Aux Philippines, l’île de Palawan tente de résister à l’exploitation minière

Un amas de nickel domine la rizière que la famille de Moharen Tambiling cultive à Palawan depuis des générations: sur cette île des Philippines, les autorités espèrent maîtriser l’exploitation minière grâce à l’adoption d’un moratoire.”Ils nous ont dit avant le début de leurs opérations que cela ne nous affecterait pas, mais les effets sont indéniables aujourd’hui”, dit-il à l’AFP.”Les pangolins, les phacochères, les oiseaux disparaissent. Les fleurs aussi.”L’île de Palawan, destination touristique idyllique de l’ouest des Philippines, possède de vastes gisements de nickel, nécessaire à la fabrication de batteries de véhicules électriques et de nombreux types d’acier inoxydable.En mars, le conseil gouvernemental de l’île a approuvé à l’unanimité un moratoire de 50 ans sur les nouvelles demandes d’exploitations minières.”Nous sommes les témoins des effets de l’exploitation minière à long terme dans le sud de Palawan”, confie à l’AFP Nieves Rosento, une ancienne conseillère qui s’est battu pour son adoption.En 2021, le pays d’Asie du Sud-Est a levé une interdiction de neuf ans sur les licences, ce qui a débloqué des centaines de demandes et permis le dépôt de nouvelles.Pourtant, quatre ans plus tard, les exportations de minerais représentent toujours moins de 2% du PIB. Et malgré les promesses d’emplois, la réticence aux projets grandit localement.- Inondations -Selon la société d’exploitation Ipilan, l’augmentation de la production se traduira par des royalties plus importantes pour les populations locales et des recettes fiscales plus élevées. Mais Alayma, la soeur de M. Tambiling, perd confiance.Cette mère célibataire de six enfants gagnait autrefois entre 1.000 et 5.000 pesos philippins par jour (15 à 75 euros environ) en vendant des homards pêchés à l’endroit où se trouve aujourd’hui la jetée.Une compensation unique de 120.000 pesos (un peu plus de 1.800 euros) lui a été proposée. Offre qu’elle qualifie d’insultante.”Les moyens de subsistance de tous les peuples autochtones dépendaient de cette zone”, alerte-t-elle.Au-dessus de la rizière de M. Tambiling, des pans entiers de montagnes ont été déboisés, ce qui provoque des inondations qu’il décrit comme “redoutables, profondes et rapides”.La mine d’Ipilan a été sanctionnée pour avoir abattu des arbres dans des “zones de protection maximale”, mais ses activités se poursuivent.Les doléances à sa société mère, Global Ferronickel Holdings, sont restées sans réponse.Il est certes “possible d’éliminer la pollution en utilisant des véhicules électriques”, témoigne Jeminda Bartolome, métayère qui milite contre l’exploitation minière.”Mais il faut aussi étudier ce qui se passe dans la région”, ajoute-t-elle.- “Pas de royalties” -Au sud ouest de Brooke’s Point, à Rio Tuba, la plus ancienne mine de nickel du pays est en pleine expansion.Le vice-président de l’entreprise, Jose Bayani Baylon, insiste fièrement sur le fait que l’exploitation minière a transformé un marais autrefois difficilement accessible en une “localité premium”.”Vous avez un aéroport, vous avez un port (…), un hôpital, vous avez des infrastructures que beaucoup d’autres communautés n’ont pas”, explique-t-il.Il rejette les critiques, affirmant que l’exploitation minière ne concerne qu’une petite partie de Palawan et qu’elle est fortement réglementée.Des milliers d’arbres ont été abattus depuis janvier, mais M. Baylon affirme que “selon la loi, pour chaque arbre coupé, il faut en planter 100″.Selon l’ONG Global Witness, les permis d’exploitation et de prospection minières concernent un cinquième des terres autochtones des Philippines.”Certains peuples autochtones n’ont pas reçu de royalties au cours des dix dernières années”, affirme Nieves Rosento.Kennedy Coria, un habitant qui déclare ne savoir ni lire ni écrire, a expliqué devoir signer un document chaque année.”On recevait environ quatre kilos de riz de la part du chef de la communauté”, en gage de rétribution pour les bénéfices de la mine, témoigne-t-il.L’avocate en droit de l’environnement Grizelda Mayo-Anda affirme que ce moratoire pourrait stopper 70 projets couvrant 240.000 hectares.Entre 2001 et 2024, la province de Palawan a perdu 219.000 hectares de forêt, selon Global Forest Watch.Le moratoire de Palawan n’empêchera pas l’expansion de Rio Tuba ni les activités d’Ipilan, mais ses soutiens pensent qu’il ralentira l’exploitation minière.Des défis se profilent néanmoins à l’horizon: une récente décision de la Cour suprême a annulé l’interdiction de l’exploitation minière dans la province voisine de Mindoro Occidental.

Mondial des clubs: le Real exact au rendez-vous des quarts, avec Mbappé

Le Real Madrid n’a pas raté son rendez-vous avec les quarts de finale du Mondial des clubs en écartant de sa route la Juventus Turin (1-0), mardi à Miami, récupérant par la même occasion Kylian Mbappé, qui a enfin effectué ses grands débuts dans le tournoi.     Après les deux coups de tonnerre de lundi et les sorties prématurées de Manchester City face aux Saoudiens d’Al-Hilal (4-3 a.p.) et du vice-champion d’Europe, l’Inter Milan, contre les Brésiliens de Fluminense (2-0), les Madrilènes ne sont pas tombés dans le piège en s’imposant face à une Juve très accrocheuse. La délivrance est venue de la tête de Gonzalo Garcia (54e), celui qui avait la lourde charge de remplacer Mbappé depuis le début de la compétition. Une mission dont le jeune attaquant de 21 ans se sera parfaitement acquitté puisqu’il compte déjà trois buts au compteur.Le Real peut ainsi poursuivre sa route et rêver de décrocher un trophée majeur au terme d’une saison seulement marquée par des succès en Supercoupe D’Europe et en Coupe Intercontinentale. Pour le club de Florentino Perez, si fier de son histoire prestigieuse et de son palmarès inégalé (15 Ligue des champions, 36 titres de champion d’Espagne), les déceptions en Liga (2e derrière le FC Barcelone) et en Ligue des champions (élimination en quarts de finale par Arsenal) seraient atténuées s’il parvenait à être le premier lauréat de cette nouvelle épreuve.    Pour embellir encore un peu plus le tableau, le Real peut désormais compter sur sa star Mbappé, sur le flanc durant deux semaines pour cause de gastro-entérite. L’attente a été longue et frustrante pour le capitaine de l’équipe de France, qui avait manqué les trois premiers matches de son club dans ce Mondial, mais le N.9 est bel et bien apte et a pu effectuer son retour sur les terrains, une première pour lui depuis le 8 juin et la “petite finale” de la Ligue des nations disputée avec les Bleus face à l’Allemagne (2-0).- Le mur Di Gregorio -Le Français, sur la banc au coup d’envoi et entré en jeu à la 68e minute à la place de Gonzalo Garcia, n’a pas vraiment eu le temps de se distinguer mais il a pris date pour la suite et va maintenant tenter de rattraper le temps perdu, lui qui espère tant venir brouiller les cartes dans la course au Ballon d’Or et essayer de contester l’avance supposée des deux favoris, le champion d’Europe parisien Ousmane Dembélé et le prodige espagnol du Barça Lamine Yamal (17 ans).Avant le but salvateur de Garcia, la partie n’a toutefois pas été aisée pour le Real. Avec son meneur de jeu Kenan Yildiz à la baguette, la Juve a posé de considérables soucis aux Madrilènes, encore loin d’avoir intégré les préceptes de leur nouvel entraîneur Xabi Alonso. Avec un Randal Kolo Muani plus efficace, le sort de la rencontre aurait même pu basculer dès la 7e minute. Mais l’international français, pourtant idéalement lancé en profondeur par le prodige turc de 20 ans, a perdu son duel avec Thibaut Courtois (7e). Yildiz, qui avait terrassé à lui tout seul le Wydad Casablanca au premier tour avec un doublé (4-1), a également fait apprécier sa qualité de frappe (12e).Le Real a longtemps paru trop appliqué, sans génie et sans inspiration pour se montrer réellement dangereux mais il est aussi tombé sur un gardien turinois en état de grâce. Michele Di Gregorio, qui en avait pris cinq jeudi contre Manchester City (5-2), a été impérial pour déjouer les tentatives de Jude Bellingham (30e, 52e), Federico Valverde (45e+1, 60e), Dean Huijsen (52e), Arda Guler (73e) et Aurélien Tchouaméni (83e).Vinicius, brillant lors de la victoire de jeudi face à Salzbourg (3-0) avec un but et une passe décisive, a été beaucoup moins en réussite.Mais qu’importe pour le Real, qui va désormais pouvoir tranquillement préparer son quart de finale contre le Borussia Dortmund, samedi à East Rutherford (New Jersey). Et avec un Mbappé de nouveau opérationnel, tous les espoirs lui sont permis.   

Climat: l’UE met enfin son objectif 2040 sur la table

Après plusieurs mois de flottements, la Commission européenne soumet enfin mercredi aux États membres son objectif climatique en 2040. Bruxelles promet de maintenir des ambitions élevées, mais devrait introduire des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.L’exécutif européen dévoilera sa proposition à la mi-journée, alors que le sud de l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an déjà, la Commission devrait maintenir l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990.Mais, pour tenter de rallier les États les plus sceptiques, l’exécutif européen est prêt à introduire de la souplesse dans le calcul, au grand dam des organisations environnementales.A partir de 2036, la Commission pourrait autoriser les vingt-sept à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe, selon un document de travail consulté par l’AFP.Les ONG y sont fermement opposées. Études scientifiques à l’appui, elles remettent en cause l’impact “réel” de tels crédits sur les réductions d’émissions de CO2.”3%, ce n’est pas négligeable. Ce sont potentiellement des sommes considérables qui vont être dépensées à l’étranger au lieu de financer la transition” en Europe, regrette Neil Makaroff, un expert du centre de réflexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique à trouver”, concède ce spécialiste du climat. “L’enjeu, ce sera que l’Union européenne mette en place un standard pour que ces crédits internationaux permettent réellement de baisser les émissions et ne pas laisser les États faire chacun à leur sauce”.- Calendrier serré avant Belem – Une fois dévoilée mercredi, la proposition de la Commission devrait être discutée informellement entre les ministres de l’Environnement mi-juillet avant un éventuel vote le 18 septembre, et une transmission du texte au Parlement européen.Bruxelles espère toujours que l’objectif 2040 sera approuvé avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre à Belém au Brésil.Mais le calendrier est très serré, et les négociations s’annoncent délicates dans une Europe de plus en plus à droite.Le commissaire européen chargé du climat Wopke Hoekstra fait le tour des capitales depuis des mois pour tenter de trouver un compromis.Certains États ont déjà critiqué ouvertement les ambitions climatiques de l’Europe comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la République tchèque, qui défend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggérait quant à elle de s’en tenir à une baisse des émissions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de récupérer la présidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilités” de 3% envisagées par l’UE correspondent également aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France défend de son côté une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée.Emmanuel Macron en a fait un des sujets du sommet européen de jeudi dernier à Bruxelles. L’Élysée réclame des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation.Du point de vue des obligations internationales, le président français souligne aussi que l’UE doit seulement présenter une trajectoire 2035 — et non 2040 — à la COP30 au Brésil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour Belém super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, a réclamé Emmanuel Macron à Bruxelles.2040 est une étape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens: électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…

Climat: l’UE met enfin son objectif 2040 sur la table

Après plusieurs mois de flottements, la Commission européenne soumet enfin mercredi aux États membres son objectif climatique en 2040. Bruxelles promet de maintenir des ambitions élevées, mais devrait introduire des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.L’exécutif européen dévoilera sa proposition à la mi-journée, alors que le sud de l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an déjà, la Commission devrait maintenir l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990.Mais, pour tenter de rallier les États les plus sceptiques, l’exécutif européen est prêt à introduire de la souplesse dans le calcul, au grand dam des organisations environnementales.A partir de 2036, la Commission pourrait autoriser les vingt-sept à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe, selon un document de travail consulté par l’AFP.Les ONG y sont fermement opposées. Études scientifiques à l’appui, elles remettent en cause l’impact “réel” de tels crédits sur les réductions d’émissions de CO2.”3%, ce n’est pas négligeable. Ce sont potentiellement des sommes considérables qui vont être dépensées à l’étranger au lieu de financer la transition” en Europe, regrette Neil Makaroff, un expert du centre de réflexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique à trouver”, concède ce spécialiste du climat. “L’enjeu, ce sera que l’Union européenne mette en place un standard pour que ces crédits internationaux permettent réellement de baisser les émissions et ne pas laisser les États faire chacun à leur sauce”.- Calendrier serré avant Belem – Une fois dévoilée mercredi, la proposition de la Commission devrait être discutée informellement entre les ministres de l’Environnement mi-juillet avant un éventuel vote le 18 septembre, et une transmission du texte au Parlement européen.Bruxelles espère toujours que l’objectif 2040 sera approuvé avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre à Belém au Brésil.Mais le calendrier est très serré, et les négociations s’annoncent délicates dans une Europe de plus en plus à droite.Le commissaire européen chargé du climat Wopke Hoekstra fait le tour des capitales depuis des mois pour tenter de trouver un compromis.Certains États ont déjà critiqué ouvertement les ambitions climatiques de l’Europe comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la République tchèque, qui défend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggérait quant à elle de s’en tenir à une baisse des émissions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de récupérer la présidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilités” de 3% envisagées par l’UE correspondent également aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France défend de son côté une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée.Emmanuel Macron en a fait un des sujets du sommet européen de jeudi dernier à Bruxelles. L’Élysée réclame des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation.Du point de vue des obligations internationales, le président français souligne aussi que l’UE doit seulement présenter une trajectoire 2035 — et non 2040 — à la COP30 au Brésil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour Belém super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, a réclamé Emmanuel Macron à Bruxelles.2040 est une étape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens: électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…

Climat: l’UE met enfin son objectif 2040 sur la table

Après plusieurs mois de flottements, la Commission européenne soumet enfin mercredi aux États membres son objectif climatique en 2040. Bruxelles promet de maintenir des ambitions élevées, mais devrait introduire des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.L’exécutif européen dévoilera sa proposition à la mi-journée, alors que le sud de l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an déjà, la Commission devrait maintenir l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990.Mais, pour tenter de rallier les États les plus sceptiques, l’exécutif européen est prêt à introduire de la souplesse dans le calcul, au grand dam des organisations environnementales.A partir de 2036, la Commission pourrait autoriser les vingt-sept à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe, selon un document de travail consulté par l’AFP.Les ONG y sont fermement opposées. Études scientifiques à l’appui, elles remettent en cause l’impact “réel” de tels crédits sur les réductions d’émissions de CO2.”3%, ce n’est pas négligeable. Ce sont potentiellement des sommes considérables qui vont être dépensées à l’étranger au lieu de financer la transition” en Europe, regrette Neil Makaroff, un expert du centre de réflexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique à trouver”, concède ce spécialiste du climat. “L’enjeu, ce sera que l’Union européenne mette en place un standard pour que ces crédits internationaux permettent réellement de baisser les émissions et ne pas laisser les États faire chacun à leur sauce”.- Calendrier serré avant Belem – Une fois dévoilée mercredi, la proposition de la Commission devrait être discutée informellement entre les ministres de l’Environnement mi-juillet avant un éventuel vote le 18 septembre, et une transmission du texte au Parlement européen.Bruxelles espère toujours que l’objectif 2040 sera approuvé avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre à Belém au Brésil.Mais le calendrier est très serré, et les négociations s’annoncent délicates dans une Europe de plus en plus à droite.Le commissaire européen chargé du climat Wopke Hoekstra fait le tour des capitales depuis des mois pour tenter de trouver un compromis.Certains États ont déjà critiqué ouvertement les ambitions climatiques de l’Europe comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la République tchèque, qui défend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggérait quant à elle de s’en tenir à une baisse des émissions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de récupérer la présidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilités” de 3% envisagées par l’UE correspondent également aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France défend de son côté une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée.Emmanuel Macron en a fait un des sujets du sommet européen de jeudi dernier à Bruxelles. L’Élysée réclame des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation.Du point de vue des obligations internationales, le président français souligne aussi que l’UE doit seulement présenter une trajectoire 2035 — et non 2040 — à la COP30 au Brésil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour Belém super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, a réclamé Emmanuel Macron à Bruxelles.2040 est une étape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens: électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…

Climat: l’UE met enfin son objectif 2040 sur la table

Après plusieurs mois de flottements, la Commission européenne soumet enfin mercredi aux États membres son objectif climatique en 2040. Bruxelles promet de maintenir des ambitions élevées, mais devrait introduire des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.L’exécutif européen dévoilera sa proposition à la mi-journée, alors que le sud de l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an déjà, la Commission devrait maintenir l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990.Mais, pour tenter de rallier les États les plus sceptiques, l’exécutif européen est prêt à introduire de la souplesse dans le calcul, au grand dam des organisations environnementales.A partir de 2036, la Commission pourrait autoriser les vingt-sept à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe, selon un document de travail consulté par l’AFP.Les ONG y sont fermement opposées. Études scientifiques à l’appui, elles remettent en cause l’impact “réel” de tels crédits sur les réductions d’émissions de CO2.”3%, ce n’est pas négligeable. Ce sont potentiellement des sommes considérables qui vont être dépensées à l’étranger au lieu de financer la transition” en Europe, regrette Neil Makaroff, un expert du centre de réflexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique à trouver”, concède ce spécialiste du climat. “L’enjeu, ce sera que l’Union européenne mette en place un standard pour que ces crédits internationaux permettent réellement de baisser les émissions et ne pas laisser les États faire chacun à leur sauce”.- Calendrier serré avant Belem – Une fois dévoilée mercredi, la proposition de la Commission devrait être discutée informellement entre les ministres de l’Environnement mi-juillet avant un éventuel vote le 18 septembre, et une transmission du texte au Parlement européen.Bruxelles espère toujours que l’objectif 2040 sera approuvé avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre à Belém au Brésil.Mais le calendrier est très serré, et les négociations s’annoncent délicates dans une Europe de plus en plus à droite.Le commissaire européen chargé du climat Wopke Hoekstra fait le tour des capitales depuis des mois pour tenter de trouver un compromis.Certains États ont déjà critiqué ouvertement les ambitions climatiques de l’Europe comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la République tchèque, qui défend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggérait quant à elle de s’en tenir à une baisse des émissions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de récupérer la présidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilités” de 3% envisagées par l’UE correspondent également aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France défend de son côté une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée.Emmanuel Macron en a fait un des sujets du sommet européen de jeudi dernier à Bruxelles. L’Élysée réclame des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation.Du point de vue des obligations internationales, le président français souligne aussi que l’UE doit seulement présenter une trajectoire 2035 — et non 2040 — à la COP30 au Brésil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour Belém super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, a réclamé Emmanuel Macron à Bruxelles.2040 est une étape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens: électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…

Le sort de P. Diddy entre les mains du jury

Le jury poursuit mercredi ses délibérations sur l’accusation d’association de malfaiteurs au procès du magnat du hip-hop P. Diddy après s’être entendu la veille sur un verdict, sans l’annoncer, pour des chefs de trafic sexuel et de transport de personnes à des fins de prostitution.Après des semaines de témoignages et de plaidoiries musclées, les 12 jurés ont commencé lundi leurs délibérations dans ce procès hypermédiatisé qui se déroule au tribunal pénal de Manhattan, et se sont accordés sur des verdicts pour quatre des cinq chefs d’accusation, passibles chacun d’une peine de 10 à 15 ans de prison.Mais comme ils ne parvenaient pas encore à s’entendre sur le chef d’accusation le plus important car passible de la prison à vie, celui d’association de malfaiteurs, le juge Arun Subramanian leur a demandé de continuer leurs échanges avant d’annoncer toute décision.Le destin de la gloire du hip-hop, fondateur multimillionnaire du label Bad Boy Records, de son vrai nom Sean Combs, pourrait donc se sceller devant ses proches dès mercredi dans ce tribunal rempli de journalistes mais aussi d’un chapelet d’influenceurs glosant en ligne sur chaque détail de l’affaire. P. Diddy est accusé d’avoir forcé des femmes – dont sa petite amie de 2007 à 2018, la chanteuse Cassie, et une ancienne compagne plus récente ayant témoigné sous le pseudonyme de “Jane” – à se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués pendant qu’il se masturbait ou filmait. Et aussi d’avoir mis en place un réseau criminel, dont il était à la tête, pour organiser ces marathons nommés “freak-offs”. Les jurés se sont accordés mardi sur les accusations de trafic sexuel et de transport de personnes à des fins de prostitution – qui implique le déplacement d’une personne d’un Etat à un autre selon le droit américain – dans les dossiers de Cassie et Jane. Cela fait donc quatre chefs d’accusation au total.- “Violent” -Agé aujourd’hui de 55 ans, P. Diddy a connu une triple carrière de producteur, rappeur et homme d’affaires. Il avait signé The Notorious B.I.G dans les années 90, avant de connaître lui-même le succès sous le nom de Puff Daddy avec son album “No Way Out”, puis de s’associer à des marques d’alcool.En 2023, son ex-compagne Cassie a porté plainte contre lui au civil pour un viol remontant à 2018, et l’a accusé d’avoir eu un “comportement violent” et “déviant” durant une décennie, comme des relations sexuelles forcées avec des hommes prostitués. Si l’affaire se règle en 24 heures, “à l’amiable”, selon un accord confidentiel, elle donne lieu à d’autres plaintes, ayant mené à ce procès pénal au tribunal de Manhattan.Durant le procès, les avocats de P. Diddy ont tout fait pour discréditer les témoins à charge à coups de contre-interrogatoires musclés et tenté de montrer que leur client avait un style de vie “polyamoureux” qui ne tombe pas sous le coup du droit pénal.Cassie et Jane ont admis que leur relation respective impliquait de l’amour, mais qu’elles étaient dans le même temps soumises à des menaces liées à leur réputation, à leur situation financière et à leur intégrité physique.Les jurés ont visionné des enregistrements de ces marathons sexuels, de même que l’enregistrement de caméras de surveillance d’un hôtel de Los Angeles montrant le magnat du hip-hop traînant au sol Cassie et la rouant de coups.”Il (P. Diddy) avait tellement dépassé les limites qu’il ne pouvait même plus les voir”, avait déclaré une procureure, Maurene Comey, disant que le rappeur se sentait “intouchable”. “Mais l’accusé n’est pas Dieu”, avait-elle dit au jury, espérant une condamnation par les 12 jurés, huit hommes et quatre femmes. 

Nouvelle-Calédonie: Macron ouvre un sommet à Paris, sur fond d’incertitudes persistantes

Emmanuel Macron ouvre mercredi à Paris un sommet censé tracer un avenir politique et économique pour la Nouvelle-Calédonie, un an après les émeutes meurtrières, mais les lignes de fracture entre indépendantistes et loyalistes restent profondes et le format soulève de nombreuses interrogations.Le chef de l’État doit s’exprimer à 15h00 à l’Élysée devant les délégations politiques du territoire, avant leur départ vers un hôtel à Bougival (Yvelines), où les discussions se poursuivront à huis clos jusqu’au weekend, sans date butoir fixée.La démarche présidentielle “vise à instaurer un dialogue garant d’un équilibre politique, social et culturel durable, adapté à la réalité calédonienne”, a affirmé l’Élysée, qui souhaite “dépasser les logiques d’opposition pour construire un avenir partagé, équilibré et pérenne”.L’objectif est de relancer les discussions institutionnelles, mais aussi économiques et sociales, dans un territoire encore exsangue après les violences de mai 2024, qui ont fait 14 morts et coûté plus de 15% de son PIB.Mais le contenu et le déroulé du “Sommet pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie” restent flous. Des séquences “hybrides” avec les acteurs économiques, sociaux et la société civile sont prévues en journée. Les négociations politiques auront lieu en soirée et pendant le weekend.”Au pays, on se pose beaucoup de questions sur la pertinence de ce format-là”, a souligné le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou, qui estime que “la méthode ayant permis jusqu’ici de garder les gens à la table est remise en cause”.Le chef de l’État a souhaité relancer le dialogue après l’échec des négociations de Deva, en mai, qui avaient vu les délégations indépendantistes et loyalistes se quitter sans parvenir à un accord après trois jours de “conclave” sous l’égide du ministre des Outre-mer Manuel Valls. Depuis, “le fil du dialogue” n’a pas été rompu, a noté le ministre des Outre-mer, qui veut croire à un accord encore possible: “Il faut de la paix civile, il faut de la stabilité dans la durée. Tout le monde en est conscient des deux côtés”.- “Implosion sociale” -Mais les positions restent radicalement opposées. Le projet de “souveraineté avec la France” proposé en mai par M. Valls – incluant une double nationalité et une délégation des compétences régaliennes – a suscité la colère des non-indépendantistes.”On ne peut pas repartir pour un round de négociation qui reprend ce qu’a proposé Manuel Valls”, a averti une source loyaliste: “Le président de la République a annoncé qu’il proposerait un nouveau projet. On attend qu’il nous le présente”. Le député loyaliste Nicolas Metzdorf a affirmé toutefois venir “essayer de trouver un compromis avec l’État et les partenaires indépendantistes”. Il appelle également à plus de clarté sur la vision de l’État.”Ce qu’on attend, c’est une ambition pour la Nouvelle-Calédonie. Qu’est-ce que la France souhaite pour la Nouvelle-Calédonie, quelles perspectives la France veut lui donner ?”, a-t-il dit.Côté indépendantiste, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a rappelé qu’aucun compromis ne pourra être envisagé “en deçà” du socle proposé à Deva.”Vous saurez tout de suite si ça fait long feu ou pas”, a glissé mardi Emmanuel Tjibaou, appelant à “inscrire de manière définitive un statut qui prenne en compte les aspirations de ce peuple kanak”.De son côté, le président de la République reste discret sur ses intentions réelles. Un an après les émeutes, les élus locaux s’inquiètent d’un climat toujours tendu mais surtout d’une crise économique persistante.Une large partie des discussions sera consacrée à l’économie et à l’avenir du nickel, ressource stratégique de l’archipel. Car “même un accord politique n’empêchera pas de devoir relever des défis immenses”, a estimé Manuel Valls, mettant l’accent sur le risque “d’implosion sociale” de l’archipel.”Il y a une prise de conscience de l’ensemble des acteurs politiques et économiques sur le fait qu’une absence d’accord serait désastreuse pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie”, a-t-il ajouté.