Des “moyens de production” dans une Europe qui doit “se réarmer” sur le plan agricole: réunie en congrès à Grenoble, la FNSEA a haussé le ton jeudi face à la ministre de l’Agriculture, listant les doléances des agriculteurs après plus d’un an de crise.”Depuis notre dernier congrès, nous avons vécu une année d’une exceptionnelle intensité”, a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA dans son discours de clôture, rappelant le mouvement de colère de début 2024, les crises sanitaires et climatiques, “l’instabilité politique peu commune” et la campagne “âpre” pour l’élection aux chambres d’agriculture en janvier.Le syndicat historique, allié aux Jeunes agriculteurs, a perdu à cette occasion sa majorité absolue dans le vote des agriculteurs mais conserve la présidence de 84 chambres sur 102. Le congrès a été l’occasion de tourner la page en actant la nécessité “d’accélérer la transformation du syndicat” et sa féminisation. Mais c’est la “combativité”, revendiquée par Arnaud Rousseau, qui a le plus transpiré de son discours face à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.”Laissons l’immobilisme et la colère stérile à ceux qui s’en contentent”, a-t-il déclaré, en allusion à la Coordination rurale qui a effectué une percée en janvier sur un discours dégagiste visant la FNSEA.- “Réarmement” -S’il a reconnu les mesures obtenues dans le cadre du budget 2025 (allègements fiscaux notamment), l’adoption de la loi d’orientation agricole mi-février ou encore des plans d’urgence sectoriels, Arnaud Rousseau a appelé la ministre à ne “pas céder à la tentation de penser qu’avec ces premières avancées, il est possible de reléguer au second plan les sujets agricoles”.Selon lui, le “réarmement de notre souveraineté alimentaire” est le “pendant indispensable aux efforts pour créer une défense indépendante et solide”. Et pour cela les agriculteurs ont besoin de “moyens de production”. Ses revendications pour alléger la réglementation en matière de stockage de l’eau ou sur les seuils à partir desquels les élevages doivent effectuer des études environnementales ont été très applaudies.Mais c’est sa charge contre le flou autour du calendrier parlementaire concernant une proposition de loi visant notamment à réintroduire en France des pesticides néonicotinoïdes – encore autorisés en Europe – qui a eu le plus de succès parmi les adhérents du syndicats.”Madame la Ministre, quand on s’engage publiquement sur une date devant les agriculteurs, la moindre des choses est de s’y tenir”, a-t-il lancé, en référence à la promesse obtenue lors du Salon de l’agriculture en février de voir la loi inscrite à l’agenda de l’Assemblée début avril.Annie Genevard, qui a rappelé son soutien à la proposition et sa volonté de la faire avancer, lui a répondu que “l’encombrement législatif” était tel que le gouvernement était encore à la recherche d’une date, provoquant quelques huées dans l’assemblée.- Bataille “sémantique” -“Le vrai sujet c’est de convaincre les députés de l’adopter”, a-t-elle ajouté, le texte ayant été vivement critiqué par la gauche et les écologistes qui dénoncent le retour de pesticides “tueurs d’abeilles” et des retours en arrière sur l’environnement.Une réponse qui n’a pas satisfait le dirigeant syndical, qui a ensuite déclaré à des journalistes que l’incertitude sur l’examen de cette proposition, aggravée par l’inconnue de la pérennité du gouvernement, pourrait pousser ses troupes à se “mobiliser”.Après avoir listé lors de son discours des demandes précises sur la simplification ou la prédation du loup, Arnaud Rousseau a aussi rappelé à l’ordre Emmanuel Macron face à la perte du potentiel de production de la France, première puissance agricole européenne. “Il s’était engagé à nous donner sa nouvelle vision au Salon 2024! Nous l’attendons toujours!”Le président, tout comme Annie Genevard, a plusieurs fois évoqué la nécessité de “réarmer” la France pour assurer sa “souveraineté alimentaire”. Une expression adoptée par les ministres européens de l’Agriculture ainsi que par le commissaire Christophe Hansen dans une vidéo diffusée au congrès.La FNSEA estime ainsi avoir gagné la bataille “sémantique” mais attend encore sa concrétisation dans les faits.Alors que débutent les discussions sur la prochaine politique agricole commune, Arnaud Rousseau a appelé au maintien d’une PAC “commune”, à une augmentation de son budget mais aussi à une simplification des réglementations.Mercosur, guerres commerciales, discussions sur l’intégration de l’Ukraine à l’UE: l’agriculture ne peut plus être la “victime collatérale”, a-t-il asséné.
Des “moyens de production” dans une Europe qui doit “se réarmer” sur le plan agricole: réunie en congrès à Grenoble, la FNSEA a haussé le ton jeudi face à la ministre de l’Agriculture, listant les doléances des agriculteurs après plus d’un an de crise.”Depuis notre dernier congrès, nous avons vécu une année d’une exceptionnelle intensité”, a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA dans son discours de clôture, rappelant le mouvement de colère de début 2024, les crises sanitaires et climatiques, “l’instabilité politique peu commune” et la campagne “âpre” pour l’élection aux chambres d’agriculture en janvier.Le syndicat historique, allié aux Jeunes agriculteurs, a perdu à cette occasion sa majorité absolue dans le vote des agriculteurs mais conserve la présidence de 84 chambres sur 102. Le congrès a été l’occasion de tourner la page en actant la nécessité “d’accélérer la transformation du syndicat” et sa féminisation. Mais c’est la “combativité”, revendiquée par Arnaud Rousseau, qui a le plus transpiré de son discours face à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.”Laissons l’immobilisme et la colère stérile à ceux qui s’en contentent”, a-t-il déclaré, en allusion à la Coordination rurale qui a effectué une percée en janvier sur un discours dégagiste visant la FNSEA.- “Réarmement” -S’il a reconnu les mesures obtenues dans le cadre du budget 2025 (allègements fiscaux notamment), l’adoption de la loi d’orientation agricole mi-février ou encore des plans d’urgence sectoriels, Arnaud Rousseau a appelé la ministre à ne “pas céder à la tentation de penser qu’avec ces premières avancées, il est possible de reléguer au second plan les sujets agricoles”.Selon lui, le “réarmement de notre souveraineté alimentaire” est le “pendant indispensable aux efforts pour créer une défense indépendante et solide”. Et pour cela les agriculteurs ont besoin de “moyens de production”. Ses revendications pour alléger la réglementation en matière de stockage de l’eau ou sur les seuils à partir desquels les élevages doivent effectuer des études environnementales ont été très applaudies.Mais c’est sa charge contre le flou autour du calendrier parlementaire concernant une proposition de loi visant notamment à réintroduire en France des pesticides néonicotinoïdes – encore autorisés en Europe – qui a eu le plus de succès parmi les adhérents du syndicats.”Madame la Ministre, quand on s’engage publiquement sur une date devant les agriculteurs, la moindre des choses est de s’y tenir”, a-t-il lancé, en référence à la promesse obtenue lors du Salon de l’agriculture en février de voir la loi inscrite à l’agenda de l’Assemblée début avril.Annie Genevard, qui a rappelé son soutien à la proposition et sa volonté de la faire avancer, lui a répondu que “l’encombrement législatif” était tel que le gouvernement était encore à la recherche d’une date, provoquant quelques huées dans l’assemblée.- Bataille “sémantique” -“Le vrai sujet c’est de convaincre les députés de l’adopter”, a-t-elle ajouté, le texte ayant été vivement critiqué par la gauche et les écologistes qui dénoncent le retour de pesticides “tueurs d’abeilles” et des retours en arrière sur l’environnement.Une réponse qui n’a pas satisfait le dirigeant syndical, qui a ensuite déclaré à des journalistes que l’incertitude sur l’examen de cette proposition, aggravée par l’inconnue de la pérennité du gouvernement, pourrait pousser ses troupes à se “mobiliser”.Après avoir listé lors de son discours des demandes précises sur la simplification ou la prédation du loup, Arnaud Rousseau a aussi rappelé à l’ordre Emmanuel Macron face à la perte du potentiel de production de la France, première puissance agricole européenne. “Il s’était engagé à nous donner sa nouvelle vision au Salon 2024! Nous l’attendons toujours!”Le président, tout comme Annie Genevard, a plusieurs fois évoqué la nécessité de “réarmer” la France pour assurer sa “souveraineté alimentaire”. Une expression adoptée par les ministres européens de l’Agriculture ainsi que par le commissaire Christophe Hansen dans une vidéo diffusée au congrès.La FNSEA estime ainsi avoir gagné la bataille “sémantique” mais attend encore sa concrétisation dans les faits.Alors que débutent les discussions sur la prochaine politique agricole commune, Arnaud Rousseau a appelé au maintien d’une PAC “commune”, à une augmentation de son budget mais aussi à une simplification des réglementations.Mercosur, guerres commerciales, discussions sur l’intégration de l’Ukraine à l’UE: l’agriculture ne peut plus être la “victime collatérale”, a-t-il asséné.
