Les Vénézuéliens attendaient toujours dimanche la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le pouvoir, tandis que le président déchu Nicolas Maduro restait combatif depuis sa cellule américaine.Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un “nombre important” de prisonniers, y compris des étrangers. Mais à peine une vingtaine de personnes détenues pour des raisons politiques ont été libérées depuis, selon des proches et des défenseurs des droits humains.Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de “coexistence pacifique”, les Etats-Unis y voyant une conséquence de leur intervention après le bombardement du pays pour capturer le président Nicolas Maduro le 3 janvier.Certains campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas. Là, bougies et prières ont accompagné la soirée, a constaté l’AFP. -Plus de pétrole pour Cuba-Une quarantaine de proches attendent toujours dimanche à Rodeo I une libération importante, certaines familles ont organisé des “relais” pour qu’au moins un proche soit présent en permanence. Le dimanche est traditionnellement un jour de visites, l’occasion d’apporter des produits d’hygiène ou de la nourriture et de voir ses proches. “Nous ne sommes pas venus en visite, nous sommes venus les chercher”, souligne Angeles Tirado, 33 ans, dont les proches sont emprisonnés. Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Agent dans l’Etat vénézuélien de Portuguesa, à environ 400 kilomètres à l’ouest de Caracas, le policier, qui comptait plus de vingt ans de service, avait été arrêté le 9 décembre pour avoir “partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’Etat”.Dans la foulée de la chute surprise de l’ex-dirigeant, Delcy Rodriguez, qui était vice-présidente, a été investie comme cheffe de l’Etat par intérim. Elle négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.Son gouvernement a décidé d’entamer “un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu’il n’est pas “soumis” à Washington.Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l’administration du président américain Donald Trump “reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, a indiqué samedi un responsable du département d’Etat. M. Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington entend “dicter” toutes ses décisions. Dimanche, le président américain, qui veut en finir avec la collaboration entre Caracas et la Havane, a notamment rappelé sur son réseau social Truth: “Cuba a vécu, pendant de nombreuses années, grâce à de grandes quantités de pétrole et d’argent en provenance du Venezuela. En échange, Cuba a fourni des +services de sécurité+ aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais plus maintenant ! La plupart de ces Cubains sont MORTS lors de l’attaque”, qui a mené à la capture de M. Maduro. “IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA — ZÉRO !”, écrit M. Trump. Ce à quoi lui a répondu sur X le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel: “personne ne dicte quoi faire”, le pays communiste et adversaire des Etats-Unis depuis des décennies, est “une nation libre, indépendante et souveraine”. – “Des combattants” -Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, où il est incarcéré, M. Maduro, s’est montré confiant. “Nous allons bien. Nous sommes des combattants”, a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.Accusés notamment de trafic de drogue, l’ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention, selon des organisations de défense des droits humains. Selon leurs estimations, le Venezuela en compte actuellement entre 800 et 1.200.Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolas Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l’arrestation de 2.400 personnes. Plus de 2.000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels. bur-pr-al-pgf/mr/emp
Les Vénézuéliens attendaient toujours dimanche la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le pouvoir, tandis que le président déchu Nicolas Maduro restait combatif depuis sa cellule américaine.Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un “nombre important” de prisonniers, y compris des étrangers. Mais à peine une vingtaine de personnes détenues pour des raisons politiques ont été libérées depuis, selon des proches et des défenseurs des droits humains.Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de “coexistence pacifique”, les Etats-Unis y voyant une conséquence de leur intervention après le bombardement du pays pour capturer le président Nicolas Maduro le 3 janvier.Certains campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas. Là, bougies et prières ont accompagné la soirée, a constaté l’AFP. -Plus de pétrole pour Cuba-Une quarantaine de proches attendent toujours dimanche à Rodeo I une libération importante, certaines familles ont organisé des “relais” pour qu’au moins un proche soit présent en permanence. Le dimanche est traditionnellement un jour de visites, l’occasion d’apporter des produits d’hygiène ou de la nourriture et de voir ses proches. “Nous ne sommes pas venus en visite, nous sommes venus les chercher”, souligne Angeles Tirado, 33 ans, dont les proches sont emprisonnés. Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Agent dans l’Etat vénézuélien de Portuguesa, à environ 400 kilomètres à l’ouest de Caracas, le policier, qui comptait plus de vingt ans de service, avait été arrêté le 9 décembre pour avoir “partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’Etat”.Dans la foulée de la chute surprise de l’ex-dirigeant, Delcy Rodriguez, qui était vice-présidente, a été investie comme cheffe de l’Etat par intérim. Elle négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.Son gouvernement a décidé d’entamer “un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu’il n’est pas “soumis” à Washington.Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l’administration du président américain Donald Trump “reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, a indiqué samedi un responsable du département d’Etat. M. Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington entend “dicter” toutes ses décisions. Dimanche, le président américain, qui veut en finir avec la collaboration entre Caracas et la Havane, a notamment rappelé sur son réseau social Truth: “Cuba a vécu, pendant de nombreuses années, grâce à de grandes quantités de pétrole et d’argent en provenance du Venezuela. En échange, Cuba a fourni des +services de sécurité+ aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais plus maintenant ! La plupart de ces Cubains sont MORTS lors de l’attaque”, qui a mené à la capture de M. Maduro. “IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA — ZÉRO !”, écrit M. Trump. Ce à quoi lui a répondu sur X le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel: “personne ne dicte quoi faire”, le pays communiste et adversaire des Etats-Unis depuis des décennies, est “une nation libre, indépendante et souveraine”. – “Des combattants” -Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, où il est incarcéré, M. Maduro, s’est montré confiant. “Nous allons bien. Nous sommes des combattants”, a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.Accusés notamment de trafic de drogue, l’ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention, selon des organisations de défense des droits humains. Selon leurs estimations, le Venezuela en compte actuellement entre 800 et 1.200.Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolas Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l’arrestation de 2.400 personnes. Plus de 2.000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels. bur-pr-al-pgf/mr/emp
