Iran: deux Français condamnés à de lourdes peines de prison pour “espionnage”

La justice iranienne a condamné deux ressortissants français, dont l’identité n’a pas été révélée, à de lourdes peines de prison pour “espionnage” au profit de la France et d’Israël, au moment où Téhéran affirme travailler avec Paris à un échange de “prisonniers”.L’agence du pouvoir judiciaire iranien, qui a rapporté le verdict mardi, n’a fourni aucun détail sur l’identité des deux condamnés. Interrogé par l’AFP sur cette condamnation pour savoir s’il s’agissait de Cécile Kohler et de Jacques Paris ou de deux autres ressortissants, le ministère français des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire.Deux sources informées du dossier ont toutefois indiqué à l’AFP qu'”il s’agit bien de Cécile Kohler et Jacques Paris”.”Le verdict en première instance dans l’affaire des deux prévenus français accusés d’espionnage et arrêtés le 9 mars 2023 a été rendu”, a déclaré Mizan, l’agence du pouvoir judiciaire.”L’un des prévenus a été condamné à six ans de prison pour espionnage au profit des services de renseignement français”, précise la justice iranienne. Le texte ajoute que l’individu a également été condamné à cinq ans de prison pour “association en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale”, et à vingt ans d’exil pour “coopération en matière de renseignement” avec Israël, ennemi juré du pouvoir iranien. La signification exacte du terme “exil” n’était pas immédiatement claire, mais dans des affaires similaires, les autorités iraniennes ont envoyé les condamnés dans des villes ou villages isolés, loin des grands centres urbains.Conformément à la règle de cumul des peines en vigueur en Iran, seul le verdict le plus lourd sera appliqué.”Un autre prévenu a été condamné à dix ans de prison pour espionnage au profit des services de renseignement français, à cinq ans de prison pour association en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale”, a ajouté Mizan. Il a en plus été condamné à dix-sept ans de prison pour “assistance à la coopération en matière de renseignement” avec Israël.Le verdict peut faire l’objet d’un appel devant la Cour suprême dans les 20 jours, a précisé Mizan.- “Phase finale” -Cécile Kohler et de Jacques Paris sont accusés d’espionnage pour le compte d’Israël, et leurs familles ont décrit leur situation comme de plus en plus désespérée.Paris considère qu’ils sont “retenus comme otages d’Etat” en Iran.Le 12 septembre, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait déclaré qu’un accord visant à échanger des prisonniers français en Iran contre une femme iranienne détenue en France approchait de sa “phase finale”.L’échange proposé concerne Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France en février pour avoir fait l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux. Téhéran estime qu’elle est injustement détenue.Mahdieh Esfandiari, traductrice et diplômée de l’Université de Lyon, vivait en France depuis 2018.Entre 2023 et 2025, au moins cinq Français ont été libérés, après des mois ou des années de détention en Iran.Jeudi dernier, Lennart Monterlos, un jeune Franco-Allemand arrêté en juin et accusé “d’espionnage”, a pu regagner la France, après l’annonce de son “acquittement”.

Madagascar, a history marked by deadly violenceTue, 14 Oct 2025 14:59:46 GMT

Madagascar, where the military said it seized power from impeached President Andry Rajoelina on Tuesday, has a recent history marked by deadly unrest.The Indian Ocean island is one of the world’s poorest countries despite natural resources in farming, forestry, fishing and minerals.Over the decades, sociopolitical upheaval there has been often deadly for citizens and occasionally …

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Terres rares: l’UE va discuter avec le G7 d’une “réponse coordonnée” à la Chine

L’Union européenne va discuter avec ses partenaires du G7 d’une “réponse coordonnée” aux restrictions annoncées la semaine dernière par la Chine sur les exportations de technologies liées aux terres rares, a-t-elle annoncé mardi.Ces contrôles “ont déjà contraint certaines entreprises européennes à suspendre leur production, provoquant des dégâts économiques réels”, a déclaré à la presse le Commissaire européen chargé du Commerce, Maros Sefcovic, à l’issue d’une réunion ministérielle au Danemark.”Ces contrôles ciblent directement des industries civiles. Par conséquent, nous ne pouvons pas les accepter sans rien faire, et nous avons besoin d’une réponse coordonnée”, a ajouté M. Sefcovic, se disant “en contact étroit” avec ses partenaires du G7, ainsi qu’avec les autorités chinoises “pour trouver des solutions”.”Cela va être discuté au niveau du G7, parce que cela a un impact négatif sur les économies de nos pays, et on va considérer quelle réponse serait la plus appropriée. Mais clairement, nous ne pouvons pas tolérer ces mesures, parce que cela affecte la bonne marche des entreprises dans toute l’UE”, a-t-il dit.Avant même l’annonce de ces nouvelles restrictions, l’encadrement par la Chine des exportations de terres rares n’était déjà pas satisfaisant pour les entreprises européennes, a estimé le commissaire.Ces dernières sont obligées par Pékin de déposer des demandes d’autorisation d’achat de terres rares dans lesquelles elles doivent détailler leurs processus de production avec un niveau de détail injustifié, note-t-il.Cela inclut souvent l’obligation de fournir “une documentation photographique de l’ensemble de leurs lignes de production”, ainsi que “des informations sur l’entièreté de leur chaîne d’approvisionnement”, et “c’est quelque chose de très excessif”, a estimé M. Sefcovic.Le géant asiatique est le premier producteur mondial de terres rares, des matériaux essentiels pour le numérique, l’automobile, l’énergie ou encore l’armement.Depuis avril, la Chine a instauré un système de licences pour certaines exportations de ces matériaux, une décision qui a provoqué des remous dans plusieurs de ces filières à l’échelle mondiale.

Le gouvernement veut liquider l’éditeur de “60 millions de consommateurs” d’ici à mars

Le projet de budget du gouvernement prévoit la liquidation, d’ici à mars 2026, de l’Institut national de la consommation (INC), éditeur depuis 1970 du magazine “60 millions de consommateurs” qui pourrait lui être vendu à un acteur privé, selon un document consulté par l’AFP.”L’établissement public” INC, qui emploie quelque soixante salariés, dont une vingtaine de journalistes, “est dissous et mis en liquidation (…) au plus tard le 31 mars 2026”, indique le document budgétaire, confirmant une mesure dans les tuyaux depuis plusieurs mois et que doit préciser un décret.Créé en 1966 et devenu un établissement public industriel et commercial (EPIC) en 1990, l’INC “a pour mission d’apporter un appui technique aux organisations de consommateurs” et “de produire et diffuser des informations, études, enquêtes et essais comparatifs auprès du grand public et des professionnels”, est-il rappelé. La “situation financière” de cette structure basée à Malakoff (Hauts-de-Seine) est de “plus en plus dégradée, avec un déficit d’exploitation croissant”, et les perspectives “crédibles d’amélioration” sont “faibles”, justifie le texte.  “Une solution dite de rebond présenterait un coût très élevé” sans garantie de retour à l’équilibre. “Dans ce contexte, il est proposé de retenir la solution de la cession de l’activité de presse” à “un acteur privé” et “la dissolution de l’établissement”.”Des démarches visant à la recherche d’un repreneur” du mensuel ont “été engagées” et pourront être poursuivies par le liquidateur. “En cas de cession”, la “commission des participations et transferts” sera saisie notamment pour “émettre un avis sur la procédure”, d’après le document. Contacté par l’AFP, Lionel Maugain, délégué du SNME CFDT à l’INC, a redit l’opposition des salariés à ce “sacrifice” aux “raisons budgétaires pas du tout convaincantes”. “Avec un déficit de 719.000 euros” en 2024 pour un chiffre d’affaires de 11,6 millions d’euros, ce n’est pas l’INC qui “ruine les finances de la France”, a-t-il fait valoir. “Nous allons concentrer l’essentiel de nos efforts à convaincre les députés d’amender cette décision”, a ajouté M. Maugain. Le magazine, dont proviennent deux tiers des recettes de l’INC, compte quelque 80.000 abonnés, pour 20.000 à 30.000 exemplaires vendus en kiosque chaque mois, selon M. Maugain.”Qui accepterait de reprendre” un titre dont la ligne éditoriale repose sur l’absence de publicité commerciale et le paiement d’études comparatives coûteuses, interroge-t-il ?Les associations de consommateurs sont également vent debout contre la suppression de l’INC. “La santé et la sécurité des consommateurs sont en jeu”, ont ainsi estimé un douzaine d’organisations comme Foodwatch, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) ou encore Indecosa-CGT (association pour l’information et la défense des consommateurs salariés-CGT), dans un communiqué début octobre.Dans un autre, Indecosa-CGT a appelé “à la mobilisation la plus large pour la sauvegarde” des agences comme l’INC qui “jouent un rôle majeur”.Fin 2024, l’association UFC-Que Choisir s’était dite intéressée par un rachat de “60 millions de consommateurs” à condition de ne pas le faire “tout seul”.

Instagram va filtrer davantage de contenus sur les comptes ados et encadrer l’IA

Meta a présenté mardi un nouveau dispositif destiné aux comptes Instagram d’adolescents, qui va filtrer encore davantage de contenus, notamment ceux liés à des tendances virales considérées comme potentiellement nocives.Le groupe prévoit aussi d’encadrer, à partir de l’année prochaine, les conversations que les jeunes utilisateurs peuvent avoir avec ses assistants d’intelligence artificielle (IA).Cette mise à jour intervient un peu plus d’un an après le lancement, en septembre 2024, des comptes ados, qui sont assignés, par défaut, à tous les utilisateurs de 13 à 18 ans (la plateforme n’accepte pas d’internautes plus jeunes).La nomenclature initiale des comptes ados écartait déjà les contenus à caractère sexuels, images explicites ou choquantes.La version actualisée va désormais également masquer ou ne pas recommander “toute publication contenant du langage grossier, certains défis considérés comme risqués”, ou plus généralement des contenus à même d’inciter à “des comportements potentiellement nocifs”, selon un communiqué.”On ajoute une barrière supplémentaire par défaut pour les adolescents, notamment face aux contenus sensibles et inadaptés”, a expliqué Capucine Tuffier, responsable des affaires publiques en charge de la protection de l’enfance chez Meta.Le cadre révisé des comptes ados va être appliqué, dans l’immédiat, aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Australie, avant d’être étendu à d’autres pays dans les mois à venir.Pour déterminer quels éléments doivent être rendus invisibles aux adolescents, Meta s’est appuyé sur la classification “PG-13″ utilisée au cinéma aux Etats-Unis et qui avertit les parents que certains passages de films sont déconseillés aux enfants de moins de 13 ans.Il n’existe pas de liste exhaustive des sujets ou images qui peuvent entraîner l’attribution de ce label, laquelle est à la discrétion d’une commission dédiée (CARA), composée de parents indépendants.”On veut se mettre dans les paramètres les plus restrictifs et les plus protecteurs pour les adolescents”, a dit Capucine Tuffier en réponse à une question sur la décision d’adopter, pour les 13-18 ans, des normes prévues initialement pour les moins de 13 ans.Elle a donné l’exemple de contenus promouvant des “régimes drastiques” ou “qui glorifient ou font la promotion de l’alcool ou du tabac”. La classification des messages, images ou vidéos postées se fait par une combinaison entre intelligence artificielle et jugement d’opérateurs humains.- L’IA encadrée aussi -Les utilisateurs de moins de 18 ans seront “automatiquement placés dans un mode 13+ et ils ne pourront pas en sortir sans autorisation parentale”, précise Meta.Le groupe ne s’appuie pas uniquement sur le déclaratif mais aussi sur des dispositifs de contrôle de l’âge déjà existants, qui repèrent d’éventuels “signaux” en fonction de l’usage de la plateforme.En cas de doute, Meta demande une vérification de l’âge soit via la présentation de la carte d’identité soit par selfie vidéo.Le géant des réseaux sociaux introduit aussi mardi la possibilité pour les parents d’imposer des restrictions supplémentaires aux contenus visibles par leurs adolescents.Il s’agit de la fonctionnalité “contenu limité”, qui permettra notamment d’empêcher les jeunes utilisateurs de voir, écrire ou recevoir des commentaires sous les publications.”A partir de l’année prochaine”, selon Meta, cette option “limitera aussi davantage les conversations avec l’IA (intelligence artificielle) que les adolescents peuvent avoir”.Ces évolutions interviennent sur fond de protestations contre les effets négatifs des réseaux sociaux et des assistants d’IA générative, suite notamment au suicide de plusieurs adolescents ces derniers mois.Début septembre, l’agence américaine de protection des consommateurs, la FTC, a indiqué avoir ouvert une enquête sur les chatbots utilisés comme des compagnons IA, tels ChatGPT ou Grok, après une plainte récente contre OpenAI.Quelques jours plus tôt, la start-up californienne avait annoncé instaurer un mécanisme de contrôle parental pour ChatGPT, après que des parents américains ont accusé fin août le chabot d’avoir encouragé leur enfant à mettre fin à ses jours.Lundi, le gouverneur de l’Etat de Californie Gavin Newsom a promulgué une loi contraignant les opérateurs d’assistants IA à vérifier l’âge des utilisateurs et à rappeler toutes les trois heures pour les mineurs que l’interlocuteur est une machine.

Cold case: un appel à témoins 24 ans après le meurtre d’une jeune femme à Nice

Un unique coup de couteau dans la poitrine et 24 ans de mystère: le pôle cold cases du tribunal de Nanterre a lancé mardi un appel à témoins pour obtenir des informations sur le meurtre d’Ariane Guillot, 25 ans, en 2001 à Nice.Le dispositif “est destiné à recueillir toute information permettant de favoriser l’élucidation de ce crime”, détaille le procureur de la République de Nanterre Yves Badorc dans un communiqué.Ce texte accompagne une nouvelle vidéo “En quête d’indices”, le cinquième appel à témoins du pôle qui reprend les codes des émissions dédiées aux faits divers.Il s’agit cette fois-ci du meurtre d’Ariane Guillot, jeune enseignante de 25 ans, poignardée à Nice en fin d’après-midi le 18 avril 2001 alors qu’elle se promenait dans le parc de la colline du Château qui surplombe la ville.Parisienne, elle était descendue pour les vacances sur la Côte d’Azur pour garder son neveu.Très vite, les enquêteurs écartent “a priori (la) piste crapuleuse” car son portefeuille complet est retrouvé sur place, détaille le parquet du pôle des crimes sériels ou non-élucidés (PCSNE) de Nanterre à l’AFP.”Des analyses génétiques ont été réalisées mais ne donnent rien de probant à ce moment-là”, détaille le ministère public, à l’époque où l’utilisation de l’ADN “débute”.Après deux non-lieux en 2006 puis en décembre 2009, l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), service d’enquête qui travaille avec le pôle, proposera ce dossier parmi de nombreux autres cold cases. Le 18 juillet 2022, le parquet de Nanterre ouvre une enquête préliminaire.”Le dossier Ariane Guillot est particulier parce qu’au niveau national, il n’est pas connu, mais au niveau niçois, il a marqué”, explique à l’AFP le patron de l’OCRVP, Franck Dannerolle, pour qui “c’est le moment” de faire cet appel à témoins après l’exploration de “différentes pistes d’investigation”.”Avec un dispositif national, on peut arriver à récupérer un témoignage de quelqu’un qui a vécu à Nice à l’époque, ou qui était en tourisme à Nice à l’époque”, souligne-t-il. La réouverture de l’enquête a également permis de mener de nouvelles analyses génétiques, des examens techniques de la plaie, des examens en morphoanalyse des traces de sang retrouvées sur la scène de crime et le recours à des psychocriminologues de l’OCRVP.En 2024, révèle le parquet, une personne a été placée en garde à vue, mais elle sera mise hors de cause.”L’important, c’est de maintenir en vie ces dossiers-là et de leur donner un maximum de chances de résolution”, conclut Franck Dannerolle. Les témoignages récoltés seront traités par les agents de l’OCRVP et par ceux de la police judiciaire de Nice, co-saisis dans cette enquête et à l’origine des premières investigations.

Qui accueillera les 30.000 demandeurs d’asile ? Les tractations entre Européens face à un premier accroc

Au moins 30.000 demandeurs d’asile à répartir dans l’Union européenne d’ici à Noël et, pour l’heure, pas de volontaires. La nouvelle politique migratoire du continent, discutée mardi entre les 27 à Luxembourg, subit son premier vrai test.Avant même que les discussions ne débutent officiellement, la Pologne a jeté un pavé dans la mare en annonçant qu’elle n’accepterait pas de demandeurs d’asile d’autres Etats membres.L’Autriche, la Belgique, la Suède… Plusieurs autres pays sont depuis sortis du bois, écartant eux aussi cette idée.”Ça va être une discussion douloureuse”, analyse un diplomate européen. Car une décision finale sur la relocalisation de migrants à travers le continent est indispensable avant la fin de l’année.L’UE a adopté en 2024 une gigantesque réforme migratoire, qui entrera en application d’ici à quelques mois.Parmi les nombreuses mesures qu’il contient, ce texte prévoit notamment un tout nouveau système de prise en charge des demandeurs d’asile sur le continent.Afin de soulager les pays se situant le long des routes migratoires, comme la Grèce et l’Italie, les autres Etats membres devront désormais s’engager chaque année à relocaliser un certain nombre de demandeurs d’asile sur leur sol. Ou, à défaut, à verser une contribution financière de 20.000 euros par demandeur d’asile aux pays sous pression.Un minimum de 30.000 relocalisations est exigé chaque année. Et les premières négociations sur la manière de répartir ces personnes parmi les 27 Etats membres connaissent déjà des remous.- “Pas facile” -La mise en place de ce nouveau système migratoire doit, en théorie, suivre un calendrier bien précis.La Commission européenne avait jusqu’au 15 octobre pour déterminer quels pays de l’UE sont considérés sous “pression migratoire”, en vertu d’une série de critères (nombre des arrivées irrégulières, taille du pays, etc.).C’est sur cette base que les Etats membres discuteront ensuite du nombre des migrants que chacun est prêt à “relocaliser” sur son sol ou de l’aide financière qu’ils sont prêts à verser.Le dossier est si sensible que même la méthode de calcul de la Commission a fait l’objet de discussions. Après de vives récriminations de pays influents, dont l’Allemagne, l’exécutif européen a réclamé “quelques jours” de plus pour peaufiner sa copie.”Ce n’est pas facile, parce que c’est la première fois” que ce système est testé, a insisté le commissaire européen Magnus Brunner mardi matin à Luxembourg.- Hubs de retour ? -En plus de débattre de la façon de gérer les arrivées, les Etats membres travaillent aussi à l’amélioration des procédures en ce qui concerne les expulsions de migrants.Les ministres de l’Intérieur des 27 débattent mardi à Luxembourg d’une proposition de la Commission, qui permettrait, entre autres, aux pays d’ouvrir des centres en dehors des frontières de l’UE pour y envoyer les migrants dont la demande d’asile aurait été rejetée. Les fameux “hubs de retours”.Ce texte prévoit aussi des règles et des sanctions plus strictes pour ceux auxquels est refusé l’asile ne voulant pas quitter le territoire européen, notamment des détentions prolongées.Là encore, les tractations sont complexes.Plusieurs pays, dont la France, s’opposent à un point très précis du texte : la reconnaissance mutuelle des décisions d’expulsion. Soit l’idée qu’une décision prise en Italie puisse par exemple s’appliquer en France. Cette opposition fait patiner des discussions que des Etats favorables à une politique migratoire plus stricte, dont le Danemark, souhaitent à tout prix faire aboutir d’ici à la fin de l’année. 

Belgique: manifestation massive à Bruxelles contre le budget “brutal” du gouvernement

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé mardi à Bruxelles pour contester les coupes budgétaires “brutales” du gouvernement belge dirigé par le conservateur flamand Bart De Wever.Cette journée d’action nationale, à l’appel de l’intersyndicale, a eu lieu en pleines négociations budgétaires en Belgique et a provoqué d’importantes perturbations dans le secteur aérien et l’éducation.La police a dénombré 80.000 manifestants dans la capitale belge – un pic nettement supérieur aux 60.000 personnes mobilisées le 13 février, après la mise en place du nouveau gouvernement fédéral.La coalition gouvernementale “met en œuvre un projet brutal : une attaque en règle contre la protection sociale, les services publics, la sécurité sociale, les solidarités”, a accusé l’intersyndicale, dont un des responsables a revendiqué 140.000 manifestants à Bruxelles mardi.”Une génération entière refuse qu’on détruise en six mois ce que nos parents et grands-parents ont mis du temps à bâtir”, a lancé Thierry Bodson, le président de la FGTB (socialiste), unie aux autres grands syndicats belges dans un front commun, au coup d’envoi de la manifestation.Le Premier ministre Bart De Wever, entré en fonctions début février, a déjà fait adopter une limitation à deux ans des allocations chômage et entend mettre en oeuvre une vaste réforme des retraites, incluant la suppression des régimes spéciaux et l’alignement de la situation des fonctionnaires sur le secteur privé.”Droit à la pension (retraite) à 65 ans”, et “Wanted pour vol de pension”, pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, au milieu des pétards et des drapeaux syndicaux.Le gouvernement fédéral prépare d’importantes coupes dans le projet de budget 2026, dont la présentation, initialement prévue ce mardi, a été repoussée d’une semaine.- Aéroports à l’arrêt -Les manifestants, notamment dans le secteur éducatif et social, contestent également des mesures d’économie dans la partie francophone du pays, annoncées par l’exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles.”Je viens revendiquer mes droits et ceux de mes élèves, si ça continue comme ça, quel avenir ils vont avoir ? Je veux que ça change et que l’enseignement soit pris plus au sérieux”, a souligné Victoria Coya, une enseignante de 27 ans.Chantal Desmet, 59 ans et sans emploi, se dit pour sa part “révoltée pour l’avenir de ses enfants. C’est pas faute de chercher de l’emploi. On n’en trouve pas. Je plains les jeunes”.La police a déploré des actes de vandalisme durant la journée et fait état d’une vingtaine d’interpellations.Les forces de l’ordre ont mentionné un départ de feu sur une place de Bruxelles, “vraisemblablement commis par des manifestants dans le but de perturber la circulation”, ainsi que des barrages sur la voie publique qui ont été démantelés.Un bâtiment de l’Office des étrangers, un service public qui gère les demandes d’asile et l’immigration, a été dégradé par des projectiles, bombes de peinture et pétards, a ajouté la police. L’hôtel Hilton a également subi des dégradations.En début d’après-midi, les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour disperser des petits groupes de manifestants violents et masqués, a constaté un journaliste de l’AFP.En raison de cette journée d’action nationale, le trafic aérien était très fortement perturbé mardi en Belgique.”Afin de pouvoir continuer à assurer la sécurité des passagers et du personnel, nous avons décidé, en concertation avec les compagnies aériennes, de ne pas opérer de vols passagers au départ ce 14 octobre”, avait annoncé sur son site l’aéroport Zaventem de Bruxelles, le plus grand du pays.L’aéroport a invoqué une grève chez ses prestataires assurant des services de sûreté.L’aéroport de Charleroi, pour les mêmes raisons, n’était “pas en mesure d’assurer les vols prévus au départ et à l’arrivée”.Les transports en commun étaient également fortement perturbés à Bruxelles ainsi qu’en Wallonie et en Flandre.fpo-brk-ub-adc/sba

Lecornu suspend la réforme des retraites, dans l’espoir d’éloigner la censure

La “crise de régime” n’aura “pas lieu”: Sébastien Lecornu a annoncé mardi devant l’Assemblée nationale la suspension de la réforme des retraites, condition exigée par les socialistes pour épargner la censure au gouvernement, et repousser ainsi la dissolution.”Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle”, a annoncé le Premier ministre, mettant un terme à plusieurs semaines de suspense.”Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028″, a-t-il précisé.Dans une déclaration de politique générale sobre d’une demi-heure, M. Lecornu a également confirmé l’abandon de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un texte sans vote. “C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire mais pas seulement, dans tous les domaines, vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote”, a-t-il ajouté.L’exécutif peut ainsi espérer souffler, après une nouvelle crise ouverte la semaine dernière par un gouvernement Lecornu 1 n’ayant pas tenu une journée, fragilisé dans l’oeuf par la contestation du président des Républicains (LR) Bruno Retailleau.Avant cette déclaration à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron avait mis la pression sur les oppositions lors du Conseil des ministres, qualifiant les motions de censure à venir de “motions de dissolution”. La France insoumise et le Rassemblement national ont déjà déposé la leur, pour un débat prévu jeudi matin.Le PS, qui demandait “la suspension immédiate et complète” de la réforme des retraites de 2023, la confirmation de l’abandon du 49.3 et du relâchement de la trajectoire budgétaire, menaçait de déposer sa propre motion de censure dès mardi soir en cas de réponse négative ou évasive du gouvernement.-“Anomalies” fiscales-Renommé vendredi par le président Macron, l’ancien ministre des Armées a “carte blanche”, avait expliqué l’Elysée, pour dénouer la crise politique et parlementaire.Mardi matin, M. Lecornu s’était une nouvelle fois rendu à l’Elysée consulter Emmanuel Macron avant d’assister au premier Conseil des ministres de son gouvernement, qui a adopté les projets de budget de l’Etat et de la Sécurité sociale pour qu’ils soient transmis dans les temps au Parlement.Le projet de budget de l’Etat, qui devrait être largement modifié par le Parlement, propose un effort d’une trentaine de milliards d’euros et repose sur des hypothèses “optimistes” de croissance en 2026, selon le Haut conseil des finances publiques.Le déficit devra “dans tous les cas de figure être à moins de 5% à la fin de la discussion” parlementaire, a précisé M. Lecornu, après avoir présenté un projet de budget avec un déficit de 4,7%.Le Premier ministre a par ailleurs reconnu “des anomalies” dans la fiscalité des très grandes fortunes, souhaitant “une contribution exceptionnelles” des plus riches dans le prochain budget.M. Lecornu a également annoncé une Conférence sur les retraites et le travail avec les partenaires sociaux. Et promis un nouvel “acte de décentralisation” par un projet de loi déposé en décembre – “Plus d’argent” -Le camp présidentiel était divisé sur la question des retraites: si certains ne voulaient pas voir détricoter un marqueur emblématique du second quinquennat d’Emmanuel Macron, d’autres espéraient une telle initiative pour tenter de sortir de la crise politique.La chute du gouvernement “coûterait plus d’argent à la France” qu’une “suspension de quelques mois” de la réforme des retraites, avait fait valoir dans la matinée l’entourage du garde des Sceaux Gérald Darmanin, proche de M. Lecornu.Les Républicains, au bord de l’explosion après la volte-face sur la participation à l’exécutif, étaient aussi divisés sur la suspension. Le vice-président du parti, François-Xavier Bellamy, juge que ce serait d'”une irresponsabilité absolue”, mais il n’est pas favorable à la censure pour “ne pas aggraver le chaos”.Le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, a donné la consigne de ne pas censurer le gouvernement aux membres de son groupe, dont une large majorité était favorable à la participation à l’exécutif contre l’avis du parti.Le projet de budget est “terriblement mauvais”, a affirmé Marine Le Pen, qui entend de toute manière censurer le gouvernement et estime “qu’il manque une poignée de voix” pour y parvenir. Le RN a déjà commencé à accuser le PS de “magouilles” avec l’exécutif pour éviter de renverser le gouvernement.Une “panne budgétaire” et une crise “réjouiraient” les ennemis de la France, a mis en garde M. Lecornu.sac-sl-are-bpa/hr/tes