Defiant Khamenei slams protests as Iran presses internet shutdown

Iran’s supreme leader Ayatollah Ali Khamenei on Friday vowed the Islamic republic would not back down in the face of the biggest protests in years, as authorities pressed an internet blackout as part of a crackdown that has left dozens dead.Protests have taken place across Iran for 13 days in a movement sparked by anger over the rising cost of living that is now marked by calls for the end of the clerical system that has ruled Iran since the 1979 Islamic revolution that ousted the pro-Western shah.The biggest protests seen yet in the movement took place late Thursday with large crowds marching through Tehran chanting slogans including “death to the dictator”.Internet monitor Netblocks said authorities had now imposed a “nationwide internet shutdown” for the last 24 hours that was violating the rights of Iranians and “masking regime violence”.In a separate statement, Amnesty International said the “blanket internet shutdown” aims to “hide the true extent of the grave human rights violations and crimes under international law they are carrying out to crush” the protests.Norway-based NGO Iran Human Rights, raising a previous toll of 45 issued the day earlier, said at least 51 protesters, including nine children under the age of 18, have been killed by security forces and hundreds more injured.The demonstrations represent one of the biggest challenges yet to the Islamic republic in its over four-and-a-half decades of existence.- ‘Stained with blood’ -The protests late Thursday were the biggest in Iran since 2022-2023 rallies nationwide sparked by the death in custody of Mahsa Amini after she was arrested for allegedly violating the Islamic republic’s strict dress code.But Khamenei struck a defiant tone in his first comments on the escalating protests since January 3, calling the demonstrators “vandals” and “saboteurs”, in a speech broadcast on state TV.Khamenei said US President Donald Trump’s hands “are stained with the blood of more than a thousand Iranians”, in apparent reference to Israel’s June war against the Islamic republic which the US supported and joined with strikes of its own.He predicted the “arrogant” US leader would be “overthrown” like the imperial dynasty that ruled Iran up to the 1979 revolution.”Last night in Tehran, a bunch of vandals came and destroyed a building that belongs to them to please the US president,” he said in an address to supporters, as men and women in the audience chanted the mantra of “death to America”.”Everyone knows the Islamic republic came to power with the blood of hundreds of thousands of honourable people, it will not back down in the face of saboteurs.”Trump said late Thursday that “enthusiasm to overturn that regime is incredible” and warned that if the Iranian authorities responded by killing protesters, “we’re going to hit them very hard. We’re ready to do it.”In the Fox News interview, Trump went as far as to suggest 86-year-old Khamenei may be looking to leave Iran. “He’s looking to go someplace,” he said. Iranian Foreign Minister Abbas Araghchi, on a visit to Lebanon, on Friday accused Washington and Israel of “directly intervening” to try to “transform the peaceful protests into divisive and violent ones”.- ‘Red line’ -The son of the shah of Iran ousted by the 1979 Islamic Revolution, US-based Reza Pahlavi, urged Trump to intervene to help the protesters, adding “the people will be on the streets again in an hour”.But judiciary chief Gholamhossein Mohseni Ejei warned that punishment of “rioters” would be “decisive, the maximum and without any legal leniency”.Quoted by state television, he said a district prosecutor in the town of Esfarayen in eastern Iran and several members of the security forces had been killed late Thursday in the protests.The intelligence branch of the Revolutionary Guards, the security force entrusted with ensuring the preservation of the Islamic republic, said the “continuation of this situation is unacceptable” and protecting the revolution was its “red line”.Meanwhile, Iranian state television on Friday broadcast images of thousands of people attending counter-protests and brandishing slogans in favour of the authorities in some Iranian cities.The Haalvsh rights group, which focuses on the Baluch Sunni minority in the southeast, said security forces fired on protesters in Zahedan, the main city of Sistan-Baluchistan province, after Friday prayers, causing an unspecified number of casualties.There were few videos emerging of other new protest actions late Friday, with some sources blaming this on the internet shutdown.Amnesty International and Human Rights Watch said in a joint statement that since the start of the protests on December 28, security forces “have unlawfully used rifles, shotguns loaded with metal pellets, water cannon, tear gas and beatings to disperse, intimidate and punish largely peaceful protesters”.

CAN-2025: le Sénégal est encore en demies, le Mali a encore fini à dix

Le Sénégal a conforté son rôle de grand prétendant en dominant logiquement le Mali (1-0), qui a terminé un match à dix pour la troisième en cinq matches de Coupe d’Afrique, vendredi en quart de finale à Tanger.Dans leur quête d’un second titre après celui de la CAN-2021, les Lions affronteront en demi-finale le vainqueur d’Egypte-Côte d’Ivoire, joué samedi.Un but d’Ilimane Ndiaye (27e) a suffi pour assurer une septième apparition dans le dernier carré de la CAN aux Sénégalais, la troisième en quatre éditions pour les favoris de la compétition juste derrière l’hôte marocain, qui disputait son quart de finale contre le Cameroun (20h00).Mais les Aigles du Belge Tom Saintfiet ont encore été trahis par leur indiscipline. Leur capitaine Yves Bissouma a été exclu juste avant la mi-temps pour un deuxième avertissement après un tacle en retard sur Idrissa Gana Gueye (45+3). Il avait déjà vu jaune pour une obstruction sur Sadio Mané (21e).C’est la troisième fois de la compétition qu’un Malien est exclu. Le néo-Lensois Amadou Haïdara avait reçu un rouge en fin de match contre les Comores (0-0) en poules, et Woyo Coulibaly avait laissé ses coéquipiers à dix dès la 27e minute en 8e de finale contre la Tunisie (1-1, 3 t.a.b. à 2).Les deux première fois l’exclusion n’avait pas eu de conséquences collectives, mais la défection du capitaine était le coup de trop pour l’équipe de Saintfiet, qui n’avait fait que des matches nuls depuis le début de la compétition et n’y a marqué que trois buts, tous par l’Auxerrois Lassine Sinayoko, dont deux sur penalty.- La bourde de Djigui Diarra -Les Aigles ont été trahis sur le but par un autre cadre, le gardien Djigui Diarra, qui a laissé filer sous son ventre un centre de Krépin Diatta, repris par l’ancien Marseillais Ilimane Ndiaye.Sur cette action, le Monégasque, latéral droit avec les Lions, s’est rappelé qu’il était un ailier. Il avait été lancé au départ par Ndiaye.Le gardien du club tanzanien des Young Africans a pourtant retrouvé le mojo ensuite, il a réussi des parades superbes face à Sadio Mané (66, 90+6) et Pathé Ciss (67, 76), il a aussi détourné une frappe de Malick Diouf sur la barre (45+1) et une de Lamine Camara sur le poteau (90+2), mais le mal était fait.Réduits à dix et menés, les Maliens ont dû changer leur plan de jeu et tenter des attaques placées, alors qu’ils avaient misé sur le contre. Mais il n’ont que rarement pris en défaut la défense à nouveau dirigée par le capitaine Kalidou Koulibaly, auteur d’un retour plein d’autorité pour sa 101e sélection après un match de suspension.Le gardien Edouard Mendy, un des autres trentenaires des Lions avec Mané et Gana Gueye, a assuré en intervenant sur l’action la plus dangereuse des Aigles, face à Abdoulaye Diaby (57e).Jamais trop sérieusement menacé ensuite, le Sénégal, que la France croisera pour son premier match à la Coupe du monde 2026, le 16 juin, a tenu malgré le rush final des dix Aigles.

Iran: le pouvoir ne “reculera pas” face aux manifestations, avertit Khamenei

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti vendredi que son pays ne “reculerait pas” face à une vague de contestation qui prend de l’ampleur et défie la République islamique, en place depuis 1979.”Mort au dictateur”: dans les rues de Téhéran et d’autres grandes villes, des Iraniens réclament désormais ouvertement la fin de cette théocratie chiite, après 13 jours d’un mouvement initialement lié au coût de la vie.Au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont été tués et des centaines d’autres blessés à travers l’Iran depuis le début le 28 décembre de la contestation, a dénombré vendredi l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège. Devant ses partisans scandant en écho “mort à l’Amérique”, Ali Khamenei a adopté un ton offensif, dans un discours diffusé par la télévision d’Etat.  “La République islamique ne reculera pas face aux saboteurs”, a-t-il lancé, dénonçant la destruction la veille à Téhéran d’un bâtiment par “une bande de vandales”.Ce discours est intervenu au lendemain d’importantes manifestations à Téhéran, alors qu’internet, coupé jeudi dans tout le pays, demeurait inaccessible 24 heures plus tard, avec une connectivité “réduite à 1% de son niveau habituel”, d’après l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.Des images vérifiées par l’AFP montrent notamment des foules de personnes à pied à Téhéran défiant jeudi soir le pouvoir et des automobilistes klaxonnant en soutien au mouvement.Dans le même temps, la télévision iranienne a diffusé vendredi des images de milliers de personnes participant à des contre-manifestations et clamant des slogans favorables aux autorités.Elle a aussi montré les dégâts causés selon elle par les protestataires, citant le maire de Téhéran selon lequel plus de 42 bus, véhicules publics et ambulances ont été incendiés, ainsi que 10 bâtiments officiels. – Trump sera “renversé” -Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de l’Iran, a jugé la situation “inacceptable”, promettant de protéger la Révolution islamique. Et le pouvoir judiciaire a averti vendredi que la punition des “émeutiers” serait “maximale”. Un procureur du district de la ville d’Esfarayen, dans l’est de l’Iran, ainsi que plusieurs membres des forces de sécurité ont été tués jeudi soir lors de manifestations, selon le pouvoir judiciaire.Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, en visite au Liban, a accusé vendredi les Etats-Unis et Israël d’ingérence dans le mouvement de contestation, tout en écartant la possibilité d’une intervention militaire étrangère.Pour l’ayatollah Khamenei, “l’arrogant” Donald Trump sera “renversé”. Il a accusé le président américain d’avoir les mains “tachées du sang de plus d’un millier d’Iraniens”, dans une référence apparente à la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël et à laquelle les Etats-Unis s’étaient associés.La veille, M. Trump avait de nouveau menacé de “frapper très fort” l’Iran si les autorités réagissaient en tuant des manifestants. Le président américain a même avancé vendredi que l’ayatollah Khamenei chercherait à quitter le pays, affirmant: “il cherche à aller quelque part”.- “Peur de son peuple” – Le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a demandé vendredi à Donald Trump d’intervenir sans tarder en Iran. Il avait auparavant appelé les Iraniens à une nouvelle démonstration de force dans les rues pour “affaiblir davantage le pouvoir répressif du régime”.Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles survenues après la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.Elles éclatent au moment où le pays est affaibli après la guerre avec Israël et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, tandis que l’ONU a rétabli en septembre des sanctions liées au programme nucléaire iranien. Des ONG ont accusé les autorités d’avoir ouvert le feu sur des manifestants.Carabines à plomb, canons à eau, gaz lacrymogène et coups: dans un communiqué commun, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé les méthodes utilisées “pour disperser, intimider et punir des manifestants largement pacifiques”, y voyant “une politique d’Etat bien ancrée”.  Selon le groupe de défense des droits humains Haalvsh, qui évoque un nombre indéterminé de victimes, des manifestants ont été pris pour cible à Zahedan (sud-est) après la prière du vendredi.La France a appelé les autorités iraniennes “à la plus grande retenue” dans leur réponse à ce mouvement. L’UE a condamné une violence “inacceptable” et dénoncé la coupure d’internet, signe d’un “régime qui a peur de son peuple”.Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Volker Türk, a réclamé vendredi une enquête “rapide” et “indépendante” sur les manifestants tués.

Un détenu multirécidiviste blesse des surveillants à la prison d’Aix-Luynes

Un détenu multirécidiviste de 23 ans a agressé vendredi trois surveillants, blessant très gravement l’un d’entre eux, à la prison d’Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) où il était depuis quelques mois après avoir été transféré de deux autres établissements, déjà pour des violences sur agents.L’homme, de nationalité française, a porté plusieurs coups de ciseaux à des surveillants alors qu’il était entendu, peu avant 8H00, dans un bureau suite à l’agression de son codétenu la nuit précédente.”C’est un détenu qui a agressé plusieurs surveillants avec une arme blanche, précisément une paire de ciseaux. Il est très probable qu’il les ait pris sur le bureau dans lequel il était avec un surveillant,” a déclaré à l’AFP le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.Le magistrat a précisé que trois surveillants “ont été blessés, dont un très grièvement”, hospitalisé pour avoir reçu plusieurs coups de ciseaux au niveau du cou. Mais “ses jours ne sont pas en danger”, a-t-il ajouté.Selon les premiers éléments recueillis, les surveillants avaient demandé au détenu de venir s’expliquer: son codétenu avait le visage tuméfié et l’avait désigné comme son agresseur.Selon l’administration pénitentiaire, deux fonctionnaires ont été blessés gravement et un troisième, intervenant pour mettre fin à l’agression, a été blessé plus légèrement et est en état de choc.L’agresseur, placé en garde à vue, avait été condamné en 2025 à deux reprises à quelques mois d’intervalle pour violences et outrages contre des surveillants lorsqu’il était détenu à Toulon ou à Avignon-Le Pontet, selon le procureur.Ecroué en détention provisoire depuis avril 2024 pour viol et violences sur conjoint dont l’information judiciaire est toujours en cours, il était à Aix-Luynes depuis avril 2025. Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire et violence volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, en récidive.- “Danger extrême” -Sous-effectif chronique de surveillants, surpopulation carcérale, insalubrité: les prisons françaises sont au point de rupture, s’alarment régulièrement les acteurs de la pénitentiaire.La situation est particulièrement critique dans les maisons d’arrêt (courtes peines ou personnes en attente de jugement), comme celle d’Aix-Luynes où se sont multipliés ces dernières années les incidents, dont des violences entre détenus.L’intersyndicale de l’établissement UFAP-Unsa Justice-FO-CGT et CFDT a décidé vendredi de “bloquer les arrivées et sorties” de la prison samedi matin “en soutien aux collègues pour montrer qu’on ne peut pas laisser passer”, a précisé à l’AFP Amandine Cordier secrétaire nationale UFAP-Unsa Justice.Dans une vidéo sur X, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui doit se rendre samedi voir le blessé à son chevet et les personnels de la prison, a évoqué vendredi l’instauration d'”un numerus clausus, c’est à dire un maximum de détenus dans une prison”, disposition qu’il souhaite inclure dans son projet de loi “Sure”, visant une “meilleure exécution de la peine” carcérale.Pour lutter contre la surpopulation il veut aussi “construire des places de prison; il faut en faire entre 2.000 et 2.500 par an, ce que nous faisons cette année, l’année prochaine et l’année 2028.”Luynes, une des plus importantes prisons de France, est confrontée à un taux de suroccupation moyen de 150% avec 2.000 détenus hébergés sur 1.200 places, avaient alerté les autorités judiciaires locales en 2024.Cette surpopulation est due en partie au narcobanditisme marseillais avec une grande partie des détenus qui y sont envoyés par le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France.Devant la maison d’arrêt d’Aix-Luynes, plusieurs responsables syndicaux sont venus apporter leur soutien à leur collègues agressés.Ce détenu “a un palmarès long comme le bras, comme on en a beaucoup trop déjà (…) Il aurait dû normalement être pris en charge dans une cellule individuelle, mais on n’a pas les moyens de le faire, on n’a pas les moyens de prendre en charge correctement des détenus”, a déclaré à l’AFP Amandine Cordier, secrétaire nationale UFAP-Unsa justice.Pour Force Ouvrière-Justice, l’agression d’Aix-Luynes illustre le “danger extrême” auquel est “quotidiennement exposé” le personnel pénitentiaire. Le syndicat réclame dans un communiqué une “généralisation de la bombe incapacitante pour l’ensemble des personnels” –à l’heure actuelle seul l’encadrement en est doté– ainsi que “le déploiement du pistolet à impulsion électrique (PIE) et des caméras-piétons.”hj-alc-edy-dac/cbn

Venezuela: angoisse et frustration de proches dans l’attente de leur libération

Dilsia Caro dit avoir dormi à même le sol devant la prison de Rodéo I, dans la banlieue de Caracas. “Je ne bougerai pas d’ici”, assure celle qui espère voir son conjoint figurer parmi les prisonniers censés être relâchés par les autorités.Des dizaines de proches de dissidents ou militants détenus au Venezuela affluent vendredi devant …

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40 roses blanches, l’hommage bouleversant aux victimes de l’incendie en Suisse

Portant un seau à la main rempli de roses blanches, Azeddine Mekrabech a fait le déplacement vendredi à Crans-Montana, alors que la Suisse entière rendait hommage aux dizaines d’adolescents et jeunes adultes qui y ont perdu la vie dans un incendie la nuit du nouvel an.Une bâche protège désormais de la neige les innombrables fleurs, …

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Incendie de Crans-Montana : la Suisse se recueille, un des propriétaires incarcéré

Cloches, silence et discours : une grande partie de la population suisse a rendu hommage vendredi, jour de deuil national, aux victimes de l’incendie dramatique la nuit du nouvel an d’un bar de la station de ski de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 116 blessés.La journée a aussi été marquée par le placement en détention préventive d’un des deux propriétaires français de l’établissement, Jacques Moretti, le principal mis en cause dans cette affaire par le ministère public du canton à Sion, la capitale régionale.Cette mesure était réclamée depuis une semaine par les avocats des familles des victimes, très critiques sur la façon dont la procédure est menée par les autorités cantonales.Partout en Suisse, les autorités ont voulu placer ce 9 janvier sous le signe du recueillement. Dans les 26 cantons de la Confédération, une grande partie de la population a observé avant 14H00 (13H00 GMT) une minute de silence suivie par le tintement des cloches des églises.A Genève, Sion ou encore Zurich, ce silence a été respecté dans les entreprises, les administrations, les écoles et même dans la rue, où des passants se sont souvent arrêtés de marcher lorsque les sonneries des cloches ont retenti.- “Consterné” -Le volet officiel s’est déroulé à Martigny, dans le Valais, devant un millier de personnes, parmi lesquelles le chef de l’Etat français Emmanuel Macron et son homologue italien Sergio Mattarella, dont les pays ont été particulièrement endeuillés avec respectivement neuf et six morts, ainsi que de nombreux blessés.Dans son discours, le président de la Confédération suisse Guy Parmelin a souligné que son pays demeurait “consterné” par la tragédie et a appelé les autorités judiciaires à mettre “les manquements au grand jour et à les sanctionner”.Cette “nuit d’horreur” a fait de “la Suisse tout entière une seule et même famille d’affligés”, a-t-il poursuivi. A Crans-Montana, recouverte d’un épais manteau de neige vendredi, plusieurs centaines d’habitants, de touristes et de secouristes ont pu suivre en direct la cérémonie sur écran géant, certains parvenant mal à retenir leurs larmes. Devant le bar Le Constellation, ravagé par les flammes, un autel orné de fleurs, de bougies, de peluches et de photos des victimes était recouvert d’une toile blanche pour le protéger des flocons.”J’ai tenu comme Valaisan à être présent avec ma famille et mes petits-enfants pour témoigner aussi notre soutien, notre solidarité”, a confié à l’AFP Wilhelm Shnyder, un homme de 60 ans qui vit dans la partie alémanique du canton.- “Inimaginable” -Des personnes de 19 nationalités ont été frappées par la tragédie qui a fait 40 morts, dont la moitié sont des mineurs, et 116 blessés en majorité grièvement brûlés, dont 83 demeurent à ce jour hospitalisés en Suisse mais aussi en France, en Italie, en Allemagne et en Belgique.En marge des hommages, le propriétaire Jacques Moretti – connu de la justice française et condamné pour une affaire de proxénétisme en 2008 – a été auditionnéà Sion pendant plus de six heures avec son épouse et copropriétaire Jessica.Il a été emmené à bord d’un fourgon en milieu d’après-midi. Le ministère public cantonal a annoncé l’avoir placé en détention provisoire, estimant que “compte tenu de ses déclarations, de son parcours de vie et de sa situation en Suisse et à l’étranger”, le risque de fuite était “concret”.Sa femme a quant à elle pu ressortir libre et s’est pour la première fois présentée devant une poignée de médias, dont l’AFP.”Mes pensées constantes vont vers les victimes et les gens qui se battent aujourd’hui”, a-t-elle brièvement confié, les traits tirés et le souffle court. “C’était une tragédie inimaginable. Et jamais, jamais on n’aurait pu imaginer ça. Et ça c’est passé dans notre établissement et je tiens à m’excuser”, a-t-elle poursuivi avant de s’éclipser.La détention de son mari doit être confirmée dans un délai de 48 heures par le Tribunal des mesures de contrainte, a indiqué à la presse un des avocats du couple, Patrick Michod.Le couple est soupçonné d'”homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”.La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a estimé à Rome que l’incendie n’était pas un “simple accident” mais le résultat de trop de négligences et de la recherche de “l’argent facile”, promettant justice aux familles des victimes.Mardi, la commune de Crans-Montana avait reconnu qu’aucune inspection sécurité et incendie du bar n’avait été effectuée depuis 2019, ce qui a suscité la consternation des familles de victimes.D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse insonorisante dont était garni le plafond du sous-sol de l’établissement, en bas d’un immeuble de cette station cossue du Valais. Des interrogations portent aussi sur la présence d’extincteurs et la conformité des voies de sortie.L'”embrasement généralisé” et soudain du local a piégé les clients, principalement des adolescents et de jeunes adultes. En cette soirée de la Saint-Sylvestre, le bar était bondé et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des bousculades de personnes tentant désespérément de sortir.bur-nl-apo-ag/lpt