Une tempête exceptionnelle affecte 40 millions de personnes dans le nord-est des Etats-Unis

Jusqu’à 90 cm de neige tombés par endroits et des bourrasques à 90 km/h: une tempête de neige d’une ampleur rare a recouvert lundi d’un manteau blanc une grande partie du nord-est des Etats-Unis, perturbant le quotidien de plus de 40 millions de personnes.”Selon les prévisions actuelles, le pire est passé”, a annoncé le maire de New York, Zohran Mamdani, lors d’une conférence de presse en début d’après-midi.Entre 40 et 50 cm de poudreuse étaient alors tombés sur la majeure partie de la ville et 4 à 7 cm supplémentaires étaient attendus dans la soirée, selon lui. L’aéroport de Providence, dans le Rhode Island, totalisait 83 cm de poudreuse et il n’était pas exclu que les cumuls y atteignent 90 cm d’ici la soirée.Une grande partie de cet Etat devrait rester paralysé mardi, avec notamment de nombreuses écoles fermées, selon les médias locaux.Le service météorologique national avait également mis en garde contre un risque d’inondations dans certaines parties de l’Etat de New York, du New Jersey et du Massachusetts.Les gouverneurs de huit Etats (Connecticut, Delaware, Maryland, Massachusetts, New Jersey, New York, Pennsylvanie et Rhode Island) ont donc décrété l’état d’urgence.Conséquence de cette tempête, quelque 570.000 foyers étaient privés d’électricité peu avant 20h00 GMT, dont plus de 285.000 dans le Massachusetts.- “Je ne veux plus voir de neige” -Dans toute la région, écoles, services municipaux, commerces, jusqu’au siège des Nations unies à Manhattan, restaient fermés pour la journée, pour le plus grand bonheur de nombreux écoliers dévalant en luge les collines de Central Park.Après une autre tempête le 26 janvier, Dylan, 11 ans, n’avait “jamais vu autant de neige de (sa) vie” et il “adore”. “C’est vraiment marrant de jouer dans la neige”, a-t-il lancé à l’AFP. “C’est magnifique”, s’est aussi réjouie Chris Crowell, 45 ans, après une promenade matinale dans la ville, avant de travailler depuis chez elle.A Wildwood, dans le New Jersey voisin, Vincent Greer, au contraire, en a “marre”. “Je ne veux plus voir de neige”, s’est-il exclamé en dégageant à la pelle un passage devant son immeuble. “Je ne vois rien devant moi et je suis gelé !”Par endroits, les transports en commun, y compris le trafic ferroviaire, étaient perturbés lundi, voire entièrement coupés dans le New Jersey.A New York, la circulation des véhicules non essentiels (voitures personnelles, camions, deux roues et vélos électriques), interdite dimanche soir, était de nouveau autorisée depuis midi, mais les déplacements restaient jugés dangereux.Plus de 6.000 vols avaient par ailleurs été annulés en milieu d’après-midi, selon le site spécialisé FlightAware, les aéroports de New York, Boston et Philadelphie étant les plus concernés. Et les perturbations devaient se poursuivre mardi avec déjà près de 2000 annulations.Fin janvier, une précédente tempête suivie d’une longue vague de froid avaient fait une centaine de morts dans le pays, dont au moins 18 rien qu’à New York, la plupart par hypothermie.”Nous n’avons connaissance d’aucun décès lié à cette tempête de neige dans les rues de notre ville ou dans les lieux publics”, a assuré lundi le nouveau maire démocrate de New York, entré en fonction début janvier.Comme Philadelphie et Boston, la mégapole a musclé dès dimanche son dispositif d’accueil d’urgence pour les personnes précaires, avec notamment des bus et des écoles accessibles à ceux ayant besoin de se réchauffer.

Affaire Epstein: l’ex-ministre et ambassadeur Mandelson libéré après son interpellation

L’ex-ministre et ambassadeur britannique Peter Mandelson a été libéré sous caution après avoir été interrogé, a indiqué tôt mardi la police londonienne qui enquête sur des soupçons de transfert d’informations sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, quatre jours après l’interpellation de l’ex-prince Andrew.Peter Mandelson, figure centrale de la vie politique britannique et ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, a été arrêté vers 17H00 GMT lundi, soupçonné de manquements à ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions publiques, à la suite d’allégations liées à la dernière série de documents associés à Epstein.”Un homme de 72 ans, arrêté pour soupçons de faute professionnelle dans l’exercice de ses fonctions publiques, a été remis en liberté sous caution dans l’attente de la poursuite de l’enquête”, a indiqué la police dans un communiqué publié mardi peu après 02H00 (locales et GMT), sans préciser l’identité du suspect comme c’est d’usage au Royaume-Uni.Des images de la BBC montrent Peter Mandelson rentrer chez lui après être descendu d’un taxi. La BBC et Sky News avaient diffusé lundi après-midi des images de l’ex-ministre quittant son domicile du centre de Londres, accompagné de deux policiers en civil, un homme et une femme, qui l’avaient escorté jusqu’à une voiture banalisée. L’arrestation de celui qui fut un pilier du parti travailliste et artisan du New Labour avec Tony Blair survient après l’interpellation jeudi de l’ex-prince Andrew, l’autre personnalité britannique mise en cause dans la tentaculaire affaire Epstein.Le frère cadet du roi Charles III est lui aussi soupçonné d’avoir transmis des informations au pédocriminel américain, lorsqu’il était représentant spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011. Il a été remis en liberté après plus de 10 heures de garde à vue jeudi.- “Acte inexcusable” – La police londonienne avait indiqué le 3 février avoir ouvert une enquête contre M. Mandelson. Des documents tirés des dossiers Epstein, rendus publics fin janvier par le ministère américain de la Justice, suggèrent qu’il aurait transmis au financier américain des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010. Le 6 février, la police avait indiqué perquisitionner deux résidences de Mandelson, l’une proche de Regent’s Park, à Londres, et dans le Wiltshire (sud-ouest de l’Angleterre).Gordon Brown a aussi indiqué avoir transmis à la police des informations sur ce qu’il a qualifié d'”acte inexcusable et antipatriotique” de la part de Mandelson. Des documents également issus des dossiers Epstein suggèrent par ailleurs que Peter Mandelson a reçu des versements d’un total de 75.000 dollars (63.200 euros) de la part du financier américain en 2003 et 2004. Versements dont il a indiqué n’avoir “ni trace ni souvenir”. Toutes ces accusations ont fragilisé le gouvernement travailliste de Keir Starmer, accusé d’avoir nommé fin 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington alors même qu’il savait que l’ex-ministre et ex-commissaire européen était resté proche d’Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels. Keir Starmer, qui avait rappelé M. Mandelson des Etats-Unis en septembre 2025 à la suite de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein, a depuis présenté ses excuses, notamment aux victimes, et son chef de cabinet comme son directeur de la communication ont démissionné.Le gouvernement s’est depuis engagé à publier tous les documents liés à la nomination et à la révocation de M. Mandelson. Une première tranche devrait être publiée début mars, a indiqué un membre du gouvernement lundi.Selon la BBC, il s’agit de plus de 100.000 documents, dont les échanges électroniques entre l’ex-ambassadeur et des membres de l’exécutif.Une partie d’entre eux, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale du pays, sont préalablement filtrés par une commission parlementaire, libre de décider de les rendre publics ou non.M. Mandelson n’a fait aucune déclaration publique depuis le début de l’enquête. Un porte-parole a indiqué le 8 février qu’il “regrette et regrettera jusqu’à son dernier souffle d’avoir cru aux mensonges d’Epstein concernant ses actes criminels”.”Il n’a découvert la vérité sur Epstein qu’après sa mort en 2019. Il est profondément désolé que des femmes et des filles sans défense et vulnérables n’aient pas bénéficié de la protection qu’elles méritaient”, selon ce porte-parole.

Après une visite remarquée au Kremlin, le président de Madagascar à l’Elysée mardi

Il a réservé ses premières visites internationales aux Emirats arabes unis, à l’Afrique du Sud et surtout à la Russie: le colonel Michaël Randrianirina, nouveau dirigeant de Madagascar, rencontrera mardi le président français Emmanuel Macron dans une volonté commune de renouveler la relation entre les deux pays.”L’étape pour nous c’est de consolider et renouveler cette relation (…) avec l’objectif du président de renouvellement des partenariats avec un certain nombre de pays africains”, a expliqué la présidence française, soulignant que la relation avec Madagascar restait “prioritaire pour la France en Afrique”.Situé sur des routes maritimes stratégiques reliant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, Madagascar, ancienne colonie française (1897-1960), dispose de ressources naturelles multiples – du nickel au cobalt en passant par des terres agricoles et une grande biodiversité – qui attisent les convoitises.Si la France s’efforce de construire un partenariat “d’égal à égal” pour rompre avec l’image néocoloniale, elle espère également maintenir son influence face à la montée en puissance de pays comme la Chine, l’Inde, les Emirats, et plus récemment la Russie.”La France a de nombreux intérêts à préserver à Madagascar et dans l’Ocean Indien plus largement”, résume Mathieu Pellerin, chercheur à l’Institut français des Relations internationales (IFRI), soulignant que “la France compte dans l’océan Indien une importante force militaire, les FAZSOI, et une longue tradition de cooperation militaire avec l’état malgache”.Du côté de Madagascar, l’objectif est d’éviter une dépendance exclusive à la France en multipliant les partenariats, un mouvement déjà opéré sous la présidence d’Andry Rajoelina et qui pourrait s’amplifier avec Michaël Randrianirina, porté au pouvoir à l’automne dernier par une mutinerie de l’armée à la faveur d’une vaste contestation populaire.Positionné comme “président de la Refondation de la République”, celui-ci doit améliorer la situation socio-économique du pays, dont une grande majorité de la population vit dans la pauvreté.Interrogé par les médias avant de s’envoler pour la France, le dirigeant malgache a assuré que les visites en Russie et en France n’avaient “aucun lien entre elles”. Il n’a fait que répondre à l’invitation des deux pays.- Bénéfices pour la population -“Nous suivons la politique que nous avons adoptée en matière de diplomatie: établir des relations avec les pays qui peuvent apporter des bénéfices au peuple malgache”, a-t-il ajouté.Jeudi, en visite à Moscou, il a ainsi annoncé “une nouvelle ère de coopération”. Depuis janvier déjà, des instructeurs militaires russes sont sur la Grande île pour former leurs homologues malgaches au maniement d’armes livrées en décembre, dont des drones.A Paris, il verra les entreprises françaises au Medef et les bailleurs internationaux au siège parisien de la Banque mondiale.A partir des années 70, “des liens diplomatiques et militaires assez forts s’étaient (déjà) développés entre le Pacte de Varsovie et Madagascar”, rappelle Samuel Sanchez, professeur à l’université Panthéon-Sorbonne et auteur de “Madagascar, une approche de l’histoire par les documents”.”De nombreux militaires malgaches (…) ont ainsi reçu leur formation en Union soviétique et dans les pays du Bloc de l’Est. Il y a sans doute un legs de cette époque-là”, poursuit l’historien.Le nouveau président, note-t-il, semble en outre reprendre “le concept de +diplomatie tous azimuts+ qui était chère au président Didier Ratsiraka”, lequel dirigea Madagascar pendant plus de 20 ans au total. A l’évidence, il “essaie de tirer profit de la compétition géopolitique actuelle”.L’historien constate néanmoins que plus de 30% des exportations malgaches se dirigent vers l’Union européenne (dont la moitié vers la France) tandis que “la Russie reste un partenaire économique mineur de Madagascar, avec moins de 1% des exportations malgaches”.Si à Paris, on prend acte de la poussée russe, on compte passer des messages claires sur la ligne rouge: la déstabilisation du lien entre la France et Madagascar.”La France est attachée aux îles éparses sur lesquelles Madagascar conteste la souveraineté à la France depuis plusieurs décennies”, souligne Mathieu Pellerin. “Côté français, on redoute très probablement qu’un rapprochement avec la Russie durcisse les revendications malgaches sur les îles éparses”, dit-il.A Madagascar, de nombreux diplomates sont inquiets “de la rapidité avec laquelle la Russie a réagi” pour se rapprocher du nouveau président, selon une source diplomatique occidentale à Madagascar.

A Drancy, Lagarde succèdera-t-il à Lagarde?

L’ex-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, qui a purgé sa peine d’inéligibilité, espère succéder à sa femme et récupérer son fauteuil, quand trois autres candidats rêvent d’être celui qui parviendra à tourner la page d’un “système Lagarde” qui dure depuis un quart de siècle.Au cœur du nouveau quartier des “Quatre routes”, de nombreux passants viennent saluer l’ancien édile, certains lui donnant du “Monsieur le maire”, ce qu’il n’est plus depuis 2017. Cette année-là, en vertu de la loi sur le non-cumul des mandats, il démissionne de son poste de maire pour rester député et c’est sa femme, Aude Lagarde, qui prend le relais à Drancy, ville de la Seine-Saint-Denis d’environ 70.000 habitants.C’est elle qui se présente et remporte les municipales en 2020, mais choisit de ne pas rempiler en 2026, invoquant, en fin d’année dernière, des raisons de santé.Quelques semaines après le retrait de sa femme, Jean-Christophe Lagarde, qui a purgé sa peine d’inéligibilité de deux ans après une condamnation pour détournement de fonds publics, se déclare candidat pour, selon lui, défendre son bilan et empêcher LFI de gagner la ville.Ancien patron de l’UDI, maire de 2001 à 2017 et député entre 2002 et 2022, Jean-Christophe Lagarde affrontera notamment une liste LFI-PCF, une écologiste, ainsi que son ancien adjoint aux sports Hamid Chabani, entré en dissidence.- “Sa vie privée” -Alors que Jean-Christophe Lagarde est mis en examen, notamment pour escroquerie en bande organisée dans l’affaire de la fausse information publiée contre les ex-LFI Alexis Corbière et Raquel Garrido, ses péripéties judiciaires semblent avoir peu d’importance pour les quelques électeurs rencontrés par l’AFP.”On ne peut pas monter dans la politique tout en étant honnête”, estime auprès de l’AFP Michelle, 66 ans, qui considère que “depuis que les Lagarde sont là, la ville est devenue belle”.Kader, 56 ans et gérant d’une entreprise, n’est pas plus embêté par sa condamnation: “Ça ne me dérange pas, c’est sa vie privée, ce n’est pas comme s’il avait détourné de l’argent”.À quelques centaines de mètres, un militant tractant pour le candidat écologiste Hacène Chibane veut se montrer positif mais relève que nombre de ses concitoyens lui paraissent “amnésiques”.Cet élu d’opposition depuis 2014, d’abord sans étiquette, s’est fait une spécialité de dénoncer auprès de la justice les pratiques politiques de Jean-Christophe Lagarde, non sans un certain succès.Lundi, l’opposant a fait un signalement au parquet national financier après un article de la Lettre selon lequel Jean-Christophe Lagarde aurait touché “un salaire confortable” comme seul salarié d’un microparti à la “faible activité”.Interrogé par l’AFP à ce sujet, l’ancien maire a refusé de répondre pour “ne pas alimenter un coup tordu de plus” à trois semaines du premier tour, pointant “une instrumentalisation” de la justice.- “Le bordel LFI” -Les adversaires des Lagarde, de gauche comme de droite, dénoncent un “système” à base de “copinage”, de clientélisme et de pressions.Lors d’une réunion de quartier organisée par Hamid Chabani, où l’assemblée a fini par appeler Jean-Christophe Lagarde “le roi”, l’ancien proche a rendu hommage au “courage” de ceux venus l’écouter.Pour se défendre, l’ex-maire fustige la figure du “diable horrible qu’on a construit” à son propos et concentre ses attaques sur le “danger” LFI, seule liste en mesure de le battre, selon lui.”Vous voyez le bordel LFI à l’Assemblée nationale? Vous voulez de ça au conseil municipal?”, demande-t-il aux habitants, critiquant “la ghettoïsation que font subir les villes PC-LFI à leur population”.Le candidat LFI-PCF, Gokhan Unver, né à Drancy et qui, à 32 ans, n’a presque connu que les Lagarde comme maires, répond vouloir “rassembler et apaiser cette ville”, qui a placé LFI en tête aux européennes de 2024 avec environ 38% des voix.Ce contexte pousse les adversaires de l’ancien maire à espérer un second tour, ce qui serait une première depuis 2001, et à craindre une triangulaire, synonyme de dispersion des voix pour les anti-Lagarde.Pour éviter un tel scénario, Hacène Chibane a déjà promis de se désister s’il n’est pas en mesure de l’emporter, espérant que ses adversaires en fassent de même.”Un canard qui se présente face à Jean-Christophe Lagarde, je vote pour lui”, ironise-t-il.

China tightens Japanese trade restrictions as spat worsens

China imposed export restrictions on dozens of Japanese firms on Tuesday that it said were involved in building up Tokyo’s military, escalating a months-long row.The spat between Asia’s top two economies was sparked by comments by Prime Minister Sanae Takaichi in November that Japan could intervene militarily in any attack on self-ruled Taiwan.The measures announced on Tuesday cover exports of “dual-use” items — which can have civilian and military uses — to 20 Japanese entities, including subsidiaries of Mitsubishi Heavy Industries and Japan’s space agency.The commerce ministry added a further 20 Japanese organisations, including automaker Subaru, to a “watch list” requiring stricter reviews of exported items that could be used for military purposes.”The above measures are aimed at curbing Japan’s ‘remilitarisation’ and nuclear ambitions and are completely legitimate, reasonable and lawful,” a commerce ministry statement said.”Honest and law-abiding Japanese entities have nothing to worry about,” it added.A Japanese trade ministry official told AFP that Tokyo would “take appropriate measures” after analysing the impact of the new curbs. Tokyo had strongly protested the measures and demanded they be overturned, according to deputy chief cabinet secretary Kei Sato who called Beijing’s move “absolutely intolerable and extremely regrettable.” Takaichi’s comments on Taiwan, which China views as its territory and has not ruled out taking by force, have enraged Beijing.The most visible consequence is a sharp drop in Chinese visitors to Japan — 61 percent in January — after Beijing warned its citizens against going there.In December, J-15 jets from China’s Liaoning aircraft carrier twice locked radar on Japanese aircraft in international waters near Okinawa, according to Japan.China has reportedly suspended imports of Japanese seafood. Japan’s last two pandas were also returned to China last month.China announced tightened controls on exports to Japan for items with potential military uses in January.This fuelled worries that Beijing may choke supplies of vital rare-earth minerals, some of which are included in China’s list of “dual-use” goods.- Shares tumble -The latest move singles out Japanese industrial heavyweights including shipbuilding and aerospace firms.Shares in Kawasaki Heavy Industries sank almost five percent in Tokyo, while Mitsubishi Heavy Industries shed close to four percent and IHI tumbled nearly seven percent.Several of the firms listed are indeed active in the defence industry, manufacturing kit including ships, fighter jets and missiles for the Japanese military.Japan has been shedding its strict pacifist stance, moving to obtain “counterstrike” capabilities and to ease rules on exporting lethal defence equipment.Takaichi’s government in December approved a record defence budget worth nine trillion yen ($58 billion) for the coming fiscal year to expand its military capabilities.Beijing’s top diplomat Wang Yi said at the Munich Security Conference this month that forces in Japan were seeking to “revive militarism”.Takaichi told parliament on Friday that China was intensifying attempts to change the status quo “by force or coercion” in the East China Sea and the South China Sea.”Strengthening our defence capabilities is essential to protect the lives and peaceful livelihoods of our citizens as we face the most severe and complex security environment since the end of (World War II),” Takaichi said Monday.Japanese firms dealing with China were already struggling with delays in getting approvals, said Noriyuki Kawamura, professor emeritus of Japan-China relations at Nagoya University of Foreign Studies.”With today’s announcement, we can expect the process will be made even more stringent. I believe this will be a huge blow to companies involved,” Kawamura told AFP.Yee Kuang Heng, a professor in international security at the University of Tokyo, said that Japanese firms are major buyers of critical minerals gallium and germanium from China, with gallium nitride used in radar sensors on Japanese warships.”Short-term impact may be limited with a stockpile to cushion the disruptions but if the controls drag on, some damage is possible,” Heng told AFP.

Gentiane jaune et vaches Aubrac, une alliance durable

Sur les plateaux du Massif central, une alliance vertueuse s’est nouée entre les vaches Aubrac et la gentiane jaune, au service de la gestion durable du territoire: l’animal entretient un paysage propice à la plante qui le nourrit.Entre la vache et la “fée jaune”, dont les fleurs colorent les estives au printemps et dont la racine parfume les liqueurs d’une note douce et amère, s’est tissée une riche complémentarité, s’accordent à dire les acteurs de la filière, réunis pour une conférence au Salon de l’Agriculture par l’établissement public FranceAgriMer.”En pâturant en estive, la vache maintient un paysage ouvert”, nécessaire à l’épanouissement de la plante, et l’exploitation de la gentiane “offre un complément de revenu aux éleveurs”, résume Stéphanie Flahaut, représentante de l’association Gentiana Lutea, qui regroupe l’interprofession de la gentiane.Cette plante sauvage, qui peut vivre une cinquantaine d’années et s’épanouit entre 800 et 2.500 mètres d’altitude, pousse sur les massifs montagneux, du nord de la péninsule ibérique jusqu’en Italie ou en Croatie.- Liqueur, pharmacie et cosmétique -Mais la majeure partie de la production mondiale de gentiane – de quelques milliers de tonnes – vient de France, selon une étude de FranceAgriMer de 2015. Et le Massif central est la plus grosse région de production dans le pays.La gentiane peut atteindre 1,5 mètre et présente des fleurs jaunes groupées en étages successifs le long de la tige. Elle est récoltée pour sa racine (d’un poids moyen d’1,5 kg), en général au bout de 20 à 30 ans.La récolte française annuelle de cette plante sauvage est aujourd’hui estimée “entre 2.000 et 2.500 tonnes”, qui trouveront des débouchés “principalement dans le secteur des boissons”, au premier rang desquelles les liqueurs apéritives (Suze, Salers, Avèze, Picon…), mais aussi dans les secteurs pharmaceutique, cosmétique et agroalimentaire.Son exploitation alimente toute une filière, explique Stéphanie Flahaut: les éleveurs et propriétaires des pâturages, qui vendent la gentiane “sur pied” à des “gentianaires” ou arracheurs, lesquels vont à leur tour livrer la racine à des transformateurs.L’arrachage se fait à la main, à l’aide d’un outil spécialement conçu nommé “fourche du diable”, probablement du fait de ses deux dents – ou cornes – mais aussi de la pénibilité de ce travail, qui emploie plus de 100 arracheurs saisonniers.Pour Mathieu Causse, éleveur et président de l’organisme de sélection de la vache Aubrac, la gentiane est “un atout”: la présence de cette plante est “un indicateur de la qualité de l’estive” et aussi de “la bonne gestion de l’éleveur”.- Plante “nuisible” devenue “patrimoniale” -Car, souligne-t-il, “la transhumance permet de valoriser des espaces difficilement mécanisables, à vocation herbagère” et de maintenir la biodiversité des plateaux.La gentiane, le narcisse des poètes ou l’arnica sont en effet des “sentinelles du bon état de conservation des prairies” de montagne et donc d’une meilleure résilience face au changement climatique, relève Johan Gourvil, de l’Office français de la biodiversité.L’idée est de maintenir une exploitation économiquement profitable et raisonnable des prairies, qui représentent “41% de la surface agricole utile du Massif central et un quart de la biodiversité sauvage”.L’équilibre entre la gentiane et l’Aubrac se construit depuis 200 ans: elle était encore considérée par les éleveurs comme une “plante nuisible” aux pâturages au début du 19e siècle, avant d’être reconnue comme une “ressource médicinale” après la Première Guerre mondiale, puis depuis 2019 comme une “ressource patrimoniale à gérer collectivement”, selon une étude de l’ethnobotaniste Claire Mison.Dans la mesure où la récolte est “destructive, puisqu’on arrache la racine”, il faut gérer la ressource avec attention, souligne Stéphanie Flahaut, qui précise que c’est l’une des missions de l’association interprofessionnelle créée en 2014.”Le système est durable tant que les pressions restent modérées”, dit-elle, évoquant notamment le climat: un manque d’eau va ralentir la croissance de la plante, une moindre couverture neigeuse sur les plateaux l’hiver peut détruire les graines de gentiane faute d’un manteau protecteur.