Equipe de France: Ni “vieux con” ni “faux jeune”, Deschamps ou l’art de s’adapter à la nouvelle génération

Entraîner la nouvelle génération exige “de ne pas être un vieux con” ni “un faux jeune”, explique le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps (56 ans), qui revient dans un entretien à l’AFP sur la manière de gérer et d’intégrer les nouveaux internationaux.Q: Dans quel état d’esprit aviez-vous débarqué chez les Bleus à 20 ans? R: “On se rappelle toujours de sa première sélection (29 avril 1989 contre la Yougoslavie, NDLR). Je n’étais pas du tout prévu, j’étais avec les Espoirs, mais Daniel Bravo s’était blessé avec les A. Il y avait pas mal d’anciens et je me rappelle m’être retrouvé dans une chambre à trois avec Joël Bats et Daniel Xuereb. J’étais là pour écouter, je n’ai pas dû beaucoup parler, même si tout le monde était très agréable avec moi comme Michel Platini qui était le sélectionneur. On se fait tout petit. Je suis venu sur la pointe des pieds.” Q: Y a-t-il une différence par rapport aux jeunes qui arrivent aujourd’hui en équipe de France?  R: “Oui, les joueurs sont plus sûrs d’eux, ils ont plus confiance, ils se connaissent parce qu’ils se sont côtoyés à un moment ou à un autre, dans les clubs ou différentes sélections. Il y en a toujours qui sont un peu plus réservés, timides, mais il y a moins de retenue. Et tant mieux. Avant, les jeunes faisaient ce qu’on leur disait et puis voilà. Aujourd’hui, ils sont plus à l’aise parce qu’ils sont prêts plus tôt, ils jouent plus tôt, ils ont plus de maturité. Ils partent aussi très tôt à l’étranger.”Q: Y a-t-il eu aussi une évolution entre 2012, date de votre arrivée aux commandes des Bleus, et aujourd’hui?R: “Bien sûr. La génération d’avant, celle d’Hugo Lloris, Olivier Giroud ou Antoine Griezmann, même s’ils étaient déjà à l’étranger, adoptait encore un peu le fonctionnement de la décennie précédente. Avant, tu étais en club, tu jouais, tu ne jouais pas, tu rentrais 5 minutes, une demi-heure, tu ne disais rien et tu t’entraînais. Tu étais déjà bien content d’être avec les pros. Aujourd’hui, non. C’est comme dans le monde de l’entreprise: le jeune arrive, il va être capable d’aller voir son patron et lui dire qu’il ambitionne de prendre sa place. Ça peut être ressenti comme un manque d’humilité. Ou comme de l’ambition. En tout cas, dans l’accompagnement, c’est forcément différent.”Q: Les centres d’intérêt de la nouvelle génération ont aussi évolué… R: “Je n’ai jamais joué à l’ancien combattant. Certaines choses étaient peut-être mieux à l’époque, mais je suis convaincu qu’elles ne pourraient plus fonctionner aujourd’hui. Comme l’interdiction du téléphone portable par exemple. En tant que sélectionneur, je suis le garant des règles internes mais pourquoi les priver d’une liberté ? Pour faire preuve d’autorité ? Ca n’a pas de sens. D’ailleurs, parfois, ça m’arrange. Quand un joueur a un problème en club, qu’il sort, je lui envoie un message à la mi-temps et il me répond. Je suis bien content. Les joueurs de la génération actuelle sont ultra-connectés, ils sont nés avec un portable. Ils maîtrisent tout de A à Z, avec des risques, bien évidemment. Le maître mot, c’est m’adapter à eux. Mais il y a deux notions essentielles, le cadre de vie et le cadre de travail. Le cadre de travail est identique pour tout le monde, pour celui qui vient pour la première fois ou pour notre capitaine.” Q: Vous ne vous sentez donc pas en décalage avec la nouvelle génération?  R: “Non. J’ai un fils aussi qui m’a aidé, dans le rapport aux réseaux sociaux, avec un langage, des références qui sont un peu différents. Cela ne me pose aucun problème qu’on n’ait pas les mêmes références culturelles. Quand le bizuth chante une chanson lors de son premier dîner à Clairefontaine, je ne connais pas du tout la chanson et je ne comprends pas toujours les paroles. Mais ça prend, à partir du moment où c’est validé par les autres. Et c’est repris par l’ensemble quasiment à chaque fois.” Q: Qu’est-ce que vous observez le plus chez un jeune qui arrive en bleu?  R: “J’accorde beaucoup plus de droit à l’erreur à un jeune, car il découvre un nouvel environnement. Si je le retiens, c’est parce que j’estime qu’il a le potentiel pour aller en haut. Après, je regarde sa capacité à être plus à l’aise. Sa convocation ne doit pas être une finalité pour lui. Il doit faire en sorte de revenir. Il faut l’accompagner pour qu’il ait de la confiance, parce qu’il y a aussi le poids du maillot à assumer. Je ne fais pas de +one shot+, je le convoque souvent pour plusieurs rassemblements. Ce qui est important pour moi, c’est de connaître l’humain avant même d’échanger avec le joueur, son historique, voire même sa vie privée pour lui parler avec justesse. Il y a un suivi entre les stages aussi, des échanges.”  Q: Avez-vous adapté vos causeries au fil des années? R: “L’autonomie de concentration est un peu plus limitée. C’est une génération un peu zapping. Je préfère donc faire court, concis, parce que quand j’étais joueur, les longs monologues pouvaient me lasser aussi. Je n’ai pas envie d’être une musique qu’on entend, je préfère qu’on m’écoute.”  Q: Est-ce que vous évoquez votre passé de joueur avec eux ?  R: “Non, ce n’est pas leur vie, c’est la mienne. Et puis ça ne leur parlerait pas. Mon passé m’a appris ce que je ne devais pas faire. Je suis à l’écoute, je me nourris des échanges. Je m’adapte et ça m’amène à modifier. Est-ce que j’ai changé? Je ne sais pas, j’ai évolué, certainement. Je suis plus cool, c’est un fonctionnement différent. C’est un peu du donnant-donnant, pour faire en sorte de tirer le meilleur de chacun d’eux. C’est en t’adaptant aux joueurs qui sont fatalement de plus en plus jeunes, puisque tu vieillis, que tu navigues entre ne pas être un vieux con et ne pas être un faux jeune.”Propos recueillis par Emmanuel BARRANGUET et Keyvan NARAGHI

Robert Badinter, combattant de l’abolition

Figure des années Mitterrand, l’ancien ministre de la Justice Robert Badinter, qui fera son entrée jeudi au Panthéon, a incarné jusqu’à son dernier souffle le combat pour l’abolition de la peine de mort.D’abord conspué pour avoir défendu des causes à contre-courant, ce brillant avocat s’était forgé une réputation d’humaniste indépendant, étant même considéré comme une autorité morale, jusqu’à son décès à 95 ans, le 9 février 2024.”J’ai essayé de transformer la justice, la rendre plus humaine”, disait-il quelques mois plus tôt dans un entretien à l’émission “La Grande Librairie”. “Est-ce que j’ai réussi ? A juger”.Ministre de la Justice du président socialiste François Mitterrand, il porta la loi du 9 octobre 1981 qui abolit la peine de mort dans une France alors majoritairement en faveur de ce châtiment suprême.Il s’investit par la suite, jusqu’à son “dernier souffle de vie”, pour l’abolition universelle de la peine capitale.Avec l’exécution, “le crime change de camp”, soulignait ce fils de fourreur, né à Paris le 30 mars 1928 dans une famille juive émigrée de Bessarabie (l’actuelle Moldavie).Cet homme aux épais sourcils noirs, défenseur d’une France “au service des libertés et des droits de l’Homme”, tenait sa soif de justice d’une adolescence marquée par la Seconde Guerre mondiale.En 1943, alors qu’il n’a que 14 ans, son père est arrêté sous ses yeux à Lyon. Il mourra en déportation dans le camp de concentration de Sobibor (Pologne), tandis que sa famille est réfugiée en Savoie.- “Passion militante” -Après des études de lettres et de droit, et un diplôme de l’université Columbia comme boursier, Robert Badinter devient avocat au barreau de Paris et mène parallèlement une carrière d’enseignant universitaire.Cofondateur d’un prestigieux cabinet d’avocats d’affaires, il défend des personnalités, des grands noms de la presse ou d’entreprises, et plaide occasionnellement aux assises.Divorcé d’une actrice épousée dans les années 1950, ce grand bourgeois est marié depuis 1966 à la philosophe Elisabeth Badinter, née Bleustein-Blanchet, avec qui il a eu trois enfants.C’est lorsqu’il échoue, en 1972, à sauver de la guillotine Roger Bontems, complice d’une prise d’otages meurtrière, qu’il passe “de la conviction intellectuelle à la passion militante” contre la peine de mort, témoignera-t-il dans son livre “L’Abolition”.Cinq ans plus tard, il évite la peine capitale au meurtrier d’enfant Patrick Henry, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.Cinq autres hommes échappent grâce à lui à l’échafaud. “On entrait au palais de justice par la grande porte, et après le verdict, lorsque l’accusé avait sauvé sa tête, il fallait s’en aller bien souvent par un escalier dérobé” pour éviter la colère de la foule, racontera-t-il.Devenu ministre de la Justice (1981-1986), celui qui était considéré par certains comme l'”avocat des assassins” est la cible de toutes les attaques lorsqu’il fait voter l’abolition de la peine de mort. “Jamais je n’ai eu l’impression d’une telle solitude”, dira-t-il.- Rejet de la “haine justicière” -Robert Badinter œuvre aussi pour l’amélioration des conditions de vie dans les prisons.Il fait voter la suppression des quartiers de haute sécurité, celle de juridictions d’exception, la dépénalisation de l’homosexualité, l’accès des justiciables français à la Cour européenne des droits de l’Homme, une loi sur l’indemnisation des victimes d’accidents.En 1983, il obtient de la Bolivie l’extradition de Klaus Barbie, l’ancien chef de la Gestapo à Lyon. Reconnu coupable de crimes contre l’humanité, Barbie sera condamné en 1987 à la prison à perpétuité.Robert Badinter, qui a toujours rejeté la “haine justicière”, soutiendra en 2001 la libération pour raison d’âge de l’ancien préfet de police et ministre Maurice Papon, 90 ans, condamné pour complicité de crimes contre l’humanité.Après son départ du gouvernement, il préside pendant neuf ans le Conseil Constitutionnel (1986-95).Sénateur socialiste de 1995 à 2011, il a la satisfaction de voir l’abolition de la peine de mort inscrite dans la Constitution en 2007.Il planche sur une réforme de l’ONU dans les années 2000 et sur la réforme du code du travail pendant le quinquennat de François Hollande.Cet homme de culture est l’auteur de nombreux ouvrages et même d’un livret d’opéra. L’un de ses derniers livres, “Idiss” (2018), est consacré à sa grand-mère maternelle, née dans le “Yiddishland” de l’empire tsariste.

A Evreux, le Ballon d’Or d’Ousmane Dembélé a rendu sa fierté à son quartier

“Ça m’a mis un coup dans le coeur, comme si c’était moi qui avais eu le Ballon d’Or”. Survêtement du club Evreux FC 27 sur le dos, Boutapou, 10 ans, espère suivre les traces du “meilleur joueur du monde” qu’il va rencontrer dimanche.Mercredi, au stade Mathieu Bodmer d’Evreux, où Ousmane Dembélé viendra dans quelques jours rendre hommage à son premier club, des dizaines d’écoliers trépignent d’impatience à l’idée de voir leur idole. Ils ont traversé le boulevard qui sépare les six terrains d’entraînement du quartier de la Madeleine pour taper dans le ballon comme le faisait le vainqueur de la dernière Ligue des champions, entre 2004 et 2010.Vincent Mendy, responsable de la pré-formation et entraîneur des U16 à l’EVF27, a entraîné le jeune Ousmane “une saison il y a 20 ans”.”Il était déjà très talentueux, très très fort, on n’est pas étonné qu’il soit devenu professionnel”, se remémore M. Mendy.”C’était un super gamin: pas un mot plus haut que l’autre, très respectueux”, enchaîne-t-il, le foot était à l’époque déjà “sa priorité dans la vie”. Côté famille “on voyait surtout sa maman”, parfois absente à cause de son travail mais “très à cheval sur l’éducation, elle appelait tout le temps pour vérifier qu’il soit bien au stade et pas à traîner dans la nature”, insiste l’un des premiers entraîneurs de “Dembouz”. Selon lui, l’attaquant star du Paris Saint-Germain “n’oublie pas ses origines, il se fait discret mais quand il vient à Evreux il passe nous dire bonjour, et parfois même regarder un match de l’équipe première”. Le trophée du Ballon d’Or, remporté largement le 22 septembre par l’enfant du quartier, est “une fierté” pour Vincent Mendy et son club, “c’est aussi beaucoup d’espoir pour les jeunes, ça leur permet de rêver, de voir que tout est possible”.”C’est une récompense après tout ce qu’on met en place sur l’éducation, le social”, juge-t-il, “La Madeleine, c’est beaucoup de gars talentueux à l’image de Mathieu Bodmer ou Bernard Mendy”, deux internationaux français passés par le club.- “Super gentil, attachant” -Comme Boutapou, le plupart des gamins présents au stade mercredi après-midi pour l’entraînement viennent de ce quartier sud de la ville où vivent près de 14 000 habitants avec un taux de pauvreté de 58%.C’est là qu’a grandi l’attaquant du PSG dans les années 2000, comme le narcotrafiquant Mohamed Amra. “La Madeleine est un quartier +politique de la ville+, c’est-à-dire un quartier avec des difficultés sociales importantes”, où se côtoient “plusieurs dizaines de nationalités différentes” et où il existe “une vraie solidarité entre habitants”, souligne Guy Lefrand, maire DVD d’Evreux.D’après l’édile, Ousmane Dembélé veut “une fête populaire dimanche, des choses simples, proches du peuple, nous attendons plusieurs milliers de personnes sur la place de la mairie comme sur le stade”.En bas des tours de la Madeleine, Khadija va faire des courses avec ses copines, dont l’une porte un maillot du PSG.”Ma maman connaît la maman d’Ousmane Dembélé, ce sont des amies proches”, raconte l’adolescente de 13 ans, qui le trouve “plus gentil que les autres footballeurs”.Khadija a commencé le football “pour faire comme lui”, et “le regarde tout le temps à la télé avec ma famille et mes amis”, “j’aime comment il joue, sa technique”.Vendeuse à la boulangerie Rafa, Manon, 18 ans, elle aussi footballeuse, se souvient que “la foule a sorti les pétards pour célébrer son titre, c’est une fierté pour le quartier”.”Il a l’air gentil, pas un type à poser des problèmes”, s’accorde-t-elle avec sa collègue.Ces valeurs, “Ousmane en est le vecteur”, analyse Vincent Mendy, “personne ne vous dira que Dembélé est malpoli ou irrespectueux mais plutôt super gentil, attachant”.”Il l’a acquis d’abord à la maison et chez nous au club: il est ce qu’il est parce que chacun a mis sa pierre à l’édifice”, conclut l’éducateur.

A Evreux, le Ballon d’Or d’Ousmane Dembélé a rendu sa fierté à son quartier

“Ça m’a mis un coup dans le coeur, comme si c’était moi qui avais eu le Ballon d’Or”. Survêtement du club Evreux FC 27 sur le dos, Boutapou, 10 ans, espère suivre les traces du “meilleur joueur du monde” qu’il va rencontrer dimanche.Mercredi, au stade Mathieu Bodmer d’Evreux, où Ousmane Dembélé viendra dans quelques jours rendre hommage à son premier club, des dizaines d’écoliers trépignent d’impatience à l’idée de voir leur idole. Ils ont traversé le boulevard qui sépare les six terrains d’entraînement du quartier de la Madeleine pour taper dans le ballon comme le faisait le vainqueur de la dernière Ligue des champions, entre 2004 et 2010.Vincent Mendy, responsable de la pré-formation et entraîneur des U16 à l’EVF27, a entraîné le jeune Ousmane “une saison il y a 20 ans”.”Il était déjà très talentueux, très très fort, on n’est pas étonné qu’il soit devenu professionnel”, se remémore M. Mendy.”C’était un super gamin: pas un mot plus haut que l’autre, très respectueux”, enchaîne-t-il, le foot était à l’époque déjà “sa priorité dans la vie”. Côté famille “on voyait surtout sa maman”, parfois absente à cause de son travail mais “très à cheval sur l’éducation, elle appelait tout le temps pour vérifier qu’il soit bien au stade et pas à traîner dans la nature”, insiste l’un des premiers entraîneurs de “Dembouz”. Selon lui, l’attaquant star du Paris Saint-Germain “n’oublie pas ses origines, il se fait discret mais quand il vient à Evreux il passe nous dire bonjour, et parfois même regarder un match de l’équipe première”. Le trophée du Ballon d’Or, remporté largement le 22 septembre par l’enfant du quartier, est “une fierté” pour Vincent Mendy et son club, “c’est aussi beaucoup d’espoir pour les jeunes, ça leur permet de rêver, de voir que tout est possible”.”C’est une récompense après tout ce qu’on met en place sur l’éducation, le social”, juge-t-il, “La Madeleine, c’est beaucoup de gars talentueux à l’image de Mathieu Bodmer ou Bernard Mendy”, deux internationaux français passés par le club.- “Super gentil, attachant” -Comme Boutapou, le plupart des gamins présents au stade mercredi après-midi pour l’entraînement viennent de ce quartier sud de la ville où vivent près de 14 000 habitants avec un taux de pauvreté de 58%.C’est là qu’a grandi l’attaquant du PSG dans les années 2000, comme le narcotrafiquant Mohamed Amra. “La Madeleine est un quartier +politique de la ville+, c’est-à-dire un quartier avec des difficultés sociales importantes”, où se côtoient “plusieurs dizaines de nationalités différentes” et où il existe “une vraie solidarité entre habitants”, souligne Guy Lefrand, maire DVD d’Evreux.D’après l’édile, Ousmane Dembélé veut “une fête populaire dimanche, des choses simples, proches du peuple, nous attendons plusieurs milliers de personnes sur la place de la mairie comme sur le stade”.En bas des tours de la Madeleine, Khadija va faire des courses avec ses copines, dont l’une porte un maillot du PSG.”Ma maman connaît la maman d’Ousmane Dembélé, ce sont des amies proches”, raconte l’adolescente de 13 ans, qui le trouve “plus gentil que les autres footballeurs”.Khadija a commencé le football “pour faire comme lui”, et “le regarde tout le temps à la télé avec ma famille et mes amis”, “j’aime comment il joue, sa technique”.Vendeuse à la boulangerie Rafa, Manon, 18 ans, elle aussi footballeuse, se souvient que “la foule a sorti les pétards pour célébrer son titre, c’est une fierté pour le quartier”.”Il a l’air gentil, pas un type à poser des problèmes”, s’accorde-t-elle avec sa collègue.Ces valeurs, “Ousmane en est le vecteur”, analyse Vincent Mendy, “personne ne vous dira que Dembélé est malpoli ou irrespectueux mais plutôt super gentil, attachant”.”Il l’a acquis d’abord à la maison et chez nous au club: il est ce qu’il est parce que chacun a mis sa pierre à l’édifice”, conclut l’éducateur.

Afghan Taliban foreign minister begins first India visit

Afghanistan’s UN-sanctioned foreign minister arrived in India on Thursday, the first visit by a top Taliban leader since they returned to power in 2021 following the withdrawal of US-led forces.Amir Khan Muttaqi’s trip — made possible after the UN Security Council granted him a travel waiver — is expected to be closely watched by India’s arch-rival Pakistan, as New Delhi deepens its engagement with the Taliban government.”We look forward to engaging discussions with him on bilateral relations and regional issues,” Indian foreign ministry spokesman Randhir Jaiswal said in a statement, offering Muttaqi a “warm welcome”.Muttaqi, who met with India’s top career diplomat Vikram Misri in January in Dubai, is set to hold talks with Foreign Minister Subrahmanyam Jaishankar.Neither side has disclosed the agenda, but analysts say trade and security are likely to be at the forefront — though India is unlikely, for now, to extend formal recognition to the Taliban government.”New Delhi is eager to establish its influence in Kabul… and not be left behind by its arch-rivals, China and Pakistan,” International Crisis Group analyst Praveen Donthi told AFP.Muttaqi’s visit follows meetings in Russia — the only country so far to have officially recognised the Taliban administration.But while the Taliban are “seeking diplomatic recognition and legitimacy”, Donthi said, others noted that was some way off.”India is not in a hurry to provide diplomatic recognition to the Taliban,” Rakesh Sood, India’s former ambassador to Kabul, told AFP.India has long hosted tens of thousands of Afghans, many who fled the country after the Taliban returned to power.Afghanistan’s embassy in New Delhi shut in 2023, although consulates in Mumbai and Hyderabad still operate limited services.India says its mission in Kabul is limited to coordinating humanitarian aid.- ‘Drive a wedge’ -The Taliban’s strict interpretation of Islamic law may appear an unlikely match for Prime Minister Narendra Modi’s Hindu nationalist government, but India has sought to seize the opening.Diplomatic dynamics in South Asia are driven by long-running distrust between India and Pakistan, with New Delhi seeking to exploit divisions between Islamabad and Kabul.”Kabul will be walking the tightrope between Islamabad and New Delhi, with the latter trying to get the most from the engagement without offering formal recognition,” Donthi added.Pakistani analyst Wahed Faqiri called Muttaqi’s visit a “remarkable development”, coming as “tension between the Taliban and Pakistan is high”.Islamabad accuses neighbouring Afghanistan of failing to expel militants using Afghan territory to launch attacks on Pakistan, an accusation that authorities in Kabul deny.Nuclear-armed rivals India and Pakistan fought a brief but deadly clash in May, their worst confrontation in decades.”The visit would certainly make Pakistan angrier and more suspicious,” Faqiri said.”Moreover, it would strengthen India’s position in Afghanistan and India would try to drive a wedge between Taliban and Pakistan.”

Kimmel hopes boycott outrage drew free speech ‘red line’

Comedian Jimmy Kimmel on Wednesday said he hopes the outrage over his late-night show’s suspension following pressure from the Trump administration had drawn a “bold red line” for free speech.Kimmel was briefly taken off the airwaves last month over remarks the host made in the wake of the murder of right-wing activist Charlie Kirk, prompting a public outcry.Disney-owned ABC brought back Kimmel’s show after a week-long hiatus.”I hope that we drew a really, really bold red line as Americans about what we will and will not accept,” said Kimmel.”I really hope that that’s what comes out of all this.”President Donald Trump, who has long chafed at the mockery he receives from Kimmel and his fellow late night talk show hosts, has repeatedly demanded they be taken off air, and has called other criticism of him “illegal.”Kimmel’s removal from the airwaves came shortly after Federal Communications Commission (FCC) Chairman Brendan Carr appeared to threaten the licenses of stations broadcasting the show unless they did so.Kimmel said his comments about Kirk’s alleged killer had been “intentionally and, I think, maliciously mischaracterized” by Republicans. But he said he would “love to have Trump on the show” in future.”I wouldn’t necessarily be interested in (having) Brendan Carr on the show,” he deadpanned.Reflecting on the boycotts by companies owning dozens of ABC affiliate stations, Kimmel on Wednesday admitted he initially thought his show was permanently finished.”The idea that I would not have whatever it was, 40 affiliates… I was like, ‘Well, that’s it,'” he told the Bloomberg Screentime conference in Los Angeles.”I said to my wife, ‘that’s it. It’s over,'” he said.Kimmel’s return proved a huge ratings hit, even as the blackout meant a quarter of the country could not watch.

Israël et le Hamas annoncent un accord de cessez-le-feu à Gaza sous l’égide de Trump

Israël et le Hamas sont parvenus jeudi à un accord sur un cessez-le-feu à Gaza et une libération d’otages dans le cadre d’un plan de Donald Trump, une étape majeure visant à mettre fin à deux ans de guerre destructrice dans le territoire palestinien.Selon des sources proches du dossier à l’AFP, l’accord sera signé dès jeudi en Egypte après quatre jours de négociations-marathon indirectes entre les belligérants dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh ayant impliqué plusieurs acteurs internationaux dont les Etats-Unis.Pour le moment, aucune heure n’a été annoncée pour l’entrée en vigueur de l’accord, et la Défense civile locale a fait état de la poursuite des frappes israéliennes dans la bande de Gaza.Lancée en riposte à une attaque d’une violence sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’offensive israélienne dans le territoire palestinien assiégé a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué un désastre humanitaire.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il réunirait jeudi son cabinet afin de “ratifier l’accord et rapatrier tous nos précieux otages”. “C’est un grand jour pour Israël”, a-t-il dit. Dans un message sur son réseau Truth Social, M. Trump s’est dit “fier d’annoncer qu’Israël et le Hamas ont tous deux accepté la première phase” de son plan. “Cela veut dire que TOUS les otages seront libérés très prochainement et qu’Israël retirera ses troupes (de Gaza) jusqu’à la ligne convenue, les premières étapes en vue d’une paix solide et durable.” Il a estimé sur Fox News que les otages seraient “de retour lundi”, y compris “les corps des (otages) morts”. Avant l’annonce de l’accord, Donald Trump a annoncé une possible visite au Moyen-Orient en fin de semaine.L’armée israélienne a dit se préparer à réceptionner les otages, mais aussi à faire face à “tous les scénarios”. Elle a appelé les habitants à ne pas retourner dans le nord de la bande de Gaza où elle poursuit ses opérations militaires.- En une seule fois -Selon une source au sein du Hamas, les otages israéliens vivants, estimés à au moins 20 sur les 47 retenus à Gaza, seront libérés en une seule fois contre près de 2.000 détenus palestiniens. Et “de premières cartes ont été présentées par la partie israélienne concernant le retrait de ses troupes”. Elle n’a pas mentionné les otages morts.Le Hamas a annoncé être parvenu à un accord “prévoyant la fin de la guerre à Gaza”.Après cette annonce, une vague de joie mêlée d’appréhension a déferlé sur Al-Mawassi, secteur du sud de la bande de Gaza où s’entassent des dizaines de milliers de déplacés palestiniens, a constaté un journaliste de l’AFP.”Je suis vraiment heureux que la guerre prenne fin, mais en même temps, j’ai peur d’une trahison, d’un retour aux affrontements comme lors de la première trêve (novembre 2023). Cette fois, j’espère que notre joie sera totale, que le cauchemar prendra fin”, a indiqué Tareq al-Farra.Le Qatar, pays médiateur, a confirmé “qu’un accord a été conclu sur (…) la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, qui conduira à la fin de la guerre, à la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens, et à l’entrée d’aide humanitaire” dans le territoire affamé. – Deux précédentes trêves -Le plan Trump annoncé le 29 septembre prévoit un cessez-le-feu, un échange des otages enlevés le 7 octobre 2023 contre des prisonniers palestiniens retenus par Israël, le retrait par étapes de l’armée israélienne de Gaza et le désarmement du Hamas.Le Hamas a accepté de libérer les otages, mais a aussi réclamé le retrait total israélien de Gaza. Il n’a pas mentionné son propre désarmement, point clé de la proposition. M. Netanyahu a, lui, souligné que son armée resterait dans la majeure partie de Gaza et répété que le Hamas devait être désarmé.Deux précédentes trêves en novembre 2023 et début 2025 avaient permis le retour d’otages ou de corps de captifs en échange de prisonniers palestiniens, avant de s’effondrer.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 47 sont toujours otages à Gaza dont au moins 25 sont mortes selon l’armée.En riposte, Israël a lancé une campagne militaire qui a dévasté le territoire, et fait selon le ministère de la Santé du Hamas, plus de 67.183 morts, en majorité des civils.L’ONU a déclaré l’état de famine dans une partie de Gaza et ses enquêteurs affirment qu’Israël y commet un génocide. Des affirmations rejetées par Israël.