Ligue 1: à Lens, des retards à l’allumage coupables

Battu à Marseille la semaine dernière, Lens a pâti d’une mauvaise entame, fâcheuse tendance apparue ces dernières semaines qu’il voudra effacer dès vendredi (20h45) à domicile contre Le Havre lors de la 20e journée de Ligue 1.Les avertissements auront donc été vains. Après plusieurs matchs débutés trop timidement mais sans conséquence à Sochaux en Coupe de France et contre Auxerre en championnat, les Sang et Or ont été punis par Marseille (3-1).Samedi dernier, lors du tant attendu duel entre les deux équipes qui suivent le Paris Saint-Germain, premier, les Lensois ont perdu le match dans le premier quart d’heure en encaissant deux buts.”On n’était pas vraiment dans les duels, concède Mamadou Sangaré. Dans ce genre de match, il faut vraiment l’être. Les 20-25 dernières minutes, on a bien réussi à maîtriser cet aspect-là, mais ce n’était pas assez pour remporter la victoire.”Dès la fin du match, son partenaire du milieu de terrain Adrien Thomasson regrettait le “manque d’agressivité” global.Cette défaite a coûté la première place aux joueurs de l’Artois mais ne remet pas en cause leur saison magnifique: ils sont deuxièmes (43 points) avant de recevoir Le Havre, mal classé (15e, 20 pts), ce qui leur offre une chance de se relancer immédiatement.À condition de réussir leurs premières minutes et résoudre un problème déjà identifié par Pierre Sage ces dernières semaines.”Ça met du sens derrière des choses qu’on envisageait négativement envers l’équipe, et aujourd’hui, on sait qu’on doit progresser dans ce domaine, commente l’entraîneur. On a déjà évoqué des solutions possibles mais visiblement leur mise en pratique n’a pas été assez efficace pour que cela ait des effets sur notre début de match.”- L’absence de Baidoo préjudiciable -Les changements contraints par l’absence du roc Samson Baidoo ont aussi expliqué les atermoiements de la défense face au club phocéen.”C’est un problème de coordination, de confiance, de repères, il y a plusieurs paramètres qui influencent notre début de match”, précise Sage.Mais avec une semaine d’entraînement supplémentaire, les Artésiens doivent avoir appris à se passer du jeune Autrichien, pas non plus disponible face au Havre.En son absence, Sage reconduira-t-il Malang Sarr dans l’axe avec à sa gauche Matthieu Udol et Ruben Aguilar un cran plus haut?Quoi qu’il en soit, l’aspect physique importera tout autant si ce n’est davantage que l’aspect tactique, pour une équipe qui a notamment construit son succès sur une pression constante sur l’adversaire, une intensité supérieure dans les duels, et un mouvement collectif sans ballon très coordonné.”On a complètement bousculé notre organisation, et surtout on n’a pas appliqué des principes de jeu qui étaient les nôtres, analyse Pierre Sage. L’association de ces deux déficits fait que l’adversaire en profite. La leçon est importante: on ne peut pas se renier autant et il faut croire en nos principes.”Pour faire de la défaite à Marseille un simple accident de parcours et non un essoufflement dans le temps.

Trump nominates former US Fed official as next central bank chief

US President Donald Trump announced Friday that he is nominating Kevin Warsh, a former Federal Reserve governor, to be the next US central bank chief.Trump’s decision caps a closely watched search for a successor to Fed Chair Jerome Powell, whom the president has repeatedly lambasted for not cutting interest rates more swiftly.”I have known Kevin for a long period of time, and have no doubt that he will go down as one of the GREAT Fed Chairmen, maybe the best,” Trump wrote on his Truth Social platform.”On top of everything else, he is ‘central casting,’ and he will never let you down,” Trump added.Powell’s term at the helm ends in May, although it remains to be seen if he will also step down from the Fed’s powerful board of governors.The president’s selection ends a race that had narrowed to four contenders — Warsh; current Fed governor Christopher Waller; Rick Rieder of BlackRock; and Trump’s top economic adviser Kevin Hassett.Trump said in separate social media posts that he did not pick Hassett, who heads the White House National Economic Council, as Hassett was “indescribably good” in his current role. Waller and Rieder would “all would have been outstanding” too, he said.- Senate hurdle -Warsh will need to be confirmed by the US Senate, facing questions by lawmakers on both sides of the aisle amid growing concerns about threats to the Fed’s insulation from politics.Trump’s recent attempt to oust another Fed Governor, Lisa Cook, and his administration’s investigation into Powell over renovation costs at the bank, have sparked worries about Fed independence.If independence were eroded, this could have ramifications for the world’s biggest economy, experts warn.Warsh must now get through a Senate Banking Committee hearing, “maintaining the confidence of both markets and the president in the process,” said economist Samuel Tombs of Pantheon Macroeconomics.After which, Warsh must pass a confirmation vote in the Senate with a simple majority.But Republican Thom Tillis, who sits on the banking committee, has vowed to oppose the confirmation of any Fed nominee — including the next chairman — until the probe against Powell is resolved.The top Democrat on the panel, Senator Elizabeth Warren, warned Friday that Warsh’s nomination “is the latest step in Trump’s attempt to seize control of the Fed,” urging Republicans to also block it.Although Trump’s Republican party holds a Senate majority, some lawmakers’ concerns about the Powell investigation have cast doubt on how smooth-sailing the confirmation process would be.- Economic challenges -Warsh, who is from New York, has recently stepped up his criticism of the Fed, endorsing many of the policy positions of Trump and his administration.He used to be a mergers and acquisitions banker at Morgan Stanley, and is currently a visiting fellow at the Hoover Institution.In Trump’s first term, the president considered Warsh for the Fed chair position as well — replacing Janet Yellen — but eventually chose Powell.As Trump continues to call for lower interest rates to boost the economy, all eyes will be on how Warsh defends the bank’s independence in the face of politics.The next Fed chairman will need to convince markets and policymakers that he is upholding the bank’s dual mandate of stable prices and low unemployment independently of political pressure.Even without Trump’s pressure, the Fed’s job has become increasingly challenging as US tariffs over the past year have fueled worries of stubborn inflation, while the employment market has cooled.The situation leaves Fed policymakers walking a tightrope as they adjust interest rates, deciding if they should keep levels higher to curb inflation or lower them to shore up the economy.With the labor market likely deteriorating in the coming months and inflation expected to tick down, the next Fed chief could “uncontroversially to reduce rates,” Tombs said.But he added that the jury is still out on whether Warsh will “pander to the president” if persistent inflation called for higher interest rates.

Trump choisit un critique de la Fed, Kevin Warsh, pour présider la banque centrale

Donald Trump a finalement choisi vendredi de lancer Kevin Warsh à l’assaut de la présidence de Réserve fédérale (Fed), un habitué des milieux d’affaires qui a passé les derniers mois à critiquer l’institution dont il a été l’un des gouverneurs.Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.Le mandat de l’actuel chef de la Fed, Jerome Powell, arrive à échéance en mai.”Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut‑être le meilleur. Par‑dessus tout, il a +tout du premier rôle+, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin!”, a écrit le président sur sa plateforme Truth Social.Son message a été envoyé au petit matin pour les Etats-Unis. Wall Street accueillait sereinement, sans réaction notable, son choix dans les échanges avant l’ouverture.Après l’annonce, Samuel Tombs, du cabinet Pantheon Macroeconomics, conseillait de ne pas tirer de conclusion hâtive concernant l’impact de cette nomination sur la politique monétaire.”On ne sait pas avec certitude comment M. Warsh votera. Il est raisonnable de supposer qu’il a dit au président qu’il était favorable à une baisse des taux d’intérêt aujourd’hui, sinon il n’aurait pas été nommé. (…) Mais les instincts +faucons+ de M. Warsh pourraient refaire surface une fois qu’il aura obtenu la présidence”, souligne dans une note le spécialiste de l’économie américaine.Dans le jargon des banques centrales, un “faucon” désigne un responsable très attaché à la lutte contre l’inflation et se méfie des taux bas – M. Warsh était classé dans cette catégorie du temps où il était gouverneur (2006-2011).Kevin Warsh est bien connu des milieux financiers pour avoir notamment été un des dirigeants la banque Morgan Stanley. Il faisait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018, lorsque Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell – choix sur lequel le chef de l’Etat n’a ensuite cessé de se lamenter.- L’enjeu de l’indépendance -Le président américain assume attendre du prochain chef de la Fed qu’il partage ses vues sur la politique monétaire.Il a répété jeudi que les taux d’intérêt étaient pour lui “trop élevés, intolérablement trop élevés”.Sauf que l’interventionnisme de Donald Trump risque de rendre son candidat suspect aux yeux des investisseurs.La révélation par Jerome Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques, qui y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.Des élus républicains en ont aussi pris ombrage et dit qu’ils ne confirmeraient aucune nomination à la Fed tant que la procédure ne serait pas classée.- Critique de l’institution -Donald Trump avait laissé entendre en décembre qu’il envisageait de nommer son conseiller économique Kevin Hassett, avant de faire marche arrière.Dans un autre message sur Truth Social vendredi matin, il a expliqué que M. Hassett aurait fait un “excellent président” de la Fed mais que ses talents lui étaient indispensables à la Maison Blanche.C’est le président républicain George W. Bush qui avait fait de Kevin Warsh le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale – il avait alors 35 ans.Il aurait pu rester plus longtemps en poste, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de l’exceptionnelle politique monétaire accommodante adoptée pour soutenir la reprise après la crise de 2008-09.Cette étiquette de “faucon” pesait en sa défaveur aux yeux de l’exécutif actuel. Mais il a passé l’année 2025 à envoyer des signaux à la Maison Blanche en plaidant pour des diminutions de taux et en critiquant l’institution monétaire.Sitôt après l’annonce, un commentateur de la chaine économique américaine CNBC a relevé un possible autre atout de Kevin Warsh aux yeux d’un président aimant s’entourer de personnes télégéniques: “Il a de beaux cheveux.”

Israel to partially reopen Gaza’s Rafah crossing on Sunday

Israel announced it would reopen the crucial Rafah crossing between Gaza and Egypt on Sunday after months of urging from the UN, humanitarian organisations and ordinary Palestinians — but only for the “limited movement of people”.Earlier on Friday, the Islamist movement Hamas had called for the “immediate transition to the second phase” of the ongoing US-brokered truce in Gaza, namely its provision for the reopening of Rafah, as well as the entry of a technocratic Palestinian committee to administer the territory.Israel had previously expressed its unwillingness to reopen the gateway until getting back the remains of Ran Gvili, the last hostage to be held in Gaza, who was recovered earlier this week and laid to rest in Israel on Wednesday.”The Rafah Crossing will open this coming Sunday (February 1st) in both directions, for limited movement of people only,” COGAT, an Israeli defence ministry body overseeing civil affairs in the occupied Palestinian territories, said in a statement on Friday.Entry and exit “will be permitted in coordination with Egypt, following prior security clearance of individuals by Israel, and under the supervision of the European Union mission”, it added.The crossing, situated on the territory’s southern border with Egypt, is the only route in and out of Gaza that does not pass through Israel.It lies in territory held by Israeli forces since their pull-back behind the so-called “Yellow Line” under the terms of the ceasefire deal. Israeli troops still control more than half of Gaza.The gateway is a vital entry point for aid, but has been closed since Israeli forces took control of it in May 2024 — except for a limited reopening in early 2025 — and past bids to reopen it have failed to materialise.The fragile Gaza ceasefire has been in force since October 10.The plan, outlined by US president Donald Trump to put an end to the war, calls for the crossing to be reopened now that all hostages held by Palestinian militants have been released or returned to Israel.Prior to Israel’s announcement, Mirjana Spoljaric, the president of the International Committee of the Red Cross, had called on Friday for the international community “harness the momentum generated by the first phase of the agreement between Israel and Hamas to urgently improve the dire humanitarian conditions in Gaza”.Spoljaric said this included Israel easing entry restrictions on so-called dual-use material and equipment, such as water pipes and generators, to restore basic infrastructure.The humanitarian situation in the territory of more than two million people remains grave, with most of the population displaced and many living in tents with little or no sanitation amid harsh winter weather.- Disarmament -Phase two of the ceasefire deal also stipulates the disarmament of Hamas, which has repeatedly called the issue of its weapons a red line, though it has suggested it could be willing to hand them over to a Palestinian governing authority.In return, Israel’s military is meant to gradually withdraw, with an international stabilisation force deployed in its stead.On Thursday, US President Donald Trump told his cabinet that “it looks like” Hamas would disarm, though the group has offered no confirmation.Washington had previously announced that the truce deal was entering its second phase with the naming of the Palestinian technocratic committee that will oversee day-to-day governance in the devastated territory.The reopening of Rafah is expected to allow the entry of the 15-member body, known as the National Committee for the Administration of Gaza, which answers to Trump’s “Board of Peace”.Since the ceasefire went into effect, Israel and Hamas have traded accusations of violations on a daily basis.The Israeli military said on Friday that it had identified “eight terrorists” who emerged from underground overnight, and that the air force had “struck and eliminated three” of them.Without providing information on the identities of the targets, it added that further strikes were launched and that “soldiers continue to conduct searches in the area in order to locate and eliminate all the terrorists”.The Gaza war was sparked by Hamas’s October 7, 2023 attack on Israel, which resulted in the deaths of 1,221 people, according to an AFP tally based on official Israeli figures.The Israeli retaliation flattened much of Gaza, a territory that was already suffering severely from previous rounds of fighting and from an Israeli blockade imposed since 2007.The two-year war has left more than 71,600 people dead in Gaza, according to the Hamas-run territory’s health ministry, figures considered reliable by the United Nations.

Budget: un ultime 49.3 dégainé en 13 secondes, épilogue lundi

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé vendredi pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.”La France doit avoir un budget. Et donc, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du PLF (projet de loi de finances, ndlr) pour 2026, sur la base de l’article 49 de la Constitution”, s’est contenté de déclarer, en 13 secondes chrono, devant l’Assemblée nationale le chef du gouvernement qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS.Dans la foulée, La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de censure, qui devrait être examinée et rejetée lundi faute du soutien de la droite et des socialistes, tout comme une autre motion du Rassemblement national et son allié UDR.Selon le président de la commission des Finances Éric Coquerel (LFI), ces motions de censure seront examinées lundi à 17H00 – et non mardi comme il le demandait pour permettre à tous les députés de revenir à Paris. Autre critique sur la forme de l’écologiste Arnaud Bonnet, “le Premier ministre n’a même pas attendu que les membres de la commission des Finances”, qui venaient de rejeter une ultime fois ce budget, “arrivent dans l’hémicycle que le 49.3 était déjà prononcé”. Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. – Matelas confortable -Sauf immense surprise, les motions de censure seront rejetées comme les deux précédentes, le gouvernement disposant d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.”Le groupe socialiste a serré la vis (aux députés qui voudraient voter la censure) et est maintenant dans un soutien sans participation au gouvernement”, a déploré M. Coquerel.”C’est la dernière chance que peuvent avoir les députés LR et socialistes de sanctionner ce gouvernement”, a lancé Sébastien Chenu (RN).Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’État.Après ce dernier 49.3, Sébastien Lecornu effectuait un déplacement vendredi après-midi dans le village de Baigneaux, en Eure-et-Loir, dans la Beauce, pour valoriser l’agriculture locale et diversifiée. Pour promouvoir les “contrats d’avenir” réclamés par le syndicat des Jeunes agriculteurs, pour les aider à diversifier leurs productions notamment face au changement climatique, il doit visiter une exploitation qui s’est mise à faire des amandes en plus des céréales.Confronté à la colère des agriculteurs, le Premier ministre avait promis le 13 janvier un projet de “loi d’urgence” sur la politique de l’eau, la “prédation” du loup et les “moyens de production”. – “Texte utile” mais “imparfait” -S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Initialement, l’exécutif visait 4,7%. Mais, selon le rapporteur Philippe Juvin (LR), le budget de l’Etat a dû d’une part “assumer les décisions prises au niveau du budget de la Sécurité sociale”, avec notamment la suspension de la réforme des retraites, qui s’est traduite par “une hausse du déficit de 0,3 point de PIB”. D’autre part, a-t-il regretté, l’effort des collectivités locales “a été réduit de moitié” à la demande du Sénat. Le texte prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité.Le bloc central et la droite ne sont pas plus satisfaits de ce budget que le RN et LFI mais M. Juvin s’est félicité “d’avoir évité de graves écueils” au niveau fiscal, comme “la remise en cause du pacte Dutreil” sur la transmission d’entreprises et “une fiscalité supplémentaire pour les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire)”.ama-are-far-lak/lum/hr/dch   

Budget: un ultime 49.3 dégainé en 13 secondes, épilogue lundi

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé vendredi pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.”La France doit avoir un budget. Et donc, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du PLF (projet de loi de finances, ndlr) pour 2026, sur la base de l’article 49 de la Constitution”, s’est contenté de déclarer, en 13 secondes chrono, devant l’Assemblée nationale le chef du gouvernement qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS.Dans la foulée, La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de censure, qui devrait être examinée et rejetée lundi faute du soutien de la droite et des socialistes, tout comme une autre motion du Rassemblement national et son allié UDR.Selon le président de la commission des Finances Éric Coquerel (LFI), ces motions de censure seront examinées lundi à 17H00 – et non mardi comme il le demandait pour permettre à tous les députés de revenir à Paris. Autre critique sur la forme de l’écologiste Arnaud Bonnet, “le Premier ministre n’a même pas attendu que les membres de la commission des Finances”, qui venaient de rejeter une ultime fois ce budget, “arrivent dans l’hémicycle que le 49.3 était déjà prononcé”. Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. – Matelas confortable -Sauf immense surprise, les motions de censure seront rejetées comme les deux précédentes, le gouvernement disposant d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.”Le groupe socialiste a serré la vis (aux députés qui voudraient voter la censure) et est maintenant dans un soutien sans participation au gouvernement”, a déploré M. Coquerel.”C’est la dernière chance que peuvent avoir les députés LR et socialistes de sanctionner ce gouvernement”, a lancé Sébastien Chenu (RN).Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’État.Après ce dernier 49.3, Sébastien Lecornu effectuait un déplacement vendredi après-midi dans le village de Baigneaux, en Eure-et-Loir, dans la Beauce, pour valoriser l’agriculture locale et diversifiée. Pour promouvoir les “contrats d’avenir” réclamés par le syndicat des Jeunes agriculteurs, pour les aider à diversifier leurs productions notamment face au changement climatique, il doit visiter une exploitation qui s’est mise à faire des amandes en plus des céréales.Confronté à la colère des agriculteurs, le Premier ministre avait promis le 13 janvier un projet de “loi d’urgence” sur la politique de l’eau, la “prédation” du loup et les “moyens de production”. – “Texte utile” mais “imparfait” -S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Initialement, l’exécutif visait 4,7%. Mais, selon le rapporteur Philippe Juvin (LR), le budget de l’Etat a dû d’une part “assumer les décisions prises au niveau du budget de la Sécurité sociale”, avec notamment la suspension de la réforme des retraites, qui s’est traduite par “une hausse du déficit de 0,3 point de PIB”. D’autre part, a-t-il regretté, l’effort des collectivités locales “a été réduit de moitié” à la demande du Sénat. Le texte prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité.Le bloc central et la droite ne sont pas plus satisfaits de ce budget que le RN et LFI mais M. Juvin s’est félicité “d’avoir évité de graves écueils” au niveau fiscal, comme “la remise en cause du pacte Dutreil” sur la transmission d’entreprises et “une fiscalité supplémentaire pour les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire)”.ama-are-far-lak/lum/hr/dch