Iran: le guide suprême veut “briser le dos des séditieux” qu’il accuse d’avoir tué des “milliers” de personnes

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a estimé samedi que les autorités devaient “briser le dos des séditieux”, qu’il a accusés d’avoir tué des “milliers de personnes” dans la vague de contestation brutalement réprimée dans le pays. La vague de protestation a pour l’instant été étouffée par une répression qui a fait des milliers de morts parmi les manifestants, avaient estimé vendredi des experts et des ONG.Les autorités, qui affirment que le calme règne désormais, ont décidé de rouvrir dimanche, jour ouvrable dans le pays, les écoles de Téhéran et d’autres villes, fermées depuis le 10 janvier, a indiqué l’agence de presse iranienne Isna. Le mouvement a été déclenché le 28 décembre à Téhéran par des commerçants contre le coût de la vie avant de prendre une ampleur majeure le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique en place depuis 1979.Le pouvoir a alors imposé une coupure d’Internet –toujours en vigueur– d’une durée sans précédent, pour cacher la “brutalité” de la répression, selon des groupes de défense des droits humains.Les médias proches du pouvoir font état de milliers d’arrestations, la justice promettant un châtiment rapide pour les personnes impliquées dans des violences. “La nation iranienne doit briser le dos des séditieux, tout comme elle a brisé le dos de la sédition”, a déclaré l’ayatollah Khamenei lors d’une cérémonie religieuse retransmise par la télévision nationale. “Ils ont assassiné plusieurs milliers de personnes (…) certaines d’entre elles avec la plus grande inhumanité, avec une pure sauvagerie”, a-t-il ajouté.Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, n’avait jusque-là fait état que de “centaines de morts”, les autorités recensant des dizaines de membres des forces de sécurité tués. – “Nous ne les épargnerons pas” -“Nous n’avons pas l’intention de mener le pays à la guerre, mais nous n’épargnerons pas les criminels nationaux”, pas plus que “les criminels internationaux”, a encore martelé Ali Khamenei, imputant à Donald Trump la responsabilité des violences et dénonçant un “complot américain”. Le président américain avait multiplié les menaces d’intervention militaire face à la répression, avant d’affirmer mercredi avoir été informé “par des sources très importantes” que “les tueries (avaient) pris fin”.”Il est temps de chercher un nouveau dirigeant en Iran”, a rétorqué M. Trump auprès du site Politico. “Cet homme est un homme malade qui devrait diriger son pays correctement et cesser de tuer des gens”. Il avait remercié vendredi le gouvernement iranien d’avoir annulé, selon lui, “toutes les pendaisons prévues” de contestataires. Donald Trump “dit toujours n’importe quoi”, a réagi sur la télévision d’Etat le procureur de Téhéran, Ali Salehi, faisant état d’une réponse gouvernementale “ferme, dissuasive et rapide”. Les autorités ont annoncé samedi avoir identifié 35 membres de la minorité bahaïe –dont 12 ont été arrêtés– actifs selon elles “dans les émeutes”. Cette minorité religieuse non musulmane, la plus grande d’Iran, est régulièrement prise pour cible par la République islamique, qui l’accuse d'”espionnage” lié à Israël. Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah d’Iran qui vit aux Etats-Unis, a appelé vendredi les Iraniens à manifester à nouveau ce week-end dans la soirée. – Inquiétudes sur le bilan humain – L’inquiétude grandit sur l’ampleur de la répression, la vérification des chiffres restant entravée par les restrictions drastiques des communications. “La connectivité Internet reste au point mort en Iran malgré une brève amélioration temporaire plus tôt dans la journée”, a indiqué dans la soirée l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. Des Iraniens ont rapporté samedi avoir pu envoyer de nouveau des SMS dans et hors du pays, mais sans pouvoir en recevoir de l’étranger. L’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, dit avoir reçu “des témoignages directs horrifiants” faisant état de “manifestants abattus alors qu’ils tentaient de fuir, de l’utilisation d’armes de guerre et de l’exécution en pleine rue de manifestants blessés”.”Toutes les dix minutes, on entendait une série de coups de feu”, raconte à l’AFP Kaveh (prénom modifié) désormais au Royaume-Uni, relatant une manifestation à laquelle il a participé le 9 janvier à Téhéran. Mais “les gens ne se dispersaient pas”, alors que d’habitude ils le font “après des coups de feu”. Dans le pays, “tout le monde connaît au moins une personne qui a été tuée”, dit Saleh Alavizadeh, acteur et réalisateur iranien actuellement en France, confiant en connaître personnellement deux. Selon l’IHR, 3.428 manifestants ont été tués par les forces de sécurité, mais l’ONG souligne que le bilan pourrait être bien plus lourd.D’autres estimations font état de plus de 5.000 morts, voire jusqu’à 20.000, selon l’IHR.  La chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, a annoncé qu’au moins 12.000 personnes avaient été tuées, citant hauts responsables gouvernementaux et sources sécuritaires.En France, plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux membres de la diaspora, ont manifesté samedi en soutien aux Iraniens. “Ni chah, ni mollahs, l’Iran vivra”, a scandé la foule à Paris, sous des drapeaux iraniens et des portraits de jeunes gens tués.

Syria army extends control over north Syria area as Kurds report clashes

Syria’s army took control of swathes of the country’s north on Saturday, dislodging Kurdish forces from territory over which they held effective autonomy for over a decade.The government appeared to be seeking to extend its grip on parts of the country under Kurdish control a day after President Ahmed al-Sharaa issued a decree declaring Kurdish a “national language” and granting the minority official recognition.The Kurds have said the move fell short of their aspirations.The army drove Kurdish forces from two Aleppo neighbourhoods last week and took control of an area east of the city on Saturday, after implementation stalled on a March deal that was supposed to see Kurdish forces integrated into the state.Later on Saturday, the Syrian army said it had “begun entering the city of Tabqa via various axes, in parallel with encircling the PKK terrorist militias inside Tabqa military airport”, according to the official SANA news agency. Authorities had earlier announced they had seized two oil fields near the city of Tabqa in Raqa province.An AFP correspondent in Deir Hafer, some 50 kilometres (30 miles) east of Aleppo city, saw several fighters from the Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF) leaving the town and residents returning under heavy army presence.Syria’s army said four soldiers had been killed, while Kurdish forces reported several fighters dead, as both sides traded blame for violating the withdrawal deal. Kurdish authorities ordered a curfew in the Raqa region after the army designated a swathe of territory southwest of the Euphrates River a “closed military zone” and warned it would target what it said were several military sites.- ‘Betrayed’ -SDF chief Mazloum Abdi on Friday had committed to redeploying his forces from outside Aleppo to east of the Euphrates. But the SDF said Saturday that Damascus “violated the recent agreements and betrayed our forces during the implementation of the withdrawal provisions”.It said Kurdish forces were clashing with troops in an area south of Tabqa, “which was outside the scope of the agreement”.The army meanwhile urged the SDF leadership to “immediately fulfil its announced commitments and fully withdraw to the east of the Euphrates River”.The SDF controls swathes of Syria’s oil-rich north and northeast, much of which it captured during the country’s civil war and the fight against the Islamic State group over the past decade.US envoy Tom Barrack met Syrian Kurdish leader Abdi in Erbil on Saturday, the presidency of Iraq’s autonomous Kurdistan region said in a statement.The United States for years has supported the Kurds but also backs Syria’s new authorities.The US Central Command on Saturday urged “Syrian government forces to cease any offensive actions in the areas between Aleppo and al-Tabqa”, in a post on X.France’s President Emmanuel Macron and the president of Iraqi Kurdistan, Nechirvan Barzani, called for deescalation and a ceasefire, the French presidency said.- Presidential decree -Sharaa’s announcement on Friday was the first formal recognition of Kurdish rights since Syria’s independence in 1946.The decree stated that Kurds are “an essential and integral part” of Syria, where they have suffered decades of marginalisation and oppression under former rulers.It made Kurdish a “national language” and granted nationality to all Kurds, 20 percent of whom had been stripped of it under a controversial 1962 census.The Kurdish administration in Syria’s northeast said the decree was “a first step” but “does not satisfy the aspirations and hopes of the Syrian people”.”Rights are not protected by temporary decrees, but… through permanent constitutions that express the will of the people and all components” of society, it said in a statement.In Qamishli, the main Kurdish city in the country’s northeast, Shebal Ali, 35, told AFP that “we want constitutional recognition of the Kurdish people’s rights”.Yara, 42, a Kurdish artist in Damascus who declined to provide her full name, said the government needed to “provide guarantees to earn the Kurds’ confidence”.Nanar Hawach, senior Syria analyst at the International Crisis Group, told AFP that the decree “offers cultural concessions while consolidating military control”.”It does not address the northeast’s calls for self-governance,” he told AFP, adding that “Sharaa is comfortable granting cultural rights, but draws the line at power-sharing”.He said Damascus appeared to be seeking “to drive a wedge between Kurdish civilians and the armed forces that have governed them for a decade”.strs-lg/jsa/amj

Israel objects to line-up of Trump panel for post-war Gaza

Israel said on Saturday it objected to the line-up of a Gaza panel that will operate under US President Donald Trump’s Board of Peace, which oversees post-war governance in the Palestinian territory.The panel, known as the Gaza executive board, notably includes Turkish Foreign Minister Hakan Fidan and a Qatari official and was announced by the White House on Friday.The Board of Peace began to take shape on Saturday as the leaders of Egypt, Turkey, Argentina and Canada were asked to join. Trump had already declared himself the chair of the body, as he promotes a controversial vision of economic development in the Palestinian territory, much of which was reduced to rubble during two years of relentless Israeli bombardment.The US president also named to the Board of Peace his Secretary of State Marco Rubio, former British prime minister Tony Blair, and senior negotiators Jared Kushner and Steve Witkoff — most of whom are also on the Gaza executive board. On Saturday, the office of Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu said: “The announcement regarding the composition of the Gaza Executive Board, which is subordinate to the Board of Peace, was not coordinated with Israel and runs contrary to its policy.””The Prime Minister has instructed the Foreign Affairs Minister to contact the US Secretary of State on this matter.”The moves came after the Palestinian committee of technocrats tasked with governing Gaza under the oversight of the Board of Peace began held its first meeting in Cairo, attended by Kushner.- Worldwide invites – In Canada, a senior aide to Prime Minister Mark Carney said he intended to accept Trump’s invitation, while in Turkey, a spokesman for President Recep Tayyip Erdogan said he had been asked to become a “founding member” of the board.Egypt’s Foreign Minister Badr Abdelatty said Cairo was “studying” a request for President Abdel Fattah al-Sisi to join.Sharing an image of the invitation letter, Argentine President Javier Milei wrote on X that it would be “an honor” to participate in the initiative.In a statement sent to AFP, Blair said: “I thank President Trump for his leadership in establishing the Board of Peace and am honored to be appointed to its Executive Board.”Blair is a controversial figure in the Middle East because of his role in the 2003 invasion of Iraq. Trump himself said last year that he wanted to make sure Blair was an “acceptable choice to everybody”.Blair spent years focused on the Israeli-Palestinian issue as representative of the “Middle East Quartet” — the United Nations, European Union, United States and Russia — after leaving Downing Street in 2007.The White House said the Board of Peace will take on issues such as “governance capacity-building, regional relations, reconstruction, investment attraction, large-scale funding and capital mobilization”.The other members of the board so far are World Bank President Ajay Banga, an Indian-born American businessman; billionaire US financier Marc Rowan; and Robert Gabriel, a loyal Trump aide who serves on the US National Security Council.On Saturday, the Palestinian militant group Islamic Jihad criticised the composition of the Board of Peace, saying it served Israel’s interests.The board “came in accordance with Israeli criteria and to serve the interests of the occupation”, the group said in a statement.- Israeli strikes -Washington has said the Gaza plan had gone on to a second phase — from implementing the ceasefire to disarming Hamas, whose October 2023 attack on Israel prompted the massive Israeli offensive.On Friday, Trump named US Major General Jasper Jeffers to head the International Stabilization Force, which will be tasked with providing security in Gaza and training a new police force to succeed Hamas.Jeffers, from special operations in US Central Command, in late 2024 was put in charge of monitoring a ceasefire between Lebanon and Israel, which has continued periodic strikes aimed at Hezbollah militants.Gaza native and former Palestinian Authority deputy minister Ali Shaath was earlier tapped to head the governing committee.Trump, a real estate developer, has previously mused about turning devastated Gaza into a Riviera-style area of resorts, although he has backed away from calls to forcibly displace the population.burs-mib/amj/jsa

Trump attaque les Européens sur le Groenland

Dans un message agressif, Donald Trump a accusé samedi huit pays européens alliés de jouer à “un jeu très dangereux” au Groenland, et les a menacés de nouveaux droits de douane, une escalade sans précédent pour s’emparer de l’immense territoire autonome danois.”Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland dans un but inconnu. (…) Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable”, a écrit le président américain sur Truth Social, en référence à l’envoi de militaires européens sur place.”Après des siècles, il est temps pour le Danemark de le rendre – la paix mondiale est en jeu!”, a-t-il encore tonné.Il a menacé ces pays de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu'”un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland”. Cette surtaxe, de 10%, sera effective à partir du 1er février et pourrait s’envoler à 25% au 1er juin, a affirmé Donald Trump.Les dirigeants européens ont immédiatement fustigé l’annonce américaine. Des “menaces tarifaires inacceptables”, a dénoncé Emmanuel Macron, promettant une réponse “unie” de la part des Européens.”Nous ne nous laisserons pas intimider”, a abondé le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, jugeant que “seuls le Danemark et le Groenland décident des questions qui les concernent”. Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen s’est dit lui “surpris” par les annonces de Donald Trump.- Crise -Il s’agit d’une crise inédite pour l’Otan puisque les Etats-Unis, piliers de l’alliance, menacent leurs alliés de sanctions pour s’emparer d’un territoire rattaché à l’un de leurs partenaires, le Danemark, pays souverain et démocratique.Depuis son retour au pouvoir, le président américain parle régulièrement de prendre le contrôle de l’immense île arctique rattachée au Danemark.Il a assuré qu’il s’en emparerait “d’une manière ou d’une autre”, avançant qu’une telle acquisition est nécessaire pour faire pièce aux avancées russes et chinoises en Arctique.Donald Trump s’est néanmoins dit “ouvert immédiatement à des négociations avec le Danemark et/ou” les autres pays européens qu’il accuse de prendre “tant de risques”.- “Pas à vendre” -Au Danemark et au Groenland, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés samedi pour dénoncer ces ambitions territoriales.Dans le centre de Nuuk, la capitale du Groenland, les protestataires se sont retrouvés sous une pluie fine, arborant des casquettes estampillées “Make America Go Away” (“Faites Partir les Etats-Unis”, détournement du slogan MAGA) et chantant des chants traditionnels inuits, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.A Copenhague, une marée humaine rouge et blanche, aux couleurs des drapeaux groenlandais et danois, s’est rendue devant l’ambassade américaine, scandant le nom du Groenland en groenlandais: “Kalaallit Nunaat!””Le Groenland n’est pas à vendre”, ont scandé des manifestants.”On ne peut pas être intimidé par un État, par un allié. C’est une question de droit international”, a expliqué à l’AFP Kirsten Hjoernholm, 52 ans, employée de l’ONG Action Aid Danemark, venue manifester dans la capitale danoise.Le gouvernement danois rappelle avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande, la Slovénie et le Royaume-Uni, ont envoyé au Groenland du personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois “Arctic Endurance” organisé avec des alliés de l’Otan.Donald Trump avait déjà menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas son plan pour acquérir le territoire.Les manifestations samedi surviennent trois jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur le sujet.Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables.cbw-jll-phy-nzg-pno/ev

Malgré la répression en Iran, l’espoir en étendard dans les manifestations en France

Entre inquiétudes face à l’ampleur de la répression des manifestations en Iran et “espoir” de voir un jour s’effondrer le “régime des mollahs”, plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux membres de la diaspora, ont défilé samedi en France.A Paris, 3.000 personnes selon la préfecture de police se sont réunies à l’appel de collectifs de réfugiés, d’organisations féministes, d’associations de défense des droits humains, de syndicats et de partis de gauche, scandant “Femme, vie, liberté” – slogan emblématique de la contestation de 2022 – et “Mort à Khamenei” en farsi avant de défiler entre le Panthéon et la place d’Italie.Dans la foule qui brandit des drapeaux iraniens et des portraits de jeunes gens tués dans les manifestations, des participants clament “Le pouvoir des mollahs, on n’en veut pas” ou encore “Ni chah, ni mollahs, l’Iran vivra”.”Vous êtes nos compatriotes, vous êtes abandonnés dans le concert des nations, vous appelez désespérément à l’aide. La société civile mondiale est solidaire”, lance depuis la tribune l’avocate Chirinne Ardakani, présidente du collectif Iran Justice, s’adressant à des Iraniens dont les communications internet avec l’extérieur ont été coupées par les autorités il y a plus de huit jours.Une décision visant à cacher “la brutalité” de la répression, selon des groupes de défense des droits humains. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, fait état d’au moins 3.428 personnes tuées durant les manifestations, des cas vérifiés par elle-même ou via des sources indépendantes. D’autres évaluations donnent plus de 5.000 morts, voire 20.000, selon IHR.La chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, a annoncé de son côté qu’au moins 12.000 personnes avaient été tuées lors des manifestations, citant de hauts responsables gouvernementaux et des sources sécuritaires.- “Soutien international” -Zahra Bodin, une des organisatrices de la manifestation qui s’est déroulée à Rennes, se dit “très touchée par le massacre ces dernières semaines du peuple iranien”. “Nous voulons crier aussi fort que nos compatriotes qui sont dans la rue”, explique-t-elle.Pour Ali Rastegar, Franco-Iranien installé en France depuis 43 ans, il s’agit d’envoyer un “message de soutien international au peuple iranien” face à “un régime dictatorial obscurantiste”.”Le peuple se révolte, le peuple a faim (…), ils manifestent et on leur tire dessus, c’est inacceptable”, s’indigne-t-il lors d’un rassemblement à Strasbourg.L’Iran a été secoué durant près de trois semaines par une vague de manifestations déclenchées le 28 décembre à Téhéran par des commerçants contre le coût de la vie, avant de prendre de l’ampleur le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique en place depuis 1979.La répression s’est alors abattue et la vague de protestation semble étouffée.- “La répression ne peut l’emporter” -Malgré “la répression, la torture, la peur, les exécutions à venir”, Galia veut garder “espoir”. “A chaque fois, je me dis +cette fois, c’est la bonne+, que ce sera la liberté pour le peuple. Et si cette fois c’est pas la bonne, ça arrivera”, affirme cette femme de 36 ans, arrivée d’Iran à l’âge de 19 ans, et qui préfère taire son nom dans le cortège parisien.Un avis partagé par Amir, étudiant de 23 ans, qui souhaite lui aussi garder l’anonymat. La chute du pouvoir en place depuis 1979 est selon lui “inévitable”: “On ne peut pas vivre comme ça”.”La répression ne peut l’emporter, tôt ou tard, la liberté triomphera”, veut-il croire, heureux d’avoir eu la veille des nouvelles rassurantes de son cousin à Téhéran.Avec la coupure d’internet, nombre de manifestants disent leur difficulté à avoir des nouvelles de proches en Iran.”Ca commence à revenir”, explique un homme de 30 ans, manifestant à Lyon. Mais c’est seulement depuis l’Iran “qu’ils peuvent nous appeler, pendant une minute. Et tout est enregistré là-bas. Quand ils veulent dire ce qui s’est passé, c’est coupé”, se désole-t-il.Plus loin, un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années reprend les slogans de la manifestation. Dans un français hésitant, mêlant parfois de l’anglais, l’un d’entre eux explique qu’un de ses amis lui a raconté “sentir l’odeur du sang sur les routes d’Ispahan”.”Les familles à l’hôpital ne peuvent pas reconnaître les corps. Et ils fouillent les appartements pour retrouver les manifestants”, relate ce manifestant. Son téléphone sonne. “C’est ma famille!”, s’exclame-t-il en prenant l’appel.burs-mra/sva/swi 

Malgré la répression en Iran, l’espoir en étendard dans les manifestations en France

Entre inquiétudes face à l’ampleur de la répression des manifestations en Iran et “espoir” de voir un jour s’effondrer le “régime des mollahs”, plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux membres de la diaspora, ont défilé samedi en France.A Paris, 3.000 personnes selon la préfecture de police se sont réunies à l’appel de collectifs de réfugiés, d’organisations féministes, d’associations de défense des droits humains, de syndicats et de partis de gauche, scandant “Femme, vie, liberté” – slogan emblématique de la contestation de 2022 – et “Mort à Khamenei” en farsi avant de défiler entre le Panthéon et la place d’Italie.Dans la foule qui brandit des drapeaux iraniens et des portraits de jeunes gens tués dans les manifestations, des participants clament “Le pouvoir des mollahs, on n’en veut pas” ou encore “Ni chah, ni mollahs, l’Iran vivra”.”Vous êtes nos compatriotes, vous êtes abandonnés dans le concert des nations, vous appelez désespérément à l’aide. La société civile mondiale est solidaire”, lance depuis la tribune l’avocate Chirinne Ardakani, présidente du collectif Iran Justice, s’adressant à des Iraniens dont les communications internet avec l’extérieur ont été coupées par les autorités il y a plus de huit jours.Une décision visant à cacher “la brutalité” de la répression, selon des groupes de défense des droits humains. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, fait état d’au moins 3.428 personnes tuées durant les manifestations, des cas vérifiés par elle-même ou via des sources indépendantes. D’autres évaluations donnent plus de 5.000 morts, voire 20.000, selon IHR.La chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, a annoncé de son côté qu’au moins 12.000 personnes avaient été tuées lors des manifestations, citant de hauts responsables gouvernementaux et des sources sécuritaires.- “Soutien international” -Zahra Bodin, une des organisatrices de la manifestation qui s’est déroulée à Rennes, se dit “très touchée par le massacre ces dernières semaines du peuple iranien”. “Nous voulons crier aussi fort que nos compatriotes qui sont dans la rue”, explique-t-elle.Pour Ali Rastegar, Franco-Iranien installé en France depuis 43 ans, il s’agit d’envoyer un “message de soutien international au peuple iranien” face à “un régime dictatorial obscurantiste”.”Le peuple se révolte, le peuple a faim (…), ils manifestent et on leur tire dessus, c’est inacceptable”, s’indigne-t-il lors d’un rassemblement à Strasbourg.L’Iran a été secoué durant près de trois semaines par une vague de manifestations déclenchées le 28 décembre à Téhéran par des commerçants contre le coût de la vie, avant de prendre de l’ampleur le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique en place depuis 1979.La répression s’est alors abattue et la vague de protestation semble étouffée.- “La répression ne peut l’emporter” -Malgré “la répression, la torture, la peur, les exécutions à venir”, Galia veut garder “espoir”. “A chaque fois, je me dis +cette fois, c’est la bonne+, que ce sera la liberté pour le peuple. Et si cette fois c’est pas la bonne, ça arrivera”, affirme cette femme de 36 ans, arrivée d’Iran à l’âge de 19 ans, et qui préfère taire son nom dans le cortège parisien.Un avis partagé par Amir, étudiant de 23 ans, qui souhaite lui aussi garder l’anonymat. La chute du pouvoir en place depuis 1979 est selon lui “inévitable”: “On ne peut pas vivre comme ça”.”La répression ne peut l’emporter, tôt ou tard, la liberté triomphera”, veut-il croire, heureux d’avoir eu la veille des nouvelles rassurantes de son cousin à Téhéran.Avec la coupure d’internet, nombre de manifestants disent leur difficulté à avoir des nouvelles de proches en Iran.”Ca commence à revenir”, explique un homme de 30 ans, manifestant à Lyon. Mais c’est seulement depuis l’Iran “qu’ils peuvent nous appeler, pendant une minute. Et tout est enregistré là-bas. Quand ils veulent dire ce qui s’est passé, c’est coupé”, se désole-t-il.Plus loin, un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années reprend les slogans de la manifestation. Dans un français hésitant, mêlant parfois de l’anglais, l’un d’entre eux explique qu’un de ses amis lui a raconté “sentir l’odeur du sang sur les routes d’Ispahan”.”Les familles à l’hôpital ne peuvent pas reconnaître les corps. Et ils fouillent les appartements pour retrouver les manifestants”, relate ce manifestant. Son téléphone sonne. “C’est ma famille!”, s’exclame-t-il en prenant l’appel.burs-mra/sva/swi