Le PS exige des garanties sur la suspension de la réforme des retraites au coeur des ultimes négociations

La suspension de la réforme des retraites était au coeur des ultimes négociations à Matignon mercredi pour dénouer la crise politique, le PS estimant n’avoir reçu “aucune assurance” de Sébastien Lecornu alors que la droite et une partie du camp présidentiel en font “une ligne rouge”.”Au moment où nous parlons, nous n’avons aucune assurance sur la réalité de cette suspension”, a déclaré Olivier Faure après l’entretien entre Sébastien Lecornu et les socialistes. De quoi tempérer l’optimisme affiché un peu plus tôt par le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, avant le début de ses recontres avec les socialistes, communistes et écologistes.Sur le perron de Matignon, M. Lecornu, à qui le président Emmanuel Macron a demandé de mener jusque mercredi soir “d’ultimes négociations” après la démission de son gouvernement lundi, a estimé que la perspective d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale s'”éloigne” grâce à une “volonté” des partis de s’entendre sur un budget avant la fin de l’année. Il s’exprimera à nouveau dans la soirée au journal de 20H00 de France 2 après avoir présenté les conclusions de ses entretiens à M. Macron.- “un leurre” -Si les socialistes ont pris acte du renoncement du Premier ministre à recourir au 49.3 et d’un “assouplissement de la trajectoire budgétaire” (avec un déficit 2026 pouvant aller jusqu’à 5% du PIB au lieu des 4,6% voulus par François Bayrou), ils font de la suspension de la réforme des retraites une exigence non négociable.Et, afin que ce ne soit pas un “leurre”, M. Faure a aussi demandé que la suspension comprenne à la fois l’âge légal (actuellement à 62 ans et neuf mois, et qui doit être porté à 64 ans) mais aussi de l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation de 42 à 43 ans pour pouvoir partir à la retraite à taux plein.Toute la question est de savoir si cette ouverture sur ce totem macroniste, faite mardi soir par Elisabeth Borne qui avait elle-même fait adopter la réforme en 2023 lorsqu’elle dirigeait le gouvernement, engage l’ensemble de l’exécutif.”Le Premier ministre est libre. Son seul mandat, c’est d’identifier une plateforme d’action et de stabilité”, a assuré mercredi l’entourage de M. Macron, laissant entendre que le président n’avait pas été prévenu de la prise de position de Mme Borne.Pour les socialistes, M. Lecornu ne pourra leur apporter cette garantie qu’après en avoir référé à M. Macron qui n’a pas prévu de s’exprimer mercredi soir.D’autant que le camp présidentiel est loin d’être unanime: le ministre démissionnaire des Finances, Roland Lescure, a rappelé qu’une telle suspension coûterait “des centaines de millions (d’euros) en 2026 et des milliards en 2027”. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé sa “gêne” de voir son camp “renoncer aux grandes réformes que nous avons faites” alors que le parti Horizons d’Edouard Philippe – après avoir lancé une bombe mardi en réclamant une présidentielle anticipée – a manifesté une opposition catégorique. De son côté, la droite en fait une “ligne rouge”. – le RN “censure tout” -Quant au casting pour Matignon, la gauche revendique toujours la nomination d’un Premier ministre de leur camp et rejette l’idée de Gabriel Attal d’avoir un ou deux médiateurs qui seraient chargés d’aboutir à une plateforme minimale sur le budget.”Nous ne serons pas dans la confusion. Le débat (parlementaire) doit avoir lieu sur tous les sujets” comme la fiscalité, a déclaré M. Faure.Mais l’idée d’un Premier ministre de gauche hérisse la droite, à commencer par le président des Républicains, Bruno Retailleau, qui ne retournera “certainement pas dans un gouvernement dirigé par un homme de gauche”, ni d’ailleurs “par un macroniste”.Visé par cet oukaze, Sébastien Lecornu a répliqué en faisant savoir au chef des députés LR, Laurent Wauquiez, que sans “logique d’entente” entre leurs camps, le choix se réduirait à un Premier ministre de gauche ou une nouvelle dissolution.Cette dernière option est toujours réclamée à cor et à cri par le Rassemblement national, qui a décliné l’invitation à Matignon et se projette déjà vers des législatives anticipées. En pré-campagne, la patronne du parti à la flamme Marine Le Pen s’est affichée loin des tractations parisiennes, au Sommet de l’élevage de Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme).”Je censure tout. Là, maintenant, stop. La plaisanterie a assez duré”, a-t-elle martelé en estimant que le Premier ministre s’est montré “bien optimiste” sur l’éloignement d’une dissolution.Pas de rendez-vous non plus à Matignon pour La France insoumise, qui estime avoir mieux à faire à l’Assemblée nationale, où sa motion de destitution d’Emmanuel Macron, soumise au Bureau de l’institution, a été jugée irrecevable. La présidente des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, a assuré que son groupe censurerait “tout gouvernement qui continuerait la politique macroniste”, estimant que le patron du PS Olivier Faure n’obtiendrait “que des miettes” en négociant avec M. Lecornu.

New documentary shows life in Gaza for AFP journalists

A new documentary tells the story of AFP journalists who were trapped in the Gaza Strip at the beginning of the Israeli offensive, witnessing the destruction of their own reality through a lens.Independent journalist Helene Lam Trong’s documentary “Inside Gaza” will be screened at the Bayeux prize for war reporters on Thursday in the presence of six of the seven permanent AFP journalists who covered the beginning of the Gaza conflict.It traces their daily lives after October 7, 2023, when Hamas attacks in Israel led to the deaths of more than 1,200 people, according to an AFP tally based on official Israeli figures.Then came the Israeli offensive, which has killed more than 67,000 people, according to figures from the Hamas-run health ministry — figures the United Nations considers reliable.Day after day, the journalists had no choice but to document the unimaginable suffering of their own people.”I wanted to explain what this profession is, which is primarily carried out in the field,” filmmaker Lam Trong said.”Inside Gaza,” which was co-produced by AFP’s documentary production unit at Factstory along with Arte and RTBF, almost exclusively relies on AFP images, mostly taken by the journalists who testify in it.- Attempts to discredit -Reporting in Gaza means being surrounded by children who are injured or in shock, and dead bodies wrapped in shrouds or buried under the rubble.There is no let-up, as Israel has forbidden foreign journalists from entering the Palestinian territory.”They are seasoned journalists in their fifties, and they know how to maintain their rigour under conditions of extreme urgency and discomfort,” said Lam Trong, who conducted lengthy interviews with them after they left Gaza in early 2024.But attempts to discredit these journalists are frequent.AFP journalist Mohammed Abed recalls several Western media outlets asking him to prove that a child had died, after pro-Israel lobby groups claimed that a photo he had taken of a father embracing his dead child in a shroud was actually that of a doll.”We have rarely seen such questioning of information disseminated by experienced journalists,” said Lam Trong. “Palestinian journalists have faced the ultimate level of distrust from the media.”- Journalists a target -What is broadcast is severely downplayed, the director said, describing a careful curation process and a decision to remove the most disturbing footage from the film — a difficult task given the extent of Gaza’s destruction.AFP’s seven journalists and their families were evacuated between February and April 2024 and now reside in Doha, Cairo and London, struggling with post-traumatic stress disorder. The news agency is now working with a dozen freelancers in Gaza.”The purpose of the film is to provoke reflection on what journalists do” as the profession faces global threats — particularly in Gaza, where the press is constantly targeted, said film producer and Factstory’s documentary unit head Yann Ollivier.”I hope that those who claim there are no journalists in Gaza will be compelled, after watching this film, to acknowledge that there are indeed journalists there, and that they adhere to the ethics of factual journalism,” he told AFP.Around 200 journalists have been killed in the Gaza Strip since the war began, according to the Committee to Protect Journalists and Reporters Without Borders.The documentary will be broadcast on French-German TV channel Arte on December 2. 

Cameroon president, 92, stages first appearance of electionWed, 08 Oct 2025 11:37:04 GMT

Cameroon’s President Paul Biya on Monday made his first major appearance of the election campaign in his run for an eighth straight term as the world’s oldest head of state.With five days to go before the vote, Biya — aged 92, and in power since 1982 — addressed supporters at a stadium in Maroua, in …

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Russia says momentum from Putin-Trump meeting ‘gone’

Russia said Wednesday that momentum towards reaching a peace deal in Ukraine had largely vanished following Vladimir Putin and Donald Trump’s presidential summit in Alaska, dimming hopes for a quick end to the three-and-a-half year war.The two leaders met at an air base in the Alaskan city of Anchorage in August, but failed to reach any kind of peace agreement to end the fighting.Diplomatic efforts to end the conflict have since stalled, with both Moscow and Kyiv launching deadly strikes into each other’s territory and Russia advancing on the battlefield.Trump has grown increasingly frustrated at Putin’s apparent reluctance to accept a deal, saying last month he was “very disappointed” with the Russian leader.”Unfortunately, we must admit that the powerful momentum generated by Anchorage in favour of agreements… has largely gone,” Russian Deputy Foreign Minister Sergei Ryabkov said, according to Russian news agencies.He blamed Europe for the impasse, accusing them of wanting to wage a “war to the last Ukrainian”.Trump reached out to Putin within weeks of returning to the White House, casting himself as a neutral mediator. But he has failed to extract any major concessions from the Kremlin.Trump has since grown more hostile towards Moscow while expressing sympathy for Ukraine.In September, he wrote on Truth Social that Kyiv should try to “take back” all its occupied territory with Europe’s and NATO’s help.Last month, US Vice President JD Vance told broadcaster Fox News that Washington was considering sending long-range Tomahawk cruise missiles to Ukraine.Putin warned that such a move would mean a “whole new level of escalation”.On Wednesday, Ryabkov said sending Tomahawks to Ukraine would have “severe” consequences and urged Washington to reconsider the decision.US-Russian ties were “cracking” at their “foundation”, said Ryabkov — and “the Americans are to blame for this”.- Sports hall hit -Both Moscow and Kyiv accused each other of attacking civilians early Wednesday, while Moscow said it had captured a village. In Russia’s Belgorod region bordering Ukraine, a missile strike killed three people in the village of Maslova Pristan, about 15 kilometres (nine miles) from the border, the local governor said.The governor said the strike had partially destroyed a “social facility” and posted images of what appeared to be a sports hall, its facade partially shattered.A Russian strike on the southern Ukrainian city of Kherson killed two elderly people, local officials said.Russia fired at least 183 drones at Ukrainian territory between late Tuesday and early Wednesday, the Ukrainian air force said.Among the targets were rail and energy infrastructure, Ukrainian Prime Minister Yulia Svyrydenko said.Moscow’s defence ministry said it had intercepted 53 Ukrainian drones overnight, most of them over the Belgorod region, a frequent target of attacks.Russia launched its full-scale offensive on Ukraine in February 2022, describing it as a “special military operation” to demilitarise the country and prevent the expansion of NATO.Kyiv and its European allies have cast the war as an illegal land grab that has resulted in tens of thousands of civilian and military casualties and widespread destruction.Millions of Ukrainians have been forced to leave their homes since 2022, while Russia now occupies around a fifth of Ukrainian territory — much of it ravaged by fighting.

Lecornu n’a donné “aucune assurance sur la réalité de la suspension” de la réforme des retraites, déplore Faure

Le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu n’a donné “aucune assurance sur la réalité de la suspension” de la réforme des retraites, évoquée par l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, a déploré mercredi le patron du PS Olivier Faure, à la sortie de Matignon.”Au moment où nous parlons, nous n’avons aucune assurance sur la réalité de cette suspension. Elle a été évoquée par la seule ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, auteure aussi de cette réforme. Mais personne à ce stade, ne garantit le fait que ce sera le cas”, a expliqué Olivier Faure à la presse après l’entretien entre Sébastien Lecornu et les socialistes. “Cette histoire peut être un leurre complet”, a-t-il mis en garde. “Nous avons aussi demandé à ce que ça ne soit pas simplement un gel de l’âge légal, mais aussi de l’accélération sur la durée de cotisation”, a ajouté le premier secrétaire du Parti socialiste.Il faisait référence au deuxième grand paramètre de la réforme Borne, à savoir la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein, sans décote.La réforme Borne accélérait en effet l’application de la réforme “Touraine” de 2014, qui a prévu de passer de 42 à 43 années de cotisation nécessaires pour pouvoir partir à la retraite à taux plein.Après son entretien avec les socialistes, Sébastien Lecornu a reçu les communistes qui ont réclamé eux aussi la suspension de la réforme des retraites et que son abrogation “soit soumise au vote des parlementaires une bonne fois pour toutes”, a expliqué le patron du PCF Fabien Roussel.Les consultations devaient ensuite se poursuivre avec les Ecologistes.

Gold tops $4,000 for first time as safe haven shines

Gold surpassed $4,000 an ounce for the first time Wednesday as investors piled into the safe haven investment over various economic concerns including the US government shutdown.”This latest high marks the latest stage in what has been a meteoric rise in the gold price, which has now doubled in the last two years,” noted Steve Clayton, head of equity funds at  Hargreaves Lansdown.The precious metal’s recent rally has also come amid concerns that a surge in the value of technology companies, which has helped drive stock markets to record highs, may have been overdone.Global economic uncertainty, US President Donald Trump’s tariffs war and geopolitical crises are supporting gold, according to analysts.It reached an all-time high above $4,040 an ounce Wednesday, while silver was also within a few dollars of its own record high.Elsewhere, stock markets largely rose in Europe after losses for major indices in Asia.The dollar traded mixed against main rivals and oil prices rose around one percent. The Paris CAC 40 index gained as France’s outgoing prime minister said consultations to end the country’s political crisis had shown cross-party willingness to agree on a budget by the end of the year.Frankfurt’s DAX was also higher despite a sharper-than-expected drop in German industrial production, reviving fears of a recession in Europe’s largest economy as it reels from US tariffs.The closure of parts of the US government is adding to the sense of unease among investors, with key economic data, including on jobs, being postponed and muddying the waters for the Federal Reserve as it tries to decide on its rate plans.While gold traders were busy pushing the metal ever higher, equity markets were more subdued in Asia as questions were asked about the hundreds of billions of dollars that have been invested in artificial intelligence.The AI boom has seen some indices and companies hit record highs, with chip titan Nvidia topping a $4 trillion valuation.But a report that software firm Oracle’s cloud computing profit margin was much lower than expected sent shivers through trading floors, with Wall Street falling into the red Tuesday.”In a market priced for perfection, any delay in cash flow — even a temporary one — feels like the bartender calling ‘last call’,” wrote Stephen Innes of SPI Asset Management.”Traders didn’t wait for clarification; they simply started easing out of their positions. The Oracle story didn’t crash the party, but it definitely sobered it.”Tech firms, which have enjoyed strong buying this year and in recent months, led selling in Asia, with Alibaba and JD.com down in Hong Kong, TSMC dropping in Taipei and Renesas sharply lower in Tokyo.The Tokyo stock market dropped after a strong start to the week, fuelled by optimism that the election of business-friendly conservative Sanae Takaichi as the ruling party’s leader will see more stimulus measures and a fresh push for monetary easing.- Key figures at around 1045 GMT -London – FTSE 100: UP 0.6 percent at 9,539.13 pointsParis – CAC 40: UP 0.7 percent at 8,030.20Frankfurt – DAX: UP 0.5 percent at 24,513.01Tokyo – Nikkei 225: DOWN 0.5 percent at 47,734.99 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: DOWN 0.5 percent at 26,829.46 (close)Shanghai – Composite: Closed for a holidayNew York – Dow: DOWN 0.2 percent at 46,602.98 (close)Euro/dollar: DOWN at $1.1630 from $1.1652 on TuesdayPound/dollar: UP at $1.3428 from $1.3422Dollar/yen: DOWN at 152.92 yen from 151.97 yenEuro/pound: DOWN at 86.64 pence from 86.83 penceBrent North Sea Crude: UP 0.9 percent at $66.06 per barrelWest Texas Intermediate: UP 1.1 percent at $62.38 per barrel

Arrivée de Shein au BHV: la Banque des territoires dénonce “une rupture de confiance” et renonce au rachat des murs

La Banque des territoires a annoncé mercredi avoir mis fin aux négociations entamées pour le rachat des murs du BHV avec son exploitant la Société des grands magasins (SGM), invoquant “une rupture de confiance” liée à l’annonce de l’implantation prochaine de la marque asiatique Shein au BHV.”Cette décision fait suite à l’annonce d’un partenariat conclu entre la SGM et Shein, entreprise dont le modèle ne correspond pas aux valeurs et à la doctrine d’action de la Banque des territoires”, a affirmé cette entité de la Caisse des dépôts dans un communiqué transmis à l’AFP.La Banque des territoires avait entamé des négociations le 4 juin avec la SGM “visant à la création d’une foncière commune pour le rachat des murs” de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, qui sont détenus par les Galeries Lafayette et évalués à 300 millions d’euros selon le magazine Challenges qui suit de près l’enseigne.Le 1er octobre, Shein et la SGM ont dévoilé une alliance pour l’ouverture progressive de six magasins physiques et pérennes aux couleurs de la marque de mode ultra-éphémère à prix discount, dont l’un se situera au sein du BHV Marais, en plein cœur du Paris touristique. Shein doit ainsi s’installer au sixième étage de l’établissement ouvert en 1856. Jusqu’à présent, elle ne vendait ses produits qu’en ligne ou via des boutiques éphémères.Cette annonce par un acteur accusé par ses détracteurs de tuer le prêt-à-porter français a aussitôt suscité une levée de boucliers chez les commerçants et certains politiques.La Caisse des dépôts avait déjà dit au lendemain de l’annonce ne “pas cautionner” l’alliance entre Shein et la SGM.”La Banque des territoires a pris connaissance de ce partenariat par voie de presse, sans aucune information préalable, entrainant en conséquence une rupture de confiance entre les deux parties”, a expliqué l’organisme public dans son communiqué.

Arrivée de Shein au BHV: la Banque des territoires dénonce “une rupture de confiance” et renonce au rachat des murs

La Banque des territoires a annoncé mercredi avoir mis fin aux négociations entamées pour le rachat des murs du BHV avec son exploitant la Société des grands magasins (SGM), invoquant “une rupture de confiance” liée à l’annonce de l’implantation prochaine de la marque asiatique Shein au BHV.”Cette décision fait suite à l’annonce d’un partenariat conclu entre la SGM et Shein, entreprise dont le modèle ne correspond pas aux valeurs et à la doctrine d’action de la Banque des territoires”, a affirmé cette entité de la Caisse des dépôts dans un communiqué transmis à l’AFP.La Banque des territoires avait entamé des négociations le 4 juin avec la SGM “visant à la création d’une foncière commune pour le rachat des murs” de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, qui sont détenus par les Galeries Lafayette et évalués à 300 millions d’euros selon le magazine Challenges qui suit de près l’enseigne.Le 1er octobre, Shein et la SGM ont dévoilé une alliance pour l’ouverture progressive de six magasins physiques et pérennes aux couleurs de la marque de mode ultra-éphémère à prix discount, dont l’un se situera au sein du BHV Marais, en plein cœur du Paris touristique. Shein doit ainsi s’installer au sixième étage de l’établissement ouvert en 1856. Jusqu’à présent, elle ne vendait ses produits qu’en ligne ou via des boutiques éphémères.Cette annonce par un acteur accusé par ses détracteurs de tuer le prêt-à-porter français a aussitôt suscité une levée de boucliers chez les commerçants et certains politiques.La Caisse des dépôts avait déjà dit au lendemain de l’annonce ne “pas cautionner” l’alliance entre Shein et la SGM.”La Banque des territoires a pris connaissance de ce partenariat par voie de presse, sans aucune information préalable, entrainant en conséquence une rupture de confiance entre les deux parties”, a expliqué l’organisme public dans son communiqué.

Ecatepec, ville mexicaine entre peur et soif de justice face à l’extorsion

En juillet, des commerçants de la ville mexicaine d’Ecatepec, excédés, ont roué de coups un homme qui menaçait de brûler leurs magasins s’ils ne se laissaient pas racketter. Mais la peur reste omniprésente, car des gangs organisés sévissent en toute impunité.”La Chokiza”, une bande pourtant accusée par les autorités de meurtres et d’extorsions, propose ouvertement des services “de protection” dans un local à côté d’un marché.”Rejoignez cette grande famille”, est-il écrit sur une affiche mentionnant également une offre de “conseil juridique”.”Ils sont censés vous protéger en échange d’une certaine somme”, explique à l’AFP une commerçante de 53 ans derrière son étal, dans cette ville du centre du Mexique.Quand ce type de paiement sert non pas à se prémunir d’une menace extérieure mais à éviter un possible préjudice de la part du gang lui-même, ou qu’il permettrait, il s’agit d’une forme d’extorsion.”La Chokiza” fait également sa pub au travers d’un compte Facebook avec pour logo une caricature d’un Jésus-Christ à moto.Certains stands du marché arborent eux sur leur devanture un autocollant “Résistance civile pacifique”, nom derrière lequel se cache, selon les autorités, un autre groupe criminel qui pratique l’extorsion.Dans de nombreux pays d’Amérique latine, les entreprises et petits commerçants en sont victimes.Au Pérou, les habitants ont maintes fois exprimé leur exaspération face à ce racket permanent, réclamant aux autorités d’agir avec plus de fermeté.Au Mexique, la présidente Claudia Sheinbaum se félicite d’une réduction du taux d’homicide, mais reconnaît ne pas avoir réussi à faire de même avec l’extorsion. Elle promet de durcir les peines et de promouvoir une ligne téléphonique pour des dénonciations anonymes auprès de la police.- De l’exaspération à la peur -À Ecatepec, faubourg de Mexico de 1,6 million d’habitants où 90% de la population affirment ne pas se sentir en sécurité, boulangers, mécaniciens et vendeurs en tous genres racontent à l’AFP être contraints de cracher au bassinet.Favorisée par l’impunité et l’inaction des autorités face à ces mafias qui agissent sans retenue, l’extorsion a gangréné une partie de l’activité.A bout de nerfs, un groupe de commerçants a roué de coups en juillet un homme qui menaçait d’incendier leurs boutiques, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Secouru in extremis par des policiers, il est maintenant poursuivi pour extorsion.Mais cette poussée de colère a laissé place à la peur.”On n’a rien à dire, on veut plus rien savoir”, a répondu un commerçant excédé par les questions de l’AFP, qui a appelé la police pour faire partir les journalistes.Au cours de la dernière décennie, plus de 2.000 cas de justice par soi-même ont été recensés au Mexique, selon une étude de l’Institut technologique de Monterrey. Là aussi, l’impunité est presque totale.En 2023, une embuscade tendue à un groupe de maîtres-chanteurs par des habitants de Texcaltitlan, également dans l’Etat de Mexico, a fait 14 morts.- “Terreur” -Néanmoins, les choses bougent à Ecatepec. Alejandro Mendoza, chef de “La Chokiza”, a été arrêté le 12 septembre lors d’une grande opération policière. Quelques jours auparavant, il se pavanait dans une vidéo, se vantant d’avoir “plus de 10.000″ membres.L’extorsion revêt des intérêts divers. Comme en Colombie, elle est pratiquée au Mexique par des groupes de narcotrafiquants car elle leur permet de générer de l’argent liquide, d’après des chercheurs.Mais il existe une kyrielle de profils, avec des petits malfaiteurs qui menacent et extorquent à distance, parfois depuis l’intérieur des prisons.”Leur arme, c’est un téléphone portable”, dit à l’AFP Alfredo Almora, responsable de l’aide aux victimes auprès du Secrétariat fédéral à la Sécurité. “Ils instaurent une telle terreur” que “ça te traumatise”, témoigne auprès de l’AFP la commerçante de 53 ans rencontrée sur le marché, victime de cette pratique il y a huit mois.La peur de dénoncer n’est pas le seul frein. Parfois, la police elle-même est soupçonnée d’être au service des groupes criminels. “On ne leur fait plus confiance”, déplore la vendeuse.