Aux îles Cook, les riches profondeurs du Pacifique aiguisent les appétits

Aux îles Cook, un navire de 1.000 tonnes explore les riches profondeurs du Pacifique à la recherche des minerais qu’elles recèlent et qui pourraient être exploitées.Bordées de lagons étincelants et de plages ornées de palmiers, les îles Cook, dans le Pacifique sud, ont ouvert leurs eaux territoriales à l’exploration minière. Des navires de recherche sillonnent les mers à la recherche de gisements de métaux pour les batteries, de terres rares et de minéraux critiques qui reposent dans les grands fonds  de l’Océan. L’Anuanua Moana mène des études pour l’exploitation minière en haute mer: une industrie pionnière que certains comparent à une ruée vers l’or des temps modernes et que d’autres qualifient de “folie” environnementale. L’AFP l’a visité dans le port d’Avatiu. “Les ressources sont estimées à une valeur potentielle d’environ 4 milliards de dollars (américains)”, a indiqué Hans Smit, le directeur général de Moana Mineral. Le navire parcourt depuis deux ans les eaux tropicales des îles Cook, à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et Hawaï, recueillant des données pour convaincre les autorités de réglementation que l’exploitation minière en eaux profondes est sans danger.Aucune entreprise n’a encore commencé à exploiter commercialement les fonds marins.”Je veux commencer l’exploitation avant 2030″, explique M. Smit, dans le vrombissement de grues qui chargent des caisses en bois.Moana Minerals, filiale d’une société texane, détient des droits d’exploration sur 20.000 kilomètres carrés dans la zone économique exclusive (ZEE) des îles Cook.Selon des chercheurs australiens, il s’agit du gisement en nodules polymétalliques, sortes de galets riches en manganèse, cobalt, cuivre ou nickel, le plus important et le plus riche au monde au sein d’un territoire souverain”.Ces roches sont riches en minéraux comme le manganèse, le nickel, le cobalt, le cuivre ou les terres rares, prisées pour les véhicules électriques et le matériel électronique notamment.- “Lieu des dieux” -Mais les habitants des îles redoutent que l’exploitation minière puisse souiller leur précieux “moana”, ou océan, à tout jamais. “J’ai vu le navire dans le port”, lâche Ngametua Mamanu, un guide local de 55 ans.”Pourquoi avons-nous besoin de ce matériel pour détruire les océans?”Ana Walker, retraitée de 74 ans, craint qu’il soit pillé au profit d’intérêts étrangers.”On pense que ces gens viennent ici pour se faire de l’argent et pour nous laisser la pagaille” ensuite, confie-t-elle.”Si tout se passe bien, il y a du bon à en tirer. Sur le plan financier”, commente James Kora, 31 ans, perliculteur comme son père et son grand-père avant lui.Les yeux plissés face à l’intensité du soleil, le biologiste marin Teina Rongo observe de près depuis son petit bateau, les activités de l’Anuanua Moana.”Nous n’avons jamais voulu explorer le fond de l’océan, car nos ancêtres pensaient que c’était le lieu des dieux”, confie-t-il.”Nous n’y avons pas notre place”, ajoute-t-il. – “Pas de calendrier” -Les sociétés d’exploitation minière sont encore en train d’étudier le meilleur moyen pour aller chercher les nodules qui gisent à cinq kilomètres ou plus de profondeur.Leurs efforts se concentrent sur des machines de récolte robotisées qui ratissent le fond de l’océan.Pour l’environnementaliste Alanna Smith les chercheurs ont très peu de connaissances sur les grands fonds. “Nous servirions vraiment de cobayes pour l’industrie, en nous lançant en premier”, dit-elle, c’est un pas “très, très risqué”. Dans les années 1950, une expédition de recherche soutenue par les Etats-Unis a été la première à découvrir d'”énormes champs” de nodules polymétalliques dans le Pacifique Sud.Et des nuées de navires japonais, français, américains et russes ont ensuite parcouru la zone pour cartographier ce trésor.Mais l’exploitation minière en eaux profondes est restée une idée marginale jusqu’en 2018 environ, avant que l’industrie des véhicules électriques ne fasse grimper en flèche les prix des métaux.Une poignée d’entreprises se disputent désormais l’exploitation des quatre principaux gisements de nodules, dont trois se trouvent dans les eaux internationales, et le dernier dans les îles Cook.L’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) se réunit ce mois-ci afin d’élaborer des règles pour l’exploitation de la “zone de fracture de Clipperton”, dans l’océan Pacifique.Jusqu’à présent, les îles Cook ont déclaré que leur approche de l’exploitation minière, même dans leurs propres eaux, serait étroitement “alignée” sur les règles de l’AIFM.Mais “nous ne fixons pas de calendrier pour le démarrage de cette activité”, a déclaré Edward Herman, de l’Autorité des minéraux des fonds marins des îles Cook, une agence publique.En juin, le président français Emmanuel Macron a estimé que c’était une “folie de lancer de l’action économique prédatrice qui va bousculer des grands fonds marins (…) quand nous n’y connaissons rien !”.Mais les îles Cook ont des amis puissants. Elles ont signé cette année un partenariat avec la Chine portant sur le commerce et l’exploitation minière sous-marine.

Aux îles Cook, les riches profondeurs du Pacifique aiguisent les appétits

Aux îles Cook, un navire de 1.000 tonnes explore les riches profondeurs du Pacifique à la recherche des minerais qu’elles recèlent et qui pourraient être exploitées.Bordées de lagons étincelants et de plages ornées de palmiers, les îles Cook, dans le Pacifique sud, ont ouvert leurs eaux territoriales à l’exploration minière. Des navires de recherche sillonnent les mers à la recherche de gisements de métaux pour les batteries, de terres rares et de minéraux critiques qui reposent dans les grands fonds  de l’Océan. L’Anuanua Moana mène des études pour l’exploitation minière en haute mer: une industrie pionnière que certains comparent à une ruée vers l’or des temps modernes et que d’autres qualifient de “folie” environnementale. L’AFP l’a visité dans le port d’Avatiu. “Les ressources sont estimées à une valeur potentielle d’environ 4 milliards de dollars (américains)”, a indiqué Hans Smit, le directeur général de Moana Mineral. Le navire parcourt depuis deux ans les eaux tropicales des îles Cook, à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et Hawaï, recueillant des données pour convaincre les autorités de réglementation que l’exploitation minière en eaux profondes est sans danger.Aucune entreprise n’a encore commencé à exploiter commercialement les fonds marins.”Je veux commencer l’exploitation avant 2030″, explique M. Smit, dans le vrombissement de grues qui chargent des caisses en bois.Moana Minerals, filiale d’une société texane, détient des droits d’exploration sur 20.000 kilomètres carrés dans la zone économique exclusive (ZEE) des îles Cook.Selon des chercheurs australiens, il s’agit du gisement en nodules polymétalliques, sortes de galets riches en manganèse, cobalt, cuivre ou nickel, le plus important et le plus riche au monde au sein d’un territoire souverain”.Ces roches sont riches en minéraux comme le manganèse, le nickel, le cobalt, le cuivre ou les terres rares, prisées pour les véhicules électriques et le matériel électronique notamment.- “Lieu des dieux” -Mais les habitants des îles redoutent que l’exploitation minière puisse souiller leur précieux “moana”, ou océan, à tout jamais. “J’ai vu le navire dans le port”, lâche Ngametua Mamanu, un guide local de 55 ans.”Pourquoi avons-nous besoin de ce matériel pour détruire les océans?”Ana Walker, retraitée de 74 ans, craint qu’il soit pillé au profit d’intérêts étrangers.”On pense que ces gens viennent ici pour se faire de l’argent et pour nous laisser la pagaille” ensuite, confie-t-elle.”Si tout se passe bien, il y a du bon à en tirer. Sur le plan financier”, commente James Kora, 31 ans, perliculteur comme son père et son grand-père avant lui.Les yeux plissés face à l’intensité du soleil, le biologiste marin Teina Rongo observe de près depuis son petit bateau, les activités de l’Anuanua Moana.”Nous n’avons jamais voulu explorer le fond de l’océan, car nos ancêtres pensaient que c’était le lieu des dieux”, confie-t-il.”Nous n’y avons pas notre place”, ajoute-t-il. – “Pas de calendrier” -Les sociétés d’exploitation minière sont encore en train d’étudier le meilleur moyen pour aller chercher les nodules qui gisent à cinq kilomètres ou plus de profondeur.Leurs efforts se concentrent sur des machines de récolte robotisées qui ratissent le fond de l’océan.Pour l’environnementaliste Alanna Smith les chercheurs ont très peu de connaissances sur les grands fonds. “Nous servirions vraiment de cobayes pour l’industrie, en nous lançant en premier”, dit-elle, c’est un pas “très, très risqué”. Dans les années 1950, une expédition de recherche soutenue par les Etats-Unis a été la première à découvrir d'”énormes champs” de nodules polymétalliques dans le Pacifique Sud.Et des nuées de navires japonais, français, américains et russes ont ensuite parcouru la zone pour cartographier ce trésor.Mais l’exploitation minière en eaux profondes est restée une idée marginale jusqu’en 2018 environ, avant que l’industrie des véhicules électriques ne fasse grimper en flèche les prix des métaux.Une poignée d’entreprises se disputent désormais l’exploitation des quatre principaux gisements de nodules, dont trois se trouvent dans les eaux internationales, et le dernier dans les îles Cook.L’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) se réunit ce mois-ci afin d’élaborer des règles pour l’exploitation de la “zone de fracture de Clipperton”, dans l’océan Pacifique.Jusqu’à présent, les îles Cook ont déclaré que leur approche de l’exploitation minière, même dans leurs propres eaux, serait étroitement “alignée” sur les règles de l’AIFM.Mais “nous ne fixons pas de calendrier pour le démarrage de cette activité”, a déclaré Edward Herman, de l’Autorité des minéraux des fonds marins des îles Cook, une agence publique.En juin, le président français Emmanuel Macron a estimé que c’était une “folie de lancer de l’action économique prédatrice qui va bousculer des grands fonds marins (…) quand nous n’y connaissons rien !”.Mais les îles Cook ont des amis puissants. Elles ont signé cette année un partenariat avec la Chine portant sur le commerce et l’exploitation minière sous-marine.

Canal+ touche au but pour devenir un champion des médias en Afrique

Grâce au feu vert du tribunal de la concurrence sud-africain annoncé mercredi, le groupe Canal+ est en passe de racheter Multichoice, géant de la télévision et du streaming dans ce pays, pour devenir un champion sur le continent.Canal+ est déjà le premier actionnaire de Multichoice, avec plus de 45% du capital. L’opération doit permettre au groupe français de compter 50 à 100 millions d’abonnés dans les prochaines années, contre 27 millions aujourd’hui. Le groupe audiovisuel, dans le giron du milliardaire Vincent Bolloré, avait lancé début 2024 une offre publique d’achat de Multichoice, le plus grand opérateur de télévision payante en Afrique, basé à Johannesburg.Le tribunal de la concurrence sud-africain a “approuvé la transaction proposée, sous réserve des conditions convenues”, ont indiqué Canal+ et Multichoice dans un communiqué commun.Parmi ces conditions figurent le financement de productions sud-africaines dans le divertissement et le sport et la protection de l’emploi.Ainsi, “les parties restent en bonne voie pour finaliser l’offre obligatoire de Canal+ dans les délais annoncés”, soit “avant la date butoir du 8 octobre 2025″, selon le communiqué. Cette date avait été repoussée il y a quelques mois.Canal+ avait formulé une offre de 125 rands (6,07 euros) par action l’an passé, ce qui valorisait le géant africain à quelque 2,5 milliards d’euros.”Il s’agit d’une étape extrêmement positive dans notre aventure visant à réunir deux sociétés emblématiques des médias et du divertissement et à créer un véritable champion pour l’Afrique”, s’est félicité Maxime Saada, président de Canal+, cité dans le communiqué.L’annonce du tribunal de la concurrence “marque une étape importante et constitue un grand pas en avant pour les deux entreprises”, a souligné pour sa part Calvo Mawela, directeur général de MultiChoice Group.Le groupe sud-africain, fondé il y a quarante ans, fait toutefois face à une hémorragie de ses abonnés, dont le pouvoir d’achat est en recul. Il affiche désormais 14,5 millions d’abonnés, dans 50 pays.- “Potentiel de croissance” -Pour Canal+, à la fois diffuseur, producteur et agrégateur de contenus, ce terrain est stratégique. “Nous avons construit une position de leader sur les marchés francophones et nous sommes impatients d’unir nos forces à celles de MultiChoice, leader de la télévision payante sur les marchés anglophones et lusophones”, expliquait il y a quelques mois David Mignot, directeur général de Canal+ Afrique.Canal+ opère en Afrique depuis plus de trente ans. Présent dans 20 pays, il est le premier opérateur de télévision par abonnement dans 19 territoires francophones.Ce marché est plus porteur que l’Europe, où la compétition est féroce et l’évolution des usages rapide. La France notamment, berceau historique du groupe, ne compte plus qu’un tiers environ des abonnés. Le rachat de Multichoice “nous permettra de tirer pleinement parti du formidable potentiel de croissance sur le continent” et “favorisera d’importantes synergies dans l’ensemble de nos territoires, synergies qui seront mises en oeuvre dès l’opération approuvée”, soulignait Maxime Saada en avril.La population subsaharienne s’élève aujourd’hui à 1,2 milliard de personnes et devrait atteindre les 2 milliards d’habitants en 2050, est-il rappelé dans le dernier rapport annuel du groupe.Canal+ a aussi augmenté en 2024 ses participations dans Viu, opérateur hongkongais de streaming, et dans Viaplay, socité scandinave dont il est le premier actionnaire.Le groupe est coté à la Bourse de Londres depuis la scission de sa maison mère Vivendi en décembre et attend un rebond de son cours grâce à l’opération sur Multichoice. Il envisage une seconde cotation à la Bourse de Johannesburg. Canal+ a enregistré pour 2024 un chiffre d’affaires en hausse mais une perte nette de 147 millions d’euros, due à des charges “exceptionnelles”. Il s’agit d’une réorganisation dans les activités françaises, notamment en lien avec l’arrêt de la chaîne C8 qui a entraîné un plan de suppression d’emplois, et d’une ré-évaluation du risque de certains contentieux.Les résultats financiers pour son premier semestre 2025 seront publiés le 29 juillet.

Canal+ touche au but pour devenir un champion des médias en Afrique

Grâce au feu vert du tribunal de la concurrence sud-africain annoncé mercredi, le groupe Canal+ est en passe de racheter Multichoice, géant de la télévision et du streaming dans ce pays, pour devenir un champion sur le continent.Canal+ est déjà le premier actionnaire de Multichoice, avec plus de 45% du capital. L’opération doit permettre au groupe français de compter 50 à 100 millions d’abonnés dans les prochaines années, contre 27 millions aujourd’hui. Le groupe audiovisuel, dans le giron du milliardaire Vincent Bolloré, avait lancé début 2024 une offre publique d’achat de Multichoice, le plus grand opérateur de télévision payante en Afrique, basé à Johannesburg.Le tribunal de la concurrence sud-africain a “approuvé la transaction proposée, sous réserve des conditions convenues”, ont indiqué Canal+ et Multichoice dans un communiqué commun.Parmi ces conditions figurent le financement de productions sud-africaines dans le divertissement et le sport et la protection de l’emploi.Ainsi, “les parties restent en bonne voie pour finaliser l’offre obligatoire de Canal+ dans les délais annoncés”, soit “avant la date butoir du 8 octobre 2025″, selon le communiqué. Cette date avait été repoussée il y a quelques mois.Canal+ avait formulé une offre de 125 rands (6,07 euros) par action l’an passé, ce qui valorisait le géant africain à quelque 2,5 milliards d’euros.”Il s’agit d’une étape extrêmement positive dans notre aventure visant à réunir deux sociétés emblématiques des médias et du divertissement et à créer un véritable champion pour l’Afrique”, s’est félicité Maxime Saada, président de Canal+, cité dans le communiqué.L’annonce du tribunal de la concurrence “marque une étape importante et constitue un grand pas en avant pour les deux entreprises”, a souligné pour sa part Calvo Mawela, directeur général de MultiChoice Group.Le groupe sud-africain, fondé il y a quarante ans, fait toutefois face à une hémorragie de ses abonnés, dont le pouvoir d’achat est en recul. Il affiche désormais 14,5 millions d’abonnés, dans 50 pays.- “Potentiel de croissance” -Pour Canal+, à la fois diffuseur, producteur et agrégateur de contenus, ce terrain est stratégique. “Nous avons construit une position de leader sur les marchés francophones et nous sommes impatients d’unir nos forces à celles de MultiChoice, leader de la télévision payante sur les marchés anglophones et lusophones”, expliquait il y a quelques mois David Mignot, directeur général de Canal+ Afrique.Canal+ opère en Afrique depuis plus de trente ans. Présent dans 20 pays, il est le premier opérateur de télévision par abonnement dans 19 territoires francophones.Ce marché est plus porteur que l’Europe, où la compétition est féroce et l’évolution des usages rapide. La France notamment, berceau historique du groupe, ne compte plus qu’un tiers environ des abonnés. Le rachat de Multichoice “nous permettra de tirer pleinement parti du formidable potentiel de croissance sur le continent” et “favorisera d’importantes synergies dans l’ensemble de nos territoires, synergies qui seront mises en oeuvre dès l’opération approuvée”, soulignait Maxime Saada en avril.La population subsaharienne s’élève aujourd’hui à 1,2 milliard de personnes et devrait atteindre les 2 milliards d’habitants en 2050, est-il rappelé dans le dernier rapport annuel du groupe.Canal+ a aussi augmenté en 2024 ses participations dans Viu, opérateur hongkongais de streaming, et dans Viaplay, socité scandinave dont il est le premier actionnaire.Le groupe est coté à la Bourse de Londres depuis la scission de sa maison mère Vivendi en décembre et attend un rebond de son cours grâce à l’opération sur Multichoice. Il envisage une seconde cotation à la Bourse de Johannesburg. Canal+ a enregistré pour 2024 un chiffre d’affaires en hausse mais une perte nette de 147 millions d’euros, due à des charges “exceptionnelles”. Il s’agit d’une réorganisation dans les activités françaises, notamment en lien avec l’arrêt de la chaîne C8 qui a entraîné un plan de suppression d’emplois, et d’une ré-évaluation du risque de certains contentieux.Les résultats financiers pour son premier semestre 2025 seront publiés le 29 juillet.

Plus de 100 ONG mettent en garde contre une “famine de masse” se propageant à Gaza

Plus de 100 ONG ont mis en garde mercredi contre la propagation d’une “famine de masse” dans la bande de Gaza dévastée par plus de 21 mois de guerre, les Etats-Unis annonçant une nouvelle mission de l’émissaire Steve Witkoff pour discuter d’un couloir humanitaire. Dans le même temps, l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements quotidiens à Gaza et dit avoir frappé des dizaines de “cibles terroristes”, la Défense civile du territoire palestinien faisant état de 10 morts. Israël fait face à une pression internationale accrue surtout au sujet du désastre humanitaire à Gaza, où quelque 2,4 millions de Palestiniens sont assiégés depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien.Un blocus total imposé en mars par Israël à Gaza et très partiellement assoupli fin mai a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.”C’est la souffrance pour nourrir mes enfants. Je risque ma vie pour leur apporter un sac de farine”, raconte Mohamed Abou Jabal, un déplacé palestinien à Beit Lahia (centre), qui a cogné sa tête contre une roue de camion en récupérant un sac de farine.Là, des dizaines de Palestiniens courent derrière un grand camion plateau transportant des sacs de farine et circulant sur une route, selon des images de l’AFP. Des hommes montent à bord et s’emparent de sacs ou se les arrachent dans une scène chaotique.”Nous sommes en train de mourir, ayez pitié de nous, nous voulons manger”, ajoute Mohamed Abou Jabal.”Nous dormons l’estomac vide, nous avons faim! On n’en peut plus”, lance un autre Palestinien un sac de farine sur le dos.- 950 camions d’aide, selon Israël -Mardi, un hôpital de Gaza a affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures.”Alors qu’une famine de masse se propage à Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent”, indiquent dans un communiqué des ONG parmi lesquelles Médecins sans frontières, Médecins du monde, Caritas, Amnesty international ou encore Oxfam international, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture des passages pour l’aide humanitaire.”Juste à l’extérieur de Gaza, dans des entrepôts, et même à l’intérieur, des tonnes de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel d’hébergement et de carburant restent inutilisées, les organisations humanitaires étant empêchées d’y accéder ou de les livrer”, ajoutent-elles.Mais l’armée israélienne nie bloquer les aides. Elle a affirmé mardi que 950 camions transportant de l’aide se trouvaient à Gaza et attendaient que les agences internationales les collectent et distribuent. Les ONG, elles, dénoncent de nombreuses restrictions israéliennes.”Nous n’avons pas identifié de famine à ce stade, mais nous comprenons qu’une action est nécessaire pour stabiliser la situation humanitaire”, a dit un haut responsable israélien de la sécurité non identifié, cité par le quotidien Times of Israel.Israël accuse le Hamas d’exploiter la souffrance de la population civile, notamment en volant la nourriture, ce que le mouvement dément.L’ONU a elle accusé l’armée israélienne d’avoir tué à Gaza depuis fin mai plus de 1.000 personnes qui cherchaient à obtenir de l’aide humanitaire, en grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation  au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël.- Witkoff en Europe -Dans ce contexte, M. Witkoff se rend cette semaine en Europe et pourrait ensuite aller au Moyen-Orient, selon des responsables américains. Son objectif est de parvenir à “un nouveau cessez-le-feu, ainsi qu’à un couloir humanitaire pour l’acheminement de l’aide” à Gaza, d’après le département d’Etat.”La famine frappe à toutes les portes” à Gaza, a affirmé mardi le patron de l’ONU Antonio Guterres.Lancées début juillet, les négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur une trêve n’avancent pas. Israël veut chasser le Hamas de Gaza et prendre le contrôle du territoire. Le Hamas réclame le retrait israélien de Gaza et l’arrêt de la guerre.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée.En riposte, Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne militaire d’envergure à Gaza qui a coûté la vie à 59.106 personnes, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l’ONU.

Plus de 100 ONG mettent en garde contre une “famine de masse” se propageant à Gaza

Plus de 100 ONG ont mis en garde mercredi contre la propagation d’une “famine de masse” dans la bande de Gaza dévastée par plus de 21 mois de guerre, les Etats-Unis annonçant une nouvelle mission de l’émissaire Steve Witkoff pour discuter d’un couloir humanitaire. Dans le même temps, l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements quotidiens à Gaza et dit avoir frappé des dizaines de “cibles terroristes”, la Défense civile du territoire palestinien faisant état de 10 morts. Israël fait face à une pression internationale accrue surtout au sujet du désastre humanitaire à Gaza, où quelque 2,4 millions de Palestiniens sont assiégés depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien.Un blocus total imposé en mars par Israël à Gaza et très partiellement assoupli fin mai a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.”C’est la souffrance pour nourrir mes enfants. Je risque ma vie pour leur apporter un sac de farine”, raconte Mohamed Abou Jabal, un déplacé palestinien à Beit Lahia (centre), qui a cogné sa tête contre une roue de camion en récupérant un sac de farine.Là, des dizaines de Palestiniens courent derrière un grand camion plateau transportant des sacs de farine et circulant sur une route, selon des images de l’AFP. Des hommes montent à bord et s’emparent de sacs ou se les arrachent dans une scène chaotique.”Nous sommes en train de mourir, ayez pitié de nous, nous voulons manger”, ajoute Mohamed Abou Jabal.”Nous dormons l’estomac vide, nous avons faim! On n’en peut plus”, lance un autre Palestinien un sac de farine sur le dos.- 950 camions d’aide, selon Israël -Mardi, un hôpital de Gaza a affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures.”Alors qu’une famine de masse se propage à Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent”, indiquent dans un communiqué des ONG parmi lesquelles Médecins sans frontières, Médecins du monde, Caritas, Amnesty international ou encore Oxfam international, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture des passages pour l’aide humanitaire.”Juste à l’extérieur de Gaza, dans des entrepôts, et même à l’intérieur, des tonnes de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel d’hébergement et de carburant restent inutilisées, les organisations humanitaires étant empêchées d’y accéder ou de les livrer”, ajoutent-elles.Mais l’armée israélienne nie bloquer les aides. Elle a affirmé mardi que 950 camions transportant de l’aide se trouvaient à Gaza et attendaient que les agences internationales les collectent et distribuent. Les ONG, elles, dénoncent de nombreuses restrictions israéliennes.”Nous n’avons pas identifié de famine à ce stade, mais nous comprenons qu’une action est nécessaire pour stabiliser la situation humanitaire”, a dit un haut responsable israélien de la sécurité non identifié, cité par le quotidien Times of Israel.Israël accuse le Hamas d’exploiter la souffrance de la population civile, notamment en volant la nourriture, ce que le mouvement dément.L’ONU a elle accusé l’armée israélienne d’avoir tué à Gaza depuis fin mai plus de 1.000 personnes qui cherchaient à obtenir de l’aide humanitaire, en grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation  au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël.- Witkoff en Europe -Dans ce contexte, M. Witkoff se rend cette semaine en Europe et pourrait ensuite aller au Moyen-Orient, selon des responsables américains. Son objectif est de parvenir à “un nouveau cessez-le-feu, ainsi qu’à un couloir humanitaire pour l’acheminement de l’aide” à Gaza, d’après le département d’Etat.”La famine frappe à toutes les portes” à Gaza, a affirmé mardi le patron de l’ONU Antonio Guterres.Lancées début juillet, les négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur une trêve n’avancent pas. Israël veut chasser le Hamas de Gaza et prendre le contrôle du territoire. Le Hamas réclame le retrait israélien de Gaza et l’arrêt de la guerre.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée.En riposte, Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne militaire d’envergure à Gaza qui a coûté la vie à 59.106 personnes, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l’ONU.

Primas défend la liberté de Retailleau dans un “gouvernement d’assemblage”

La porte-parole du gouvernement Sophie Primas (LR) a défendu mercredi la liberté de Bruno Retailleau dans “un gouvernement d’assemblage” alors que le ministre de l’Intérieur a provoqué la colère du camp présidentiel en décrétant la fin du macronisme. “Nous (Les Républicains) sommes dans ce gouvernement qui est un gouvernement d’assemblage pour trouver une voie pour diriger la France dans l’année et demie qui vient, qui est une période extrêmement délicate d’un point de vue budgétaire et politique”, a déclaré Mme Primas sur TF1.”Le macronisme s’achèvera avec Emmanuel Macron, tout simplement” parce qu’il “n’est ni un mouvement politique, ni une idéologie: il repose essentiellement sur un homme”, avait affirmé le patron des Républicains à l’hebdomadaire ultra-conservateur Valeurs Actuelles.”Ce type de prise de parole, ça sert à faire comprendre aux Français que nous sommes dans un cas de figure d’assemblage entre des partis qui veulent faire avancer la France mais que nous avons chacun nos convictions et que nous ne sommes pas un grand tout”, a insisté Mme Primas. Les Républicains sont “respectueux de toutes les formations politiques” mais “nous avons des convictions qui sont différentes”, a ajouté la ministre qui défend régulièrement la “polyphonie” gouvernementale. “Il n’y a rien de nouveau dans cette interview (…) J’ai l’impression que certains s’étonnent que des ministres de droite soient de droite”, a ironisé le secrétaire général des Républicains Othman Nasrou sur Franceinfo.”Nous avons des divergences avec Renaissance qui sont très importantes”, a-t-il insisté en renvoyant la balle vers Gabriel Attal qui a eu “des mots extrêmement durs envers la droite” qui est “presque une maladie honteuse” pour lui.Plusieurs ministres et figures du camp présidentiel ont vivement critiqué la forme et le fond des propos de M. Retailleau, qui doit par ailleurs rencontrer jeudi Emmanuel Macron à propos de leurs vues divergentes sur l’Algérie.”Agir ensemble exige du respect mutuel”, a ainsi répliqué la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne. “Ce sont des mots inutiles, blessants quand on est membre d’une coalition gouvernementale”, a renchéri sa collègue au Travail Astrid Panosyan-Bouvet sur BFMTV/RMC.Plusieurs macronistes ont demandé au ministre de partir s’il n’était pas content. “Si Bruno Retailleau est mal à l’aise avec le président de la République et son mouvement politique, il peut rendre son poste au gouvernement”, a commenté sur X le député Pieyre-Alexandre Anglade. Sur le fond, Mme Borne a maintenu sur X que le macronisme était “une idéologie ET un parti politique”.Pour le ministre aux Affaires européennes Benjamin Haddad, Bruno Retailleau se trompe car “ce que nous avons construit ces dernières années autour d’Emmanuel Macron n’est pas un accident” et répond “à une aspiration profonde des Français”.

La Cour internationale de justice sur le point de rendre un avis majeur sur le climat

La plus haute juridiction de l’ONU va rendre mercredi un avis consultatif sans précédent sur les obligations légales des Etats pour freiner le changement climatique, avec une question clé: la responsabilité historique des grands pollueurs sera-t-elle engagée?C’est l’affaire la plus importante jamais entendue par la Cour internationale de justice, basée à La Haye, arguent les experts. “Je pense que cela peut réellement changer la donne dans le débat climatique actuel”, estime Ralph Regenvanu, ministre du Changement climatique du Vanuatu, l’archipel du Pacifique dont sont originaires les étudiants à l’origine de la procédure en 2019, depuis propulsée par un vote de l’Assemblée générale des Nations unies.”Cela fait 30 ans que nous subissons cette situation. Cela va changer le narratif, et c’est ce dont on a besoin”, a-t-il déclaré mardi à l’AFP.L’avis que rendront les juges à 15H00 (13H00 GMT), même s’il ne sera que consultatif, pourrait influencer et remodeler la justice climatique en inspirant des lois et des tribunaux dans le monde entier.”Le changement climatique n’est pas qu’un exercice académique… On le vit au quotidien”, a déclaré à l’AFP l’étudiant fidjien Vishal Prasad, 29 ans, qui a lancé la campagne avec d’autres étudiants de l’université du Pacifique Sud, au Vanuatu.L’avis de la CIJ est “potentiellement l’une des décisions juridiques les plus importantes de notre époque”, affirme Joie Chowdhury, avocate principale à l’ONG CIEL, qui soutient la procédure.Les Nations unies ont chargé les 15 juges de la CIJ de répondre à deux questions.Premièrement: quelles obligations les Etats ont-ils en vertu du droit international de protéger la Terre contre les émissions de gaz à effet de serre, majoritairement générées par la combustion du pétrole, du charbon et du gaz, pour les générations présentes et futures? Deuxièmement, quelles sont les conséquences juridiques de ces obligations pour les Etats dont les émissions ont causé des dommages environnementaux, en particulier envers les Etats insulaires vulnérables de faible altitude?La Cour a dû organiser les plus grandes audiences de son histoire, avec plus de 100 nations et groupes prenant la parole, en décembre au Palais de la Paix.Des pays et militants du climat, frustrés par la lenteur des processus de négociations habituels, se tournent de plus en plus vers les tribunaux – nationaux et internationaux – pour forcer entreprises et Etats à agir, avec déjà quelques décisions en leur faveur.Les COP annuelles ont certes permis d’infléchir les prévisions de réchauffement, mais encore très insuffisamment pour tenir l’objectif limite de 2°C, par rapport à l’ère préindustrielle, fixé par l’accord de Paris de 2015. Le monde en est déjà à au moins 1,3°C de réchauffement.- Disparaître sous les vagues -Comme David contre Goliath, le débat a opposé petits pays en développement et économies avancées. Les grands pollueurs, dont les Etats-Unis et l’Inde, ont mis en garde la Cour et défendu le processus politique existant des COP, par la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques – malgré ses insuffisances. Sans compter que les Etats-Unis se retirent justement de l’accord de Paris sous Donald Trump.Les petits pays réclament aussi le paiement de réparations aux pollueurs historiques, une demande inacceptable pour la plupart des pays riches.”Le principe cardinal est clair comme de l’eau de roche. Les Etats responsables sont tenus de réparer intégralement le préjudice qu’ils ont causé”, a déclaré Margaretha Wewerinke-Singh, du Vanuatu.Ces Etats exigent également un calendrier pour l’élimination des combustibles fossiles, des compensations monétaires le cas échéant ainsi que la reconnaissance des torts passés.”Bien que responsable de moins de 0,01% des émissions de gaz à effet de serre, sur la trajectoire actuelle des émissions, Tuvalu disparaîtra complètement sous les vagues qui clapotent sur nos côtes depuis des millénaires”, a déclaré Eselealofa Apinelu, représentant de l’archipel polynésien. Les avis consultatifs de la CIJ ne sont pas contraignants et les détracteurs affirment que les principaux pollueurs l’ignoreront.Mais le droit international se construit avec de tels avis, explique à l’AFP Andrew Raine, du département juridique de l’ONU Environnement. “Ils clarifient la manière dont le droit international s’applique à la crise climatique, ce qui a des répercussions sur les tribunaux nationaux, les processus législatifs et les débats publics.”

La Cour internationale de justice sur le point de rendre un avis majeur sur le climat

La plus haute juridiction de l’ONU va rendre mercredi un avis consultatif sans précédent sur les obligations légales des Etats pour freiner le changement climatique, avec une question clé: la responsabilité historique des grands pollueurs sera-t-elle engagée?C’est l’affaire la plus importante jamais entendue par la Cour internationale de justice, basée à La Haye, arguent les experts. “Je pense que cela peut réellement changer la donne dans le débat climatique actuel”, estime Ralph Regenvanu, ministre du Changement climatique du Vanuatu, l’archipel du Pacifique dont sont originaires les étudiants à l’origine de la procédure en 2019, depuis propulsée par un vote de l’Assemblée générale des Nations unies.”Cela fait 30 ans que nous subissons cette situation. Cela va changer le narratif, et c’est ce dont on a besoin”, a-t-il déclaré mardi à l’AFP.L’avis que rendront les juges à 15H00 (13H00 GMT), même s’il ne sera que consultatif, pourrait influencer et remodeler la justice climatique en inspirant des lois et des tribunaux dans le monde entier.”Le changement climatique n’est pas qu’un exercice académique… On le vit au quotidien”, a déclaré à l’AFP l’étudiant fidjien Vishal Prasad, 29 ans, qui a lancé la campagne avec d’autres étudiants de l’université du Pacifique Sud, au Vanuatu.L’avis de la CIJ est “potentiellement l’une des décisions juridiques les plus importantes de notre époque”, affirme Joie Chowdhury, avocate principale à l’ONG CIEL, qui soutient la procédure.Les Nations unies ont chargé les 15 juges de la CIJ de répondre à deux questions.Premièrement: quelles obligations les Etats ont-ils en vertu du droit international de protéger la Terre contre les émissions de gaz à effet de serre, majoritairement générées par la combustion du pétrole, du charbon et du gaz, pour les générations présentes et futures? Deuxièmement, quelles sont les conséquences juridiques de ces obligations pour les Etats dont les émissions ont causé des dommages environnementaux, en particulier envers les Etats insulaires vulnérables de faible altitude?La Cour a dû organiser les plus grandes audiences de son histoire, avec plus de 100 nations et groupes prenant la parole, en décembre au Palais de la Paix.Des pays et militants du climat, frustrés par la lenteur des processus de négociations habituels, se tournent de plus en plus vers les tribunaux – nationaux et internationaux – pour forcer entreprises et Etats à agir, avec déjà quelques décisions en leur faveur.Les COP annuelles ont certes permis d’infléchir les prévisions de réchauffement, mais encore très insuffisamment pour tenir l’objectif limite de 2°C, par rapport à l’ère préindustrielle, fixé par l’accord de Paris de 2015. Le monde en est déjà à au moins 1,3°C de réchauffement.- Disparaître sous les vagues -Comme David contre Goliath, le débat a opposé petits pays en développement et économies avancées. Les grands pollueurs, dont les Etats-Unis et l’Inde, ont mis en garde la Cour et défendu le processus politique existant des COP, par la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques – malgré ses insuffisances. Sans compter que les Etats-Unis se retirent justement de l’accord de Paris sous Donald Trump.Les petits pays réclament aussi le paiement de réparations aux pollueurs historiques, une demande inacceptable pour la plupart des pays riches.”Le principe cardinal est clair comme de l’eau de roche. Les Etats responsables sont tenus de réparer intégralement le préjudice qu’ils ont causé”, a déclaré Margaretha Wewerinke-Singh, du Vanuatu.Ces Etats exigent également un calendrier pour l’élimination des combustibles fossiles, des compensations monétaires le cas échéant ainsi que la reconnaissance des torts passés.”Bien que responsable de moins de 0,01% des émissions de gaz à effet de serre, sur la trajectoire actuelle des émissions, Tuvalu disparaîtra complètement sous les vagues qui clapotent sur nos côtes depuis des millénaires”, a déclaré Eselealofa Apinelu, représentant de l’archipel polynésien. Les avis consultatifs de la CIJ ne sont pas contraignants et les détracteurs affirment que les principaux pollueurs l’ignoreront.Mais le droit international se construit avec de tels avis, explique à l’AFP Andrew Raine, du département juridique de l’ONU Environnement. “Ils clarifient la manière dont le droit international s’applique à la crise climatique, ce qui a des répercussions sur les tribunaux nationaux, les processus législatifs et les débats publics.”

La Cour internationale de justice sur le point de rendre un avis majeur sur le climat

La plus haute juridiction de l’ONU va rendre mercredi un avis consultatif sans précédent sur les obligations légales des Etats pour freiner le changement climatique, avec une question clé: la responsabilité historique des grands pollueurs sera-t-elle engagée?C’est l’affaire la plus importante jamais entendue par la Cour internationale de justice, basée à La Haye, arguent les experts. “Je pense que cela peut réellement changer la donne dans le débat climatique actuel”, estime Ralph Regenvanu, ministre du Changement climatique du Vanuatu, l’archipel du Pacifique dont sont originaires les étudiants à l’origine de la procédure en 2019, depuis propulsée par un vote de l’Assemblée générale des Nations unies.”Cela fait 30 ans que nous subissons cette situation. Cela va changer le narratif, et c’est ce dont on a besoin”, a-t-il déclaré mardi à l’AFP.L’avis que rendront les juges à 15H00 (13H00 GMT), même s’il ne sera que consultatif, pourrait influencer et remodeler la justice climatique en inspirant des lois et des tribunaux dans le monde entier.”Le changement climatique n’est pas qu’un exercice académique… On le vit au quotidien”, a déclaré à l’AFP l’étudiant fidjien Vishal Prasad, 29 ans, qui a lancé la campagne avec d’autres étudiants de l’université du Pacifique Sud, au Vanuatu.L’avis de la CIJ est “potentiellement l’une des décisions juridiques les plus importantes de notre époque”, affirme Joie Chowdhury, avocate principale à l’ONG CIEL, qui soutient la procédure.Les Nations unies ont chargé les 15 juges de la CIJ de répondre à deux questions.Premièrement: quelles obligations les Etats ont-ils en vertu du droit international de protéger la Terre contre les émissions de gaz à effet de serre, majoritairement générées par la combustion du pétrole, du charbon et du gaz, pour les générations présentes et futures? Deuxièmement, quelles sont les conséquences juridiques de ces obligations pour les Etats dont les émissions ont causé des dommages environnementaux, en particulier envers les Etats insulaires vulnérables de faible altitude?La Cour a dû organiser les plus grandes audiences de son histoire, avec plus de 100 nations et groupes prenant la parole, en décembre au Palais de la Paix.Des pays et militants du climat, frustrés par la lenteur des processus de négociations habituels, se tournent de plus en plus vers les tribunaux – nationaux et internationaux – pour forcer entreprises et Etats à agir, avec déjà quelques décisions en leur faveur.Les COP annuelles ont certes permis d’infléchir les prévisions de réchauffement, mais encore très insuffisamment pour tenir l’objectif limite de 2°C, par rapport à l’ère préindustrielle, fixé par l’accord de Paris de 2015. Le monde en est déjà à au moins 1,3°C de réchauffement.- Disparaître sous les vagues -Comme David contre Goliath, le débat a opposé petits pays en développement et économies avancées. Les grands pollueurs, dont les Etats-Unis et l’Inde, ont mis en garde la Cour et défendu le processus politique existant des COP, par la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques – malgré ses insuffisances. Sans compter que les Etats-Unis se retirent justement de l’accord de Paris sous Donald Trump.Les petits pays réclament aussi le paiement de réparations aux pollueurs historiques, une demande inacceptable pour la plupart des pays riches.”Le principe cardinal est clair comme de l’eau de roche. Les Etats responsables sont tenus de réparer intégralement le préjudice qu’ils ont causé”, a déclaré Margaretha Wewerinke-Singh, du Vanuatu.Ces Etats exigent également un calendrier pour l’élimination des combustibles fossiles, des compensations monétaires le cas échéant ainsi que la reconnaissance des torts passés.”Bien que responsable de moins de 0,01% des émissions de gaz à effet de serre, sur la trajectoire actuelle des émissions, Tuvalu disparaîtra complètement sous les vagues qui clapotent sur nos côtes depuis des millénaires”, a déclaré Eselealofa Apinelu, représentant de l’archipel polynésien. Les avis consultatifs de la CIJ ne sont pas contraignants et les détracteurs affirment que les principaux pollueurs l’ignoreront.Mais le droit international se construit avec de tels avis, explique à l’AFP Andrew Raine, du département juridique de l’ONU Environnement. “Ils clarifient la manière dont le droit international s’applique à la crise climatique, ce qui a des répercussions sur les tribunaux nationaux, les processus législatifs et les débats publics.”