Conférence Travail et Retraites: le Medef claque la porte, la CFDT veut y croire

Le lancement mardi de la conférence sociale Travail et Retraites a été marqué par le départ de la première organisation patronale, le Medef, et l’accueil positif de la CFDT, satisfaite que le débat sur les pensions soit enfin lié à celui sur le travail et l’emploi. Cette conférence qui réunit syndicats, patronat et gouvernement, voulue par le Premier ministre après l’annonce de la suspension de la réforme des retraites de 2023, “est un lieu de débat et pas de négociation”, a expliqué le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, qui a reçu avec son homologue de la Fonction publique David Amiel toutes les organisations à l’exception de la CGT, absente pour une incompatibilité d’agenda.Il s’agit pour M. Farandou d'”une démarche de dialogue social qu’on souhaite mettre à côté du débat politique”, qui se terminera vers la fin de l’été 2026, “pas très loin du début de la campagne pour l’élection présidentielle”.”Les écuries présidentielles, si elles le souhaitent, auront un matériau sur un sujet central pour le pays dont elles pourront s’emparer”, selon le ministre qui veut également davantage que par le passé lier les sujets travail et retraites.Face à l’impopularité du relèvement programmé de l’âge de départ à 64 ans, il s’est interrogé: “Ces deux ans de travail, qu’est-ce qu’il y a derrière qui font qu’ils apparaissent aussi compliqués à accepter pour les salariés ?”Les débats se dérouleront au Conseil économique, social et environnemental (Cese) en présence des partenaires sociaux et d’experts, avec une première session plénière avant la fin de l’année suivie de trois ateliers qui se tiendront tous les mois ou mois et demi. Les retraites du privé et celles du public seront abordées séparément.Les débats seront coordonnés par Jean-Denis Combrexelle, conseiller d’Etat honoraire et auteur d’un rapport en 2015 sur l’importance de la négociation collective dans les entreprises. Il sera assisté de deux garants, Pierre Ferracci, fondateur d’un cabinet de conseil en relations sociales et Anne-Marie Couderc, ministre chargée de l’Emploi de 1995 à 1997.- “Revivre le conclave” -“Le Medef a signifié qu’il ne participerait pas” à cette nouvelle conférence, a fait savoir l’organisation à l’AFP à l’issue de la réunion mardi, précisant que “c’est une décision unanime de (ses) instances”.”Il y a un agenda social autonome qui a été défini par les partenaires sociaux” et “dans ce cadre, on souhaite traiter de sujets comme le financement de la protection sociale ou du modèle productif”, a poursuivi l’organisation, estimant que cet agenda “n’est pas indexé sur des échéances politiques”.En outre, “le débat budgétaire qui conduit à augmenter très fortement les prélèvements sur les entreprises n’est pas de nature à installer la confiance”, juge le Medef.”J’ai l’impression de revivre le conclave où on a eu pendant des mois le Medef qui ne participait pas, qui ne voulait pas échanger, qui ne voulait pas être là”, a commenté la représentante du syndicat des cadres CFE-CGC, Christelle Thieffinne.”Ce n’est pas une surprise, ça fait des années que le Medef n’a rien à dire sur les questions de travail mais je trouve ça incompréhensible (…) dans une période de crise”, a jugé la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon.”La CFDT utilisera cet espace pour faire valoir les attentes et les engagements qui ont pu être pris précédemment”, a-t-elle ajouté, estimant que la conférence va permettre de “remettre le sujet du travail, de l’emploi et des retraites dans le bon sens”.”J’espère que la suspension sera actée dans le cadre du PLFSS, c’est extrêmement important, justement pour que nos discussions puissent se dérouler et qu’ensuite on fasse des propositions”, a poursuivi la cheffe de file du premier syndicat.Absente mardi, la CGT a prévenu qu’elle refusera de “tenir les chandelles entre celles et ceux qui veulent un système à points (prôné par la CFDT) et ceux qui veulent la capitalisation”, notamment au sein des organisations patronales, a prévenu sa cheffe de file Sophie Binet.”C’est sûr qu’on n’ira pas discuter de régime de capitalisation ou d’un régime de retraite à points”, a également dit à la sortie de la réunion la numéro deux de FO, Patricia Drevon.boc-tg-bat-od-lby/rap/rl

Claude Bébéar, figure du capitalisme français et fondateur de l’assureur Axa, est décédé

Claude Bébéar, figure du capitalisme français et fondateur de l’assureur Axa, est décédé à l’âge de 90 ans, a annoncé mardi l’assureur dans un communiqué.Après avoir façonné pendant des décennies la compagnie Axa, aujourd’hui géant mondial de l’assurance, Claude Bébéar avait quitté en 2013 ses fonctions au sein du groupe, dont il était resté président d’honneur.”Avec la disparation de Claude Bébéar, c’est une page importante de l’histoire du capitalisme français qui se tourne. Il a été un leader visionnaire et conquérant, mais aussi un mentor généreux et exigeant pour plusieurs générations de dirigeants”, a déclaré Henri de Castries, ancien président-directeur général d’Axa, cité dans le communiqué.Les obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité. La famille de Claude Bébéar “partagera prochainement, en lien avec Axa et l’Institut Montaigne, ses volontés à l’intention des personnes qui souhaiteraient adresser des messages” et saluer sa mémoire, selon le communiqué d’Axa.Claude Bébéar est né le 29 juillet 1935 à Isaac en Dordogne. Diplômé de l’Ecole Polytechnique (Promotion 1955) et de l’Institut des actuaires de Paris, il est recruté en 1958 par André Sahut d’Izarn, qui dirige le groupe des Anciennes Mutuelles d’assurance à Rouen, et cherche un futur successeur.Il en devient le directeur général en 1975, après le décès d’André Sahut d’Izarn et une grève très dure, avant de prendre en 1982 la présidence du groupe, qui deviendra Axa en 1985.Au fil des ans, la méthode Bébéar pour faire croître le groupe sera faite d’une série d’acquisitions, dont plusieurs au terme de négociations musclées, comme dans le cas de l’Union des assurances de Paris (UAP). En mai 2000, Claude Bébéar laisse la présidence du directoire d’Axa à Henri de Castries et devient président du conseil de surveillance, un poste qu’il conservera jusqu’en 2013. Il est ensuite devenu président d’honneur d’Axa et était également président d’honneur de l’Institut Montaigne, institut de réflexion politique indépendant qu’il a créé et présidé.

Responding to Trump, Nigeria says no tolerance for religious persecution

The Nigerian government Tuesday said it does not tolerate religious persecution, responding to US President Donald Trump’s threats of military intervention over the killing of Christians by jihadists in the country.Trump said over the weekend that he had asked the Pentagon to map out a possible plan of attack in Africa’s most populous nation because radical Islamists are “killing the Christians and killing them in very large numbers”.Roughly evenly split between a mostly Christian south and Muslim-majority north, Nigeria is home to myriad conflicts, which experts say kill both Christians and Muslims, often without distinction.Foreign Minister Yusuf Tuggar insisted that his country’s constitution did not allow religious persecution.”It’s impossible for there to be a religious persecution that can be supported in any way, shape or form by the government of Nigeria at any level,” Tuggar told a press conference in Berlin. Nigeria has a “constitutional commitment to religious freedom and rule of law”, the foreign minister added.Claims of Christian “persecution” in Nigeria have found traction online among the US and European right in recent months.Flanked by his German counterpart Johann Wadephul, Tuggar warned against any attempts to divide Nigeria along religious lines, drawing parallels with civil war-ravaged Sudan.”What we are trying to make the world understand is that we should not create another Sudan,” he said.”We’ve seen what has happened with Sudan with agitations for the partitioning of Sudan based on religion, based on tribal sentiments and you can see the crisis even when the partitioning was done according to religion or according to tribe,” Tuggar added.- Muslim victims too -Trump has not suggested any division of Nigeria along religious lines, but said without evidence that “thousands of Christians are being killed (and) Radical Islamists are responsible for this mass slaughter”.Ikemesit Effiong, an analyst with the Lagos-based SBM Intelligence consultancy, suggested that Nigeria’s fears of partition are informed by history, with several former British colonies having experienced “violent partitions and secessions”.”Nigeria is actually sensitive to the fact that while our diversity can be a strength, it can also be a lever of division, of violence and eventually of partition,” he told AFP.Ethnic, religious and regional divisions have flared with deadly consequences in the past — notably during the country’s 1967-70 civil war — and still shape the country’s modern politics.The west African political and economic bloc ECOWAS, based in Abuja, issued a statement Tuesday saying that militant groups in the region, including in Nigeria, “target innocent civilians of all religious denominations”.The statement, which did not specifically mention the United States or Trump’s recent comments, said claims that one particular group is targeted by violence “seek to deepen insecurity in communities and weaken social cohesion”.Claims of a “Christian genocide” have been pushed in recent years by separatist groups in the southeast.US-based firm Moran Global Strategies has been lobbying on behalf of separatists this year, advising congressional staff on what it said was Christian “persecution”, according to lobbying disclosures.Central Nigeria sees violence between Fulani Muslim herders and mostly Christian farmers, though experts say the conflicts are sparked by dwindling land and resources rather than religious differences.Nigeria also faces “bandit” gangs in the northwest who stage kidnappings, village raids and killings.The north’s population is mostly Muslim — meaning most of the victims are, too.Nigeria’s newly appointed chief of defence staff, Lieutenant General Olufemi Oluyede, told reporters on Monday that “there are no Christians being persecuted in Nigeria”.Analysts have suggested that Washington’s amped-up rhetoric could be related to Abuja rejecting demands to accept non-Nigerian deportees expelled from the United States as part of Trump’s immigration crackdown.burs-sn-nro/sbk

Responding to Trump, Nigeria says no tolerance for religious persecutionTue, 04 Nov 2025 16:40:05 GMT

The Nigerian government Tuesday said it does not tolerate religious persecution, responding to US President Donald Trump’s threats of military intervention over the killing of Christians by jihadists in the country.Trump said over the weekend that he had asked the Pentagon to map out a possible plan of attack in Africa’s most populous nation because …

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Le typhon Kalmaegi fait au moins une quarantaine de morts aux Philippines

Au moins une quarantaine de personnes ont été tuées et des centaines de milliers déplacées aux Philippines touchées par le puissant typhon Kalmaegi qui a entraîné mardi de violentes inondations dans une large partie du centre du pays. Des villes entières de l’île de Cebu (centre) ont été inondées, les habitants tentant de trouver refuge sur les toits pour échapper aux eaux boueuses qui emportent voitures, camions et même d’énormes conteneurs de transport de marchandises, comme le montrent des vidéos vérifiées par l’AFP.Rien que dans la province de Cebu, 39 personnes ont trouvé la mort, a déclaré Ainjeliz Orong, officier de communication de la province, un chiffre qui n’inclut pas la ville de Cebu City.Selon Ethel Minoza, responsable locale de la gestion des catastrophes, interrogé par l’AFP, les corps de deux enfants ont été retrouvés à Cebu City, capitale provinciale, où les secouristes tentaient toujours d’évacuer les habitants piégés par les inondations.La gouverneure provinciale Pamela Baricuatro a qualifié la situation de “vraiment sans précédent”, dans un message sur Facebook: “Les inondations sont tout simplement dévastatrices”.Au moins cinq décès ont été enregistrés dans d’autres provinces, dont celui d’une personne âgée qui s’est noyée à l’étage de sa maison dans la province de Leyte et celui d’un homme tué par la chute d’un arbre à Bohol.Sur l’île de Midanao, également touchée, un hélicoptère militaire déployé dans le cadre d’une mission de “soutien aux opérations de secours” s’est écrasé mardi, a annoncé l’armée.Deux pilotes et quatre membres d’équipage se trouvaient à bord. Six corps ont été retrouvés mais des analyses sont en cours pour les identifier, a indiqué la porte-parole de l’armée de l’air, la colonelle Maria Christina Basco.- Incontrôlable -Le typhon se déplace maintenant vers l’ouest à travers la chaîne d’îles des Visayas, s’affaiblissant légèrement avec des vents de 120 kilomètres/heure et des rafales de 165 km/h.”L’eau est montée si vite (…) A 04H00, la situation était déjà incontrôlable, les gens ne pouvaient plus sortir (de leurs maisons)”, témoigne Don del Rosario, 28 ans, habitant de Ceby City. Comme beaucoup d’autres habitants, il a cherché refuge dans les étages supérieurs de son habitation alors que la tempête faisait rage. “Je vis ici depuis toujours et c’est de loin la pire catastrophe que nous ayons connue”, assure-t-il.Des centaines de personnes qui vivaient dans des tentes dans des camps installés après le séisme de magnitude 6,9 qui a secoué l’île fin septembre ont également été “évacuées de force pour leur sécurité”, a déclaré par téléphone à l’AFP Rhon Ramos, responsable de l’information à Cebu.Au total, près de 400.000 personnes ont été préventivement évacuées de la trajectoire du typhon, a déclaré mardi lors d’une conférence de presse Rafaelito Alejandro, administrateur adjoint du Bureau de la défense civile.- D’autres tempêtes attendues -Kalmaegi est entré par l’est de l’archipel lundi peu avant minuit (15H00 GMT), touchant terre au niveau de la province des îles Dinagat, dans l’archipel des îles Visayas, d’après le service météorologique national.Après Kalmaegi, la météorologue Charmagne Varilla s’attend à ce que “trois à cinq” autres tempêtes frappent le pays asiatique d’ici la fin de l’année.Chaque année, une vingtaine de tempêtes ou typhons frappent les Philippines ou s’en approchent, les régions les plus pauvres du pays étant généralement les plus durement touchées.Les Philippines ont été frappées en septembre par le typhon Ragasa et la tempête Bualoi, tous deux meurtriers.Selon les scientifiques, le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.

Iran commemorates storming of US embassy with missile replicas, fake coffins

With replicas of missiles on display and effigies of Donald Trump and Benjamin Netanyahu hanging from a crane, thousands of Iranians commemorated on Tuesday the 1979 storming of the US embassy in Tehran. Five months after a brief war with Israel that saw the US join in with strikes on key nuclear facilities, demonstrators chanted “Death to America, death to Israel!” and sang revolutionary songs in a particularly charged outing for the annual event. Though the commemorations are held annually, “this year, the country is under a bit of pressure” from its two arch foes, said student Mohammad Hossein, 15, standing next to a friend whose shoes bore the trademark swoosh of American apparel giant Nike. “We must be more visible this year so that the authorities, the army and others can feel at ease and know that we are behind them,” he added.Throughout the day, US and Israeli flags were burned and trampled, and participants dressed as Israeli soldiers pretended to mourn over fake coffins draped with the Star of David, mocking the country’s losses in Gaza. The swinging effigies of Trump and Netanyahu, meanwhile, called to mind the public executions sometimes carried out by Iran. “America’s hostility towards us will never end,” said Malek, 57, a labourer who declined to give his full name, adding “America’s job is to deceive”.In mid-June, Israel launched an unprecedented wave of air strikes on targets across Iran, including military sites, nuclear facilities and residential areas, killing dozens of senior officials and scientists. Over the course of the 12-day war that followed, Washington joined its ally in striking three nuclear sites, despite having been involved in ongoing talks with Tehran over its atomic programme. – Missiles and centrifuges -“Our feeling is much different (this year) because our country has been seriously attacked,” said Sareh Habibi, a 17-year-old student. “Our peers, teenagers and the youth, were martyred, and somehow it seems like a mission on our shoulders to come” to the demonstration, she added.Along the parade route, replicas of missiles — similar to the ones fired at Israeli cities during the war — were displayed bearing the slogan “We love to fight the Israeli regime”. Mock uranium centrifuges were also set out, a nod to Iran’s insistence on its right to develop a civilian nuclear programme despite Western suspicions it is seeking a bomb — an accusation Tehran denies. According to state media, similar commemorations took place in several other cities, including Mashhad in the northeast, Kerman in the south and Rasht in the north.Some participants carried portraits of Iranian supreme leader Ayatollah Ali Khamenei, while others hoisted the image of Hassan Nasrallah, the longtime leader of the Iran-backed Lebanese militant group Hezbollah who was killed in an Israeli strike last year.On November 4, 1979, less than nine months after the overthrow of Iran’s monarchy and the establishment of the current Islamic republic, a group of students stormed the US embassy in Tehran, deeming it a “nest of spies”.Several dozen American diplomats were held hostage, some for 444 days, marking a break between Tehran and Washington, which were previously allies. The animosity has persisted for decades, and Khamenei ruled out on Monday any cooperation with the United States until Washington changed its policy towards the region, including its support for Israel.

“Moi je n’ai pas vécu ça” : Macron échange avec des jeunes sur leur pratique des réseaux sociaux

“A quel âge tu es allé sur les réseaux” ? “Tu arrives à réguler?”, “Qui a déjà été harcelé ici sur les réseaux ? : Emmanuel Macron a échangé une heure durant mardi avec collégiens et lycéens sur l’impact d’internet, ouvrant ainsi un débat qu’il souhaite national.Après un premier rendez-vous avec experts et acteurs de terrain le 28 octobre à l’Elysée, le chef de l’Etat a rencontré une dizaine de collégiens et lycéens à Rochefort (Charente-Maritime) dans un cadre plus informel.Les jeunes, assis en cercle autour de lui, à l’abri des caméras, ont répondu à une multitude de questions dans le décor feutré d’un centre de documentation au collège La Fayette.La discussion tourne rapidement sur les temps d’écran, le rôle des parents et les risques potentiels sur les réseaux sociaux.Martin D., 17 ans, raconte comment, en “dépression scolaire”, il est devenu “addict” en première, jusqu’à passer six à sept heures par jour sur son téléphone, avant de se décider à demander de l’aide à un professeur et à “payer une application pour se bloquer”.La plupart rejettent toutefois toute idée d’interdiction, alors que le chef de l’Etat plaide pour une majorité numérique à 15 ans.”Au collège j’étais sur les réseaux  à longueur de journée. Mais au lycée je m’en suis plus servie comme une aide qu’une addiction”, dit une lycéenne. Tout comme l’IA, ils peuvent aider pour révisions et devoirs, renchérit une camarade.”On ne peut pas fermer tout mais est-ce qu’on assume de faire courir un risque ?”, interroge le chef de l’Etat. Il faut aussi une “sensibilisation de vos parents et profs”, souligne-t-il.Un enseignant du lycée, Patrick Amice-Nocquet, qui avait interpellé Emmanuel Macron sur les réseaux, déplore les “retours négatifs de la part des parents qui ne souhaitent pas que les enfants soient désolidarisés de leur smartphone”.Lui-même a pris l’initiative d’acheter des “phone-boxes” où les jeunes peuvent laisser leur téléphone le temps des cours.”Moi je ne suis pas une génération qui a vécu ça”, concède le président. Mais “j’ai pas envie de donner du temps de cerveau disponible, des émotions de nos ados à des gens qui veulent d’abord placer des produits”, assène-t-il en visant les plateformes.Le chef de l’Etat, qui a prévu d’autres échanges du même type dans les prochaines semaines, espère arriver à de premières propositions pour lutter contre l’impact négatif des réseaux sur la santé mentale des jeunes et la démocratie d’ici la fin de l’année.Une manière aussi pour lui de rester présent sur la scène intérieure et de défendre son bilan, alors qu’il est au plus bas dans les sondages, à 18 mois de la fin de son mandat, et contraint à plus de réserve depuis la dissolution manquée en 2024.

New York élit son maire: Mamdani, farouche opposant à Trump, net favori

New York élit son maire et le favori est Zohran Mamdani, élu de 34 ans issu de la gauche du Parti démocrate, dans le plus suivi des scrutins locaux qui se tiennent mardi aux Etats-Unis et constituent un premier test électoral pour Donald Trump.Prenant de nouveau position dans la campagne contre le jeune élu du Queens, le président américain a appelé les électeurs juifs à battre ce candidat musulman, ardent défenseur de la cause palestinienne.”Toute personne juive qui vote pour Zohran Mamdani (…) est une personne stupide !!!”, écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, jugeant que ce dernier “haïssait les juifs”.Régulièrement attaqué sur ses déclarations passées sur Israël et la guerre à Gaza, l’élu new-yorkais n’a jamais changé de position. Soucieux de rassurer la communauté juive, il s’est toutefois montré durant sa campagne très ferme contre l’antisémitisme.Les sondages donnent l’avantage à ce vainqueur surprise de la primaire démocrate en juin dernier, avec récemment de 4,5 à 16 points d’avance sur son principal adversaire Andrew Cuomo, ex-gouverneur de l’Etat de 67 ans. Ce dernier, qui se présente en indépendant après avoir été battu à la primaire, a reçu lundi un clair soutien de Donald Trump.Le troisième homme, le républicain Curtis Sliwa, 71 ans, a obstinément refusé de se désister en faveur d’Andrew Cuomo, aux positions pro-entreprises et sécuritaires pourtant proches des siennes.Dès l’ouverture des bureaux de vote à 6H00 (11H00 GMT), Denise Gibbs, 46 ans, kinésithérapeute, s’est rendue dans une école primaire de Bedford-Stuyvesant, quartier du centre de Brooklyn, vêtue de sa blouse verte de travail.”J’espère vraiment que (ce vote) améliorera la ville”, dit-elle à l’AFP, citant en priorité “une amélioration des conditions de vie des familles des classes populaires, ainsi que des services pour les enfants”.Sous un ciel ensoleillé, Zohran Mamdani, accompagné de son épouse Rama Duwaji, a voté un peu plus tard dans une salle municipale du quartier populaire d’Astoria, dans le Queens, son fief.”Nous sommes sur le point d’écrire l’histoire (…) de dire adieu à la politique du passé”, a-t-il lancé devant les journalistes.- Spécificité new-yorkaise -Né en Ouganda dans une famille indienne, ce membre du mouvement des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), a fait de la lutte contre la vie chère le coeur de sa campagne. Caricaturé en “communiste” par Donald Trump, ses propositions (encadrement des loyers, bus et crèches gratuits) relèvent plutôt de la social-démocratie.Avant mardi, quelque 735.300 électeurs avaient voté par anticipation, quatre fois plus que lors de la dernière élection municipale en 2021.Tandis que le président républicain a déployé l’armée dans plusieurs bastions démocrates (Portland, Chicago, Washington, Memphis et Los Angeles), Zohran Mamdani a promis de s’opposer “farouchement” à sa politique anti-immigration et à sa guerre judiciaire contre ses “ennemis politiques”.Au sein même de son parti, le candidat ne fait pas l’unanimité. Plusieurs figures, notamment le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, ne le soutiennent pas publiquement.Et s’il s’est pour sa part tardivement prononcé pour Zohran Mamdani, le leader des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, ne pense pas qu’il soit “l’avenir” de leur camp, malgré l’engouement qu’il génère à New York. Les experts interrogés par l’AFP le rejoignent, pointant la spécificité de la vie politique new-yorkaise par rapport au reste du pays. Le New Jersey voisin choisit également son prochain gouverneur, entre l’homme d’affaires républicain Jack Ciattarelli et la démocrate, considérée comme modérée, Mikie Sherrill.L’Etat a été considéré comme un bastion démocrate lors de la décennie passée. Mais à la dernière présidentielle, Donald Trump a considérablement réduit l’écart.La police du New Jersey a rapporté que plusieurs bureaux de vote avaient fait l’objet mardi matin d’alertes à la bombe, obligeant les autorités à rediriger certains électeurs vers des bureaux voisins.La Virginie, elle, va élire la première femme à sa tête. Les sondages donnent une avance favorable à la démocrate Abigail Spanberger face à la républicaine Winsome Earle-Sears. Mais là aussi, l’écart et la participation seront scrutés.A l’autre bout du pays, les Californiens votent eux sur l’autorisation d’un redécoupage de la carte électorale de l’Etat qui favorisera le Parti démocrate, en réponse à une initiative trumpiste similaire au Texas.

La “crise des inégalités” économiques menace la démocratie, selon un rapport du G20

Les inégalités de richesse constituent une crise mondiale qui menace la démocratie et la cohésion sociale, met en garde mardi un groupe d’économistes et d’universitaires, appelant les dirigeants du G20 à considérer cette crise au même titre que l’urgence climatique.Cette “crise des inégalités” accentue la faim pour des milliards d’êtres humains et pourrait empirer sous le coup des politiques, notamment commerciales, de l’administration de Donald Trump, selon un rapport rédigé sous la houlette du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz.”Un habitant sur quatre dans le monde saute désormais un repas de façon régulière, quand la fortune accumulée des milliardaires a atteint un niveau inégalé dans l’Histoire”, affirme le rapport commandé par la présidence sud-africaine du G20, qui réunira les plus grandes économies de la planète lors d’un sommet les 22 et 23 novembre à Johannesburg.”Les inégalités sont un choix. C’est quelque chose que nous pouvons changer”, a déclaré mardi Joseph Stiglitz lors de la remise officielle du rapport au président sud-africain Cyril Ramaphosa.”Il nous appartient désormais, en tant que dirigeants du G20 et leaders mondiaux, de faire preuve de la volonté et de l’engagement nécessaires”, pour réduire les inégalités, a déclaré M. Ramaphosa, qui entend faire de ce thème l’un de ses chevaux de bataille lors du sommet du G20.Depuis 2000, soulignent les six auteurs, les inégalités de revenus entre tous les habitants de la planète ont diminué, en grande partie grâce au développement économique de la Chine. Mais les inégalités de richesses, elles, ont continué de se creuser à un rythme vertigineux.”Entre 2000 et 2024, les 1% les plus riches du monde ont accaparé 41% de toutes les nouvelles richesses, tandis que seulement 1% (des nouvelles richesses, Ndlr) est allé aux 50% les plus pauvres”, alerte le rapport.”Dans les 30 prochaines années, 1.000 milliardaires vont transmettre plus de 5.200 milliards de dollars à leurs héritiers, en grande partie non taxés, perpétuant les inégalités d’une génération à l’autre”, affirment les auteurs.”Le monde comprend que nous sommes confrontés à une urgence climatique; il est temps d’acter le fait que nous faisons aussi face à une crise des inégalités”, a plaidé le prix Nobel dans un communiqué diffusé avant la conférence de presse.- “Erosion de la démocratie” -M. Stiglitz et les cinq autres experts préconisent dans un premier temps la création d’un panel international sur les inégalités pour en comprendre tous les mécanismes, comme par exemple les techniques d’évasion fiscale. Ces analyses permettraient d’éclairer l’élaboration de politiques publiques.Au titre des pistes pour redresser les inégalités, ils évoquent des mesures de justice fiscale, avec une contribution plus équitable des multinationales ou des plus fortunés, la stabilisation des prix, la fin des grands monopoles ou la restructuration de la dette des pays en voie de développement.Ils font aussi part de leur craintes de voir les politiques de l’administration Trump, notamment l’imposition de droits de douane supplémentaires, accentuer les inégalités dans le monde.”Ce nouveau monde, dans lequel le puissant enfreint les règles en toute impunité et qui nous éloigne d’un ordre international fondé sur des règles pour aller vers +la loi de la jungle+, pourrait systématiser des schémas inégaux d’échanges, d’investissements et de technologies…”, s’inquiète le prix Nobel.Le rapport, commandé par le président Cyril Ramaphosa, dont le pays est le plus inégalitaire du monde selon les calculs de la Banque mondiale, établit un lien entre les inégalités économiques et “l’érosion de la démocratie et la progression de l’autoritarisme”.”Les inégalités érodent la confiance dans les institutions, alimentent la polarisation de la politique (…) et créent un climat de tensions sociales de différentes natures.”Joseph Stiglitz, qui ne s’attend pas à recevoir le soutien des Etats-Unis pour la création d’un panel des inégalités, a toutefois espéré devant la presse qu’une majorité de pays se prononcera en faveur de cette idée.L’Afrique du Sud est le premier pays africain à présider le G20, qui regroupe 19 pays, l’Union africaine et l’Union européenne, représentant 85% du PIB et deux tiers de la population de la planète.Les relations entre l’Afrique du Sud et les Etats-Unis sont délétères depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui a déjà fait savoir qu’il ne participerait pas au sommet de novembre.