Wall Street avance, portée par les bons résultats de la tech

La Bourse de New York évolue en hausse jeudi, profitant de l’envolée des deux géants technologiques Meta et Microsoft après leurs résultats supérieurs aux attentes, les investisseurs saluant aussi de nouveaux accords commerciaux.Vers 14H10 GMT, le Dow Jones gagnait 0,19%, l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 1,33% et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,82%.”Microsoft et Meta brillent et rayonnent autour d’eux (…) suscitant un fort enthousiasme du marché lié à l’intelligence artificielle (IA)”, souligne Patrick O’Hare, de Briefing.com.Le géant de Redmond (État de Washington) Microsoft a publié mercredi après clôture des résultats bien supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre de son exercice comptable décalé et très bien accueillis par Wall Street: son titre prenait 4,88% à 58,39 dollars, lui permettant d’être la deuxième entreprise à franchir le seuil des 4.000 milliards de valorisation boursière, après Nvidia.Autre grand nom de la tech, Meta (Facebook, Instagram) a aussi ravi le marché (+12,63% à 783,00 dollars) avec des revenus et bénéfices trimestriels en forte croissance, grâce notamment à la hausse des prix publicitaires.”La situation est très similaire pour les deux entreprises”, avec “d’énormes investissements dans l’IA, un domaine crucial”, rendus possibles par des revenus massifs, résume auprès de l’AFP Christopher Low, de FHN Financial.Selon l’analyste, Wall Street avance aussi car “une série d’accords commerciaux” ont été revendiqués par Washington “au cours des dernières 24 heures”, un point non négligeable aux yeux des investisseurs, à la veille de l’entrée en vigueur de droits de douane plus élevés.La Corée du Sud, alliée clé des États-Unis en matière de sécurité, s’est notamment glissée in extremis dans le train en marche, obtenant un accord sur un droit de douane de 15%, soit nettement moins que les 25% que Donald Trump avait précédemment menacé d’imposer.Pour Chistopher Low, désormais l’inquiétude demeure en priorité concernant le Canada.Donald Trump a affirmé jeudi qu’un accord commercial avec le Canada était “très difficile” après l’annonce de son Premier ministre Mark Carney de son intention de reconnaître un État palestinien.Sur la place américaine, les investisseurs continuent aussi d’évaluer les propos tenus mercredi par le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell, estimant que l’institution pouvait encore se permettre d’attendre d’en savoir plus sur la trajectoire de l’économie américaine avant de bouger ses taux, restés inchangés mercredi pour la cinquième réunion d’affilée.Côté indicateurs, l’inflation a poursuivi son rebond en juin aux États-Unis, s’inscrivant à 2,6% sur un an, sous l’effet des droits de douane déjà entrés en vigueur.Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont été pratiquement stables à 218.000, en deçà des attentes des analystes qui tablaient sur 224.000 demandes.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans se détendait, à 4,35% contre 4,37% à la clôture la veille. Au tableau des valeurs, l’entreprise de biotechnologies américaine Moderna, qui a commercialisé l’un des premiers vaccins contre le Covid-19, lâchait 2,64% à 31,30 dollars après avoir annoncer le licenciement d’environ 10% de ses salariés dans le monde, sur fond de recul des ventes de son sérum.Le réseau de pharmacies CVS Health (+6,85% à 66,57 dollars) bondissait, porté par des résultats meilleurs qu’attendu au deuxième trimestre et un relèvement de ses prévisions pour l’année. CVS s’attend désormais à générer un bénéfice net par action, donnée de référence pour les marchés, compris entre 6,30 et 6,40 dollars.La start-up américaine spécialisée dans l’informatique à distance (“cloud computing”) CoreWeave profitait des bons résultats de Microsoft, l’un de ses plus gros clients.La plateforme américaine de design collaboratif Figma, a levé quelque 1,2 milliard de dollars à l’occasion de son entrée en Bourse, pour une valorisation qui atteint 19,3 milliards de dollars.Le groupe, qui va connaître son premier jour de cotation à la Bourse de New York jeudi, a annoncé dans la nuit avoir vendu près de 37 millions d’actions ordinaires, à un prix unitaire de 33 dollars.

Un méga éclair de 829 km, nouveau record mondial validé par l’OMM

Un nouveau record du plus long éclair a été validé jeudi par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et établi à 829 kilomètres, dans la zone des Grandes Plaines aux Etats-Unis.Ce méga éclair a été observé le 22 octobre 2017, lors d’un épisode orageux de grande envergure. “S’étendant de l’est du Texas jusqu’aux alentours de Kansas City, il a couvert une distance équivalente à celle qui sépare les villes européennes de Paris et de Venise”, a souligné l’OMM dans un communiqué.Un comité de 11 experts basés aux États-Unis, au Brésil, en Allemagne, en Espagne, au Népal et en Israël a certifié le nouveau record.Le précédent record (768 km), également observé aux États-Unis, a eu lieu entre le Mississippi et le Texas le 29 avril 2020, et a été certifié en 2022. Ces records ont une marge d’erreur de plus ou moins 8 km.L’éclair distingué jeudi “n’avait pas été repéré lors de l’analyse initiale de l’orage en 2017, mais a été découvert lors d’une réévaluation de celui-ci”, a expliqué l’OMM.Cet épisode avait été “l’un des premiers orages au cours duquel le tout nouveau satellite géostationnaire d’exploitation pour l’étude de l’environnement (GOES-16) de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) a recueilli des données sur les +méga éclairs+, c’est-à-dire des décharges orageuses dont la longueur spatiotemporelle est extrême”, a ajouté l’OMM.Pour l’agence météorologique des Nations unies, de tels méga éclairs soulignent la puissance de la foudre et sa dangerosité.”La foudre peut parcourir de très longues distances loin de l’orage d’origine”, a déclaré Randall Cerveny, rapporteur de l’OMM pour les extrêmes météorologiques et climatiques, à l’AFP. “C’est pourquoi certaines personnes parlent d’un +éclair bleu+, un éclair qui semble surgir d’un ciel clair”.- Source d’émerveillement et danger majeur -Professeur de sciences géographiques à l’Arizona State University, M. Cerveny a créé les Archives mondiales des extrêmes météorologiques et climatiques de l’OMM en 2007.Elles consignent les records mondiaux de température, pression, précipitation, grêle, aridité, vent, foudre et mortalité liée aux phénomènes météorologiques.La cartographie de la foudre par satellite est opérationnelle depuis 2016 seulement, un délai trop court pour déterminer des schémas ou des tendances en termes d’intensité, de localisation ou de fréquence. “Donnez-nous encore une décennie environ de données et nous pourrons commencer à aborder cette question”, a déclaré M. Cerveny à l’AFP.Michael J. Peterson, du Centre de recherche sur les tempêtes violentes aux États-Unis, a déclaré qu’à mesure que les données s’étofferont, “nous serons en mesure d’observer même les types de foudre extrême les plus rares sur Terre, et d’étudier les impacts larges de la foudre sur la société”.L’OMM plaide pour que toute la planète soit couverte par des systèmes d’alarme précoce, qui couvrent tous les événements météorologiques dangereux.”La foudre est une source d’émerveillement mais aussi un danger majeur qui coûte de nombreuses vies à travers le monde chaque année”, a déclaré Celeste Saulo, cheffe de l’OMM.Selon les chiffres records liés à la foudre et validés par l’OMM, la plus longue durée d’un éclair est de 17,102 secondes (18 juin 2020, Uruguay-nord de l’Argentine), l’éclair direct le plus meurtrier a tué 21 personnes abritées dans une hutte (1975, au Zimbabwe) et l’impact indirect le plus dévastateur est le déversement de carburant en feu après un impact sur un dépôt, tuant 469 personnes (1994, Dronka en Egypte).

Le gouvernement portugais envisage de reconnaître l’Etat de Palestine

Le gouvernement portugais va consulter le président et le Parlement en vue d’une reconnaissance de l’État de Palestine en septembre à l’ONU, a annoncé jeudi le cabinet du Premier ministre Luis Montenegro dans un communiqué.Le Portugal “envisage la reconnaissance de l’État palestinien, dans le cadre d’une procédure qui pourrait être conclue lors de la semaine de haut niveau de la 80e Assemblée générale des Nations unies, qui se tiendra à New York le mois de septembre prochain”, précise le communiqué.Cette décision a été prise après de “multiples contacts” avec ses partenaires et compte tenu notamment de “l’évolution extrêmement préoccupante du conflit, tant sur le plan humanitaire que par les références répétées à une possible annexion de territoires palestiniens” de la part d’Israël, poursuit le communiqué.Cette annonce intervient alors qu’un organisme international de surveillance de la faim soutenu par l’ONU a affirmé mardi que le “pire scénario de famine” était “en cours à Gaza”.Le Portugal devrait ainsi se joindre à d’autres pays comme le Canada, le Royaume-Uni ou la France, ayant signalé leur intention de reconnaître l’État palestinien en septembre.Jeudi dernier, le président français Emmanuel Macron avait annoncé que la France reconnaîtrait officiellement un État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre, espérant créer une dynamique collective en ce sens.”Le gouvernement a mené un processus très prudent et réfléchi, toujours en concertation avec ses partenaires européens et d’autres partenaires”, a réagi le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa aussitôt après l’annonce de l’exécutif.”C’est une décision mûrement réfléchie” a indiqué de son côté à la chaîne publique RTP le ministre des Affaires étrangères Paulo Rangel. 

Toujours moins de bébés en France à mi-2025

Toujours moins de bébés en France: le nombre de naissances a encore reculé au premier semestre, dans la lignée du déclin historique de la natalité enregistré ces dernières années, une tendance que le gouvernement voudrait contrer.Entre janvier et juin, 317.340 bébés ont vu le jour en France, contre 326.401 au premier semestre 2024, a indiqué jeudi l’Institut national de la statistique (Insee). Soit une baisse de 2,2% du nombre quotidien de naissances moyen entre les deux périodes.  Les six mois écoulés “confirment la tendance qu’on observe depuis un moment”, commente auprès de l’AFP Didier Breton, professeur de démographie à l’Université de Strasbourg. “Il n’y a pas de raison qu’un retournement de situation se produise donc le nombre de naissances annuel s’annonce plus faible qu’en 2024”.L’année civile 2025 devrait donc marquer un nouveau plus bas depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive.Depuis 2011, le nombre de naissances a diminué chaque année, à l’exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19. En 2024, 660.800 nouveau-nés ont vu le jour, selon l’estimation révisée de l’Insee. Le déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement futur du système de protection sociale, et a conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.- Baisse du désir d’enfant -Le gouvernement dit vouloir soutenir la natalité en créant prochainement un nouveau “congé de naissance” qui pourrait être pris par les deux parents, avec un soutien financier plus important que l’actuel congé parental.Pour Didier Breton, également chercheur associé à l’Institut national des études démographiques (Ined), cette mesure peut “permettre à des projets d’enfants déjà présents de se réaliser”. Elle contribuerait à “éviter que la fécondité tombe à un niveau très bas”, autour de 1,2 enfant par femme.Dans un avis récent, le Comité national d’éthique a souligné qu’il était “impératif” pour la société d’accompagner les couples qui rencontraient des difficultés pour concrétiser leur projet d’enfant, qu’elles soient d’ordre socio-économiques ou biologiques (problèmes d’infertilité). Il a également rappelé qu’il fallait respecter la décision personnelle de chacun d’avoir ou non des enfants, un sujet qui ne devrait pas faire l’objet de “pressions sociales ou politiques”. Difficultés à accéder à un emploi, éco-anxiété ou encore changement d’aspirations: la baisse de la natalité est liée à divers facteurs. Début juillet, une étude de l’Ined avait révélé que le désir d’enfant a nettement reculé en 20 ans, ce qui présage d’une poursuite de la baisse de la fécondité. “On arrive dans une nouvelle ère, où la fécondité pourrait se stabiliser ou bien encore diminuer, mais il est improbable qu’elle remonte à court terme”, soit dans les cinq à dix prochaines années, estime auprès de l’AFP Laurent Toulemon, co-auteur de l’étude. – Solde naturel négatif -En 2025, l’indicateur conjoncturel de fécondité devrait être inférieur à 1,6 enfant par femme, anticipent les démographes interrogés par l’AFP, alors que le renouvellement des générations n’est assuré qu’à partir de 2,1 enfants par femme, en l’absence de migrations. En 2023, cet indicateur était de 1,66 enfant par femme en France. Il reste l’un des plus élevés de l’Union européenne, derrière la Bulgarie qui occupe désormais la première place. Parallèlement à cette baisse des naissances, le nombre de décès lui augmente, en lien à l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité.Conséquence de la combinaison des deux phénomènes, la France vient de connaître pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale un solde naturel de population – soit la différence entre le nombre de naissances et de décès – négatif sur 12 mois glissants.De juin 2024 à mai 2025, il y ainsi eu 822 décès de plus que de naissances, selon l’analyse par l’AFP des données actualisées au 31 juillet.Sur une année civile, qui est l’indicateur traditionnellement retenu, “ce solde deviendra négatif, possiblement dès cette année et il sera de plus en plus négatif dans les années à venir”, prévoit Laurent Toulemon.

Toujours moins de bébés en France à mi-2025

Toujours moins de bébés en France: le nombre de naissances a encore reculé au premier semestre, dans la lignée du déclin historique de la natalité enregistré ces dernières années, une tendance que le gouvernement voudrait contrer.Entre janvier et juin, 317.340 bébés ont vu le jour en France, contre 326.401 au premier semestre 2024, a indiqué jeudi l’Institut national de la statistique (Insee). Soit une baisse de 2,2% du nombre quotidien de naissances moyen entre les deux périodes.  Les six mois écoulés “confirment la tendance qu’on observe depuis un moment”, commente auprès de l’AFP Didier Breton, professeur de démographie à l’Université de Strasbourg. “Il n’y a pas de raison qu’un retournement de situation se produise donc le nombre de naissances annuel s’annonce plus faible qu’en 2024”.L’année civile 2025 devrait donc marquer un nouveau plus bas depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive.Depuis 2011, le nombre de naissances a diminué chaque année, à l’exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19. En 2024, 660.800 nouveau-nés ont vu le jour, selon l’estimation révisée de l’Insee. Le déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement futur du système de protection sociale, et a conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.- Baisse du désir d’enfant -Le gouvernement dit vouloir soutenir la natalité en créant prochainement un nouveau “congé de naissance” qui pourrait être pris par les deux parents, avec un soutien financier plus important que l’actuel congé parental.Pour Didier Breton, également chercheur associé à l’Institut national des études démographiques (Ined), cette mesure peut “permettre à des projets d’enfants déjà présents de se réaliser”. Elle contribuerait à “éviter que la fécondité tombe à un niveau très bas”, autour de 1,2 enfant par femme.Dans un avis récent, le Comité national d’éthique a souligné qu’il était “impératif” pour la société d’accompagner les couples qui rencontraient des difficultés pour concrétiser leur projet d’enfant, qu’elles soient d’ordre socio-économiques ou biologiques (problèmes d’infertilité). Il a également rappelé qu’il fallait respecter la décision personnelle de chacun d’avoir ou non des enfants, un sujet qui ne devrait pas faire l’objet de “pressions sociales ou politiques”. Difficultés à accéder à un emploi, éco-anxiété ou encore changement d’aspirations: la baisse de la natalité est liée à divers facteurs. Début juillet, une étude de l’Ined avait révélé que le désir d’enfant a nettement reculé en 20 ans, ce qui présage d’une poursuite de la baisse de la fécondité. “On arrive dans une nouvelle ère, où la fécondité pourrait se stabiliser ou bien encore diminuer, mais il est improbable qu’elle remonte à court terme”, soit dans les cinq à dix prochaines années, estime auprès de l’AFP Laurent Toulemon, co-auteur de l’étude. – Solde naturel négatif -En 2025, l’indicateur conjoncturel de fécondité devrait être inférieur à 1,6 enfant par femme, anticipent les démographes interrogés par l’AFP, alors que le renouvellement des générations n’est assuré qu’à partir de 2,1 enfants par femme, en l’absence de migrations. En 2023, cet indicateur était de 1,66 enfant par femme en France. Il reste l’un des plus élevés de l’Union européenne, derrière la Bulgarie qui occupe désormais la première place. Parallèlement à cette baisse des naissances, le nombre de décès lui augmente, en lien à l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité.Conséquence de la combinaison des deux phénomènes, la France vient de connaître pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale un solde naturel de population – soit la différence entre le nombre de naissances et de décès – négatif sur 12 mois glissants.De juin 2024 à mai 2025, il y ainsi eu 822 décès de plus que de naissances, selon l’analyse par l’AFP des données actualisées au 31 juillet.Sur une année civile, qui est l’indicateur traditionnellement retenu, “ce solde deviendra négatif, possiblement dès cette année et il sera de plus en plus négatif dans les années à venir”, prévoit Laurent Toulemon.

Toujours moins de bébés en France à mi-2025

Toujours moins de bébés en France: le nombre de naissances a encore reculé au premier semestre, dans la lignée du déclin historique de la natalité enregistré ces dernières années, une tendance que le gouvernement voudrait contrer.Entre janvier et juin, 317.340 bébés ont vu le jour en France, contre 326.401 au premier semestre 2024, a indiqué jeudi l’Institut national de la statistique (Insee). Soit une baisse de 2,2% du nombre quotidien de naissances moyen entre les deux périodes.  Les six mois écoulés “confirment la tendance qu’on observe depuis un moment”, commente auprès de l’AFP Didier Breton, professeur de démographie à l’Université de Strasbourg. “Il n’y a pas de raison qu’un retournement de situation se produise donc le nombre de naissances annuel s’annonce plus faible qu’en 2024”.L’année civile 2025 devrait donc marquer un nouveau plus bas depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive.Depuis 2011, le nombre de naissances a diminué chaque année, à l’exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19. En 2024, 660.800 nouveau-nés ont vu le jour, selon l’estimation révisée de l’Insee. Le déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement futur du système de protection sociale, et a conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.- Baisse du désir d’enfant -Le gouvernement dit vouloir soutenir la natalité en créant prochainement un nouveau “congé de naissance” qui pourrait être pris par les deux parents, avec un soutien financier plus important que l’actuel congé parental.Pour Didier Breton, également chercheur associé à l’Institut national des études démographiques (Ined), cette mesure peut “permettre à des projets d’enfants déjà présents de se réaliser”. Elle contribuerait à “éviter que la fécondité tombe à un niveau très bas”, autour de 1,2 enfant par femme.Dans un avis récent, le Comité national d’éthique a souligné qu’il était “impératif” pour la société d’accompagner les couples qui rencontraient des difficultés pour concrétiser leur projet d’enfant, qu’elles soient d’ordre socio-économiques ou biologiques (problèmes d’infertilité). Il a également rappelé qu’il fallait respecter la décision personnelle de chacun d’avoir ou non des enfants, un sujet qui ne devrait pas faire l’objet de “pressions sociales ou politiques”. Difficultés à accéder à un emploi, éco-anxiété ou encore changement d’aspirations: la baisse de la natalité est liée à divers facteurs. Début juillet, une étude de l’Ined avait révélé que le désir d’enfant a nettement reculé en 20 ans, ce qui présage d’une poursuite de la baisse de la fécondité. “On arrive dans une nouvelle ère, où la fécondité pourrait se stabiliser ou bien encore diminuer, mais il est improbable qu’elle remonte à court terme”, soit dans les cinq à dix prochaines années, estime auprès de l’AFP Laurent Toulemon, co-auteur de l’étude. – Solde naturel négatif -En 2025, l’indicateur conjoncturel de fécondité devrait être inférieur à 1,6 enfant par femme, anticipent les démographes interrogés par l’AFP, alors que le renouvellement des générations n’est assuré qu’à partir de 2,1 enfants par femme, en l’absence de migrations. En 2023, cet indicateur était de 1,66 enfant par femme en France. Il reste l’un des plus élevés de l’Union européenne, derrière la Bulgarie qui occupe désormais la première place. Parallèlement à cette baisse des naissances, le nombre de décès lui augmente, en lien à l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité.Conséquence de la combinaison des deux phénomènes, la France vient de connaître pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale un solde naturel de population – soit la différence entre le nombre de naissances et de décès – négatif sur 12 mois glissants.De juin 2024 à mai 2025, il y ainsi eu 822 décès de plus que de naissances, selon l’analyse par l’AFP des données actualisées au 31 juillet.Sur une année civile, qui est l’indicateur traditionnellement retenu, “ce solde deviendra négatif, possiblement dès cette année et il sera de plus en plus négatif dans les années à venir”, prévoit Laurent Toulemon.

Un procès 43 ans après l’attentat de la rue des Rosiers à Paris

Plus de quarante ans après l’attentat de la rue des Rosiers, qui avait fait six morts le 9 août 1982 à Paris, un procès devant les assises spéciales a été ordonné contre six personnes, dont Abou Zayed, principal suspect entre les mains de la justice.Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade dans le quartier du Marais, perpétrée par un commando de trois à cinq hommes.L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).Dans son ordonnance de mise en accusation rendue jeudi et consultée par l’AFP, le juge d’instruction ordonne un procès contre deux suspects mis en examen, Abou Zayed et Hazza Taha, et quatre hommes faisant l’objet d’un mandat d’arrêt.Abou Zayed, dont le nom complet est Walid Abdulrahman Abou Zayed, est renvoyé pour assassinats et complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.Ce Norvégien d’origine palestinienne âgé de 66 ans est considéré comme l’un des tireurs. En détention en France depuis son extradition fin 2020 depuis la Norvège, il conteste les faits.”Cette décision est une escroquerie. D’abord pour les victimes à qui on fait honteusement croire que la justice a trouvé l’un des responsables de leur douleur. Ensuite pour le droit car cette enquête n’est absolument pas terminée et ce renvoi a pour seul but de maintenir notre client en prison”, ont réagi auprès de l’AFP les avocats d’Abou Zayed, Romain Ruiz et Bruno Gendrin.- “Faisceau d’indices” -Abou Zayed avait reconnu en 2022, pour la première fois, devant le juge d’instruction appartenir au groupe Abou Nidal. Mais il a soutenu n’être “qu’un simple administratif” au sein du comité militaire, devenu comité des opérations spéciales en 1983, de ce groupe et n’avoir “jamais” séjourné “à l’étranger, à plus forte raison pour exécuter ou superviser une opération terroriste”, est-il rappelé dans l’ordonnance.Mais pour le juge d’instruction, Abou Zayed était “un opérationnel très actif”, un “exécutant puis superviseur” de ce comité ayant participé en Europe à des attentats et assassinats, comme l’attestent plusieurs témoignages. “Un faisceau d’indices multiples et concordants” démontre “sa participation à l’attentat” rue des Rosiers, selon le magistrat.Hazza Taha, mis en examen au printemps dernier et placé sous contrôle judiciaire, est renvoyé pour complicité d’assassinats et de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.Soupçonné d’avoir caché des armes, il conteste les faits. Les investigations ont duré “43 ans durant lesquels les pistes les plus fantaisistes ont pu être évoquées, (…) les services de renseignement ont soufflé le chaud et le froid sans jamais faire le choix de la transparence, seul moyen d’offrir une chance de parvenir à la manifestation de la vérité”, ont dénoncé auprès de l’AFP ses avocats, Juliette Triquet et Florian Godest Le Gall, redoutant “un nouveau naufrage judiciaire” et annonçant faire appel de l’ordonnance. Les déclarations de Hazza Taha n’ont pas permis de “contredire (les) accusations et (les) notes déclassifiées”, note le juge.- “Ascenseur émotionnel” -Les quatre autres suspects, localisés en Cisjordanie, en Jordanie et au Koweït, font l’objet d’un mandat d’arrêt.Le juge d’instruction a ordonné un procès pour assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste contre Hicham Harb, 70 ans, qui aurait supervisé l’attentat et serait l’un des tireurs, et Nizar Tawfiq Hamada, 64 ans, accusé d’avoir été l’un des membres du commando. La complicité a été retenue contre Amjad Atta, 72 ans environ, accusé d’avoir planifié l’attentat, et Nabil Othmane, 72 ans, mis en cause pour la préparation.L’instruction s’est notamment appuyée sur des témoignages, notes des renseignements, expertises et recoupements.”Sentiment ambigu pour mes clientes aujourd’hui, entre l’immense soulagement de savoir que la République n’abandonne pas ses victimes (…) et le regret de constater que c’est un procès incomplet qui s’annonce, avec plusieurs accusés réfugiés à l’étranger”, a commenté auprès de l’AFP Romain Boulet. David Père, avocat de parties civiles, rappelle l'”ascenseur émotionnel très difficile au long de la procédure avec notamment les demandes d’extradition refusées par la Jordanie”. “Mes clients (…) sont surtout animés par un profond besoin de vérité”, a observé de son côté Vincent Brengarth.

Le gouvernement espagnol “ouvert” à une éventuelle prolongation des centrales nucléaires

Le gouvernement de gauche espagnol est “ouvert”, sous conditions, à une éventuelle révision du calendrier de sortie du nucléaire, réclamé par les deux principaux groupes électriques du pays, a-t-on appris jeudi auprès du ministère espagnol de la Transition écologique.Dans une lettre adressée aux PDG d’Iberdrola et Endesa, dont le quotidien El Pais a obtenu copie, la ministre de la Transition écologique Sara Aagesen s’est dite disposée à rouvrir le débat sur la date de fermeture prévue pour plusieurs centrales du pays, actée en 2019.”Le gouvernement est ouvert à l’examen d’une modification du calendrier, à condition que les exigences en matière de sécurité soient respectées et que cela ne représente pas un coût supplémentaire pour les consommateurs”, a confirmé à l’AFP une source du ministère, interrogée sur ce courrier.Iberdrola et Endesa avaient proposé mi-juin, dans un courrier adressé à la ministre, une révision du calendrier de fermeture des centrales nucléaire – notamment celle d’Almaraz, dans la région d’Estrémadure (ouest), qui doit être mise hors service en 2028.La sortie complète du nucléaire en Espagne est pour sa part programmée en 2035, conformément à une décision prise en 2019 dans le Plan national pour l’énergie et le climat (PNIEC) avec l’aval des entreprises concernées: Endesa, Iberdrola, Naturgy et EDP.Mais depuis des mois les partisans du nucléaire font pression pour revoir ce calendrier, évoquant un risque pour l’approvisionnement électrique du pays. Leurs critiques ont redoublé après la panne électrique géante qui a touché la péninsule ibérique le 28 avril.Dans un message sur le réseau social Bluesky, la ministre du Travail Yolanda Diaz, figure du parti de gauche radicale Sumar, qui gouverne en coalition avec les socialistes au sein du gouvernement de Pedro Sánchez, a toutefois réitéré son opposition à toute révision du calendrier de fermeture.”Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires va à l’encontre du projet de transition écologique du gouvernement et du déploiement des renouvelables. Cela fait des années que l’Espagne a clôturé ce débat, et les délais de fermeture sont très clairs. Nous ne le permettrons pas”, a-t-elle prévenu.Au plus fort de l’engouement pour l’atome, dans les années 1980, l’Espagne disposait de huit centrales, qui fournissaient 38% de son électricité. Aujourd’hui, elle n’en a plus que cinq, comptant sept réacteurs et représentant 20% de son mix électrique

Le gouvernement espagnol “ouvert” à une éventuelle prolongation des centrales nucléaires

Le gouvernement de gauche espagnol est “ouvert”, sous conditions, à une éventuelle révision du calendrier de sortie du nucléaire, réclamé par les deux principaux groupes électriques du pays, a-t-on appris jeudi auprès du ministère espagnol de la Transition écologique.Dans une lettre adressée aux PDG d’Iberdrola et Endesa, dont le quotidien El Pais a obtenu copie, la ministre de la Transition écologique Sara Aagesen s’est dite disposée à rouvrir le débat sur la date de fermeture prévue pour plusieurs centrales du pays, actée en 2019.”Le gouvernement est ouvert à l’examen d’une modification du calendrier, à condition que les exigences en matière de sécurité soient respectées et que cela ne représente pas un coût supplémentaire pour les consommateurs”, a confirmé à l’AFP une source du ministère, interrogée sur ce courrier.Iberdrola et Endesa avaient proposé mi-juin, dans un courrier adressé à la ministre, une révision du calendrier de fermeture des centrales nucléaire – notamment celle d’Almaraz, dans la région d’Estrémadure (ouest), qui doit être mise hors service en 2028.La sortie complète du nucléaire en Espagne est pour sa part programmée en 2035, conformément à une décision prise en 2019 dans le Plan national pour l’énergie et le climat (PNIEC) avec l’aval des entreprises concernées: Endesa, Iberdrola, Naturgy et EDP.Mais depuis des mois les partisans du nucléaire font pression pour revoir ce calendrier, évoquant un risque pour l’approvisionnement électrique du pays. Leurs critiques ont redoublé après la panne électrique géante qui a touché la péninsule ibérique le 28 avril.Dans un message sur le réseau social Bluesky, la ministre du Travail Yolanda Diaz, figure du parti de gauche radicale Sumar, qui gouverne en coalition avec les socialistes au sein du gouvernement de Pedro Sánchez, a toutefois réitéré son opposition à toute révision du calendrier de fermeture.”Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires va à l’encontre du projet de transition écologique du gouvernement et du déploiement des renouvelables. Cela fait des années que l’Espagne a clôturé ce débat, et les délais de fermeture sont très clairs. Nous ne le permettrons pas”, a-t-elle prévenu.Au plus fort de l’engouement pour l’atome, dans les années 1980, l’Espagne disposait de huit centrales, qui fournissaient 38% de son électricité. Aujourd’hui, elle n’en a plus que cinq, comptant sept réacteurs et représentant 20% de son mix électrique