Test

Négociations commerciales: industriels et supermarchés jouent l’apaisement, sur fond d'”inflation modérée”

Jouant la carte de l’apaisement après des années de tensions et de guerre des prix, grande distribution et industrie agroalimentaire démarrent lundi leurs traditionnelles négociations commerciales, aidées par la signature d’une charte et par une “inflation modérée”. D’ici au 1er mars, trois mois de négociations fixeront les prix et les conditions (modalités de livraison, calendrier promotionnel…) auxquelles les grandes surfaces s’approvisionnent auprès des fabricants.  Alors que ces tractations annuelles “se passent mal depuis longtemps”, les parties prenantes ont “là l’occasion unique (…) de faire différemment”, a résumé lundi sur RMC Nicolas Facon, patron de l’Ilec, qui représente les très grandes marques comme Coca-Cola, Ferrero ou Mars.D’un côté figurent des distributeurs en quête de prix compétitifs pour attirer les clients, de l’autre, des industriels invoquant coûts de production et besoins d’investissements. Ces négociations sont régulièrement accusées d’opacité, et de tirer vers le bas les revenus des agriculteurs malgré leur encadrement par la loi Egalim.Elles déterminent in fine les tarifs en rayon des produits de grandes marques (Nutella de Ferrero, Actimel de Danone, bonbons Haribo…), mais pas ceux des marques des supermarchés (Carrefour, Marque Repère, U…), qui pèsent plus du tiers des ventes.Cette année, les discussions ont commencé avant l’heure, début novembre, pour élaborer une charte inédite engageant tous les acteurs, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et cinq organisations d’industriels (Ania, Ilec, Feef, Pact’Alim, et la Coopération agricole).- “Mieux qu’au Parlement” -La fumée blanche est sortie dimanche, avec la signature d’un document construit autour de trois thèmes: le respect mutuel lors des échanges, une attention particulière portée aux PME et la valorisation des produits frais et de l’origine des produits.”C’est vraiment un symbole et un changement d’état d’esprit”, a commenté M. Facon.”Ca va être mieux qu’au Parlement”, a ironisé Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique d’E.Leclerc.De son côté, l’Ania, qui rassemble syndicats et associations représentatifs des 20.000 entreprises alimentaires de France, se félicite que cette charte s’inscrive “dans la continuité” de ses propositions formulées “dès avril 2025”.Elle “constitue une avancée vers des négociations commerciales plus apaisées et de bonne foi”, estime Karima Kaci, directrice générale de Pact’Alim, qui représente 3.000 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) de l’industrie alimentaire.Le traitement différencié pour les PME, dont les négociations avec les distributeurs devront être bouclées avant le 15 janvier, a été particulièrement salué.”Ça veut dire des négociations plus rapides” qui permettent “de se concentrer sur le développement de l’activité”, résume Léonard Prunier, de la Feef, qui représente 22.000 PME et ETI.Le ministre du Commerce, Serge Papin, qui a initié la charte avec son homologue de l’Agriculture, Annie Genevard, a rappelé lundi qu’il était “très attaché” à un “accord pour les PME”. – “Clauses de revoyure” -Mais ce document, non contraignant, résistera-t-il à la guerre des prix? En 2025, les industriels de l’agroalimentaire ont obtenu 1,5% de hausse moyenne des prix alors qu’ils demandaient 5,7% en moyenne.Dominique Schelcher, le patron de Coopérative U, a dit redouter “des exigences très fortes des multinationales” face aux “postures beaucoup plus raisonnables des PME”, comme ce fut le cas dernièrement, selon lui, pour la négociation sur les chocolats de Pâques 2026.”L’enjeu principal pour les PME et ETI” sera de maintenir la hausse des tarifs au niveau de celle de la matière première agricole, prévient Karima Kaci.S’il est “trop tôt” pour chiffrer les demandes des industriels, “on est revenu à une inflation qui est très, très modérée”, selon M. Facon.Le lancement prochain, par le Sénat, d’une commission d’enquête sur les marges de la grande distribution, à l’initiative des Ecologistes, pourrait aussi parasiter le processus.Autre sujet de crispation, celui des centrales d’achat européennes, accusées de contourner la législation française quand les distributeurs rétorquent vouloir peser face aux multinationales.Carrefour, Coopérative U et la coopérative allemande RTG ont lancé officiellement lundi leur alliance à l’achat, Concordis Trading, depuis Bruxelles.Concernant la charte, “des clauses de revoyure” sont prévues durant les “trois mois à venir”, a assuré Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD.

La Bourse de Paris termine en timide baisse, dans un climat d’aversion pour le risque

La Bourse de Paris a terminé en timide baisse lundi, dans un climat de forte aversion pour le risque en attendant des données économiques clés avant la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), et minée par la chute d’Airbus.Le CAC 40 a terminé lundi en baisse de 0,32% à 8.097,00 points, en recul de 25,71 points. Vendredi, l’indice vedette parisien avait pris 0,29% à 8.122,71 points.Vincent Juvyns, stratégiste à ING, constate ainsi “un cocktail d’informations moins rassurantes pour les investisseurs”, causant “des prises de bénéfices évidentes dans un environnement où l’aversion pour le risque revient”.L’activité manufacturière a ouvert le bal des données économiques américaines attendues dans la semaine. Elle a continué à se contracter le mois dernier aux États-Unis, alors que la revitalisation du secteur figure au sommet des priorités du président Donald Trump, selon l’indice publié par la fédération professionnelle ISM.Le rapport mensuel sur les créations d’emplois aux États-Unis dans le secteur privé pour le mois de novembre suivra mercredi. Vendredi, les marchés surveilleront l’indice des prix à la consommation PCE pour le mois de septembre, décalé à cause de la paralysie budgétaire (“shutdown”) de 43 jours aux États-Unis.Les investisseurs y seront particulièrement attentifs à l’approche de la réunion de politique monétaire de la Fed, les attentes de baisse de taux ayant particulièrement augmenté.Le constructeur aéronautique européen Airbus a terminé en baisse de 5,81% à 192,58 euros. Le constructeur aéronautique a annoncé lundi avoir rencontré des “problèmes de qualité” sur des panneaux métalliques produits par un de ses sous-traitants pour son monocouloir à succès A320, affirmant que cet incident avait été “identifié” et “circonscrit”.La révélation de ce dernier incident survient trois jours après que le géant européen de l’aéronautique a lancé un rappel concernant là aussi l’A320 pour remplacer de toute urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires.Il s’agit d’un calculateur fabriqué par Thales. Ce fournisseur d’Airbus avait précisé à l’AFP qu’il n’était pas responsable du problème. Thales a néanmoins terminé en baisse de 2,62% à 219,50 euros. L’ensemble des valeurs (du secteur aéronautique et de la défense français) est pris dans le mouvement de vente”, remarque Vincent Juvyns, Safran cédant 1,45% à 286,10 euros et Dassault Aviation reculant de 1,85% à 265,60 euros.bur-emb/mvn/LyS

Turbulences chez Airbus: l’A320 confronté à un nouveau défaut après le logiciel vulnérable

L’A320, avion vedette d’Airbus, traverse des turbulences: après un rappel massif pour remplacer un logiciel vulnérable, le constructeur européen a reconnu lundi des “problèmes de qualité” sur des panneaux de fuselage, assurant que l’incident était “circonscrit”.Ces ennuis ont fait dévisser en bourse le géant européen de l’aéronautique. Airbus “est en train d’inspecter tous les avions potentiellement affectés, tout en sachant que seule une partie d’entre eux devra faire l’objet de mesures supplémentaires”, a déclaré une porte-parole de l’industriel européen à l’AFP, confirmant des informations de presse.”La source du problème a été identifiée, circonscrite et tous les panneaux récemment produits sont conformes au cahier des charges”, a ajouté Airbus, en soulignant que les pièces métalliques concernées étaient en “nombre limité”.Plus tôt lundi, ces informations ont provoqué une chute brutale du cours d’Airbus, le titre de l’avionneur perdant jusqu’à plus de 10% à la Bourse de Paris, avant de réduire ses pertes.Vers 17H00 heure de Paris, le titre reculait de 5,55% à 193,10 euros, dans un indice CAC 40 en légère baisse.- Episode “préoccupant” -La révélation de ce problème technique intervient trois jours après qu’Airbus a lancé un rappel concernant 6.000 A320 pour remplacer de toute urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires.Il s’agit d’un calculateur profondeur-ailerons (ELAC) fabriqué par Thales. Ce fournisseur d’Airbus avait affirmé auprès de l’AFP qu’il n’était pas responsable du problème.Cette mesure a été prise à la suite d’un incident fin octobre aux Etats-Unis : un vol de la compagnie américaine JetBlue reliant Cancun, au Mexique, à Newark, près de New York, avait dû se poser en urgence à Tampa, en Floride, après avoir brutalement piqué vers le bas.Airbus, qui avait exhorté vendredi ses clients à “arrêter immédiatement les vols” d’environ 6.000 appareils concernés, a toutefois pu rapidement intervenir sur des milliers d’aéronefs vendredi et samedi, atténuant les craintes de perturbations de grande ampleur sur le trafic mondial.Lundi matin, Airbus a indiqué que moins de 100 appareils A320 restaient immobilisés et qu’il travaillait avec les compagnies aériennes “pour s’assurer qu’ils peuvent être remis en service”.”Cette mise à jour est positive pour les investisseurs, car le nombre d’avions nécessitant une mise à jour matérielle plus longue semble être beaucoup plus faible que ce que l’on craignait initialement”, a réagi RBC Capital Markets dans une note d’analyse. Une source avait indiqué vendredi à l’AFP que le remplacement du matériel informatique pourrait prendre “des semaines” pour 1.000 avions. L’annonce de lundi “a réduit le risque d’impact financier potentiel pour les clients des compagnies aériennes”, selon RBC.Les pilotes d’Air France ont de leur côté tiré la sonnette d’alarme en qualifiant cet épisode de “préoccupant”.”Il a fallu près d’un mois après un incident grave sur un A320 de la compagnie JetBlue pour que le constructeur émette une alerte mondiale révélant un risque jusque-là passé sous silence. Ce délai de 29 jours est excessif, s’agissant de sécurité aérienne”, écrit le syndicat des pilotes d’Air France (SPAF) dans un communiqué. Ils rappellent que “des centaines d’avions de la famille A320 ont été contraints d’interrompre leurs opérations: annulations de départs, demi-tours en vol et retours à la base sans passager” avant qu’Airbus n’exclue “un peu tard, une bonne partie des appareils”. “Le SPAF déplore ces atermoiements inacceptables et appelle Airbus à une transparence totale et immédiate dès lors que la sécurité des vols est en jeu”, soulignent-t-il. L’A320, dans ses nombreuses variantes, est l’appareil commercial civil le plus vendu au monde. Entré en exploitation en 1988, il avait été livré fin septembre à 12.257 exemplaires.Airbus n’a pour l’instant communiqué aucun changement dans ses prévisions pour l’année 2025. Pour les analystes de Deutsche Bank, cela suggère que “les conséquences du récent problème logiciel sont soit encore en cours d’évaluation, soit contenues”.RBC estime pour sa part que l’objectif de livraison de 820 avions en 2025 “reste à risque”.

L’UE va protéger la porcelaine de Limoges

Du champagne au jambon de Parme, l’Union européenne protégeait déjà des indications géographiques agricoles. Elle va désormais le faire pour certains savoir-faire artisanaux comme la porcelaine de Limoges, a indiqué la Commission lundi.En vertu d’une loi adoptée en 2023, des artisans comme les souffleurs de verre, potiers, couteliers ou bijoutiers peuvent enregistrer à partir du 1er décembre le nom de leurs produits dans ce nouveau système d’indications géographiques. Cela “protégera des produits emblématiques tels que le verre de Bohême, la porcelaine de Limoges, les couteaux Solingen” allemands et “le tweed Donegal” irlandais, “dont la réputation et la qualité proviennent de leur lieu d’origine”, a souligné la Commission européenne.Cette extension des labels d’indication géographique (IG) à des produits non-alimentaires était réclamée depuis des années par les artisans ainsi que par le Parlement européen.Le but est de lutter contre la contrefaçon et de soutenir les secteurs concernés.Cette loi s’inspire des plus de 30 ans d’existence des indications géographiques agricoles, qui protègent plus de 3.600 dénominations, génèrent environ 75 milliards d’euros par an et représentent quelque 15 % des exportations de denrées alimentaires et de boissons de l’UE, selon Bruxelles.L’enregistrement de ces produits artisanaux, emblématiques de leurs régions et reconnus pour leur qualité, se fera en deux étapes, au niveau national puis européen.”Nous sauvegardons non seulement les compétences et les traditions uniques de nos artisans, mais nous créons également de nouvelles opportunités pour la croissance” et l’emploi dans de “nombreuses PME”, a réagi Stéphane Séjourné, le commissaire européen chargé de l’industrie.Les indications géographiques sont des droits de propriété intellectuelle qui lient les qualités, la réputation ou les caractéristiques d’un produit à son lieu d’origine.

Sept personnes jugées pour tentative d’escroquerie et de corruption au préjudice de TotalEnergies

Le procès de sept personnes soupçonnées d’avoir participé à une tentative d’escroquerie contre TotalEnergies visant à soutirer plus de 22 milliards de dollars (environ 19 milliards d’euros) au géant français de l’énergie s’est ouvert lundi à Nanterre.Pendant trois semaines, le tribunal va examiner le rôle exact des prévenus dans ce dossier où se côtoient les noms d’un sulfureux homme d’affaires aujourd’hui décédé, d’un prestigieux magistrat et d’un ténor du barreau parisien.Les mis en cause sont suspectés d’avoir, à divers degrés, œuvré à la constitution d’un tribunal arbitral en 2009, à l’initiative des régions russes de Saratov et de Volgograd (sud-ouest du pays) et de la société de droit russe Interneft.Ces dernières réclamaient que TotalEnergies leur verse une somme d’un peu plus de 22 milliards de dollars, arguant que le groupe n’avait pas honoré un contrat d’exploration pétrolière en Russie signé en février 1992 avec une de ses filiales.Le contrat, soumis à des conditions suspensives et dont la caducité a été confirmée par plusieurs décisions de justice, n’est jamais entré en vigueur.L’homme d’affaires André Guelfi, dit “Dédé la sardine”, est suspecté d’avoir été un acteur de premier plan dans la mise en place de l’arbitrage, dénoncé par TotalEnergies.M. Guelfi a joué au début des années 1990 un rôle d’intermédiaire pour Elf (acquis plus tard par l’actuel TotalEnergies) en ex-URSS et a été condamné à une peine de prison ferme pour son rôle dans le détournement de fonds du groupe pétrolier.Mort en 2016, il n’a pas été entendu par les magistrats instructeurs chargés de l’affaire.En mai 2011, TotalEnergies, s’estimant victime d’une tentative d’escroquerie, a déposé plainte auprès du parquet de Nanterre. Après quasiment 15 ans de procédure et de nombreux soubresauts judiciaires, le procès s’est enfin ouvert.Désigné comme membre de l’instance arbitrale décriée, l’ancien président du tribunal de commerce de Paris Jean-Pierre Mattei est jugé pour corruption passive et tentative d’escroquerie en bande organisée, au même titre que les deux autres arbitres choisis.L’avocat Olivier Pardo est quant à lui visé des chefs de corruption active d’arbitre international et d’une personne chargée d’une mission de service public. Il est notamment soupçonné d’avoir cherché à influer sur la désignation de M. Mattei et, plus généralement, de collusion avec M Guelfi.Son confrère Xavier Cazottes comparaît pour des faits similaires.Un avocat proche de M. Mattei, deux autres membres du tribunal arbitral ainsi que l’administrateur ad hoc de la filiale d’Elf, aujourd’hui liquidée, sont aussi renvoyés devant le tribunal.

Le marché automobile français victime de l’attentisme, les électriques en force

Le marché automobile français s’est effrité de 0,3% en novembre sur un an, confirmant une année 2025 maussade sur fond d’attentisme des consommateurs, alors que les voitures électriques ont pour la première fois dépassé le quart des immatriculations.Au total, 132.927 voitures particulières neuves ont été mises en circulation sur les routes le mois dernier, un niveau équivalent à celui de novembre 2022, a précisé lundi la Plateforme automobile (PFA) dans sa livraison mensuelle de statistiques. Le marché automobile français, qui ne s’est jamais remis de la crise sanitaire, évolue 23% sous son niveau de novembre 2019, a souligné à l’AFP une porte-parole de la PFA, qui représente les constructeurs et équipementiers automobiles de l’Hexagone.Sur les 11 premiers mois de l’année, les immatriculations se sont contractées de 4,9% par rapport à la même période de 2024.La porte-parole a noté, parmi les facteurs expliquant la déprime du marché, un attentisme des consommateurs et des entreprises, dû aux “incertitudes politiques et économiques”, notamment le flou sur l’avenir du projet de loi de finances 2026 au Parlement.De leur côté, les voitures 100% électriques ont confirmé leur succès en novembre, conquérant 26% du marché, un niveau mensuel inédit attribué par la porte-parole de la PFA au succès du “leasing social”, la location avec option d’achat de véhicules électriques pour les ménages modestes avec aide de l’État, relancée en octobre pour un contingent limité de clients.Ce dispositif “a été assez porteur sur les ventes de véhicules” zéro émission, outre l’obligation faite aux entreprises d’intégrer au moins 20% de tels véhicules dans leurs flottes, selon la même source.Ce dynamisme a permis aux voitures électriques de conquérir une immatriculation française sur cinq depuis le début de l’année, là aussi un niveau record après les 17% sur l’ensemble des années 2023 et 2024.Ce sont néanmoins les voitures hybrides (carburant-électricité), dont les rechargeables, qui règnent sur le marché, avec 50,4% des immatriculations depuis janvier, une progression de 8,6 points sur un an. Les voitures à essence ont connu une trajectoire inverse, tombant à 21,6% contre 30,2% un an plus tôt.Le diesel, ancienne motorisation fétiche des Français, ne représente plus qu’une immatriculation sur 20 depuis début 2025, dix ans après le “dieselgate”, scandale des émissions polluantes truquées dont Volkswagen était à l’origine.- Débat sur l’horizon 2035 -La pénétration du marché français par l’électrique intervient pendant que le débat fait rage en Europe sur l’interdiction de la vente de voitures thermiques à l’horizon 2035. Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment annoncé qu’il demanderait à la Commission européenne de revoir sa copie, alors que l’industrie automobile de son pays accuse du retard dans la technologie électrique face à une Chine conquérante.C’est le 10 décembre que la Commission a prévu d’annoncer des mesures pour soulager le secteur automobile et l’aider dans sa transition vers la décarbonation.Le groupe Stellantis (Fiat, Peugeot, Citroën, Opel, Jeep…) salue “le soutien apporté par le gouvernement allemand à la révision des réglementations européennes”, a indiqué son PDG Antonio Filosa, dans une déclaration transmise à l’AFP.”Nous avons aujourd’hui une excellente occasion de repenser les règles et de concilier les trois objectifs clés de l’Europe : la décarbonation, la résilience industrielle qui protège les emplois et l’autonomie stratégique, et l’accessibilité financière”, a-t-il ajouté. En France, Stellantis a vu ses immatriculations reculer de 5,5% sur un an en novembre, selon les chiffres de la PFA lundi. Le groupe détient 23% de part de marché, derrière son rival Renault (dont Dacia) qui règne sur 26,6% grâce à une progression de 4% sur fond de développement de sa gamme électrique, en particulier la R5.Sur 11 mois, les deux groupes sont au coude-à-coude, l’entreprise au losange dépassant son rival de 0,2 point, à 26,7%. Stellantis a vu ses immatriculations fondre de 8% depuis le début de l’année, contrastant avec la hausse de 2,6% de Renault.Depuis le début de l’année, la R5 est la voiture électrique la plus vendue en France et pointe à la neuvième place du classement général, en tête duquel on retrouve la Renault Clio, la Peugeot 208 et la Dacia Sandero.

La Bourse de Paris recule avant une semaine de données américaines

La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, prudente avant une série d’indicateurs économiques aux Etats-Unis qui seront déterminants pour la prochaine décision sur les taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).Vers 9H30 (heure de Paris), le CAC 40 perdait 0,39% à 8.090,76 points, en recul de 32,54 points. Vendredi, l’indice vedette parisien avait pris 0,29% à 8.122,71 points, en hausse de 23,24 points.Les marchés sont “gagnés par l’aversion face au risque, avant une série d’indicateurs économiques cette semaine”, relève Patrick Munnelly, analyste de Tickmill Group.Premier rendez-vous ce lundi, avec les chiffres de l’ISM Manufacturier pour novembre aux Etats-Unis. Suivra ensuite le rapport mensuel sur les créations d’emplois dans le secteur privé pour la même période. Et enfin, vendredi, la très attendue inflation en septembre.Les acteurs du marché tenteront de déceler dans ces données des signes d’un ralentissement de l’activité et de l’inflation qui pourraient justifier une baisse des taux de la banque centrale américaine lors de sa réunion des 9 et 10 décembre.Ils font massivement le pari d’un recul de 0,25 point de pourcentage. Cet optimisme a fait grimper les Bourses mondiales la semaine passée.Mais le doute commence à nouveau à gagner du terrain: “la question est de savoir si nous n’avons pas trop anticipé la perspective d’assouplissement”, estime Stephen Innes de SPI Asset Management.D’autant que la publication de plusieurs indicateurs clés a été retardée en raison de la paralysie budgétaire (“shutdown”) de 43 jours qui a touché le pays et certaines données ne verront jamais le jour.Dans ce contexte, “des inquiétudes persistent quant au fait que la Fed pourrait se précipiter vers une baisse des taux sans disposer de données solides”, prévient Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.En Europe aussi, les indicateurs sont à l’honneur, avec la publication lundi des indices d’activités PMI manufacturiers pour novembre en Italie, en France et en Allemagne. Suivra l’inflation en zone euro mardi pour la même période.La Banque centrale européenne (BCE) se réunit elle le 18 décembre prochain.Côté obligataire, le taux d’intérêt de l’emprunt français à échéance dix ans atteignait, vers 9H30, 4,03%, contre 4,01% vendredi en clôture.Logiciel défaillant chez AirbusLe constructeur aéronautique Airbus (-2,30% à 199,40 euros) a annoncé vendredi le rappel de quelque 6.000 avions A320, pour remplacer en toute urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires, après un incident fin octobre aux Etats-Unis.Lundi matin, moins de 100 appareils restaient immobilisés, a indiqué le groupe.Recommandation relevée pour AirFrance KLMLes analystes de JPMorgan ont relevé leur recommandation sur AirFrance KLM de “neutre” à “à surpondérer”, avec un objectif de cours relevé à 14 euros. Le titre du groupe bondissait de 8,34% à 11,41 euros sur l’indice élargi SBF 120.

Problème de logiciel: moins de 100 avions A320 restent immobilisés, annonce Airbus

Moins de 100 Airbus de la gamme A320 restent immobilisés en raison d’un logiciel de commandes vulnérable, sur les quelque 6.000 appareils potentiellement concernés, a annoncé lundi le constructeur aéronautique.”La très grande majorité” de ces appareils a été modifiée depuis l’annonce de ce problème vendredi, a précisé Airbus dans un communiqué, en disant œuvrer avec les compagnies aériennes à “la modification de moins de 100 appareils restants pour s’assurer qu’ils peuvent être remis en service”.Le géant industriel européen avait annoncé vendredi soir un rappel concernant son monocouloir à succès pour remplacer de toute urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires, après un incident fin octobre aux États-Unis.Un vol de la compagnie américaine JetBlue reliant Cancun au Mexique à Newark près de New York avait dû se poser en urgence à Tampa, en Floride, après avoir brutalement piqué vers le bas.Airbus, qui avait exhorté vendredi ses clients à “arrêter immédiatement les vols” d’environ 6.000 appareils concernés, a pu rapidement intervenir sur des milliers d’aéronefs vendredi et samedi, atténuant les craintes de perturbations de grande ampleur sur le trafic aérien mondial.EasyJet, l’un des plus gros exploitants de la gamme A320, a indiqué lundi avoir réussi à mettre à jour l’avionique de tous ses appareils concernés “sans perturbation de notre programme de vols” pendant le week-end. L’ultra low-cost Wizz Air a également signalé lundi n’avoir dû effectuer “aucune annulation de vol” lors du processus, qui est terminé pour l’ensemble de sa flotte affectée.L’A320, dans ses nombreuses variantes, est l’appareil commercial civil le plus vendu au monde. Entré en exploitation en 1988, il avait été livré fin septembre à 12.257 exemplaires.Le chiffre d’une centaine d’A320 restant à modifier avait été évoqué dès samedi matin par le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, mais Airbus ne l’avait pas jusqu’alors confirmé.Lundi, le constructeur a renouvelé ses excuses “pour les difficultés et les retards occasionnés aux passagers et aux compagnies” par cette situation, en les remerciant de “leur compréhension vis-à-vis d’une décision de donner la priorité absolue à la sécurité”.

Internet: l’estimation d’âge par selfie en plein essor pour traquer les trop jeunes

De TikTok à Instagram en passant par les sites pornographiques, les plateformes en ligne traquent de plus en plus les utilisateurs trop jeunes. Les outils d’estimation d’âge par selfie vidéo gagnent du terrain, alimentant l’essor d’entreprises spécialisées.Poussée par de nouvelles législations plus strictes, notamment en Australie où l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 16 ans entrera en vigueur le 10 décembre, cette solution présentée comme rapide et efficace suscite pourtant des critiques sur de possibles biais discriminatoires et des craintes sur la protection de la vie privée.Le fonctionnement est simple: quelques clics, un regard vers la caméra d’un smartphone ou d’un ordinateur, et le verdict tombe en moins d’une minute. “Nous avons estimé votre âge à 18 ans et plus”, indique ainsi la fenêtre ouverte par la plateforme de jeux vidéo Roblox.Au siège de la start-up londonienne Yoti, l’un des acteurs phares de cette technologie, des têtes de mannequins, certaines revêtues d’une perruque ou d’un masque, s’alignent le long de la fenêtre d’un vaste open-space.L’analyse par IA ne s’y laisse pas prendre: “nous ne pouvons pas être certains que l’image était celle d’un vrai visage”, répond la plateforme de la start-up via un téléphone portable, lorsqu’on lui présente ces contrefaçons.Au fil du temps, l’algorithme “est devenu très performant pour repérer les caractéristiques” des visages et estimer l’âge de l’utilisateur, affirme Robin Tombs, à la tête de cette entreprise fondée en 2014.- Vie privée -Yoti a vu son chiffre d’affaires grimper ces dernières années, atteignant 20 millions de livres (22,7 millions d’euros) à la clôture de son exercice annuel fin mars. Elle vient tout juste de commencer à dégager des bénéfices, et projette des revenus de 30 millions de livres cette année.La concurrence prospère aussi: Persona, Kids Web Services, K-id, VerifyMy… Comme Yoti, de nombreuses entreprises du secteur ont adhéré à l’Avpa (Age Verification Providers Association), qui compte 34 membres.L’association prévoyait en 2021 que les revenus annuels du secteur atteindraient 9,8 milliards de dollars entre 2031 et 2036 à l’échelle des 37 pays membres de l’OCDE, des chiffres qui n’ont pas été actualisés depuis.Iain Corby, directeur exécutif de l’Avpa, reste prudent face à l’avenir. “Tant de choses peuvent arriver. La réglementation évolue très rapidement, la technologie aussi”, résume-t-il à l’AFP.D’autant que les méthodes de vérification d’âge dopées à l’IA sont sujettes à critiques.Olivier Blazy, professeur en cybersécurité au sein de la prestigieuse école d’ingénieur française Polytechnique, pointe des solutions “potentiellement un peu intrusives ou dangereuses pour la vie privée”, en fonction notamment des informations partagées au sujet des utilisateurs entre un site et la solution de vérification d’âge qui en restreint l’accès.”Je pense que l’écosystème actuellement a basculé un peu vers l’IA, mais on va peut-être en revenir dans les années futures, dans un but de plus protéger la vie privée des utilisateurs”, indique-t-il.- Maquillage -Le spécialiste, qui a notamment travaillé en collaboration avec l’autorité française de protection des données personnelles, la Cnil, souligne aussi des imperfections techniques: “juste avec du maquillage classique, il est assez facile de se vieillir ou se rajeunir”, note-t-il.D’autres voix soulignent aussi certains biais dans les algorithmes, moins précis concernant l’estimation de l’âge chez des personnes non blanches.Dans un rapport d’évaluation publié en août par un organe indépendant mandaté par les autorités australiennes, les auteurs soulignent que la “sous-représentation des populations autochtones constitue toujours un défi que les vendeurs commencent à relever”.Chez Yoti, le patron Robin Tombs reconnaît avoir moins de données pour entraîner son modèle pour certaines tranches d’âge ou couleurs de peau. Il assure toutefois que son système est capable de “vérifier si les participants utilisent de faux accessoires ou du maquillage” et que toutes les données sont ensuite supprimées.Pour se prémunir des erreurs, les solutions intègrent des correctifs, paramétrables par les plateformes: lorsque l’accès est interdit aux moins de 18 ans, le système exige souvent que l’âge de l’utilisateur soit estimé à plus de 21 ans.Faute de quoi, l’utilisateur se verra demander une autre preuve. Souvent synonyme de la classique pièce d’identité.

En Provence, champ libre pour l’essor de l’amande et de la pistache

Dans un atelier qui embaume la pâte d’amande, des employés enfournent des plateaux de calissons. La traditionnelle confiserie de Provence est de plus en plus fabriquée avec des amandes locales, dont la culture est relancée depuis une décennie.Dans le sillon de l’amande, la pistache s’implante aussi en Provence, en Occitanie et en Corse, encore timidement mais portée par la volonté des agriculteurs de se diversifier face aux difficultés économiques et au réchauffement climatique.Et si la Californie, géant mondial du secteur, inonde les marchés, les producteurs français mettent en avant conscience écologique et fierté de produits haut de gamme.Dans les ateliers du Roy René, confiserie d’Aix-en-Provence, 50 tonnes d’amandes françaises sont désormais utilisées pour certains produits phares: calissons traditionnels, nougats ou pralines.Quand la maison est rachetée en 2014 par l’entrepreneur Olivier Baussan, elle importe des amandes américaines et espagnoles, rappelle le responsable communication Alexis Bertucat. Rapidement germe l’idée de replanter des amandiers.D’une part pour “retrouver une tradition” remontant au 15e siècle. “Si on fait des calissons à Aix-en-Provence, c’est qu’il y avait des producteurs d’amandes tout autour”, poursuit M. Bertucat.Volonté aussi d’instaurer des circuits courts. “Si on prend des amandes plus proches de chez nous, on fait baisser l’impact carbone.”- “Respectueuse de l’environnement” -La France compte désormais plus de 2.700 hectares d’amandiers, selon des chiffres officiels. La production (fruit débarrassé de sa coque) est d’environ 1.200 tonnes explique à l’AFP le producteur François Moulias.Une récolte qui “continuera d’augmenter” mais restera “toujours faible au regard du marché”, reconnaît-il, évoquant des importations frôlant les 50.000 tonnes.”Avec nos pratiques agronomiques plus vertueuses, on ne peut pas avoir les rendements des Américains”, ajoute M. Moulias indiquant que l’amande française “consomme cinq fois moins d’eau” que la californienne.En 2018, il cofonde avec l’ancien ministre Arnaud Montebourg la Compagnie des Amandes, qui s’associe aux agriculteurs pour planter des amandiers sur leurs terrains. L’entreprise dispose aujourd’hui de 230 hectares de vergers “sur tout l’arc méditerranéen”: Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Hérault et Aude.Une usine de transformation a été lancée en octobre. Elle approvisionne des artisans –chocolatiers, producteurs de nougat ou de macarons –comme Ladurée– et des grandes surfaces. Pour l’industrie cosmétique, les amandes se déclinent en poudre ou en huile.L’ambition: “Apporter au consommateur final une amande plus goûteuse, plus respectueuse de l’environnement et produite localement.”- “Résister aux sécheresses” -Dès 2011, Fabien Dauphin, producteur de cerises, s’est lancé dans l’amande comme “culture de diversification.”Il marche ainsi dans les pas de son arrière-grand-père, qui possédait des amandiers avant que le grand gel des années 1950 ne terrasse la filière.Aujourd’hui, M. Dauphin -président du syndicat des producteurs d’amande de Provence- possède 22 hectares à Cucuron. Ses amandes représentent la moitié de ses revenus, notamment grâce aux ventes en ligne, sur les marchés et dans des épiceries fines.”Ca reste un marché de niche. Nos clients sont souvent des gens à fort pouvoir d’achat”, reconnaît-il.Il réfléchit à se lancer dans la pistache. “C’est vraiment deux filières jumelles: on a besoin du même matériel et surtout, on a les mêmes clients.”Si la pistache française en est à ses débuts –550 hectares plantés, une récolte annuelle de 200 kilos–, dans un bassin méditerranéen enchaînant des records de canicule, la culture apparaît “fortement résiliente face au changement climatique”, explique Benoit Dufay, du Syndicat France Pistache.Le pistachier “résiste très bien aux sécheresses”, poursuit-il, même si pour garantir le rendement il faut “irriguer un minimum.”L’initiative a débuté en 2018 avec des agriculteurs et entrepreneurs locaux. La production s’oriente vers “un marché plutôt premium” valorisant un produit “100% français”.Mais pour des volumes conséquents il faudra attendre: les premières récoltes n’arrivent que six ans après avoir planté et les producteurs cherchent surtout une diversification, explique M. Dufay, dont le syndicat compte 130 adhérents.”Un vigneron qui diversifie, le but, ce n’est pas qu’il arrête totalement la vigne”, plaide-t-il. “Quand vous avez une culture qui ne se porte pas bien une année, vous avez la culture numéro deux qui permet d’assurer quand même un revenu.”