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Pollution de l’air: à New Delhi, ces douteux tests de pluie artificielle

Un “coûteux spectacle”… Dernier d’une longue série d’initiatives parfois baroques, le recours aux pluies artificielles pour tenter de dissiper le brouillard de pollution qui flotte sur la capitale indienne New Delhi est loin de convaincre experts et écologistes.Longtemps retardés, les premiers essais de ce que les spécialistes désignent comme “l’ensemencement des nuages” ont débuté la semaine dernière au-dessus de la mégapole de 30 millions d’habitants, à partir d’un modeste avion de tourisme.La technique consiste à injecter une substance chimique comme l’iodure d’argent dans les nuages pour générer des précipitations qui viendront ensuite laver l’air de ses particules toxiques.A en croire les autorités de la capitale, les premiers tests, réalisés sous la houlette des scientifiques de l’Institut indien de technologie (IIT) de Kanpur (nord), sont loin d’avoir répondu aux attentes.La couverture nuageuse était insuffisante et le taux d’humidité trop faible pour générer des pluies significatives, ont-elles argué.Un échec qui n’a pas découragé Virendra Sachdeva, un responsable du parti du Premier ministre Narendra Modi, qui dirige aussi New Delhi. “Le succès n’est pas toujours au rendez-vous à la première tentative”, a-t-il fait valoir devant la presse.Selon des médias locaux, la municipalité a dépensé plus de 310.000 euros pour ces essais.- “A la source” -Ces dernières années, elle a fait preuve d’une imagination débordante pour faire baisser la pollution atmosphérique, multipliant en vain les mesures aussi coûteuses qu’inefficaces, des drones “arroseurs” aux tours qui diffusent de l’air filtré…La plus grande ville d’Inde baigne en permanence dans un épais brouillard toxique généré par les usines et la circulation automobile, auquel s’ajoutent chaque hiver les fumées des brûlis agricoles des régions environnantes.Ce jeudi encore, la concentration en microparticules PM2.5 — les plus dangereuses car elles se diffusent directement dans le sang — atteignait plus de 20 fois le niveau maximum quotidien recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).Une étude publiée l’an dernier dans la revue médicale The Lancet a estimé à 3,8 millions le nombre d’Indiens morts à cause de la pollution atmosphérique entre 2009 et 2019.Pour la militante écologiste Bhavreen Kandhari, quelques vols de Cessna n’y changeront rien: “Ce n’est qu’en éliminant les sources de la pollution de l’air que nous pourrons la contrôler”.Et même si l’ensemencement des nuages finissait par déclencher des précipitations significatives, ses effets ne seraient que de courte durée.”Les niveaux de pollution remontent presque immédiatement après l’arrêt de la pluie. Nous observons déjà ce phénomène pendant la mousson”, explique Mohan George, du Centre pour la science et l’environnement basé à Delhi.- “Mauvaise application” -“Cette technique ne permet pas de faire pleuvoir là où il n’y a pas d’humidité dans l’air, juste de forcer l’eau à se condenser à un endroit plutôt qu’à un autre”, explique pour sa part le climatologue Daniele Visioni, de l’université Cornell (Etats-Unis).”Il est difficile de savoir si cela serait efficace en cas de forte pollution”, souligne-t-il.Inventé dans les années 1940, l’ensemencement des nuages a été employé dans différents pays pour faire pleuvoir, dissiper le brouillard ou lutter contre la sécheresse, avec un succès très inégal. En 2008, la Chine y a ainsi eu recours pour empêcher la pluie de tomber sur les infrastructures des Jeux olympiques de Pékin.Péremptoires, deux scientifiques de l’IIT de Delhi ne voient dans cette technique qu’un “nouveau gadget”. “C’est un cas d’école de mauvaise application de la science et de mépris de l’éthique”, ont écrit Shahzad Gani et Krishna Achutarao dans le journal The Hindu.Pour eux, les origines de la pollution à New Delhi sont connues, de même que les solutions pour la réduire: le recours à des carburants plus propres, une meilleure gestion des déchets et une application plus stricte des lois antipollution.”Pourtant, au lieu d’insister sur ces priorités, certaines parties de l’écosystème scientifique — chercheurs, conseillers et institutions — prêtent leur crédibilité à un spectacle coûteux qui fera peu pour s’attaquer à l’origine du mal”, déplorent-ils.

Nouvelle ruée vers l’or en Californie, face à l’envolée des cours

Matt James collectionne des pépites d’or et d’autres trésors depuis des années en explorant les montagnes et les rivières de Californie. Mais avec l’envolée actuelle des cours de l’or, ce prospecteur amateur exploite désormais un autre filon: ses réseaux sociaux.”Mes comptes enregistrent définitivement une augmentation de trafic”, sourit ce passionné.Dans une époque incertaine, où Donald Trump chamboule l’économie mondiale avec ses droits de douane et la guerre en Ukraine qui menace la sécurité de l’Europe, le métal précieux joue son rôle de valeur refuge.Ces deux dernières années, son prix a pratiquement doublé pour dépasser les 4.300 dollars en octobre, un niveau jamais vu.Dans le “Golden State”, célèbre pour sa ruée vers l’or au 19e siècle, beaucoup s’improvisent soudainement prospecteurs et tombent sur les vidéos de M. James, où il partage le savoir et les outils nécessaires pour se lancer. De quoi lui apporter des revenus supplémentaires, grâce au trafic de sa chaîne Youtube et aux commissions sur la vente du matériel qu’il promeut.”Je ne deviens pas riche, mais cela finance mon passe-temps et ma passion, et cela paie mon équipement”, explique à l’AFP ce chef de projet.A 34 ans, il sait bien que la fièvre minière de 1849 – qui a vu des milliers d’hommes du monde entier débarquer en Californie pour exploiter le fameux “filon mère” – n’est plus d’actualité. Mais il n’a pas abandonné l’espoir de trouver “la grosse pépite”.”La question que tout le monde pose toujours, c’est où trouver de l’or? Malheureusement, c’est la question à laquelle personne ne veut répondre”, explique-t-il. “L’or est très, très difficile à trouver, et tout le monde veut garder cela secret”.Fini le temps ou un simple tamis permettait de faire fortune. Aujourd’hui, il faut des outils de plus en plus spécialisés pour déterrer l’or, insiste-t-il.- “Croissance énorme” -La demande pour ces détecteurs de métaux qui peuvent coûter plusieurs milliers de dollars est en train d’exploser, selon Cody Blanchard, qui surfe sur ce boom avec sa micro-entreprise Heritage Gold Rush.”J’ai vu une croissance énorme (des ventes) en peu de temps”, témoigne cet éboueur, qui a transformé sa passion en business et propose des excursions guidées pour prospecter.Son matériel spécialisé lui a progressivement permis d’augmenter ses rendements. “Cette année, je suis probablement au-dessus de trois onces d’or” découvertes, raconte-t-il, contre “entre une demi-once et une once” à ses débuts.L’amélioration de ses performances renforce l’attractivité de ses outils. A tel point que ses ventes lui rapportent désormais plus que le fruit de sa prospection.L’engouement se confirme aussi dans le parc de Columbia, où boutiques, restaurants et musées installés dans des bâtiments d’époque rappellent les heures de gloire de la ruée vers l’or.L’endroit est habitué à accueillir de nombreux touristes, locaux comme internationaux. Mais ces derniers mois, de plus en plus de personnes tentent leur chance avec des tamis dans la rivière locale, selon Nikaila DeLorenzi, patron de la Matelot Gulch Mining Company.Les récents incendies dans la région “favorisent l’érosion”, constate-t-il. “Il y a beaucoup de sédiments qui descendent la rivière. Donc, il y a de très bonnes opportunités pour chercher de l’or”.Et avec l’once à plus de 4.000 dollars, “les gens pensent que c’est un excellent passe-temps qui peut rapporter quelque chose”, poursuit-il.Un sentiment partagé par Charlene Hernandez, venue se relaxer en tamisant en famille.”L’or est vraiment quelque chose en quoi on peut avoir confiance, qui a été assez solide”, rappelle cette Américaine.Avec son retour comme valeur refuge sur les marchés, “il pourrait y avoir une ruée vers l’or différente de celle que nous avons appris dans nos livres d’histoire”, croit-elle.

“In Waves and War”, l’odyssée de vétérans traumatisés, convertis aux psychédéliques

Aux Etats-Unis, l’épidémie de suicides parmi les ex-militaires est une hécatombe tristement banale, que les antidépresseurs échouent à endiguer. Mais un documentaire esquisse un nouvel espoir, en chroniquant la rédemption de soldats d’élite qui ont vaincu leur stress post-traumatique grâce aux psychédéliques.”Nous ne sommes pas scientifiques, nous ne savons pas exactement ce qui se produit”, confie à l’AFP Jon Shenk, co-réalisateur d'”In Waves and War” avec sa femme, Bonni Cohen. “Mais il semble vraiment qu’il y ait un truc.”Disponible lundi sur Netflix, leur documentaire retrace l’odyssée de trois colosses retraités des Navy SEALS – l’équivalent américain des Commandos Marine -, confrontés aux cicatrices invisibles laissées par leurs multiples missions en Irak et en Afghanistan.Après des années passées sous le feu ennemi, ces vétérans sont prisonniers d’un autre champ de bataille, peuplé de nouveaux démons: stress post-traumatique, lésions cérébrales, dépression et alcoolisme.Le cocktail d’antidépresseurs qu’on leur prescrit s’avère inefficace, leur famille ne les reconnaît plus et tous “atteignent en quelque sorte un point de rupture”, résume Bonni Cohen. De quoi les décider à s’engager dans un traitement expérimental au Mexique, basé sur deux drogues psychédéliques: l’ibogaïne, extraite d’un arbuste africain, et la 5-MeO-DMT, tirée des sécrétions d’un crapaud américain. – “Redémarrage complet” -“C’est comme un redémarrage complet”, raconte à l’AFP Marcus Capone, l’ex-soldat qui sert de clé de voûte au documentaire. “Cela te ramène en quelque sorte à ton vrai toi, avant que tu n’aies eu de véritables galères ou problèmes dans ta vie.”Combiné à des séances de thérapie, ce traitement “amène de l’espoir aux désespérés”, estime sa femme, Amber Capone. Avec son association VETS, le couple a emmené environ 1.200 vétérans américains se soigner au Mexique depuis 2019, grâce à ces substances illégales aux Etats-Unis et dans la plupart des pays du monde. En gagnant leur confiance, les documentaristes ont pénétré une communauté où le secret et la rectitude morale sont des valeurs cardinales. A l’instar de Matty Roberts, l’un des principaux protagonistes, les patients sont souvent sceptiques face à l’utilisation de substances historiquement associées aux frasques de la contre-culture américaine.”Si cette dinguerie de hippie aide, si cela a aidé mes amis, alors peut-être que je devrais essayer”, soupire à l’écran ce vétéran.Sa libération n’en est que plus spectaculaire. Avec d’autres patients, il est filmé dans ses moments les plus vulnérables, lorsque les drogues provoquent nausées, râles et pleurs.Ces instants intimes sont complétés par des séquences d’animation, illustrant les voyages intérieurs des vétérans à travers les coins sombres de leur inconscient et leurs blessures intimes.- “Plus de recherches” -Ces dernières années, le potentiel thérapeutique de substances psychédéliques comme la psilocybine – contenue dans les champignons hallucinogènes -, le LSD, ou la MDMA, pour lutter contre certaines formes résistantes de dépression ou d’addictions, a provoqué un regain d’intérêt des scientifiques.Le documentaire montre des chercheurs de Stanford, intrigués par l’amélioration de la santé mentale des vétérans. Mais il ne s’épanche pas sur la manière dont ces drogues reconfigurent le cerveau, où leurs dangers potentiels – l’ibogaïne comporte par exemple des risques cardiaques.”Nous voulions faire un film émouvant qui éveille l’attention”, assume Bonni Cohen, en rappelant que les études “en sont juste à leurs débuts”.Les vétérans, eux, espèrent que leur parcours permettra de faire évoluer le cadre réglementaire, pour mieux étudier ces drogues.”Nous avons besoin qu’il y ait plus de recherches sur tous ces médicaments”, insiste Marcus Capone.”Nous ne disons pas que nous voulons décriminaliser ces substances, les légaliser, les rendre disponibles dans un cadre religieux”, complète Amber Capone, soucieuse d’éviter toute “confusion”.”Ce que nous disons, c’est: +élargissons les données, réduisons les barrières à la recherche pour que nous puissions (…) mieux comprendre si ces thérapies sont viables+”, ajoute-t-elle.Un plaidoyer qui résonne au-delà des lignes partisanes aux Etats-Unis. L’Oregon et le Colorado démocrates autorisent depuis peu l’usage supervisé de psilocybine et cet été, le Texas républicain a adopté une loi pour investir 50 millions de dollars de fonds publics dans la recherche sur l’ibogaïne.

Trump accuse le Nigeria de “tolérer les meurtres de chrétiens” et menace le pays d’une action militaire

Donald Trump a menacé samedi le Nigeria d’une intervention militaire si le pays le plus peuplé d’Afrique n’arrêtait pas ce que le président américain prétend être des “meurtres de chrétiens” par des “terroristes islamistes”, des accusations démenties par Abuja.Ces menaces interviennent après des mois de lobbying de la part d’élus américains conservateurs qui estiment que …

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Pessimistes, les Français dépensent au compte-gouttes

“Les Français broient du noir”: les ménages consomment moins qu’ailleurs en Europe, rendus frileux par l’incertitude politique qui bride ce moteur essentiel de l’économie, déjà ébranlé par la pandémie et le choc inflationniste. Alimentation, électroménager, voitures, téléphonie mobile, etc. Face aux gouvernements qui se succèdent depuis mi-2024, les ménages réfrènent leurs dépenses. Or, celles-ci pèsent environ la moitié de la richesse produite annuellement en France. “La consommation déçoit depuis plusieurs trimestres”, progressant moins vite que le pouvoir d’achat, constate Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture de l’Institut national de la statistique (Insee), interrogé par l’AFP.Les biens sont davantage affectés que les services, note-t-il, citant l’alimentation où la baisse cumulée est “de l’ordre de 8% depuis 2022”, quand les prix se sont envolés après l’invasion russe de l’Ukraine. “C’est du jamais-vu depuis qu’on fait des statistiques à l’Insee”.Les Français consomment moins de fruits, légumes et viande frais, jugés plus chers, et davantage d’oeufs, pâtes ou plats préparés. Les achats textiles souffrent aussi, ou l’automobile du fait d’un attentisme technologique. Si ce phénomène est observé depuis la crise sanitaire – magasins et restaurants étaient fermés – puis la crise inflationniste, la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 a causé une nouvelle commotion. – Taux d’épargne record -“Les Français broient du noir. Relativement à leurs voisins, ils sont beaucoup plus pessimistes”, souligne Dorian Roucher.Une perception pourtant déconnectée de la réalité (salaires en hausse, résistance du marché du travail, etc.): “c’est psychologique”, relève Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade. Dans sa note de conjoncture de septembre, l’Insee constatait que “la confiance des ménages qui se redressait tendanciellement jusqu’à l’été 2024 recule presque continûment depuis”.  “Leurs gains de pouvoir d’achat ont été plus importants qu’ailleurs en Europe”, du fait d’une inflation plus faible, attendue à 1% en moyenne annuelle en 2025, “mais leurs achats y sont moins dynamiques et le taux d’épargne bat chaque trimestre un nouveau record à la hausse.”Alors que des débats budgétaires houleux agitent l’Assemblée, l’horizon reste brumeux. Ce climat d’incertitude a pu être accentué par des tensions commerciales et géopolitiques à l’international. La consommation des ménages ralentirait à +0,5% cette année, après +1,0% en 2024 (contre +0,8% et +2,5% pour le pouvoir d’achat), selon l’institut statistique. En conséquence, le taux d’épargne – la part non consommée du revenu – augmenterait encore, contrairement aux autres pays européens. Il atteindrait 18,5% sur l’année (après 18,2%), un record en 45 ans hors crise sanitaire, alors qu’il était resté stable autour de 15% auparavant.Selon Dorian Roucher, la hausse du taux d’épargne a été portée pour moitié par celle des revenus du patrimoine (assurance vie, livrets, etc.) sur fond de taux d’intérêts en hausse. Les prestations sociales ont aussi été indexées sur une inflation forte. Ainsi, en 2024, les deux tiers de la hausse du taux d’épargne avaient été alimentés par les retraités, qui ont épargné leurs pensions revalorisées. – Pas de “rattrapage” -Pour l’autre moitié, il y a “une espèce de pessimisme spécifique en France depuis l’été 2024, qui ne cesse de s’empirer”, lié à “un effet incertitude”, développe le statisticien. Cette parcimonie bride la croissance, la privant notamment de recettes supplémentaires comme la TVA. Au troisième trimestre, la croissance française a surpris positivement (+0,5%), mais la consommation des ménages a progressé plus timidement, de 0,1% comme au deuxième trimestre. Aucun redémarrage marqué n’est attendu d’ici la fin de l’année. Leurs investissements ont reculé de 0,4% sur la période, surtout dans le logement neuf.  “Il manque cet ingrédient-là pour que la croissance s’établisse sur des bases solides”, estime Maxime Darmet. Stéphane Colliac, économiste de BNP Paribas, ne croit pas à un retour à la tendance d’avant-Covid. Le taux d’épargne refluerait autour de 17% fin 2027 et la consommation augmenterait de 1% annuellement, “et pas 1,5% en moyenne comme avant”. Il exclut “un effet de rattrapage: le taux d’épargne élevé n’est pas une réserve d’argent qu’on consommera plus tard”.  Outre des effets démographiques, certains changements de comportements semblent pérennes: moindre consommation d’énergie par des Français sensibilisés à la sobriété depuis la flambée des prix, appétit croissant pour la restauration à emporter ou motivation écologique. 

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Hautes-Alpes: l’ex-station de ski de Céüze rend son site à la nature

L’ex-station de ski de Céüze (Hautes-Alpes), à l’arrêt depuis plusieurs années faute d’or blanc et de rentabilité, va commencer à partir de la semaine prochaine à démanteler ses vieux téléskis pour rendre le site à la nature.Située à une altitude comprise entre 1.550 et 2.000 mètres et confrontée à un “enneigement devenu de plus en plus incertain”, cette petite station familiale proche de Gap verra à partir de mardi s’abattre les quelque 25 pylônes qui permettaient jadis à ses huit téléskis de fonctionner. Le démontage, qui sera mené par une entreprise de travaux publics et devrait durer près de deux mois, est le fruit d’un “choix mûri et partagé”, faisant suite à “plus de dix années de réflexion et de concertation”, a indiqué dans un communiqué la communauté de communes Buëch-Dévoluy, qui gérait le domaine.”Il a fallu prendre le temps nécessaire à cette décision irréversible du démontage: à la fois sur le plan administratif, mais aussi d’un point de vue de l’acceptation sociale”, a indiqué Michel Ricou-Charles, président de la communauté de communes, cité dans le communiqué. Si, “aujourd’hui chacun a fait son deuil” de la station de ski, “c’est un massif qui continue de vivre. On n’est pas sur une station fantôme !”, a-t-il ajouté.La station, où une dizaine de personnes réside à l’année, mise désormais sur les activités de pleine nature comme la randonnée, les raquettes, le ski de randonnée, le VTT ou encore l’escalade, avec ses spectaculaires falaises prisées des grimpeurs de très haut niveau.Créé à partir des années 1930, le domaine skiable de Gap Céüze 2000 avait ouvert ses remontées mécaniques une dernière fois durant l’hiver 2017-2018 avant de jeter l’éponge, victime du manque d’enneigement mais aussi d’un matériel vieillissant et d’une baisse de fréquentation.”C’est bien que ce soit démantelé, on attend ça depuis longtemps”, a déclaré par téléphone à l’AFP Nathalie Ghesquiere, gérante du gîte La Montagne, situé à quelques kilomètres de l’ancienne station. En l’état, “c’est moche et écologiquement pas top (…) L’hiver, il y a plein de gens qui font du ski de rando, de la raquette” et une fois les installations retirées, “ça ne peut être que plus joli, donc c’est très bien”, estime-t-elle. Elle-même se déclare “pas du tout inquiète” pour l’attractivité touristique du site, même si “beaucoup de personnes sont tristes que ça ne tourne plus”. – Appel à “faire des petits” -L’opération de démontage des remontées mécaniques, dotée d’un budget de 137.000 euros voté en septembre 2024, a été précédée d’une étude faune-flore sur le site. Elle a pour ambition de “retirer de la manière la plus vertueuse du site toute source de danger ou de pollution induite par les anciennes installations”, indique la communauté de communes.L’association de défense de l’environnement Mountain Wilderness, active depuis 2001 dans le démontage bénévole d'”installations obsolètes” et notamment de déchets liés à l’industrie du ski, a apporté son expertise au chantier, a indiqué à l’AFP l’un de ses porte-parole, Jean Gaboriau.Une fois abattus, les pylônes et autres matériaux de Céüze devraient être héliportés afin d’éviter de “labourer le terrain” avec de gros engins et finiront en partie réemployés par une autre station, ou à la ferraille (90 tonnes estimées).”On se réjouit que la communauté de communes prenne en charge (le chantier). On aimerait bien que ça fasse des petits, que ça essaime” dans d’autres sites, souligne-t-il. Mountain Wilderness, qui a déjà démonté une vingtaine de vieilles remontées mécaniques, en recense plus d’une centaine d’autres abandonnées à la rouille dans les massifs français, ainsi que des milliers de déchets militaires, industriels, forestiers ou agricoles.  En France, au moins 186 stations de ski, principalement des “micro-domaines”, ont définitivement fermé depuis leur création pour des raisons avant tout économiques selon le chercheur Pierre-Alexandre Metral, doctorant en géographie à l’université de Grenoble, dont la thèse est consacrée au sujet.

Hautes-Alpes: l’ex-station de ski de Céüze rend son site à la nature

L’ex-station de ski de Céüze (Hautes-Alpes), à l’arrêt depuis plusieurs années faute d’or blanc et de rentabilité, va commencer à partir de la semaine prochaine à démanteler ses vieux téléskis pour rendre le site à la nature.Située à une altitude comprise entre 1.550 et 2.000 mètres et confrontée à un “enneigement devenu de plus en plus incertain”, cette petite station familiale proche de Gap verra à partir de mardi s’abattre les quelque 25 pylônes qui permettaient jadis à ses huit téléskis de fonctionner. Le démontage, qui sera mené par une entreprise de travaux publics et devrait durer près de deux mois, est le fruit d’un “choix mûri et partagé”, faisant suite à “plus de dix années de réflexion et de concertation”, a indiqué dans un communiqué la communauté de communes Buëch-Dévoluy, qui gérait le domaine.”Il a fallu prendre le temps nécessaire à cette décision irréversible du démontage: à la fois sur le plan administratif, mais aussi d’un point de vue de l’acceptation sociale”, a indiqué Michel Ricou-Charles, président de la communauté de communes, cité dans le communiqué. Si, “aujourd’hui chacun a fait son deuil” de la station de ski, “c’est un massif qui continue de vivre. On n’est pas sur une station fantôme !”, a-t-il ajouté.La station, où une dizaine de personnes réside à l’année, mise désormais sur les activités de pleine nature comme la randonnée, les raquettes, le ski de randonnée, le VTT ou encore l’escalade, avec ses spectaculaires falaises prisées des grimpeurs de très haut niveau.Créé à partir des années 1930, le domaine skiable de Gap Céüze 2000 avait ouvert ses remontées mécaniques une dernière fois durant l’hiver 2017-2018 avant de jeter l’éponge, victime du manque d’enneigement mais aussi d’un matériel vieillissant et d’une baisse de fréquentation.”C’est bien que ce soit démantelé, on attend ça depuis longtemps”, a déclaré par téléphone à l’AFP Nathalie Ghesquiere, gérante du gîte La Montagne, situé à quelques kilomètres de l’ancienne station. En l’état, “c’est moche et écologiquement pas top (…) L’hiver, il y a plein de gens qui font du ski de rando, de la raquette” et une fois les installations retirées, “ça ne peut être que plus joli, donc c’est très bien”, estime-t-elle. Elle-même se déclare “pas du tout inquiète” pour l’attractivité touristique du site, même si “beaucoup de personnes sont tristes que ça ne tourne plus”. – Appel à “faire des petits” -L’opération de démontage des remontées mécaniques, dotée d’un budget de 137.000 euros voté en septembre 2024, a été précédée d’une étude faune-flore sur le site. Elle a pour ambition de “retirer de la manière la plus vertueuse du site toute source de danger ou de pollution induite par les anciennes installations”, indique la communauté de communes.L’association de défense de l’environnement Mountain Wilderness, active depuis 2001 dans le démontage bénévole d'”installations obsolètes” et notamment de déchets liés à l’industrie du ski, a apporté son expertise au chantier, a indiqué à l’AFP l’un de ses porte-parole, Jean Gaboriau.Une fois abattus, les pylônes et autres matériaux de Céüze devraient être héliportés afin d’éviter de “labourer le terrain” avec de gros engins et finiront en partie réemployés par une autre station, ou à la ferraille (90 tonnes estimées).”On se réjouit que la communauté de communes prenne en charge (le chantier). On aimerait bien que ça fasse des petits, que ça essaime” dans d’autres sites, souligne-t-il. Mountain Wilderness, qui a déjà démonté une vingtaine de vieilles remontées mécaniques, en recense plus d’une centaine d’autres abandonnées à la rouille dans les massifs français, ainsi que des milliers de déchets militaires, industriels, forestiers ou agricoles.  En France, au moins 186 stations de ski, principalement des “micro-domaines”, ont définitivement fermé depuis leur création pour des raisons avant tout économiques selon le chercheur Pierre-Alexandre Metral, doctorant en géographie à l’université de Grenoble, dont la thèse est consacrée au sujet.

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Dans le marais de Brière, des chênes enfouis témoins de l’histoire du climat

A près d’un mètre de profondeur, au fond d’un trou creusé à la pelle dans la tourbe du marais de Brière (Loire-Atlantique), gît un tronc âgé de plusieurs milliers d’années, témoin paléontologique d’une forêt disparue et de l’histoire du climat.Agenouillés dans la tranchée qu’ils viennent de creuser, deux couteliers extraient un tronc de chêne en cours de fossilisation, appelé morta. Matériau noble de l’artisanat local, il est aussi étudié par des chercheurs comme vestige archéologique.Au Néolithique, une forêt aujourd’hui disparue bordait la Brière. Progressivement noyés par la remontée des niveaux d’eau, les chênes enfouis ont été conservés par la terre humide.L’atelier JHP, installé en bordure de ces 30.000 hectares tapissés de jussie et de roseaux, extrait chaque année quelques-uns de ces troncs couleur ébène pour y tailler des manches de couteaux, sous le sceau d’un accord avec la commission syndicale qui gère une partie du marais.”C’est un bois solide, résistant, qui a été utilisé dans le temps pour fabriquer des charpentes”, raconte Aymeric Lavauzelle, coutelier de l’atelier JHP, les bras maculés de terre.- Modèles climatiques -Cette année, dans le cadre d’un projet de géoarchéologie mené par des chercheurs du conseil départemental de Loire-Atlantique, l’atelier enverra un échantillon de chaque tronc pour analyse et datation.”Les arbres, notamment les chênes, à travers leurs cernes, enregistrent les variations de l’environnement. C’est un petit peu comme si vous aviez un enregistrement de la météo de l’époque”, explique le géoarchéologue Yann Le Jeune. “Cela nous permet de reconstituer l’histoire du climat et de l’environnement, et même d’alimenter des modèles qui servent à comprendre comment pourrait évoluer le climat.”Pour trouver les troncs, les artisans de l’atelier JHP parcourent le marais chaque automne – quand le niveau d’eau n’est pas encore trop haut -, enfonçant à chaque pas de fines sondes en inox dans la tourbe. Lorsqu’ils rencontrent une résistance, ils se rassemblent pour creuser. Ce matin d’octobre, Aymeric Lavauzelle et ses collègues ont entrepris de déterrer un tronc de près de quatre mètres de long.Une fois détouré puis dégagé, il est excavé à l’aide d’un palan fixé à trois poteaux de châtaignier, et tronçonné pour être transporté jusqu’à l’atelier.- Ressource -L’association fondée par les quelques artisans locaux qui travaillent ce morta tente d’obtenir une indication géographique auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), afin que le nom morta soit réservé au chêne enfoui du marais de Brière.”Il y a quelques années, on a vu arriver sur le marché des chênes de marais polonais, ou lituaniens, vendus sous le nom de morta. Le morta est un chêne des marais mais tous les chênes de marais ne sont pas du morta”, défend Jean-Henri Pagnon, fondateur il y a près de quinze ans de l’atelier JHP.Le président du parc régional naturel de Brière, Eric Provost, a par ailleurs récemment demandé à rencontrer la direction régionale des affaires culturelles (Drac) des Pays de la Loire pour évoquer la protection du morta, ressource par essence limitée.Il s’agira d’examiner “s’il y a un sujet ou pas de protection de la ressource, si l’on peut continuer de l’administrer localement, puis voir comment on fait en sorte qu’elle soit durable, dans la quantité disponible, comment on fait en sorte qu’il y ait une visibilité sur une exploitation équilibrée”, explique-t-il.La saison d’extraction terminée, les couteliers retrouvent à plein temps leur atelier. Le morta sèchera trois ans avant d’être travaillé.