja sud-américains.Paris s’oppose à cet accord “dans sa forme actuelle”, contrairement à d’autres pays européens comme l’Allemagne ou l’Espagne.A la veille du début de la visite du président brésilien, des députés français ont réuni mercredi plusieurs filières agricoles à l’Assemblée pour réaffirmer leur opposition à l’accord.Jean-François Guihard, président de l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev), a notamment appelé Emmanuel Macron à être “extrêmement ferme” face au président brésilien “pour dire que cet accord n’est pas possible”.Mais en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, “il y a un nouveau contexte international” qui devrait pousser en faveur de l’accord, selon la diplomatie brésilienne.Après sa visite à Paris, le président brésilien participera le 8 juin à un sommet économique à Monaco, puis sera à Nice le 9 avec le président Macron pour l’ouverture de la conférence de l’ONU sur les océans.

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Suspension de MaPrimeRénov’: la filière de la rénovation énergétique exprime sa “stupéfaction”, manifestations envisagées

Une vingtaine de fédérations de la filière de la rénovation énergétique expriment jeudi leur “stupéfaction” et leurs “inquiétudes” après la suspension du dispositif d’aides publiques MaPrimeRénov’, et le secteur du bâtiment envisage des manifestations.Dans un communiqué commun, la filière estime que la réunion prévue vendredi au ministère de l’Economie pour discuter du marché de la rénovation énergétique n’a “plus lieu d’être car sans objet désormais” et demande à être reçue par le Premier ministre, François Bayrou. Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), juge la décision du gouvernement de fermer le guichet de dépôts de demande d’aides MaPrimeRénov’ “injustifiable, inqualifiable”, risquant de  mettre “sur le carreau 100.000 salariés du secteur”. “Sans stabilité du dispositif, a fortiori sans sa pérennisation, et sans sa simplification, ce sont des milliers d’entreprises d’installateurs, d’artisans du bâtiment, de distributeurs et d’emplois industriels qui sont directement fragilisés”, dénoncent les 19 organisations professionnelles dans leur communiqué commun, qui incluent des fédérations de professionnels du chauffage, de l’énergie, de l’électricité et du génie climatique.La FFB compte profiter de son congrès national vendredi 13 juin pour “décider des mesures à prendre”, indique Olivier Salleron à l’AFP. “Ca va gronder”, ajoute-t-il, manifestation, blocage, montage de grues dans des “lieux stratégiques” étant envisagés. Même volonté de protester du côté du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb qui s’organise pour définir “un mouvement” afin de “réagir fortement et dire notre mécontentement”, selon son président Jean-Christophe Repon, interrogé par Franceinfo. La rénovation énergétique représente 30% de l’activité des adhérents de la FFB et 600.000 salariés, selon Olivier Salleron.  “Les TPE, PME, artisans, tout le monde est vent debout. Avec en plus la crise grave et historique du logement neuf, trop c’est trop, on ne va pas se laisser crever sans rien dire”, gronde-t-il. 

Suspension de MaPrimeRénov’: la filière de la rénovation énergétique exprime sa “stupéfaction”, manifestations envisagées

Une vingtaine de fédérations de la filière de la rénovation énergétique expriment jeudi leur “stupéfaction” et leurs “inquiétudes” après la suspension du dispositif d’aides publiques MaPrimeRénov’, et le secteur du bâtiment envisage des manifestations.Dans un communiqué commun, la filière estime que la réunion prévue vendredi au ministère de l’Economie pour discuter du marché de la rénovation énergétique n’a “plus lieu d’être car sans objet désormais” et demande à être reçue par le Premier ministre, François Bayrou. Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), juge la décision du gouvernement de fermer le guichet de dépôts de demande d’aides MaPrimeRénov’ “injustifiable, inqualifiable”, risquant de  mettre “sur le carreau 100.000 salariés du secteur”. “Sans stabilité du dispositif, a fortiori sans sa pérennisation, et sans sa simplification, ce sont des milliers d’entreprises d’installateurs, d’artisans du bâtiment, de distributeurs et d’emplois industriels qui sont directement fragilisés”, dénoncent les 19 organisations professionnelles dans leur communiqué commun, qui incluent des fédérations de professionnels du chauffage, de l’énergie, de l’électricité et du génie climatique.La FFB compte profiter de son congrès national vendredi 13 juin pour “décider des mesures à prendre”, indique Olivier Salleron à l’AFP. “Ca va gronder”, ajoute-t-il, manifestation, blocage, montage de grues dans des “lieux stratégiques” étant envisagés. Même volonté de protester du côté du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb qui s’organise pour définir “un mouvement” afin de “réagir fortement et dire notre mécontentement”, selon son président Jean-Christophe Repon, interrogé par Franceinfo. La rénovation énergétique représente 30% de l’activité des adhérents de la FFB et 600.000 salariés, selon Olivier Salleron.  “Les TPE, PME, artisans, tout le monde est vent debout. Avec en plus la crise grave et historique du logement neuf, trop c’est trop, on ne va pas se laisser crever sans rien dire”, gronde-t-il. 

Affaire Maddie: troisième jour de fouilles dans le sud du Portugal

Les recherches ont repris jeudi dans le sud du Portugal, près du lieu de la disparition en 2007 de la fillette britannique Maddie McCann, pour le troisième jour consécutif de cette nouvelle phase d’investigations menée à l’initiative d’enquêteurs allemands, ont constaté des journalistes de l’AFP.Comme mardi et mercredi, des véhicules de police portugais et allemands se sont engagés peu avant 09H00 (08H00 GMT) sur un chemin de terre à l’accès barré non loin de la station balnéaire de Praia da Luz, sur la commune de Lagos.Mercredi, les recherches des enquêteurs, dont au moins 25 Allemands, se sont concentrées sur des terrains autour de plusieurs maisons en ruines, situées près de Praia da Luz, ont constaté les journalistes de l’AFP.Selon les médias portugais, à l’aide de pelleteuses, de pelles et de tronçonneuses, ces enquêteurs ont nettoyé et fouillé des parcelles et des puits abandonnés proches de l’ancienne demeure de Christian Brückner, un Allemand déjà condamné pour viol et le principal suspect dans l’affaire.Ils ont également utilisé un géo-radar, pour détecter d’éventuelles traces souterraines, et ont collecté des matériaux qui doivent être à présent analysés.Ces nouvelles recherches, qui pourraient s’achever dès jeudi ou durer jusqu’à vendredi, sont menées dans le cadre d’un mandat émis par le ministère public de Brunswick (nord de l’Allemagne), qui dirige une enquête préliminaire contre Christian Brückner.Dans ce dossier, les dernières fouilles, infructueuses, avaient eu lieu en mai 2023, près d’un lac situé à Silves, à une cinquantaine de kilomètres du lieu de la disparition de Madeleine McCann.La justice allemande avait fait sensation en 2020 en disant être convaincue de l’implication de Christian Brückner dans la disparition de la fillette. Soupçonné de l’avoir tuée, il n’a toutefois toujours pas été inculpé.En 2007, Maddie, trois ans, a disparu de l’appartement où elle passait des vacances avec ses parents pendant que ceux-ci dînaient à proximité. L’affaire est aussitôt devenue une énigme criminelle au retentissement mondial.A l’époque des faits, Christian Brückner vivait sur la côte portugaise de l’Algarve, à proximité du lieu de villégiature des McCann, et un téléphone portable à son nom a borné près de leur logement le soir de la disparition.Christian Brückner purge actuellement une condamnation à sept ans de prison pour le viol en 2005 d’une septuagénaire américaine à Praia da Luz, où a disparu Madeleine McCann. Il doit sortir de prison en septembre prochain.Il a par ailleurs été acquitté en octobre 2024 en Allemagne dans un procès pour deux agressions sexuelles et trois viols commis entre 2000 et 2017, encore au Portugal.