Dans cet archipel riche en coraux, la Grèce interdit la pêche au chalut, un exemple en Europe

L’aube rougeoie sur le minuscule archipel grec de Fournoi, riche en coraux, tandis que le caïque en bois de Manolis Mytikas fend les eaux calmes du petit port avec à son bord les quelques poissons piégés dans ses filets.Sa modeste prise attire rapidement les îliens en quête de poisson frais, rare depuis des années au large de ce chapelet d’îles dans le nord-est de la mer Egée qui compte moins de 1.500 habitants au total.”Aujourd’hui, on était deux à sortir en mer, on a eu un peu de poisson par chance”, explique à l’AFP ce pêcheur de 76 ans à la peau tannée par le soleil méditerranéen. “Hier, on a gagné 30 euros. Avant-hier, pas un sou. On n’a même pas de quoi manger parfois!”Pourtant, dans le petit port de Fournoi, l’espoir renaît.  Fin mai, le gouvernement grec a interdit la pêche au chalut de fond dans les eaux de Fournoi et de six îlots inhabités proches pour protéger des récifs coralliens d’une exceptionnelle richesse récemment identifiés.Plus généralement, la Grèce va interdire le chalutage de fond dans les parcs marins nationaux d’ici 2026, et dans l’ensemble des aires marines protégées d’ici 2030, devenant ainsi le premier pays en Europe à prendre une mesure de cette envergure.Car la réalité des aires marines protégées dans le monde, qui figure parmi les sujets clés de la 3e conférence de l’ONU sur l’océan (Unoc 3) qui s’ouvre à Nice la semaine prochaine, est que la pêche y est généralement autorisée, y compris souvent par des chalutiers.- “Bulldozers” – “Enfin!”, s’exclame M. Mytikas qui ne décolère pas face aux ravages perpétrés par le chalutage qui consiste à racler les fonds marins avec un immense filet en entonnoir. Ils “ont ravagé la mer. Ils labourent les fonds marins et détruisent tout”, s’emporte-t-il tandis que son collègue Vaguelis Markakis, 58 ans, compare ces bateaux à “des bulldozers”.”Si on les empêche de venir ici, notre mer pourra revivre!”, assure M. Mytikas. “La mer sera à nouveau pleine de poissons!”, s’enthousiasme également M. Markakis alors que les pêcheurs de Fournoi affirment que les chalutiers pêchent dans leurs eaux.L’enjeu de cette interdiction est également environnemental.Les recherches menées dans cet archipel par les ONGs Under the Pole, qui organise des expéditions de plongée en milieu extrême, et Archipelagos, en collaboration avec des institutions scientifiques européennes, ont mis en évidence l’existence de véritables forêts animales sous-marines. A entre 60 et 150 mètres de profondeur, en basse lumière, les scientifiques ont recensé plus de 300 espèces benthiques, c’est-à-dire qui vivent au fond des eaux.”Ce que nous avons découvert dépasse l’imagination”, assure Anastasia Miliou, hydrobiologiste et directrice scientifique d’Archipelagos. “De vastes récifs coralliens vieux de plusieurs milliers d’années, encore intacts.”- Forêts sous-marines -Ces espèces animales, “lorsqu’elles se développent à forte densité, forment de véritables forêts sous-marines”, explique également Lorenzo Bramanti chercheur au Laboratoire d’écogéochimie des environnements benthiques du CNRS.Or “ces habitats sont extrêmement sensibles. Un passage de chalut suffit à les raser”, alerte Stelios Katsanevakis, professeur d’océanographie à l’Université de l’Egée.Et les dégâts s’avèrent “potentiellement irréversibles”, ajoute M. Bramanti. Car “une fois détruites, ces forêts peuvent mettre des décennies, voire des siècles à se reconstituer”.”Personne ne doute que la déforestation est une catastrophe écologique, il en va de même pour les forêts animales”, insiste-t-il.En interdisant la pêche au chalut de fond autour de Fournoi, il espère que la Grèce va servir d'”exemple aux autres pays méditerranéens”.”Nous devons agir rapidement car il s’agit des derniers écosystèmes encore épargnés par le changement climatique” car situés à des profondeurs supérieures à 70 mètres, insiste encore Lorenzo Bramanti.Mais du côté des professionnels de la pêche industrielle, la colère gronde. En Grèce, environ 220 chalutiers de fond sont en activité. Leurs représentants estiment que les restrictions à leur activité s’accumulent sans la moindre concertation.Ces décisions “se fondent sur des rapports d’organisations bénévoles (…) qui manquent de rigueur scientifique”, estime Kostas Daoultzis, vice-président de l’Union des armateurs de pêche au chalut de fond et président des armateurs de chalutiers mécanisés de Nea Michaniona, près de Thessalonique (nord).”Les consommateurs en pâtiront: les prix du poisson vont exploser”, juge-t-il.Selon lui, les chalutiers évitent déjà les zones coralliennes, où leurs engins risquent d’être endommagés. Mais il ne s’est pas exprimé spécifiquement concernant la zone de Fournoi. 

Japanese startup attempts Moon landing

A Japanese startup will attempt a tricky lunar touchdown on Friday with an unmanned lander named Resilience, two years after its first try which crashed onto the Moon’s surface.If successful, it will be only the third private mission to the Earth’s rocky natural satellite ever completed, and the first by a company based outside the United States.The startup, ispace, says touchdown is expected at 4:17 am Japan time on Friday (1917 GMT Thursday) with the potentially nail-biting attempt streamed on its website.Resilience is “ready to attempt a historic landing on the Moon” and “we are confident in our preparations for success”, ispace CEO Takeshi Hakamada said last week.”We have leveraged the operational experience gained in Mission 1 and during this current voyage to the Moon,” he said in a statement.Only five nations have soft-landed spacecraft on the Moon — the Soviet Union, the United States, China, India and Japan.And now companies are vying to offer cheaper and more frequent space exploration opportunities than governments.Last year, the Houston-based Intuitive Machines became the first private enterprise to touch down on the Moon.Although its uncrewed craft landed at the wrong angle, it was still able to complete tests and send photos.Then in March this year, Firefly Aerospace’s Blue Ghost — launched on the same SpaceX rocket as ispace’s Resilience — aced its lunar landing attempt.Despite their rocket ride-share, Resilience took longer to reach the Moon than Blue Ghost, and ispace is now hoping for its own moment of glory, after its first mission resulted in an unsalvageable “hard landing” in 2023.Landing on the Moon is highly challenging as spacecraft must rely on precisely controlled thruster burning to slow their descent.Intuitive Machines’ second attempt at a Moon landing ended in disappointment in late March. Its spacecraft Athena, designed to touch down on a spot called the Mons Mouton plateau — closer to the lunar south pole than any previous mission — tipped over and was unable to recharge its solar-powered batteries.Meanwhile another Japanese startup, Space One, has been trying to become the country’s first private firm to put a satellite into orbit.Its latest rocket launch attempt in December blasted off but was later seen spiralling downwards in the distance as the company said the launch had to be terminated.

A Port-Cros, la plus vieille aire marine protégée d’Europe “montre le futur”

“Des dauphins, des puffins, des mérous… C’est une bulle de nature et pourtant on est entre Saint-Tropez et Marseille. Les gens disent que c’est un miracle”, s’enthousiasme Sophie-Dorothée Duron, directrice du parc national de Port-Cros.Ici, navigation, pêche et autres activités humaines sont soit interdites soit strictement réglementées. Un modèle que de nombreux experts, à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’océan à Nice du 9 au 13 juin, aimeraient voir étendu à toutes les aires marines protégées (AMP), souvent fustigées comme étant seulement “de papier”.Créée en 1963 au large de Hyères en Méditerranée, Port-Cros est la plus ancienne AMP de France et d’Europe. D’abord centrée sur l’île éponyme, elle englobe depuis 2012 sa voisine Porquerolles et s’étend sur 1.700 hectares terrestres et 2.900 hectares marins. “C’est un petit joyau, un hotspot de biodiversité. On retrouve ici quasiment toutes les espèces de Méditerranée”, se réjouit Vincent Bardinal, garde-moniteur sur l’île, montrant du doigt les nuées de poissons qui fraient dans les herbiers marins.Girelles, crénilabres, castagnoles ou daurades: dans les eaux cristallines du coeur du parc, où la pêche est strictement interdite, “on a une très bonne image de ce que pouvait être la côte il y a peut-être 100 ans, avec une pression humaine presque inexistante”. Un mérou, prédateur emblématique de l’archipel, apparaît. “On peut les approcher à quelques centimètres alors que sur le continent ils fuient”, sourit Vincent Bardinal.- “Patchwork” -Pour assurer une cohabitation fluide, les règles de fonctionnement du parc sont établies en concertation avec les acteurs économiques de la région, avec l’avis d’un conseil scientifique.Les restrictions concernent aussi bien la vitesse de navigation que la pratique de la plongée et de la pêche ou encore l’interdiction d’approcher certaines espèces animales.”La particularité c’est d’être dans une zone très fréquentée, très anthropisée (transformée par l’activité humaine). Le pari a été de conserver la nature tout en permettant à une population de continuer à y vivre et à des touristes d’en profiter, il n’y a pas de mise sous cloche”, souligne Mme Duron.Si les deux îles n’ont que 350 habitants permanents, elles voient défiler jusqu’à 2 millions de visiteurs par an!”L’idée c’est de travailler sur un patchwork de zones en fonction des sensibilités de l’écosystème. Il y a des zones ultra sensibles où on réglemente voire interdit la présence humaine. Et il y a d’autres zones qui peuvent tolérer les visiteurs”, explique la directrice. Une charte encadre depuis 1999 le travail des 24 pêcheurs professionnels autorisés à pratiquer au cœur du parc. 350 pêcheurs de loisir peuvent aussi opérer, à condition d’afficher sur leur bateau l’autorisation renouvelable chaque année.”L’objectif n’est pas d’exclure la pêche mais d’encadrer une pratique traditionnelle”, explique Thomas Abiven, garde-moniteur du Parc, en pleine opération de contrôle à l’aurore, l’heure préférée des resquilleurs.”Au début, le parc s’est monté sans vraiment l’aval des pêcheurs”, reconnaît-il, “mais au fur et à mesure les discussions se sont mises en place. En contrepartie de pouvoir pêcher, ils ont l’obligation de déclarer leurs prises. Cela offre des données que l’on croise avec les scientifiques pour voir si les populations de poissons se portent bien. Puis ont peut durcir ou alléger la réglementation en fonction”.- “Capital-poisson” -La population de mérous est par exemple passée de 40 à près de 1.000 individus. Les herbiers de posidonie sont également en pleine expansion.”On observe clairement +l’effet réserve+, c’est-à-dire que la nature se porte mieux qu’en dehors du parc. Ça se voit sur le nombre de poissons mais aussi l’augmentation de leur taille moyenne”, détaille Sandrine Ruitton, enseignante chercheuse à Aix-Marseille Université, rattachée à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie. “C’est comme un coffre-fort où on fait fructifier le capital-poisson”, poursuit-elle. “Les intérêts vont déborder à l’extérieur et cela va permettre aux autres écosystèmes et à la population humaine d’en profiter, c’est vertueux pour tout le monde”.La France compte aujourd’hui 565 AMP en métropole et Outre-Mer, couvrant 33% de l’espace maritime national. Mais les règles très strictes qui font le succès de Port-Cros font figure d’exception. “L’appellation d’AMP ne veut rien dire, il y en a dans lesquelles on peut chaluter”, s’insurge François Sarano, océanologue et ancien collaborateur du commandant Cousteau. “La définition comprend diverses petites réglementations mais c’est totalement insuffisant”.Et d’espérer des “règles beaucoup plus strictes” à l’occasion du sommet onusien de Nice: “Port-Cros n’est pas un conservatoire du passé, c’est un endroit qui nous montre le futur en intégrant la question de la pollution et du réchauffement climatique.”

A Port-Cros, la plus vieille aire marine protégée d’Europe “montre le futur”

“Des dauphins, des puffins, des mérous… C’est une bulle de nature et pourtant on est entre Saint-Tropez et Marseille. Les gens disent que c’est un miracle”, s’enthousiasme Sophie-Dorothée Duron, directrice du parc national de Port-Cros.Ici, navigation, pêche et autres activités humaines sont soit interdites soit strictement réglementées. Un modèle que de nombreux experts, à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’océan à Nice du 9 au 13 juin, aimeraient voir étendu à toutes les aires marines protégées (AMP), souvent fustigées comme étant seulement “de papier”.Créée en 1963 au large de Hyères en Méditerranée, Port-Cros est la plus ancienne AMP de France et d’Europe. D’abord centrée sur l’île éponyme, elle englobe depuis 2012 sa voisine Porquerolles et s’étend sur 1.700 hectares terrestres et 2.900 hectares marins. “C’est un petit joyau, un hotspot de biodiversité. On retrouve ici quasiment toutes les espèces de Méditerranée”, se réjouit Vincent Bardinal, garde-moniteur sur l’île, montrant du doigt les nuées de poissons qui fraient dans les herbiers marins.Girelles, crénilabres, castagnoles ou daurades: dans les eaux cristallines du coeur du parc, où la pêche est strictement interdite, “on a une très bonne image de ce que pouvait être la côte il y a peut-être 100 ans, avec une pression humaine presque inexistante”. Un mérou, prédateur emblématique de l’archipel, apparaît. “On peut les approcher à quelques centimètres alors que sur le continent ils fuient”, sourit Vincent Bardinal.- “Patchwork” -Pour assurer une cohabitation fluide, les règles de fonctionnement du parc sont établies en concertation avec les acteurs économiques de la région, avec l’avis d’un conseil scientifique.Les restrictions concernent aussi bien la vitesse de navigation que la pratique de la plongée et de la pêche ou encore l’interdiction d’approcher certaines espèces animales.”La particularité c’est d’être dans une zone très fréquentée, très anthropisée (transformée par l’activité humaine). Le pari a été de conserver la nature tout en permettant à une population de continuer à y vivre et à des touristes d’en profiter, il n’y a pas de mise sous cloche”, souligne Mme Duron.Si les deux îles n’ont que 350 habitants permanents, elles voient défiler jusqu’à 2 millions de visiteurs par an!”L’idée c’est de travailler sur un patchwork de zones en fonction des sensibilités de l’écosystème. Il y a des zones ultra sensibles où on réglemente voire interdit la présence humaine. Et il y a d’autres zones qui peuvent tolérer les visiteurs”, explique la directrice. Une charte encadre depuis 1999 le travail des 24 pêcheurs professionnels autorisés à pratiquer au cœur du parc. 350 pêcheurs de loisir peuvent aussi opérer, à condition d’afficher sur leur bateau l’autorisation renouvelable chaque année.”L’objectif n’est pas d’exclure la pêche mais d’encadrer une pratique traditionnelle”, explique Thomas Abiven, garde-moniteur du Parc, en pleine opération de contrôle à l’aurore, l’heure préférée des resquilleurs.”Au début, le parc s’est monté sans vraiment l’aval des pêcheurs”, reconnaît-il, “mais au fur et à mesure les discussions se sont mises en place. En contrepartie de pouvoir pêcher, ils ont l’obligation de déclarer leurs prises. Cela offre des données que l’on croise avec les scientifiques pour voir si les populations de poissons se portent bien. Puis ont peut durcir ou alléger la réglementation en fonction”.- “Capital-poisson” -La population de mérous est par exemple passée de 40 à près de 1.000 individus. Les herbiers de posidonie sont également en pleine expansion.”On observe clairement +l’effet réserve+, c’est-à-dire que la nature se porte mieux qu’en dehors du parc. Ça se voit sur le nombre de poissons mais aussi l’augmentation de leur taille moyenne”, détaille Sandrine Ruitton, enseignante chercheuse à Aix-Marseille Université, rattachée à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie. “C’est comme un coffre-fort où on fait fructifier le capital-poisson”, poursuit-elle. “Les intérêts vont déborder à l’extérieur et cela va permettre aux autres écosystèmes et à la population humaine d’en profiter, c’est vertueux pour tout le monde”.La France compte aujourd’hui 565 AMP en métropole et Outre-Mer, couvrant 33% de l’espace maritime national. Mais les règles très strictes qui font le succès de Port-Cros font figure d’exception. “L’appellation d’AMP ne veut rien dire, il y en a dans lesquelles on peut chaluter”, s’insurge François Sarano, océanologue et ancien collaborateur du commandant Cousteau. “La définition comprend diverses petites réglementations mais c’est totalement insuffisant”.Et d’espérer des “règles beaucoup plus strictes” à l’occasion du sommet onusien de Nice: “Port-Cros n’est pas un conservatoire du passé, c’est un endroit qui nous montre le futur en intégrant la question de la pollution et du réchauffement climatique.”

En Birmanie, le combat d’une tribu contre un projet chinois de mine de plomb

Dans les collines birmanes, un projet chinois d’extraction de plomb, encouragé par le boom des batteries électriques, menace de détruire les moyens de subsistance d’une petite tribu qui a organisé sa défense, par crainte de “disparaître”.”Nous n’avons pas le projet d’échanger ce que nos ancêtres nous ont légué pour de l’argent. Cette terre est la dignité de notre tribu”, affirme Khun Khine Min Naing, qui mène le mouvement de révolte.”Nous ne faisons que demander des droits indigènes qui nous sont dus”, met en avant le jeune homme de 24 ans.Depuis avril, des centaines de membres de l’ethnie Pradawng défilent régulièrement sur les chemins de terre battue contre le projet d’extraire du plomb sur leurs terres, qui risque de transformer le paysage à jamais, sans aucune forme de bénéfice pour eux.La tribu, proche culturellement des Karens, revendique 3.000 membres sur un territoire qu’elle occupe depuis près de quatre siècles dans l’Etat Shan (Est), près de Pekon.Mais leurs voix résonnent dans le vide, dans le contexte de la guerre civile qui a réduit en lambeaux la Birmanie, où des groupes privés font leurs affaires sans être trop inquiétés. Une entreprise birmane, Four Star Company, connectée à une milice locale, et son partenaire chinois ont l’ambition de développer une importante mine de plomb. Depuis février, d’imposantes machines occupent le site, en vue des travaux.Les Pradawng, qui assurent ne pas avoir été consultés, habitent un village, Thi Kyeik, en contrebas de la future mine – un endroit vulnérable aux pollutions générées par l’activité minière.L’extraction de plomb, un métal toxique particulièrement nocif pour les jeunes enfants et les femmes en âge de procréer, contamine les sols et l’eau, a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS).- Présence chinoise -“Nous ne voulons pas laisser cette terre endommagée pour la prochaine génération”, a insisté Khun Khine Min Naing. “Nous ne voulons pas être considérés comme des criminels aux yeux de l’histoire.”En manifestant à l’aide de pancartes, les Pradawng s’exposent à une violente réponse de gardes armés.Selon les Pradawng, Four Star Company opère dans la région depuis 20 ans, avec l’aval d’une milice locale, le Kayan New Land Party, qui a conclu un cessez-le-feu avec l’armée birmane.Son partenaire chinois, longtemps caché aux habitants, est difficile à identifier.Le conflit qui a éclaté après le coup d’Etat du 1er février 2021 a fragmenté la Birmanie, où des dizaines de groupes armés, en plus de la junte, imposent leur loi, dans des conditions plus ou moins opaques, qui profitent aux trafics en tous genres.Dans ce contexte, des Chinois ont investi dans les riches ressources naturelles du pays: jades et autres pierre précieuses, bois de teck, minerais.Le plomb est recherché pour construire des batteries, largement utilisées par le secteur automobile.Sur l’année 2023, quelque 98% des exportations birmanes de plomb sont allées en Chine, a noté la Banque mondiale. Mais le volume des échanges, estimé à 20 millions de dollars, ou 50.000 tonnes, pourrait être sous-évalué du fait de la prédominance du marché noir.Une analyse par imagerie satellite d’un seul site à la frontière chinoise par le Centre pour la résilience de l’information, basé en Grande-Bretagne, a montré que celui-ci avait presque doublé entre 2018 et 2024, donnant une idée de la dynamique.- “Aucune loi” -“Nous risquons de disparaître”, assure Khun Aung Naing Soe, 32 ans, un leader de la tribu.”Il n’y a aucune loi qui protège le peuple”, affirme-t-il.Le prix d’une tonne de plomb raffiné se situe autour de 2.000 dollars sur le marché mondial.Les Pradawng craignent que seule la pollution ne ruisselle de l’activité minière, pas les profits.”Ils essayent de négocier avec nous en nous promettant des bénéfices, mais on a décidé avec courage de repousser leur offre”, a expliqué le leader des manifestations, Khun Khine Min Naing.Durant les négociations, la tribu a senti que ses interlocuteurs allaient débuter leurs opérations “par tous les moyens”, a-t-il poursuivi.Des signes avant-coureurs de dommages environnementaux sont déjà visibles, selon les riverains.Les habitants ont remarqué une augmentation des inondations et des coulées de boue qui ont emporté des maisons entières, car le rythme de l’exploitation minière dans la région s’est accéléré ces dernières années.Mu Ju July, 19 ans, gagne péniblement sa vie en fouillant les terrils à la recherche de morceaux de plomb. “Si nous donnons notre autorisation, nous ne serons tranquilles que pendant un ou deux ans”, estime-t-elle. “Il ne restera que des pierres lorsque le moment sera venu pour nos enfants.”

En Birmanie, le combat d’une tribu contre un projet chinois de mine de plomb

Dans les collines birmanes, un projet chinois d’extraction de plomb, encouragé par le boom des batteries électriques, menace de détruire les moyens de subsistance d’une petite tribu qui a organisé sa défense, par crainte de “disparaître”.”Nous n’avons pas le projet d’échanger ce que nos ancêtres nous ont légué pour de l’argent. Cette terre est la dignité de notre tribu”, affirme Khun Khine Min Naing, qui mène le mouvement de révolte.”Nous ne faisons que demander des droits indigènes qui nous sont dus”, met en avant le jeune homme de 24 ans.Depuis avril, des centaines de membres de l’ethnie Pradawng défilent régulièrement sur les chemins de terre battue contre le projet d’extraire du plomb sur leurs terres, qui risque de transformer le paysage à jamais, sans aucune forme de bénéfice pour eux.La tribu, proche culturellement des Karens, revendique 3.000 membres sur un territoire qu’elle occupe depuis près de quatre siècles dans l’Etat Shan (Est), près de Pekon.Mais leurs voix résonnent dans le vide, dans le contexte de la guerre civile qui a réduit en lambeaux la Birmanie, où des groupes privés font leurs affaires sans être trop inquiétés. Une entreprise birmane, Four Star Company, connectée à une milice locale, et son partenaire chinois ont l’ambition de développer une importante mine de plomb. Depuis février, d’imposantes machines occupent le site, en vue des travaux.Les Pradawng, qui assurent ne pas avoir été consultés, habitent un village, Thi Kyeik, en contrebas de la future mine – un endroit vulnérable aux pollutions générées par l’activité minière.L’extraction de plomb, un métal toxique particulièrement nocif pour les jeunes enfants et les femmes en âge de procréer, contamine les sols et l’eau, a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS).- Présence chinoise -“Nous ne voulons pas laisser cette terre endommagée pour la prochaine génération”, a insisté Khun Khine Min Naing. “Nous ne voulons pas être considérés comme des criminels aux yeux de l’histoire.”En manifestant à l’aide de pancartes, les Pradawng s’exposent à une violente réponse de gardes armés.Selon les Pradawng, Four Star Company opère dans la région depuis 20 ans, avec l’aval d’une milice locale, le Kayan New Land Party, qui a conclu un cessez-le-feu avec l’armée birmane.Son partenaire chinois, longtemps caché aux habitants, est difficile à identifier.Le conflit qui a éclaté après le coup d’Etat du 1er février 2021 a fragmenté la Birmanie, où des dizaines de groupes armés, en plus de la junte, imposent leur loi, dans des conditions plus ou moins opaques, qui profitent aux trafics en tous genres.Dans ce contexte, des Chinois ont investi dans les riches ressources naturelles du pays: jades et autres pierre précieuses, bois de teck, minerais.Le plomb est recherché pour construire des batteries, largement utilisées par le secteur automobile.Sur l’année 2023, quelque 98% des exportations birmanes de plomb sont allées en Chine, a noté la Banque mondiale. Mais le volume des échanges, estimé à 20 millions de dollars, ou 50.000 tonnes, pourrait être sous-évalué du fait de la prédominance du marché noir.Une analyse par imagerie satellite d’un seul site à la frontière chinoise par le Centre pour la résilience de l’information, basé en Grande-Bretagne, a montré que celui-ci avait presque doublé entre 2018 et 2024, donnant une idée de la dynamique.- “Aucune loi” -“Nous risquons de disparaître”, assure Khun Aung Naing Soe, 32 ans, un leader de la tribu.”Il n’y a aucune loi qui protège le peuple”, affirme-t-il.Le prix d’une tonne de plomb raffiné se situe autour de 2.000 dollars sur le marché mondial.Les Pradawng craignent que seule la pollution ne ruisselle de l’activité minière, pas les profits.”Ils essayent de négocier avec nous en nous promettant des bénéfices, mais on a décidé avec courage de repousser leur offre”, a expliqué le leader des manifestations, Khun Khine Min Naing.Durant les négociations, la tribu a senti que ses interlocuteurs allaient débuter leurs opérations “par tous les moyens”, a-t-il poursuivi.Des signes avant-coureurs de dommages environnementaux sont déjà visibles, selon les riverains.Les habitants ont remarqué une augmentation des inondations et des coulées de boue qui ont emporté des maisons entières, car le rythme de l’exploitation minière dans la région s’est accéléré ces dernières années.Mu Ju July, 19 ans, gagne péniblement sa vie en fouillant les terrils à la recherche de morceaux de plomb. “Si nous donnons notre autorisation, nous ne serons tranquilles que pendant un ou deux ans”, estime-t-elle. “Il ne restera que des pierres lorsque le moment sera venu pour nos enfants.”

En Birmanie, le combat d’une tribu contre un projet chinois de mine de plomb

Dans les collines birmanes, un projet chinois d’extraction de plomb, encouragé par le boom des batteries électriques, menace de détruire les moyens de subsistance d’une petite tribu qui a organisé sa défense, par crainte de “disparaître”.”Nous n’avons pas le projet d’échanger ce que nos ancêtres nous ont légué pour de l’argent. Cette terre est la dignité de notre tribu”, affirme Khun Khine Min Naing, qui mène le mouvement de révolte.”Nous ne faisons que demander des droits indigènes qui nous sont dus”, met en avant le jeune homme de 24 ans.Depuis avril, des centaines de membres de l’ethnie Pradawng défilent régulièrement sur les chemins de terre battue contre le projet d’extraire du plomb sur leurs terres, qui risque de transformer le paysage à jamais, sans aucune forme de bénéfice pour eux.La tribu, proche culturellement des Karens, revendique 3.000 membres sur un territoire qu’elle occupe depuis près de quatre siècles dans l’Etat Shan (Est), près de Pekon.Mais leurs voix résonnent dans le vide, dans le contexte de la guerre civile qui a réduit en lambeaux la Birmanie, où des groupes privés font leurs affaires sans être trop inquiétés. Une entreprise birmane, Four Star Company, connectée à une milice locale, et son partenaire chinois ont l’ambition de développer une importante mine de plomb. Depuis février, d’imposantes machines occupent le site, en vue des travaux.Les Pradawng, qui assurent ne pas avoir été consultés, habitent un village, Thi Kyeik, en contrebas de la future mine – un endroit vulnérable aux pollutions générées par l’activité minière.L’extraction de plomb, un métal toxique particulièrement nocif pour les jeunes enfants et les femmes en âge de procréer, contamine les sols et l’eau, a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS).- Présence chinoise -“Nous ne voulons pas laisser cette terre endommagée pour la prochaine génération”, a insisté Khun Khine Min Naing. “Nous ne voulons pas être considérés comme des criminels aux yeux de l’histoire.”En manifestant à l’aide de pancartes, les Pradawng s’exposent à une violente réponse de gardes armés.Selon les Pradawng, Four Star Company opère dans la région depuis 20 ans, avec l’aval d’une milice locale, le Kayan New Land Party, qui a conclu un cessez-le-feu avec l’armée birmane.Son partenaire chinois, longtemps caché aux habitants, est difficile à identifier.Le conflit qui a éclaté après le coup d’Etat du 1er février 2021 a fragmenté la Birmanie, où des dizaines de groupes armés, en plus de la junte, imposent leur loi, dans des conditions plus ou moins opaques, qui profitent aux trafics en tous genres.Dans ce contexte, des Chinois ont investi dans les riches ressources naturelles du pays: jades et autres pierre précieuses, bois de teck, minerais.Le plomb est recherché pour construire des batteries, largement utilisées par le secteur automobile.Sur l’année 2023, quelque 98% des exportations birmanes de plomb sont allées en Chine, a noté la Banque mondiale. Mais le volume des échanges, estimé à 20 millions de dollars, ou 50.000 tonnes, pourrait être sous-évalué du fait de la prédominance du marché noir.Une analyse par imagerie satellite d’un seul site à la frontière chinoise par le Centre pour la résilience de l’information, basé en Grande-Bretagne, a montré que celui-ci avait presque doublé entre 2018 et 2024, donnant une idée de la dynamique.- “Aucune loi” -“Nous risquons de disparaître”, assure Khun Aung Naing Soe, 32 ans, un leader de la tribu.”Il n’y a aucune loi qui protège le peuple”, affirme-t-il.Le prix d’une tonne de plomb raffiné se situe autour de 2.000 dollars sur le marché mondial.Les Pradawng craignent que seule la pollution ne ruisselle de l’activité minière, pas les profits.”Ils essayent de négocier avec nous en nous promettant des bénéfices, mais on a décidé avec courage de repousser leur offre”, a expliqué le leader des manifestations, Khun Khine Min Naing.Durant les négociations, la tribu a senti que ses interlocuteurs allaient débuter leurs opérations “par tous les moyens”, a-t-il poursuivi.Des signes avant-coureurs de dommages environnementaux sont déjà visibles, selon les riverains.Les habitants ont remarqué une augmentation des inondations et des coulées de boue qui ont emporté des maisons entières, car le rythme de l’exploitation minière dans la région s’est accéléré ces dernières années.Mu Ju July, 19 ans, gagne péniblement sa vie en fouillant les terrils à la recherche de morceaux de plomb. “Si nous donnons notre autorisation, nous ne serons tranquilles que pendant un ou deux ans”, estime-t-elle. “Il ne restera que des pierres lorsque le moment sera venu pour nos enfants.”

En Birmanie, le combat d’une tribu contre un projet chinois de mine de plomb

Dans les collines birmanes, un projet chinois d’extraction de plomb, encouragé par le boom des batteries électriques, menace de détruire les moyens de subsistance d’une petite tribu qui a organisé sa défense, par crainte de “disparaître”.”Nous n’avons pas le projet d’échanger ce que nos ancêtres nous ont légué pour de l’argent. Cette terre est la dignité de notre tribu”, affirme Khun Khine Min Naing, qui mène le mouvement de révolte.”Nous ne faisons que demander des droits indigènes qui nous sont dus”, met en avant le jeune homme de 24 ans.Depuis avril, des centaines de membres de l’ethnie Pradawng défilent régulièrement sur les chemins de terre battue contre le projet d’extraire du plomb sur leurs terres, qui risque de transformer le paysage à jamais, sans aucune forme de bénéfice pour eux.La tribu, proche culturellement des Karens, revendique 3.000 membres sur un territoire qu’elle occupe depuis près de quatre siècles dans l’Etat Shan (Est), près de Pekon.Mais leurs voix résonnent dans le vide, dans le contexte de la guerre civile qui a réduit en lambeaux la Birmanie, où des groupes privés font leurs affaires sans être trop inquiétés. Une entreprise birmane, Four Star Company, connectée à une milice locale, et son partenaire chinois ont l’ambition de développer une importante mine de plomb. Depuis février, d’imposantes machines occupent le site, en vue des travaux.Les Pradawng, qui assurent ne pas avoir été consultés, habitent un village, Thi Kyeik, en contrebas de la future mine – un endroit vulnérable aux pollutions générées par l’activité minière.L’extraction de plomb, un métal toxique particulièrement nocif pour les jeunes enfants et les femmes en âge de procréer, contamine les sols et l’eau, a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS).- Présence chinoise -“Nous ne voulons pas laisser cette terre endommagée pour la prochaine génération”, a insisté Khun Khine Min Naing. “Nous ne voulons pas être considérés comme des criminels aux yeux de l’histoire.”En manifestant à l’aide de pancartes, les Pradawng s’exposent à une violente réponse de gardes armés.Selon les Pradawng, Four Star Company opère dans la région depuis 20 ans, avec l’aval d’une milice locale, le Kayan New Land Party, qui a conclu un cessez-le-feu avec l’armée birmane.Son partenaire chinois, longtemps caché aux habitants, est difficile à identifier.Le conflit qui a éclaté après le coup d’Etat du 1er février 2021 a fragmenté la Birmanie, où des dizaines de groupes armés, en plus de la junte, imposent leur loi, dans des conditions plus ou moins opaques, qui profitent aux trafics en tous genres.Dans ce contexte, des Chinois ont investi dans les riches ressources naturelles du pays: jades et autres pierre précieuses, bois de teck, minerais.Le plomb est recherché pour construire des batteries, largement utilisées par le secteur automobile.Sur l’année 2023, quelque 98% des exportations birmanes de plomb sont allées en Chine, a noté la Banque mondiale. Mais le volume des échanges, estimé à 20 millions de dollars, ou 50.000 tonnes, pourrait être sous-évalué du fait de la prédominance du marché noir.Une analyse par imagerie satellite d’un seul site à la frontière chinoise par le Centre pour la résilience de l’information, basé en Grande-Bretagne, a montré que celui-ci avait presque doublé entre 2018 et 2024, donnant une idée de la dynamique.- “Aucune loi” -“Nous risquons de disparaître”, assure Khun Aung Naing Soe, 32 ans, un leader de la tribu.”Il n’y a aucune loi qui protège le peuple”, affirme-t-il.Le prix d’une tonne de plomb raffiné se situe autour de 2.000 dollars sur le marché mondial.Les Pradawng craignent que seule la pollution ne ruisselle de l’activité minière, pas les profits.”Ils essayent de négocier avec nous en nous promettant des bénéfices, mais on a décidé avec courage de repousser leur offre”, a expliqué le leader des manifestations, Khun Khine Min Naing.Durant les négociations, la tribu a senti que ses interlocuteurs allaient débuter leurs opérations “par tous les moyens”, a-t-il poursuivi.Des signes avant-coureurs de dommages environnementaux sont déjà visibles, selon les riverains.Les habitants ont remarqué une augmentation des inondations et des coulées de boue qui ont emporté des maisons entières, car le rythme de l’exploitation minière dans la région s’est accéléré ces dernières années.Mu Ju July, 19 ans, gagne péniblement sa vie en fouillant les terrils à la recherche de morceaux de plomb. “Si nous donnons notre autorisation, nous ne serons tranquilles que pendant un ou deux ans”, estime-t-elle. “Il ne restera que des pierres lorsque le moment sera venu pour nos enfants.”

Greenpeace slams Coca-Cola for producing billions of plastic bottlesThu, 05 Jun 2025 11:41:13 GMT

Coca-Cola produces 120 billion throwaway plastic bottles a year, Greenpeace Africa said at a protest in South Africa Thursday, urging the soda maker to use glass and tin packaging to cut back on plastic pollution.Activists erected a giant bottle cap outside the company’s Johannesburg office emblazoned with the slogan “Cap it Coke” in a demonstration …

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