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Grève au Louvre: nouvelle AG du personnel, la réouverture du musée en jeu

AG à enjeu au Louvre: les salariés se réunissent mercredi matin pour reconduire ou non la grève qui a empêché le musée d’ouvrir lundi, nouvelle épreuve pour un établissement en crise dont la présidente est réentendue en fin de journée au Sénat sur les failles de sécurité.Dans la tourmente depuis le casse du 19 octobre, le Louvre a gardé ses portes closes lundi après la décision unanime de quelque 400 agents de débrayer contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les non-Européens.Partagés entre déception et résignation, les touristes, nombreux en cette fin d’année, ont dû rebrousser chemin et vont guetter l’issue de l’assemblée générale prévue mercredi à 09H00, qui doit décider des suites d’un mouvement rare par son ampleur. Le musée parisien est resté clos mardi, son jour de fermeture hebdomadaire.Lundi, une réunion de crise a eu lieu avec les syndicats au ministère de la Culture, en première ligne dans ce dossier, pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avanies depuis le cambriolage (fermeture d’une galerie, ouvrages anciens endommagés par une fuite…).”Il y a une grande exaspération des agents”, affirme à l’AFP Christian Galani, délégué CGT, syndicat majoritaire au Louvre. “On ne sait pas ce que ça va donner en AG mais ce n’est pas en donnant un petit os que ça va se régler”.Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère propose d’ouvrir des recrutements dédiés à l’accueil et la surveillance du musée et une revalorisation indemnitaire que les syndicats voudraient pérenne. Trois réunions ont déjà eu lieu au ministère la semaine dernière, dont l’une avec Rachida Dati, sans parvenir à empêcher la fermeture du musée le plus visité au monde.- Désaveu -Fragilisée encore davantage par ce conflit social, la présidente du Louvre passera, à partir de 16H30, de nouveau sur le gril de la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un “échec” devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir “accéléré l’élaboration” du schéma directeur de sûreté.Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée fin 2021.Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le casse et la Cour des comptes a récemment pointé le “report persistant” affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté.La gestion de la sécurité du musée au cours des dernières années a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.Entendu la semaine dernière au Sénat, Noël Corbin, un des responsables de l’enquête, a confessé avoir été “très fortement surpris” de constater qu’un musée comme le Louvre “puisse être aussi fragile”.Sous pression, le Louvre a annoncé début novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs “anti-intrusion”. Mais, signe de désaveu, la ministre de la Culture a confié à Philippe Jost, en charge du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.Mardi, l’ancien président du Louvre, destinataire de deux audits sécuritaires alarmants pendant son double mandat (2013-2021), a défendu son action dans ce domaine, lui qui a jusqu’à présent été épargné par la polémique.”Contrairement à ce que j’ai lu, la culture de la prévention contre le vol n’avait pas disparu”, a assuré Jean-Luc Martinez lors d’une audition au Sénat.L’ancien dirigeant a également contesté toute déperdition d’information lors du passage de relais fin 2021 à Laurence des Cars, qui assure pourtant n’avoir eu connaissance de l’existence d’audits cruciaux qu’après le cambriolage. “Il y a eu continuité de service”, a-t-il soutenu.

Wall Street sceptique face à l’emploi américain

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi, ne parvenant pas à tirer de conclusion claire sur l’avenir de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) après la publication des chiffres de l’emploi américain de novembre.Le Dow Jones a reculé de 0,62%, l’indice Nasdaq a pris 0,23% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,24%.Selon le département du Travail, le taux de chômage est remonté à 4,6% en novembre, au plus haut depuis quatre ans. En revanche, 64.000 créations d’emplois ont été relevées le mois dernier, soit mieux que ce qu’attendaient les analystes.Le rapport, retardé par la paralysie budgétaire qui a frappé les Etats-Unis au début de l’automne, indique également que l’économie américaine a perdu 105.000 emplois en octobre.”La croissance de l’emploi se maintient, mais des fissures apparaissent”, relève Gina Bolvin, de Bolvin Wealth Management Group. Selon elle, “cette combinaison donne à la Fed plus de liberté pour changer de cap sans paniquer”.Face à ces nouvelles données, “le marché obligataire n’a pratiquement pas réagi”, juge auprès de l’AFP Christopher Low, de FHN Financial.Le rendement de l’emprunt américain à dix ans évoluait autour de 4,15% vers 21H20 GMT contre 4,17% à la clôture la veille. L’échéance à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, gravitait autour de 3,48% contre 3,50% la veille.”Et les probabilités d’une baisse des taux de la Fed n’ont pas beaucoup changé”, ce qui signifie que “pour que le marché bouge réellement, il faudra que l’inflation soit en baisse jeudi”, ajoute M. Low.Les investisseurs connaîtront l’évolution des prix à la consommation (CPI) jeudi avant l’ouverture.Depuis septembre, la banque centrale américaine a procédé à trois baisses de taux consécutives afin de redonner de l’élan à un marché du travail atone. Mais de plus en plus de responsables de l’institution s’inquiètent du niveau de l’inflation, qui reste nettement au-dessus de la cible à long terme de 2%.Mardi, la séance a aussi été marquée par la reprise de l’intérêt pour les valeurs technologiques, les géants Oracle (+2,02%) et Broadcom (+0,44%) mettant ainsi un terme à leur série de forts reculs.Le pionnier des véhicules électriques Tesla a lui atteint un nouveau record en clôture, avançant de 3,07% à 489,88 dollars l’action. Le constructeur affiche désormais une valorisation supérieure à 1.600 milliards de dollars.Ailleurs à la cote, le groupe pharmaceutique américain Pfizer (-3,41% à 25,53 dollars) a souffert de ses prévisions pour 2026, son chiffre d’affaires devant être amputé par le reflux du Covid-19 et des pertes d’exclusivité sur certains traitements.Les marchés comptaient sur le plan stratégique et les dernières acquisitions du géant américain pour doper ses performances.Les majors pétrolières ont fait grise mine face à l’érosion des prix de l’or noir, dont les cours ont atteint mardi un plus bas depuis février 2021. Exxon Mobil a perdu 2,62% et Chevron 2,04%.En revanche, cette baisse du prix des hydrocarbures a profité aux compagnies aériennes: American Airlines a pris 4,31% et United 4,44%.La plateforme de paiement en ligne PayPal (+0,97% à 61,33 dollars) a été recherchée après avoir annoncé qu’elle voulait lancer sa propre banque pour proposer des prêts à destination des petites entreprises.

La Mairie de Paris lorgne sur le BHV, son patron dans la tourmente

A trois jours d’une échéance cruciale pour le BHV, la mairie de Paris a manifesté mardi son intérêt pour les murs du grand magasin, augmentant la pression sur son patron, empêtré dans la tempête Shein, tout comme “l’incertitude” des salariés sur leur avenir.”Alors que la situation du BHV suscite aujourd’hui de très fortes inquiétudes pour l’emploi et pour l’avenir du centre de Paris, j’ai souhaité que la ville se donne les moyens d’agir préventivement”, a déclaré la maire socialiste Anne Hidalgo lors du Conseil de Paris qui doit adopter un vœu en ce sens.Si le propriétaire du BHV venait à en “quitter les murs”, la ville “étudiera toutes les possibilités afin de se mettre en position d’acquérir le bâtiment pour garantir la pérennité de l’activité commerciale et de l’emploi, tout en permettant le développement d’un programme mixte incluant également du logement social et abordable”, détaille le vœu de l’exécutif.Propriétaire du fonds de commerce du Bazar de l’Hôtel de ville (BHV) depuis 2023, la Société des grands magasins (SGM) souhaite également en racheter les murs auprès du groupe Galeries Lafayette, les deux parties étant liées par une promesse de vente qui arrive à échéance vendredi.Mais le cofondateur de la SGM, Frédéric Merlin, a suscité un tollé en annonçant début octobre l’installation, au sein du BHV, du premier magasin physique de Shein, marque asiatique de mode ultra-éphémère accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution…). – “Fonds d’investissement” -La Banque des territoires, une entité de la Caisse des dépôts (CDC), s’est ainsi retirée des négociations entamées en juin avec la SGM pour l’aider à s’offrir le bâtiment, invoquant “une rupture de confiance”.De nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) ont en outre quitté le BHV ces derniers mois, en raison d’une accumulation d’impayés ou par opposition à Shein.De quoi compliquer la tâche de Frédéric Merlin, censé avoir bouclé son tour de table le 19 décembre. “A cette date, l’exclusivité tombe et on se réserve la possibilité d’explorer toutes les options qui s’offrent à nous”, a déclaré à l’AFP une porte-parole des Galeries Lafayette.Refusant de voir son nom associé à Shein, ce groupe a par ailleurs rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province – rebaptisés BHV.De son côté, la SGM assure que le projet “avance” et “devrait se concrétiser dans les jours ou semaines à venir”.Auditionné fin novembre à l’Assemblée nationale, M. Merlin avait évoqué des “discussions extrêmement précises” avec des “fonds d’investissement” étrangers non chinois.C’est dans ce contexte que la mairie se tient prête à “rentrer dans le jeu” à partir de vendredi, a expliqué à l’AFP Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint en charge du commerce.- 300 millions d’euros -Au vu du montant – 300 millions d’euros d’après lui – la ville n’achèterait pas seule mais via par exemple une société d’économie mixte comprenant de l’actionnariat privé, indique M. Bonnet-Oulaldj, qui souhaiterait en faire “une vitrine pour les marques fabriquées à Paris, en France, et les jeunes créateurs”.La construction de logements supposerait une modification du PLU (plan local d’urbanisme), la parcelle étant “classée en grand magasin”.Cette “annonce ajoute encore de l’incertitude sur la pérennité du BHV”, qui emploie directement quelque 750 salariés, a réagi son intersyndicale, demandant “à être reçue dès que possible par la Mairie de Paris”.”Le devenir du BHV est suspendu à la finalisation de l’acquisition des murs” mais aussi “à la continuité de l’exploitation commerciale”, prévient-elle, s’alarmant de la “situation dramatique” de l’enseigne, où les ventes de Shein sont “très loin de compenser le manque à gagner sur le reste du magasin”.L’annonce surprise d’Anne Hidalgo a soulevé des critiques à droite. Aurélien Véron (LR), porte-parole du groupe de Rachida Dati au Conseil de Paris, a taclé un “coup de communication improvisé”, à trois mois des municipales.Récemment, Frédéric Merlin a détaillé ses projets au magazine LSA, dont un nouveau système de paiement à l’adresse des fournisseurs.Mais “personne n’y croit”, raille auprès de l’AFP Guillaume Nusse, PDG de Clairefontaine-Rhodia, parti du BHV en raison d'”impayés et de promesses non tenues”.

Assouplir l’objectif 2035, une réponse “pragmatique” aux difficultés de l’industrie automobile, déclare Séjourné à l’AFP

L’UE ne renonce pas à ses ambitions climatiques en assouplissant l’objectif du tout-électrique en 2035, mais adopte une approche “pragmatique” face aux difficultés rencontrées par l’industrie automobile, a défendu mardi le commissaire européen Stéphane Séjourné.”L’objectif reste le même, les flexibilités sont en réalité des réalités pragmatiques au vu de l’adhésion des consommateurs, de la difficulté des constructeurs à proposer sur le marché du 100% électrique pour 2035″, a-t-il déclaré dans un entretien à l’AFP.La Commission européenne a décidé mardi de revenir sur une de ses mesures climatiques les plus emblématiques: l’interdiction de la vente de voitures neuves à moteur thermique ou hybride à partir de 2035.Plutôt qu’un passage au 100% électrique, Bruxelles autorisera finalement les constructeurs à proposer “d’autres types de technologies après 2035″ pour une part limitée de leurs ventes, a expliqué Stéphane Séjourné.L’interdiction totale avait été adoptée lors du premier mandat d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne, au nom de l’engagement européen d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Mais l’UE, face à la concurrence de la Chine et aux tensions commerciales avec les Etats-Unis, a déjà repoussé ou élagué ces derniers mois plusieurs mesures environnementales, dans un virage pro-business assumé.Les assouplissements majeurs accordés mardi aux constructeurs automobiles, vivement critiqués par les ONG, ne remettent pour autant pas en cause l’objectif climatique européen, a affirmé Stéphane Séjourné.”Le cap de l’électrique reste l’objectif en soi, mais les flexibilités sont pragmatiques dans ce moment que nous vivons”, a-t-il dit depuis le Parlement européen.En mars, le commissaire français avait estimé que l’industrie automobile européenne était “en danger de mort”.La crise qu’elle traverse est d’ailleurs “beaucoup plus profonde que uniquement le sujet du CO2 et de la voiture électrique”, a-t-il prévenu mardi. L’assouplissement annoncé mardi était particulièrement plébiscité par l’Allemagne ou la Pologne, qui défendent bec et ongles la “neutralité technologique”, c’est-à-dire le maintien après 2035 des moteurs thermiques. La France était plus sceptique, craignant qu’il n’étouffe la filière européenne des batteries pour voitures électriques, en pleine éclosion.Il serait toutefois faux de penser que la France a perdu cet arbitrage, a jugé Stéphane Séjourné, assurant que Bruxelles allait prêter 1,5 milliard d’euros sans intérêt aux fabricants de batteries européens.

La Bourse de Paris termine en légère baisse après des indicateurs sans éclat

La Bourse de Paris a cédé 0,21% mardi, après avoir digéré des données économiques mitigées des deux côtés de l’Atlantique, tout en gardant un œil sur les pourparlers de paix en Ukraine.Le CAC 40 a perdu 18,72 points, à 8.106,16 points. La veille, l’indice vedette parisien avait clôturé en repli de 0,70%, pour s’établir à 8.124,88 points.En Europe, les marchés ont digéré le baromètre PMI de la croissance de l’activité économique du secteur privé dans la zone euro, en recul à 51,9 points en décembre contre 52,8 points en novembre. Ces chiffres sont inférieurs aux attentes.Aux Etats-Unis, c’était le très attendu rapport sur l’emploi qui a été décortiqué par les investisseurs.Le taux de chômage est remonté à 4,6% en novembre, décevant les analystes, qui s’attendaient à 4,5%, selon le consensus de MarketWatch. Les créations d’emplois ont ralenti, à 64.000 postes en novembre, soit mieux que les 45.000 anticipés.Ces chiffres ne permettent pas aux marchés de tirer des conclusions claires: “le chômage est certes au plus haut depuis 2021” aux Etats-Unis, mais “le rapport n’était pas aussi mauvais que certains le craignaient”, a résumé Fawad Razaqzada, analyste de marchés pour Forex.com.Par ailleurs, “ce rapport sur l’emploi doit être interprété avec prudence” car “la collecte des données a été compliquée par le shutdown”, longue paralysie budgétaire qui a touché le pays du 1er octobre au 12 novembre, a relevé Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO.L’évolution de l’emploi est une donnée particulièrement scrutée par les investisseurs pour anticiper la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed). Plus l’emploi ralentit, plus la Fed serait encline à baisser ses taux l’an prochain pour soutenir l’activité économique, ce qui est positif pour les marchés d’actions. Côté obligataire, le taux à échéance dix ans français a atteint 3,54%, contre 3,56% la veille à la clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a atteint 2,84%, contre 2,85% lundi soir.La défense dans le rougeLes négociations en cours pour la paix en Ukraine pèsent sur les valeurs de la défense en Europe.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de “progrès” dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Les Européens ont avancé l’idée d’une force multinationale pour garantir la paix en Ukraine. “Nous sommes plus proches aujourd’hui que nous n’avons jamais été” d’un accord, a estimé le président américain Donald Trump.A la Bourse de Paris, Thales a perdu 2,15% à 227,50 euros, Dassault Aviation a cédé 1,32% à 268,60 euros.

MaPrimeRénov’: l’Anah se fixe comme objectif 120.000 logements rénovés globalement

L’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui distribue les aides pour la rénovation des logements, s’est fixé comme objectif mardi, lors de son conseil d’administration, de financer des travaux de rénovation énergétique d’ampleur dans 120.000 logements en 2026, sous réserve de vote du budget de l’Etat. Cet objectif se répartit entre 68.000 rénovations de logements en copropriété et 52.000 logements individuels. Conformément à ce qu’a annoncé le ministre du Logement Vincent Jeanbrun samedi, le guichet de demandes d’aides pour des rénovations globales sera de nouveau ouvert à tous les ménages au 1er janvier.Sans approbation du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, tout le dispositif sera cependant suspendu. Cet objectif de 120.000 rénovations est cependant déjà amputé par les 83.000 dossiers encore en stock en cette fin d’année. “Il va y avoir un bouchon total !”, alerte Jacques Baudrier, adjoint PCF chargé du logement à la Ville de Paris, qui appelle à doubler le budget de l’Anah pour répondre à la demande en créant des recettes dédiées.MaPrimeRénov’ pour les rénovations globales a connu un fort afflux de demandes à partir de fin 2024, ce qui a poussé le gouvernement à mettre en pause le dispositif de juin à septembre 2025 et à restreindre ses règles d’octroi de subvention. Pour 2026, l’Anah “a ajusté les paramètres pour garantir la continuité”, notamment en abaissant le montant maximal de subvention par dossier, et assure à l’AFP disposer de “moyens conséquents pour répondre à la demande”.”Chaque territoire aura des objectifs et des moyens et il y aura un dialogue pour surveiller la dynamique tout au long de l’année”, ajoute l’Anah.L’Anah prévoit aussi d’aider 150.000 rénovations par geste -lorsqu’un seul type de travaux est réalisé à la fois – “avec un accent mis sur la décarbonation des modes de chauffage” en cohérence avec la nouvelle Stratégie nationale bas carbone de l’Etat. Au total, le budget d’aides aux particuliers de l’Anah est de 4,4 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros pour la rénovation énergétique.La baisse de 555 millions d’euros de l’enveloppe allouée par l’Etat est compensée par un recours accru aux certificats d’économie d’énergie, qui devraient abonder de plus d’un milliard d’euros l’Anah.Pour Maxime Ledez, chercheur à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), les crédits versés à l’Anah par l’Etat en 2025 “n’ont pas suffi à satisfaire toutes les demandes” et le montant réduit en 2026 “ne suffira probablement pas davantage” malgré les changements de paramètres, selon un billet publié jeudi.Un renforcement de la lutte contre les tentatives de fraude a aussi été acté mardi, avec par exemple la possibilité de réaliser des contrôles physiques à distance.

Dermatose: sur l’A63 bloquée près de Bordeaux, un ras-le-bol sans “espoir”

Plus “d’espoir” et “rien à attendre” des autorités: sur l’autoroute A63, bloquée depuis dimanche au sud de Bordeaux, le jusqu’au-boutisme prédomine chez les agriculteurs qui redoutent que cette énième mobilisation depuis deux ans ne résolve pas leur “ras-le-bol”.Feux de pneus et de détritus, mur de bottes de foin édifiés pour se protéger du vent, barnum équipées de planchas… Une centaine de militants de la Coordination rurale (CR) de Gironde a consolidé le campement sur cet axe majeur entre l’Espagne et la France, qu’ils occupent depuis dimanche soir.Mardi, ils ont démonté les glissières de sécurité et envahi l’autre côté de la chaussée, celle dans le sens Nord-Sud, sous les yeux des forces de l’ordre présentes sur le pont qui enjambe l’autoroute. Un sapin a même été dressé à l’approche des fêtes.”On va rester jusqu’à Noël, le 1er de l’an, et tout ce qui s’ensuit”, déclare à l’AFP Enola Darmaillacq, qui élève notamment 120 bovins de race bazadaise (une race locale) et des canards gras à Rimons, dans le sud de la Gironde.- “Capables de tout” -La jeune femme âgée de 19 ans, bonnet jaune sur la tête, est déterminée et s’attend à une mobilisation “plus musclée” que celles de janvier-février et novembre 2024 “parce que ça fait deux ans quand même qu’on est là. On veut bien être patients, mais on a autre chose à faire”, ironise-t-elle.Dans la ferme familiale en redressement judiciaire, elle a dû repousser son installation “parce que c’est trop compliqué”. Et voilà désormais le spectre de la dermatose nodulaire contagieuse (DMC), escorté de la perspective d’un abattage du troupeau en cas de bête malade.”Mes vaches, pour moi, c’est chacune mon enfant. Elles ont des noms. Il y a une très grosse attache”, confie Enola Darmaillacq, qui n’attend toutefois pas grand-chose du gouvernement: “C’est beau de parler, mais il faut des actes.””Ils nous croient pas capables de tenir ? On est capables de tout”, rebondit Damien Cruzin, 38 ans, employé au sein d’une exploitation céréalière de 700 ha dans le Médoc, au nord-ouest de Bordeaux.- “Paroles en l’air” -Lui est venu par solidarité avec les éleveurs, qui se fournissent en maïs auprès de son employeur, mais le trentenaire aux yeux bleus et au crâne ras ne croit plus au pouvoir politique. “Ce sont des paroles en l’air en permanence. Là, il faut que ça aboutisse”, lance-t-il.Tronçonneuse en main, les agriculteurs abattent des arbres en bord de route pour alimenter le grand feu qui brûle sur le terre-plein central et consolider leurs barrages. Les tracteurs et engins agricoles, pavoisés aux couleurs de la CR, vrombissent à hauteur de l’échangeur de l’autoroute, que les milliers de camions qui remontent quotidiennement d’Espagne sont contraints de quitter pour emprunter une déviation.Dans ce département où la majeure partie des surfaces sont dédiées à la viticulture, autre filière en crise, nombre de vignerons se sont joints aux manifestants, comme Olivier Nadal, âgé de 56 ans. Son exploitation viticole est en redressement judiciaire, son vin ne se vend pas (1.600 hectolitres d’invendus) et il ne se verse aucun salaire “depuis neuf ans”. “On est partis pour rester ici”, prévient cet ancien militaire, gilet fluo sur le dos, se disant prêt à résister aux forces de l’ordre. “Ils savent qu’on a des tracteurs qui peuvent pousser leurs blindés. Ils ne nous font pas peur”, dit-il, jugeant “disproportionné” le récent déploiement de force en Ariège dans le cadre d’un abattage de troupeau.”Il y a un ras-le-bol général”, prévient-il, jugeant la mobilisation “plus forte” que lors de l’hiver 2023-2024. “Il y a deux ans, il y avait de l’espoir. Là, quand on est arrivés dimanche soir, personne n’avait de l’espoir. Tout le monde a dit: +De toute façon, on n’a rien à attendre+”, conclut-il.

Les Bourses européennes terminent en recul

Les marchés boursiers européens ont terminé en recul mardi, après la publication d’un rapport mitigé sur l’emploi en novembre aux Etats-Unis.Paris a perdu 0,23%, Francfort 0,63% et Londres 0,68%. Milan a cédé 0,29%.

Dermatose: Lecornu promet d’accélérer la vaccination, une “urgence absolue”

Sébastien Lecornu a tenté mardi de rassurer les éleveurs très mobilisés dans le Sud-Ouest contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, en promettant “d’accélérer” la vaccination, une “urgence absolue”.”Et pour cela, on a besoin de doses, on a besoin de lever un certain nombre de freins logistiques”, a affirmé le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, en annonçant la mobilisation des vétérinaires de l’armée.Il a insisté sur la nécessité de rendre les doses de vaccin disponibles “au plus près” des élevages, évoquant des décisions à venir alors qu’une réunion ministérielle de crise sur cette maladie contagieuse se tiendra à Matignon à 17H30, la deuxième de la journée.”Nous allons organiser une politique massive, rapide, déterminée de vaccination le plus vite possible en la territorialisant de façon à rassurer les éleveurs”, a précisé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui s’est dite “ouverte à l’extension de la zone” de vaccination.Au total, 113 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés en France, depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie. Mais à ce jour, “il n’y a plus de foyers infectieux”, a assuré la ministre.Plus de 3.300 bêtes ont été abattues sur un cheptel national bovins de quelque 16 millions de têtes. Environ un million ont été vaccinées, et de 600.000 à 1 million d’animaux supplémentaires doivent l’être dans une zone du Sud-Ouest présentée par le gouvernement comme “un cordon sanitaire” destiné à protéger les élevages du reste du pays.- “Amalgame” -Sébastien Lecornu a par ailleurs dénoncé l'”amalgame” qui a pu être fait entre les éleveurs “et 40 à 50 militants de l’ultragauche (…) venus s’immiscer” dans leurs manifestations avec “des armes par destination”. “Il n’y a pas de place pour cette violence”, a-t-il lancé en direction des députés de La France insoumise.Il recevra vendredi les différents syndicats agricoles, dont certains critiquent la gestion de cette maladie et sont aussi indignés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.Au lendemain d’une visite en Occitanie de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, la mobilisation des agriculteurs contre la gestion de cette maladie animale ne retombait pas mardi, au septième jour consécutif, avec plusieurs axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest.Une partie des agriculteurs, surtout de la Coordination rurale, proche de l’extrême droite, et de la Confédération paysanne, classée à gauche, conteste la stratégie d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas. Ils demandent la fin de l’abattage total et un élargissement de la zone vaccinale.- “Mercosur” -L’exécutif doit par ailleurs gérer une autre colère agricole contre la signature du traité du Mercosur. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord.La patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé le président Emmanuel Macron à “dire non” à ce traité plutôt que de demander un report du vote prévu à Bruxelles cette semaine comme l’a fait le gouvernement français. En déplacement lundi soir à Berlin pour des échanges sur l’Ukraine, M. Macron a redit aux dirigeants de l’UE son opposition à la signature de l’accord.Mais ces efforts sur les deux fronts de la colère agricole paraissent insuffisants à beaucoup de manifestants. “Au vu des annonces de la ministre (Annie Genevard)”, les blocages “ne sont pas près de se lever”, a prévenu mardi Guillaume Bénazet, patron des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne.En Nouvelle-Aquitaine mardi après-midi, des agriculteurs bloquaient la circulation dans les deux sens sur l’A63 au sud de Bordeaux, perturbant notamment le trafic des poids lourds en provenance d’Espagne.Des actions étaient également signalées sur l’A64 entre les Pyrénées-Atlantiques et la Haute-Garonne, sur l’A20 autour de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et sur l’A89 (qui relie Lyon) à hauteur de Périgueux en Dordogne et d’Ussel en Corrèze. D’autres actions sont d’ores et déjà prévues mercredi à Limoges, où la Coordination rurale de Haute-Vienne appelle les paysans à monter un mur de foin et de paille devant la préfecture.En Occitanie, après avoir entravé le trafic ferroviaire entre Toulouse et Narbonne mardi matin, à hauteur de Villefranche-de-Lauragais en Haute-Garonne, des agriculteurs ont investi non loin l’autoroute A61 et installé un point de blocage dans le sens Carcassonne-Toulouse.