Le gouvernement acte la suspension de la réforme des retraites, son financement critiqué

Le gouvernement a acté jeudi la suspension de la réforme des retraites dans le projet de budget de la Sécurité sociale, mais la mise à contribution des complémentaires santé et des retraités, prévue pour la financer, suscite de vives critiques.  Après plusieurs jours de tergiversations sur le véhicule législatif – amendement, projet de loi à part… – l’option de la lettre rectificative au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a finalement été entérinée lors d’un Conseil des ministres spécial présidé, en visioconférence, par le président Emmanuel Macron depuis Bruxelles.”Gage de clarté et de transparence, cette inscription dans le texte initial”, réclamée par le RN et la gauche, “vise à garantir la tenue d’un débat parlementaire loyal et sincère”, a souligné Matignon dans un communiqué alors que l’examen du PLFSS débute lundi au Parlement.Le projet décale dans le temps l’application de la réforme Borne de 2023. Il suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein.Cette suspension coûtera 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027, selon la lettre rectificative dévoilée mercredi par le quotidien économique Les Échos et dont l’AFP a obtenu copie.Pour financer la mesure, les complémentaires santé et les retraités seront mis à contribution, d’après le document.La sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation, initialement prévue à 0,4 point, sera augmentée de 0,5 point supplémentaire en 2027, ce qui pèsera sur le pouvoir d’achat des retraités.Le taux de contribution des organismes complémentaires (mutuelles, assurances de santé…) passera de 2,05% à 2,25% en 2026.- “jeu de dupes” -Les options retenues font controverse. D’autant que le gouvernement avait indiqué que les pensions de retraite et les prestations sociales seraient gelées en 2026 pour freiner la dérive des dépenses publiques.”Il n’est pas possible que la désindexation des pensions prévoie quasiment deux années blanches pour les retraités en 2026 et 2027. Les plus modestes ne peuvent supporter une telle mesure”, a réagi à l’AFP Yvan Ricordeau, numéro 2 de la CFDT.”On fait payer une micro-suspension de la réforme aux retraités actuels et futurs”, a déploré Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, Rémi Servot, de l’Association nationale des retraités (ANR), qualifiant le projet de financement d'”assez scandaleux”.A gauche, La France insoumise a dénoncé “un jeu de dupes”. “Les retraités partiront trois mois avant mais avec une retraite plus faible”, a relevé le président de la commission des Finances, Eric Coquerel.LFI a rapidement reporté les torts sur les socialistes qui ont décidé de ne pas censurer, dans l’immédiat, le gouvernement de Sébastien Lecornu notamment contre la promesse d’une suspension de la réforme Borne. “Bravo le PS!”, a ironisé sur X le coordinateur du mouvement Manuel Bompard.”Quel est l’objectif derrière ça?”, s’est interrogée la présidente du groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, pour qui le gouvernement veut rendre “ce report finalement insupportable”.Le Rassemblement national, également favorable à la suspension, a lui aussi dénoncé le financement de la mesure. “Ils tapent toujours sur les mêmes. Et en l’occurrence, évidemment, les retraités sont assez lourdement frappés par ce budget”, a dénoncé, depuis l’Assemblée nationale, la présidente des députés RN Marine Le Pen. “La question, c’est comment le PS va voter ça? Comment les LR vont voter ça?”, a-t-elle ajouté, sans préciser si son parti pourrait s’abstenir sur le projet de budget de la Sécurité sociale afin de laisser passer la suspension.Dans un climat déjà empreint de suspicion, le chef de l’État avait semé le trouble mardi en déclarant depuis la Slovénie que la réforme n’était ni “abrogée” ni “suspendue”, au risque de fragiliser son Premier ministre.L’entourage du président de la République a toutefois démenti depuis tout contentieux entre les deux têtes de l’exécutif, expliquant qu’il avait seulement signifié que la réforme ne pouvait être suspendue “ad vitam” au regard des besoins de financement du système.bur-bj-vl-sde/jmt/tes

JD Vance rejette toute annexion en Cisjordanie, Rubio attendu en Israël

Le vice-président américain JD Vance a condamné jeudi les discussions au Parlement israélien sur des projets d’annexion en Cisjordanie occupée, après des critiques similaires du secrétaire d’Etat Marco Rubio attendu dans la journée en Israël.En pleine visite mercredi de M. Vance en Israël, la Knesset s’est prononcée pour l’examen de deux projets de loi visant à étendre la souveraineté israélienne en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.Pour les responsables américains, un tel projet nuit à leur efforts visant à consolider le fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza après deux ans de guerre dévastatrice, déclenchée par une attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.”La politique de l’administration Trump est que la Cisjordanie ne sera pas annexée par Israël, cela continuera d’être notre politique”, a dit M. Vance au terme de sa visite en Israël. “Si c’était un coup politique, c’était un coup politique très stupide et je le prends personnellement comme une insulte.” Avant de quitter Washington mercredi pour se rendre en Israël, M. Rubio a estimé qu’un tel projet “menacerait” le cessez-le-feu à Gaza et serait “contre-productif”.”Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons soutenir pour le moment”, ajouté le secrétaire d’Etat, qui doit rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu vendredi.Fin septembre, le président Donald Trump a affirmé qu’il ne “permettrait pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. Non, je ne le permettrai pas. Cela n’arrivera pas”.Ce projet est soutenu par l’extrême droite israélienne.- “Très difficile” -Plusieurs responsables de l’administration Trump se sont succédé cette semaine à Jérusalem pour tenter de cimenter le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre et basé sur un plan de M. Trump.L’accord entre Israël et le Hamas a paru vaciller dimanche après des violences meurtrières à Gaza et des échanges d’accusations de violations de la trêve.Mercredi, après un entretien avec Benjamin Netanyahu M. Vance a reconnu que les prochaines étapes de l’accord, dont le désarmement du Hamas et la reconstruction de Gaza, seraient “très difficiles”. “Nous avons une tâche très, très difficile devant nous, qui est de désarmer le Hamas et de reconstruire Gaza, de rendre la vie meilleure pour les gens de Gaza, mais aussi de s’assurer que le Hamas ne soit plus une menace pour nos amis en Israël”, a-t-il dit.La première phase de l’accord prévoit, outre le cessez-le-feu, la libération de tous les otages, vivants et morts, aux mains du Hamas depuis l’attaque du 7-Octobre, des retraits israéliens dans Gaza et l’afflux d’aide humanitaire pour la population gazaouie.Le Hamas a libéré au 13 octobre tous les otages vivants, au nombre de 20. Il devait aussi rendre à cette date les 28 corps des captifs qu’il retient, mais il n’en a restitué que 15 jusque-là, arguant de difficultés pour trouver les dépouilles dans le territoire ravagé par l’offensive israélienne lancée en représailles à l’attaque du 7-Octobre.Israël a restitué en échange 195 corps de Palestiniens. Les forces israéliennes se sont retirées de secteurs de Gaza mais contrôlent toujours environ la moitié du territoire palestinien et l’assiègent. L’aide humanitaire reste insuffisante selon l’ONU.- La presse étrangère déçue -Les phases ultérieures du plan Trump prévoient un nouveau retrait israélien dans Gaza, le désarmement du Hamas, le déploiement d’une force de sécurité internationale ainsi que la reconstruction du territoire notamment.M. Vance a exclu le déploiement de troupes américaines au sol à Gaza et affirmé chercher des pays prêts à contribuer à cet effort militaire. Le Hamas a jusqu’à présent refusé d’envisager son désarmement et ses combattants se sont redéployés dans des secteurs de Gaza après la trêve, s’affrontant avec des groupes armés dont il accuse certains de “collaborer” avec Israël. M. Netanyahu veut chasser le Hamas de Gaza où le mouvement a pris le pouvoir en 2007.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.  L’offensive israélienne menée en représailles a fait 68.280 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, et provoqué un désastre humanitaire.Jeudi, l’Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a exprimé sa déception après que la Cour suprême israélienne a reporté de 30 jours sa décision sur la demande de la FPA d’un accès indépendant à Gaza qu’elle réclame depuis deux ans.Les autorités israéliennes qui contrôlent tous le accès de Gaza, empêchent depuis deux ans les journalistes de médias étrangers d’entrer de manière indépendante dans le territoire dévasté.

JD Vance rejette toute annexion en Cisjordanie, Rubio attendu en Israël

Le vice-président américain JD Vance a condamné jeudi les discussions au Parlement israélien sur des projets d’annexion en Cisjordanie occupée, après des critiques similaires du secrétaire d’Etat Marco Rubio attendu dans la journée en Israël.En pleine visite mercredi de M. Vance en Israël, la Knesset s’est prononcée pour l’examen de deux projets de loi visant à étendre la souveraineté israélienne en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.Pour les responsables américains, un tel projet nuit à leur efforts visant à consolider le fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza après deux ans de guerre dévastatrice, déclenchée par une attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.”La politique de l’administration Trump est que la Cisjordanie ne sera pas annexée par Israël, cela continuera d’être notre politique”, a dit M. Vance au terme de sa visite en Israël. “Si c’était un coup politique, c’était un coup politique très stupide et je le prends personnellement comme une insulte.” Avant de quitter Washington mercredi pour se rendre en Israël, M. Rubio a estimé qu’un tel projet “menacerait” le cessez-le-feu à Gaza et serait “contre-productif”.”Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons soutenir pour le moment”, ajouté le secrétaire d’Etat, qui doit rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu vendredi.Fin septembre, le président Donald Trump a affirmé qu’il ne “permettrait pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. Non, je ne le permettrai pas. Cela n’arrivera pas”.Ce projet est soutenu par l’extrême droite israélienne.- “Très difficile” -Plusieurs responsables de l’administration Trump se sont succédé cette semaine à Jérusalem pour tenter de cimenter le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre et basé sur un plan de M. Trump.L’accord entre Israël et le Hamas a paru vaciller dimanche après des violences meurtrières à Gaza et des échanges d’accusations de violations de la trêve.Mercredi, après un entretien avec Benjamin Netanyahu M. Vance a reconnu que les prochaines étapes de l’accord, dont le désarmement du Hamas et la reconstruction de Gaza, seraient “très difficiles”. “Nous avons une tâche très, très difficile devant nous, qui est de désarmer le Hamas et de reconstruire Gaza, de rendre la vie meilleure pour les gens de Gaza, mais aussi de s’assurer que le Hamas ne soit plus une menace pour nos amis en Israël”, a-t-il dit.La première phase de l’accord prévoit, outre le cessez-le-feu, la libération de tous les otages, vivants et morts, aux mains du Hamas depuis l’attaque du 7-Octobre, des retraits israéliens dans Gaza et l’afflux d’aide humanitaire pour la population gazaouie.Le Hamas a libéré au 13 octobre tous les otages vivants, au nombre de 20. Il devait aussi rendre à cette date les 28 corps des captifs qu’il retient, mais il n’en a restitué que 15 jusque-là, arguant de difficultés pour trouver les dépouilles dans le territoire ravagé par l’offensive israélienne lancée en représailles à l’attaque du 7-Octobre.Israël a restitué en échange 195 corps de Palestiniens. Les forces israéliennes se sont retirées de secteurs de Gaza mais contrôlent toujours environ la moitié du territoire palestinien et l’assiègent. L’aide humanitaire reste insuffisante selon l’ONU.- La presse étrangère déçue -Les phases ultérieures du plan Trump prévoient un nouveau retrait israélien dans Gaza, le désarmement du Hamas, le déploiement d’une force de sécurité internationale ainsi que la reconstruction du territoire notamment.M. Vance a exclu le déploiement de troupes américaines au sol à Gaza et affirmé chercher des pays prêts à contribuer à cet effort militaire. Le Hamas a jusqu’à présent refusé d’envisager son désarmement et ses combattants se sont redéployés dans des secteurs de Gaza après la trêve, s’affrontant avec des groupes armés dont il accuse certains de “collaborer” avec Israël. M. Netanyahu veut chasser le Hamas de Gaza où le mouvement a pris le pouvoir en 2007.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.  L’offensive israélienne menée en représailles a fait 68.280 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, et provoqué un désastre humanitaire.Jeudi, l’Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a exprimé sa déception après que la Cour suprême israélienne a reporté de 30 jours sa décision sur la demande de la FPA d’un accès indépendant à Gaza qu’elle réclame depuis deux ans.Les autorités israéliennes qui contrôlent tous le accès de Gaza, empêchent depuis deux ans les journalistes de médias étrangers d’entrer de manière indépendante dans le territoire dévasté.

A la ferme, des détenus en fin de peine se réinsèrent pas à pas

Réapprendre à vivre à l’air libre, retrouver un travail, renouer avec la vie en communauté, reconquérir autonomie et intimité: la ferme Ker Madeleine, en Loire-Atlantique, accompagne des détenus en fin de peine pour amorcer leur réinsertion.Sous une serre plantée au coeur des 43 hectares de cette propriété de Saint-Gildas-des-Bois, Frédéric, 43 ans, inspecte les dernières tomates de la saison. Sous placement extérieur depuis début octobre, il a quitté sa cellule en prison pour une chambre dans la longère en pierre de Ker Madeleine. Sa fin de peine est prévue pour 2027.”Tout a changé. J’étais dans une cellule de quelques mètres carrés et je me retrouve dans un espace vert à ciel ouvert. Avec la clef de ma chambre et des personnes qui m’aident à construire ma vie d’après”, raconte Frédéric, polaire grise et lunettes rectangulaires. Lui qui n’a “plus d’attache, ni famille, ni proches, ni maison”, n’aurait pas su où aller “si la porte de la prison s’était ouverte du jour au lendemain”.Avec pour objectif d’éviter la sortie sèche, sans accompagnement, la ferme Ker Madeleine emploie comme salariés, pour une durée de quelques mois à deux ans, dix détenus (des hommes uniquement) ayant fait cette demande d’aménagement de peine. Des professionnels les aident à chercher pour l’après un logement, un travail, à passer le permis de conduire, parfois à reprendre contact avec leur famille.- Pudeur -“Évidemment, c’est comme une carte postale: il y a la belle photo et derrière l’histoire qu’on écrit. Il peut y avoir des tensions à réguler, des colères à accompagner. Mais c’est surtout de la joie, de la complicité”, explique Anthony Pouliquen, directeur d’Emmaüs Sources d’envol, association gérante de Ker Madeleine.Le choix du “support agricole” n’est pas anodin, explique-t-il. “On peut imaginer quand on a vécu enfermé ce que ça représente de travailler à l’air libre.”Arrivés à la ferme, les salariés ne sont plus des détenus mais des résidents. Les nouveaux arrivants mettent parfois un peu de temps à remplacer le mot cellule par chambre. Les encadrants mettent d’ailleurs un point d’honneur à ne jamais y entrer sans s’être d’abord annoncés. “Il y a des choses de l’ordre de l’intime qui ont souvent été perdues. Il n’y a plus trop de pudeur quand ils arrivent ici: tout a tellement été exposé au procès. Les cellules partagées empêchent souvent toute intimité”, explique Adeline Eveno, chargée de la vie communautaire à Ker Madeleine.L’accent est aussi mis sur l’autonomie, parfois moins évidente pour les détenus ayant purgé les plus longues peines (13 ans jusqu’ici pour Ker Madeleine). Les tâches ménagères sont réparties chaque jour entre les résidents.Chargé ce matin-là de la préparation du déjeuner, Alban, 40 ans, jogging noir et casquette sur la tête, épluche des carottes aux côtés d’une bénévole, voisine de la ferme, à la retraite. – Fourche -Avant l’ouverture en 2022, le projet avait suscité méfiance et réticences de la part de certains riverains, à l’origine de pétitions et de quelques manifestations.”Cette opposition est derrière nous aujourd’hui. En trois ans, il n’y a pas eu le moindre incident”, souligne Anthony Pouliquen. Le recours aux aménagements en fin de peine, pensés pour “favoriser un retour progressif à la liberté et préparer l’insertion”, a augmenté ces dernières années, jusqu’à représenter en 2024 près de la moitié des sorties de prison après une condamnation pour un délit, selon le ministère de la Justice. La plus grande partie de ces aménagements se font sous bracelet électronique. Fin 2023, la Cour des comptes appelait dans un rapport à renforcer le déploiement des placements extérieurs et de la semi-liberté “qui permettent un accompagnement du détenu”.A Ker Madeleine, Laurent, 51 ans, s’occupe des chèvres et de la vente au marché des produits de la ferme. Fourche à la main, en jogging bleu nuit et bottes kaki, il place dans l’enclos quelques bottes de foin. Lui vient d’achever sa peine et devrait quitter la ferme d’ici la fin de l’année. Le travail d’après” il l’imagine “à l’extérieur, surtout pas entre quatre murs”. 

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En grave danger d’extinction, le tigre de Malaisie face au braconnage

Durant deux ans, les écologistes malaisiens ont suivi le parcours de Bulan, une tigresse avec quatre petits, avant qu’un tragique accident ne mette fin à ses jours et réduise encore un peu plus la population de l’animal national de Malaisie.Dans les années 1950, on comptait environ 3.000 tigres dans le pays, contre moins de 150 en liberté aujourd’hui, selon les données officielles. Le tigre de Malaisie est classé en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’espèce est victime d’une réduction de son habitat et de sa nourriture à cause des activités humaines, mais surtout, du braconnage.Bulan (“lune” en malais), a été tuée l’année dernière sur l’autoroute qui traverse la péninsule d’est en ouest.”Nous étions dévastés quand nous l’avons perdue,” raconte Lara Ariffin, présidente de l’ONG de protection du tigre de Malaisie (RIMAU).Le pire, “c’est qu’elle a été charcutée après s’être fait rouler dessus” insiste-t-elle auprès de l’AFP, en montrant des photos de la carcasse de l’animal.”Ils ont pris ses canines, ses griffes, pour moi, c’est comme profaner un cadavre.”Le mois dernier, le gouvernement a annoncé intensifier sa lutte contre les infractions à la faune sauvage, en introduisant de nouveaux pièges photographiques équipés d’intelligence artificielle, et en renforçant la détection de la contrebande dans les aéroports.Mais experts et responsables gouvernementaux admettent que les efforts sont loin d’être suffisants pour protéger le félin.- Trafic transfrontalier -Une carcasse de tigre de Malaisie seule peut rapporter environ 60.000 dollars américains sur le marché noir, selon le département de la vie sauvage et des parc nationaux de Malaisie, une agence gouvernementale.”Rien que la fourrure peut rapporter environ 24.000 dollars, tandis qu’un pénis de tigre, 5.000 dollars”, a déclaré le mois dernier Abdul Kadir Abu Hashim, son directeur général, au journal local The New Straits Times.Un kilo d’os de tigre se vend environ 1.186 dollars, tandis que les dents, les griffes et même les moustaches, utilisées en acupuncture, atteignent environ 118 dollars chacune, poursuit M. Kadir.Son service n’a pas répondu à la sollicitation de l’AFP.Même s’ils échappent aux tirs des braconniers, les animaux peuvent être blessés par leurs pièges faits de plastique, de cordes et de câbles en métal. Des réseaux transfrontaliers utilisent les routes traditionnelles du trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains pour acheminer leurs marchandises vers le Vietnam ou la Chine.- Gardes forestiers -Au cours des six premiers mois de 2025, des opérations conjointes de la police et des services de protection de la vie sauvage ont arrêté 201 personnes, et saisi pour environ 30,5 millions de dollars de biens illégaux, selon Azmi Abu Kassim, le plus haut responsable du département de la sécurité intérieure et de l’ordre public de Malaisie.Les programmes communautaires menés par des ONG telles que RIMAU emploient plus de 1.000 gardes forestiers.”La Malaisie a fait de grands progrès dans la lutte contre le braconnage”, soutient Lara Ariffin, qui a également réalisé un documentaire intitulé “Les derniers tigres de Malaisie”.”Nous avançons dans la bonne direction, mais il n’y a pas de succès garanti du jour au lendemain.”Selon la branche locale de l’ONG Wildlife Conservation Society, 5.000 gardes forestiers seraient nécessaires pour surveiller efficacement les habitats du tigre de Malaisie. “Les braconniers peuvent continuer à opérer parce qu’ils sont plus nombreux que les agents chargés de faire respecter la loi et, une fois qu’ils sont dans la jungle, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin”, soutient Mark Rayan Darmaraj, le responsable de l’ONG en Malaisie. Ce point de vue est partagé par d’autres ONG oeuvrant pour la conservation de l’espèce.”Le problème n’est pas un manque d’engagement, mais un manque de moyens”, a déclaré WWF-Malaisie à l’AFP.

TotalEnergies condamnée pour ses promesses de “neutralité carbone”

La compagnie pétrolière TotalEnergies a été condamnée jeudi par la justice française pour pratiques commerciales trompeuses pour la promotion de ses engagements vers la neutralité carbone d’ici 2050, une première de ce type contre une major pétrolière.Il s’agit du “premier jugement au monde qui statue qu’un grand groupe pétrolier et gazier a trompé le public en verdissant son image”, a réagi auprès de l’AFP l’ONG ClientEarth qui suit de près la jurisprudence sur le greenwashing contre l’industrie pétrolière et gazière et a soutenu les associations plaignantes.Le tribunal judiciaire de Paris a estimé que le groupe TotalEnergies et sa filiale TotalEnergies Electricité et Gaz avaient fait état d’allégations environnementales à partir du site commercial totalenergies.fr qui “étaient susceptibles d’altérer le comportement d’achat du consommateur” et de nature à l'”induire en erreur” en lui faisant croire qu’elle pouvait atteindre la neutralité carbone en 2050 tout en augmentant la production de pétrole et de gaz, selon un communiqué du tribunal sur cette procédure civile. Le tribunal a en revanche rejeté les demandes des associations concernant les allégations de TotalEnergies sur le gaz fossile et les agro-carburants.Le tribunal avait été saisi en 2022 au civil par les ONG Greenpeace France, Les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous.Elles se sont immédiatement félicitées d'”un précédent juridique majeur contre la désinformation climatique des majors pétrolières”, dans un communiqué.La décision sera centrale dans la jurisprudence naissante sur le greenwashing ou écoblanchiment – le fait de se présenter plus vertueux sur l’environnement qu’en réalité – non seulement en France mais en Europe et au-delà.Des tribunaux et régulateurs européens ont déjà épinglé pour écoblanchiment les compagnies aériennes KLM en 2024 et Lufthansa en mars, et d’autres entreprises dans l’alimentation et d’autres secteurs.Mais jamais une compagnie pétrolière n’avait été condamnée par un tribunal pour sa communication sur sa stratégie climatique autour d’objectifs de zéro émission de gaz à effet de serre. Et bien que le jugement soit français, la condamnation devrait faire référence au-delà, explique Johnny White, juriste de ClientEarth. – Retrait des messages -L’affaire portait sur la campagne de communication du groupe déployée à partir de mai 2021 sur son site internet, dans la presse, sur les réseaux sociaux et à la télévision. A l’époque, Total venait de se rebaptiser TotalEnergies pour souligner son ambition d’être “la compagnie de toutes les énergies”, du pétrole à l’électricité éolienne et solaire.Le groupe affichait alors son objectif de “neutralité carbone d’ici 2050, ensemble avec la société” et vantait le gaz comme “l’énergie fossile la moins émettrice de gaz à effet de serre”, malgré son bilan climatique contesté en raison des fuites de méthane, très réchauffant pour l’atmosphère.En tout, une quarantaine de messages, dont une partie sont encore accessibles en ligne, étaient épinglés. Les associations ont obtenu le retrait sous astreinte “dans le délai d’un mois à compter de la signification de la décision” de ceux concernant la neutralité carbone et la transition énergétique, tels que: “Notre ambition est d’être un acteur majeur de la transition énergétique tout en continuant à répondre aux besoins en énergie des populations” ou “Nous avons pour ambition de contribuer à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ensemble avec la société”. TotalEnergies et TotalEnergies Electricité et Gaz France devront en outre publier dans le même délai et pendant 180 jours le jugement sur la page d’accueil du site www.totalenergies.fr- Des investissements réels -En face, le groupe, qui n’a pas encore réagi au jugement, défendait sa bonne foi et la réalité de ces investissements “bas carbone”, dans le solaire par exemple.Il avançait que ces messages n’étaient pas des publicités destinées aux consommateurs mais relevaient d’une “communication institutionnelle” et générale, encadrée par le code monétaire et financier.Cette affaire est “une instrumentalisation du droit de la consommation pour critiquer la stratégie de la société”, affirmait le groupe.

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TotalEnergies condamnée pour ses promesses de “neutralité carbone”

La compagnie pétrolière TotalEnergies a été condamnée jeudi par la justice française pour pratiques commerciales trompeuses pour la promotion de ses engagements vers la neutralité carbone d’ici 2050, une première de ce type contre une major pétrolière.Il s’agit du “premier jugement au monde qui statue qu’un grand groupe pétrolier et gazier a trompé le public en verdissant son image”, a réagi auprès de l’AFP l’ONG ClientEarth qui suit de près la jurisprudence sur le greenwashing contre l’industrie pétrolière et gazière et a soutenu les associations plaignantes.Le tribunal judiciaire de Paris a estimé que le groupe TotalEnergies et sa filiale TotalEnergies Electricité et Gaz avaient fait état d’allégations environnementales à partir du site commercial totalenergies.fr qui “étaient susceptibles d’altérer le comportement d’achat du consommateur” et de nature à l'”induire en erreur” en lui faisant croire qu’elle pouvait atteindre la neutralité carbone en 2050 tout en augmentant la production de pétrole et de gaz, selon un communiqué du tribunal sur cette procédure civile. Le tribunal a en revanche rejeté les demandes des associations concernant les allégations de TotalEnergies sur le gaz fossile et les agro-carburants.Le tribunal avait été saisi en 2022 au civil par les ONG Greenpeace France, Les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous.Elles se sont immédiatement félicitées d'”un précédent juridique majeur contre la désinformation climatique des majors pétrolières”, dans un communiqué.La décision sera centrale dans la jurisprudence naissante sur le greenwashing ou écoblanchiment – le fait de se présenter plus vertueux sur l’environnement qu’en réalité – non seulement en France mais en Europe et au-delà.Des tribunaux et régulateurs européens ont déjà épinglé pour écoblanchiment les compagnies aériennes KLM en 2024 et Lufthansa en mars, et d’autres entreprises dans l’alimentation et d’autres secteurs.Mais jamais une compagnie pétrolière n’avait été condamnée par un tribunal pour sa communication sur sa stratégie climatique autour d’objectifs de zéro émission de gaz à effet de serre. Et bien que le jugement soit français, la condamnation devrait faire référence au-delà, explique Johnny White, juriste de ClientEarth. – Retrait des messages -L’affaire portait sur la campagne de communication du groupe déployée à partir de mai 2021 sur son site internet, dans la presse, sur les réseaux sociaux et à la télévision. A l’époque, Total venait de se rebaptiser TotalEnergies pour souligner son ambition d’être “la compagnie de toutes les énergies”, du pétrole à l’électricité éolienne et solaire.Le groupe affichait alors son objectif de “neutralité carbone d’ici 2050, ensemble avec la société” et vantait le gaz comme “l’énergie fossile la moins émettrice de gaz à effet de serre”, malgré son bilan climatique contesté en raison des fuites de méthane, très réchauffant pour l’atmosphère.En tout, une quarantaine de messages, dont une partie sont encore accessibles en ligne, étaient épinglés. Les associations ont obtenu le retrait sous astreinte “dans le délai d’un mois à compter de la signification de la décision” de ceux concernant la neutralité carbone et la transition énergétique, tels que: “Notre ambition est d’être un acteur majeur de la transition énergétique tout en continuant à répondre aux besoins en énergie des populations” ou “Nous avons pour ambition de contribuer à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ensemble avec la société”. TotalEnergies et TotalEnergies Electricité et Gaz France devront en outre publier dans le même délai et pendant 180 jours le jugement sur la page d’accueil du site www.totalenergies.fr- Des investissements réels -En face, le groupe, qui n’a pas encore réagi au jugement, défendait sa bonne foi et la réalité de ces investissements “bas carbone”, dans le solaire par exemple.Il avançait que ces messages n’étaient pas des publicités destinées aux consommateurs mais relevaient d’une “communication institutionnelle” et générale, encadrée par le code monétaire et financier.Cette affaire est “une instrumentalisation du droit de la consommation pour critiquer la stratégie de la société”, affirmait le groupe.

TotalEnergies condamnée pour ses promesses de “neutralité carbone”

La compagnie pétrolière TotalEnergies a été condamnée jeudi par la justice française pour pratiques commerciales trompeuses pour la promotion de ses engagements vers la neutralité carbone d’ici 2050, une première de ce type contre une major pétrolière.Il s’agit du “premier jugement au monde qui statue qu’un grand groupe pétrolier et gazier a trompé le public en verdissant son image”, a réagi auprès de l’AFP l’ONG ClientEarth qui suit de près la jurisprudence sur le greenwashing contre l’industrie pétrolière et gazière et a soutenu les associations plaignantes.Le tribunal judiciaire de Paris a estimé que le groupe TotalEnergies et sa filiale TotalEnergies Electricité et Gaz avaient fait état d’allégations environnementales à partir du site commercial totalenergies.fr qui “étaient susceptibles d’altérer le comportement d’achat du consommateur” et de nature à l'”induire en erreur” en lui faisant croire qu’elle pouvait atteindre la neutralité carbone en 2050 tout en augmentant la production de pétrole et de gaz, selon un communiqué du tribunal sur cette procédure civile. Le tribunal a en revanche rejeté les demandes des associations concernant les allégations de TotalEnergies sur le gaz fossile et les agro-carburants.Le tribunal avait été saisi en 2022 au civil par les ONG Greenpeace France, Les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous.Elles se sont immédiatement félicitées d'”un précédent juridique majeur contre la désinformation climatique des majors pétrolières”, dans un communiqué.La décision sera centrale dans la jurisprudence naissante sur le greenwashing ou écoblanchiment – le fait de se présenter plus vertueux sur l’environnement qu’en réalité – non seulement en France mais en Europe et au-delà.Des tribunaux et régulateurs européens ont déjà épinglé pour écoblanchiment les compagnies aériennes KLM en 2024 et Lufthansa en mars, et d’autres entreprises dans l’alimentation et d’autres secteurs.Mais jamais une compagnie pétrolière n’avait été condamnée par un tribunal pour sa communication sur sa stratégie climatique autour d’objectifs de zéro émission de gaz à effet de serre. Et bien que le jugement soit français, la condamnation devrait faire référence au-delà, explique Johnny White, juriste de ClientEarth. – Retrait des messages -L’affaire portait sur la campagne de communication du groupe déployée à partir de mai 2021 sur son site internet, dans la presse, sur les réseaux sociaux et à la télévision. A l’époque, Total venait de se rebaptiser TotalEnergies pour souligner son ambition d’être “la compagnie de toutes les énergies”, du pétrole à l’électricité éolienne et solaire.Le groupe affichait alors son objectif de “neutralité carbone d’ici 2050, ensemble avec la société” et vantait le gaz comme “l’énergie fossile la moins émettrice de gaz à effet de serre”, malgré son bilan climatique contesté en raison des fuites de méthane, très réchauffant pour l’atmosphère.En tout, une quarantaine de messages, dont une partie sont encore accessibles en ligne, étaient épinglés. Les associations ont obtenu le retrait sous astreinte “dans le délai d’un mois à compter de la signification de la décision” de ceux concernant la neutralité carbone et la transition énergétique, tels que: “Notre ambition est d’être un acteur majeur de la transition énergétique tout en continuant à répondre aux besoins en énergie des populations” ou “Nous avons pour ambition de contribuer à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ensemble avec la société”. TotalEnergies et TotalEnergies Electricité et Gaz France devront en outre publier dans le même délai et pendant 180 jours le jugement sur la page d’accueil du site www.totalenergies.fr- Des investissements réels -En face, le groupe, qui n’a pas encore réagi au jugement, défendait sa bonne foi et la réalité de ces investissements “bas carbone”, dans le solaire par exemple.Il avançait que ces messages n’étaient pas des publicités destinées aux consommateurs mais relevaient d’une “communication institutionnelle” et générale, encadrée par le code monétaire et financier.Cette affaire est “une instrumentalisation du droit de la consommation pour critiquer la stratégie de la société”, affirmait le groupe.

TotalEnergies condamnée pour ses promesses de “neutralité carbone”

La compagnie pétrolière TotalEnergies a été condamnée jeudi par la justice française pour pratiques commerciales trompeuses pour la promotion de ses engagements vers la neutralité carbone d’ici 2050, une première de ce type contre une major pétrolière.Il s’agit du “premier jugement au monde qui statue qu’un grand groupe pétrolier et gazier a trompé le public en verdissant son image”, a réagi auprès de l’AFP l’ONG ClientEarth qui suit de près la jurisprudence sur le greenwashing contre l’industrie pétrolière et gazière et a soutenu les associations plaignantes.Le tribunal judiciaire de Paris a estimé que le groupe TotalEnergies et sa filiale TotalEnergies Electricité et Gaz avaient fait état d’allégations environnementales à partir du site commercial totalenergies.fr qui “étaient susceptibles d’altérer le comportement d’achat du consommateur” et de nature à l'”induire en erreur” en lui faisant croire qu’elle pouvait atteindre la neutralité carbone en 2050 tout en augmentant la production de pétrole et de gaz, selon un communiqué du tribunal sur cette procédure civile. Le tribunal a en revanche rejeté les demandes des associations concernant les allégations de TotalEnergies sur le gaz fossile et les agro-carburants.Le tribunal avait été saisi en 2022 au civil par les ONG Greenpeace France, Les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous.Elles se sont immédiatement félicitées d'”un précédent juridique majeur contre la désinformation climatique des majors pétrolières”, dans un communiqué.La décision sera centrale dans la jurisprudence naissante sur le greenwashing ou écoblanchiment – le fait de se présenter plus vertueux sur l’environnement qu’en réalité – non seulement en France mais en Europe et au-delà.Des tribunaux et régulateurs européens ont déjà épinglé pour écoblanchiment les compagnies aériennes KLM en 2024 et Lufthansa en mars, et d’autres entreprises dans l’alimentation et d’autres secteurs.Mais jamais une compagnie pétrolière n’avait été condamnée par un tribunal pour sa communication sur sa stratégie climatique autour d’objectifs de zéro émission de gaz à effet de serre. Et bien que le jugement soit français, la condamnation devrait faire référence au-delà, explique Johnny White, juriste de ClientEarth. – Retrait des messages -L’affaire portait sur la campagne de communication du groupe déployée à partir de mai 2021 sur son site internet, dans la presse, sur les réseaux sociaux et à la télévision. A l’époque, Total venait de se rebaptiser TotalEnergies pour souligner son ambition d’être “la compagnie de toutes les énergies”, du pétrole à l’électricité éolienne et solaire.Le groupe affichait alors son objectif de “neutralité carbone d’ici 2050, ensemble avec la société” et vantait le gaz comme “l’énergie fossile la moins émettrice de gaz à effet de serre”, malgré son bilan climatique contesté en raison des fuites de méthane, très réchauffant pour l’atmosphère.En tout, une quarantaine de messages, dont une partie sont encore accessibles en ligne, étaient épinglés. Les associations ont obtenu le retrait sous astreinte “dans le délai d’un mois à compter de la signification de la décision” de ceux concernant la neutralité carbone et la transition énergétique, tels que: “Notre ambition est d’être un acteur majeur de la transition énergétique tout en continuant à répondre aux besoins en énergie des populations” ou “Nous avons pour ambition de contribuer à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ensemble avec la société”. TotalEnergies et TotalEnergies Electricité et Gaz France devront en outre publier dans le même délai et pendant 180 jours le jugement sur la page d’accueil du site www.totalenergies.fr- Des investissements réels -En face, le groupe, qui n’a pas encore réagi au jugement, défendait sa bonne foi et la réalité de ces investissements “bas carbone”, dans le solaire par exemple.Il avançait que ces messages n’étaient pas des publicités destinées aux consommateurs mais relevaient d’une “communication institutionnelle” et générale, encadrée par le code monétaire et financier.Cette affaire est “une instrumentalisation du droit de la consommation pour critiquer la stratégie de la société”, affirmait le groupe.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

L’Afrique du Sud s’efforce de protéger les oiseaux des éoliennes

Le vent souffle à faire vibrer le toit en plastique de ce poste d’observation où deux contrôleuses balayent l’horizon aux jumelles, au coeur du parc éolien d’Excelsior, à 200 kilomètres à l’est du Cap.Emmitouflées dans leurs écharpes et bonnets, elles scrutent, depuis ce cabanon au sommet d’une colline, les champs de l’Overberg qui ondulent au gré des bourrasques, jusqu’à ce qu’une petite silhouette sombre se dessine dans le ciel.”Arrêtez l’éolienne 11, s’il vous plaît. Vautour chassefiente, adresse l’une d’elles au talkie-walkie.— J’arrête l’éolienne 11″, entend-on à la radio. Les pales de l’engin de 150 mètres de hauteur ralentissent immédiatement et s’arrêtent. “Il faut environ 43 secondes pour stopper une éolienne”, explique la conservatrice Clarissa Mars, responsable du protocole d’arrêt sur demande mis en place sur le site opéré par l’énergéticien français Engie.De quatre postes d’observation, des contrôleurs surveillent le passage d’oiseaux. Quand un oiseau jugé “prioritaire” est à moins d’un kilomètre d’une éolienne, ils appellent les opérateurs du centre de contrôle qui arrêtent les pales. – 6.000 oiseaux tués par an – Le site se trouve près d’habitats d’espèces menacées comme le busard maure, susceptible d’être fauché en vol par les pales allant jusqu’à 280 km/h.Selon l’organisation de protection des oiseaux BirdLife South Africa, plus de 6.000 volatiles sont tués chaque année dans les 33 parcs éoliens sud-africains. Dont 10% d’espèces menacées d’extinction. Développé à la fin des années 2010, notamment au Kenya, le protocole d’arrêt sur demande est désormais mis en place dans le monde entier. A Excelsior, les treize éoliennes qui fournissent de l’électricité à 40.000 foyers chaque jour sont régulièrement stoppées pour laisser passer sans risque les oiseaux. Depuis 2020, huit oiseaux “prioritaires” ont été tués par les pales d’éoliennes, selon Clarissa Mars qui assure que le protocole a largement limité la mortalité des espèces menacées: “Cette année, aucun oiseau n’a été tué. J’en suis très heureuse.”Les chercheurs et défenseurs du busard maure sont moins enthousiastes. La population de ces petits rapaces noirs aux ailes et à la queue striées de blanc est aujourd’hui estimée à 1.300 individus, essentiellement en Afrique du Sud. – L’extinction par l’éolien ? -Après la disparition de l’habitat causée par l’agriculture et le réchauffement climatique, les chocs avec les éoliennes sont une cause majeure de mortalité du busard maure. Si le protocole d’arrêt sur demande a réduit de 100% la mortalité de certains oiseaux à Excelsior, comme le vautour chassefiente, ce n’est pas le cas du busard maure, plus petit et donc moins visible pour les observateurs. “C’est l’une des premières espèces dont l’extinction peut être directement causée par l’éolien”, alerte Rob Simmons, professeur à l’Université du Cap.”Si on tuait trois à cinq busards maures adultes de plus par an à cause des parcs éoliens, la population disparaîtrait d’ici 75 à 100 ans”, estime ce biologiste et ornithologue.Il appelle à explorer de nouvelles techniques de protection comme celle consistant à peindre les pales des éoliennes.”Les oiseaux ne voient pas les contrastes en noir et blanc aussi bien que nous, explique-t-il. Ils ne voient pas une pale blanche qui tourne dans un ciel nuageux. C’est très certainement pour cela qu’ils ne l’évitent pas.” Le chercheur a mené une expérimentation dans le parc éolien de Hopefield, au nord du Cap. En 2023, l’entreprise sud-africaine Umoya a fait peindre des bandes rouges sur les pales de quatre éoliennes. Deux ans plus tard, la mortalité des oiseaux a baissé de 87%. La recherche pour rendre l’éolien plus respectueux de la biodiversité accélère depuis dix ans. Mais, en pleine urgence climatique, est-ce un procès juste fait à cette source d’énergie renouvelable ? Pour Rob Simmons, c’est un cas d’école de “dilemme vert-vert”.”On ne peut pas sacrifier de nombreux oiseaux sur l’autel des énergies renouvelables et on ne peut pas continuer à brûler des carburants fossiles”, observe le comportementaliste. Car au-delà du danger des pales: “certaines espèces comme le busard maure ne survivront pas au réchauffement climatique”.