Conclave sur les retraites: les blocages demeurent

A quelques heures de la fin prévue du conclave sur les retraites, impulsé par François Bayrou, les négociations entre partenaires sociaux ne progressent pas, ont indiqué mardi les participants à la mi-journée, avant de reprendre les débats en début d’après-midi.La négociation “n’a pas avancé”, a déploré juste avant la pause déjeuner Yvan Ricordeau, le représentant de la CFDT, qui a agité le spectre d’un échec.”Je ne sais pas comment ça va se terminer cet après-midi, mais si l’heure du déjeuner ne permet pas au patronat de revenir à une situation un peu plus humaine, je pense que ce (mardi) soir on va avoir un problème”, a aussi regretté à ce moment Pascale Coton, la représentante de la CFTC.”On n’est pas d’accord sur… tout”, a renchéri Christelle Thieffine, négociatrice de la CFE-CGC au retour de son déjeuner. Les négociations ont repris en début d’après-midi, avec une fin théoriquement prévue dans la soirée. Pour tenter de mettre de l’huile dans les rouages, le Premier ministre, François Bayrou, s’est dit prêt lundi à accorder “quelques jours de plus” aux cinq participants encore présents: CFDT, CFTC, CFE-CGC côté syndical, Medef et CPME côté patronal. Mais les syndicats ont martelé qu’ils ne souhaitaient pas poursuivre les discussions si le Medef, principal représentant patronal, ne mettait pas sur la table de nouvelles propositions.- “Insupportable pour nous” -Les syndicats veulent en particulier obtenir que la pénibilité et l’usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l’âge légal fixé par la réforme Borne de 2023.  La CFDT, en particulier, veut obtenir une possibilité de départ anticipé pour manipulation de charges lourdes, postures pénibles ou exposition aux vibrations mécaniques, dans le cadre d’un compte pénibilité (C2P) déjà existant.Le patronat refuse pour l’instant une telle mesure. Ce serait “insupportable pour nous”, a déclaré mardi matin en arrivant au conclave Eric Chevée, le représentant de la CPME (patronat pour petites et moyennes entreprises).La CPME a proposé à la place un dispositif qui consisterait à créer des “points d’usure” pour les personnes “qui doivent porter des charges lourdes, subir des postures pénibles ou des vibrations mécaniques”, ouvrant “droit à des formations, des aides à la reconversion”.Mais les syndicats accusent le patronat de privilégier la reconversion plutôt que les départs anticipés.Parmi les autres “points durs”, la CFTC a également mis comme “ligne rouge” – objectif impératif – le passage à 66 ans de l’âge de départ sans décote (contre 67 ans), également rejeté par le patronat.- Prime seniors “pas évoquée” -“C’est un mandat que j’ai de mon organisation, on ne peut pas faire autrement”, a indiqué Pascale Coton, représentante de la CFTC.Les syndicats ont en tout cas enterré la proposition sortie du chapeau lundi par François Bayrou d’une “prime” pour inciter les salariés seniors à retarder leur départ à la retraite.”Ce n’est ni une demande d’une organisation syndicale, ni d’une organisation patronale. Elle n’a fait l’objet d’aucun chiffrage et d’aucune étude de faisabilité, et pour l’instant, elle n’a pas été évoquée”, a souligné Yvan Ricordeau à la mi-journée.Même si ça ne faisait pas grand mystère depuis le début, le Medef a entériné depuis le 10 juin qu’il ne bougerait pas sur l’âge de départ à 64 ans. Cela ne signifie pas forcément une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dépendra de ce que le patronat lâchera en termes de carrière des femmes, de pénibilité, ou d’augmentation de cotisations sociales.”S’il y a un accord (au conclave), il y aura débat au Parlement, mais je ne remettrai pas en chantier s’il n’y a pas d’accord”, a déclaré François Bayrou devant l’Assemblée nationale mardi. La fin du conclave est un instant de vérité pour le Premier ministre. Il s’était engagé au début du processus à présenter un éventuel accord de cette concertation devant le Parlement. Le Premier ministre avait lancé ce nouveau format de discussions après un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement. “Nous avons toujours été extrêmement clair: si le Parlement n’avait pas le dernier mot (sur les retraites), c’était la censure”, a rappelé devant la presse mardi le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, Arthur Delaporte. L’idée de ce conclave était aussi de rendre moins impopulaire la réforme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 à 64 ans le départ à la retraite. Tout en essayant de revenir à l’équilibre financier, alors qu’un déficit du système s’annonce à hauteur de 6,6 milliards d’euros en 2030.pgr-lby-boc-sl/ito/tes

Conclave sur les retraites: les blocages demeurent

A quelques heures de la fin prévue du conclave sur les retraites, impulsé par François Bayrou, les négociations entre partenaires sociaux ne progressent pas, ont indiqué mardi les participants à la mi-journée, avant de reprendre les débats en début d’après-midi.La négociation “n’a pas avancé”, a déploré juste avant la pause déjeuner Yvan Ricordeau, le représentant de la CFDT, qui a agité le spectre d’un échec.”Je ne sais pas comment ça va se terminer cet après-midi, mais si l’heure du déjeuner ne permet pas au patronat de revenir à une situation un peu plus humaine, je pense que ce (mardi) soir on va avoir un problème”, a aussi regretté à ce moment Pascale Coton, la représentante de la CFTC.”On n’est pas d’accord sur… tout”, a renchéri Christelle Thieffine, négociatrice de la CFE-CGC au retour de son déjeuner. Les négociations ont repris en début d’après-midi, avec une fin théoriquement prévue dans la soirée. Pour tenter de mettre de l’huile dans les rouages, le Premier ministre, François Bayrou, s’est dit prêt lundi à accorder “quelques jours de plus” aux cinq participants encore présents: CFDT, CFTC, CFE-CGC côté syndical, Medef et CPME côté patronal. Mais les syndicats ont martelé qu’ils ne souhaitaient pas poursuivre les discussions si le Medef, principal représentant patronal, ne mettait pas sur la table de nouvelles propositions.- “Insupportable pour nous” -Les syndicats veulent en particulier obtenir que la pénibilité et l’usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l’âge légal fixé par la réforme Borne de 2023.  La CFDT, en particulier, veut obtenir une possibilité de départ anticipé pour manipulation de charges lourdes, postures pénibles ou exposition aux vibrations mécaniques, dans le cadre d’un compte pénibilité (C2P) déjà existant.Le patronat refuse pour l’instant une telle mesure. Ce serait “insupportable pour nous”, a déclaré mardi matin en arrivant au conclave Eric Chevée, le représentant de la CPME (patronat pour petites et moyennes entreprises).La CPME a proposé à la place un dispositif qui consisterait à créer des “points d’usure” pour les personnes “qui doivent porter des charges lourdes, subir des postures pénibles ou des vibrations mécaniques”, ouvrant “droit à des formations, des aides à la reconversion”.Mais les syndicats accusent le patronat de privilégier la reconversion plutôt que les départs anticipés.Parmi les autres “points durs”, la CFTC a également mis comme “ligne rouge” – objectif impératif – le passage à 66 ans de l’âge de départ sans décote (contre 67 ans), également rejeté par le patronat.- Prime seniors “pas évoquée” -“C’est un mandat que j’ai de mon organisation, on ne peut pas faire autrement”, a indiqué Pascale Coton, représentante de la CFTC.Les syndicats ont en tout cas enterré la proposition sortie du chapeau lundi par François Bayrou d’une “prime” pour inciter les salariés seniors à retarder leur départ à la retraite.”Ce n’est ni une demande d’une organisation syndicale, ni d’une organisation patronale. Elle n’a fait l’objet d’aucun chiffrage et d’aucune étude de faisabilité, et pour l’instant, elle n’a pas été évoquée”, a souligné Yvan Ricordeau à la mi-journée.Même si ça ne faisait pas grand mystère depuis le début, le Medef a entériné depuis le 10 juin qu’il ne bougerait pas sur l’âge de départ à 64 ans. Cela ne signifie pas forcément une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dépendra de ce que le patronat lâchera en termes de carrière des femmes, de pénibilité, ou d’augmentation de cotisations sociales.”S’il y a un accord (au conclave), il y aura débat au Parlement, mais je ne remettrai pas en chantier s’il n’y a pas d’accord”, a déclaré François Bayrou devant l’Assemblée nationale mardi. La fin du conclave est un instant de vérité pour le Premier ministre. Il s’était engagé au début du processus à présenter un éventuel accord de cette concertation devant le Parlement. Le Premier ministre avait lancé ce nouveau format de discussions après un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement. “Nous avons toujours été extrêmement clair: si le Parlement n’avait pas le dernier mot (sur les retraites), c’était la censure”, a rappelé devant la presse mardi le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, Arthur Delaporte. L’idée de ce conclave était aussi de rendre moins impopulaire la réforme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 à 64 ans le départ à la retraite. Tout en essayant de revenir à l’équilibre financier, alors qu’un déficit du système s’annonce à hauteur de 6,6 milliards d’euros en 2030.pgr-lby-boc-sl/ito/tes

US retail sales slip more than expected after rush to beat tariffs

US retail sales declined more than expected in May, government data showed Tuesday, dragged by a slowdown in auto sales as consumers pulled back after hurrying to get ahead of President Donald Trump’s sweeping tariffs.As Trump’s levies begin to take effect through the country, analysts are keeping a close watch on how consumers — a critical driver of the world’s biggest economy — respond to resulting uncertainty and any price increases down the line.Last month, overall sales fell by 0.9 percent from April to $715.4 billion, according to data released by the Department of Commerce. It was the largest decline since the start of the year, and bigger than the 0.6 percent drop expected by a Briefing.com consensus forecast.From a year ago, retail sales were up 3.3 percent, still a slowdown from the 5.0 percent rate in April.Analysts said consumers likely brought forward major purchases like cars in anticipation of Trump’s tariffs — the president imposed a sweeping 10 percent levy on almost all US partners in April.Trump also separately slapped steeper tariffs on imports of steel, aluminum and automobiles, fueling concern that these would push inflation up in the coming months.Excluding autos and parts, retail sales in May were still 0.3 percent down from the prior month.Sales at motor vehicle and parts dealers slumped 3.5 percent on-month, while those at restaurants and bars fell 0.9 percent.Declines in spending were also seen at electronics and appliance stores, grocery stores and gas stations, the report said.- ‘Overly reassuring picture’ -For now, there are “few signs” in key sales components that consumer demand for imported goods is collapsing, said Oliver Allen, senior US economist at Pantheon Macroeconomics.Despite declines elsewhere, sales were still up at furniture and clothing stores.But underlying sales volumes could drop in the coming months as tariffs are passed on, he said.Economists anticipate a more notable hit to consumer costs once businesses run down on existing inventory.”Tariffs haven’t hit domestic prices in earnest yet, so these data paint an overly reassuring picture,” said Nationwide financial markets economist Oren Klachkin. “We expect to see a larger impact in the summer when the levies will pass through into consumer prices,” he added.Currently, Klachkin said, the consumer “isn’t spending lavishly and is understandably price sensitive.”A key question this week is how a weaker-than-expected retail sales report might influence the Federal Reserve’s deliberations as the central bank opened its two-day policy meeting Tuesday.The Fed has been cautious when it comes to lowering interest rates further despite Trump calling for larger rate cuts in the face of benign inflation data.Policymakers are watching for the effects of tariffs on prices and the jobs market before acting further.The bank is widely expected to keep rates unchanged for a fourth straight meeting, while releasing its economic projections as well on Wednesday afternoon.Separately, US industrial production edged down unexpectedly in May as a drop in utilities output outweighed slight increases in manufacturing and mining.

Nine hurt as Kenya police, motorbike ‘goons’ clash with protestersTue, 17 Jun 2025 14:25:08 GMT

Security forces and hundreds of men armed with whips and clubs clashed with protesters in Kenya on Tuesday, leaving at least nine injured, as they demonstrated against the killing of a man in police custody.AFP journalists saw a police officer shoot a bystander at close range in the head, with video of the incident triggering …

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Queer astronaut documentary takes on new meaning in Trump’s US

When director Cristina Costantini started making a documentary about the first US woman in space, she thought it would be looking back on the “sexism and homophobia of yesteryear”.But the story of astronaut Sally Ride, whose queer identity was a secret when she blasted off more than four decades ago, took on a “completely different meaning” after the re-election of President Donald Trump, Costantini told AFP.”When we started making the film, it didn’t seem all that political to celebrate queer love or women astronauts,” said the director of “Sally”, which started streaming on Disney+ in many countries on Tuesday. “Just a few years ago, there was a pride flag that flew in space, and (NASA) had vowed the next person on the Moon would be a woman.”But that vow has now been removed from NASA’s website, just one of many changes at the US space agency since Trump returned to the White House in January. “Employees have been asked to remove symbols of gay pride, pride flags, trans visibility flags,” Costantini said. Now, the director hopes the documentary “serves as a reminder that these rights are not guaranteed, that they were hard fought and they were won by people like Sally” and her partner Tam.”It’s our responsibility to carry the torch and continue the fight for equality.”- ‘It was hard on her’ -After boarding the Challenger space shuttle on June 18, 1983, Ride became the first US woman to fly to space. It was two decades after Soviet cosmonaut Valentina Tereshkova made the voyage.NASA only started allowing women to apply as astronaut recruits in 1977.Ride, who had a PhD in astrophysics from Stanford University and was an accomplished tennis player, was one of six women selected out of more than 8,000 applicants in the class of 1978.Ride received the same training as male astronauts, but was treated quite differently. Journalists asked whether she cried when facing difficulty. NASA engineers asked about what make-up she would need in space. They even worried whether 100 tampons would be enough for her six-day journey into space.”I felt the women hadn’t paid their dues like we had,” Mike Mullane, another astronaut in the class of 1978, said in the documentary.When Ride returned to Earth, the image of the 32-year-old in her blue jumpsuit, curly chestnut hair, piercing blue eyes and confident smile was seen around the world.But Ride struggled to come to terms with her new status as icon.”It was too much for her,” Tam O’Shaughnessy, who was Ride’s partner for 27 years, told AFP. “She was an introvert and it was hard on her.”The two women founded a nonprofit dedicated to teaching girls science. But the world would only learn they were in a relationship until after Ride’s death from pancreatic cancer at the age of 61 in 2012.”Sally did not like labels,” O’Shaughnessy said.”She was a queer woman. And so I think it’s great that she’s sort of become a part of the (LGBTQ+) community after death.”O’Shaughnessy expressed concern at reports that US Defense Secretary Pete Hegseth wants to change the name of a Navy ship currently named after famous gay activist Harvey Milk.”There’s a research vessel called ‘Sally Ride’ and it crossed my mind that might change, too” she said.”It’s just shocking. All of this is hard to swallow.”

Retraites: sans accord des partenaires sociaux, la réforme Borne “s’appliquera”, redit Bayrou

Sans accord entre les partenaires sociaux, qui peinent à s’entendre sur la réforme contestée des retraites de 2023, la loi d’Elisabeth Borne “s’appliquera”, a redit mardi le Premier ministre François Bayrou, qui s’était engagé à saisir le Parlement en cas d’accord même partiel.”J’ai dit que s’il y avait un accord, il serait soumis au Parlement. Et s’il n’y a pas d’accord (…), c’est la réforme telle qu’elle a été adoptée” en décembre 2023 “qui s’appliquera”, a-t-il affirmé devant l’Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement.Il répondait au chef de file des députés socialistes Boris Vallaud, qui lui demandait que le “dernier mot revienne au Parlement” sur cette loi, que les partenaires sociaux parviennent à un accord “global” ou pas.Pour éviter une censure par les socialistes lors de la naissance de son gouvernement, le Premier ministre avait permis aux syndicats et au patronat d’ouvrir des négociations pour revoir la réforme de 2023.M. Vallaud a repris ensuite la parole et demandé à François Bayrou de tenir “ses engagements pris” pour “un retour au Parlement” du texte, qu’il y ait un accord “global” ou pas. “Ce sont les mots que vous avez posés sur le papier. C’est-à-dire que vous devez faire la même confiance au dialogue social et au débat parlementaire”, a dit le député des Landes.Dans un courrier daté du 16 janvier adressé aux chefs des groupes parlementaires socialistes, M. Bayrou avait listé les concessions du gouvernement.”Si les partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord global, nous présenterons néanmoins les avancées issues des travaux des partenaires sociaux, sous réserve d’un accord politique et d’un équilibre financier global maintenu”, et ce sous la forme d’un “nouveau projet de loi”, avait écrit le Premier ministre.Mardi, François Bayrou a réaffirmé avoir demandé aux partenaires sociaux de garantir un “retour à l’équilibre” du régime des retraites d’ici 2030, en rappelant qu’il y avait “des dispositions dans notre droit qui empêchent le Parlement de dégrader l’équilibre budgétaire du système de retraite” tel que l’article 40 de la Constitution, qui interdit tout amendement créant une nouvelle dépense.A quelques heures de la fin prévue des concertations sur les retraites, les négociations entre partenaires sociaux ne progressaient pas, ont rapporté les participants à la mi-journée.

Attaque israélienne en Iran: quel impact sur le programme nucléaire de Téhéran?

L’attaque d’une ampleur sans précédent lancée le 13 juin par Israël avec pour objectif affiché d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique porte un rude coup à son programme nucléaire, sans qu’il soit possible d’en évaluer précisément l’impact à ce stade.Voici un nouveau point sur la situation à la date de mardi:Quelle est l’étendue des dégâts?Le site pilote d’enrichissement d’uranium de Natanz, dans le centre du pays, a été “détruit” dans sa partie en surface, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), citant des informations des autorités iraniennes.L’instance onusienne a également fait état mardi, sur la base d’images satellite, de nouveaux éléments montrant des “impacts directs” sur les salles souterraines, qui contiennent des milliers de centrifugeuses, ces machines utilisées pour enrichir la matière nucléaire à des niveaux proches du seuil militaire.L’autre usine d’enrichissement, celle de Fordo au sud de la capitale iranienne, a également été visée mais “aucun dommage n’a été constaté”, d’après l’AIEA.Sur le site nucléaire d’Ispahan (centre), quatre bâtiments ont été touchés: le laboratoire central de chimie, une usine de conversion d’uranium, l’usine de fabrication de combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran et une installation en construction.C’est a priori dans l’enceinte de ce complexe que se trouvent les importantes réserves d’uranium hautement enrichi.Le programme peut-il être anéanti?”Israël peut endommager le programme nucléaire iranien, mais il est peu probable qu’il puisse le détruire”, commente pour l’AFP le chercheur Ali Vaez, de l’International Crisis Group, un cercle de réflexion américain.Le pays, dit-il, ne dispose pas des puissantes bombes nécessaires “pour réduire à néant les installations fortifiées de Natanz et Fordo”, enterrées à de grandes profondeurs.Il lui faudrait pour cela “l’assistance militaire américaine”, confirme Kelsey Davenport, experte de l’Arms Control Association. Le savoir accumulé reste acquis, ajoute-t-elle, même si neuf scientifiques nucléaires ont été tués par Israël.  Autre interrogation: qu’est-il advenu des stocks d’uranium enrichi? Impossible de le savoir à ce stade. “Si l’Iran parvient à en transférer une partie vers des installations secrètes, Israël aura perdu la partie”, souligne M. Vaez.Quels risques pour la population?L’instance nucléaire onusienne n’a pas constaté de hausse des niveaux de radiation aux abords des différents sites affectés.”Il y a très peu de risques que des attaques contre les installations d’enrichissement d’uranium entraînent des rejets radioactifs dangereux”, souligne Mme Davenport.En revanche, une attaque contre la centrale de Bouchehr (sud), épargnée pour l’instant, pourrait avoir “de graves conséquences sur la santé et l’environnement”.Les sites nucléaires “ne doivent jamais être attaqués, quels que soient le contexte ou les circonstances, car cela pourrait nuire à la population et à l’environnement”, insiste le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi.L’Iran est-il vraiment proche de la bombe atomique?Après le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire conclu trois ans plus tôt, l’Iran s’est progressivement affranchi de certaines obligations, accélérant notamment l’enrichissement d’uranium bien au-delà de la limite fixée à 3,67%.Le pays disposait mi-mai de 408,6 kg d’uranium enrichi à 60%. Un tel stock, s’il était enrichi à 90% – le seuil nécessaire à la conception d’une bombe atomique – permettrait d’en fabriquer plus de neuf.L’Iran est le seul pays au monde non-détenteur d’armes nucléaires à produire une telle matière, selon l’AIEA.Pour autant, dans son dernier rapport, l’Agence indique qu’elle “ne dispose d’aucune indication crédible d’un programme nucléaire structuré” visant à doter l’Iran de l’arme atomique, comme cela a pu être le cas par le passé. Téhéran se défend de nourrir de telles ambitions.”Jusqu’à présent, les coûts liés à la militarisation l’ont emporté sur les avantages. Mais ce calcul pourrait changer dans les semaines à venir”, prévient Kelsey Davenport. “Les frappes israéliennes ont fait reculer l’Iran sur le plan technique, mais sur le plan politique, elles le rapprochent de l’arme nucléaire”, affirme-t-elle.D’autant qu’il existe désormais “un risque réel de détournement de l’uranium enrichi”, une opération qui “pourrait passer inaperçue pendant des semaines”, les frappes actuelles empêchant les inspecteurs de l’AIEA présents sur place d’accéder aux sites.

Wall Street recule, entre conflit Iran-Israël et données économiques

La Bourse de New York évolue en baisse mardi, lestée par la poursuite du conflit militaire entre Israël et l’Iran, et inquiète pour la consommation des ménages américains, après la publication de nouvelles données économiques.Vers 13H55 GMT, le Dow Jones reculait de 0,28%, l’indice Nasdaq lâchait 0,50% et l’indice élargi S&P 500 perdait 0,35%.Lundi, la place américaine avait terminé en territoire positif, se montrant optimiste face à l’absence d’élargissement du conflit entre Israël et l’Iran au reste du Moyen-Orient.Mais cet état d’esprit est désormais “mis à l’épreuve ce matin suite à des informations distinctes laissant penser aux acteurs du marché qu’une escalade du conflit pourrait bientôt se produire”, commente Patrick O’Hare, de Briefing.com.Alors que les Etats-Unis ont annoncé renforcer leur “dispositif défensif” au Moyen-Orient et envoyer leur porte-avions Nimitz dans cette région, Donald Trump a quitté prématurément le sommet du G7 au Canada pour rejoindre mardi matin la salle de crise de la Maison Blanche.Il a affirmé souhaiter “une fin réelle, pas un cessez-le-feu” au conflit mais dit aussi qu’il “n’était pas spécialement d’humeur à négocier” avec Téhéran.Lundi, Donald Trump, qui entretient le flou sur les intentions américaines concernant ce conflit, avait conseillé aux habitants de Téhéran d’évacuer “immédiatement”.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans se détendait à 4,43%, contre 4,45% lundi en clôture.Au premier jour de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui devrait déboucher mercredi sur un nouveau statu quo sur les taux selon les estimations des analystes, Wall Street est aussi lestée par la publication mardi de nouvelles données économiques.Les ventes au détail ont décliné plus fortement qu’attendu aux Etats-Unis le mois dernier, montrant que des secteurs de premier plan ont flanché comme l’automobile, le bâtiment et la restauration.Selon les données publiées par le ministère du Commerce, les ventes au détail ont reculé de 0,9% sur un mois en mai, pour atteindre 715,4 milliards de dollars. Les analystes s’attendaient à un repli moins marqué, de 0,6%, selon le consensus publié par MarketWatch.”Cela indique que le consommateur se replie sur lui-même” et cherche à moins dépenser, en raison des nombreuses incertitudes, notamment liées aux droits de douane voulus par Donald Trump, selon Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.”Un mois de négativité n’est pas forcément constitutif d’une chute massive de la consommation”, rappelle toutefois l’analyste.La production industrielle au mois de mai a également plus reculé qu’anticipé par les marchés, à -0,2%, selon des données publiées mardi.Au tableau des valeurs, les sociétés du secteur de l’énergie solaire dévissaient en raison de l’avancement au Congrès américain du mégaprojet de loi bugétaire de Donald Trump qui supprime une grande partie des incitations fiscales aux énergies renouvelables, en particulier celles pour le solaire et l’éolien. Vers 13H55 GMT, Enphase Energy plongeait de 23,08%, First Solar de 17,64%, Sunrun dévissait de plus de 40% et SolarEdge Technologies de plus de 36%.L’opérateur T-Mobile reculait (-3,96% à 221,84 dollars) après des informations de l’agence de presse économique Bloomberg assurant que le géant des investissements tech SoftBank avait réduit sa participation dans la société, en vendant plus de 21 millions d’actions pour environ 4,8 milliards de dollars.La start-up Verve Therapeutics, spécialisée dans l’édition génétique, s’envolait (+73,50% à 10,88 dollars) après l’annonce de son rachat par le laboratoire américain Eli Lilly, notamment connu pour son médicament anti-obésité Mounjaro. Eli Lilly (-1,57% à 794,94 dollars) pourrait débourser jusqu’à 1,3 milliard de dollars dans le cadre de cette opération, qui devrait être finalisée au troisième trimestre.

Le RN a demandé à ses députés de quitter tous les groupes Facebook relayant des propos racistes

Les députés Rassemblement national ont été priés par leur direction de quitter tous les groupes Facebook sur lesquels ont été publiés des propos litigieux, après que certains d’entre eux ont été épinglés pour avoir laissé passer sur ces forums des saillies racistes ou antisémites.Le secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée nationale, Renaud Labaye, a confirmé mardi auprès de l’AFP une information de Franceinfo selon laquelle il a “une nouvelle fois envoyé un message à cet effet la semaine dernière dans la boucle WhatsApp des députés RN”.Les révélations début juin, par le média en ligne Les Jours, que de nombreux élus et cadres du parti d’extrême droite appartenaient à ce type de groupes avaient provoqué un tollé, notamment à gauche.Le RN avait voulu en minimiser la portée, bien que plusieurs de ses cadres et élus étaient administrateurs de certains de ses groupes, leur incombant une responsabilité de modération.”De leur part, cela montre une forme d’amateurisme”, a regretté auprès de l’AFP un député RN, qui n’était pas visé, déplorant que “les modérateurs ne fassent pas leur boulot”.”Les arabes dehors”, “la France est dirigée par les juifs sionistes”, “il nous manque un mec à petite moustache. Tout serait fini très vite. Désolé j’ai oublié son nom”, pouvait-on notamment lire sur un de ces groupes, intitulé “La France avec Jordan Bardella”. Le député LFI Thomas Portes avait annoncé le 5 juin avoir effectué un signalement auprès de la procureure de la République de Paris.”Nos députés, sur lesquels on n’a en plus aucun doute, vont quitter ou ont quitté déjà ce groupe” (Facebook), avait promis le même jour le vice-président du parti d’extrême droite, Sébastien Chenu.

Affaire des emplois fictifs: François Fillon finalement condamné à du sursis

François Fillon échappe au bracelet électronique: la cour d’appel de Paris a réduit mardi la peine de l’ancien Premier ministre à quatre ans de prison avec sursis pour les emplois fictifs de son épouse Penelope, une affaire dans laquelle il a été définitivement reconnu coupable.L’ex-locataire de Matignon, 71 ans, absent du délibéré, s’est aussi vu infliger 375.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité, plus de huit ans après l’explosion du “Penelopegate” en pleine campagne présidentielle, où il était candidat de la droite et du centre.Il s’agit d’une peine réduite par rapport à celle prononcée le 9 mai 2022: d’autres magistrats de cette même cour d’appel avaient alors prononcé quatre ans de prison dont un an ferme, avec la même amende, mais 10 ans d’inéligibilité.La Cour de cassation avait ensuite, en 2024, partiellement annulé cette décision, estimant en particulier que la prison ferme avait été insuffisamment motivée. La haute juridiction avait ordonné un nouveau procès pour François Fillon, mais uniquement sur le montant de sa peine – sa culpabilité, notamment pour détournement de fonds publics, étant définitivement acquise.C’est une décision “qui après quelques années vient remettre cette affaire à sa bonne place. Il n’y a pas de prison ferme, pas de bracelet électronique, François Fillon est un homme libre”, a réagi son avocat Me Antonin Lévy, qui a indiqué qu’il allait étudier l’arrêt avant de décider d’un éventuel nouveau pourvoi en cassation.La cour a en outre confirmé une somme de 126.167 euros de dommages et intérêts attribués à l’Assemblée nationale, qui recouvrait l’un des contrats d’assistante parlementaire de Penelope Fillon auprès de son mari, celui de 2012-2013.La Cour de cassation avait estimé que ce montant avait été mal évalué, dans la mesure où la cour d’appel avait reconnu que la Franco-Galloise avait effectué certaines tâches.- “Soulagement” -“La cour a estimé que n’était pas rapportée dans le dossier la preuve d’un travail salarié”, a succinctement expliqué le président en rendant la décision.Le reste des dommages et intérêts – au total, 800.000 euros solidairement entre l’ex-Premier ministre, son épouse et l’ancien suppléant de M. Fillon – sont définitifs et, via un échéancier de remboursement avec l’Assemblée nationale, François Fillon a commencé à “rendre l’argent”, comme le réclamait le slogan devenu populaire pendant la campagne 2017.Questionné sur la réaction de l’ancien Premier ministre qu’il a informé par téléphone, Me Lévy a déclaré: “Je crois qu’il y a une forme de lassitude, depuis bien longtemps, avec tous les rebondissements de cette affaire, et naturellement une forme de soulagement de savoir que le bracelet ne sera pas appliqué, mais surtout que cette affaire arrive à son terme.”Les peines de la femme et de l’ancien suppléant de François Fillon étaient elles déjà définitives: deux ans de prison avec sursis, 375.000 euros d’amende pour Penelope Fillon; trois ans de prison pour Marc Joulaud, avec des peines d’inéligibilité respectives de deux et cinq ans.A l’issue du tout premier procès dans cette affaire, en 2020, François Fillon s’était vu infliger deux ans de prison ferme, avec les mêmes peines d’amende et d’inéligibilité.Lors d’une audience le 29 avril, l’avocat général avait requis quatre ans d’emprisonnement avec sursis, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité.A la barre, François Fillon avait parlé d’une “blessure morale” concernant la peine d’inéligibilité, bien qu’il dise ne nourrir aucun projet de retour en politique et se consacrer à son activité de conseil. En 2017, il avait été éliminé dès le premier tour avec 20% des voix, situation inédite pour un candidat de droite sous la Ve République.Ciblé par une autre enquête ouverte en 2017 pour détournement de fonds publics, François Fillon avait accepté de rembourser près de 70.000 euros, correspondant au salaire et aux cotisations sociales d’un ex-assistant parlementaire, l’écrivain et philosophe Maël Renouard, qui avait contribué à l’écriture d’un de ses livres.Du fait de cette régularisation, le parquet national financier avait classé sans suite cette enquête préliminaire.