Syrie: l’armée annonce avoir achevé son opération à Alep contre les Kurdes, qui démentent

L’armée syrienne a annoncé samedi avoir bouclé son opération contre le dernier bastion kurde d’Alep, une affirmation toutefois démentie par les forces kurdes qui affirment continuer à se battre face aux troupes gouvernementales.Les affrontements dans cette grande ville du nord de la Syrie entre le gouvernement central et les Kurdes, qui contrôlent une partie du nord-est du pays, ont tué au moins 21 civils depuis mardi. Ils ont aussi fait environ 155.000 déplacés, pour la plupart des habitants des quartiers kurdes, selon les autorités.Ces combats, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et les FDS au sein du nouvel Etat.Après avoir déjà pris le contrôle d’Achrafieh, l’autre quartier tenu par les Kurdes, l’armée syrienne a fait état, dans une déclaration à l’agence officielle Sana, de “l’arrêt de toutes les opérations militaires à Cheikh Maqsoud, à partir de 15H00 (12H00 GMT)”. Les combattants kurdes seront “transférés” vers la ville de Tabaqa, contrôlée par les Kurdes, dans le nord-est de la Syrie, a-t-elle ajouté. Mais les forces kurdes ont nié des “allégations sans fondement” et affirmé que les combats se poursuivaient. Et des tirs étaient toujours entendus en début d’après-midi, selon des correspondants de l’AFP, qui avaient vu plus tôt l’armée entrer dans le quartier et des militaires secourir des civils bloqués dans leurs maisons.- “Faire sortir mes enfants” -A l’entrée du quartier, Imad al-Ahmad, un homme de 60 ans, attendait d’être autorisé par les forces de sécurité à revenir chez lui. “Je suis parti il y a quatre jours (..) je me suis réfugié chez ma soeur. Je reviens voir ma maison”, dit-il.Nahed Mohammad Qassab, une veuve de 40 ans, raconte être partie avant les combats pour assister à des obsèques. “Mes trois enfants sont toujours à l’intérieur, chez ma voisine, je veux les faire sortir”, affirme-t-elle.Vendredi, comme les jours précédents, l’armée avait permis aux civils désireux de fuir d’emprunter deux “couloirs humanitaires” pour fuir les quartiers kurdes et un journaliste de l’AFP a vu des habitants sortir sous la pluie, chargés de bagages. Damas avait appelé vendredi les forces kurdes à quitter la ville, leur promettant de les acheminer en toute sécurité vers les zones contrôlées par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) dans le nord-est du pays.Mais les combattants retranchés à Cheikh Maqsoud ont alors refusé toute reddition. Et selon une source militaire citée par la télévision officielle, elles ont “lancé des drones d’attaque sur des quartiers d’Alep” à partir de leurs positions à l’est de la ville.- “Protection kurde locale” – Avant les annonces contradictoires de l’armée et des Kurdes, une haute responsable de l’administration kurde syrienne, Elham Ahmed, n’avait pas exclu un retrait, mais posé comme condition de maintenir “une protection kurde locale” aux habitants des quartiers kurdes d’Alep.”La partie gouvernementale cherche, par ces attaques, à mettre fin aux accords conclus. Nous y sommes attachés et nous nous efforçons de les mettre en œuvre”, avait-elle dit vendredi à l’AFP.A Amman, l’émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack a affiché l’engagement des États-Unis à oeuvrer pour “assurer le retrait pacifique des FDS” d’Alep et “garantir la sécurité” des civils, à l’issue d’un entretien avec le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman Safadi. Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes de l’Etat islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également le pouvoir islamiste d’Ahmad al-Chareh.Depuis la chute de Bachar al-Assad, le nouveau pouvoir islamiste s’est engagé à protéger les minorités mais a été confronté à des massacres d’alaouites sur la côte en mars et des violences avec les druzes dans le sud en juillet.

Syrian army says stopping Aleppo operations, but Kurds deny fighting over

The Syrian army said on Saturday that it was halting military operations in an Aleppo neighbourhood following days of clashes, but Kurdish forces there maintained they were still under attack, with an AFP correspondent nearby reporting sporadic gunfire.The violence in Syria’s second city erupted after efforts to integrate the Kurds’ de facto autonomous administration and military into the country’s new government stalled.Since the fighting began on Tuesday, at least 21 civilians have been killed, according to figures from both sides, while Aleppo’s governor said 155,000 people have been displaced. In a statement to the official SANA news agency, the military announced “a halt to all military operations in the Sheikh Maqsud neighbourhood” from 3:00 pm (1200 GMT) Saturday, adding that Kurdish forces there would be “transferred” to the Kurdish-controlled city of Tabaqa in northeastern Syria.But the Kurdish forces said their fighters were still repelling a “fierce attack”, and called the army statement “a blatant attempt to mislead public opinion”.Government forces began striking the district overnight after a deadline elapsed for Kurdish fighters to withdraw during a ceasefire.Syria’s army said earlier on Saturday that it had completed a “security sweep” of Sheikh Maqsud, while urging residents to stay in their homes due to the continued presence of Kurdish fighters.The Kurdish forces, however, said claims that the government now controlled the vast majority of the neighbourhood were “false and misleading”.- Residents waiting to return -At the entrance to the district, 60-year-old resident Imad al-Ahmad waited for permission from the security forces to return home. “I left four days ago… I took refuge at my sister’s house,” he told AFP. “I don’t know if we’ll be able to return today.” Nahed Mohammad Qassab, a 40-year-old widow also waiting to return, said she left before the fighting to attend a funeral. “My three children are still inside, at my neighbour’s house. I want to get them out,” she said. The clashes, some of the most intense since Syria’s new Islamist authorities took power, present yet another challenge as the country struggles to forge a new path after the ousting of longtime ruler Bashar al-Assad in December 2024.Both sides have blamed the other for starting the violence in Aleppo.- ‘Fierce’ resistance -Kurdish forces earlier reported coming under artillery and drone attacks, and claimed on social media to be mounting a “fierce and ongoing resistance”.The army said three soldiers had been killed by Kurdish fighters, while state television accused them of launching drones at residential areas of Aleppo.A flight suspension at Aleppo airport was extended until late Saturday.The Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF) control swathes of the country’s oil-rich north and northeast, and were key to the 2019 territorial defeat of the Islamic State group. But Turkey, a close ally of neighbouring Syria’s new leaders, views its main component as an extension of the Kurdistan Workers’ Party (PKK), which agreed last year to end its four-decade armed struggle against Ankara.Turkey has launched successive offensives to push Kurdish forces from the frontier.Elham Ahmad, a senior official in the Kurdish administration in Syria’s northeast, accused Syrian authorities of “choosing the path of war” by attacking Kurdish districts and of “seeking to put an end to the agreements that have been reached”.”We are committed to them and we are seeking to implement them,” she told AFP.The March integration agreement was meant to be implemented last year, but differences, including Kurdish demands for decentralised rule, have stymied progress.US envoy Tom Barrack said Saturday he had discussed the situation with Jordan’s foreign minister, with both parties expressing a desire for “consolidating the ceasefire, ensuring the peaceful withdrawal of the Syrian Democratic Forces (SDF) from Aleppo, and guaranteeing” civilians’ safety.They also called for the implementation of the integration agreement.Ahmad welcomed on X a proposal by international mediators to evacuate the Kurdish forces from Sheikh Maqsud, but on condition that the local Kurdish population is protected. Nanar Hawach, senior Syria analyst at the International Crisis Group, said the renewed clashes cast doubt on the government’s ability to sew the country back together after 14 years of civil war.Syria’s authorities have committed to protecting minorities, but sectarian bloodshed rocked the Alawite and Druze communities last year.

Ski: Lindsey Vonn en patronne à Zauchensee

Qu’il neige ou qu’il vente, Lindsey Vonn est la meilleure en descente. La “Speed Queen” américaine a remporté samedi la descente de Zauchensee en Autriche, décrochant à 41 ans sa 84e victoire en Coupe du monde de ski.A moins d’un mois des Jeux olympiques de Milan-Cortina, Lindsey Vonn a brillé sur un parcours raccourci en raison des conditions météo pour devancer la Norvégienne Kajsa Vickhoff Lie (+ 37/100e) et l’Américaine Jacqueline Wiles (+ 48/100e), avec des écarts importants pour une course qui s’est jouée en à peine plus d’une minute.Dans des conditions difficiles, avec une visibilité réduite, Lindsey Vonn a été dans le ton du début à la fin de tracé sur la piste autrichienne. Regard déterminé dans le portillon de départ, elle s’est élancée dossard 6, encouragée par son staff survolté.”Honnêtement, je pensais qu’avec mon dossard je n’avais aucune chance aujourd’hui car il y avait encore beaucoup de neige sur la piste, il n’y avait pas encore de bonnes traces”, a expliqué Vonn au micro d’Eurosport.”Il n’y avait pas de stratégie à avoir aujourd’hui, il fallait juste y aller”, abondait ensuite son coach, l’ancien skieur Aksel Lund Svindal.- “Plus directe que les autres” -Toujours en position de recherche de vitesse, Vonn a surtout fait la différence dans la deuxième moitié de la course quand elle a pris des courbes très directes qu’aucune autre de ses concurrentes n’a osé prendre, pour réussir à créer plus de vitesse et débouler à toute allure vers la ligne d’arrivée.”J’ai pris beaucoup de risques sur ma ligne. J’ai pris des lignes directes, plus directes que les autres, c’était mon plan et c’est pour ça que je suis plus rapide que les autres en bas”, a estimé la skieuse, qui répétait pourtant jeudi ne vouloir prendre “aucun risque” en vu des Jeux olympiques de Milan-Cortina qui arrivent.L’Américaine a franchi la ligne d’arrivée en tête mais sans effusion de joie, pas encore certaine que sa performance suffise à l’emporter en raison du nombre de concurrentes qui devaient encore s’élancer.Mais personne n’a finalement réussi à la menacer, pas même son amie italienne Sofia Goggia, en quête d’une première victoire en descente cet hiver mais qui est passée complètement à côté de sa course (17e à 97/100e).- Leader de la descente -De retour sur le circuit mondial l’année dernière après plus de cinq ans de retraite, libérée depuis la pose d’une prothèse en titane au genou qui lui permet de skier sans douleurs et motivée par la perspective des JO dans sa station de coeur à Cortina, Lindsey Vonn a retrouvé cet hiver son meilleur niveau.Elle confirme samedi son statut de patronne de la descente en décrochant à 41 ans sa 84e victoire en Coupe du monde, sa deuxième cet hiver après celle de Saint-Moritz (Suisse) en décembre.Elle monte sur son cinquième podium de la saison en six courses disputées et domine logiquement le classement de la descente, avec 340 points, loin devant sa dauphine allemande Emma Aicher (211 points). La course a été interrompue plusieurs dizaines de minutes après la chute de l’Autrichienne Magdalena Egger, qui a terminé dans les filets. La skieuse, montée le mois dernier sur son premier podium en Coupe du monde (2e derrière Vonn lors de la descente de Saint-Moritz) a été évacuée en hélicoptère, visiblement blessée à un genou.Côté Françaises, Romane Miradoli a de nouveau réalisé une belle descente en terminant 8e à 73 centièmes de Vonn. Laura Gauché est 15e (+ 91/100e), Camille Cerutti est 21e (+ 1.09), Garence Meyer 41e (+ 1.90) et Clara Direz 49e (+ 2.73).La Coupe du monde de Zauchensee se poursuit dimanche avec le super-G.

Irlande: plusieurs milliers d’agriculteurs manifestent contre l’accord UE-Mercosur

Plusieurs milliers d’agriculteurs se sont rassemblés samedi à Athlone dans le centre de l’Irlande pour protester contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, a constaté un journaliste de l’AFP.”Non UE-Mercosur” et “Soutien à l’agriculture irlandaise” pouvait-on lire sur des pancartes accrochées sur certains des nombreux tracteurs qui ont convergé vers la petite localité située à mi-chemin entre Dublin et Galway, au lendemain du feu vert européen.Comme ses homologues français, hongrois, polonais et autrichien, le gouvernement irlandais s’est opposé à la conclusion de cet accord, qui suscite une forte contestation agricole, avec la crainte d’une arrivée de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE.Vendredi, des manifestations et actions d’agriculteurs ont eu lieu en Pologne, France et Belgique.Le Parlement européen doit encore se prononcer sur le texte, négocié depuis plus de 25 ans entre l’UE et le bloc sud-américain du Mercosur, qui comprend le Brésil, le Paraguay, l’Argentine et l’Uruguay.Il créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Pour ses défenseurs comme l’Allemagne et l’Espagne, il va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, en supprimant une large part des droits de douane, ce qui favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. En Irlande, les agriculteurs s’inquiètent notamment de la concurrence issue de l’importation de viande de bœuf à moindre prix.Le principal syndicat agricole, l’Irish farmers association (IFA) a jugé “très décevant” le feu vert européen et appelé les députés à s’y opposer.Vendredi, le vice-Premier ministre irlandais Simon Harris a assuré que le gouvernement “continuerait à exposer (ses) préoccupations”.

Benoît Payan ambitionne de conserver Marseille, fort de sa coalition de gauche

Le maire sortant de Marseille, le divers gauche Benoît Payan, se lance dans la course pour un second mandat avec encore “d’immenses chantiers” à mener dans la deuxième ville de France, où le scrutin municipal s’annonce indécis.Cet ex-socialiste, légèrement favori des sondages, devra affronter la candidate de la droite et du centre Martine Vassal, battue en 2020, le député RN Franck Allisio et l’Insoumis Sébastien Delogu, qui a opté pour une candidature séparée. La campagne du député LFI a toutefois été bousculée vendredi par l’annonce de son procès en juin pour diffusion de documents privés volés d’un entrepreneur en marge d’un conflit social.L’annonce de M. Payan constitue tout sauf une surprise tant l’édile, à la tête du Printemps marseillais -coalition de gauche-société civile allant des socialistes aux communistes en passant par les écologistes-, avait régulièrement rappelé qu’un mandat serait insuffisant pour “changer la ville” après 25 ans aux mains du LR Jean-Claude Gaudin.”Marseille a retrouvé sa voix et sa place. Oui, Marseille est de retour. Mais je le dis avec lucidité et humilité : il reste encore de grandes choses à accomplir”, écrit-il dans une lettre aux Marseillais transmise à l’AFP, sans détailler à ce stade les lignes de son programme pour les municipales des 15 et 22 mars.Son objectif sera de “planter pendant le mandat qui vient les graines de ce qui va être le grand changement” afin “d’imaginer cette ville pour les 50 ou 100 ans qui viennent”, a promis l’ex-socialiste lors d’une conférence de presse dans son futur local de campagne.-  “Maire non-élu” -En 2020, ce n’est pas derrière lui, mais avec Michèle Rubirola en cheffe de file, que le Printemps marseillais avait fait basculer la ville.Cette écologiste, médecin de formation, avait néanmoins démissionné quelques mois plus tard, officiellement pour raisons de santé. M. Payan, bon orateur et fin connaisseur de la politique locale, avait ensuite été élu par ses pairs mais le scrutin avait été boycotté par l’opposition de droite qui dénonçait une “forme de déni de démocratie”, voire un “féminicide politique” et le traite encore aujourd’hui de “maire non-élu”.Depuis, Benoît Payan, 47 ans, a gagné en popularité et son nom s’est facilement imposé comme tête de liste de cette coalition hétéroclite même si un adjoint écologiste a préféré rejoindre le camp de LFI.Lors de son investiture, M. Payan avait promis de faire de la deuxième ville de France “une ville plus verte et plus juste”.Depuis, 26 parcs et jardins de la ville ont été créés ou rénovés. En revanche, le bilan est plus contrasté sur le plan de la pollution, due notamment à l’importante circulation automobile mais aussi aux paquebots de croisière. Le parc scolaire, longtemps délabré, a lui été amélioré avec 27 écoles sorties de terre et plusieurs dizaines prévues d’ici 2032.- “Aux abois” -La municipalité s’est également emparée de l’immense chantier du logement indigne dans une ville de près de 900.000 habitants minée par plus de 40.000 taudis et autant de demandes de logements sociaux en multipliant les recours judiciaires contre les “marchands de sommeil”. Elle a aussi renforcé les réglementations contre les locations touristiques de courte durée. L’effondrement mortel de deux immeubles de la rue d’Aubagne en 2018 avait traumatisé les habitants et mis en lumière l’inaction de l’équipe de Jean-Claude Gaudin. “Benoît Payan, isolé et aux abois, précipite sa candidature aux municipales. Quatre pages de vide sidéral ne changent rien au bilan du plus mauvais maire de l’histoire de Marseille”, a estimé sur X le collectif “Une génération pour Marseille”, qui soutient Mme Vassal.”Les Marseillais s’inquiètent de l’explosion de l’insécurité, du trafic de drogue, des impôts et de l’effondrement général de notre ville, Benoît Payan s’inquiète de la victoire de Franck Allisio”, a cinglé le candidat RN.La question sécuritaire risque de prendre une place centrale dans la campagne dans cette ville gangrenée par le trafic de stupéfiants et encore marquée par l’assassinat mi-novembre du frère du militant écologiste Amine Kessaci.