Réveil au milieu des décombres en Israël après des tirs de missiles iraniens

Au petit matin, des dizaines de secouristes se déploient le long d’une allée dévastée d’un quartier huppé du nord de Tel-Aviv. Des maisons et des immeubles sont totalement éventrés, un arbre a été arraché et toute la zone est recouverte de poussière blanche.Après les frappes américaines de la nuit sur des installations clés du programme nucléaire iranien, l’Iran a tiré deux vagues de missiles en direction d’Israël, où les sirènes d’alerte ont été déclenchées un peu partout dans le nord et le centre du pays vers 7h30 (4h30 GMT).L’alerte levée, les habitants de Ramat Aviv sortent des abris et découvrent d’énormes destructions.Un homme et une femme se prennent dans les bras en pleurant.”Des maisons ont été touchées très, très gravement. Heureusement, l’une d’elles devait être détruite, donc il n’y avait personne à l’intérieur. Ceux qui étaient dans l’abri sont tous sains et saufs. Les dégâts matériels sont très importants, mais en termes de vies humaines, tout va bien”, déclare à l’AFP Ron Huldai, le maire de Tel-Aviv en arrivant sur les lieux.”Toute notre maison a été détruite, il ne reste rien”, confirme Aviad Chernichovsky, un riverain qui avait quitté son logement à la hâte pour se rendre dans un abri public.Plusieurs personnes âgées sont prises en charge par les secours et installées sur des chaises et des lits permettant leur évacuation médicale. Une femme, blessée au visage, semble inquiète alors que des ambulanciers l’éloignent des décombres.Au moins sept personnes ont été évacuées par le Magen David Adom, a dit l’un des secouristes de cet équivalent israélien de la Croix-Rouge à un journaliste de l’AFP présent sur place.- “Défaillance” -A Ness Ziona, au sud de la métropole côtière, des engins de chantiers font déjà la navette pour déplacer des voitures lourdement endommagées ou transporter les grandes branches d’arbres qui sont tombées.Ici, les dégâts se concentrent dans un quartier résidentiel où les toits ont perdu des tuiles. Plusieurs habitants quittent la zone avec des valises tandis que les secours continuent à inspecter les décombres, à la recherche d’éventuels disparus.Après plusieurs impacts de missiles sur le pays depuis le début de la guerre entre l’Iran et Israël il y a dix jours, le public commence à s’habituer à voir ces marées de casques fluo marcher au milieu des ruines, bien que l’ampleur des destructions continue à choquer étant donné que le système de défense aérien israélien intercepte généralement la plupart des projectiles tirés sur le pays.A Haïfa, grande ville portuaire du nord du pays, les palmiers ont tenu bon dans le petit jardin public près duquel la police et les secouristes s’activent. Ici, un projectile s’est abattu mais les sirènes n’ont pas retenti et les autorités tentent encore de faire la lumière sur ce qui s’est passé.”La possibilité qu’il y ait eu une défaillance avec l’intercepteur (du système de défense aérienne, NDLR) est à l’étude”, a dit un porte-parole de l’armée.En attendant, la zone est bien endommagée: les stores métalliques de magasins sont tordus, des vitrines sont brisées, et même des climatiseurs pendent le long des façades après s’être déchaussés. Les engins de chantier turbinent ici aussi pour déblayer ce qui encombre la route.Un homme torse nu parle avec les secouristes tandis que des badauds se rapprochent des rubans de sécurité rouge et blanc. Tout le monde a l’air de se demander ce qui a pu se passer.

Le programme nucléaire iranien, des origines au conflit actuel

L’Iran cherche-t-il à se doter de la bombe atomique? La question, au coeur des frappes israéliennes et américaines, agite les chancelleries occidentales depuis des décennies, Téhéran niant pour sa part toute ambition militaire.Rappel des principales étapes, alors que les Etats-Unis ont bombardé dimanche trois importants sites nucléaires iraniens, en appui de l’offensive lancée le 13 juin par Israël.”Programme structuré”Les bases du programme nucléaire iranien sont posées dès la fin des années 1950, lorsque les Etats-Unis signent un accord de coopération civile avec le dirigeant d’alors, Mohammad Reza Pahlavi.En 1970, l’Iran ratifie le Traité de non-prolifération (TNP), qui fait obligation aux Etats signataires de déclarer et placer leurs matières nucléaires sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA).Mais des révélations au début des années 2000 sur des sites secrets soulèvent l’inquiétude. L’instance onusienne fera état par la suite, dans un rapport clé de 2011, “d’informations crédibles” selon lesquelles l’Iran a exécuté des activités ayant trait à la mise au point d’un dispositif nucléaire explosif, dans le cadre d’un “programme structuré” avant 2003.Un pacte historique déchiréAprès 12 ans de crise et 21 mois de négociations acharnées, un accord historique est conclu le 14 juillet 2015 à Vienne entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) plus l’Allemagne.Le pacte, connu sous l’acronyme JCPOA (Joint comprehensive plan of action), entre en vigueur début 2016, nourrissant chez les Iraniens un immense espoir de voir leur pays sortir de l’isolement.Il offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales en échange d’une limitation drastique de son programme nucléaire.Le répit est de courte durée: en 2018, Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord.Des négociations qui capotent”Comme un chiffon rouge qu’on agite dans la corrida”, cette décision déclenche un désengagement progressif par l’Iran de ses obligations nucléaires, commente pour l’AFP Clément Therme, chercheur de l’Institut international d’études iraniennes (Rasanah).”En réaction, le pays entame une stratégie de surenchère”, explique-t-il, dans le but de mettre la pression sur les autres Etats parties pour l’aider à contourner les sanctions. Sans succès et au prix d’un “coût économique exorbitant”.Sur le sites de Natanz et de Fordo, visés dimanche par l’attaque américaine, l’Iran dépasse le taux d’enrichissement fixé à 3,67%, le portant d’abord à 5% puis en 2021 à 20% et enfin à 60%, niveau proche du seuil de 90% requis pour la fabrication d’une bombe atomique.Il brise également le plafond en termes de quantité, établi à 202,8 kilos: ses réserves totales actuelles sont 45 fois plus importantes.Des tractations menées à Vienne pour relancer le JCPOA échouent à l’été 2022 et la coopération avec l’AIEA se dégrade.Donald Trump de retour au pouvoir, les discussions reprennent en avril dernier entre Washington et Téhéran, sous médiation du sultanat d’Oman. Mais alors que le milliardaire se dit “assez proche d’un bon accord” et qu’un sixième cycle est prévu, Israël frappe son ennemi juré le 13 juin, bombardant des centaines de sites militaires et nucléaires.”Aucune indication”Face à la montée en puissance du programme iranien, l’AIEA avait exprimé dans un rapport divulgué fin mai sa “forte inquiétude”. Il s’agit selon l’instance onusienne du seul Etat non doté de l’arme nucléaire à enrichir l’uranium à hauteur de 60%: il dispose d’un stock lui permettant en théorie de fabriquer plus de neuf bombes. Impossible de savoir à ce stade s’il a été anéanti par les bombardements de ces derniers jours.Pour autant, l’AIEA dit “ne disposer d’aucune indication” sur l’existence d’un “programme systématique” de production d’une arme nucléaire. Sachant que le processus complet requiert de nombreuses étapes complexes, de la balistique à la miniaturisation.L’Iran a toujours démenti avoir de telles visées, évoquant régulièrement une fatwa (décret religieux) de longue date du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui interdit cette option.Plusieurs responsables se sont toutefois publiquement interrogés ces dernières années sur l’opportunité de disposer d’un tel outil de dissuasion, dans un contexte de tensions exacerbées au Moyen-Orient.

En bombardant l’Iran, Donald Trump fait le pari hasardeux de la force

En donnant l’ordre de bombarder des sites nucléaires iraniens, Donald Trump a fait le pari de la force plutôt que celui de la diplomatie, un virage stratégique de Washington face à Téhéran aux conséquences difficiles à mesurer pour les experts.Le président américain a ainsi fait basculer près d’un demi-siècle d’antagonisme entre les Etats-Unis et la République islamique en un conflit ouvert, avec les encouragements d’Israël, alors que Washington avait au cours des dernières décennies privilégié – parfois à contrecoeur – la diplomatie.”Nous ne saurons si (ce pari) est réussi que si, d’ici trois à cinq ans, le régime iranien n’a pas acquis les armes nucléaires qu’il a maintenant de bonnes raisons de vouloir obtenir”, déclare Kenneth Pollack, vice-président du Middle East Institute et lui-même ancien analyste de la CIA.Les renseignements américains n’ont pas conclu que l’Iran construisait une bombe nucléaire. Les travaux sur l’atome de Téhéran étaient largement considérés comme un moyen de pression, et il est probable que l’Iran avait pris des précautions en prévision d’éventuelles frappes.Mais pour Trita Parsi, un critique de l’action militaire, avec la décision de bombarder de M. Trump, “il est maintenant plus probable que l’Iran devienne un État doté d’armes nucléaires dans les cinq à dix ans”. “Nous devrions faire attention à ne pas confondre le succès tactique et le succès stratégique”, ajoute M. Parsi, vice-président exécutif de l’Institut Quincy pour une politique d’État responsable. “La guerre en Irak a également été un succès dans les premières semaines, mais la proclamation par le président Bush d’une ‘Mission accomplie’ a fait long feu”, a-t-il rappelé.- Un Iran affaibli -La décision d’attaquer de M. Trump – plus d’une semaine après qu’Israël a lancé une importante campagne militaire – est survenue alors que le régime iranien est le plus affaibli depuis la révolution islamique de 1979. Depuis l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël par le Hamas, qui bénéficie du soutien de l’Iran, Israël a non seulement détruit une grande partie de Gaza mais aussi décimé le Hezbollah, qui frappait son territoire depuis le Liban pour le compte de Téhéran. Par ailleurs, le principal allié de l’Iran parmi les dirigeants arabes, le président syrien Bachar al-Assad, a été renversé en décembre 2024. Les partisans de l’attaque de M. Trump font, eux, valoir que la diplomatie ne fonctionnait pas puisque l’Iran est resté inflexible sur son droit d’enrichir de l’uranium. “Contrairement à ce que certains diront dans les jours à venir, l’administration américaine n’a pas précipité la guerre. En fait, elle a donné à la diplomatie une chance réelle”, assure Ted Deutch, ancien membre démocrate du Congrès qui dirige désormais l’American Jewish Committee. “Le régime iranien meurtrier a refusé de conclure un accord”, a-t-il ajouté. Un avis que partage le sénateur républicain John Thune qui, en rappelant les menaces de Téhéran contre Israël et les propos iraniens contre les États-Unis, affirme que l’Iran avait “rejeté toutes les voies diplomatiques vers la paix”.- Revirement abrupt -L’attaque ordonnée par Donald Trump survient presque une décennie après que l’ancien président Barack Obama a scellé un accord aux termes duquel l’Iran a considérablement réduit ses activités nucléaires – et dont M. Trump s’est retiré en 2018, au début de son premier mandat. La majorité du Parti républicain de Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, avaient critiqué l’accord sur le nucléaire iranien parce qu’il permettait, selon eux, à Téhéran d’enrichir de l’uranium à des niveaux susceptibles de permettre la production d’armes nucléaires et que les clauses essentielles avaient une date limite d’application.Mais le président américain, se présentant comme un faiseur de paix, avait déclaré, il y a seulement un mois, lors d’une visite dans les monarchies arabes du Golfe, qu’il espérait parvenir à un nouvel accord avec l’Iran, et que son administration préparait de nouvelles négociations. Puis M. Netanyahu a attaqué l’Iran, provoquant un revirement abrupt de Donald Trump. “La décision de Trump de mettre abruptement fin à ses propres efforts diplomatiques rendra également beaucoup plus difficile la conclusion d’un accord à moyen et long terme”, estime Jennifer Kavanagh, directrice de l’analyse militaire chez Defense Priorities, qui prône la retenue. “L’Iran n’a désormais aucune raison de faire confiance à Trump ou de croire que conclure un compromis favoriserait les intérêts de la République islamique”, ajoute-t-elle.Les dirigeants religieux iraniens font également face à une forte opposition interne. D’importantes manifestations ont éclaté en 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour avoir mal ajusté son voile. Pour Karim Sadjadpour, de la Carnegie Endowment for International Peace, les frappes américaines pourraient soit renforcer la République islamique, soit accélérer sa chute. “Le bombardement par les États-Unis des installations nucléaires de l’Iran est un événement sans précédent qui pourrait s’avérer transformateur pour l’Iran, le Moyen-Orient, la politique étrangère des États-Unis, la non-prolifération mondiale et potentiellement même l’ordre mondial”, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. “Son impact se fera sentir pendant les décennies à venir”. 

En bombardant l’Iran, Donald Trump fait le pari hasardeux de la force

En donnant l’ordre de bombarder des sites nucléaires iraniens, Donald Trump a fait le pari de la force plutôt que celui de la diplomatie, un virage stratégique de Washington face à Téhéran aux conséquences difficiles à mesurer pour les experts.Le président américain a ainsi fait basculer près d’un demi-siècle d’antagonisme entre les Etats-Unis et la République islamique en un conflit ouvert, avec les encouragements d’Israël, alors que Washington avait au cours des dernières décennies privilégié – parfois à contrecoeur – la diplomatie.”Nous ne saurons si (ce pari) est réussi que si, d’ici trois à cinq ans, le régime iranien n’a pas acquis les armes nucléaires qu’il a maintenant de bonnes raisons de vouloir obtenir”, déclare Kenneth Pollack, vice-président du Middle East Institute et lui-même ancien analyste de la CIA.Les renseignements américains n’ont pas conclu que l’Iran construisait une bombe nucléaire. Les travaux sur l’atome de Téhéran étaient largement considérés comme un moyen de pression, et il est probable que l’Iran avait pris des précautions en prévision d’éventuelles frappes.Mais pour Trita Parsi, un critique de l’action militaire, avec la décision de bombarder de M. Trump, “il est maintenant plus probable que l’Iran devienne un État doté d’armes nucléaires dans les cinq à dix ans”. “Nous devrions faire attention à ne pas confondre le succès tactique et le succès stratégique”, ajoute M. Parsi, vice-président exécutif de l’Institut Quincy pour une politique d’État responsable. “La guerre en Irak a également été un succès dans les premières semaines, mais la proclamation par le président Bush d’une ‘Mission accomplie’ a fait long feu”, a-t-il rappelé.- Un Iran affaibli -La décision d’attaquer de M. Trump – plus d’une semaine après qu’Israël a lancé une importante campagne militaire – est survenue alors que le régime iranien est le plus affaibli depuis la révolution islamique de 1979. Depuis l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël par le Hamas, qui bénéficie du soutien de l’Iran, Israël a non seulement détruit une grande partie de Gaza mais aussi décimé le Hezbollah, qui frappait son territoire depuis le Liban pour le compte de Téhéran. Par ailleurs, le principal allié de l’Iran parmi les dirigeants arabes, le président syrien Bachar al-Assad, a été renversé en décembre 2024. Les partisans de l’attaque de M. Trump font, eux, valoir que la diplomatie ne fonctionnait pas puisque l’Iran est resté inflexible sur son droit d’enrichir de l’uranium. “Contrairement à ce que certains diront dans les jours à venir, l’administration américaine n’a pas précipité la guerre. En fait, elle a donné à la diplomatie une chance réelle”, assure Ted Deutch, ancien membre démocrate du Congrès qui dirige désormais l’American Jewish Committee. “Le régime iranien meurtrier a refusé de conclure un accord”, a-t-il ajouté. Un avis que partage le sénateur républicain John Thune qui, en rappelant les menaces de Téhéran contre Israël et les propos iraniens contre les États-Unis, affirme que l’Iran avait “rejeté toutes les voies diplomatiques vers la paix”.- Revirement abrupt -L’attaque ordonnée par Donald Trump survient presque une décennie après que l’ancien président Barack Obama a scellé un accord aux termes duquel l’Iran a considérablement réduit ses activités nucléaires – et dont M. Trump s’est retiré en 2018, au début de son premier mandat. La majorité du Parti républicain de Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, avaient critiqué l’accord sur le nucléaire iranien parce qu’il permettait, selon eux, à Téhéran d’enrichir de l’uranium à des niveaux susceptibles de permettre la production d’armes nucléaires et que les clauses essentielles avaient une date limite d’application.Mais le président américain, se présentant comme un faiseur de paix, avait déclaré, il y a seulement un mois, lors d’une visite dans les monarchies arabes du Golfe, qu’il espérait parvenir à un nouvel accord avec l’Iran, et que son administration préparait de nouvelles négociations. Puis M. Netanyahu a attaqué l’Iran, provoquant un revirement abrupt de Donald Trump. “La décision de Trump de mettre abruptement fin à ses propres efforts diplomatiques rendra également beaucoup plus difficile la conclusion d’un accord à moyen et long terme”, estime Jennifer Kavanagh, directrice de l’analyse militaire chez Defense Priorities, qui prône la retenue. “L’Iran n’a désormais aucune raison de faire confiance à Trump ou de croire que conclure un compromis favoriserait les intérêts de la République islamique”, ajoute-t-elle.Les dirigeants religieux iraniens font également face à une forte opposition interne. D’importantes manifestations ont éclaté en 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour avoir mal ajusté son voile. Pour Karim Sadjadpour, de la Carnegie Endowment for International Peace, les frappes américaines pourraient soit renforcer la République islamique, soit accélérer sa chute. “Le bombardement par les États-Unis des installations nucléaires de l’Iran est un événement sans précédent qui pourrait s’avérer transformateur pour l’Iran, le Moyen-Orient, la politique étrangère des États-Unis, la non-prolifération mondiale et potentiellement même l’ordre mondial”, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. “Son impact se fera sentir pendant les décennies à venir”. 

At least three impacts in Israel during Iran missile attacks, 23 hurt

Three areas of Israel including coastal hub Tel Aviv were hit Sunday morning during waves of Iranian missile attacks, with at least 23 people injured, according to rescue services and police. Several buildings were heavily damaged in the Ramat Aviv area in Tel Aviv, with holes torn in the facades of apartment blocks.”Houses here were hit very, very badly,” Tel Aviv mayor Ron Huldai told reporters at the scene. “Fortunately, one of them was slated for demolition and reconstruction, so there were no residents inside. “Those who were in the shelter are all safe and well. The damage is very, very extensive, but in terms of human life, we are okay.”The Israeli police said in a statement that they had been deployed to at least two other impact sites, one in Haifa in the north and another in Ness Ziona, south of Tel Aviv.A public square in a residential area of Haifa was left strewn with rubble and surrounding shops and homes have been heavily damaged, AFP photos showed. Eli Bin, the head of Israeli rescue service Magen David Adom, told reporters that a total of 23 people had been wounded nationwide in the attacks, with “two in moderate condition and the rest lightly injured.”Two waves of missiles were launched at Israel from around 7:30 am (0430 GMT), the Israeli military said. Sirens rang across the country, with air defences activated shortly afterwards, causing loud explosions heard in Tel Aviv and Jerusalem.Israeli police reported “the fall of weapon fragments” in a northern area encompassing the port of Haifa, where local authorities said emergency services were heading to an “accident site”.Reporting on missile strikes is subject to strict military censorship rules in Israel, but at least 50 impacts have been officially acknowledged nation-wide and 25 people have been killed since the war began with Iran on June 13, according to official figures.Tel Aviv, the southern city of Beersheba and the northern port of Haifa have been the three areas most frequently targeted by Iran.Israel’s sophisticated air defences have intercepted more than 450 missiles along with around 1,000 drones, according to the latest figures from the Israeli military. 

Le livre, dernière passion du galeriste Yvon Lambert

La carrière de galeriste d’Yvon Lambert est derrière lui, ayant laissé une trace profonde dans l’art contemporain. Celle d’éditeur est devant, avec des ouvrages qui vont de 5 à 5.500 euros.A 89 ans, cet enfant du bourg de Vence (Alpes-Maritimes), venu à l’art parce qu’après-guerre, les plus grands peintres arpentaient l’arrière-pays niçois, passe des journées remplies dans sa librairie-galerie du Marais, à Paris.Quel artiste vivant mettre en valeur? Quel objet unique proposer aux bibliophiles? Il continue de se poser la question depuis une trentaine d’années.”Mes livres, c’était une passion privée. Je les vendais surtout à des amis, des curieux qui les achetaient dès qu’ils sortaient. Donc ce n’est pas du tout connu”, explique-t-il à l’AFP. “Galeriste, on vend l’œuvre, on essaye de la mettre en valeur. Editeur, c’est un processus de fabrication. Mais ça se rejoint. Je n’hésite pas à dire aux gens: posséder un tableau, posséder un livre, c’est un plaisir solitaire. Ce qui les fait sourire.”Les artistes sont ceux qu’on retrouve dans ses acquisitions, exposées depuis 2000 dans un musée d’Avignon, la Collection Lambert.Certains ouvrages ont vu leur valeur s’envoler, comme “Die Ungeborenen” d’Anselm Kiefer, plasticien allemand réputé pour ses paysages de ruines aux tons gris, publié en 2002.”Je demandais cher à l’époque, 1.500 euros. Ils se vendent maintenant à je ne sais pas combien sur le marché secondaire. Je n’en ai plus”, remarque l’éditeur.L’exemplaire numéroté 1, proposé aux enchères en 2022, est parti pour 25.200 euros.- “L’artiste est exigeant” -C’est ce genre de spéculation qui avait poussé le galeriste à délaisser le métier, en 2014, lorsqu’il avait commencé à voir trop d’acheteurs se soucier de la valeur future de revente des œuvres. Pour lui, cette question dévoie le sens de l’art.Son ouvrage encore en stock au prix le plus élevé vient de sortir, mi-juin: 5.500 euros pour une édition du “Bestiaire” de Guillaume Apollinaire illustrée par 24 lithographies de Miquel Barceló. Peut-être ne vaudra-t-il jamais plus. Peut-être la cote va-t-elle décoller.Mais le prix neuf de ce livre, dans un coffret en bois avec toile imprimée et marquée au fer à chaud par l’artiste espagnol en personne, paraît complètement justifié à Yvon Lambert. “Le tirage est restreint. L’artiste est connu, l’artiste est cher, l’artiste est exigeant”, énumère-t-il.Yvon Lambert ne se voit que comme le continuateur d’une longue tradition ayant donné des chefs-d’œuvre de bibliophilie en France au siècle dernier. “Le premier, c’était Ambroise Vollard, en 1900, qui a fait un livre avec des poèmes de Verlaine et des illustrations de Bonnard. Il a révolutionné le livre. Picasso en a fait je ne sais pas combien, comme Matisse, Miró, Léger… Ce sont des choses qui se vendent très cher aujourd’hui, ou qu’on ne trouve pas.”Chez les bibliophiles, certains clients restent fidèles. “J’ai quelques personnes qui m’ont acheté le premier livre le premier jour et qui achètent toujours. C’est un compagnonnage, à ce niveau-là”, explique l’ancien galeriste. “Il y en a certains qui ont toujours le même numéro. C’est réservé pour eux. Je leur dis: si vous ne voulez pas, vous le laissez. Mais ce serait dommage d’interrompre la collection!”

Face à l’ours, les brebis détalent vers d’autres pâturages des Pyrénées

Depuis 1923, la famille André conduit invariablement ses centaines de brebis à Soulcem, en Ariège, mais les attaques d’ours à répétition l’ont décidée à opter cette année pour d’autres pâturages, plus sûrs, dans les Hautes-Pyrénées.”On avait trop de pertes, trop de prédations. L’an dernier, entre les bêtes disparues et celles qu’on a retrouvées mortes, il nous manquait 45 brebis à la fin de l’été”, souffle Nans André, 34 ans, éleveur à Cérizols (Ariège), un village situé à une heure au sud de Toulouse.”En deux ans, 80 brebis perdues. Ça n’a plus de sens. Être agriculteur, c’est déjà assez difficile comme ça. Avec l’ours, c’est trop”, dit-il, en caressant Siri, la fidèle chienne de berger qui lui obéit au doigt et à l’œil.L’ours brun avait pratiquement disparu des Pyrénées, mais dans les années 1990, au nom de la biodiversité, l’Etat a lancé un programme de restauration de l’espèce en voie d’extinction. D’après l’Office français de la biodiversité (OFB), on compte désormais entre 97 et 127 ours dans les Pyrénées, la majorité en Ariège.- Troupeau surveillé -Depuis le village de Gèdre, dans les Hautes-Pyrénées, Nans André, sa sœur Manon, leur père Éric et quelques amis guident les 317 brebis tarasconnaises – “une race rustique” – vers la vallée de Campbieil, non loin du cirque de Gavarnie.Marquées d’un “A” vert sur le flanc — pour les distinguer si elles se mélangent à un autre troupeau —, les 300 brebis quittent la place du village au petit trot, en rangs serrés, direction les hauts pâturages, où elles vont brouter une herbe de choix pendant trois mois, à une altitude de 2.000 à 2.500 mètres.”Des ours ici? Il y a un passage par là-haut. Mais cette année, on n’en a pas vu encore”, assure un paysan, appuyé sur son bâton, au passage des brebis qui portent une cloche au cou et pour certaines un GPS, afin de les géolocaliser depuis un téléphone portable.Alors que l’équipe qui encadre les brebis s’essouffle sous un soleil de plomb, les agnelles et les brebis grimpent avec agilité, seulement ralenties par l’envie de dévorer des feuilles d’arbres dans la forêt ou, plus loin, l’herbe épaisse parsemée de fleurs.A la mi-journée, elles forment une tâche blanche au pied d’une barre rocheuse, sur la pente escarpée proche de la cabane du berger engagé par les éleveurs pour veiller sur le troupeau durant l’été.Dans le département des Hautes-Pyrénées, “les estives ne sont pas tellement touchées par les prédations. (En revanche), en Ariège, notamment dans le Couserans, on a 80% de la population ursine des Pyrénées. On perd chaque année environ 800 brebis”, se plaint le président de la Fédération pastorale de l’Ariège, Alain Servat.De son côté, l’OFB dit avoir recensé une baisse des attaques d’ours.- Aléas et bienfaits -Les éleveurs sont indemnisés par l’État en cas de prédation. “Théoriquement”, souligne Alain Servat en haussant le ton. “Le problème, c’est que si la prédation n’est pas constatée dans les 72 heures par l’OFB, pas de remboursement. On ne retrouve pas toujours les bêtes. En une heure de temps, une brebis peut être dévorée par les vautours. Le brouillard peut aussi compliquer les choses.”Aujourd’hui, “on a des éleveurs qui renoncent et qui ne veulent plus monter, par crainte de l’ours, malgré les aides” de l’État à la transhumance, relève M. Servat, également maire d’Ustou (Ariège). Pour lui, “l’élevage et la présence de l’ours, ce n’est pas compatible”.Malgré les aléas, pour nombre d’éleveurs des Pyrénées, la transhumance des brebis et des vaches est une tradition bien ancrée et marque une volonté de s’inscrire dans une démarche de qualité: meilleure alimentation, fraîcheur quand la canicule frappe la plaine. “Ça donne des brebis plus robustes, un meilleur lait, une meilleure reproduction”, note Manon André.La transhumance est souvent une nécessité pour les paysans. Elle permet, pendant que les troupeaux passent l’été en montagne, de laisser pousser l’herbe dans les champs autour de la ferme et d’en tirer du foin pour l’hiver. Pour le patriarche Éric André, cette première montée en estive à Campbieil (Hautes-Pyrénées) est “une expérimentation”. “Si ça se passe bien, cette année on augmentera progressivement et à terme on abandonnera Soulcem”, l’estive ariégeoise historique de la famille.

Face à l’ours, les brebis détalent vers d’autres pâturages des Pyrénées

Depuis 1923, la famille André conduit invariablement ses centaines de brebis à Soulcem, en Ariège, mais les attaques d’ours à répétition l’ont décidée à opter cette année pour d’autres pâturages, plus sûrs, dans les Hautes-Pyrénées.”On avait trop de pertes, trop de prédations. L’an dernier, entre les bêtes disparues et celles qu’on a retrouvées mortes, il nous manquait 45 brebis à la fin de l’été”, souffle Nans André, 34 ans, éleveur à Cérizols (Ariège), un village situé à une heure au sud de Toulouse.”En deux ans, 80 brebis perdues. Ça n’a plus de sens. Être agriculteur, c’est déjà assez difficile comme ça. Avec l’ours, c’est trop”, dit-il, en caressant Siri, la fidèle chienne de berger qui lui obéit au doigt et à l’œil.L’ours brun avait pratiquement disparu des Pyrénées, mais dans les années 1990, au nom de la biodiversité, l’Etat a lancé un programme de restauration de l’espèce en voie d’extinction. D’après l’Office français de la biodiversité (OFB), on compte désormais entre 97 et 127 ours dans les Pyrénées, la majorité en Ariège.- Troupeau surveillé -Depuis le village de Gèdre, dans les Hautes-Pyrénées, Nans André, sa sœur Manon, leur père Éric et quelques amis guident les 317 brebis tarasconnaises – “une race rustique” – vers la vallée de Campbieil, non loin du cirque de Gavarnie.Marquées d’un “A” vert sur le flanc — pour les distinguer si elles se mélangent à un autre troupeau —, les 300 brebis quittent la place du village au petit trot, en rangs serrés, direction les hauts pâturages, où elles vont brouter une herbe de choix pendant trois mois, à une altitude de 2.000 à 2.500 mètres.”Des ours ici? Il y a un passage par là-haut. Mais cette année, on n’en a pas vu encore”, assure un paysan, appuyé sur son bâton, au passage des brebis qui portent une cloche au cou et pour certaines un GPS, afin de les géolocaliser depuis un téléphone portable.Alors que l’équipe qui encadre les brebis s’essouffle sous un soleil de plomb, les agnelles et les brebis grimpent avec agilité, seulement ralenties par l’envie de dévorer des feuilles d’arbres dans la forêt ou, plus loin, l’herbe épaisse parsemée de fleurs.A la mi-journée, elles forment une tâche blanche au pied d’une barre rocheuse, sur la pente escarpée proche de la cabane du berger engagé par les éleveurs pour veiller sur le troupeau durant l’été.Dans le département des Hautes-Pyrénées, “les estives ne sont pas tellement touchées par les prédations. (En revanche), en Ariège, notamment dans le Couserans, on a 80% de la population ursine des Pyrénées. On perd chaque année environ 800 brebis”, se plaint le président de la Fédération pastorale de l’Ariège, Alain Servat.De son côté, l’OFB dit avoir recensé une baisse des attaques d’ours.- Aléas et bienfaits -Les éleveurs sont indemnisés par l’État en cas de prédation. “Théoriquement”, souligne Alain Servat en haussant le ton. “Le problème, c’est que si la prédation n’est pas constatée dans les 72 heures par l’OFB, pas de remboursement. On ne retrouve pas toujours les bêtes. En une heure de temps, une brebis peut être dévorée par les vautours. Le brouillard peut aussi compliquer les choses.”Aujourd’hui, “on a des éleveurs qui renoncent et qui ne veulent plus monter, par crainte de l’ours, malgré les aides” de l’État à la transhumance, relève M. Servat, également maire d’Ustou (Ariège). Pour lui, “l’élevage et la présence de l’ours, ce n’est pas compatible”.Malgré les aléas, pour nombre d’éleveurs des Pyrénées, la transhumance des brebis et des vaches est une tradition bien ancrée et marque une volonté de s’inscrire dans une démarche de qualité: meilleure alimentation, fraîcheur quand la canicule frappe la plaine. “Ça donne des brebis plus robustes, un meilleur lait, une meilleure reproduction”, note Manon André.La transhumance est souvent une nécessité pour les paysans. Elle permet, pendant que les troupeaux passent l’été en montagne, de laisser pousser l’herbe dans les champs autour de la ferme et d’en tirer du foin pour l’hiver. Pour le patriarche Éric André, cette première montée en estive à Campbieil (Hautes-Pyrénées) est “une expérimentation”. “Si ça se passe bien, cette année on augmentera progressivement et à terme on abandonnera Soulcem”, l’estive ariégeoise historique de la famille.

Face à l’ours, les brebis détalent vers d’autres pâturages des Pyrénées

Depuis 1923, la famille André conduit invariablement ses centaines de brebis à Soulcem, en Ariège, mais les attaques d’ours à répétition l’ont décidée à opter cette année pour d’autres pâturages, plus sûrs, dans les Hautes-Pyrénées.”On avait trop de pertes, trop de prédations. L’an dernier, entre les bêtes disparues et celles qu’on a retrouvées mortes, il nous manquait 45 brebis à la fin de l’été”, souffle Nans André, 34 ans, éleveur à Cérizols (Ariège), un village situé à une heure au sud de Toulouse.”En deux ans, 80 brebis perdues. Ça n’a plus de sens. Être agriculteur, c’est déjà assez difficile comme ça. Avec l’ours, c’est trop”, dit-il, en caressant Siri, la fidèle chienne de berger qui lui obéit au doigt et à l’œil.L’ours brun avait pratiquement disparu des Pyrénées, mais dans les années 1990, au nom de la biodiversité, l’Etat a lancé un programme de restauration de l’espèce en voie d’extinction. D’après l’Office français de la biodiversité (OFB), on compte désormais entre 97 et 127 ours dans les Pyrénées, la majorité en Ariège.- Troupeau surveillé -Depuis le village de Gèdre, dans les Hautes-Pyrénées, Nans André, sa sœur Manon, leur père Éric et quelques amis guident les 317 brebis tarasconnaises – “une race rustique” – vers la vallée de Campbieil, non loin du cirque de Gavarnie.Marquées d’un “A” vert sur le flanc — pour les distinguer si elles se mélangent à un autre troupeau —, les 300 brebis quittent la place du village au petit trot, en rangs serrés, direction les hauts pâturages, où elles vont brouter une herbe de choix pendant trois mois, à une altitude de 2.000 à 2.500 mètres.”Des ours ici? Il y a un passage par là-haut. Mais cette année, on n’en a pas vu encore”, assure un paysan, appuyé sur son bâton, au passage des brebis qui portent une cloche au cou et pour certaines un GPS, afin de les géolocaliser depuis un téléphone portable.Alors que l’équipe qui encadre les brebis s’essouffle sous un soleil de plomb, les agnelles et les brebis grimpent avec agilité, seulement ralenties par l’envie de dévorer des feuilles d’arbres dans la forêt ou, plus loin, l’herbe épaisse parsemée de fleurs.A la mi-journée, elles forment une tâche blanche au pied d’une barre rocheuse, sur la pente escarpée proche de la cabane du berger engagé par les éleveurs pour veiller sur le troupeau durant l’été.Dans le département des Hautes-Pyrénées, “les estives ne sont pas tellement touchées par les prédations. (En revanche), en Ariège, notamment dans le Couserans, on a 80% de la population ursine des Pyrénées. On perd chaque année environ 800 brebis”, se plaint le président de la Fédération pastorale de l’Ariège, Alain Servat.De son côté, l’OFB dit avoir recensé une baisse des attaques d’ours.- Aléas et bienfaits -Les éleveurs sont indemnisés par l’État en cas de prédation. “Théoriquement”, souligne Alain Servat en haussant le ton. “Le problème, c’est que si la prédation n’est pas constatée dans les 72 heures par l’OFB, pas de remboursement. On ne retrouve pas toujours les bêtes. En une heure de temps, une brebis peut être dévorée par les vautours. Le brouillard peut aussi compliquer les choses.”Aujourd’hui, “on a des éleveurs qui renoncent et qui ne veulent plus monter, par crainte de l’ours, malgré les aides” de l’État à la transhumance, relève M. Servat, également maire d’Ustou (Ariège). Pour lui, “l’élevage et la présence de l’ours, ce n’est pas compatible”.Malgré les aléas, pour nombre d’éleveurs des Pyrénées, la transhumance des brebis et des vaches est une tradition bien ancrée et marque une volonté de s’inscrire dans une démarche de qualité: meilleure alimentation, fraîcheur quand la canicule frappe la plaine. “Ça donne des brebis plus robustes, un meilleur lait, une meilleure reproduction”, note Manon André.La transhumance est souvent une nécessité pour les paysans. Elle permet, pendant que les troupeaux passent l’été en montagne, de laisser pousser l’herbe dans les champs autour de la ferme et d’en tirer du foin pour l’hiver. Pour le patriarche Éric André, cette première montée en estive à Campbieil (Hautes-Pyrénées) est “une expérimentation”. “Si ça se passe bien, cette année on augmentera progressivement et à terme on abandonnera Soulcem”, l’estive ariégeoise historique de la famille.

Les Etats-Unis ont frappé des sites nucléaires iraniens clés

Les Etats-Unis ont bombardé dimanche trois sites névralgiques du programme nucléaire iranien, des frappes qui auront des “conséquences éternelles”, a prévenu Téhéran, au dixième jour de la guerre entre l’Iran et Israël.Quelques heures plus tard, la télévision d’Etat iranienne a fait état du tir de 30 missiles sur Israël où 16 blessés ont été recensés par les services de secours israéliens.Après avoir entretenu le doute pendant des jours sur une éventuelle attaque en Iran, réclamée par son allié israélien, le président américain Donald Trump a annoncé que les installations d’enrichissement nucléaire du pays, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique,  avaient été “totalement détruites” par les frappes américaines.Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est inquiété d’une “dangereuse escalade” appelant à éviter “une spirale de chaos”.Après les tirs de missiles sur Israël, les sirènes d’alertes antiaériennes ont retenti à Tel-Aviv, et de fortes explosions ont été entendues de Jérusalem par des journalistes de l’AFP. Les forces armées iraniennes ont déclaré avoir notamment ciblé l’aéroport international Ben Gourion, près de Tel-Aviv.L’armée israélienne a dit oeuvrer à intercepter les missiles, appelé la population des zones visées à se rendre aux abris et annoncé une nouvelle série de frappes.Une organisation de premiers secours israélienne a annoncé avoir pris en charge 16 blessé et la chaîne publique KAN 11 a diffusé des images d’importants dégâts “dans le centre du pays”, dont un immeuble de plusieurs étages à la façade totalement détruite entouré de bâtiments gravement endommagés. – “Faire maintenant la paix” -“Les installations essentielles d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été intégralement et totalement détruites. L’Iran, le caïd du Moyen-Orient, doit maintenant faire la paix”, a déclaré Donald Trump à la Maison Blanche.”S’ils ne le font pas, les prochaines attaques seront bien plus importantes”, a-t-il menacé l’Iran, affirmant que le pays a le choix entre “la paix ou la tragédie”.Les Etats-Unis ont mené une attaque “très réussie” sur trois sites nucléaires iraniens, s’était-il prévalu auparavant. “Une pleine charge de bombes a été larguée sur le site principal, Fordo”, une usine d’enrichissement d’uranium enfouie sous une montagne et au coeur du programme nucléaire de Téhéran, avait-il poursuivi. Les deux autres sites visés sont Natanz, le plus connu des sites d’enrichissement, et Ispahan, où est installé un site de conversion d’uranium près de la ville historique du centre du pays.Des médias iraniens ont confirmé les attaques sur ces trois sites.L’autorité iranienne de sécurité nucléaire, dépendante de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, a affirmé n’y avoir détecté “aucun signe de contamination” et assuré qu’il n’y avait “aucun danger” pour la population.”Aucune hausse des niveaux de radiation n’a été signalée” aux abords des trois sites, a également indiqué l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).- Bombardiers B-2 -Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a félicité dans un message vidéo son homologue américain pour cette attaque. Elle s’est faite “en parfaite coordination” avec Israël, a-t-il relevé.M. Trump impose ainsi un “tournant historique qui peut aider à conduire le Moyen-Orient et au-delà vers un avenir de prospérité et de paix”, a-t-il encore assuré.Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi a condamné des “événements scandaleux (qui) auront des conséquences éternelles”, dénonçant le “comportement extrêmement dangereux, anarchique et criminel” de Washington. “L’Iran se réserve toutes les options pour défendre sa souveraineté, ses intérêts et son peuple”, a-t-il ajouté.Les attaques américaines “n’arrêteront pas” les activités nucléaires de l’Iran, a également affirmé l’Organisation de l’énergie atomique du pays.Les experts s’accordent sur le fait que seuls les Etats-Unis avaient la capacité de détruire les installations nucléaires iraniennes profondément enfouies comme Fordo.Des avions bombardiers B-2, qui avaient décollé dans la nuit d’une base aux Etats-Unis, ont participé à l’attaque, ont rapporté des médias américains citant des sources non identifiées.Donald Trump avait dit vendredi donner au “maximum” deux semaines à l’Iran pour éviter d’éventuelles frappes américaines, mais a finalement décidé d’aller de l’avant aux côtés de son allié israélien, fort du constat selon lui que l’Iran était “à quelques semaines, voire quelques mois” de l’arme atomique.Jusqu’à présent, Washington s’était contenté d’apporter une aide défensive à Israël face aux missiles iraniens.Après l’attaque américaine, Israël a fermé son espace aérien et relevé son niveau d’alerte sur tout le territoire, où ne sont désormais plus autorisées jusqu’à nouvel ordre que les activités dites essentielles.Assurant que son ennemi juré était sur le point d’obtenir l’arme atomique, Israël a lancé le 13 juin une attaque massive contre des centaines de sites militaires et nucléaires, tuant les plus hauts gradés du pays et des scientifiques de l’atome. Depuis, les frappes israéliennes sur les cibles en Iran sont quotidiennes.L’Iran, qui dément vouloir se doter de l’arme atomique et défend son droit à un programme nucléaire civil, a riposté par des vagues d’attaques de drones et de missiles balistiques sur le territoire israélien, la plupart interceptés par les systèmes de défense.Israël, qui maintient l’ambiguïté sur sa possession de l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Côté iranien, la guerre a fait plus de 400 morts et 3.056 blessés, en majorité des civils, a indiqué samedi le ministère de la Santé. Les tirs iraniens sur Israël ont fait 25 morts, selon les autorités.L’Iran et ses alliés avaient menacé de représailles contre les intérêts américains au Moyen-Orient si les Etats-Unis décidaient d’intervenir directement dans le conflit.Selon un responsable américain, la mission diplomatique américaine en Irak a encore réduit son personnel.