Londres dégaine le sécateur budgétaire

Les impopulaires hausses d’impôts de l’automne n’auront pas suffi: plombée par une économie qui ne décolle pas, la ministre britannique des Finances Rachel Reeves va détailler mercredi de nouvelles coupes franches dans les budgets publics, pour tenter d’équilibrer les comptes.Le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer navigue en eaux troubles: outre une croissance en berne, il doit composer avec les taux d’emprunts élevés de la dette britannique, l’augmentation annoncée des dépenses militaires et les menaces de guerre commerciale de Donald Trump.Rare bonne nouvelle pour Mme Reeves, l’inflation dans le pays a connu un ralentissement surprise en février, à 2,8% sur un an, grâce à des baisses de prix dans l’habillement, selon des chiffres officiels publiés mercredi matin. Les analystes prévoyaient que le chiffre se maintiendrait à 3%.”Le monde a changé”, martèle la ministre depuis des semaines. Comprendre: le budget déjà serré du Royaume-Uni, présenté en octobre, n’est plus tenable.”Le rôle d’un gouvernement responsable ne se limite pas à observer ce changement”, il doit être “actif, engagé pour assurer l’avenir” du pays, a fait valoir Mme Reeves mardi soir dans un communiqué consacrant une hausse de 2,2 milliards de livres (2,6 milliards d’euros) du financement annuel de la défense.- Discipline de fer -Mais c’est surtout sur les coupes budgétaires que la chancelière de l’Echiquier, son titre officiel, est attendue de pied ferme mercredi, peu après midi, pour sa traditionnelle “déclaration de printemps”, une mise à jour économique et budgétaire.Avocate d’une discipline de fer sur les finances publiques, elle a déjà rejeté les critiques affirmant que ses choix budgétaires signent un retour à l’austérité – référence aux coupes douloureuses imposées en 2010, du temps des conservateurs.Mais face au mécontentement venant de ses propres rangs, le gouvernement de centre-gauche s’est efforcé de déminer le terrain, en étalant au compte gouttes les mauvaises nouvelles.Cinq milliards de livres d’économies annuelles dans les allocations pour personnes handicapées et malades de longue durée ont ainsi été présentées la semaine dernière.Mme Reeves a aussi confirmé pendant le week-end une réduction de 15% des coûts de fonctionnement de l’administration centrale d’ici 2030, pour économiser à terme plus de 2 milliards de livres par an -elle vise 10.000 postes en moins.La presse britannique s’attend par ailleurs à un coup de rabot sur les augmentations prévues des dépenses publiques dans les années qui viennent, ce qui pourrait représenter 5 milliards de livres d’économies supplémentaires.Pour apaiser l’opinion, le gouvernement met en avant l’augmentation des moyens à destination du NHS, le système public de santé défaillant, ou encore une ambitieuse réforme du droit du travail au bénéfice des salariés.L’exécutif a aussi voulu contrebalancer ces mesures en annonçant mardi qu’il injecterait 2 milliards de livres (2,4 milliards d’euros) dans la construction de logements abordables.- Difficile à avaler -Mais les coupes budgétaires sont difficiles à avaler pour de nombreux députés travaillistes, d’autant que le gouvernement avait déjà pris la décision controversée de supprimer, avant l’hiver, une aide au chauffage pour les retraités.”Nous ne pouvons pas prétendre qu’il n’y a pas d’austérité (…) si nous allons enlever autant d’argent dans l’aide sociale”, s’est insurgé le député travailliste Brian Leishman, cité lundi dans le magazine politique écossais Holyrood.Le budget présenté par Mme Reeves en octobre, avec une forte hausse des cotisations patronales et des emprunts exceptionnels pour investir et relancer la croissance, avait aussi suscité l’ire des patrons et provoqué la nervosité des marchés.L’exécutif a fait de la croissance sa priorité, mais celle-ci ne décolle pas depuis le retour des travaillistes au pouvoir en juillet. Le produit intérieur brut (PIB) s’est affiché en recul de 0,1% en janvier.Mercredi, l’organisme public de prévision budgétaire, l’OBR, dévoilera ses dernières projections pour l’économie britannique.Mais malgré la bonne nouvelle sur l’inflation, celle-ci reste nettement supérieure à la cible de 2% et “il est peu probable que la Chancelière annonce (mercredi) quoi que ce soit pour apaiser les craintes concernant l’économie britannique”, estime Lindsay James, de Quilter Investors.Rachel Reeves “a encore besoin d’un miracle économique” avant le prochain budget, l’automne prochain, abonde Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Les impopulaires hausses d’impôts de l’automne n’auront pas suffi: plombée par une économie qui ne décolle pas, la ministre britannique des Finances Rachel Reeves va détailler mercredi de nouvelles coupes franches dans les budgets publics, pour tenter d’équilibrer les comptes.Le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer navigue en eaux troubles: outre une croissance en berne, il doit composer avec les taux d’emprunts élevés de la dette britannique, l’augmentation annoncée des dépenses militaires et les menaces de guerre commerciale de Donald Trump.Rare bonne nouvelle pour Mme Reeves, l’inflation dans le pays a connu un ralentissement surprise en février, à 2,8% sur un an, grâce à des baisses de prix dans l’habillement, selon des chiffres officiels publiés mercredi matin. Les analystes prévoyaient que le chiffre se maintiendrait à 3%.”Le monde a changé”, martèle la ministre depuis des semaines. Comprendre: le budget déjà serré du Royaume-Uni, présenté en octobre, n’est plus tenable.”Le rôle d’un gouvernement responsable ne se limite pas à observer ce changement”, il doit être “actif, engagé pour assurer l’avenir” du pays, a fait valoir Mme Reeves mardi soir dans un communiqué consacrant une hausse de 2,2 milliards de livres (2,6 milliards d’euros) du financement annuel de la défense.- Discipline de fer -Mais c’est surtout sur les coupes budgétaires que la chancelière de l’Echiquier, son titre officiel, est attendue de pied ferme mercredi, peu après midi, pour sa traditionnelle “déclaration de printemps”, une mise à jour économique et budgétaire.Avocate d’une discipline de fer sur les finances publiques, elle a déjà rejeté les critiques affirmant que ses choix budgétaires signent un retour à l’austérité – référence aux coupes douloureuses imposées en 2010, du temps des conservateurs.Mais face au mécontentement venant de ses propres rangs, le gouvernement de centre-gauche s’est efforcé de déminer le terrain, en étalant au compte gouttes les mauvaises nouvelles.Cinq milliards de livres d’économies annuelles dans les allocations pour personnes handicapées et malades de longue durée ont ainsi été présentées la semaine dernière.Mme Reeves a aussi confirmé pendant le week-end une réduction de 15% des coûts de fonctionnement de l’administration centrale d’ici 2030, pour économiser à terme plus de 2 milliards de livres par an -elle vise 10.000 postes en moins.La presse britannique s’attend par ailleurs à un coup de rabot sur les augmentations prévues des dépenses publiques dans les années qui viennent, ce qui pourrait représenter 5 milliards de livres d’économies supplémentaires.Pour apaiser l’opinion, le gouvernement met en avant l’augmentation des moyens à destination du NHS, le système public de santé défaillant, ou encore une ambitieuse réforme du droit du travail au bénéfice des salariés.L’exécutif a aussi voulu contrebalancer ces mesures en annonçant mardi qu’il injecterait 2 milliards de livres (2,4 milliards d’euros) dans la construction de logements abordables.- Difficile à avaler -Mais les coupes budgétaires sont difficiles à avaler pour de nombreux députés travaillistes, d’autant que le gouvernement avait déjà pris la décision controversée de supprimer, avant l’hiver, une aide au chauffage pour les retraités.”Nous ne pouvons pas prétendre qu’il n’y a pas d’austérité (…) si nous allons enlever autant d’argent dans l’aide sociale”, s’est insurgé le député travailliste Brian Leishman, cité lundi dans le magazine politique écossais Holyrood.Le budget présenté par Mme Reeves en octobre, avec une forte hausse des cotisations patronales et des emprunts exceptionnels pour investir et relancer la croissance, avait aussi suscité l’ire des patrons et provoqué la nervosité des marchés.L’exécutif a fait de la croissance sa priorité, mais celle-ci ne décolle pas depuis le retour des travaillistes au pouvoir en juillet. Le produit intérieur brut (PIB) s’est affiché en recul de 0,1% en janvier.Mercredi, l’organisme public de prévision budgétaire, l’OBR, dévoilera ses dernières projections pour l’économie britannique.Mais malgré la bonne nouvelle sur l’inflation, celle-ci reste nettement supérieure à la cible de 2% et “il est peu probable que la Chancelière annonce (mercredi) quoi que ce soit pour apaiser les craintes concernant l’économie britannique”, estime Lindsay James, de Quilter Investors.Rachel Reeves “a encore besoin d’un miracle économique” avant le prochain budget, l’automne prochain, abonde Kathleen Brooks, analyste chez XTB.