Comment concilier développement économique, décarbonation et préservation du cadre de vie ? La Commission nationale du débat public (CNDP) a donné mercredi le coup d’envoi d’un débat inédit de trois mois sur l’avenir industriel de la région de Fos-Berre.”C’est inédit, c’est la première fois qu’est organisé en France un débat d’une telle ampleur, géographique mais aussi thématique”, a lancé le préfet des Bouches-du-Rhône et de la région Paca, Georges-François Leclerc devant 500 personnes réunies dans une salle polyvalente de Fos-sur-Mer ou présentes en visioconférence.Syndicalistes, viticulteurs, militants de l’environnement, lycéens, riverains, ils ont fait part aux élus, industriels ou représentants de l’Etat de leurs questionnements, doutes ou craintes face aux nombreux projets qui doivent permettre de conjuguer réindustrialisation et décarbonation dans la deuxième zone industrielle la plus polluante du pays, à 50 kilomètres de Marseille.Selon la CNDP, une quarantaine de projets industriels (hydrogène, acier, chimie…) ou d’infrastructures (électricité, transport, logistique…) devraient contribuer à la transition de ce territoire, situé notamment sur les emprises du Grand Port de Marseille et qui produit un quart des émissions industrielles de CO2 de l’Hexagone.Au total, près de 20 milliards d’euros d’investissements potentiels sont attendus, avec à la clé la promesse de 10.000 emplois directs.Réunions publiques, débats mobiles, ateliers, ciné-débats, webinaires: inauguré à Fos, épicentre de la zone industrialo-portuaire choisie par l’Etat pour devenir, avec Dunkerque (Nord), une des premières “zones industrielles bas carbone”, le débat se poursuivra jusqu’au 13 juillet sous des formes variées, avec une plateforme participative en ligne où seront présentés l’ensemble des projets, études et contributions.Pas moins de 17 rencontres territoriales ou thématiques sont prévues dans 13 villes des Bouches-du-Rhône, du Gard et des Alpes-de-Haute-Provence.- “Pas un référendum “-Parmi les principaux enjeux figurent la sécurisation de l’approvisionnement électrique du bassin de Fos, qui devrait passer par la construction d’une ligne à très haute tension (THT), mais aussi la préservation d’espaces naturels riches en biodiversité.”On ne s’oppose ni à la réindustralisaton ou à la décarbonation de la zone de Fos, nous nous opposons au tracé de la THT tel que présenté et proposons des alternatives. Nous espérons que les jeux ne sont pas faits pour la ligne aérienne THT, sinon nous nous retrouverons devant les tribunaux et ce serait dommage !”, a averti d’emblée un porte-parole du collectif “Stop THT 13-30”.Face à la vive opposition suscitée par cette ligne aérienne de 65 km , qui doit traverser une partie des Alpilles et de la Camargue, deux débats sont annoncés à Beaucaire (Gard) et Arles (Bouches-du-Rhône). “Il n’y aura pas les bons et les méchants. Je prends l’engagement de ne pas passer en force”, a promis le préfet.”Il ne faut pas qu’on soit en opposition permanente, a réagi un syndicaliste docker CGT. Il faut parler de l’avenir pour les jeunes, quels emplois, quels débouchés pour qu’on ne les retrouvent pas sur des points de deal!”.”C’est pas un bonbon rose, ce sont toujours plus d’usines, plus de trafic, plus de pylônes EDF, plus grands, plus hauts, c’est une transformation majeure du territoire, avec 50 projets planifiés qui impacteront durablement le cadre de vie de la population”, a rétorqué le responsable d’une association d’habitants de Fos.Un lycéen a réclamé “plus d’informations sur les futurs emplois proposés et formations souhaitées”, soulignant qu”ici, les entreprises sont classées Seveso donc c’est très difficile pour les stages…”.Tour à tour, préfet, responsables des collectivités territoriales, du Grand port maritime de Marseille, représentants d’industriels ont tenté de répondre aux nombreuses inquiétudes.”L’ensemble des positions et argumentations exprimées lors des débats seront prises en compte”, a assuré la présidente du Débat public Fos-Berre Provence, Audrey Richard-Ferroudji, en soulignant “l’indépendance” et “la neutralité” de la Commission. “Il ne s’agit pas d’un référendum”, a-t-elle toutefois insisté. “A la fin, c’est, sur les ordres du gouvernement, le préfet qui signe, dès lors qu’il considère que les conditions sont réunies”, a rappelé le préfet.La CNDP devra publier avant le 13 septembre son compte-rendu du débat. Les porteurs de projets auront trois mois pour y répondre.
Comment concilier développement économique, décarbonation et préservation du cadre de vie ? La Commission nationale du débat public (CNDP) a donné mercredi le coup d’envoi d’un débat inédit de trois mois sur l’avenir industriel de la région de Fos-Berre.”C’est inédit, c’est la première fois qu’est organisé en France un débat d’une telle ampleur, géographique mais aussi thématique”, a lancé le préfet des Bouches-du-Rhône et de la région Paca, Georges-François Leclerc devant 500 personnes réunies dans une salle polyvalente de Fos-sur-Mer ou présentes en visioconférence.Syndicalistes, viticulteurs, militants de l’environnement, lycéens, riverains, ils ont fait part aux élus, industriels ou représentants de l’Etat de leurs questionnements, doutes ou craintes face aux nombreux projets qui doivent permettre de conjuguer réindustrialisation et décarbonation dans la deuxième zone industrielle la plus polluante du pays, à 50 kilomètres de Marseille.Selon la CNDP, une quarantaine de projets industriels (hydrogène, acier, chimie…) ou d’infrastructures (électricité, transport, logistique…) devraient contribuer à la transition de ce territoire, situé notamment sur les emprises du Grand Port de Marseille et qui produit un quart des émissions industrielles de CO2 de l’Hexagone.Au total, près de 20 milliards d’euros d’investissements potentiels sont attendus, avec à la clé la promesse de 10.000 emplois directs.Réunions publiques, débats mobiles, ateliers, ciné-débats, webinaires: inauguré à Fos, épicentre de la zone industrialo-portuaire choisie par l’Etat pour devenir, avec Dunkerque (Nord), une des premières “zones industrielles bas carbone”, le débat se poursuivra jusqu’au 13 juillet sous des formes variées, avec une plateforme participative en ligne où seront présentés l’ensemble des projets, études et contributions.Pas moins de 17 rencontres territoriales ou thématiques sont prévues dans 13 villes des Bouches-du-Rhône, du Gard et des Alpes-de-Haute-Provence.- “Pas un référendum “-Parmi les principaux enjeux figurent la sécurisation de l’approvisionnement électrique du bassin de Fos, qui devrait passer par la construction d’une ligne à très haute tension (THT), mais aussi la préservation d’espaces naturels riches en biodiversité.”On ne s’oppose ni à la réindustralisaton ou à la décarbonation de la zone de Fos, nous nous opposons au tracé de la THT tel que présenté et proposons des alternatives. Nous espérons que les jeux ne sont pas faits pour la ligne aérienne THT, sinon nous nous retrouverons devant les tribunaux et ce serait dommage !”, a averti d’emblée un porte-parole du collectif “Stop THT 13-30”.Face à la vive opposition suscitée par cette ligne aérienne de 65 km , qui doit traverser une partie des Alpilles et de la Camargue, deux débats sont annoncés à Beaucaire (Gard) et Arles (Bouches-du-Rhône). “Il n’y aura pas les bons et les méchants. Je prends l’engagement de ne pas passer en force”, a promis le préfet.”Il ne faut pas qu’on soit en opposition permanente, a réagi un syndicaliste docker CGT. Il faut parler de l’avenir pour les jeunes, quels emplois, quels débouchés pour qu’on ne les retrouvent pas sur des points de deal!”.”C’est pas un bonbon rose, ce sont toujours plus d’usines, plus de trafic, plus de pylônes EDF, plus grands, plus hauts, c’est une transformation majeure du territoire, avec 50 projets planifiés qui impacteront durablement le cadre de vie de la population”, a rétorqué le responsable d’une association d’habitants de Fos.Un lycéen a réclamé “plus d’informations sur les futurs emplois proposés et formations souhaitées”, soulignant qu”ici, les entreprises sont classées Seveso donc c’est très difficile pour les stages…”.Tour à tour, préfet, responsables des collectivités territoriales, du Grand port maritime de Marseille, représentants d’industriels ont tenté de répondre aux nombreuses inquiétudes.”L’ensemble des positions et argumentations exprimées lors des débats seront prises en compte”, a assuré la présidente du Débat public Fos-Berre Provence, Audrey Richard-Ferroudji, en soulignant “l’indépendance” et “la neutralité” de la Commission. “Il ne s’agit pas d’un référendum”, a-t-elle toutefois insisté. “A la fin, c’est, sur les ordres du gouvernement, le préfet qui signe, dès lors qu’il considère que les conditions sont réunies”, a rappelé le préfet.La CNDP devra publier avant le 13 septembre son compte-rendu du débat. Les porteurs de projets auront trois mois pour y répondre.
