Accord UE-Mercosur: barrage filtrant d’agriculteurs au port du Havre

Une centaine d’agriculteurs ont mis en place dimanche un “barrage filtrant” à l’entrée du port du Havre (Seine-Maritime) pour contrôler les camions afin de dénoncer l’accord entre l’UE et le Mercosur sud-américain, qui mobilise ailleurs en France et en Europe.Après la démonstration de force jeudi à Paris de la Coordination rurale, des manifestations ont eu lieu vendredi en Pologne et Italie puis encore samedi en Irlande pour protester contre ce traité entre l’UE, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, qui créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Au Havre, les agriculteurs ont établi samedi soir un petit camp de base à l’entrée du premier port à conteneurs français pour contrôler “un maximum de produits alimentaires qui entrent et qui sortent”, a expliqué par téléphone Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime (JA76), un syndicat proche de la première organisation agricole française, la FNSEA.Les militants agricoles entendent bloquer les aliments qui ne respectent pas les normes sanitaires et environnementales imposées aux producteurs français et européens.”On veut être en place pour ce soir, où le trafic va s’intensifier. Demain lundi, on nous annonce 5.000 camions par jour”, a-t-il dit, précisant vouloir “filtrer mais pas bloquer les accès au port du Havre, pour ne pas bloquer totalement l’activité des dockers”.D’autres actions sont en cours ailleurs en France, comme en Savoie, où une cinquantaine d’agriculteurs bloquent depuis jeudi soir le dépôt pétrolier d’Albens, sur la commune d’Entrelacs, a indiqué dimanche la Confédération paysanne, qui précise que “la préfecture menace de nous déloger lundi matin”.Des barrages sont aussi en place sur des axes routiers, sur l’A63 à Bayonne ou l’A64, à Carbonne, au sud de Toulouse, bloquée depuis le 12 décembre par “Les Ultras de l’A64”. La Coordination rurale prépare également une action dimanche soir l’autoroute A1, dans le nord du pays, au niveau du péage de Fresnes-les-Montauban (Pas-de-Calais), a-t-on appris auprès d’un porte-parole.Par ailleurs, à partir de lundi, les locaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) dans le Tarn-et-Garonne resteront fermés au public pour dénoncer des dégradations commises dans la nuit de vendredi à samedi. Des agriculteurs “ont fracturé des vitres, saccagé des bureaux en épandant du lisier”, a déploré Pierre Marie Senes, directeur adjoint de la Mutualité Sociale Agricole de Montauban, auprès d’un correspondant de l’AFP. Cette mobilisation agricole, lancée il y a un mois contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a été amplifiée par le feu vert donné vendredi par une majorité de pays européens à l’accord avec le Mercosur, qui doit être signé samedi prochain au Paraguay.Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique latine moins chers et pas forcément respectueux des normes européennes, faute de contrôles suffisants.En supprimant une large part des droits de douane, l’accord favorise les exportations européennes de voitures, de machines, de vins, d’huile d’olive et de produits laitiers, et il facilite l’entrée en Europe de boeuf, de volaille, de sucre, riz, miel, et soja.La ratification du traité dépend encore d’un vote, qui s’annonce serré, au Parlement européen, probablement en février ou en mars. Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.bur-ban-elr-kau/gf/as

Venezuelans await release of more political prisoners, Maduro ‘doing well’

Venezuelans were waiting for more political prisoners to be released on Sunday, as ousted president Nicolas Maduro defiantly claimed from his US jail cell that he is “doing fine” after being seized by US forces a week ago.Interim president Delcy Rodriguez has begun to free prisoners jailed under Maduro, saying a “large” number would be released in a gesture of appeasement for which Washington took credit.Rodriguez, vice president under Maduro, said Venezuela would take “the diplomatic route” with the United States, with President Donald Trump claiming it was “in charge” of the South American country.”Venezuela has started the process, in a BIG WAY, of releasing their political prisoners. Thank you!” Trump said in a post on his Truth Social platform on Saturday night.”I hope those prisoners will remember how lucky they got that the USA came along and did what had to be done.”Rights groups estimate there are 800 to 1,200 political prisoners held in Venezuela.Maduro and his wife were captured in a dramatic nighttime raid on January 3 that began with air strikes across Caracas. They were taken to New York City by US forces to stand trial on drug-trafficking and weapons charges.- Anxiety over prisoners -Only 21 people had been released by Saturday evening, including several prominent opposition figures, prisoners’ rights groups and the opposition said.A detained police officer accused of “treason” against Venezuela had also died in state custody, the opposition and rights groups said on Saturday.”We directly hold the regime of Delcy Rodriguez responsible for this death,” Primero Justicia (Justice First), which is part of the Venezuelan opposition alliance, said in a statement on X.Anxious relatives have camped outside jails, awaiting the promised release of political prisoners.Families held candlelight vigils outside El Rodeo prison east of Caracas and El Helicoide, a notorious prison run by the intelligence services, displaying signs with the names of their imprisoned relatives.”I am tired and angry,” Nebraska Rivas, 57, told AFP as she waited for her son to be released from El Rodeo.”But I have faith that they will hand him over to us soon,” she said after sleeping on the pavement outside the prison for two nights.- ‘Trust blindly’ -Maduro claimed he was “doing well” in jail in New York, his son Nicolas Maduro Guerra said in a video released by his party on Saturday.Around 1,000 protesters, waving flags and placards with the face of the mustachioed ex-leader and his wife Cilia Flores, rallied in the west of Caracas and a few hundred in the eastern Petare district. “I’ll march as often as I have to until Nicolas and Cilia come back,” said demonstrator Soledad Rodriguez, 69.”I trust blindly that they will come back — they have been kidnapped.”The demonstrations were far smaller than Maduro’s camp had mustered in the past, and top figures from his government were notably absent.Rodriguez was instead seen attending an agricultural fair. She has moved to placate the powerful pro-Maduro base by insisting Venezuela is not “subordinate” to Washington, and vowed in televised comments she would “not rest for a minute until we have our president back.”The other two hardline powers in his government, Interior Minister Diosdado Cabello and Defense Minister Vladimir Padrino Lopez, were also not seen at the rallies.- Oil talks -Trump vowed to secure US access to Venezuela’s vast oil reserves following Maduro’s capture, and Rodriguez has pledged to cooperate.The White House said Trump has signed an emergency order protecting US-held revenues derived from sales of Venezuelan oil, preventing them from being seized by courts or creditors.Trump pressed top oil executives at a White House meeting on Friday to invest in Venezuela’s reserves, but was met with a cautious reception.Chevron is currently the only US firm licensed to operate in Venezuela, through a sanctions exemption.Experts say Venezuela’s oil infrastructure is creaky after years of mismanagement and sanctions.Washington has also confirmed that US envoys visited Caracas on Friday to discuss reopening their embassy there.The Venezuelan government did not respond when asked whether the US officials had met with Rodriguez.The US embassy in Colombia warned on Saturday that “the security situation in Venezuela remains fluid” and advised Americans to leave “immediately” as commercial flights become available.

Nouvelles manifestations en Iran, une ONG met en garde contre un “massacre”

Des Iraniens ont de nouveau manifesté contre le pouvoir dans la nuit, une ONG s’inquiétant dimanche dans le pays privé d’internet d’un “massacre” des forces de l’ordre pour mettre fin à une contestation inédite depuis trois ans.Le mouvement, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, a gagné de nombreuses autres villes et pris de l’ampleur ces derniers jours.Des ONG ont signalé des dizaines de morts depuis le début du mouvement, alors que la République islamique fait face à l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979.Devant un Iran “aspirant à la liberté”, le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait “prêt à aider”.En cas de frappes américaines, l’Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti dimanche le président du Parlement.- Hôpitaux “débordés” -Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays.Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors que la coupure d’internet, depuis maintenant plus de 60 heures, rend quasi impossible toute communication avec le monde extérieur.”Cette mesure de censure constitue une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens”, a souligné sur son compte X l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. Dans d’autres vidéos, qui n’ont pas pu être authentifiées par l’AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a déclaré avoir confirmé la mort de 116 personnes, dont 37 membres des forces de sécurité ou autres responsables, depuis le début du mouvement. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, doit publier son bilan plus tard dimanche, après avoir fait état vendredi d’au moins 51 manifestants tués et de centaines de blessés.Mais les militants ont averti que la coupure d’internet limitait fortement la circulation de l’information et que le nombre réel de victimes risquait d’être bien plus élevé.Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a dit avoir reçu des “témoignages directs et des rapports crédibles” sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours.”Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines”, avertit l’organisation.Elle ajoute que les hôpitaux sont “débordés”, que les réserves de sang diminuent et que de nombreux manifestants ont été délibérément visés aux yeux par des tirs.- Lignes téléphoniques coupées -Dans des déclarations à la télévision d’Etat, le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni a affirmé que les actes de “vandalisme” étaient en baisse, mettant en garde “ceux qui mènent les manifestations vers la destruction, le chaos et des actes terroristes”.Dimanche, le chef de la police a annoncé “d’importantes arrestations contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes, qui, si Dieu le veut, seront punis après la fin des procédures légales”.A Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité pratiquement impossible.Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n’avait rien à voir avec la situation actuelle.Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche.”N’abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés”, a-t-il lancé.