A Lyon, feu Gérard Collomb omniprésent dans la campagne électorale

Deux ans après sa mort, la figure de Gérard Collomb, ancien maire et ex-ministre de l’Intérieur, plane sur la campagne à Lyon, tous les candidats – y compris ses rivaux d’hier – s’inscrivant dans son sillage. Pendant près de vingt ans, ce socialiste devenu macroniste, décédé en novembre 2023 à 76 ans, a façonné la ville à travers ce qu’il appelait le “modèle lyonnais”, un développement urbain mêlant stabilité politique, attractivité économique et grands chantiers.De ce “maire bâtisseur” salué par le président Emmanuel Macron lors de ses obsèques, les Lyonnais retiennent l’émergence d’un nouveau quartier à la confluence de la Saône et du Rhône ou le vélo en libre-service.Ces derniers mois, le maire-sortant écologiste Grégory Doucet et son principal adversaire, l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, soutenu par le centre et la droite, ont multiplié les hommages envers l’ancien édile. “Gérard Collomb a l’image largement répandue d’un bon maire. Aujourd’hui, tout le monde veut récupérer une partie de cette bonne image”, observe Gérard Angel qui a chroniqué pendant 15 ans les “potins” politiques lyonnais dans un journal satirique.Pourtant, Gérard Collomb est sorti par la petite porte au scrutin de 2020, ses listes ayant été balayées par une vague écologiste inédite, sur fond d’alliance controversée avec la droite entre les deux tours.- “Légitimité” -Grégory Doucet l’a battu, mais il le qualifie dès son investiture de “grand amoureux de Lyon”, et salue un “maire transformateur et humaniste” à son décès. Il inaugure aussi une place et une station de métro à son nom. “Il a été un grand maire, il faut le dire, et je lui ai rendu hommage pour cela mais nous n’étions pas toujours d’accord”, nuance l’écologiste dans un échange avec l’AFP, revendiquant une “ligne de continuités et de ruptures”.Sa majorité a ainsi repris plusieurs des projets de Gérard Collomb, comme la transformation des quartiers de la Part-Dieu et de La Confluence, avec plus d’arbres et de vélos toutefois. Et elle a dit niet à un projet routier visant à boucler le périphérique lyonnais par l’ouest.Par ces égards, M. Doucet a cherché “à s’approprier une forme de légitimité”, à “contrecarrer le stigmate du militant écologiste déconnecté des réalités”, explique à l’AFP Romain Meltz, politologue et chercheur associé à l’ENS de Lyon.”Quand on est élu, on a une responsabilité de s’appuyer sur ce qui a été fait” par nos prédécesseurs, souligne pour sa part Bruno Bernard, le président écologiste de la Métropole de Lyon, une collectivité façonnée par et pour Gérard Collomb.”C’est ça l’efficience d’une politique publique”, poursuit l’élu, qui préfère le terme de “successeur” à celui “d’héritier”.- “Intéressée” -En face, Jean Michel Aulas, novice politique à 76 ans, revendique pleinement avoir “été très proche de Gérard Collomb”.Patron de l’OL et de la compagnie de logiciels Cegid pendant des décennies, il a beaucoup fréquenté l’ancien maire de Lyon. Leur relation tenait à un “même logiciel sur le rayonnement urbain par l’entreprise”, selon M. Meltz.Les deux hommes ont aussi collaboré pour la construction d’un grand stade à l’est de Lyon, inauguré il y a dix ans, vitrine de l’OL et de la ville à l’international, dans une relation “intéressée”, selon Gérard Angel.Alors quand Jean-Michel Aulas commence à penser à la mairie, il prend le soin de s’afficher avec l’ex-gymnaste Yann Cucherat, ancien adjoint et allié de M. Collomb aux élections de 2020.”Lyon, c’est Gérard Collomb et son humanisme bâtisseur !”, lance-t-il ensuite lors de son premier meeting. Et avec son alliée LR à la Métropole, Véronique Sarselli, il ressort des cartons le projet d’une cinquième ligne de métro, hérité de l’ère Collomb et abandonné par les écologistes.Pour ceux qui furent proches du Gérard Collomb socialiste, la pilule est dure à avaler. Le conseiller métropolitain Louis Pelaez, qui quittera la politique en mars, a ainsi déploré “toute forme de récupération” du nom du défunt.

La pollution des eaux sous un entrepôt Bolloré incendié en 2023 suscite l’inquiétude

Plusieurs associations s’inquiètent de concentrations importantes de lithium détectées dans les eaux souterraines sous un entrepôt de l’entreprise Bolloré Logistics au sud de Rouen, incendié en janvier 2023, où des batteries avaient été stockées sans autorisation.Les dernières analyses publiées récemment par la préfecture de Seine-Maritime font état d’un taux de lithium de 200.000 microgrammes par litre sur un point de captage des eaux souterraines de la commune de Grand-Couronne où a eu lieu l’incendie. C’est dix fois plus que l’an dernier, selon France Nature Environnement Normandie qui a porté plainte en mai 2025 pour pollution et écocide. Aucune norme sanitaire n’existe en France pour cette substance. Mais l’association cite des études menées par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) qui “tendent à établir une valeur cible maximale de 20 microgrammes par litre pour les organismes aquatiques des eaux douces et de 840 microgrammes pour l’eau destinée au réseau potable”. Parmi les effets dangereux potentiels identifiés par l’institut : neurotoxicité, hypothyroïdie, insuffisance rénale chronique. La pollution au lithium sous l’entrepôt incendié ne touche cependant pas le réseau d’eau potable, soulignent les autorités.D’après Paul Poulain, chercheur indépendant sur les pollutions et les risques, les composants des batteries au lithium et leur fuite dans l’environnement “constituent une menace directe” pour “les invertébrés, les poissons ou les oiseaux”.Le 16 janvier 2023, l’entrepôt stockant sans autorisation 12.300 batteries de véhicules appartenant à Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, avait été entièrement détruit par les flammes.- “On est scandalisés” -L’incendie avait immédiatement suscité des inquiétudes sur d’éventuels risques pour la santé ou l’environnement, auprès d’une population encore traumatisée par le précédent de l’usine Lubrizol en septembre 2019, quand 10.000 tonnes de produits chimiques étaient parties en fumée dans un autre incendie survenu dans le même secteur.En mai dernier, “quand nous avons déposé plainte on avait des taux 10 fois inférieurs à ce qu’on retrouve aujourd’hui”, a expliqué à l’AFP la juriste de France Nature Environnement Normandie Alice Béral. La hausse des concentrations, depuis, serait liée au ruissellement des eaux de pluie sur les batteries calcinées, seulement retirées du site en juillet 2025, plus de deux ans après l’incendie et après plusieurs mises en demeure.”On est toujours scandalisés, on aimerait que les responsables prennent leurs responsabilités”, a ajouté Mme Béral, soulignant vouloir faire assumer le coût du préjudice au groupe Bolloré.Le secrétaire de l’association des victimes de Lubrizol, Christophe Holleville, a regretté que le chantier de dépollution en surface se soit fait “à ciel ouvert”. “Cela aurait dû être fait sous un chapiteau de confinement, chaque coup de pelleteuse dégageait un nuage de poussière de lithium”, selon lui.Les taux de pollution au lithium “se sont envolés” dans les eaux de surface et malgré la mise en place d’une station de traitement des eaux polluées, “on atteint dans les eaux souterraines des taux record” qu’on ne retrouve qu’à proximité de sites d’extraction de ce métal, affirme-t-il.La préfecture reconnaît que le débit de pompage de la station de dépollution “n’atteint pas le niveau requis”.Blue Solutions et Bolloré Logistics, filiale rachetée en 2024 par CMA CGM, avaient été contraints par la préfecture et la justice administrative de financer cette “barrière hydraulique”.Contacté par l’AFP, le groupe Bolloré n’a pas donné suite.

US Senate eyes funding deal vote as government shutdown looms

The US Senate edged closer to a vote Friday on a funding deal to avert a government shutdown following a bitter standoff over President Donald Trump’s sweeping immigration crackdown.A partial government shutdown — affecting roughly three-quarters of the federal government — would be the second since Trump returned to office, threatening to furlough hundreds of thousands of public employees, interrupting government services and injecting fresh economic uncertainty just months ahead of the midterm elections.Current government funding lapses at midnight Friday.Democrats have said they are prepared to pass five of the six spending bills immediately, but have drawn a red line around funding for the Department of Homeland Security (DHS), demanding it be stripped out and renegotiated to impose new constraints on immigration enforcement agencies.Senate Democratic Leader Chuck Schumer said Thursday that the White House had agreed to the demand, with Senate leaders from both parties hoping to bring the deal to the floor for a vote on Friday.Democratic backlash to Trump’s hardline immigration crackdown, sharpened by the killing of two protesters in Minneapolis by federal agents in recent weeks, had raised the prospects of a shutdown in recent days. Democrats are pushing to rein in Immigration and Customs Enforcement (ICE), an agency that has rapidly expanded its ranks under Trump and now commands more funding than all other US federal law enforcement agencies combined.That anger boiled over Thursday when Senate Democrats blocked a key procedural vote on a six-bill spending package designed to keep most of the government funded.”What ICE is doing…it is state-sanctioned thuggery and it must stop. And Congress has the authority — and the moral obligation — to act,” Schumer said in a speech on the chamber floor.- All eyes on the House -Any fix, however, would still have to be approved by the House of Representatives — which is not due back from recess until Monday — making at least a weekend gap in funding inevitable.Lawmakers in both parties privately acknowledged that a brief lapse could easily stretch on if Schumer’s agreement with the White House — enthusiastically endorsed by Trump on Thursday — hits roadblocks in the lower chamber.Shutdowns temporarily freeze funding for non-essential federal operations, forcing agencies to halt services and place workers on unpaid leave or require them to work without pay. Under the current plan, departments ranging from education and transportation to housing, health and defense could be affected, while pressure would mount quickly to resolve disruptions rippling through the economy.Ironically, ICE itself would be largely unaffected, since it was allocated some $75 billion over four years in Trump’s 2025 One Big Beautiful Bill Act.The confrontation was triggered by events in Minnesota, where Alex Pretti, an intensive-care nurse filming Trump’s deportation efforts, was shot dead by Border Patrol agents last weekend. His killing came just weeks after another activist, Renee Good, was fatally shot blocks away during a separate immigration operation.Those deaths detonated what had appeared to be a stable bipartisan funding arrangement and refocused congressional debate on the conduct of federal officers operating under Trump’s aggressive enforcement campaign. Democrats want to see an end to roving immigration patrols, tighter warrant requirements, a universal use-of-force code, a ban on officers wearing masks, and mandates for body cameras and visible identification. Their agreement with the White House does not address any of these demands but it gives Congress an extra two weeks to thrash out a deal.  

Quatre mois de débats pour un 49.3: les députés s’interrogent sur le parlementarisme

Une séquence budgétaire harassante et un dernier recours à l’arme du 49.3 vendredi. Loin d’avoir vécu le “moment parlementaire” espéré, les élus se divisent sur les constats comme sur les solutions à apporter.Sur le perron de Matignon début octobre, Sébastien Lecornu solennise le contexte de son renoncement au 49.3: “Je pense que nous sommes dans le moment le plus parlementaire de la Ve République”.Quatre mois plus tard, s’il considère que cet outil constitutionnel ne “pourra plus être un réflexe”, le Premier ministre sera pourtant contraint d’y recourir comme ses prédécesseurs pour faire passer le budget de l’État à la faveur d’une non-censure négociée avec le Parti socialiste.Ce scénario n’avait jamais vraiment quitté la table faute de majorité, sur un texte qui détermine traditionnellement qui soutient ou non le gouvernement. Mais la conclusion est amère pour tout le monde, après “350 heures” de débats.- “Sclérose” -“C’était un drôle de pari, et ça n’a rien changé ensuite sur la nature des discussions”, se remémore Frédéric Valletoux, président Horizons de la commission des Affaires sociales. S’il reconnaît que le Premier ministre a hérité d’une situation “impossible”, le député regrette une “méthode” qui a trop laissé le stylo au Parlement sur le budget: “La commission des Finances c’est vingt administrateurs, celle des Affaires sociales, quinze. Comment voulez-vous qu’on fasse un budget satisfaisant ?”.Sébastien Lecornu a toutefois une victoire: le budget de la Sécurité sociale a bien été adopté par un vote dans l’hémicycle. Une première sous ce quinquennat.”À ce moment-là on pouvait se dire que le Parlement a réussi à s’imposer et à changer ses pratiques”, mais les concessions des oppositions “cachaient une volonté de n’en trouver aucune sur le budget de l’État”, déplore Erwan Balanant, député MoDem.Dès lors deux questions taraudent: le Parlement va-t-il trouver une manière plus satisfaisante de débattre des budgets ? Et comment ?”Ce que démontre cette séquence c’est que le parlementarisme est incompatible avec la Ve République”, tranche l’écologiste Sandrine Rousseau pour qui les “postures” liées à la présidentielle ont engendré “une sclérose parlementaire”.Un constat en partie partagé par Philippe Brun, député PS. “Si vous voulez vraiment du parlementarisme il faut supprimer l’élection présidentielle et renoncer au 49.3”, analyse-t-il, plaidant dans ce cas-là pour “interdire” les gouvernements minoritaires en rendant obligatoire le vote de confiance.- “Acteurs” -Coordinateur de LFI, Manuel Bompard ne croit pas à une “tripartition politique” qui durera “pour toujours”, mais réfléchit à un mode de scrutin qui renouvelle le Parlement. Comme sur une proportionnelle “avec un système d’apparentement”, permettant à chaque formation politique de concourir sous ses couleurs, mais en annonçant au préalable avec qui elle va additionner ses sièges pour former une coalition.Autre réflexion: “une prime majoritaire pour la coalition arrivée en tête, si elle atteint un score minimal, par exemple 40%. Si elle fait moins, vous ne pouvez pas considérer que le pays a voulu une majorité”, élabore le député.Toujours est-il qu’une réforme constitutionnelle, ou même un changement du mode de scrutin par une loi simple, seraient une gageure d’ici 2027, tant les positions divergent.”Le problème n’est pas la Constitution, c’est d’abord l’état d’esprit politique”, relève Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée.S’il estime qu’en cas d’entrée de l’extrême droite à l’Élysée, les électeurs à la recherche d’une “rupture” pourraient redonner à l’Assemblée une majorité nécessaire, il plaide pour ne “surtout pas écraser les oppositions”.”Même si vous êtes en majorité absolue il faut considérer que les lignes politiques entrant au Parlement sont représentatives de la population” et “même stratégiquement ce n’est pas bon de chercher à écraser”, poursuit ce proche conseiller de Marine Le Pen. Il juge toutefois impératif de “tout revoir” sur la procédure budgétaire.En marge de l’un des recours au 49.3 en janvier, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet avait déclaré: “C’est la démocratie (…) qui perd aujourd’hui”. La députée Renaissance a ainsi lancé une mission de réflexion à l’Assemblée pour que ce budget soit “le dernier discuté de cette façon-là”, souhaitant réformer le règlement ou les lois régissant la procédure budgétaire.Un député se montre toutefois circonspect: “la loi est bien écrite, le problème ce sont les acteurs”.

Pétrole: le Venezuela adopte une loi favorable au secteur privé, les Etats-Unis lèvent des sanctions

Moins d’un mois après la capture par les Etats-Unis du président Nicolas Maduro, Caracas a salué jeudi un “bond historique” pour le pétrole vénézuélien, avec l’adoption, sous pression américaine, d’une réforme ouvrant le secteur au privé, puis l’annonce par Washington d’une suspension partielle des sanctions instaurées en 2019.”Nous effectuons des pas historiques (…) J’ai reçu aujourd’hui un appel du président des Etats-Unis, Donald Trump, et de son secrétaire d’Etat, Marco Rubio”, a lancé la présidente par intérim Delcy Rodriguez lors d’une manifestation pro-pouvoir des employés du secteur pétrolier.Washington a levé les sanctions qui pesaient sur Petroleos de Venezuela (PDVSA), autorisant de facto les entreprises américaines à commercer avec le géant pétrolier public.Les transactions opérées par PDVSA, ainsi que celles des sociétés dont il détient au moins 50% des parts, sont désormais “autorisées”, affirme le ministère américain des Finances. Dans le même temps, Donald Trump a annoncé jeudi avoir demandé la réouverture de l’espace aérien du Venezuela aux vols commerciaux. “Les citoyens américains vont, dans très peu de temps, être en mesure d’aller au Venezuela et ils y seront en sécurité. (Le pays) est sous un contrôle très ferme”, a précisé le président américain, indiquant lui aussi avoir discuté avec son homologue vénézuélienne.Hasard ou conséquence ? L’annonce de la suspension de sanctions est venue quelques minutes à peine après l’adoption par l’Assemblée nationale vénézuélienne de la réforme de la loi sur les hydrocarbures, qui ouvre le secteur pétrolier au privé et bouleverse complètement le modèle hérité de l’ex-président Hugo Chavez (1999-2013), d’inspiration socialiste.De nombreux analystes soulignent qu’il s’agissait d’une exigence de M. Trump.”L’objectif principal de cette loi est que nous cessions de dire que nous avons les réserves les plus importantes (du monde) pour commencer à dire que nous comptons parmi les principaux producteurs de pétrole de toute cette planète”, a lancé le président de l’Assemblée, Jorge Rodriguez, frère de la présidente par intérim.Cette loi permet au pays de réaliser un “véritable bond historique, qualitatif”, a vanté Delcy Rodriguez.L’exploitation pétrolière était jusqu’ici l’apanage de l’Etat ou d’entreprises mixtes dans lesquelles l’Etat détenait la majorité. La réforme de la loi par M. Chavez en 2006 a limité l’activité des acteurs privés, imposant une participation majoritaire du public dans toutes les entreprises, fixant des impôts élevés.  Le nouveau texte autorise la signature de contrats permettant aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser la production sans participation de l’Etat. Il doit aussi dynamiser l’exploration, réservée jusqu’ici à ce dernier.- Flexibilité-Les différents impôts vont être remplacés par une contribution unique maximale de 15% ainsi que des redevances maximales (royalties) de 30% des revenus bruts.L’idée est d’avoir de la flexibilité: l’exécutif déterminera les taux d’imposition selon les projets. L’Etat peut ainsi par exemple baisser les impôts si un projet n’est pas aussi rentable que prévu ou a pris du retard, puis les augmenter quand celui-ci fonctionne bien. Jadis baptisé “Venezuela saoudite”, quand il était un acteur important du marché mondial, le pays produit selon les autorités quelque 1,2 million de barils par jour (bj).Des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait passer la production d’un pic de plus de 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à un plus bas historique de 350.000 par jour en 2020.La nouvelle loi va permettre des “contrats de service ou de production partagée. Cela démantèle totalement le modèle pétrolier d’Hugo Chavez”, explique à l’AFP l’expert pétrolier Francisco Monaldi, tout en avertissant que les conditions opérationnelles restent liées au bon vouloir de l’Etat.- “Sans débat” -Pour Rafael Ramirez, ex-ministre du pétrole de Chavez accusé de corruption et exilé en Italie, la nouvelle loi constitue un “énorme recul” pour le pays sud-américain, qui a nationalisé son industrie en 1976, sous la présidence du social-démocrate Carlos Andres Perez.La réforme “se fait malheureusement sans débat, de manière accélérée”, a-t-il regretté sur X. Pendant le débat à l’Assemblée, le pouvoir avait organisé une manifestation de travailleurs du secteur dans Caracas. “Cette réforme nous aide à améliorer (nos conditions de vie), nous, le moteur de la production de pétrole du Venezuela”, a estimé auprès de l’AFP Karina del Carmen Rodriguez, une employée de 53 ans. Les travailleurs espèrent que les investissements étrangers vont revitaliser le secteur et permettre des augmentations de leurs revenus extrêmement faibles.Les analystes s’attendent à ce que le flux de devises généré par le secteur pétrolier permette de mettre un coup d’arrêt à la spirale inflationniste.

Gangs ou collectifs de rue ? Le flou autour d’une réalité guadeloupéenne au procès des émeutes de 2021

Artistes, médiateurs, employés municipaux ou policier: les prévenus du procès des émeutes de 2021 en Guadeloupe, jugés depuis lundi à Fort-de-France (Martinique), ont tous en commun d’évoluer dans des quartiers populaires de l’archipel. Mais l’accusation de liens avec des “gangs” soulève débats et contestations à la barre.Deux d’entre eux seraient “leaders” de groupes apparentés à des gangs, selon un procès-verbal de renseignement de la gendarmerie consulté par l’AFP. Le document évoque des “structures hiérarchisées, ancrées sur un territoire avec des têtes de réseau et des lieutenants chargés d’exécuter des instructions liées à leurs activités criminelles”.Deux gangs majeurs seraient à l’œuvre en Guadeloupe, Sektion Kriminel et Chien La Ri, comptant respectivement 300 et 200 membres, selon ce même document. Ces deux groupes, connus dans l’archipel depuis le début des années 2000, étaient rivaux jusqu’en 2016.Sektion Kriminel, basé à Pointe-à-Pitre, réunit des rappeurs, souvent arborant la couleur violette.Les Chien La Ri sont aussi officiellement connus pour être un collectif d’artistes. Originaires de Baie-Mahault (centre de la Guadeloupe), ils s’étaient vus mettre à disposition un studio d’enregistrement par le maire de l’époque, Ary Chalus, actuellement président de la région Guadeloupe.Le procureur général près la cour d’appel de Basse-Terre Éric Maurel fait régulièrement référence à eux, alertant sur la structuration de ces groupes, leur évolution et leur implications dans des affaires de grand banditisme.Les accusés démentent fermement cette vision des choses. “Quand je lis certaines choses, j’ai l’impression qu’on se raconte un film”, réplique à la barre Noël Daufour, surnommé Oneel, présenté comme un membre important de Sektion Kriminel.Il est accusé, avec les 12 autres prévenus de ce procès, d’avoir été un organisateur des émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, sur fond de contestation du pass sanitaire pendant l’épidémie de Covid-19. Des bâtiments publics et commerciaux avaient été détruits, des barricades installées: une violence “planifiée et organisée”, selon le procureur de la République de l’époque, Patrick Desjardins.- Clips de rap -Mais c’est sur leur rapport à la violence, à la musique, à la Guadeloupe que les prévenus sont interrogés au prétoire. Tous évoquent des “violences institutionnelles” à laquelle ils ont été confrontés. La musique chez eux est omniprésente.”On relate une réalité avec le souci de décrire et de dénoncer”, défend Noël Daufour, interrogé sur la violence des paroles de ses morceaux et les armes qu’on y voit.Lui se présente comme “pacificateur”, y compris en détention lors d’anciennes condamnations. Après une peine de prison en 2016, il raconte avoir entrepris “d’apaiser les relations” avec d’autres groupes, dont les Chien La Ri, menés selon l’accusation par Frédéric “Bwana” Dumesnil, lui aussi sur le banc des prévenus.”Les gangs, c’est quelque chose qui est structuré, qui a des ramifications à l’étranger, il y a parfois des rituels de passage pour les intégrer: je n’ai jamais vu ça en Guadeloupe”, assure ce dernier, employé comme médiateur pour la commune de Baie-Mahault et connu pour son travail associatif auprès des jeunes.Autre prévenu, Loïc Chenilco est lui aussi médiateur pour la commune des Abymes (centre) et artiste, auteur de morceaux de trap -un courant du rap- aux paroles parfois militantes, et aux clips montrant souvent des armes.”Quand on vient de quartier difficile, on a un sentiment d’appartenance”, explique-t-il, disant avoir grandi à neuf enfants dans un trois-pièces insalubre, “l’équivalent d’une favela”.Adrien Roux, substitut du procureur à Fort-de-France, concède l’aspect “nébuleux” de ce phénomène de gangs aux contours peu connus. Il n’y a pas d’affaire judiciaire en cours en faisant cas et selon une source judiciaire, “aucun indicateur n’existe en Guadeloupe sur des faits liés aux gangs, auxquels les auteurs ne revendiquent jamais leur appartenance”.

Les Etats-Unis vers une paralysie budgétaire a minima après un accord

Trois mois après le dernier “shutdown”, les Etats-Unis se retrouveront vendredi à minuit de nouveau en situation de paralysie budgétaire, même si un accord conclu jeudi entre la Maison Blanche et les démocrates devrait permettre d’éviter une crise de longue durée.Passée l’heure limite, plusieurs ministères verront leur financement à sec et devront mettre au chômage technique une partie de leurs fonctionnaires.Dans le contexte des opérations de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis, les démocrates refusaient d’adopter un nouveau budget pour le ministère de la Sécurité intérieure, le DHS, et demandaient au gouvernement de Donald Trump d’adopter des réformes pour l’ICE, jugée hors de contrôle.Mais ce “shutdown” pourrait être de courte durée, puisque Donald Trump a annoncé jeudi soir avoir trouvé un compromis avec les démocrates pour que ceux-ci adoptent cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le ministère de la Sécurité intérieure – et donc l’ICE – fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.”La seule chose qui puisse ralentir notre pays, c’est un autre +shutdown+ long et néfaste de l’Etat fédéral”, a déclaré le président républicain sur sa plateforme Truth Social, en vantant ses accomplissements en matière économique.Le Sénat devrait à présent voter sur ce nouveau texte dans la journée de vendredi.Mais puisque cette version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi va devoir faire la navette retour.Un vote à la chambre basse ne pourra pas avoir lieu avant lundi au plus tôt, et l’Etat fédéral se retrouvera donc bien à minuit vendredi en situation de “shutdown” partiel.- “Brutalité” -Le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, a déclaré que les députés s’attèleraient à la nouvelle version dès leur retour à Washington.”On s’y mettra tout de suite”, a-t-il déclaré à des journalistes à l’avant-première à Washington du film “Melania”, produit par la Première dame.La semaine dernière, le texte semblait se diriger vers une adoption au Sénat avant la date limite du 31 janvier, mais les événements de samedi dernier à Minneapolis ont changé la donne.Les décès de Renee Good et d’Alex Pretti, tous deux tués par balle par des agents fédéraux à quelques semaines d’intervalle dans cette métropole du nord des Etats-Unis, ont provoqué un mouvement d’indignation au sein de la classe politique.De nombreux élus démocrates ont appelé à ce que des garde-fous soient instaurés sur la manière dont l’ICE opère, et ont dit refuser de voter tout budget pour le DHS — son ministère de tutelle — tant que l’administration Trump ne revoit pas sa politique en la matière.Qualifiant l’action des agents fédéraux de “brutalité soutenue par l’Etat”, le chef des démocrates au Sénat a appelé jeudi à des réformes, notamment à la fin des “patrouilles volantes”.”Ce n’est pas ça l’Amérique”, a déclaré Chuck Schumer dans l’hémicycle, qualifiant les agents de l’ICE de “voyous arpentant nos rues”.- 43 jours -En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget.Si un “shutdown” semble désormais inévitable vendredi soir, les Etats-Unis ne connaîtront probablement pas une répétition du blocage d’octobre et novembre dernier — le plus long de l’histoire des Etats-Unis — lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles (contrôleurs aériens, policiers, militaires…) avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leurs salaires.Le dernier “shutdown” n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée à l’époque par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump et aux républicains au Congrès.

Pioneer African Olympic skier returns to Sarajevo slopes for documentaryFri, 30 Jan 2026 05:49:59 GMT

In 1984, Lamine Gueye carved out a piece of Olympic history in Sarajevo by becoming the first Black African to compete in the Winter Games.More than four decades later, he strapped on his skis and returned to the same slopes for a new documentary about the Senegalese sportsman and his legacy.A few weeks before the …

Pioneer African Olympic skier returns to Sarajevo slopes for documentaryFri, 30 Jan 2026 05:49:59 GMT Read More »

Trump threatens tariffs on nations selling oil to Cuba

US President Donald Trump signed an executive order Thursday threatening to impose additional tariffs on countries that sell oil to Cuba, further increasing pressure on the communist-led island.The order did not specify the value of the tariffs or which countries would be targeted, leaving those determinations up to his secretary of commerce.Cuba, which has largely been under a US embargo since 1962, until recently received most of its oil from Venezuela.But the United States has moved to block the flow after removing Havana’s key ally Nicolas Maduro from power and effectively seizing control of Venezuelan oil exports.Following the Venezuela operation, Trump vowed to completely cut off oil and money going to Cuba.”I strongly suggest they make a deal, BEFORE IT IS TOO LATE,” he threatened in a social media post.The United States has been mum on what kind of deal it is seeking with the island’s communist government.Havana’s foreign minister Bruno Rodriguez on Thursday called the latest move in a post on X a “brutal act of aggression against Cuba and its people, who for more than 65 years have been subjected to the longest and cruelest economic blockade ever imposed.”The order signed Thursday threatens added tariffs on any “country that directly or indirectly sells or otherwise provides any oil to Cuba.”The order invokes the International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) and calls the Cuban government an “extraordinary threat” to US national security.Other tariffs invoked under the IEEPA are currently being challenged at the Supreme Court.Declaring a “national emergency” related to Cuba, Trump made similar claims to those made against Venezuela, such as providing support nations hostile to the United States.”The regime aligns itself with — and provides support for — numerous hostile countries, transnational terrorist groups, and malign actors adverse to the United States,” including Russia, China, and Iran, as well as the militant groups Hamas and Hezbollah, the order said.The pressure comes as the communist island is in the throes of its worst economic crisis in decades, marked by recurring power outages of up to 20 hours a day and shortages of food and medicine that have created a mass exodus of Cubans.US neighbor Mexico has become a significant provider oil to Cuba, though media reports have suggested that flows could be slowing under pressure from Trump.Speaking at a press conference earlier this week, Mexican President Claudia Sheinbaum would neither confirm or deny the reports, but said Mexico would “continue to show solidarity” with Cuba.

Les Etats-Unis vers une paralysie budgétaire, la police de l’immigration au coeur du débat

Trois mois après le dernier “shutdown”, les Etats-Unis se retrouveront vendredi à minuit de nouveau en situation de paralysie budgétaire, même si un accord conclu jeudi entre la Maison Blanche et les démocrates devrait permettre d’éviter une crise de longue durée.Passée l’heure limite, plusieurs ministères verront leur financement à sec et devront mettre au chômage technique une partie de leurs fonctionnaires.Dans le contexte des opérations de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis, les démocrates refusaient d’adopter un nouveau budget pour le ministère de la Sécurité intérieure, le DHS, et demandaient au gouvernement de Donald Trump d’adopter des réformes pour l’ICE, jugée hors de contrôle.Mais ce “shutdown” pourrait être de courte durée, puisque Donald Trump a annoncé jeudi soir avoir trouvé un compromis avec les démocrates pour que ceux-ci adoptent cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le ministère de la Sécurité intérieure – et donc l’ICE – fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.”La seule chose qui puisse ralentir notre pays, c’est un autre +shutdown+ long et néfaste de l’Etat fédéral”, a déclaré le président républicain sur sa plateforme Truth Social, en vantant ses accomplissements en matière économique.Le Sénat devrait à présent voter sur ce nouveau texte dans la journée de vendredi.Mais puisque cette version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi va devoir faire la navette retour.Un vote à la chambre basse ne pourra pas avoir lieu avant lundi au plus tôt, et l’Etat fédéral se retrouvera donc bien à minuit vendredi en situation de “shutdown” partiel.- “Brutalité” -Le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, a déclaré que les députés s’attèleraient à la nouvelle version dès leur retour à Washington.”On s’y mettra tout de suite”, a-t-il déclaré à des journalistes à l’avant-première à Washington du film “Melania”, produit par la Première dame.La semaine dernière, le texte semblait se diriger vers une adoption au Sénat avant la date limite du 31 janvier, mais les événements de samedi dernier à Minneapolis ont changé la donne.Les décès de Renee Good et d’Alex Pretti, tous deux tués par balle par des agents fédéraux à quelques semaines d’intervalle dans cette métropole du nord des Etats-Unis, ont provoqué un mouvement d’indignation au sein de la classe politique.De nombreux élus démocrates ont appelé à ce que des garde-fous soient instaurés sur la manière dont l’ICE opère, et ont dit refuser de voter tout budget pour le DHS — son ministère de tutelle — tant que l’administration Trump ne revoit pas sa politique en la matière.Qualifiant l’action des agents fédéraux de “brutalité soutenue par l’Etat”, le chef des démocrates au Sénat a appelé jeudi à des réformes, notamment à la fin des “patrouilles volantes”.”Ce n’est pas ça l’Amérique”, a déclaré Chuck Schumer dans l’hémicycle, qualifiant les agents de l’ICE de “voyous arpentant nos rues”.- 43 jours -En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget.Si un “shutdown” semble désormais inévitable vendredi soir, les Etats-Unis ne connaîtront probablement pas une répétition du blocage d’octobre et novembre dernier — le plus long de l’histoire des Etats-Unis — lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles (contrôleurs aériens, policiers, militaires…) avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leurs salaires.Le dernier “shutdown” n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée à l’époque par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump et aux républicains au Congrès.