La SNCF a engrangé de gros bénéfices en 2025, qui servent à régénérer le réseau ferré

La SNCF a engrangé 1,8 milliard d’euros de bénéfice net l’an passé, cinquième année de résultats positifs d’affilée pour l’entreprise ferroviaire qui peut ainsi financer des travaux de modernisation de son réseau vieillissant.Sur fond d’ouverture à la concurrence, le chiffre d’affaires du groupe SNCF, dont l’ancien Premier ministre Jean Castex a pris la direction en novembre, s’est stabilisé à 43 milliards d’euros (-0,3%).”On a amélioré la rentabilité du groupe et on a investi massivement dans le système ferroviaire tout en préservant notre structure financière”, a résumé le directeur financier Laurent Trevisani. “Les services voyageurs ont été la locomotive en 2025 de la performance du groupe”, a-t-il ajouté.”Qu’il y ait un ou mille passagers à bord, un TGV a les mêmes coûts de fonctionnement, raison pour laquelle les TGV deviennent des machines à cash maintenant qu’ils sont bien remplis par l’envie de train persistante chez les voyageurs, alors qu’ils en perdaient durant le Covid”, remarque Patricia Pérennes, experte ferroviaire au cabinet Trans-Missions.Mais le PDG Jean Castex a lancé deux avertissements lors de la conférence de presse de présentation des résultats. D’abord il a demandé “les mêmes règles” pour tout le monde, suggérant que les concurrents, nouveaux entrants sur les lignes TGV, subissent les mêmes contraintes d’aménagement du territoire que la SNCF, et ne se cantonnent pas à desservir les liaisons les plus rentables.- Aléas climatiques -Ensuite, il a signalé le poids financier grandissant que font peser les aléas climatiques sur l’entretien des infrastructures, en particulier les tempêtes et crues de fin 2025 et début 2026.”Si on a autant d’événements climatiques que depuis deux mois” durant toute l’année, la SNCF “aura du mal à atteindre ses objectifs”, a-t-il prévenu.L’entreprise ferroviaire s’est néanmoins félicitée de la reprise du trafic dans la vallée de la Maurienne au printemps 2025, marquant la réouverture du tunnel vers l’Italie après 18 mois de travaux.La fréquentation d’Eurostar, les TGV européens vers la Grande-Bretagne, la Belgique ou les Pays-Bas, a augmenté de 1,8%, et la filiale espagnole Ouigo España a accueilli 44,3% de voyageurs de plus qu’en 2024, parvenant à devenir rentable après cinq ans d’exploitation.Les lignes Intercités, qui ne sont pas à grande vitesse, ont vu leur fréquentation baisser de 1%, en raison de “travaux majeurs sur le réseau ferré”, notamment sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT).SNCF Réseau, la filiale chargée de l’entretien des 28.000 kilomètres de voies ferrées, qui se rémunère sur les péages versés par les exploitants, a vu son chiffre d’affaires progresser de 4,8% à 8,4 milliards d’euros et sa rentabilité a fait un bond de 30,5%.- “Chaque euro réinvesti” -Depuis sa réforme en 2020, la SNCF “réinvestit chaque euro généré par son activité dans le système ferroviaire”, a souligné M. Trevisani.Au total, l’an dernier, 11 milliards d’euros ont été investis dans le ferroviaire en France pour réparer des voies dégradées ou acheter des trains neufs.Sur ce “niveau record”, 52% (5,7 milliards d’euros) ont été financés par la seule SNCF, “autre record historique” selon M. Trevisani, le reste venant surtout de l’État et des collectivités.Pour les années à venir, la SNCF compte sur la loi cadre sur le financement des transports qui doit être discutée en avril au Sénat pour améliorer le financement des travaux.L’an passé, la dette du groupe a reculé à 24,3 milliards d’euros contre 24,7 un an auparavant. L’arrivée de la concurrence s’est aussi matérialisée sur les lignes régionales, même si la SNCF a remporté quatre des cinq appels d’offres pour lesquels elle avait été candidate.Jeudi soir, la fédération CGT des cheminots, premier syndicat du groupe, a jugé “impératif de sortir du dogme de la concurrence, de la seule logique de profit” en demandant dans un communiqué de “revenir à une entreprise unique, publique et intégrée: la SNCF”.Ombre au tableau, les deux filiales de transport de marchandises, Geodis et Rail Logistics Europe, bousculées par les “vents contraires” qui soufflent sur les échanges mondiaux (droits de douane, tensions géopolitiques…) ont vu leurs ventes baisser, tout en maintenant leur rentabilité. Enfin, quatre mois après le départ de Marie-Ange Debon pour La Poste, la filiale de transport urbain Keolis s’est trouvée un nouveau patron : Frédéric Van Heems, venu de Veolia.
La SNCF a engrangé 1,8 milliard d’euros de bénéfice net l’an passé, cinquième année de résultats positifs d’affilée pour l’entreprise ferroviaire qui peut ainsi financer des travaux de modernisation de son réseau vieillissant.Sur fond d’ouverture à la concurrence, le chiffre d’affaires du groupe SNCF, dont l’ancien Premier ministre Jean Castex a pris la direction en novembre, s’est stabilisé à 43 milliards d’euros (-0,3%).”On a amélioré la rentabilité du groupe et on a investi massivement dans le système ferroviaire tout en préservant notre structure financière”, a résumé le directeur financier Laurent Trevisani. “Les services voyageurs ont été la locomotive en 2025 de la performance du groupe”, a-t-il ajouté.”Qu’il y ait un ou mille passagers à bord, un TGV a les mêmes coûts de fonctionnement, raison pour laquelle les TGV deviennent des machines à cash maintenant qu’ils sont bien remplis par l’envie de train persistante chez les voyageurs, alors qu’ils en perdaient durant le Covid”, remarque Patricia Pérennes, experte ferroviaire au cabinet Trans-Missions.Mais le PDG Jean Castex a lancé deux avertissements lors de la conférence de presse de présentation des résultats. D’abord il a demandé “les mêmes règles” pour tout le monde, suggérant que les concurrents, nouveaux entrants sur les lignes TGV, subissent les mêmes contraintes d’aménagement du territoire que la SNCF, et ne se cantonnent pas à desservir les liaisons les plus rentables.- Aléas climatiques -Ensuite, il a signalé le poids financier grandissant que font peser les aléas climatiques sur l’entretien des infrastructures, en particulier les tempêtes et crues de fin 2025 et début 2026.”Si on a autant d’événements climatiques que depuis deux mois” durant toute l’année, la SNCF “aura du mal à atteindre ses objectifs”, a-t-il prévenu.L’entreprise ferroviaire s’est néanmoins félicitée de la reprise du trafic dans la vallée de la Maurienne au printemps 2025, marquant la réouverture du tunnel vers l’Italie après 18 mois de travaux.La fréquentation d’Eurostar, les TGV européens vers la Grande-Bretagne, la Belgique ou les Pays-Bas, a augmenté de 1,8%, et la filiale espagnole Ouigo España a accueilli 44,3% de voyageurs de plus qu’en 2024, parvenant à devenir rentable après cinq ans d’exploitation.Les lignes Intercités, qui ne sont pas à grande vitesse, ont vu leur fréquentation baisser de 1%, en raison de “travaux majeurs sur le réseau ferré”, notamment sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT).SNCF Réseau, la filiale chargée de l’entretien des 28.000 kilomètres de voies ferrées, qui se rémunère sur les péages versés par les exploitants, a vu son chiffre d’affaires progresser de 4,8% à 8,4 milliards d’euros et sa rentabilité a fait un bond de 30,5%.- “Chaque euro réinvesti” -Depuis sa réforme en 2020, la SNCF “réinvestit chaque euro généré par son activité dans le système ferroviaire”, a souligné M. Trevisani.Au total, l’an dernier, 11 milliards d’euros ont été investis dans le ferroviaire en France pour réparer des voies dégradées ou acheter des trains neufs.Sur ce “niveau record”, 52% (5,7 milliards d’euros) ont été financés par la seule SNCF, “autre record historique” selon M. Trevisani, le reste venant surtout de l’État et des collectivités.Pour les années à venir, la SNCF compte sur la loi cadre sur le financement des transports qui doit être discutée en avril au Sénat pour améliorer le financement des travaux.L’an passé, la dette du groupe a reculé à 24,3 milliards d’euros contre 24,7 un an auparavant. L’arrivée de la concurrence s’est aussi matérialisée sur les lignes régionales, même si la SNCF a remporté quatre des cinq appels d’offres pour lesquels elle avait été candidate.Jeudi soir, la fédération CGT des cheminots, premier syndicat du groupe, a jugé “impératif de sortir du dogme de la concurrence, de la seule logique de profit” en demandant dans un communiqué de “revenir à une entreprise unique, publique et intégrée: la SNCF”.Ombre au tableau, les deux filiales de transport de marchandises, Geodis et Rail Logistics Europe, bousculées par les “vents contraires” qui soufflent sur les échanges mondiaux (droits de douane, tensions géopolitiques…) ont vu leurs ventes baisser, tout en maintenant leur rentabilité. Enfin, quatre mois après le départ de Marie-Ange Debon pour La Poste, la filiale de transport urbain Keolis s’est trouvée un nouveau patron : Frédéric Van Heems, venu de Veolia.