Liban: le Conseil de sécurité de l’ONU négocie toujours sur l’avenir des Casques bleus

Le Conseil de sécurité de l’ONU poursuivait lundi ses discussions sur l’avenir de la force de maintien de la paix des Nations unies dans le sud du Liban (Finul), alors que sa prolongation d’un an voulue par la France et Beyrouth se heurte à l’hostilité des Etats-Unis et d’Israël.Les 15 membres du Conseil avaient commencé la semaine dernière des discussions autour d’un projet de résolution préparée par les Français et qui vise à renouveler ce mandat des quelque 10.800 Casques bleus – fournis entre autres par l’Indonésie, l’Inde, l’Italie, le Ghana ou encore le Népal – qui font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978.Mais le vote initialement prévu lundi, qui doit avoir lieu avant l’expiration du mandat actuel dimanche, a été reporté à une date indéterminée, les négociations se poursuivant, ont indiqué lundi plusieurs sources diplomatiques à l’AFP.Un projet de texte, consulté par l’AFP, propose de prolonger la présence de la Finul jusqu’au 31 août 2026, tout en exprimant “l’intention (du Conseil) de travailler à un retrait de la Finul, avec l’objectif que seul le gouvernement libanais assure la sécurité dans le sud” du pays.Ce vote intervient au moment où Beyrouth s’est engagé à désarmer et à démanteler le groupe chiite pro-iranien Hezbollah d’ici la fin de l’année, sous pression de Washington et dans le cadre de l’application du cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre avec Israël en 2024.- “Stabilité”-Mardi dernier, le président libanais Joseph Aoun a plaidé pour le maintien des Casques bleus car, a-t-il fait valoir, “toute limitation du mandat de la Finul (…) aurait un impact négatif sur la situation, alors qu’Israël continue d’occuper certaines portions du territoire libanais”.De fait l’accord de cessez-le-feu prévoit également un retrait israélien de la zone, mais Israël, dont l’armée s’est plusieurs fois accrochée avec la Finul, maintient des troupes dans des positions frontalières jugées stratégiques et mène régulièrement des frappes chez son voisin du nord.Le pays, qui mène plusieurs guerres dans la région, menace même de ré-attaquer le Liban si le Hezbollah, dorénavant très affaibli, n’est pas complètement désarmé.Le projet de résolution “appelle le gouvernement israélien à retirer ses dernières forces au nord de la Ligne bleue (démarcation des Nations unies établie en 2000, ndlr), y compris de cinq positions tenues en territoire libanais”.Alors que les Etats-Unis sont tout aussi hostiles à la Finul que leur allié israélien, un porte-parole du département d’Etat a refusé de commenter les délibérations du Conseil de sécurité où Washington dispose d’un droit de veto.Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, Stéphane Dujarric, a lui jugé “crucial” le soutien qu’a apporté la Finul à l’armée du Liban, avec l’aide au déploiement de 8.300 militaires libanais, une assistance logistique, de l’argent, du carburant et de la formation.”Nous avons toujours eu le sentiment que la présence de la Finul apportait de la stabilité le long de la Ligne bleue”, ligne de démarcation fixée par l’ONU entre le Liban et Israël, a-t-il déclaré.

Premier voyage en Europe de l’australopithèque Lucy, exposée à Prague

Précieusement emballés, ils ont atterri mi-août à Prague : les ossements de la plus célèbre australopithèque Lucy, découverts il y a un demi-siècle en Ethiopie, sont exposés au musée national de Prague à partir de lundi.Ces 52 fragments dentaires, de crâne, de bassin et de fémur, vieux de 3,18 millions d’années, “n’ont voyagé qu’une seule fois, aux États-Unis”, entre 2007 et 2013, a rappelé le directeur de l’institution, Michal Lukes, à leur arrivée sur le sol tchèque.Ils figurent parmi “les pièces paléoanthropologiques les plus précieuses et les plus anciennes au monde”, souligne-t-il, saluant ce rare prêt d’une durée de 60 jours du musée national d’Éthiopie.Les visiteurs pourront aussi découvrir le squelette quasi complet de Selam, jeune australopithèque morte à deux ans et sept mois, qui aurait vécu 100.000 années avant Lucy. Découvert en 2000, il n’avait jamais quitté l’Éthiopie.- Chanson des Beatles -Une exposition “historique” donc, selon Addis Abeba, offrant “une occasion unique de voir de près ces fossiles humains”.C’est le 24 novembre 1974, dans la région de l’Afar nichée dans le nord-est du pays, que les ossements de Lucy ont été mis au jour, permettant de composer environ 40% du squelette.Donald Johanson, qui faisait partie de l’équipe scientifique également composée de Maurice Taieb, Yves Coppens, Jon Kalb et Raymonde Bonnefille, était présent à l’ouverture de l’exposition lundi, aux côtés du Premier ministre tchèque Petr Fiala et de la ministre éthiopienne du Tourisme Selamawit Kassa.”Les deux squelettes figurent parmi les expositions du patrimoine mondial… ils sont exposés dans un pays européen pour la première fois de l’histoire,” a déclaré Petr Fiala lors de l’ouverture solennelle avec un orchestre de cuivres militaire.Selamawit Kassa a déclaré que l’exposition était unique en ce que Lucy et Selam sont exposées ensemble pour la première fois, “en dehors de l’Éthiopie bien sûr”. “L’Éthiopie est inégalée pour son registre fossile continu des ancêtres humains s’étendant sur six millions d’années, avec 14 spécimens d’ancêtres humains allant de l’Australopithèque à Homo sapiens découverts en Éthiopie”, a-t-elle ajouté.Donald Johanson, qui a découvert Lucy avec son équipe, a salué l’Afrique comme le lieu où “nous nous sommes d’abord séparés des grands singes africains, c’est là que nous nous sommes d’abord tenus debout, c’est là que nos cerveaux ont d’abord grandi, où nous avons commencé à créer de l’art et des outils en pierre spécialisés, et où nous, ce que nous appelons Homo sapiens, avons évolué”. “Nous partageons tous une ascendance commune, nous sommes unis par notre passé. Et je pense que c’est un rappel extrêmement important pour l’humanité aujourd’hui”, a-t-il ajouté.D’abord appelé A.L-288-1, cet hominidé bipède a été baptisé ainsi en référence à la chanson des Beatles “Lucy in the Sky with Diamonds”, écoutée par les paléontologues pendant les fouilles.Morte possiblement entre 11 et 13 ans (ce qui est considéré comme un âge adulte pour cette espèce), mesurant moins d’1,10 m de haut et pesant autour de 29 kg, Lucy est habituellement conservée dans une pièce non ouverte au public au cœur de la capitale éthiopienne.- Tante de l’humanité -Tout comme Selam, le plus vieil enfant du monde, Lucy est “une ambassadrice de l’Éthiopie, berceau de l’humanité”, s’enthousiasme-t-il. Longtemps décrite comme la grand-mère de l’humanité, elle est aujourd’hui plutôt considérée comme une tante ou une cousine – sa filiation directe avec l’Homme étant contestée. Selon une étude publiée en 2016 dans la revue Nature, elle passait au moins un tiers de son temps dans les arbres où elle dormait pour échapper aux prédateurs, ce qui lui aurait été fatal puisque qu’elle est “probablement” morte après une chute.De nombreuses trouvailles ont depuis rebattu les cartes, en Ethiopie, en Afrique du Sud, au Kenya mais aussi au Tchad.Toumaï, considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine du haut de ses 7 millions d’années, ou encore Ardi, âgé de 4,5 millions d’années, ont rejoint Lucy au panthéon préhistorique.

Premier voyage en Europe de l’australopithèque Lucy, exposée à Prague

Précieusement emballés, ils ont atterri mi-août à Prague : les ossements de la plus célèbre australopithèque Lucy, découverts il y a un demi-siècle en Ethiopie, sont exposés au musée national de Prague à partir de lundi.Ces 52 fragments dentaires, de crâne, de bassin et de fémur, vieux de 3,18 millions d’années, “n’ont voyagé qu’une seule fois, aux États-Unis”, entre 2007 et 2013, a rappelé le directeur de l’institution, Michal Lukes, à leur arrivée sur le sol tchèque.Ils figurent parmi “les pièces paléoanthropologiques les plus précieuses et les plus anciennes au monde”, souligne-t-il, saluant ce rare prêt d’une durée de 60 jours du musée national d’Éthiopie.Les visiteurs pourront aussi découvrir le squelette quasi complet de Selam, jeune australopithèque morte à deux ans et sept mois, qui aurait vécu 100.000 années avant Lucy. Découvert en 2000, il n’avait jamais quitté l’Éthiopie.- Chanson des Beatles -Une exposition “historique” donc, selon Addis Abeba, offrant “une occasion unique de voir de près ces fossiles humains”.C’est le 24 novembre 1974, dans la région de l’Afar nichée dans le nord-est du pays, que les ossements de Lucy ont été mis au jour, permettant de composer environ 40% du squelette.Donald Johanson, qui faisait partie de l’équipe scientifique également composée de Maurice Taieb, Yves Coppens, Jon Kalb et Raymonde Bonnefille, était présent à l’ouverture de l’exposition lundi, aux côtés du Premier ministre tchèque Petr Fiala et de la ministre éthiopienne du Tourisme Selamawit Kassa.”Les deux squelettes figurent parmi les expositions du patrimoine mondial… ils sont exposés dans un pays européen pour la première fois de l’histoire,” a déclaré Petr Fiala lors de l’ouverture solennelle avec un orchestre de cuivres militaire.Selamawit Kassa a déclaré que l’exposition était unique en ce que Lucy et Selam sont exposées ensemble pour la première fois, “en dehors de l’Éthiopie bien sûr”. “L’Éthiopie est inégalée pour son registre fossile continu des ancêtres humains s’étendant sur six millions d’années, avec 14 spécimens d’ancêtres humains allant de l’Australopithèque à Homo sapiens découverts en Éthiopie”, a-t-elle ajouté.Donald Johanson, qui a découvert Lucy avec son équipe, a salué l’Afrique comme le lieu où “nous nous sommes d’abord séparés des grands singes africains, c’est là que nous nous sommes d’abord tenus debout, c’est là que nos cerveaux ont d’abord grandi, où nous avons commencé à créer de l’art et des outils en pierre spécialisés, et où nous, ce que nous appelons Homo sapiens, avons évolué”. “Nous partageons tous une ascendance commune, nous sommes unis par notre passé. Et je pense que c’est un rappel extrêmement important pour l’humanité aujourd’hui”, a-t-il ajouté.D’abord appelé A.L-288-1, cet hominidé bipède a été baptisé ainsi en référence à la chanson des Beatles “Lucy in the Sky with Diamonds”, écoutée par les paléontologues pendant les fouilles.Morte possiblement entre 11 et 13 ans (ce qui est considéré comme un âge adulte pour cette espèce), mesurant moins d’1,10 m de haut et pesant autour de 29 kg, Lucy est habituellement conservée dans une pièce non ouverte au public au cœur de la capitale éthiopienne.- Tante de l’humanité -Tout comme Selam, le plus vieil enfant du monde, Lucy est “une ambassadrice de l’Éthiopie, berceau de l’humanité”, s’enthousiasme-t-il. Longtemps décrite comme la grand-mère de l’humanité, elle est aujourd’hui plutôt considérée comme une tante ou une cousine – sa filiation directe avec l’Homme étant contestée. Selon une étude publiée en 2016 dans la revue Nature, elle passait au moins un tiers de son temps dans les arbres où elle dormait pour échapper aux prédateurs, ce qui lui aurait été fatal puisque qu’elle est “probablement” morte après une chute.De nombreuses trouvailles ont depuis rebattu les cartes, en Ethiopie, en Afrique du Sud, au Kenya mais aussi au Tchad.Toumaï, considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine du haut de ses 7 millions d’années, ou encore Ardi, âgé de 4,5 millions d’années, ont rejoint Lucy au panthéon préhistorique.

Human ancestor Lucy gets first European showing in PragueMon, 25 Aug 2025 13:21:04 GMT

The 3.18-million-year-old bone fragments of human ancestor Lucy, which rarely leave Ethiopia, went on display in Prague on Monday, with the Czech prime minister hailing the fossils’ “first ever” showing in Europe.The ancient remains of the Australopithecus afarensis were discovered in Ethiopia in 1974. The find was, at the time, the most complete ever made …

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Salvadoran man at center of Trump immigration row detained again

A Salvadoran man at the center of a row over President Donald Trump’s immigration crackdown was arrested on Monday and is facing deportation, officials said.Kilmar Abrego Garcia, who was wrongly deported to El Salvador in March and then sent back to the United States, was arrested by Immigration and Customs Enforcement (ICE), Homeland Security Secretary Kristi Noem said.ICE was “processing him for deportation,” Noem added in a post on X.According to Abrego Garcia’s lawyers, the government intends to deport him to far-flung Uganda.Abrego Garcia was released last week from a jail in Tennessee, where he is facing human smuggling charges, and allowed to go home to Maryland pending trial.He was required to check in with ICE in Baltimore on Monday as one of the conditions of his release.Simon Sandoval-Moshenberg, one of Abrego Garcia’s attorneys, said his client was taken into custody by ICE when he turned up for the appointment.”The notice stated that the reason was an interview,” Sandoval-Moshenber said. “Clearly that was false. There was no need for them to take him into ICE detention.”He was already on electronic monitoring from the US Marshal Service and basically on house arrest,” he said. “The only reason that they’ve chosen to take him into detention is to punish him.”The attempt to deport Garcia to Uganda in East Africa adds a dramatic new twist to a saga that became a test case for Trump’s harsh crackdown on illegal immigration — and, critics say, his trampling of the law.- ‘Administrative error’ -Abrego Garcia had been living in the United States under protected legal status since 2019, when a judge ruled he should not be deported because he could be harmed in his home country.Then he became one of more than 200 people sent to El Salvador’s CECOT mega-prison as part of Trump’s crackdown on undocumented migrants.But Justice Department lawyers admitted that the Salvadoran had been wrongly deported due to an “administrative error.”He was returned to US soil only to be detained again in Tennessee on human smuggling charges.Abrego Garcia denies any wrongdoing, while the administration alleges he is a violent MS-13 gang member who smuggled other undocumented migrants into the country.On Thursday, when it became clear Abrego Garcia would be released the following day, government officials made him a plea offer: remain in custody, plead guilty to human smuggling and be deported to Costa Rica.He declined the offer.The case has become emblematic of Trump’s crackdown on illegal migration.Right-wing supporters praise the Republican president’s toughness, but legal scholars and human rights advocates have blasted what they say is a haphazard rush to deport people without even a court hearing, in violation of basic US law.

GPA: une idée “totalement contraire” à la “dignité des femmes”, selon Aurore Bergé

La ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé a jugé lundi que la GPA (gestation pour autrui), dont Gabriel Attal veut débattre de la légalisation, est “totalement contraire” à “la dignité des femmes”, sur Europe1/CNews.”Je ne nie pas le désir puissant d’enfant qui peut exister. (…) Je peux totalement comprendre la douleur de celles et ceux qui n’arrivent pas à être parents”, a expliqué la ministre invitée à réagir à la proposition du secrétaire général du parti Renaissance qui souhaite aboutir à une GPA présentée comme “éthique”. Mais Mme Bergé “ne souhaite pas que pour répondre à ce désir d’enfant sincère qui peut exister, on mette en balance la question du corps des femmes et de la dignité humaine”.Le président des députés macronistes Gabriel Attal souhaite mettre la légalisation de la GPA au débat interne du parti Renaissance, dans le cadre d’une convention thématique qui fera l’objet d’un vote des adhérents.La GPA est la pratique consistant à une femme, désignée généralement sous le nom de “mère porteuse”, de porter un enfant pour le compte d’un couple de parents d’intention, à qui il sera remis après la naissance.Le président Emmanuel Macron avait dit l’an dernier ne pas être favorable à la GPA, qui n’est selon lui “pas compatible avec la dignité des femmes” et constitue “une forme de marchandisation de leur corps”.

Sous un ciel parsemé de drones, des robots pour aider les médecins militaires ukrainiens

A l’aide d’un robot piloté à distance, un militaire ukrainien récupère l’un de ses camarades blessés pour le transporter vers un lieu sûr, loin du front. Soudain, le pire se produit sur son écran.Ce jeune homme de 27 ans répondant au nom de guerre “Magicien”, aperçoit une fumée grise: sa machine a heurté une mine.”Magicien” est alors convaincu que la mission est un échec, et que son frère d’armes a péri par sa faute. “Pendant cinq minutes, la mort de cette personne pesait sur ma conscience”, raconte-t-il à l’AFP.Mais en regardant l’écran, qui montre des panaches de fumée s’échappant du véhicule, il aperçoit une silhouette qui rampe pour se mettre en sécurité: le soldat blessé est toujours vivant. Il ne reste pour l’équipe qu’à envoyer un deuxième robot pour finir la mission.La prolifération de drones bon marché mais mortels déployés tant par la Russie que l’Ukraine a profondément changé la façon dont la guerre est menée. Elle a aussi transformé la manière dont les médecins de première ligne récupèrent les blessés sur le champ de bataille.Au début de l’invasion russe lancée début 2022, les soignants pouvaient se précipiter sur le champ de bataille et évacuer les soldats avec des civières ou des véhicules. C’est aujourd’hui impossible en raison des drones.Olena Ivanenko raconte des épisodes douloureux où elle n’a pas pu atteindre des soldats blessés, pourtant à moins d’un kilomètre de distance. “J’entendais leurs voix à la radio, mais je ne pouvais rien faire”, dit avec regret cette infirmière militaire.- “Trop loin” -Sur dix kilomètres autour de la ligne de front s’étend désormais une “zone mortelle” où tout mouvement peut être fatal, selon des analystes.”Quand un frère ou une soeur meurt, c’est fini. On ne peut pas les ramener à la vie, mais quand on a une chance de sauver quelqu’un et qu’on ne peut pas le faire parce qu’on est trop loin, c’est très dur”, témoigne Mme Ivanenko, qui sert au sein du 412e régiment ukrainien.Cette impuissance a contraint l’armée à faire preuve d’ingéniosité.L’unité de Mme Ivanenko envoie souvent de la nourriture ou des médicaments à l’aide de drones aux militaires immobilisés par leurs blessures. Cela va même jusqu’à envoyer des seringues en expliquant à distance comment s’en servir.Les robots d’évacuation comme ceux de “Magicien” sont une autre solution, mais seuls des opérateurs qualifiés peuvent mener à bien ces missions délicates.”Il faut être très prudent, ne pas faire de mouvements brusques, être très attentif”, explique “Krop”, un opérateur de robot de la 5e brigade.Sur un terrain d’entraînement dans l’est de l’Ukraine, il montre à l’AFP les mouvements agiles dont sont capables les machines qu’il pilote à l’aide d’une manette équipée d’un écran.”Krop” envoie le robot à travers un champ de tournesols et le fait tourner sur place, tandis qu’un autre pilote joue le rôle du blessé sur la plate-forme destinée à les transporter.- “Tout mon corps tremblait” -L’attitude des opérateurs change en fonction de la mission, souligne “Bot”, pilote de la 5e brigade.”Il s’agit de la vie de quelqu’un. Ce n’est pas un jeu”, dit le jeune homme de 24 ans.Les robots sont lents, ce qui signifie que les drones russes peuvent facilement les localiser et les prendre pour cible, s’ils ne sautent pas sur une mine avant cela.Le bilan des évacuations ratées, en termes de vies perdues, pèse lourdement sur les pilotes.”On passe une demi-heure à se flageller, puis on se dit: +Bon sang, ce sont ces salauds qui les ont tués. Ce n’est pas moi qui leur ai tiré dessus+”, assure “Magicien”.Après avoir cru à l’échec de sa mission d’évacuation de son camarade blessé, il s’en est tiré avec un deuxième robot.”À ce moment-là, je conduisais et tout mon corps tremblait, sauf les doigts qui tiennent le joystick”, raconte le militaire.Le trajet du retour a duré des heures, avec des moments douloureux pour le soldat blessé, entre nids-de-poule, creux et bosses.”J’avais un peu pitié de lui. Quinze kilomètres dans un panier qui tremble, ce n’est pas très confortable”, remarque “Magicien”. “Mais je l’ai sorti de là”.

Réseaux sociaux et effet de groupe aux racines du fléau des couteaux chez les jeunes

Après une série de meurtres à l’arme blanche par des adolescents ces derniers mois, aux abords ou dans des établissements scolaires, jeunes, éducateurs et psychiatres dénoncent une banalisation de la violence et une facilité d’accès aux armes, notamment sur les réseaux sociaux.Dans un rapport remis au Premier ministre, la vice-présidente de l’Assemblée nationale Naïma Moutchou constate que depuis 2016, “20% des mis en cause porteurs d’une arme sont des mineurs”, avec 3.000 jeunes par an interpellés en possession d’une arme blanche.En février, le gouvernement a constaté que les signalements d’armes blanches dans les établissements scolaires avaient bondi de 15% sur un an.Pour lutter contre ce fléau, il a demandé la mise en place d’un “protocole” de détection des problèmes de santé mentale dans tous les établissements scolaires à partir de cette rentrée, sans débloquer toutefois de nouveaux moyens.Depuis plusieurs mois, la police mène des fouilles aléatoires de sacs devant les collèges ou lycées. C’est lors de l’une d’elles qu’un adolescent de 14 ans a tué une surveillante en juin.- “Effet de groupe” -Pour Naël, 16 ans c’est souvent en ligne que les problèmes commencent. “Deux quartiers vont s’affronter et se lancer des piques sur YouTube”. Puis s’ils se rencontrent dans la vraie vie, “un tel va se faire taper”, appeler ses amis, “après, ça dégénère”, explique-t-il à l’AFP.Pour lui, avoir un couteau résulte aussi d’un “effet de groupe”: “c’est pour montrer que tu en as un”, remarque l’adolescent de Vitry-sur-Seine, évoquant une culture viriliste.D’autant que se procurer une lame est devenu très facile: en quelques clics sur TikTok ou autre réseau social, on a accès à des boutiques en ligne de lames létales sans vérification d’âge, pour quelques dizaines d’euros. “Il y a aussi les gazeuses, les marteaux, les tasers…”, énumère Naël, en marge d’un match de football organisé par des associations anti-rixes.L’adolescent a été touché personnellement par le phénomène quand son cousin de 22 ans a été “planté à la main” (poignardé) “à Orly, pendant une rixe”.Les adolescents justifient le port du couteau parce qu’ils se sentent menacés, expliquent les observateurs (parents, enseignants, etc).Un cercle vicieux selon Almamy Kanouté, un éducateur qui tente d’apprendre aux jeunes qu’il y a “d’autres moyens de se défendre”.  Boro Doucouré, de l’association anti-rixes Restart Up, attribue le phénomène à plusieurs facteurs: des parents dépassés mais aussi l’influence de courants du rap comme “la drill, une musique où on est dans la poésie du couteau”.”Certains parents donnent un portable à leurs enfants pour qu’ils ne s’ennuient pas, et après les jeunes se perdent sur les réseaux sociaux, “dans des images, de la violence” qui “finissent par être banalisées dans leur subconscient”, ajoute-t-il.- “Tuer devient banal” -Le psychiatre Xavier Pommereau épingle aussi “le numérique, les jeux vidéo extrêmement violents, le rapport au réel et l’imaginaire complètement fondus” donnant l’impression que “tuer l’autre devient quelque chose de banal”.Un avis partagé par son confrère Serge Hefez, qui dénonce la perte du sentiment d’empathie.Il attribue “l’exacerbation de la violence chez les jeunes à des tensions sur l’ensemble de la société, à l’angoisse de l’avenir”.”Tout leur laisse à penser qu’ils vont plutôt moins bien vivre que la génération précédente”, relève-t-il auprès de l’AFP.La France est loin d’être le seul pays concerné. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a dénoncé une “crise nationale” sur fond de hausse des agressions à l’arme blanche impliquant des mineurs.”Il y a urgence à faire un vrai travail de prévention par rapport aux écrans” pour que les jeunes soient “moins livrés à eux-mêmes face à des contenus de plus en plus violents”, estime Serge Hefez.”Il faut aussi davantage ouvrir l’école à la société civile, aux associations”, conclut-il.Sa consoeur Rachel Bocher parle de problèmes “multifactoriels” et appelle à des efforts “interministériels”: “de la justice, de l’éducation, de la santé…”, détaille-t-elle.Le président Emmanuel Macron a dit vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Missionnée par le chef du gouvernement après la mort fin avril d’une lycéenne poignardée par un autre élève à Nantes, Naïma Moutchou recommande notamment de généraliser la vidéosurveillance dans les établissements scolaires, et bannir la vente de certains couteaux “extrêmement dangereux”.