L’ex-sénateur Joël Guerriau au tribunal pour avoir drogué la députée Sandrine Josso

Un tête-à-tête entre élus de la République, un champagne au goût étrange, et une retentissante affaire politico-judiciaire: l’ex-sénateur Joël Guerriau est jugé lundi et mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, accusé d’avoir drogué à l’ecstasy la députée Sandrine Josso afin de la violer.Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, fléau de société sur lequel Sandrine Josso est politiquement très engagée depuis les faits, l’éventuelle motivation sexuelle, niée par Joël Guerriau, devrait faire l’objet d’âpres débats à l’audience.Le 14 novembre 2023 au soir, Sandrine Josso, 48 ans, est invitée au domicile parisien du sénateur de Loire-Atlantique de 56 ans, un homologue parlementaire avec lequel elle entretient depuis dix ans une relation amicale sans la moindre ambiguïté sexuelle. Celui-ci veut fêter sa fraîche réélection à la chambre haute, à laquelle il siège depuis 2011.À son arrivée vers 20H00 dans son appartement du 6e arrondissement, la députée MoDem découvre à sa grande surprise être la seule invitée de Joël Guerriau. Pendant qu’elle patiente au salon, son hôte leur prépare dans la cuisine, hors de sa vue, des coupes de champagne pour trinquer.Sandrine Josso accepte le verre qui lui est offert, boit quelques gorgées. En bouche, le champagne blanc a un drôle de goût.D’après la députée de Loire-Atlantique, Joël Guerriau se montre étrangement pressant. Il lui reproche de ne pas boire ou manger, insiste pour la resservir, trinquer. Le sénateur réalise des “tours de magie” devant son invitée, joue avec l’éclairage de la pièce en coupant puis rallumant par à-coups le plafonnier.Après une coupe et demi de champagne, accompagnée de deux fajitas, Sandrine Josso ressent des symptômes “bizarres”: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausée, tremblements… Voyant Joël Guerriau manipuler un sachet transparent et le ranger dans un tiroir de la cuisine, elle panique.Prétextant devoir retourner à l’Assemblée nationale, la députée, en grande détresse, ayant même du mal à parler ou tenir debout, quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues députés de venir la récupérer au palais Bourbon.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.- “Acte d’inadvertance” -Interpellé dès le lendemain des faits, Joël Guerriau dément avoir drogué Sandrine Josso pour l’agresser et argue d’un “acte d’inadvertance” de sa part.Selon le récit qu’il a fourni tout au long de l’instruction, il s’est procuré pour lui-même un euphorisant dans une période de vague à l’âme consécutive à la mort de son chat, et a servi par erreur à son amie un verre qu’il se destinait.En perquisition, un sachet de 30 grammes d’ecstasy a été retrouvé dans le tiroir de sa cuisine.”Je ne suis pas au top de ma forme. J’ai l’air d’aller bien mais à l’intérieur, je suis ravagée”, a confié à l’AFP Sandrine Josso en amont du procès. “Quelque part, je prends ça comme une mission en fait. Je me dis, si ça m’est arrivé, que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose”.Pour sa part, Joël Guerriau “réserve ses explications au tribunal”, ont indiqué à l’AFP ses avocats, Mes Maria Roumiantseva et Henri Carpentier. L’ex-sénateur, qui a démissionné le 5 octobre dernier du palais du Luxembourg, encourt cinq ans d’emprisonnement.Sandrine Josso considère qu’en la droguant, Joël Guerriau avait l’intention de la violer pour “assouvir une pulsion, un fantasme”, ce dont le prévenu se défend.Si le sénateur n’a effectué aucun geste à caractère sexuel durant la soirée, les juges d’instruction ont estimé que le “cadre à tout le moins intimiste” du tête-à-tête et ses recherches sur internet, quelques semaines avant les faits, sur la drogue et le viol étaient suffisants pour qu’il soit jugé de ce chef devant le tribunal.

“Nous souhaitons fermer le site” de Bétharram, dit le secrétaire général de l’enseignement catholique

“Nous souhaitons fermer le site” de Notre-Dame de Bétharram, au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles, “c’est clairement notre objectif”, a affirmé le secrétaire général de l’enseignement catholique Guillaume Prévost lundi.Mais “nous ne souhaitons pas le faire dans n’importe quelles conditions, compte tenu de nos responsabilité” vis-à-vis des victimes et des familles notamment, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, quelques jours après des déclarations contradictoires sur le sujet et qui laissaient planer une incertitude sur le devenir de l’établissement situé à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques).M. Prévost s’est dit “confiant” sur sa “capacité à pouvoir (…) présenter un projet clair sur le plan logistique et éducatif avant l’été”. “Nous nous sommes donné trois mois pour aboutir”, a-t-il affirmé, assurant qu'”une seule chose nous guide, la responsabilité”.Depuis deux ans, près de 250 plaintes ont été déposées par d’anciens élèves de Notre-Dame-de-Bétharram auprès du parquet de Pau, mettant en cause des prêtres et des laïcs pour des faits commis entre la fin des années 1950 et le début des années 2000.Il y a sur le site “un symbole, un bâtiment” qui “est la version négative qu’il faut quitter”, a de son côté affirmé Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec).L’avenir des enfants scolarisés sur place “est sur le groupe scolaire du Beau-Rameau”, qui compte aujourd’hui trois établissements dans la commune voisine d’Igon: une école primaire, un lycée et un lycée professionnel, a-t-il expliqué.”Il conviendra d’y rajouter un quatrième établissement, un collège. Voila ce que s’appelle la fermeture en bon ordre et proprement du site”, a-t-il ajouté.Pour les 160 collégiens aujourd’hui sur le site de Lestelle-Bétharram, “il faut leur trouver des salles de classe” et donc “réorganiser le site d’Igon”, a ajouté le président de la Fnogec.Pour M. Guéret, “ce type d’opérations est faisable, en profitant des temps fermés, donc de vacances”.M. Guéret avait annoncé la semaine dernière la prochaine fermeture du site de Lestelle-Bétharram, des propos avec lesquels le Secrétariat général de l’Enseignement catholique avait toutefois pris ses distances en assurant qu’il n’était “pas question de fermeture de l’établissement à ce stade”.Des violences avaient été dénoncées dès les années 1990 mais la parole des anciens élèves ne s’est libérée qu’à partir de l’automne 2023, dénonçant fellations et masturbations forcées, passages à tabac, humiliations et supplices.Des faits pour lesquels la congrégation des pères de Bétharram a reconnu sa responsabilité, l’an dernier après que le scandale eut éclaté, et compte indemniser toutes les victimes.

Ex-OPEC president’s corruption trial sees start delayedMon, 26 Jan 2026 12:43:13 GMT

The corruption trial in London of Diezani Alison-Madueke, a former Nigerian oil minister and the first woman president of OPEC, had its start delayed Monday for legal and technical reasons, lawyers said.The 65-year-old faces five counts of accepting bribes and one count of conspiracy to commit bribery, related to her time as Nigeria’s Minister for …

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Historic winter storm kills at least 11 across US

A monster storm barreling across the United States had killed at least 11 people on Monday, prompting warnings to stay off the roads, mass flight cancelations and power outages after a weekend of misery.The storm dumped snow, sleet and freezing rain across swathes of the country from Texas to New England, with temperatures set to fall dangerously low this week.New York City Mayor Zohran Mamdani said five people were found dead outside over the weekend, telling reporters “there is no more powerful reminder of the danger of extreme cold.”In Texas, authorities confirmed three deaths, including a 16-year-old girl killed in a sledding accident.Two people died in Louisiana from hypothermia, the southern state’s health department said.Meanwhile, one person was killed and two others injured Saturday during a winter weather related collision in southeast Iowa, according to local State Patrol.The PowerOutage.com tracking site showed more than 820,000 customers without electricity as of Monday, mostly in the US South where the storm intensified on Saturday.In Tennessee, where a band of ice has downed power lines, more than 250,000 residential and commercial customers were without electricity, while Louisiana and Mississippi — where such storms are less common — each had over 100,000 outages as of Monday.The outages are particularly dangerous as the South is being walloped by treacherous cold that the National Weather Service warns could set records.Authorities from Texas to North Carolina and New York urged residents to stay home due to the perilous conditions.”Stay off the roads unless absolutely necessary,” Texas’s Emergency Management Division posted on X.The storm was moving Monday through the US northeast and southeast Canada, with some areas in Toronto seeing record-breaking snowfall.At least 20 states and the US capital Washington have declared states of emergency.Federal offices have been preemptively closed for Monday and several major airports in Washington, Philadelphia and New York had nearly all flights canceled for the day.Tracking site Flightaware.com showed more than 19,000 flights into and out of the country had been scrapped since Saturday.In Maine, a small aircraft carrying eight passengers crashed on takeoff Sunday evening at Bangor International Airport, the Federal Aviation Administration (FAA) reported.It was not immediately clear if the crash was weather-related or the conditions of the passengers.President Donald Trump, who was riding out the storm at the White House, said on his Truth Social platform Saturday: “We will continue to monitor, and stay in touch with all States in the path of this storm. Stay Safe, and Stay Warm!”- Polar vortex -The brutal storm system is the result of a stretched polar vortex, an Arctic region of cold, low-pressure air that normally forms a relatively compact, circular system but sometimes morphs into a more oval shape, sending cold air spilling across North America.Scientists say the increasing frequency of such disruptions may be linked to climate change, though the debate is not settled and natural variability plays a role.But Trump — who scoffs at climate change science and has rolled back green energy policies — questioned how the cold front fit into broader climatic shifts.”WHATEVER HAPPENED TO GLOBAL WARMING???” the Republican leader posted.The NWS warned that heavy ice could cause “long-duration power outages, extensive tree damage, and extremely dangerous or impassable travel conditions,” including in many states less accustomed to intense winter weather.Authorities warned of life-threatening cold that could last a week post-storm, especially in the Northern Plains and Upper Midwest, where wind chill lows were forecast to dip to extremes under -50F (-45C).Such temperatures can cause frostbite within minutes. 

New Nepali political party fields LGBTIQ candidates

Nepali sexual and gender minorities unveiled their candidates in a new political party on Monday ahead of March elections, challenging an ageing political elite ousted in last year’s mass uprising.The September 8-9 anti-corruption uprising was triggered by anger over a brief government ban on social media, and at least 77 people were killed.The uprising built on public frustration after years of economic stagnation and allegations of entrenched political corruption.The Inclusive Socialist Party, with a membership of more than 500 people, mostly from sexual and gender minorities, will field six candidates.”I have been requesting previous parliamentarians to raise our issues,” Numa Limbu, a third-gender candidate who leads the party, told AFP.”But, if we have a seat at the table, then others don’t have to speak for us.” Limbu said that the party understands wider issues of marginalised communities, and will tackle the needs not only of the LGBTIQ community but also those of youth and women.”We believe that friends from our party and community will reach the parliament,” Limbu said. Elections will be held for the 275-seat House of Representatives, the lower chamber of parliament, with 165 chosen in a direct vote and 110 through party lists.Some other political parties have listed LGBTIQ candidates in their proportional representation lists but have not fielded direct candidates.Nepal has some of South Asia’s most progressive laws on LGBTIQ rights.In 2023, an interim order from the Supreme Court allowed same-sex and transgender couples to register their marriages.However, no one from the community has held public office since 2008, when Sunil Babu Pant, an openly gay man, became a lawmaker, nominated under the proportional representation system.Former parliamentarian Pant, who has been at the forefront of pushing for changes, is an adviser to the Inclusive Socialist Party.”Absence of representation from the community has meant that rights ensured to us by the constitution have not translated to laws. We also have to go to address that,” he said.More than 900,000 people in Nepal identify as a sexual minority, according to the leading rights group the Blue Diamond Society.Despite legal strides, many LGBTIQ people still face discrimination in employment, healthcare and education.

Philippines : au moins 18 morts et 10 disparus dans le naufrage d’un ferry

Le naufrage d’un ferry aux Philippines, où ce transport est très emprunté malgré un entretien des bateaux laissant à désirer, a fait au moins 18 morts lundi et 10 disparus, un rescapé mettant en cause l’équipage et les secours.Un précédent bilan faisait état de 24 disparus parmi plus de 350 personnes à bord. Mais la porte-parole des gardes-côtes philippins, Noemie Cayabyab, a dit à l’AFP que le nombre initial de passagers à bord avait été revu à la baisse, à 344, certains noms figurant sur le manifeste du navire n’ayant jamais embarqué.Le MV Trisha Kerstin 3 a émis un signal de détresse vers 01H50 dans la nuit (17H50 GMT dimanche) alors qu’il assurait la liaison entre Zamboanga City sur l’île de Mindanao et l’île de Jolo, à environ 150 kilomètres de là, dans le sud du pays.En début d’après-midi, 317 personnes ont été secourues, 18 étaient décédées, tandis que 10 restaient portées disparues, selon le décompte des gardes-côtes philippins.Ronalyn Perez, une représentante des services de secours de Basilan, a déclaré à l’AFP que les sauveteurs ont eu du mal à faire face à l’afflux de blessés. “Le véritable défi réside dans le nombre de patients qui arrivent. Nous manquons de personnel pour le moment”, a-t-elle déclaré à l’AFP, ajoutant qu’au moins 18 personnes avaient été transportées dans un hôpital local.Mal entretenus et peu contrôlés, les ferries sont l’un des principaux moyens de transport dans l’archipel philippin, qui compte plus de 7.100 îles. Ils sont empruntés par des millions de personnes.- Enquête ouverte -Le naufrage du navire de 44 mètres, qui comprend trois ponts, a eu lieu en pleine nuit de dimanche à lundi à environ cinq kilomètres à l’est de l’île de Baluk-Baluk, dans la province de Basilan.La porte-parole des gardes-côtes a précisé à la télévision que les rescapés avaient fait état d’une mer agitée au moment de la catastrophe.Aquino Sajili, un survivant, a remis en cause cette version auprès de l’AFP, affirmant que les vagues ne se sont renforcées qu’après la catastrophe.Contactée par l’AFP, la compagnie, Aleson Shipping Lines, n’a pas donné suite. Elle exploitait aussi un ferry dont l’incendie a fait 31 morts en 2023. Une enquête a été ouverte.Une vidéo diffusée par le gouverneur de la province de Basilan montre des survivants pieds nus enveloppés dans des couvertures et placés sur des civières, tandis que les victimes du naufrage sont transportées dans des sacs mortuaires.Survivant du naufrage Aquino Sajili a raconté à l’AFP avoir été réveillé par un autre passager quand le navire a commencé à pencher, avant de passer plus de trois heures en attendant les secours dans l’eau, en pleine nuit.”Personne au sein de l’équipage ne nous alertés”, raconte cet avocat de 53 ans. “C’étaient des passagers qui aidaient les autres à rester calme et leur disaient de ne pas sauter du bateau”, ajoute-t-il.- “Délai inacceptable” -Après avoir “entendu un craquement”, le “bateau a immédiatement chaviré”, précise le quinquagénaire, joint par l’AFP après son retour chez lui, à Zamboanga City. Selon lui, de nombreuses victimes étaient des femmes âgées, trop faibles pour s’extirper du ferry.Il voyageait avec un client qu’il avait accompagné pour une audience judiciaire et qui est mort dans la catastrophe.Lui s’est accroché jusqu’au dernier moment à une partie du navire restée émergée, avant d’agripper un canot de sauvetage qui avait lui-même chaviré sous le poids des passagers tentant d’y grimper.”On a dérivé en mer pendant plus de trois heures”, rapporte-t-il, dénonçant un délai “inacceptable”. “On se réconfortait et s’encourageait à ne pas paniquer.”Dans leur communiqué, les gardes-côtes ont assuré que le ferry n’était pas surchargé comme c’est fréquemment le cas dans l’archipel philippin, où vivent 116 millions d’habitants et qui a connu nombre de catastrophes maritimes dans le passé.Le 21 décembre 1987, le ferry Dona Paz est entré en collision aux Philippines avec un pétrolier, faisant plus de 4.300 morts. Cette tragédie est à ce jour le pire accident maritime de l’histoire en temps de paix.Plus récemment, en 2015, le Kim Nirvana a chaviré peu après son départ, faisant 61 morts dans le centre des Philippines. Le naufrage du ferry, qui transportait également plusieurs tonnes de ciment, riz ou engrais, a vraisemblablement été causé par à un excès de charge.

JO-2026: triple médaillé olympique en ski, Alexis Pinturault grand absent de la sélection

Plus grand palmarès du ski alpin français, Alexis Pinturault doit faire le deuil d’une ultime participation aux JO: de retour après deux hivers plombés par les blessures, le triple médaillé olympique n’a pas été sélectionné pour les Jeux de Milan Cortina qui débutent dans 11 jours.Le skieur de Courchevel aux 34 victoires en Coupe du monde, trois podiums olympiques et trois titres mondiaux, en manque de gros résultats cet hiver, n’a pas été retenu parmi les sept hommes sélectionnés en ski alpin, dont le champion olympique du slalom Clément Noël et la révélation de l’hiver Paco Rassat.En raison d’une règle complexe d’allocation des quotas olympiques entre les pays par la Fédération internationale de ski, qui prend en compte les résultats depuis un an et demi en privilégiant les skieurs polyvalents, le clan français avait déchanté il y a dix jours en comprenant qu’au lieu des 11 places escomptées pour les hommes, il n’en obtiendrait finalement que sept (huit pour les femmes).”Ça va être assez difficile”, anticipait déjà mi-janvier Xavier Fournier-Bidoz, entraîneur du groupe vitesse de l’équipe de France.Pour quelques skieurs (le champion olympique Clément Noël, la révélation du slalom Paco Rassat, le spécialiste de la vitesse Nils Allègre), la sélection ne faisait pas de doute mais pour d’autres cas les sélectionneurs avaient de quoi s’arracher les cheveux.En slalom, qui de Steven Amiez ou de Victor Muffat-Jeandet, tous les deux dans le top 15 mondial ? En vitesse, Nils Alphand et Matthieu Bailet ont montré qu’ils pouvaient frapper de grands coups, mais Maxence Muzaton a redistribué toutes les cartes samedi en arrachant à 35 ans et à la surprise générale la 3e place de la mythique descente de Kitzbühel. Et en géant, comment décider de se priver d’Alexis Pinturault, immense nom du ski français, quand bien même il n’est pas le plus performant cet hiver ?Face au casse-tête, les sélectionneurs ont tranché. Ce sera Nils Alphand et Maxence Muzaton en vitesse, Steven Amiez en slalom et Léo Anguenot en géant. En renonçant donc à Alexis Pinturault, cadre de l’équipe de France depuis plus de douze ans.- “Je n’estime pas avoir un passe-droit” -A 34 ans, le skieur de Courchevel avait fait des Jeux olympiques de Milan Cortina une des ses principales sources de motivation pour ne pas arrêter pour de bon sa carrière après deux graves blessures aux genoux en janvier 2024 puis en janvier 2025.Triple médaillé olympique, la première fois en 2014 (3e en géant), il avait décidé, cette saison, d’abandonner les épreuves de vitesse, auxquelles il s’était consacré depuis deux ans, pour se concentrer uniquement sur le géant, “ce que je maîtrise le mieux” et y espérer une qualification olympique. Mais les résultats cet hiver (trois top 15, cinq top 20 en six courses en Coupe du monde) n’auront pas été suffisants.”J’avais utilisé les mots +course contre la montre+, je n’ai pas parlé de +préparation+ dans l’objectif des Jeux olympiques. J’étais lucide sur le fait qu’il y a énormément de choses à reconstruire dans un temps qui est très court”, affirmait-il début janvier, déjà conscient que sa place n’était pas garantie.”Je n’estime pas avoir un passe-droit, je pense que, comme tout le monde, je dois montrer des résultats”, ajoutait alors le vainqueur du classement général de la Coupe du monde en 2021.Le skieur doit s’aligner mardi sur le géant de Coupe du monde à Schladming en Autriche. Il a plusieurs fois répété qu’il voulait se laisser le temps de la réflexion avant de décider de prendre sa retraite, évoquant la possibilité de continuer jusqu’aux Mondiaux-2027.Chez les femmes, la France disposait de huit quotas en ski alpin, pour à peine plus d’athlètes évoluant sur le circuit de la Coupe du monde. Cheffe de file des Bleues, Romane Miradoli a été sélectionnée avec Camille Cerutti et Laura Gauché, Marie Lamure, Marion Chevrier, Clara Direz, Caitlin McFarlane et Doriane Escané.Au total 160 athlètes français (158 + 2 remplaçants pour le bobsleigh) ont été sélectionnés pour les JO de Milan Cortina, un record pour des Jeux d’hiver. La France vise “un top 5 olympique”, avec l’ambition de faire “un peu plus de 50% de médailles par rapport aux Jeux de Pékin” en 2022 (14 médailles, dont 5 en or), avait indiqué en octobre dernier Yann Cucherat, manager de la haute performance à l’Agence nationale du sport.