Test

Amazon annonce des investissements de 35 milliards de dollars en Inde d’ici 2030

Le géant du commerce en ligne Amazon a annoncé mercredi qu’il allait presque doubler ses investissements en Inde, afin d’augmenter les exportations, créer des emplois, et innover dans l’intelligence artificielle (IA) de ce pays d’Asie du Sud.”Amazon a annoncé son intention d’investir plus de 35 milliards de dollars dans toutes ses activités en Inde d’ici 2030, s’appuyant sur près de 40 milliards de dollars déjà investis dans le pays jusqu’à présent”, a déclaré le géant américain dans un communiqué.”Cet investissement se concentrera sur l’expansion des activités ainsi que sur trois piliers stratégiques: la numérisation pilotée par l’IA, la croissance des exportations et la création d’emplois”.Amazon rapporte avoir investi dans des infrastructures aussi bien physiques que numériques, notamment dans les réseaux de transports, les centres de données, les plateformes de paiement en ligne et le développement des technologies.”L’investissement va créer un million d’emploi, booster le cumul des exportations jusqu’à 80 milliards de dollars, et faire bénéficier de l’intelligence artificielle à 15 millions de petites entreprises,” soutient encore le communiqué.  “Nous sommes ravis de continuer à être un catalyseur de croissance en Inde”, se félicite Amit Agarwal, un haut responsable d’Amazon.- Opportunité -Les géants mondiaux de la technologie courtisent activement de nouveaux utilisateurs en Inde, pays le plus peuplé du monde et cinquième économie mondiale. L’annonce d’Amazon intervient un jour après qu’un autre géant du numérique, Microsoft, a indiqué qu’il investira 17,5 milliards de dollars afin de construire des infrastructures pour l’intelligence artificielle en Inde. “C’est notre plus gros investissement jamais réalisé en Asie” a rapporté Satya Nadella, son PDG.Mardi, Microsoft a soutenu que l’une des priorités clés de son plan d’investissement était de “construire des centres de données à grande échelle (hyperscale) sécurisé et souverain afin de permettre l’adoption de l’IA en Inde”.”Au coeur de cet effort se trouve le progrès significatif réalisé dans la région cloud India South Central, basée à Hyderabad, qui devrait être opérationnelle à la mi-2026″, a ajouté Microsoft.M. Nadella a annoncé la nouvelle sur les réseaux sociaux après avoir rencontré le Premier ministre Narendra Modi à New Delhi, remerciant le dirigeant pour “une conversation inspirante sur les opportunités de l’IA en Inde”.Narendra Modi s’est dit pour sa part “heureux” que le géant technologique ait choisi l’Inde pour son plus important investissement en Asie. “La jeunesse indienne saura saisir cette opportunité pour innover et exploiter la puissance de l’IA au service d’un monde meilleur”, a déclaré le Premier ministre sur X.L’intelligence artificielle fait l’objet d’une attention particulière, la start-up américaine Anthropic a dévoilé en octobre son projet d’ouvrir un bureau en Inde. Son patron Dario Amodei a également rencontré Narendra Modi. Google a de son côté annoncé, en octobre aussi, un investissement de 15 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, ainsi que la construction d’un immense centre de données et d’un pôle d’intelligence artificielle dans le pays.OpenAI a annoncé l’ouverture prochaine d’un bureau en Inde. Son patron Sam Altman a souligné que l’utilisation de ChatGPT dans le pays avait quadruplé au cours de l’année écoulée. La société d’IA Perplexity a pour sa part annoncé en juillet un partenariat majeur avec le géant indien des télécommunications Airtel, offrant à ses 360 millions de clients un abonnement gratuit d’un an à Perplexity Pro.Cette initiative intervient avant un sommet sur l’IA prévu en février dans la capitale indienne, New Delhi, où le gouvernement espère réunir des dirigeants politiques de premier plan et des cadres du secteur technologique.

Dans les Hauts-de-France, la vallée de la batterie à l’heure de l’Asie

La souveraineté industrielle promise attendra encore un peu: dans les premières gigafactories françaises ayant commencé à produire des batteries pour véhicules électriques, la présence d’experts asiatiques reste indispensable, même si elle est censée n’être que temporaire.Dans l’usine du français Verkor près de Dunkerque (Nord), qui sera officiellement inaugurée jeudi, des spécialistes venus de différents pays, notamment de Corée du Sud et de Malaisie, facilitent le développement des compétences des équipes locales, explique la société à l’AFP.Verkor est la dernière-née des trois gigafactories tricolores, toutes trois installées dans les Hauts-de-France dans un pôle industriel appelé la vallée de la batterie.Chez AESC, près de Douai (Nord), qui produit des batteries depuis quelques mois, des ingénieurs et techniciens chinois du groupe encadrent au quotidien les recrues françaises.”C’est eux qui nous forment sur la machine, comment la gérer, comment régler les pannes,” explique à l’AFP Ericka Redjimi, 39 ans, arrivée chez AESC en mai sans aucune expérience préalable dans l’industrie: “J’étais vendeuse de prêt-à-porter sur les marchés”.Pour communiquer, “on parle très souvent sur Google Traduction”, confie-t-elle.”J’ai encore besoin d’eux, beaucoup moins qu’au début”, mais “c’est rassurant qu’ils soient encore là”, estime cette conductrice d’installation dans la “zone B” de l’usine, dédiée à la production des cellules pour batteries.En émettant des bips réguliers, des chariots robots autonomes transportent ensuite les cellules dans la zone C, celle de l’assemblage pour former des modules de batteries pour les citadines électriques R4 et R5 de Renault et la Nissan Micra.- “Transmission” -D’ici la fin du premier trimestre 2026, l’usine devrait fonctionner à plein régime, et pouvoir équiper “150.000 à 200.000 véhicules par an”, selon Ayumi Kurose, directeur des opérations d’AESC France.Sur les premiers mois de production, “on est plutôt en ligne sur ce qu’on avait prévu”. “Ce qui est toujours compliqué, c’est la maîtrise des machines”, qui proviennent souvent d’Asie, et la formation du personnel, relève-t-il.Société japonaise majoritairement détenue par le chinois Envision, AESC fabrique des batteries de véhicules électriques depuis 15 ans en Asie. Le groupe peut ainsi s’appuyer sur ce savoir-faire interne pour “avoir les bonnes pratiques dès le début” dans ses nouvelles usines ailleurs dans le monde, explique M. Kurose.Actuellement à Douai, “près de 150 experts chinois et japonais” d’AESC encadrent quelque 800 salariés locaux: ce sont par exemple des spécialistes du “contrôle par vision” industrielle ou de techniques de soudure particulièrement pointues, détaille-t-il.”Le but c’est vraiment la transmission”, souligne-t-il. Ces experts viennent “entre six mois et deux ans, mais ils ne sont pas censés rester”: l’usine de Douai devrait “fonctionner en autonomie à partir de fin 2026″, pense-t-il.”Mes collègues français travaillent vraiment dur, c’est juste qu’ils n’ont pas encore l’expérience”, estime en anglais He Xiaoming, un ingénieur chinois d’AESC de 36 ans. “Une fois qu’ils auront acquis le savoir-faire, ils iront assez vite, je leur fais confiance”.- Partenaire chinois chez ACC -A une trentaine de kilomètres de là, à Billy-Berclau (Pas-de-Calais), ACC, première gigafactory française à avoir démarré en 2024, monte aussi en cadence, après des débuts laborieux.”Ce que l’on produit en ce moment par jour, c’est ce que l’on produisait par mois au début de cette année”, affirme Yann Vincent, le directeur général d’ACC. “On n’est pas encore là où l’on voudrait être”, mais sur le taux de rebuts comme sur les volumes “ça s’est significativement amélioré”.Coentreprise entre Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz, ACC a noué cette année un partenariat temporaire avec un fabricant chinois de batteries, dont elle préfère taire le nom, qui doit gérer de A à Z l’une de ses trois lignes de production jusqu’à l’été 2026, explique M. Vincent.Dans les batteries, les Chinois “ont commencé il y a 15-20 ans. Donc ils ont appris énormément. Nous, on a commencé de zéro il y a cinq ans”, plaide le directeur général. Alors “autant s’appuyer sur les gens qui savent le mieux” pour accélérer l’apprentissage d’un procédé de fabrication “vraiment délicat”.”En faisant cela, on fait ce que la Chine a fait avec les Occidentaux au cours des 30 dernières années (…). On ne va pas perdre en souveraineté, pour autant qu’on apprenne” via ce partenariat, assure M. Vincent.ACC, qui emploie actuellement 1.200 salariés à Billy-Berclau, prévoit d’équiper environ 250.000 voitures électriques en 2026, contre environ 10.000 jusqu’à présent.

Le “burger végétarien” au menu des négociations à Bruxelles

L’Union européenne va-t-elle sauver la peau du “burger végétarien” et des “saucisses végétales” ? Les Etats membres et les eurodéputés doivent négocier mercredi sur l’avenir de ces dénominations contestées par les éleveurs.C’est le Parlement européen qui a mis le feu aux poudres au mois d’octobre en se prononçant pour l’interdiction des termes steak, saucisse ou hamburger quand ces produits ne contiennent pas de viande.A l’origine de la mesure, l’eurodéputée Céline Imart (PPE, droite) dit vouloir éviter “une confusion” avec les produits carnés, afin de mieux valoriser le travail des éleveurs. Il n’est “aucunement question d’interdire les alternatives végétales mais je suis attachée à la valorisation des termes, à leur sens véritable”, ajoute cette élue française, également exploitante céréalière.Mais le débat est loin d’être clos.Les eurodéputés doivent maintenant négocier avec les Etats dont certains se montrent réticents, en particulier l’Allemagne, le plus vaste marché d’Europe pour ces produits “veggie”.Les supermarchés allemands Lidl et Aldi s’opposent à cette interdiction. Ils redoutent une chute de leurs ventes, les termes employés actuellement étant, soulignent-ils, devenus “familiers” aux consommateurs.- Un Beatles s’en mêle -Plus inattendu, une légende de la musique britannique a pris position. Sir Paul McCartney, un des ex-Beatles, s’est associé à un courrier de parlementaires britanniques pour défendre steaks de soja et burgers végétariens.Certes, le Royaume-Uni n’est plus dans l’Union européenne mais leurs marchés sont “étroitement liés” et la décision européenne pourrait influer sur le reste du monde, estiment-ils.Au nom de la protection de la planète, McCartney et cette poignée d’élus appellent donc à s’en tenir à la législation existante : “Les consommateurs choisissent intentionnellement des alternatives à base de plantes et ne les confondent pas avec la viande animale”, assurent-ils.L’interdiction de ces dénominations est une revendication des producteurs de viande. Les alternatives végétales “brouillent les repères et affaiblissent la reconnaissance d’un produit brut et 100% naturel”, en “s’appropriant les dénominations de la viande à des fins marketing”, critique l’interprofession française Elevage et viande (Interbev).En France, un décret proposant d’interdire ce type d’appellation avait été pris en 2024 pour apaiser la colère des agriculteurs. Mais il avait été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025, dans la foulée d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.Au Parlement européen, les eurodéputés avaient rejeté un texte de loi sur le même sujet en 2020.Mais ils ont changé de pied en octobre, à la faveur des nouveaux équilibres politiques à Strasbourg, où la droite et l’extrême droite sont sorties renforcées des élections de juin 2024 et revendiquent leur proximité avec le monde agricole.L’interdiction du “veggie burger” suscite toutefois des divisions, y compris dans ces groupes. L’Allemand Manfred Weber, à la tête de la droite conservatrice européenne, avait balayé d’un revers de la main cette proposition, qui n’est “pas du tout une priorité”, car “les consommateurs ne sont pas stupides”.Le sujet avait enflammé l’hémicycle, les écologistes pilonnant l’influence du “lobby de la viande”. Les produits végétariens imitant la viande ont connu un essor au cours des dernières années, portés par le souci des consommateurs de manger sainement ou de réduire leur empreinte environnementale, les élevages étant de gros émetteurs de CO2.

Neutralité et financement: la patronne de France Télé va rendre des comptes aux députés

Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, est attendue de pied ferme mercredi par les députés de la commission d’enquête sur la “neutralité” et “le financement de l’audiovisuel public”, dans un contexte inflammable pour son groupe.La dirigeante en poste depuis dix ans a affûté ses arguments pour cette audition qui démarrera à 15H30. Elle a assuré au Figaro aborder ces travaux “avec sérénité”, même si elle ne s’attendait “pas à autant de polémiques” en quelques mois autour de France Télé. Charles Alloncle, membre du groupe UDR d’Eric Ciotti et rapporteur de la commission, a déjà donné le ton: il dénonce des “entorses au principe de neutralité” commises par l’audiovisuel public ainsi que de “graves dysfonctionnements financiers et budgétaires”.”Il va chercher à la faire sortir de ses gonds”, anticipe-t-on au sein de France Télévisions, qui regroupe 5 chaînes, 24 antennes régionales et le réseau Outre-mer La Première, soit 8.800 salariés.Charles Alloncle a promis des “pistes radicales” dans le rapport final – non contraignant – qu’il rendra public au printemps, sans se prononcer à ce stade sur une éventuelle privatisation de l’audiovisuel public souhaitée par ses alliés du Rassemblement national.L’audiovisuel public est accusé par une partie de la droite et le Rassemblement national de partialité en faveur de la gauche.Cette commission d’enquête a été créée par le groupe ciottiste dans la foulée de l’affaire Legrand-Cohen. Ces deux journalistes du service public ont été accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion, début septembre, d’une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux de ses responsables.Jérémie Patrier-Leitus, président (Horizons) de la commission d’enquête, cherche à éviter “le procès de l’audiovisuel public”.La commission, composée d’une trentaine de députés de tous bords, “peut être utile si elle permet d’objectiver les choses” sur la neutralité et le fonctionnement du secteur, “à l’ère de la rumeur”, prône-t-il.En septembre, un rapport de la Cour des comptes a mis en évidence une “situation financière critique” à France Télé, qui impose “sans délai des réformes structurelles”. Les Sages demandent que l’Etat fixe à l’entreprise “une trajectoire financière réaliste”, alors qu’une coupe budgétaire de 65 millions d’euros se profile pour 2026.  M. Alloncle cherche à savoir si ce rapport a été retardé pour permettre la reconduction de Mme Ernotte Cunci pour un troisième mandat en mai dernier – les magistrats de la Cour, auditionnés la semaine dernière, l’ont récusé. Dans une rare mise au point, la Cour a même réaffirmé mardi son “indépendance”.- Avant Legrand et Cohen -Le rapporteur de la commission d’enquête a de nombreux autres sujets en réserve: les contrats de France Télévisions avec les sociétés de production, les frais de réception, des nuitées au Festival de Cannes…    Les députés LFI ne sont pas en reste, après notamment le rapprochement fait par l’éditorialiste politique Nathalie Saint-Cricq entre antisémitisme et “quête du vote musulman”, devant l’ex-insoumis Alexis Corbière.  La commission d’enquête a déjà longuement interrogé le président du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom. Martin Ajdari a tenté de défendre le “rôle central” du service public, qui doit “s’adresser à tous et jouer un rôle fédérateur”, mais les échanges se sont rapidement corsés.Selon un sondage Ipsos BVA-Cesi publié dans La Tribune Dimanche, plus des deux tiers des Français (69%) ont une bonne image de l’audiovisuel public. La moitié (48%) pensent cependant qu’il faut le réformer, mais sur certains aspects seulement, et près d’un tiers (31%) qu’il faut le réformer en profondeur.   Radio France et France Télévisions ont des rapports extrêmement tendus avec CNews, Europe 1 et le JDD, des médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré qu’ils ont assignés en justice pour “dénigrement”. Delphine Ernotte Cunci a pour la première fois en septembre qualifié CNews d'”extrême droite”, la chaîne remettant en cause en retour “l’impartialité du service public”.Mercredi 17 décembre, ce sera au tour de Sibyle Veil, PDG de Radio France, d’être entendue par la commission d’enquête, suivie jeudi 18 par la directrice de France Inter et les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand. 

Budget de l’Etat: Lecornu mise sur un consensus des députés sur les enjeux de défense

Fort de l’adoption du budget de la Sécurité sociale, Sébastien Lecornu s’attelle à partir de mercredi au tout aussi clivant budget de l’Etat, avec un débat à l’Assemblée nationale sur les enjeux de défense qu’il espère consensuel.La haie de la Sécu est franchie, mais le marathon budgétaire n’est pas terminé pour le Premier ministre qui a déjà prévenu que l’adoption du budget de l’Etat serait plus “difficile” encore.Pour tenter de dégager une majorité, et alors qu’il a renoncé au 49.3, le Premier ministre a proposé d’organiser au Parlement plusieurs débats, suivis d’un vote, sur cinq thèmes –défense, narcotrafic, agriculture, énergie, déficit– susceptibles de faire converger les députés. Une démarche inédite qui se fait en marge de l’examen en soi du budget, qui se trouve actuellement au Sénat.Les formations politiques diront mercredi à partir de 15H00 “si oui ou non elles souhaitent s’engager vers un renforcement de nos armées”, comme prévu dans ce budget, a expliqué le chef du gouvernement à l’issue d’une réunion préparatoire.Il s’agit par ce vote prévu à 19H30 de “tirer un consensus” et “créer un cadre de compromis pour l’avenir”, souligne-t-il.Mais une majorité sur le budget de l’Etat sera difficile à trouver, le Parti socialiste ayant obtenu très peu de concessions gouvernementales à ce stade. “Je ne dis pas que nous n’arriverons à rien, je dis simplement que pour l’instant, l’évidence c’est que nous n’y arriverons pas dans les délais qui nous sont fixés”, a résumé mardi soir le patron du PS Olivier Faure.- “Cranter des votes” -“Les enjeux sont considérables”, souligne le Premier ministre et ancien ministre des Armées, compte tenu des “risques (qui) se cumulent, les risques terroristes, les risques sur l’ensemble du continent européen” et dans la zone indo-pacifique, ainsi que la “pression terroriste qui continue de monter” au Sahel, et une diplomatie américaine qui crée des “incertitudes stratégiques”.L’augmentation des moyens pour les armées “est absolument considérable” avec 6,7 milliards d’euros supplémentaires prévus pour l’an prochain, et “s’il n’y a pas de budget, la défense, les armées, notre sécurité collective, les industries de défense (en) seraient les premières victimes”, prévient-il.Ce budget permet “des acquisitions de matériel notamment de munitions pour que nos armées puissent s’entraîner” comme des achats de Rafale ou d’A400M, a détaillé la ministre des Armées Catherine Vautrin. Ce débat permettra aux groupes politiques de se positionner sur les dépenses militaires, un volet qui n’avait pas pu être examiné par les députés après le rejet du volet “recettes” du budget de l’Etat en première lecture.Le gouvernement espère sur cette question recueillir l’assentiment des députés, qui donnerait un élan positif à l’examen du texte dans son ensemble.”En général il y a un sentiment assez partagé en soutien des armées, surtout en période troublée”, note un cadre du bloc central, et l’idée du gouvernement est de “cranter des votes sur le budget”.- Divergences stratégiques -Ce débat est “très important notamment du fait du changement de posture des Etats-Unis” prêts à lâcher l’Ukraine et à tourner le dos à l’Europe, souligne le député macroniste Pieyre-Alexandre Anglade, qui prédit une “position de vassalisation” du Rassemblement national et de la France insoumise par rapport à la Russie.Lors d’un débat sans vote sur l’Ukraine en mars dernier, les groupes politiques s’étaient montrés unis dans leur soutien à Kiev, mais avaient exposé des divergences stratégiques sur la défense française et européenne, ou l’intégration de l’Ukraine dans l’UE et l’Otan.Les récents propos du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui a prévenu que la France devait être prête à “accepter de perdre ses enfants”, ont hérissé LFI et le RN, ranimant ces désaccords. Tout comme l’annonce par Emmanuel Macron d’un futur service militaire “volontaire”, même si le président a pris soin de préciser qu’il ne s’agissait pas d’envoyer les postulants en Ukraine.Ce débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, prend la forme d’une déclaration du gouvernement, avant des interventions de chacun des groupes parlementaires, et une réponse du gouvernement à leurs interpellations. Il n’a aucune valeur législative mais peut donner lieu à un vote qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement.

Air Antilles interdite de vols pour “défaillances très significatives” en matière de sécurité

Les avions d’Air Antilles sont interdits de vol pour au moins un mois par le gendarme de la sécurité aérienne qui pointe des “défaillances très significatives” en matière de sécurité, des accusations que la compagnie conteste.”Compte tenu des dysfonctionnements de son système de management de la sécurité”, la Direction générale de l’aviation civile a estimé que la compagnie n’était “plus en mesure d’assurer la sécurité de ses passagers et de ses personnels”, a déclaré la DGAC à l’AFP. Elle a “décidé de suspendre le certificat” d’Air Antilles, “avec effet au mardi 9 décembre 2025 à 00H00 (heure de Pointe-à-Pitre)”, 04H00 GMT, ce qui interdit à la compagnie d’assurer des vols.La suspension du certificat est intervenue à la suite de l’audit de sécurité mené le 4 décembre qui “a révélé des défaillances très significatives dans les processus de sécurité de la compagnie”. Le président de la Collectivité de Saint-Martin Louis Mussington, également président d’Air Antilles, a contesté les explications de la DGAC: “Cette suspension n’a rien à voir avec l’état de sûreté de notre flotte”, a-t-il affirmé à la presse.- “Plan correctif” -Selon lui, l’audit “a mis en évidence un certain nombre de vérifications documentaires”, et la suspension est “essentiellement due à un manquement de procédures”, a-t-il affirmé, en soulignant qu’Air Antilles avait dépensé “plusieurs milliers d’euros pour la maintenance régulière” de sa flotte.”Dès ce matin”, la compagnie a mis en oeuvre “un plan correctif” qui a été envoyé à la DGAC “qui est en train de l’étudier”, a-t-il ajouté. De son côté, la Direction générale de l’aviation civile a accordé à Air Antilles “un délai d’un mois pour mettre en œuvre des actions correctives susceptibles de permettre le rétablissement de son certificat de transporteur aérien”. La suspension de ce certificat “entraîne automatiquement celle de la licence d’exploitation, interdisant également à Air Antilles de vendre des billets”, précise la DGAC. Alors que les avions sont cloués au sol, les passagers concernés sont “basculés vers des vols Air Caraïbes”, l’autre compagnie qui assure la liaison entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin.”Leurs billets sont déjà réservés. Ils sont informés par mail que les vols sont perturbés et on leur demande d’arriver au moins deux heures avant leurs vols à l’aéroport”, souligne Air Antilles.Air Antilles était avec Air Caraïbes le seul transporteur aérien à exploiter ces lignes régionales jusqu’à la liquidation judiciaire de sa société mère, le groupe Caire, en août 2023.La compagnie a été relancée en juin 2024 avec l’appui de la collectivité de Saint-Martin, actionnaire majoritaire qui a investi environ 20 millions d’euros en invoquant la continuité territoriale dans cette petite île franco-néerlandaise.Depuis la reprise d’activité le 20 juin 2024, Air Antilles indique avoir émis 166.000 billets et réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.”Notre priorité pour l’heure, c’est de régler le problème de la licence définitive, c’est-à-dire apporter le financement nécessaire pour garantir la stabilité financière d’Air Antilles”, souligne Louis Mussington. La compagnie, dont la licence arrivait à expiration le 30 septembre, avait annoncé en octobre avoir obtenu un sursis de quatre mois jusqu’au 31 janvier 2026, alors que son avenir dépend encore de l’arrivée d’un nouvel investisseur.Air Antilles “espère pouvoir permettre une reprise rapide et durable des vols” après avoir récupéré son certificat de transport aérien, un agrément délivré par la direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC).La compagnie ne dessert que les îles françaises des Antilles (Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique). Depuis le début de l’année 2025, elle a transporté plus de 121.000 passagers et réalisé un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros.

Wall Street termine sans direction claire, fait une pause avant la Fed

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi, à la veille de la décision de la banque centrale américaine (Fed) sur ses taux d’intérêt, une nouvelle baisse étant largement anticipée par les marchés.Le Dow Jones a lâché 0,37%, l’indice Nasdaq a pris 0,13% et l’indice élargi S&P 500 a clôturé proche de l’équilibre (-0,09%).”Il est normal que le marché marque une pause avant un grand jour (…) les investisseurs adoptent une attitude attentiste”, résume auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.Tous les yeux sont rivés sur le dernier rendez-vous de l’année de la Réserve fédérale, qui a débuté mardi dans la matinée et doit se conclure mercredi.Les marchés financiers s’attendent massivement à ce que l’institution monétaire décide de baisser à nouveaux ses taux directeurs, d’un quart de point de pourcentage, pour les ramener dans une fourchette entre 3,50% et 3,75%.Un assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les anticipations de bénéfices des entreprises.Cette perspective a particulièrement profité mardi à l’indice Russell 2000, réunissant 2.000 PME, qui a évolué non loin de son record en clôture.Les petites et moyennes entreprises “devraient en effet considérablement bénéficier de conditions financières plus souples”, écrit Jose Torres, d’Interactive Brokers.Aussi, “à moins d’un événement imprévu majeur qui viendrait bouleverser les attentes, la décision de la Fed n’aura pas forcément d’impact significatif” sur le marché, note toutefois M. Sarhan.Les investisseurs seront surtout très attentifs à l’actualisation des anticipations de court et moyen terme des membres de la Fed en matière d’évolution des taux, aussi appelée “dot plot”.Les personnalités votant sur les taux directeurs sont récemment parues partagées sur la conduite à tenir face aux signaux envoyés par l’économie américaine.Trois camps se dessinent: les responsables opposés à une nouvelle baisse, ceux qui ont laissé planer le doute et les défenseurs d’un desserrement monétaire.Le discours du président de l’institution Jerome Powell, attendu mercredi à l’issue de la réunion, sera aussi scruté.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans se tendait vers 21H15 GMT, à 4,18%, contre 4,16% à la clôture la veille.A la cote, la banque d’investissement JPMorgan Chase a chuté de 4,65% à 300,54 dollars après avoir annoncé lors d’une conférence mardi qu’elle prévoyait des dépenses supplémentaires de plusieurs milliards de dollars pour l’année prochaine.Le géant américain des snacks et des boissons PepsiCo a terminé dans le rouge (-0,68% à 144,64 dollars) après avoir confirmé ses objectifs pour cette année et prévu une hausse de ses résultats en 2026 à la faveur, en particulier, d’initiatives (innovation, productivité) dans sa branche d’Amérique du Nord.Le réseau de pharmacies CVS Health (+2,23% à 78,23 dollars) a profité de prévisions pour l’année prochaine meilleures qu’escompté par les analystes.Le marché attend désormais les résultats de l’éditeur de logiciels Adobe mercredi, puis ceux du spécialiste des puces Broadcom et de la chaîne de supermarchés de demi-gros Costco jeudi.

Le budget de la Sécu adopté à l’Assemblée, victoire cruciale pour Lecornu

Les députés ont adopté de peu mardi le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, une victoire cruciale pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui gagne son pari dans une Assemblée sans majorité et sans avoir utilisé le 49.3.La chambre basse a adopté le projet de loi, qui contient la suspension de l’emblématique réforme des retraites, par 247 voix contre 234. Après un dernier passage au Sénat, vendredi, il devra revenir à l’Assemblée pour un ultime feu vert.Après le vote, Sébastien Lecornu a salué une “majorité de responsabilité” qui a permis l’adoption du texte, et des députés exerçant de “manière nouvelle leur rôle de législateur”, en l’absence de 49.3, retiré de l’équation en échange d’une non-censure des socialistes.”Cette victoire” est “d’abord celle du Parlement”, a abondé le patron du PS Olivier Faure, l’autre responsable politique qui aurait été particulièrement impacté par un échec.L’issue du vote était particulièrement incertaine du fait du refus affiché par les dirigeants des Républicains et d’Horizons de soutenir le texte.- Macronistes et PS pour, la droite divisée -Et malgré les critiques acerbes du patron du parti Bruno Retailleau, 18 députés LR ont voté pour le texte (3 contre, 28 abstentions).Le patron des députés LR Laurent Wauquiez, a lui invoqué des victoires sur des réductions de hausse d’impôt, la défiscalisation des heures supplémentaires, ou l’indexation totale des retraites. Et peu avant le scrutin, le gouvernement a renoncé sous pression de LR à une mesure visant à encadrer des profits supérieurs à la moyenne dans certains secteurs comme la radiologie.”Ce budget n’est pas à la hauteur des enjeux qui se dressent devant nous”, a estimé le chef du groupe Horizons Paul Christophe. Neuf députés de son groupe ont toutefois voté pour (25 abstentions).Au bilan le projet de loi a été soutenu très largement par Renaissance et le MoDem (unanimement pour), le PS (63 pour, 6 abstentions) et les indépendants de Liot (20 pour, deux abstentions). Le gouvernement a aussi multiplié les gestes ces derniers jours pour obtenir la clémence des écologistes.Un amendement augmentant l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (Ondam) d’environ 3% au lieu de 2% a ainsi été adopté mardi, essentiellement pour acter le renoncement à l’augmentation des franchises médicales (reste à charge dû par les patients, par exemple sur les médicaments).Estimant avoir décroché des investissements pour un fonctionnement “à niveau constant” des hôpitaux et de la médecine de ville, les écologistes se sont majoritairement abstenus (26 abstentions, 3 pour, 9 contre).- “Changement d’alliance” -A contrario l’alliance RN-UDR et les Insoumis ont été unanimes dans leur opposition. Mathilde Panot, cheffe du groupe LFI, dénonçant un “changement d’alliance” des socialistes, et appelant les écologistes à renverser leur position d’ici le vote définitif.Celui-ci pourrait avoir lieu “la semaine prochaine”, selon le patron du groupe MoDem Marc Fesneau.Nommé il y a trois mois à Matignon, Sébastien Lecornu sort provisoirement renforcé de ce scrutin à haut risque.Alors que la question de son départ aurait immanquablement été posée par un rejet, sa méthode des “petits pas”, élaborant des compromis au jour le jour pour passer les obstacles un par un, s’est finalement montrée payante.Pour l’Assemblée, qui fonctionne sans majorité absolue depuis 2022, il s’agit aussi d’une étape dont beaucoup doutaient qu’elle puisse être franchie, alors que l’examen s’est fait dans des délais contraints et un hémicycle ultra-fragmenté.Si le texte est définitivement adopté, le déficit de la Sécurité sociale prévu l’année prochaine est estimé à 19,4 milliards d’euros, a déclaré la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin (contre 23 milliards en 2025). Mais au prix de transferts de 4,5 milliards d’euros des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu, au grand dam notamment d’Horizons.Au-delà de la Sécurité sociale, qui célèbre ses 80 ans, l’enjeu porte aussi sur toute la séquence budgétaire.Au gouvernement, on considère que l’adoption du budget de la Sécu pourrait entraîner une dynamique positive pour celui de l’Etat, actuellement au Sénat et sensiblement plus difficile à faire adopter, en l’absence d’une mesure aussi forte que la suspension de la réforme des retraites.”Ce sera difficile”, a d’ailleurs reconnu mardi Sébastien Lecornu. “Nous en sommes très, très loin” a souligné Olivier Faure, appelant le gouvernement à avoir “la même approche” que sur le budget de la Sécu.la-sac-parl/jmt/mpm

Pierre Moscovici défend l’indépendance de la Cour des comptes pour sa dernière audition à l’Assemblée

Le Premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a vigoureusement défendu l’indépendance de celle-ci, “ni pouvoir ni contre-pouvoir”, pour sa dernière audition mardi devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, consacrée au pacte Dutreil.M. Moscovici, qui va rejoindre en janvier la Cour des comptes européenne à Luxembourg, a salué avec “émotion” la “qualité du travail entre la Cour et le Parlement” ces cinq dernières années.”J’ai souhaité, a-t-il expliqué, que la Cour soit cette institution +sui generis+, ni pouvoir ni contre-pouvoir , à équidistance entre le gouvernement et le Parlement, qui joue pleinement son rôle de tiers de confiance, de vigie pour les finances publiques”.Il a dénoncé “les attaques qui ont ciblé” la Cour, notamment à l’occasion de la publication du rapport sur le pacte Dutreil à la mi-novembre. L’auteur-même de la loi, l’ancien ministre Renaud Dutreil, avait qualifié la Cour “d’officine du Parti socialiste”.”La Cour des comptes est une institution indépendante, on aime ou on n’aime pas ses rapports (mais) on n’a pas à juger les rapporteurs, à (la soupçonner) de sympathie pour tel ou tel parti politique, d’être à la botte du gouvernement ou contre lui, ça n’est jamais le cas”, a-t-il assuré.”J’ai un passé politique, mais comme mes prédécesseurs je l’ai laissé de côté en entrant dans (mon bureau)”, a-t-il assuré : “Philippe Séguin n’était pas un président RPR (les anciens LR), Pierre Joxe pas un président socialiste, et moi non plus”, a indiqué l’ancien élu et ministre socialiste.Lors de son audition, il a insisté sur la nécessité d’une refonte du pacte Dutreil, niche fiscale coûteuse favorisant les transmissions d’entreprises familiales aux membres de la famille, mais a souligné qu’il ne demandait en aucun cas sa suppression.

Budget de la Sécu: Lecornu salue une “majorité de responsabilité” qui a permis son adoption

Sébastien Lecornu a salué l’adoption mardi du budget de la Sécurité sociale en nouvelle lecture à l’Assemblée, “après un débat exigeant, sans 49.3” et grâce à une “majorité de responsabilité” qui “montre que le compromis n’est pas un slogan”.”Les trois parties du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 (…) ont été adoptées librement, après un débat exigeant, sans 49-3, une première depuis 2022″, a souligné le chef du gouvernement. “Cette majorité de responsabilité montre que le compromis n’est pas un slogan : il permet d’avancer dans le sens de l’intérêt général”, a-t-il ajouté.Il a “remercié” les députés qui soutiennent son gouvernement et ont voté le texte “parfois éloigné de leurs propres convictions”, alors que les députés Horizons se sont majoritairement abstenus, ne soutenant pas la suspension de la réforme des retraites concédée aux socialistes, ainsi que les Républicains bien que plus partagés. Il a également “remercié” les députés de l’opposition, “qui ont accepté le principe d’un compromis mais aussi compris que le pouvoir était désormais partagé”. Le renoncement au 49.3, article de la Constitution qui permet l’adoption d’un texte sans vote mais expose à la censure, “leur permet, en l’absence de majorité absolue, d’exercer d’une manière nouvelle leur rôle de législateur. C’est une chance pour la démocratie représentative”, a fait valoir M. Lecornu.Il a toutefois “regretté” que certains groupes “se soient enfermés dans une opposition systématique” et aient “choisi le cynisme plutôt que le patriotisme”, à l’instar du Rassemblement national ou de la France insoumise. “Les Français jugeront”.”Ils se proclament voix du peuple, mais préfèrent torpiller – y compris leurs propres combats – plutôt que de voir un progrès sans leur signature”, note-t-il.Alors que le marathon budgétaire est loin d’être terminé pour Sébastien Lecornu, il assure que “dès demain, il faudra travailler à l’adoption d’un budget pour l’Etat” et “ce sera difficile”, “peut-être plus encore que ces dernières semaines”.”Mais l’état d’esprit du gouvernement ne changera pas : l’intérêt général d’abord, sans céder ni à la fébrilité, ni aux agendas électoraux”. “Les Français en ont assez du désordre. Ils veulent que l’on avance, que l’on décide, que l’on protège”.