Davos: les Européens à la tribune, Trump impose le Groenland à l’ordre du jour

Donald Trump a annoncé mardi une réunion des “différentes parties” sur le Groenland, territoire autonome appartenant au Danemark dont il veut s’emparer, et accentué la pression sur les dirigeants européens réunis au Forum économique de Davos.Grand-messe annuelle d’un multilatéralisme que le président américain ne cesse de malmener, la réunion de Davos intervient en plein bras de fer sur le Groenland entre les Américains et leurs alliés européens au sein de l’Otan.”Je ne pense pas qu’ils vont résister beaucoup. Nous devons l’avoir”, a déclaré le président américain à un journaliste en Floride qui l’interrogeait sur le Groenland, avant d’annoncer “une réunion des différentes parties à Davos, en Suisse”.”Le Groenland est essentiel pour la sécurité nationale et mondiale. Il ne peut y avoir de retour en arrière, sur ce point, tout le monde est d’accord!”, a-t-il lancé sur son réseau Truth Social, indiquant avoir eu “un très bon entretien téléphonique” avec Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan.”Les États-Unis d’Amérique sont de loin le pays le plus puissant au monde (…) Nous sommes la seule PUISSANCE capable d’assurer la PAIX dans le monde et cela se fait, tout simplement, par la FORCE !”, a-t-il dit.Le président américain a également posté une image générée par l’IA le montrant, accompagné du vice-président JD Vance et du ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, en train de planter un drapeau américain dans un paysage arctique. Un panneau indique: “Groenland, territoire américain depuis 2026”.M. Trump invoque des motifs de sécurité face aux Russes et aux Chinois pour s’emparer du Groenland et il a menacé de surtaxes douanières les pays qui s’y opposeraient, dont la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. A l’heure où l’UE réfléchit à des mesures de rétorsion commerciales, les déclarations à la tribune de Davos des dirigeants européens mardi seront particulièrement scrutées.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit notamment prononcer l’un des discours d’ouverture, avant le vice-Premier ministre chinois He Lifeng. Elle a encore insisté lundi sur “la nécessité de respecter sans équivoque” la souveraineté du Groenland et du Danemark, lors d’une rencontre à Davos avec une délégation bipartite du Congrès américain.Le président français Emmanuel Macron, qui a dénoncé récemment “le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme” dans les relations internationales, figure parmi les défenseurs d’une réponse ferme de l’UE. Il doit s’exprimer à Davos en début d’après-midi.- “Cercle vicieux” – Donald Trump, dont la dernière participation en personne au forum de Davos remonte à 2020, doit intervenir à la tribune mercredi.La présence américaine est très visible cette année à Davos, avec de nombreux commerces de la rue principale privatisés par des entreprises américaines et même une “USA House” installée dans une église où les membres du gouvernement multiplient les interventions.La délégation américaine est cette année l’une des plus importantes jamais enregistrée à Davos d’après les organisateurs, et elle n’a pas attendu l’arrivée de son commandant en chef pour occuper le terrain.Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a réfuté mardi à Davos l’hypothèse que les Européens puissent mettre en place des rétorsions financières et se débarrasser de leurs bons du Trésor américain.Lors d’un point presse, il a dénoncé “un récit complètement trompeur” faisant observer que le marché de la dette américaine “a les meilleures performances au monde”. “C’est le marché le plus liquide et c’est la base de toutes les transactions financières”, a-t-il dit. “Tout le monde doit respirer un grand coup. N’écoutez pas les médias qui sont hystériques”, a-t-il ajouté.Emmanuel Macron avait prévu de repartir de Davos dès mardi soir, sans croiser Donald Trump. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait en revanche affirmé vouloir y rencontrer le président américain, disant vouloir “éviter une escalade douanière”.”Des menaces douanières entre alliés sont inacceptables; elles affaiblissent notre relation transatlantique et, dans le pire des cas, peuvent conduire à un cercle vicieux”, s’est aussi inquiété le président finlandais Alexander Stubb.Interrogé sur un possible recours à la force des Américains, il a cependant assuré: “Je ne crois pas que les Américains prendront militairement le contrôle du Groenland”.Parmi les autres dirigeants attendus mardi à Davos figure notamment le Premier ministre canadien Mark Carney, qui cherche à réduire la dépendance de son pays aux Etats-Unis et a récemment conclu un nouveau partenariat avec Pékin. Le sommet, placé cette année sous le thème “Un esprit de dialogue” se tient jusqu’à vendredi dans la huppée station de ski des Grisons. 

Malawi suffers as US aid cuts cripple healthcare

A catastrophic collapse of healthcare services in Malawi a year after US funding cuts is undoing a decade of progress against HIV/AIDS, providers warn, leaving some of the most vulnerable feeling like “living dead”.In the impoverished southern Africa country, the US government’s decision to slash foreign aid in January 2025 has led to significant cuts in HIV treatments, a spike in pregnancies and a return to discrimination.Chisomo Nkwanga, an HIV-positive man who lives in the northern town of Mzuzu, told AFP that the end of US-funded specialised care was like a death sentence.After his normal provider of life-saving antiretroviral therapy (ART) vanished due to budget cuts, he turned to a public hospital.”The healthcare worker shouted at me in front of others,” Nkwanga recalled. “They said, ‘You gay, you are now starting to patronise our hospitals because the whites who supported your evil behaviour have stopped?'””I gave up,” he said, trembling. “I am a living dead.”More than one million of aid-dependent Malawi’s roughly 22 million people live with HIV and the United States previously provided 60 percent of its HIV treatment budget.Globally, researchers estimate that hundreds of thousands of preventable deaths have been caused by the Trump administration’s dismantling of US foreign aid, which has upended humanitarian efforts to fight HIV, malaria and tuberculosis in some of the world’s poorest regions.- Lay offs, panic -In Malawi, the drying up of support from USAID and the flagship US anti-HIV programme, PEPFAR, has left a “system in panic”, said Gift Trapence, executive director of the Centre for the Development of People (CEDEP).”The funding cut came on such short notice that we couldn’t prepare or engage existing service providers,” Trapence told AFP.”We had to lay off staff… we closed two drop-in centres and maintained two on skeleton staff,” he said. “We did this because we knew that if we closed completely, we would be closing everything for the LGBTI community.”The Family Planning Association of Malawi (FPAM) non-government organisation, a cornerstone of rural healthcare, has been forced to ground the mobile clinics that served as the only medical link for remote villages.”We had two big grants that were supporting our work, particularly in areas where there were no other service providers,” said executive director Donald Makwakwa.”We are likely to lose out on all the successes that we have registered over the years,” he said.A resident of a village once served by FPAM told AFP there had been an explosion in unplanned pregnancies when the family planning provider stopped work.”I know of nearly 25 girls in my village who got pregnant when FPAM suspended its services here last year,” said Maureen Maseko at a clinic on the brink of collapse.- Progress undone -For over a decade, Malawi’s fight against AIDS relied on “peer navigators” and drop-in centres that supported people with HIV and ensured they followed treatment.With the funding for these services gone, the default rate for people taking the HIV preventative drug PrEP hit 80 percent in districts like Blantyre, according to a report by the CEDEP.”This is a crisis waiting to happen,” the report quoted former district healthcare coordinator Fyness Jere as saying. “When people stop taking PrEP, we increase the chances of new HIV infections… we are undoing a decade of progress in months,” she said.Trapence noted that without specialised support, thousands of patients had simply disappeared from the medical grid.”We lost everything, including the structures that were supporting access… treatment and care,” he said.

Malawi suffers as US aid cuts cripple healthcareTue, 20 Jan 2026 10:12:53 GMT

A catastrophic collapse of healthcare services in Malawi a year after US funding cuts is undoing a decade of progress against HIV/AIDS, providers warn, leaving some of the most vulnerable feeling like “living dead”.In the impoverished southern Africa country, the US government’s decision to slash foreign aid in January 2025 has led to significant cuts …

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Bessent says Europe dumping US debt over Greenland would ‘defy logic’

US Treasury Secretary Scott Bessent on Tuesday rejected the idea that European governments could aggressively sell American debt to counter Washington’s threats over Greenland, saying such a move would “defy logic”.President Donald Trump said at the weekend that, from February 1, Britain, Denmark, Finland, France, Germany, the Netherlands, Norway and Sweden would be subject to a 10-percent tariff on all goods sent to the United States until Denmark agrees to cede Greenland. The announcement has drawn angry charges from the US allies who are pondering countermeasures.These could include retaliatory tariffs but also possibly a concerted strategy to offload US Treasury bonds.About a third of traded American government bonds, estimated at a total of some $30 trillion, is held by foreigners, led by Japan.Other major holders of US sovereign bonds include the UK, Belgium, Canada and France.Aggressive selling of bonds would cause long-term interest rates to spike, make the re-financing of the US debt hugely more expensive for Trump’s administration and weigh heavily on corporate financing and the economy as a whole.”Europeans hold roughly $10 trillion in US assets: around $6 trillion in US equities and roughly $4 trillion in Treasuries and other bonds,” observed Ipek Ozkardeskaya, senior analyst at Swissquote. “Selling those assets would pull the rug from under US markets.”But asked by reporters at the Davos World Economic Forum whether the US was preparing for such a scenario, Bessent said that it “defies any logic”.Calling the US Treasury market “the best-performing market in the world” and the “most liquid” debt market, he said he expected Europeans to hold on to their exposure, not offload it.”There’s a completely false narrative there,” he said.”I think everyone needs to take a deep breath. Do not listen to the media who are hysterical.”European Union leaders will hold an emergency summit in Brussels on Thursday to discuss their response to the Greenland crisis, and Trump said he had agreed to a meeting with “various parties” on the standoff while he is in Davos this week.There were signs, meanwhile, in global markets that a “Sell America” movement was underway, said Kathleen Brooks, research director at XTB, a trading firm.US markets were closed on Monday for a public holiday, but “Treasury yields are rising sharply” in anticipation of Tuesday’s reopening, she said.The dollar fell and “Japan leads a global bond sell-off”, the analyst observed, adding that American equities were also marked lower ahead of Wall Street’s session Tuesday.Concerns have mounted “over the Trump administration’s confrontational stance toward global counterparts, which could potentially dampen appetite for US assets”, with longer-term bonds bearing “the brunt of the decline”, said Patrick Munnelly, a money manager at the Tickmill group.Analysts said global investors were intently focused on Davos, where Trump is expected Wednesday, for fresh insights into the US-Europe standoff. 

Malgré la misère en Colombie, les migrants vénézuéliens n’envisagent pas de retour

Ils ont fui en famille la faim et la dureté du régime au Venezuela pour trouver refuge dans zone frontalière de Colombie elle-même exsangue et minée par les guérillas. Là, des migrants disent seulement survivre, à une enjambée d’un pays qu’ils chérissent mais qui leur paraît plus lointain que jamais.La joie suscitée par la chute de Nicolas Maduro début janvier s’estompe peu à peu à La Fortaleza ou à Trigal del Norte, quartiers pauvres de la ville frontalière colombienne de Cucuta où les migrants vénézuéliens vivent dans des maisons de fortune au sol en terre battue.De nombreux Vénézuéliens se sont établis ici entre 2017 et 2018, “l’estomac vide” et avec la peur de l’avenir, répètent-ils dans un mélange de tristesse, de colère et de foi chrétienne.Mais ni la cohabitation quotidienne avec la violence liée au narcotrafic ni leurs emplois précaires ne les poussent aujourd’hui à revenir au Venezuela malgré la capture de Maduro le 3 janvier lors d’une opération militaire américaine.”Nous n’envisageons pas encore de rentrer parce que cela va prendre du temps pour que le pays se remette”, affirme à l’AFP Franklin Petit, un aide-maçon de 55 ans.”Si on y regarde bien”, le Venezuela sans Maduro “c’est pareil, la même situation, à la différence qu’ils ont emmené le chef”, estime-t-il.L’épouse de Franklin, Nellisbeth Martinez, couturière de 42 ans, fond en larmes en racontant “la situation d’extrême pauvreté, la faim et le manque” qui les ont poussés à quitter leur terre natale.En Colombie, ils savent pouvoir offrir une scolarité à leurs deux filles, impossible selon eux à Cabimas, en bordure du lac de Maracaibo, d’où ils ont fui leur aînée dans les bras, la dernière étant née en Colombie.- Coincés à Cucuta-Luisana Serrano a également fui le Venezuela en 2018 avec son mari et quatre enfants. “Là-bas, mon mari travaillait une semaine et nous n’avions à manger que pour un jour”. Or, “ici, dit-elle, il travaille sa semaine et nous avons de quoi” manger quotidiennement.Cette ancienne aide-soignante de 34 ans travaille comme boulangère à Cucuta confie que sa famille lui “manque” mais dit avoir l’espoir de rentrer un jour. Selon elle, le changement “ne va pas se faire du jour au lendemain, mais je sais qu’il se fera”.Ces migrants remercient leur pays d’accueil malgré les difficiles conditions de vie dans ce secteur jouxtant le Catatumbo, une zone couverte de cultures de coca et de laboratoires clandestins de cocaïne que se disputent la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) et une faction dissidente des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), ainsi que des membres du gang vénézuélien du Tren de Aragua.Des organisations dont les migrants interrogés ne prononcent jamais le nom par peur de représailles.Tous auraient aimé pouvoir poursuivre leur chemin, comme l’ont fait une grande partie des huit millions de Vénézuéliens qui ont fui au cours de la dernière décennie. Mais le manque de ressources les contraint à demeurer coincés à Cucuta.”Je voulais continuer jusqu’aux Etats-Unis, mais sans argent, sans passeport, avec la crainte de la faim, j’ai fini par rester ici”, dit Imer Montes, qui aide à l’église de quartier où son fils Israel, 12 ans, joue du violon, de la batterie et de la flûte.