Millions expected Saturday at anti-Trump demos across US

From New York to San Francisco, millions of Americans are expected to hit the streets to voice their anger over President Donald Trump’s policies at nationwide “No Kings” protests.The last day of rallies by the “No Kings” movement — which unites some 300 organizations — drew massive crowds on June 14, as Trump staged a military parade in Washington on his birthday.It was the biggest day of demonstrations since the Republican billionaire returned to the White House in January to begin his second term as president.Four months later, organizers have planned more than 2,600 demonstrations coast to coast, with millions of people expected to participate again, a movement spokesperson said.Deirdre Schifeling, chief political and advocacy officer for the American Civil Liberties Union, told reporters Thursday that protesters wanted to convey that “we are a country of equals.””We are a country of laws that apply to everyone, of due process and of democracy. We will not be silenced,” she said.Leah Greenberg, the co-founder of the Indivisible Project, slammed the Trump administration for sending the US National Guard into cities, cracking down on undocumented migrants and prosecuting political opponents.”It is the classic authoritarian playbook, threaten, smear and lie, scare people into submission. But we will not be intimidated. We will not be cowed,” Greenberg said.Randi Weingarten, the president of the American Federation of Teachers, called it an “obligation to fight for the people in America.”She said protesters were committed to making sure that “this is a country where we see a democracy going forward, not backward.”Beyond New York and San Francisco, protests are scheduled in major cities like Washington, Boston, Chicago, Atlanta and New Orleans, as well as in smaller towns across the country.The “No Kings” movement is even organizing events in Canada, with rallies planned in Toronto, Vancouver and the capital Ottawa.

USA: début des délibérations au procès de BNP Paribas lié aux violences au Soudan

Le jury d’un tribunal civil fédéral de New York a commencé jeudi ses délibérations pour décider si le groupe bancaire français BNP Paribas a contribué à des exactions au Soudan, en facilitant des échanges commerciaux dont les recettes auraient financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Béchir.Le procès, commencé le 9 septembre devant huit jurés, a été intenté par trois Soudanais – deux hommes et une femme sans relation familiale -, désormais citoyens américains.Ils ont raconté avoir été emprisonnés, torturés, battus, brûlés avec des cigarettes, lacérés au couteau, violée pour l’une, par des soldats soudanais et des miliciens Janjawid – déployée et équipée par Khartoum – tandis que leurs biens étaient volés ou détruits.Les plaidoiries finales se sont déroulées jeudi matin, suivies par une mise au point du juge Alvin Hellerstein avant le début des délibérations du jury.”Cette affaire très importante a révélé le secret qu’une banque internationale, BNP Paribas, a secouru, protégé, alimenté et soutenu illégalement l’économie d’un dictateur”, a lancé jeudi David DiCello, un avocat des plaignants.Elle a “soutenu un nettoyage ethnique et anéanti l’existence” des plaignants, a-t-il poursuivi. BNP Paribas n’est pas l’unique cause de cette situation, mais “c’est l’une des raisons”.La banque française, active au Soudan de la fin des années 1990 à 2009, a fourni des lettres de crédit dans le cadre de contrats commerciaux (import-export). En cas de défaut de l’acheteur – ce qui n’est jamais arrivé, d’après elle -, le vendeur était sûr d’avoir son argent.Les plaignants considèrent qu’en permettant au régime soudanais de commercer et, donc, d’engranger des milliards de dollars de devises étrangères, la banque a contribué à la violence du régime contre une partie de sa population.Mais, pour la défense, les plaignants n’ont pas prouvé la responsabilité de BNP Paribas.Barry Berke, un avocat du groupe français, a affirmé jeudi que les plaignants auraient subi les mêmes souffrances si BNP Paribas n’avait pas été au Soudan, qui aurait vendu son pétrole sans la banque. Même sans pétrole et sans BNP Paribas, le régime aurait violé les droits humains, a soutenu l’avocat.Détaillant, chronologies à l’appui, les conflits internes depuis l’indépendance du Soudan en 1956 jusqu’à aujourd’hui, M. Berke a souligné que les opérations incriminées étaient autorisées en Europe et que des instances internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) collaboraient avec le pays.Selon les Nations unies, entre 2002 à 2008, la guerre a fait 300.000 morts au Darfour (ouest du Soudan) et près de 2,5 millions de déplacés.Béchir, qui a dirigé le Soudan d’une main de fer pendant trois décennies, a été destitué en 2019 et est recherché par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Ligue des champions: le PSG chute encore, cette fois contre le Real Madrid (2-1)

Le PSG n’a pas encore trouvé le rythme cette saison. Lourdement battues en ouverture par Wolfsburg (4-0), les Parisiennes ont cette fois chuté à domicile face au Real Madrid (2-1), lors de la deuxième journée de la Ligue des champions, compliquant leur destin dans la compétition. Après la lourde défaite en championnat contre Lyon (6-1), Griedge Mbock, une des cadres parisiennes, avait appelé son groupe à “montrer un autre visage” aux supporters du campus du PSG à Poissy, le Parc des Princes étant réservé le lendemain au match de L1 entre l’équipe masculine et Strasbourg.Mais face au quart de finaliste de la précédente édition, les Parisiennes ont à nouveau manqué d’efficacité. Et l’attaquante madrilène Naomie Feller, 23 ans, a ouvert le score dès la 29e minute, jetant un froid en tribunes et sur le terrain. Bien servie par Yasmim, la Parisienne de naissance -qui n’a toutefois jamais joué au PSG- a dévié le ballon du bout du pied pour trouver le petit filet (1-0). Appelée jeudi par Laurent Bonadei avec les Bleues après plusieurs mois d’absence, la milieu de terrain s’est à nouveau illustrée sur le second but madrilène, inscrit par Alba Redondo (45e+2, 2-0).- “En reconstruction” -Plus réalistes et agressives en seconde période, les Parisiennes ont réduit l’écart à la faveur d’une tête croisée de la Nigériane Rasheedat Ajibade (58e, 2-1). Mais elles n’ont pas réussi à revenir.”Je suis déçu du résultat. Inquiet, non. Je pense qu’au niveau de la solidarité, de l’état d’esprit, les joueuses étaient bien, surtout en deuxième mi-temps…Il nous a manqué la dernière passe”, a commenté au micro de la chaîne l’Equipe Paulo Cesar, arrivé cet été sur le banc du PSG après une saison 2024-2025 compliquée pour le club parisien.”On a été solidaires, on a travaillé ensemble et on a défendu ensemble. C’est vrai qu’on ne s’est pas procuré énormément d’occasions mais on est en train de monter crescendo”, a abondé la capitaine Sakina Karchaoui.Mais avec deux défaites et un calendrier particulièrement éprouvant, la campagne européenne du PSG, seizième (sur 18) du classement, semble se compliquer tandis que se profile un déplacement périlleux le 12 novembre sur la pelouse de Manchester United -seule équipe invaincue avec Chelsea en championnat national- puis un match contre le Bayern.”On a une équipe en reconstruction. On va rebondir”, a insisté Karchaoui. 

Trump says to meet Putin in Budapest after ‘great’ call

US President Donald Trump said he would meet Russia’s Vladimir Putin in Hungary after a “very productive” call Thursday, and questioned Kyiv’s push for Tomahawk missiles just a day before hosting Ukraine’s leader at the White House.In his latest abrupt pivot on Russia’s 2022 invasion, Trump said he expected to meet Putin in Budapest within the next two weeks for what would be their second summit since the American’s return to power.The Kremlin welcomed the “extremely frank and trustful” call and said it was immediately preparing for the summit. Ukraine’s President Volodymyr Zelensky insisted that the threat of Tomahawks had pushed Moscow to negotiate, even as he deals with yet another Trump shift on the war.”I believe great progress was made with today’s telephone conversation,” Trump said on his Truth Social network, saying he and Putin would meet to “see if we can bring this ‘inglorious’ War, between Russia and Ukraine, to an end.” The 79-year-old Republican later told reporters in the Oval Office that the call was “very productive” and that he expected to meet “within two weeks or so, pretty quick.”US Secretary of State Marco Rubio will swiftly meet his Russian counterpart Sergei Lavrov to sort out summit details, Trump added.- ‘Momentum’ -Trump said the Russian leader “didn’t like it” when he raised the possibility during their call of giving Moscow’s enemy Ukraine the missiles with a 1,000-mile (1,600-kilometer) range.But Trump appeared to cast doubt on whether Ukraine would actually get the American-made arms it covets, saying the United States could not “deplete” its own supply. “We need them too, so I don’t know what we can do about that,” he said.Trump’s relations with Putin — a leader for whom he has repeatedly expressed admiration over the years — have blown hot and cold since he returned to the White House in January.After an initial rapprochement, Trump has shown increasing frustration, particularly since he came away from Alaska with no end to the war he once promised to solve within 24 hours.Zelensky meanwhile has gone the opposite way, winning Trump’s support after a disastrous initial meeting in February when the US president berated him in front of the cameras.But Trump’s latest swing appears to have moved the dial again, leaving Zelensky having to negotiate the situation with Ukraine’s main military backer.Zelensky said as he arrived Thursday in Washington that he hopes the “momentum” of the Middle East peace deal Trump brokered will help end the war in Ukraine.”We can already see that Moscow is rushing to resume dialogue as soon as it hears about Tomahawks,” Zelensky said, adding that he’ll also be meeting US defence companies to discuss additional supplies of air defence systems.- ‘Peace summit’ -The Kremlin hailed the “highly substantive” Putin-Trump call, which Putin’s top aide Yuri Ushakov told journalists was at Russia’s initiative.But Putin told Trump that giving Ukraine Tomahawks would “not change the situation on the battlefield” and would harm “prospects for peaceful resolution,” added Ushakov.Budapest had been discussed as a possible venue for the previous Trump-Putin meeting before they settled on Alaska.Hungarian Prime Minister Viktor Orban, who has maintained friendly relations with both men, said later that he had spoken to Trump. “Preparations for the USA-Russia peace summit are underway,” he said on X.The choice of Budapest also sidesteps an International Criminal Court arrest warrant for Putin for alleged war crimes.Hungary has announced its withdrawal from the ICC yet is still theoretically a member until June 2026. But Orban gave Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu a promise that he would not carry out the warrant when Netanyahu visited Hungary in April.In Ukraine the war ground on with Moscow renewing its attacks on Kyiv’s energy grid.Russian strikes forced Ukraine to introduce nationwide rolling power cuts, for the second day in a row, in the cold season when temperatures can fall to zero at night.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Des “grands-parents” rescapés des inondations au Mexique, symbole d’espoir

Accrochés l’un à l’autre pour s’accrocher à la vie: la vidéo d’un couple de personnes âgées qui s’enlace sur le toit de leur maison submergée s’est muée en un symbole d’espoir face aux inondations mortelles qui ont dévasté le Mexique. “Accroche-toi à mon cou pour pouvoir sortir”, a soufflé Hilario Reynosa à sa femme, Elodia Reyes, lorsque, jeudi soir, ils ont vu l’eau monter depuis leur maison de Poza Rica, dans l’Etat de Veracruz, à la suite les violentes pluies qui ont frappé l’est et le centre du Mexique la semaine dernière. Les Etats de Veracruz, Puebla et Hidalgo concentrent la majorité des dizaines de décès causés par les glissements de terrain et débordements de rivières. Pour le couple, impossible de sortir de leur maison, car la porte était bloquée par de lourds meubles charriés par la crue: leur toit était alors leur seul refuge.”Ma femme s’est agrippée à mon cou et nous sommes sortis (par l’autre côté) et là, nous nous sommes accrochés, nous avons passé la nuit là, et elle n’arrêtait pas de crier +Au secours, au secours!+”, raconte le rescapé à l’AFP.C’est ainsi que l’étreinte des “grands-parents”, comme les ont baptisés les réseaux sociaux, a été immortalisée dans une courte vidéo où on les voit enlacés avec de l’eau jusqu’aux hanches, sur la structure étroite de leur maison.Puis une personne en barque “est venue nous secourir et nous a emmenés chez elle”, raconte Elodia d’une voix timide. “Elle nous a hébergés et nourris. Quelle femme formidable!””Il y a parfois des gens dont on ne sait rien, mais qui ont bon cœur. C’est beau”, abonde son époux en souriant.Leur maison a été complètement détruite par les eaux et ils vivent désormais chez un voisin. Leurs visages portent encore les traces de cette épopée. Leurs corps aussi: Hilario remonte son short jusqu’aux cuisses pour montrer les nombreux bleus qui les constellent depuis ce jour-là. “L’eau passait fort, comme ça”, illustre le vieil homme, qui a eu peur que le courant n’emporte son épouse. “Il sait nager, pas moi”, explique Elodia. Fièrement, l’homme raconte que grâce à son passé de pêcheur et de maçon, il a développé la force physique pour supporter pendant des heures les assauts de la rivière déchaînée. Mais le plus important, c’était que “nos deux vies” soient sauves, souligne Hilario, qui demande à présent de l’aide pour reconstruire leur maison.

Iran: les proches de Kohler et Paris exhortent l’Etat français à les faire libérer

Les familles de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis plus de trois ans, ont alerté jeudi sur la situation de leurs proches, dont “la survie” est désormais en jeu selon elles, et exhorté l’Etat français à les faire libérer immédiatement.La justice iranienne a annoncé mardi la condamnation des deux Français à des peines de 20 ans de prison pour Cécile Kohler et 17 ans de prison pour Jacques Paris, notamment pour espionnage au profit des services de renseignement français et israélien.”Tous deux ont été arbitrairement condamnés (…) à de très lourdes peines de prison. Les motifs d’inculpation, quels qu’ils soient, sont totalement infondés”, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, appelant à “leur libération immédiate”.”Chaque jour de détention qui passe engage la responsabilité de l’Etat français sur la survie de Cécile et Jacques”, avait affirmé quelques heures plus tôt Noémie Kohler, soeur de Cécile, lors d’une conférence de presse.La jeune femme a confié avoir échangé brièvement mardi avec eux, “pendant huit minutes en visio” sous haute surveillance.”C’était un appel de détresse”, a-t-elle confié. “Ils m’ont dit qu’ils étaient épuisés” et “à bout de forces”, a-t-elle poursuivi, ajoutant que sa soeur lui a clairement dit qu’elle ne pourrait endurer encore “trois mois, ou même quelques semaines, de détention”.De son côté, Anne-Laure Paris, fille de Jacques Paris, a souhaité se faire “la porte-parole de son épuisement, de son désespoir, de sa détresse et de sa colère”. “Mon père m’a dit: +Je regarde la mort en face+”, a-t-elle dit.L’avocate de la famille Kohler, Me Chirinne Ardakani, a souligné que leur détention était l’une des plus longues infligées à des Français dans le monde, après celle d’Ingrid Betancourt en Colombie entre 2002 et 2008.- “Rupture de confiance” -Les proches des deux détenus ont par ailleurs estimé qu’il y avait “une rupture de confiance avec les autorités françaises qui ont retiré leur plainte auprès de la Cour internationale de justice”.La CIJ a annoncé le 25 septembre avoir abandonné, à la demande de la France, une requête contre l’Iran au sujet de la détention de ses deux ressortissants.”Nous ne savons toujours pas où ils sont détenus depuis leur transfert forcé en juin” pendant la guerre des 12 jours avec Israël, s’est également indignée Noémie Kohler.Interrogé sur les critiques formulées par les familles, M. Confavreux leur a demandé de ne pas douter de “la pleine et entière mobilisation à tous les niveaux de l’Etat pour obtenir leur libération immédiate”. “Nous sommes en contact permanent avec les familles de Cécile Kohler et de Jacques Paris. Le ministre les a reçues encore le 30 septembre dernier”, a-t-il déclaré: “Notre ambassade a pu rendre une septième visite consulaire le 14 octobre dernier”.- “Manipulation” -Interrogés sur une possible issue pour les deux Français, Téhéran ayant évoqué un possible échange de prisonniers, les avocats des familles ont semblé en douter.”Tout cela participe d’une manoeuvre de manipulation. Le but recherché est certainement d’atteindre les personnes et de faire pression sur la France”, a réagi Me Martin Pradel, rappelant que Jacques Paris et Cécile Kohler étaient considérés comme “des otages d’Etat”.Depuis une dizaine d’années, l’Iran multiplie les arrestations de ressortissants occidentaux, notamment français, les accusant le plus souvent d’espionnage, afin de les utiliser comme monnaie d’échange pour relâcher des Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou afin d’obtenir des gages politiques.Au moins une vingtaine d’Occidentaux seraient détenus, selon des sources diplomatiques.Me Chirinne Ardakani a mis en garde contre une potentielle mise en scène à venir: des journalistes en Iran auraient été conviés à aller voir les deux détenus.”Il semblerait que les autorités iraniennes vont donner accès au lieu de détention où pourraient se trouver Cécile et Jacques”, a-t-elle expliqué. “Nous en appelons à la déontologie des journalistes”, a-t-elle ajouté, alertant sur une opération de communication qui s’apparenterait à “une mise en scène à des fins de propagande”. “Sans consentement libre et éclairé” des détenus, ce serait assimilable “à un traitement humiliant et dégradant”, a-t-elle affirmé. 

Trump rencontrera Poutine à Budapest “dans les deux prochaines semaines”

Donald Trump et Vladimir Poutine se verront prochainement à Budapest, une annonce surprise faite à la veille d’une entrevue à la Maison Blanche entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui espère obtenir des missiles Tomahawk.La rencontre a été décidée pendant un échange téléphonique jeudi entre les dirigeants russe et américain, dont le maître du Kremlin a profité pour avertir que la livraison de ces armes américaines “nuirait considérablement” à la relation entre Moscou et Washington.Le sommet aura lieu “dans les deux prochaines semaines”, a précisé Donald Trump jeudi pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.Sur son réseau Truth Social, il a jugé que son échange avec Vladimir Poutine avait été “très productif”, Moscou parlant d’un entretien “extrêmement franc et empreint de confiance”.”Nous voyons déjà que Moscou se précipite pour reprendre le dialogue dès qu’ils entendent parler de Tomahawks”, a commenté sur X le président ukrainien, arrivé jeudi à Washington.- “Réchauffement” -Vendredi, il espère convaincre Donald Trump de renforcer l’armée ukrainienne alors que la Russie multiplie les frappes contre les infrastructures énergétiques en Ukraine. Le président américain s’est montré très prudent quand il a été interrogé jeudi sur l’éventuelle livraison de ces missiles de croisière à Kiev.”Nous ne pouvons pas appauvrir (les réserves de) notre propre pays”, a dit Donald Trump, ajoutant: “Nous en avons besoin aussi, donc je ne sais pas ce que nous pouvons faire.”Lors de son appel avec son homologue, “Vladimir Poutine a réitéré son point de vue : les Tomahawk ne modifieront pas la situation sur le champ de bataille mais nuiront considérablement aux relations entre nos deux pays. Sans parler des perspectives de règlement pacifique” en Ukraine, a indiqué son conseiller diplomatique, Iouri Ouchakov.Le BGM-109 Tomahawk vole jusqu’à 1.600 kilomètres, à 880 km/h à quelques dizaines de mètres du sol.- Regain de cordialité -Le coup de fil de jeudi marque un regain de cordialité entre les dirigeants américain et russe, dont la relation s’était un peu rafraîchie depuis un sommet le 15 août en Alaska, conclu sans avancées concrètes sur la guerre en Ukraine.”Nous avons décidé qu’une réunion de nos conseillers de haut niveau aurait lieu la semaine prochaine. Les premières réunions seront dirigées par le secrétaire d’Etat Mario Rubio pour les Etats-Unis” dans un lieu encore à définir, a écrit Donald Trump sur Truth Social.”Puis le président Poutine et moi-même nous réunirons dans un endroit déjà convenu, Budapest, en Hongrie, pour voir si nous pouvons mettre fin à cette guerre +sans gloire+ entre la Russie et l’Ukraine”.”Les représentants des deux pays s’occuperont sans tarder de la préparation d’un sommet, qui pourrait être organisé, par exemple, à Budapest”, a déclaré Iouri Ouchakov.”Nous sommes prêts!” a commenté sur X le Premier ministre hongrois Viktor Orban, allié du chef d’Etat américain et proche du Kremlin.- Cour pénale internationale -Vladimir Poutine est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, dont la Hongrie a décidé de se retirer. Ce retrait sera effectif le 2 juin 2026. Viktor Orban avait déjà reçu en avril le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lui aussi visé par un mandat d’arrêt de l’institution basée à La Haye (Pays-Bas).Dès son retour au pouvoir, Donald Trump a rompu l’isolement dans lequel les puissances occidentales maintenaient Vladimir Poutine depuis le début de la guerre en Ukraine.Il a aussi remis en cause l’aide militaire accordée à l’Ukraine par Washington pendant la présidence de son prédécesseur démocrate Joe Biden, allant jusqu’à rudoyer publiquement Volodymyr Zelensky pendant un extraordinaire affrontement en février dans le Bureau ovale.Le président américain, persuadé d’avoir une relation privilégiée avec son homologue russe, avait d’abord assuré qu’il pouvait mettre fin au conflit très rapidement, avant de concéder que l’entreprise était plus complexe que prévu.Il a récemment estimé à la surprise générale que l’Ukraine pouvait remporter la guerre.

Au Louvre, exposition inédite et très politique sur Jacques-Louis David

Marat assassiné, le Sacre de Napoléon : si dans l’imaginaire collectif ces tableaux iconiques de Jacques-Louis David (1748-1825) incarnent la Révolution ou l’Empire napoléonien, ils traduisent aussi un engagement politique radical du peintre, au coeur d’une exposition au Louvre.”C’est probablement le premier artiste qui a eu un rôle politique de premier plan sous la Révolution, en particulier en 1793-1794 pendant la Terreur”, dit Sébastien Allard, directeur du département des peintures du grand musée parisien et commissaire de l’exposition.Une centaine de tableaux et de dessins sont présentés dans un parcours thématique montrant qu’art et politique ont toujours été indissociables pour ce monument de la peinture historique, considéré comme le “père de l’Ecole française”. Parmi eux : la version originale du célèbre Marat assassiné (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles), l’imposant fragment du Serment du Jeu de Paume (dépôt du musée du Louvre au château de Versailles) et quatre tableaux restaurés dont un rare autoportrait.Première exposition consacrée à David depuis 1989 et le bicentenaire de la Révolution, elle entend le présenter “dans son intégralité”, sans distinguer l’homme de l’oeuvre, ajoute M. Allard, dont l’institution conserve le plus important ensemble au monde de ses créations.- Faveurs du roi – Elle débute par son ascension fulgurante sous la monarchie après avoir intégré l’Académie Royale à 26 ans et réalisé le Serment des Horaces, immense toile qui lui assure la gloire.Il vit alors “dans un monde où on ne peut pas être un grand peintre sans les faveurs du roi, il en bénéficiera mais votera aussi la mort de Louis XVI sans état d’âme”, explique Côme Fabre, bras droit de M. Allard pour cette exposition.David est alors pourtant logé gracieusement au Louvre, à l’époque palais royal, où il aura aussi “un des plus grands ateliers de l’histoire de l’art, accueillant jusqu’à 80 élèves de toute l’Europe à son apogée”, ajoute Aude Gobet, cheffe du service étude et documentation du département des Peintures du musée.Né à Paris en 1748, il va connaître six régimes politiques et participer activement à la Révolution française en s’engageant auprès de Maximilien Robespierre. Figure de la Révolution animée d’abord par des idéaux humanistes, Robespierre enverra pourtant des milliers de personnes à la guillotine, faisant régner la terreur.- “propagandiste” -Le peintre “se radicalise. Elu député de Paris avec l’aide du journaliste Marat, il sera membre du comité de sûreté générale (police intérieure), président du club des Jacobins et pendant quelques semaines président de la Convention”, retrace M. Allard.Cet épisode est au coeur de l’exposition qui présente dans une scénographie tout en clair-obscur le tableau Marat assassiné : le journaliste dans son bain après son meurtre par une autre Républicaine, Charlotte Corday.”Sommet de l’art du peintre”, c’est aussi le moment où ses “talents de propagandiste” se révèlent. “Il métamorphose ce journaliste ultra-violent en héros comme il peindra plus tard le couronnement de Napoléon, totalement acquis à la cause de l’empereur”, quitte à asseoir faussement sa légitimité, souligne M. Fabre.Chargé des funérailles de Marat, David “imagine même, en plein été, d’exposer son cadavre embaumé à sa table de travail mais y renonce en raison de son état de décomposition”, détaille M. Allard. Il le peint seulement. Le tableau sera “exposé dans la cour carrée du Louvre, le jour de l’exécution de Marie-Antoinette”, puis “dans toute la France, devenant une sorte d’icône d’un culte civique”, ajoute-t-il.Robespierre sera exécuté. David, malade, emprisonné. “Il bénéficiera de son immense aura en tant qu’artiste et assurera aussi avec habileté sa propre défense”, selon M. Fabre. Le peintre reviendra sur le devant de la scène avec les Sabines (1799), immense toile, présentée dans l’exposition, mettant en scène des femmes s’interposant pour mettre fin aux combats.En 1801, David peint Bonaparte franchissant les Alpes en héros, le considérant alors comme “l’homme providentiel, issu de la Révolution, qui arrive pour sauver la France”, souligne M. Allard.L’exposition s’achève sur l’exil du peintre à Bruxelles après la restauration de la monarchie et son bannissement en tant que “régicide” ainsi que sur son legs à l’histoire de l’art.