La France sévit contre l’ambassadeur américain qui a ignoré une convocation

Paris a décidé de révoquer l’accès direct au gouvernement français de l’ambassadeur américain Charles Kushner, qui a ignoré une convocation des Affaires étrangères après des commentaires sur la mort d’un étudiant d’ultradroite.Le diplomate avait été convoqué en raison de la republication par l’ambassade américaine d’une réaction de l’administration Trump au décès à 23 ans de Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l’ultragauche à Lyon, dans le centre-est de la France. L’ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui “devraient tous nous préoccuper”.Charles Kushner “ne s’est pas présenté” malgré l’appel du ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot, a déploré lundi soir le Quai d’Orsay.Une source diplomatique a indiqué à l’AFP que Charles Kushner s’est fait représenter par un responsable de l’ambassade américaine, invoquant des engagements personnels.”c’est une surprise”, a réagi mardi Jean-Noël Barrot sur France Info tout en réfutant l’idée que ce soit un camouflet.”Quand on a l’honneur de représenter son pays, les États-Unis d’Amérique en France, comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie et on répond aux convocations du ministère des Affaires étrangères”, a-t-il déclaré sur France Info.”Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ayant l’honneur de représenter son pays, le ministre a demandé qu’il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français”, a annoncé le ministère.Sollicité à plusieurs reprises par l’AFP, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas donné suite aux demandes.  Jean-Noël Barrot a assuré que cet incident, qui relève de la “responsabilité personnelle” de l’ambassadeur, n’affecterait “en rien la relation entre la France et les États-Unis” qui fêtent cette année le 250ᵉ anniversaire. “Elle en a vu d’autres, mais ça affectera naturellement sa capacité à exercer sa mission dans notre pays”, a-t-il ajouté. Interrogé sur la possibilité que l’ambassadeur soit déclaré persona non grata, Jean-Noël Barrot n’a pas directement répondu. Il a souligné la nécessité d'”avoir avec lui une explication”. “Je crois que tous les Français partagent le même sentiment”, a-t-il insisté. “Nous n’acceptons pas que des pays étrangers puissent venir interférer puis s’inviter dans le débat politique national, quelles que soient les circonstances”. “C’est cette explication que nous devons avoir”, a-t-il ajouté, précisant que le ministère souhaitait en outre évoquer les sanctions américaines à l’encontre de plusieurs citoyens européens, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou.L’administration Trump a dénoncé la violence politique d’extrême gauche et appelé à traduire les responsables de la mort de Quentin Deranque en justice.”Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (…) à des fins politiques”, a souligné dimanche Jean-Noël Barrot à la radio, estimant que la France n’avait “aucune leçon s’agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l’internationale réactionnaire”.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a également commenté la mort en France de Quentin Deranque, provoquant une passe d’armes avec le président français Emmanuel Macron qui l’a priée d’arrêter de “commenter ce qui se passe chez les autres”.- Tempête politico-médiatique -M. Macron, qui avait affirmé quelques jours plus tôt qu’il n’y avait “pas de place pour les milices d’où qu’elles viennent”, va réunir mardi matin des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les “groupes violents ultras ou extrêmes”.La mort de l’étudiant, que Jean-Noël Barrot a qualifiée de “drame qui concerne la communauté nationale”, a provoqué une tempête politique et médiatique en France, le parti de gauche radicale France insoumise (LFI) étant sous le feu des critiques.Un suspect, mis en examen pour “complicité de meurtre”, était, à ce moment-là, collaborateur parlementaire d’un député LFI.Quant à l’ambassadeur américain, en fonctions dans la capitale française depuis l’été dernier, il avait déjà été convoqué fin août au ministère des Affaires étrangères après des critiques jugées inacceptables par Paris sur “l’absence d’action suffisante” d’Emmanuel Macron contre l’antisémitisme.”En l’absence de l’ambassadeur” à Paris, c’est le chargé d’affaires de l’ambassade américaine qui s’était rendu à cette convocation.Charles Kushner est le père de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et proche conseiller de celui-ci.

Safran se convertit à la géothermie pour décarboner son usine de Villaroche

La géothermie au service de l’industrie: Safran va faire de l’une de ses usines, où il produit des moteurs pour Airbus, Boeing et le Rafale, le premier site industriel d’Ile-de-France chauffé grâce à l’énergie calorifique du sous-sol.Le géant de l’aéronautique s’est associé à Dalkia, filiale d’EDF, et Arverne Group pour réduire de 75% les émissions de carbone liées au chauffage de cette usine, située à Villaroche, en Seine-et-Marne, et éviter ainsi 6.500 tonnes de CO2 chaque année.Sur une parcelle du site, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Paris, un immense forage creuse le sol pour aller puiser à 1.650 mètres de profondeur une eau à 75°C.La géothermie consiste à valoriser cette chaleur naturelle du sous-sol en émettant peu ou pas de gaz à effet de serre.Un premier puits, déjà achevé, servira à puiser l’eau chaude présente dans l’aquifère du Dogger, qui parcourt l’Ile-de-France. Le second, en cours de construction, “va finaliser cette boucle géothermale” en réintroduisant l’eau dans la nappe après son passage dans les échangeurs thermiques de la centrale, explique Loïc Haslin, directeur général de la filiale forage profond d’Arverne.L’eau prélevée est intégralement restituée. “On ne ponctionne rien”, souligne le dirigeant. “Tout ce qu’on fait, c’est faire circuler cette eau chaude depuis le sous-sol jusqu’en surface; on lui prend ses calories et on la réinjecte. C’est le principe de la géothermie: la chaleur de la terre réchauffe les fluides sous la surface.”Avec ce projet, Safran Aircraft Engines va remplacer intégralement ses anciennes chaudières à gaz par une énergie locale et renouvelable. La centrale, qui couvrira 84% des besoins en chaleur du site, sera opérationnelle en octobre prochain.Initié à l’automne 2024, ce projet s’inscrit dans la feuille de route décarbonation du groupe. Le secteur aérien vise zéro émission nette de CO2 d’ici à 2050.”Ce projet géothermie s’inscrit complètement là-dedans”, décrit Delphine Berilloux, directrice des responsabilités humaines et sociétales de Safran Aircraft Engines. Il doit permettre à Safran de réduire d’ici 2030 de 50% ses émissions de CO2 par rapport à 2018, souligne-t-elle.Avec environ 6.500 personnes qui y travaillent, Villaroche, qui va fêter ses 80 ans cette année, “est le plus grand site de Safran”, poursuit-elle. “C’est l’équivalent d’une ville”.- Visibilité industrielle -L’usine accueille aussi les équipes ingénierie qui travaillent sur les moteurs d’avions du futur, souligne Delphine Berilloux.A quelques dizaines de mètres de la plateforme de forage se trouve l’immense banc d’essai qui va tester le démonstrateur Rise, sur lequel le motoriste et son partenaire GE Aerospace misent pour accélérer la décarbonation de l’aérien via leur co-entreprise CFM International.Safran est l’un des très rares industriels à s’être engagé dans un projet de géothermie profonde, dont le principal frein est lié aux coûts d’investissement. Dans le cas de Villaroche, le montant est d’environ 30 millions d’euros.D’autres se sont désengagés, comme Renault qui a renoncé à son projet pour son usine de Douai (Nord).Ce sont des investissements qui s’amortissent sur dix, quinze ans minimum, explique David Coutelle, du bureau d’études en environnement Ginger Burgeap et président de la commission géothermie du Syndicat des énergies renouvelables (SER).”Il faut des industriels qui soient prêts à signer un contrat sur de telles durées, ce qui est extrêmement rare”, poursuit-il, même si le coût de l’énergie est très bas dans la durée et permet de se prémunir des fortes variations de prix, comme lors de la crise en 2022.”On n’a malheureusement pas en Ile-de-France tant de sites industriels avec à la fois à un besoin de chaleur important et la visibilité industrielle pour le faire parce que, c’est vrai, ce sont des investissements assez importants”, reconnaît Benoît Guiblin, directeur régional Ile-de-France de Dalkia.Mais “la décarbonation, c’est aussi un outil de compétitivité”, estime-t-il en rappelant que l’industrie représente environ 20% des émissions de gaz à effet de serre en France.La géothermie “permet d’avoir une stabilité du coût énergétique extrêmement forte, donc de la visibilité. Et pour un industriel, c’est évidemment essentiel”, conclut-il.

Créer des crèches dans les quartiers populaires: la mission d’un consortium contre les inégalités

Permettre aux enfants modestes de mieux accéder aux crèches afin de lutter contre les inégalités: c’est la mission que s’est donnée le consortium Yci Enfance, qui rassemble acteurs publics, privés et associatifs, pour créer des établissements non lucratifs dans des quartiers populaires.Une première structure associative de 30 berceaux vient d’ouvrir ses portes au rez-de-chaussée d’un nouvel immeuble résidentiel, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Des murs blancs, des meubles en bois clair et des jouets multicolores répartis entre deux salles baignées de lumière, donnant sur un jardin… Un design qui “apporte du calme et de la modernité”, apprécie Roxanne Dugot, directrice de cette crèche, opérée par Crescendo. Quelques semaines après l’ouverture, elle procède encore a des “ajustements”, d’emploi du temps, proposant des jours de garde supplémentaires à des familles ayant inscrit leur enfant à temps partiel. “Les parents se sont déjà organisés pour l’année, certains ne travaillent pas, ils optent donc pour des contrats de quelques jours hebdomadaires pour que l’enfant se sociabilise”, explique-t-elle à l’AFP. Mère de trois enfants, Aissatou Siby, a inscrit son cadet quatre jours par semaine afin de “se libérer du temps” pour s’occuper de son nourrisson de cinq mois et “chercher du travail”. “Plus difficile depuis l’arrivée du bébé”, elle se réjouit de voir son fils gagner en “autonomie” depuis qu’il fréquente la crèche, décrit-elle à l’AFP, en le serrant dans ses bras, avant de rentrer chez eux. – Socialisation -Olivier Matjapa a inscrit sa fille de 13 mois pour “l’aider dans la vie sociale” car “elle était tout le temps avec sa maman ou moi et n’acceptait pas les autres”, raconte-t-il, en attendant dans le hall, près des petits bancs en bois et des casiers à chaussures.”Le défi, c’est d’aider les enfants à évoluer, à sortir du cercle familial, certains n’avaient jamais été gardés avant”, observe Haby Tambadou, éducatrice de jeunes enfants, en surveillant quelques petits, emmitouflés dans leurs manteaux, pendant qu’ils s’amusent avec des draisiennes et des cerceaux sur la grande terrasse en bois.Selon la Cnaf, les enfants des familles allocataires les plus modestes sont 24% à bénéficier d’un mode de garde contre 74% de ceux des familles aux revenus plus élevés.”De manière générale, obtenir une place en crèche en France relève du parcours du combattant et les familles défavorisées ont moins de ressources pour le mener à bien”, explique à l’AFP Laudine Carbuccia, docteure en sociologie et chercheuse aux Etats-Unis. L’accès à une crèche permet “de compenser en partie les inégalités de développement entre les enfants” liées au milieu social, par exemple au niveau du langage ou des compétences socio-émotionnelles, décrit cette spécialiste des politiques publiques et de la petite enfance. Pour améliorer l’accès des moins favorisés à ce service, elle recommande aux pouvoirs publics de “prêter attention aux critères d’attribution” et de “créer des places”.- Offre inégale -A l’échelle nationale, on estime qu’il en manque environ 200.000. L’offre est très inégale selon les départements: moins de quatre places pour dix enfants en Seine-Saint-Denis et à La Réunion, contre plus de sept en Bretagne et dans les Pays de la Loire, tous modes de gardes confondus, selon la Cnaf.Depuis un an, les communes sont chargées d’organiser l’accueil des enfants de moins de trois ans. Mais ces dernières, en particulier les plus modestes, “n’ont pas forcément les moyens humains ou les compétences pour développer” des projets de création de crèches, explique à l’AFP Anne-Claire Mialot, directrice générale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.Face à cette situation, cette agence de l’Etat s’est associée au fonds spécialisé dans les infrastructures Meridiam, ainsi qu’à des acteurs associatifs, au sein d’un consortium baptisé Yci enfance. Leur projet: ouvrir des crèches non lucratives dans les quartiers prioritaires de la ville, en simplifiant la tâche aux maires avec une “formule clé en main”.”Nous nous chargeons de la maîtrise d’ouvrage, c’est-à-dire de la construction ou de l’aménagement de locaux ainsi que du financement du projet via un emprunt”, précise à l’AFP Cécilie Cristia Leroy, directrice générale d’Yci Enfance. L’objectif est d’ouvrir une centaine de crèches en France d’ici sept ans, proposant en tout 4.000 places à des tarifs conventionnés. 

Le Mexique déploie 10.000 soldats pour mettre fin aux violences après l’élimination d’un chef de cartel

Le Mexique a déployé 10.000 soldats dans l’ouest de son territoire pour contenir les violences déclenchées par la mort du baron de la drogue le plus recherché du pays, qui ont fait des dizaines de morts.Nemesio Oseguera, alias El Mencho, chef du Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a été blessé dimanche lors d’une opération militaire dans la ville de Tapalpa, dans l’Etat de Jalisco (ouest), et est mort pendant son transfert en avion vers Mexico, selon l’armée.L’annonce de sa mort a provoqué une violente réaction du cartel dont des membres présumés ont dimanche bloqué des routes, incendié des véhicules, attaqué des stations-service, des commerces et des banques, et affronté les autorités dans 20 Etats mexicains.Au cours de l’opération militaire et des affrontements qui ont suivi, 25 membres de la garde nationale, ainsi qu’un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet ont été tués, ainsi que 46 membres du cartel, ont indiqué les autorités.Dans la capitale Mexico, aucun acte de violence n’a été signalé.Le gouvernement a annoncé lundi l’envoi de 2.500 soldats supplémentaires dans le Jalisco, portant à 10.000 le nombre de militaires déployés depuis dimanche. Les autorités espèrent mettre fin rapidement aux troubles à quatre mois du Mondial 2026 de football, co-organisé avec les Etats-Unis et le Canada et dont Guadalajara, capitale de l’Etat du Jalisco, sera l’une des villes-hôtes.”Le pays est en paix, il est calme”, a assuré lundi la présidente Claudia Sheinbaum, indiquant qu’il n’y avait plus de barrages routiers. Mais l’AFP en a observé certains près de Guadalajara et du lieu de l’opération contre le chef de l’une des organisations criminelles les plus puissantes au monde.”C’est tranquille mais bon (…) je ne veux pas encore sortir”, a déclaré à l’AFP Serafín Hernandez, un camionneur de Morelia, dans l’ouest du pays, disant craindre que son véhicule soit incendié. “On a peur, je crois que toute la société a peur”, surtout “les gens qui vont travailler”, a ajouté Angel Gonzalez, un chauffeur de taxi de 45 ans.- Commerces et écoles fermés -A Guadalajara, les rues étaient à moitié désertes et la plupart des commerces étaient restés fermés lundi. “La situation est un peu critique, à peine quelques commerces ont ouvert (…) Ma famille n’est pas sortie aujourd’hui”, a déclaré à l’AFP Jorge Martinez, un retraité de 70 ans qui a pris le risque d’aller faire des courses dans une pharmacie. Il a été servi à travers une fenêtre.”On sort avec un peu de peur”, raconte aussi Teresa Loza, 51 ans, qui doit s’occuper d’un neveu hospitalisé.”Tu as cette sensation de ne pas savoir quand ça va se terminer, comment ça va évoluer”, témoigne Leo Tounsi-Moreno, un touriste Français de 24 ans.Les écoles ont suspendu les cours dans le Jalisco et dans une dizaine d’autres Etats par crainte de nouvelles violences. – Renseignement américain -Tué à l’âge de 59 ans, Nemesio Oseguera était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l’arrestation des fondateurs du cartel rival de Sinaloa, Joaquin Guzman “El Chapo”, et Ismael “Mayo” Zambada, incarcérés aux Etats-Unis. A la tête du CJNG, qualifié en 2025 d'”organisation terroriste” par les Etats-Unis, qui l’accusent de trafic de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl, il était l’un des barons de la drogue les plus recherchés par le Mexique et les Etats-Unis, qui offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour sa capture.L’une de ses compagnes a été un élément clé pour le localiser, a expliqué en conférence de presse le secrétaire à la Défense nationale, Ricardo Trevilla.Des forces spéciales de l’armée mexicaine ont encerclé le lieu où il se trouvait et ont essuyé des tirs de la part des hommes armés chargés de sa sécurité, a-t-il expliqué.La présidente Claudia Sheinbaum avait plus tôt confirmé qu’il n’y avait pas eu “de participation des forces des États-Unis dans l’opération” mais “beaucoup d’échange d’informations”.Le corps d’Oseguera a été formellement identifié avec son ADN et sera remis à sa famille, a précisé le secrétaire à la Sécurité, Omar Garcia Harfuch.M. Oseguera “n’avait pas de successeurs évidents”, si bien que des scissions pourraient se produire au sein du CJNG, estime Gerardo Rodriguez, expert en sécurité à l’Université des Amériques à Puebla, interrogé par l’AFP.

Lecornu remobilise pour les J0-2030, les athlètes français fêtés à Albertville

“Tout le monde à son poste de combat”: le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé lundi le Comité d’organisation des JO-2030 à dépasser ses divergences, alors qu’Albertville fêtait les succès de l’équipe tricolore, tout juste rentrée des Jeux de Milan Cortina.Biathlon bien sûr, mais aussi danse sur glace ou ski alpinisme: c’est forte d’une sixième place au tableau des médailles et d’un bilan record de 23 médailles (dont huit en or) que l’équipe de France a conclu dimanche les JO-2026 de Milan Cortina et est rentrée à la maison après la cérémonie de clôture dimanche à Vérone.Parmi les très attendus héros du jour, les biathlètes multimédaillés Quentin Fillon Maillet et Océane Michelon ou le fondeur Mathis Desloges sont apparus tout sourire, médailles rutilantes au cou, devant plusieurs milliers de personnes réunies, brandissant des drapeaux français dans la halle olympique d’Albertville, haut lieu des JO d’hiver de 1992, les derniers que la France ait accueillis à ce jour.La cérémonie a pour objet “d’honorer l’héritage de 1992 et de lancer notre route vers les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver des Alpes Françaises 2030”, a déclaré Amélie Oudéa-Castéra, la présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).Elle s’est conclue sur le déploiement symbolique d’un grand drapeau à cinq anneaux, déroulé avec son et lumière par des chasseurs alpins descendant en rappel depuis un grand mât d’une cinquantaine de mètres. Elle se clôturera par un concert et une soirée dansante.- Turbulences -Elle survient toutefois en pleine crise de gouvernance au sein du Comité organisateur des Jeux (Cojop) alors qu’il lui reste désormais moins de quatre ans pour boucler son projet dans les Alpes françaises. Plusieurs de ses cadres ont démissionné ces derniers mois et le directeur général Cyril Linette est également sur le départ en raison du constat de “désaccords insurmontables”.Alors que le projet olympique a déjà souffert ces derniers mois de l’instabilité gouvernementale de la France, le président du Cojop, le champion olympique de ski de bosses à Albertville Edgar Grospiron, pourrait lui-même se trouver fragilisé par ces turbulences.La semaine passée, un proche d’Emmanuel Macron avait indiqué que le président avait “fait passer le message qu’il faut mettre de l’ordre dans l’organisation des JO Alpes 2030”. “D’ici un mois”, avait-il précisé.M. Lecornu, venu lundi rencontrer les organisateurs, dont les présidents des régions Aura Fabrice Pannekoucke et Paca Renaud Muselier, ainsi que les athlètes, a pour sa part appelé à laisser de côté “les persifleurs” qui s’obstinent à prédire un échec des Jeux.”Tout le monde à son poste de combat et tirons tous (…) dans le même sens pour y arriver en 2030″, a-t-il lancé.- “On gère” -Interrogé par France Télévisions sur la crise de gouvernance au sein du Cojop, Grospiron a tenu à relativiser: “On gère. Il y a des turbulences, mais comme dans tous les projets de ce type. On est là, on gère, on tient la baraque”, a-t-il insisté.Après avoir félicité les athlètes, Sébastien Lecornu les a interrogés sur leur vécu en Italie et leurs attentes pour les prochains Jeux d’hiver: “Ce que vous pouvez nous dire peut avoir beaucoup d’importance pour la compréhension de l’organisation qu’on a pour 2030”, a-t-il dit.Plusieurs ont évoqué l’éclatement des sites de Milan Cortina, que les Alpes françaises entendent imiter et même amplifier. Ce nouveau modèle, ont-ils souligné, permet d’utiliser des infrastructures déjà existantes – et d’alléger la facture – mais complexifie aussi les transports et laisse certains sites un peu isolés, quand il ne se traduit pas par une absence de “ferveur olympique” au moment de la remise des médailles, ont regretté certains.Pour la championne olympique de biathlon Julia Simon, le sport français est néanmoins désormais “lancé”. “Je pense que la cérémonie de clôture d’hier nous a permis aussi de nous dire: +En fait les prochains, c’est à la maison+”, s’est-elle réjouie. “Pour moi, là, c’est encore difficile de me projeter”, a-t-elle ajouté.

Jihadist threat puts eastern Senegal on edgeTue, 24 Feb 2026 06:28:05 GMT

Every time Senegalese mechanic Ibrahima Mbodj hears screeching tyres, a popping firecracker or even shattering glass, he fears another jihadist attack on the Malian border post near his village.Senegal has remained unscathed by a series of jihadist attacks in Mali, but concern among residents is growing as the assaults inch closer to the border.Gunfire early …

Jihadist threat puts eastern Senegal on edgeTue, 24 Feb 2026 06:28:05 GMT Read More »

Ligue des champions: le PSG et le Real proches des 8e, l’Inter et la Juve de la sortie

Le PSG, qui reçoit mercredi Monaco en barrages retour après sa victoire renversante (3-2) à l’aller, est favori pour rallier les huitièmes de la Ligue des champions, comme le Real Madrid face à Benfica, qu’il a dominé (1-0) à Lisbonne dans un climat délétère marqué par des accusations de racisme. A l’inverse, l’Inter Milan et la Juventus Turin, les autres cadors de ces barrages, sont très proches d’une élimination après leur lourde défaite la semaine dernière, en Norvège contre Bodo Glimt (3-1) et à Istanbul face à Galatasaray (5-2). Toujours à la recherche de son implacable régularité de la deuxième partie de saison dernière, l’équipe de Luis Enrique a tout d’abord montré à Monaco des grands signes de fébrilité avant d’imposer sa domination. Menés 2-0 dans les vingt premières minutes au stade Louis-II, les champions d’Europe ont tout renversé et sont bel et bien partis pour poursuivre leur route s’ils ne jouent pas au Parc des Princes (21h00) comme ils l’ont fait en début de match à Monaco. Car en face, les Monégasques, réduits à dix en Principauté pendant presque toute une mi-temps, sont capables d’un exploit comme ils l’ont prouvé samedi en Ligue 1 en retournant le match à Lens (3-2).L’autre choc se déroulera à Bernabeu entre le Real Madrid et le Benfica Lisbonne, après la victoire des coéquipiers de Kylian Mbappé (1-0) dans un climat très tendu.Au-delà du court succès du Real, le match a été marqué par des accusations de propos racistes qu’aurait tenus envers Vinicius Junior l’Argentin Gianluca Prestianni, qui réfute ces propos. Le joueur du Benfica a été “suspendu provisoirement” pour “comportement discriminatoire”, par l’UEFA pour le barrage retour mercredi, a annoncé lundi l’instance européenne, en attendant les conclusions de l’enquête ouverte .Le retour aura lieu dans ce contexte brûlant, puisque sportivement le Real ne s’est pas rassuré ce week-end en s’inclinant (2-1) contre Osasuna en championnat. – L’Inter et la Juve en danger -Mardi soir (21h00) au Stadio Giuseppe-Meazza, l’Inter — leader de Serie A —  devra se relever de son revers étonnant contre les Norvégiens de Bodo Glimt (3-1), à l’issue d’un match pendant lequel les hommes de Cristian Chivu ont également perdu leur capitaine Lautaro Martinez, sorti en raison d’une blessure.Déjà tombeurs de Manchester City (3-1) ou l’Atlético Madrid (2-1) en phase de ligue, Bodo Glimt a confirmé son statut d’équipe surprise de cette saison européenne, avec des attaques rapides et une défense parfaitement en place.L’autre (mauvaise) surprise de ces barrages est aussi italienne: la Juventus Turin a été surclassée par Galatasaray (5-2), hypothéquant ses chances de qualification. Comme les Intéristes, les Turinois seront dos au mur mercredi (21h00), au coeur d’une saison très compliquée.Le Borussia Dortmund a pris, lui, une option sur la qualification en battant à l’aller l’Atalanta (2-0), qu’il ira affronter à Bergame mercredi (18h45).L’Atlético Madrid d’Antoine Griezmann, accroché à Bruges la semaine dernière (3-3) après avoir mené à deux reprises, doit hausser son niveau à domicile mardi (18h45). Les Colchoneros se sont relancés ce week-end en Liga pour se mettre dans les meilleures conditions avant ce barrage retour.  Après leurs confortables succès lors de la première manche à l’extérieur, Newcastle et le Bayer Leverkusen, qui reçoivent mardi (21h00) respectivement l’Olympiakos et Qarabag, devraient valider plus tranquillement leur ticket pour la phase à élimination directe.

Nouvelle-Calédonie: au Sénat, le gouvernement s’accroche à une réforme constitutionnelle sensible

“Entêtement” gouvernemental ou point de départ d’une “stabilité” retrouvée ? Dossier sensible localement, la réforme constitutionnelle sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie est examinée mardi au Sénat, où l’exécutif tentera de défendre un projet décrié et très mal embarqué au Parlement.A partir de 14H30, le Premier ministre Sébastien Lecornu viendra en personne au Palais de Luxembourg pour répondre aux interrogations des sénateurs sur ce projet de loi constitutionnelle, avant un vote prévu dans la soirée.Le gouvernement espère convaincre le Parlement de “donner sa chance” à ce texte, qui retranscrit deux accords conclus avec la majorité des forces politiques calédoniennes, celui de Bougival (juillet 2025) et celui de l’Elysée-Oudinot, signé en janvier 2026 sous l’égide d’Emmanuel Macron.Il prévoit notamment la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement.Ces accords permettent d’envisager un nouvel avenir institutionnel pour la Nouvelle-Calédonie, archipel meurtri par les violentes émeutes du printemps 2024, survenues en réaction à un précédent projet de réforme constitutionnelle.- Pas “d’alternative” ? -Mais l’opposition des indépendantistes du FLNKS à ces accords, qu’ils jugent incompatibles avec la pleine souveraineté du territoire, complique sérieusement la donne. L’absence de consensus local fait en effet craindre à de nombreux parlementaires un “passage en force” aux conséquences potentiellement néfastes à Nouméa.”Il n’existe aujourd’hui ni alternative ni contre-projet”, a toutefois martelé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou ces derniers jours. Même si le processus est “imparfait”, il faut lui “donner sa chance” car “stopper net le projet de loi constitutionnelle, c’est fermer la porte définitivement” au consensus.Dominé par une alliance entre droite et centristes, le Sénat partage majoritairement ce point de vue et devrait, sauf surprise, adopter le texte. “La voie de la raison, c’est d’accompagner la volonté d’une majorité de partenaires, négociée à Bougival”, assume la sénatrice Agnès Canayer (Les Républicains), chargée de piloter l’examen du texte.Le gouvernement compte sur l’appui du Sénat pour légitimer son action en vue d’un examen qui s’annonce beaucoup plus incertain à l’Assemblée nationale, à partir du 31 mars.Au Palais Bourbon, la gauche et le Rassemblement national devraient, sauf revirement, s’opposer au texte, tandis que beaucoup d’élus ont dit s’attendre à de “l’obstruction” des députés Insoumis pour retarder le vote. – “Calendrier intenable” -Sur l’archipel, mi-février, un millier de personnes selon les organisateurs – 400 selon les autorités – s’étaient réunies devant le haut-commissariat de Nouméa pour “faire entendre jusqu’à Paris” leur opposition à la réforme. Et l’UNI, mouvement indépendantiste favorable au texte, voit les défections se multiplier en son sein.Lundi, Paul Néaoutyine, président de la province Nord et figure historique du Palika, principale composante de l’UNI, a exprimé dans un communiqué son “opposition” aux accords Bougival-Elysée-Oudinot, qui selon lui “marquent une rupture et un recul par rapport à l’accord de Nouméa et ferment la porte à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie”.Dans ces conditions, l’hypothèse de voir le Congrès du Parlement réuni à Versailles dès la mi-avril pour entériner la réforme, date envisagée par le gouvernement, semble hautement improbable. D’autant plus que la majorité des 3/5e, nécessaire pour modifier la Constitution, est loin d’être réunie à ce stade.Les parlementaires socialistes – qui détiennent une grande partie des clés de l’avenir du texte – sont en effet extrêmement réservés.”Un rejet du projet anéantirait le travail patient de concessions réciproques” enclenché à Bougival, mais le gouvernement s’est “enfermé dans un calendrier intenable”, “au lieu de renouer avec la recherche de compromis”, a regretté le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.L’ensemble de la gauche semble désormais se résoudre à ce que les élections provinciales se tiennent avant la fin juin, comme prévu, avant d’ouvrir un nouveau cycle de discussions.Ces élections, dont dépend la composition du gouvernement local, ont déjà été reportées à trois reprises depuis 2024.Si la réforme passe, elles doivent à nouveau être reportées à la fin de l’année, pour permettre de “dégeler” le corps électoral, une mesure ultrasensible pour les indépendantistes.”Si le gouvernement s’entête à vouloir poursuivre ce processus, c’est qu’il veut faire assumer la responsabilité de l’échec au Parlement plutôt qu’à lui”, a estimé le député indépendantiste calédonien Emmanuel Tjibaou.