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Trump laisse entendre que son conseiller Kevin Hassett est favori pour présider la Fed

Le président américain Donald Trump a laissé entendre mardi que son conseiller économique Kevin Hassett était son favori pour prendre la tête de la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale des Etats-Unis, à partir de l’an prochain.”Je crois que le potentiel président de la Fed est là aussi (…) potentiel (…) je peux vous dire que c’est quelqu’un de respecté. Merci Kevin”, a déclaré le chef de l’Etat au début d’un évènement à la Maison Blanche.Son principal conseiller économique Kevin Hassett était dans la salle. Le sexagénaire était cité depuis plusieurs jours comme favori pour prendre la suite de Jerome Powell, quand le mandat de ce dernier prendra fin en mai.Plus tôt dans la journée, Donald Trump a affirmé qu’il annoncerait “probablement en début d’année prochaine” le nom de la personne qu’il veut voir au sommet de la Réserve fédérale, la banque centrale la plus influente au monde, à laquelle il réclame sans cesse des taux d’intérêt plus bas.”Nous avons probablement étudié dix (candidats) et il en reste un” en lice, a-t-il complété.Il a aussi répété qu’il avait proposé le poste à son secrétaire au Trésor Scott Bessent mais que celui-ci “n’en veut pas”.Le choix de Donald Trump devra être validé par le Sénat à majorité républicaine.L’exécutif planche depuis plusieurs mois sur cette nomination hautement sensible sur les plans politique et financier.Le ministre Bessent avait affirmé la semaine dernière, à la télévision économique CNBC, qu’il y avait “de fortes chances que le président fasse une annonce avant Noël”.- Un autre conseiller à la Fed -Docteur en économie, Kevin Hassett est un défenseur inlassable, dans les médias, des politiques de Donald Trump, qui a promis un “nouvel âge d’or” aux Américains, tout en chahutant entreprises et consommateurs en relevant fortement les taxes sur les produits importés.Si sa loyauté à Donald Trump lui ouvre les portes de la Fed, Kevin Hassett devra convaincre le reste de la classe politique et les investisseurs qu’il ne laissera pas filer l’inflation et qu’il est en mesure de préserver l’indépendance d’une institution qu’il a contribué à éreinter ces derniers mois.Si sa nomination est confirmée, le processus qui s’ouvrira au Sénat s’annonce houleux.Les démocrates ont récemment tenté de faire barrage – en vain – à la nomination à la Fed d’un autre conseiller économique de Donald Trump, Stephen Miran, qu’ils ont décrit comme un “laquais” du président.Devenu gouverneur en septembre, Stephen Miran plaide pour des baisses de taux très fortes, se distinguant nettement des autres responsables.Le mandat de Jerome Powell prend fin en mai. Donald Trump a tenté en vain d’accélérer son départ, en multipliant insultes et récriminations à l’égard de celui qu’il avait propulsé au sommet de la Réserve fédérale au cours de son premier mandat à la Maison Blanche. Depuis, le chef d’Etat dit regretter amèrement ce choix, la Fed maintenant les taux d’intérêt à un niveau trop élevé à son goût.

Le budget de la “Sécu” de retour à l’Assemblée, avec une issue très incertaine

C’est un acte 2 décisif: les députés ont recommencé mardi à plancher sur le projet de budget de la Sécurité sociale, à l’avenir très incertain, avec encore des compromis à trouver à gauche et une coalition gouvernementale qui part divisée.Retraites, franchises, déficit à contenir… Les sujets explosifs ne manquent pas, tous facteurs d’une équation difficile pour rassembler des voix de groupes aux positions souvent opposées.Une adoption du texte mardi prochain serait une victoire majeure pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, privée de majoirté à l’Assemblée. Mais un rejet serait un désaveu cinglant de la méthode gouvernementale.”Le compromis majoritaire est possible”, a lancé le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou en ouverture des débats. “Voter pour ce budget, ce n’est pas un vote de soutien au gouvernement, c’est un vote pour la Sécurité sociale”, a-t-il ajouté, cherchant à convaincre les groupes réticents.”Il n’y a pas de plan B, pas de loi spéciale pour la Sécurité sociale”, a averti le ministre.Devant les députés, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a redit souhaiter contenir le déficit de la Sécu “autour des 20 milliards d’euros” en 2026, alors que certains s’inquiètent qu’il soit creusé par les compromis recherchés.Les députés repartent de la copie du Sénat, qui a profondément remanié le projet de loi en écartant la suspension de la réforme des retraites, concédée par le gouvernement en échange de la non-censure du PS. Le moment est crucial car si le dernier mot est donné à l’Assemblée nationale après un nouveau passage au Sénat, la copie finale ne pourra que très peu différer de celle écrite par les députés cette semaine.L’examen du texte a commencé en fin d’après-midi par l’examen d’une motion de rejet préalable des Insoumis, qui a été largement rejetée. Le Premier ministre pourrait prendre la parole dans la soirée.Les débats sur quelque 900 amendements pourront aller jusqu’à dimanche, avant un vote solennel le 9 décembre. A mi-parcours, les députés voteront d’abord sur la partie recettes. Rejetée, elle emporterait l’ensemble du texte.- “Ingénieurs du chaos” -Face au rejet attendu du texte par le RN, ses alliés et LFI qui regroupent 210 députés, l’adoption pourrait reposer sur l’abstention des communistes, des écologistes et des socialistes, voire sur le soutien de ces derniers, alors qu’une partie du camp gouvernemental pourrait faire défection. En l’état, “on ne peut pas voter pour”, a jugé Edouard Philippe devant le groupe Horizons, qui oscille entre vote contre et abstention. Une “petite bombe”, selon un cadre Renaissance.Le groupe LR n’a pas encore arrêté de position, et est divisé, selon plusieurs sources internes, mais le président des Républicains, Bruno Retailleau, est très opposé à la suspension de la réforme des retraites.Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, s’est emporté devant la presse contre ces prises de positions: “si Edouard Philippe et si Bruno Retailleau considèrent qu’il n’y a pas assez d’ingénieurs du chaos, qu’ils le disent”, a-t-il déclaré, les accusant de travailler “uniquement pour leur candidature à l’élection présidentielle”.Le Premier ministre doit “remettre de l’ordre chez lui” et “avoir le soutien des groupes qui se sont engagés à soutenir le gouvernement”, a estimé la cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, après un rendez-vous avec M. Lecornu mardi. “Il y a beaucoup de travail pour avoir une copie ne serait-ce que acceptable”, a-t-elle ajouté.Les débats pourraient se tendre sur la question de l’augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine, obtenue de haute lutte en première lecture par le PS, et dont LR ne veut pas entendre parler.Autre point brûlant: les franchises médicales, reste à charge payé par les patients par exemple sur les médicaments, que le gouvernement entend doubler par décret.Les députés devraient ré-indexer sur l’inflation les minimas sociaux et pensions de retraite. Et suspendre de nouveau la réforme des retraites.- “Qu’un chemin, le compromis” -Le gouvernement, qui alerte sur un déficit de la Sécurité sociale approchant “30 milliards” d’euros en l’absence de budget, pourrait-il ressusciter le 49.3 pour passer l’obstacle ? Certains députés le souhaitent, estimant plus facile pour les socialistes, voire pour Horizons et LR, de ne pas censurer le gouvernement que de voter ce compromis. “La meilleure solution reste le 49.3 car personne ne veut assumer ce budget”, a encore estimé le président du groupe MoDem, Marc Fesneau.Une piste écartée par l’entourage de M. Lecornu: “Il n’y a qu’un chemin, le compromis parlementaire”.Pour M. Faure, qui avait demandé au Premier ministre d’y renoncer, “le 49.3, c’est la politique pour les paresseux”. Mme Chatelain a aussi dit n’être “pas favorable” à son retour. la-sac-bpa-sl-cma/sde/swi

Au procès pour tentative d’escroquerie contre TotalEnergies, l’ombre de “Dédé la Sardine”

Le rôle de l’homme d’affaires André Guelfi, alias “Dédé la Sardine, figure controversée aux nombreux démêlés judiciaires, a animé les débats au deuxième jour d’un procès pour tentative d’escroquerie au préjudice de TotalEnergies jugé par le tribunal correctionnel de Nanterre.André Guelfi est présenté par la défense comme le personnage central de ce dossier complexe où sept personnes sont soupçonnées d’avoir participé à la mise en place d’un tribunal arbitral frauduleux visant à soutirer plus de 22 milliards de dollars (environ 19 milliards d’euros) à la multinationale à la fin des années 2000.Décédé en 2016 à 97 ans, André Guelfi n’a jamais été entendu dans le cadre de l’enquête, ouverte en 2011 après une plainte de TotalEnergies.  Une situation “problématique et préjudiciable”, a déploré Cédric Labrousse, conseil de l’un des mis en cause, l’avocat et ancien président du tribunal de commerce de Paris Jean-Pierre Mattei.La présidente, Céline Ballerini, lui a assuré que ces éléments seraient “pris en compte” par le tribunal.- Pilote de course -Décrivant un “parcours étonnant”, Mme Ballerini a rappelé que M. Guelfi se targuait d’avoir été “successivement ou simultanément pilote de course automobile, exportateur de poisson au Maroc (d’où son surnom, NDLR) et patron de la marque Le Coq Sportif”.Dans son autobiographie, l’homme d’affaires affirmait avoir aidé à faire élire l’Espagnol Juan Antonio Samaranch à la tête du Comité international olympique et contribué à l’organisation des Jeux olympiques de Moscou en 1980.Il s’est rapproché, dans les années 1990, du groupe Elf (acquis plus tard par l’actuel TotalEnergies), alors dirigé par Loïk Le Floch-Prigent, pour agir comme intermédiaire dans plusieurs pays de l’ex-URSS.A cette même période, en 1992, Elf signe, via l’une de ses filiales aujourd’hui liquidée, un contrat d’exploration de gisements d’hydrocarbures avec les régions russes de Saratov et de Volgograd (sud-ouest du pays) et la société de droit russe Interneft.Ce contrat, soumis à des conditions suspensives et dont la caducité a été confirmée par plusieurs décisions de justice, n’est jamais entré en vigueur.Dix-sept ans plus tard, à l’été 2009, les régions russes et Interneft réclament que TotalEnergies leur verse environ 22 milliards de dollars, arguant que le groupe n’avait pas honoré ses engagements.M. Guelfi est soupçonné d’avoir, à l’appui d’une société de droit chypriote, cherché à mettre en place une procédure d’arbitrage dont le but était d’extorquer le montant pharaonique à TotalEnergies.Plusieurs années avant la constitution de ce tribunal arbitral, “Dédé la Sardine” avait été l’une des figures majeures du procès Elf. Il a été condamné en 2005 en appel à 18 mois de prison pour son rôle dans le détournement de fonds du groupe pétrolier.- Vacances en Corse -En l’absence d’André Guelfi, le tribunal correctionnel se penche depuis lundi sur le rôle exact des sept personnes jugées.Trois d’entre elles sont les membres du tribunal arbitral, dont faisait partie Jean-Pierre Mattei qui devait agir pour le compte de la filiale d’Elf. Il comparaît pour corruption passive par arbitre international et tentative d’escroquerie en bande organisée.Dans son ordonnance de renvoi, le magistrat instructeur rappelle que MM. Mattei et Guelfi se connaissaient avant la constitution du tribunal arbitral et avaient passé des vacances en Corse.Également prévenus, les avocats Olivier Pardo et Xavier Cazottes, qui sont intervenus pour les parties russes, sont eux jugés, en plus des faits d’escroquerie, pour corruption active d’arbitre international et corruption active d’une personne chargée d’une mission de service public, en l’occurrence l’administrateur judiciaire Charles-Henri Carboni.Ce dernier se voit reproché d’avoir désigné M. Mattei tout en étant au courant de sa proximité avec M. Guelfi, ce qu’il conteste.L’avocat François Binet, ancien prestataire de TotalEnergies, est poursuivi pour tentative d’escroquerie. L’ordonnance de renvoi évoque son “double jeu” visant à rester à la fois proche de l’entreprise et de M. Mattei qu’il connaissait.Le procès doit s’achever le 19 décembre. 

En plein débat sur sa nationalisation, ArcelorMittal montre le fruit d’un gros investissement dans le Nord

ArcelorMittal, dont l’Assemblée nationale a voté la nationalisation des actifs français fin novembre, a présenté mardi ses nouvelles lignes de production d’aciers électriques dans le Nord, un segment d’avenir, la preuve selon lui qu’il mise toujours sur la France.Installée à Mardyck, près de Dunkerque, cette nouvelle unité de production qui a coûté 500 millions d’euros représente “le plus important du groupe en Europe depuis dix ans”, a répété mardi le groupe.Trois premières lignes de production, actuellement en phase de rodage, doivent commener à fonctionner d’ici la fin de l’année. Le groupe entend produire à Mardyck plus de 150.000 tonnes de cet acier enrichi de silicium, aux fortes propriétés magnétiques, destiné notamment à la production de moteurs pour voitures électriques, mais aussi pour l’éolien ou le ferroviaire.”On a une impulsion qui a été donnée sur le domaine des transports, avec le bannissement de la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2035 (dans l’Union européenne, NDLR). Mais il y a aussi le domaine de l’utilisation de l’énergie, et donc le basculement du fossile vers l’électricité” dans de nombreux autres secteurs, a souligné mardi Hugues Baudin, pilote du projet aciers électriques.Cela devrait permettre de créer 200 emplois sur le site de Mardyck, qui en compte déjà 450, selon le groupe, qui voit dans cet investissement important la démonstration qu’il “ne se désengage pas de la France”, mais y modernise au contraire ses outils et prépare l’avenir de la production d’acier dans le pays.Deux lignes de production supplémentaires sont prévues pour mi-2027.L’investissement total à Mardyck, d’abord fixé en 2022 à 300 millions d’euros, a été réévalué à 500 millions car “nous avons sous-estimé la complexité de la réutilisation des bâtiments industriels” existants sur place, a expliqué mardi Bruno Ribo, directeur général d’ArcelorMittal France.Une installation similaire existe déjà en Lozère, à Saint-Chély-d’Apcher, dont le site de Mardyck devrait être “l’usine sœur”, selon M. Ribo.Un four de 300 mètres de long dont la température monte jusqu’à 1.000 degrés est presque prêt à être mis en service à l’étage d’une énorme halle tout en longueur, où plusieurs agents se forment et se préparent au lancement des lignes de production.Un cockpit dans lequel se trouve une dizaine d’écrans leur permet de contrôler, d’inspecter, de vérifier la qualité et de repérer les petits défauts sur les bobines.- Motus sur la décarbonation à Dunkerque -Ce nouveau projet à Mardyck, “c’était une bonne nouvelle au départ. Le problème, c’est que c’est un chantier qui dure, qui dure. Tous les mois, on nous dit que ça va démarrer à la fin du mois”, regrette Ludovic Putter, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal à Mardyck.”Il y a des gens qui attendent le démarrage depuis presque deux ans. C’est long pour eux, et certains jettent l’éponge et démissionnent. C’est le service où on a le plus de démissions, sur une ligne qui n’a pas démarré”, ajoute le syndicaliste.Le projet peine à convaincre représentants du personnel, experts et élus politiques de gauche, qui ont fait adopter fin novembre à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France, au nom de la défense de la filière tricolore de l’acier.L’avenir de ce texte est cependant très incertain car il lui sera difficile d’être adopté au Sénat, qui penche à droite. Et le gouvernement y est opposé, y voyant “une réponse populiste à un problème structurel”, dixit le ministre de l’Economie Roland Lescure.La demande d’acier, historiquement portée par l’automobile et le bâtiment, s’émousse en Europe. Et la production locale fait face à l’énorme concurrence de la production asiatique et surtout chinoise, vendue beaucoup moins chère.Malgré des mesures sans précédent de Bruxelles annoncées en octobre pour soutenir la compétitivité de la sidérurgie européenne, ArcelorMittal n’a toujours pas confirmé son projet clé de décarboner ses hauts-fourneaux de Dunkerque.Le groupe a aussi annoncé en avril la suppression de quelque 600 postes en France, un chiffre désormais ramené à 260 emplois en raison de réorganisations et reclassements anticipés. Début novembre, un rapport d’experts mandatés par le CSEC du groupe, contesté par l’entreprise, avait jugé l’avenir du géant sidérurgique “incertain” en France, et critiqué notamment un sous-investissement dans son outil de production.

L’Œuf d’Hiver Fabergé bat un record aux enchères pour 22,9 millions de livres

L’Œuf d’Hiver de la famille impériale russe, considéré comme l’une des plus belles pièces créées par le joaillier Fabergé, s’est envolé pour la somme record de 22,9 millions de livres (26 millions d’euros) aux enchères mardi à Londres chez Christie’s.Il établit “un nouveau record mondial pour une œuvre de Fabergé”, souligne dans un communiqué Margo Oganesian, responsable du département Fabergé et œuvres russes au sein de la maison d’enchères.Ce luxueux objet, qui suscitait la convoitise des collectionneurs internationaux, était estimé à plus de 20 millions de livres par Christie’s, qui n’a pas communiqué l’identité ni la nationalité de l’acquéreur.”Avec seulement une poignée d’œufs de Pâques impériaux encore entre les mains de collectionneurs privés, il s’agissait d’une occasion exceptionnelle et historique”, commente Margo Oganesian. Commandé par le tsar Nicolas II pour sa mère, l’impératrice douairière Maria Feodorovna, l’Œuf d’Hiver des Romanov n’a pas seulement été le témoin des soubresauts de l’histoire moderne russe, il est à bien des égards un objet d’exception.Il a largement dépassé le précédent record pour un œuf Fabergé. Celui-ci avait été établi en 2007 avec la vente de l’Œuf Rothschild par la même maison d’enchères pour près de neuf millions de livres (12,5 millions d’euros) à un collectionneur russe.Par essence, les œufs Fabergé sont des pièces rares, avait rappelé à l’AFP Margo Oganesian.La maison dirigée par le joaillier russe Pierre-Karl Fabergé en a créé 50 pour la famille impériale à l’occasion des fêtes pascales, avant la chute de cette dernière lors de la Révolution de 1917 et son exécution en 1918. Une tradition inaugurée par le tsar Alexandre III. Elle a été poursuivie par son fils, Nicolas II, avec une différence. Le dernier tsar de l’histoire faisait confectionner deux œufs: un pour sa mère, en plus de celui pour son épouse Alexandra.- 4.500 diamants -Ces œufs suscitent un regain d’intérêt sur le marché de l’art depuis les années 1950 – jusqu’ici, principalement auprès des Russes fortunés, désireux de s’offrir un bout de l’histoire de leur pays.A ce jour, seuls 43 d’entre eux existent encore, et sept sont aux mains de particuliers. Mais l’Œuf d’Hiver a une place à part dans la collection des Romanov.Haut de 14 centimètres, taillé dans un fragile cristal de roche et agrémenté de plus de 4.500 diamants, il est, selon les experts, la création la plus luxueuse de la maison pour la famille impériale.Outre l’opulence même de l’objet, c’est “la technique et le savoir-faire” utilisés qui en font un objet exceptionnel. “Il est difficile de comprendre comment Fabergé l’a réalisé”, avait estimé Margo Oganesian.L’œuf et son socle sont sculptés dans le cristal de roche, puis ornés de montures en platine, façonnées en forme de flocons de neige. À l’intérieur, une surprise s’offre aux regards: un bouquet de fleurs composé d’anémones en quartz blanc, fixées sur des tiges en fil d’or dans un panier en platine.Comme les autres possessions des Romanov, il porte sa part d’histoire russe. Il est transféré de Saint-Pétersbourg à Moscou dans les années 1920, où il est vendu par les Bolchéviques.Il est alors acheté par un joaillier londonien. En 1949, il est à nouveau vendu aux enchères à Londres, avant de disparaître des radars. Son propriétaire actuel n’a pas été révélé.”Pendant 20 ans, les experts et les spécialistes l’ont perdu de vue, jusqu’à ce qu’il soit redécouvert en 1994 et mis en vente chez Christie’s à Genève”, a souligné Margo Oganesian. Huit ans plus tard, en 2002, il est à nouveau vendu, à New York cette fois, pour 9,6 millions de dollars.

L’économie allemande traverse “sa crise la plus profonde” de l’après-guerre, selon les industriels

L’économie allemande traverse “sa crise la plus profonde” de l’après-guerre, a averti mardi la première fédération industrielle du pays, reprochant au gouvernement son inaction malgré une quatrième année consécutive de production industrielle en chute.Le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne devrait au mieux connaître une année de stagnation en 2025, après deux ans de récession, tandis que le chancelier Friedrich Merz semble peiner à trouver la recette pour mener des réformes et donner confiance aux entreprises.”L’économie allemande est en chute libre et pourtant le gouvernement ne réagit pas avec la détermination nécessaire”, a dénoncé dans un communiqué Peter Leibinger, président de la Fédération des industries allemandes (BDI). Le communiqué de cette organisation patronale est pour le moins alarmiste et critique du chancelier Merz, un conservateur allié aux sociaux-démocrates au sein d’une coalition gouvernementale assez impopulaire, arrivée au pouvoir au printemps, après des élections législatives marquées par l’essor de l’extrême droite.”Nous attendons cette année une chute de la production de 2%, la production industrielle sera donc en recul pour la 4e année consécutive. Ce n’est pas un trou d’air conjoncturel, mais un décrochage structurel”, martèle le BDI, appelant les autorités à un “tournant dans la politique économique, avec des priorités claires pour la compétitivité et la croissance”.Après avoir fait longtemps exception dans une Europe désindustrialisée, l’Allemagne a profité d’une insolente bonne santé économique dans les années 2010, grâce à un modèle fondé sur l’exportation de produits à haute valeur ajoutée sortant d’usines tournant à plein régime à l’aide du gaz russe bon marché.- Trop-plein de règles -Mais la pandémie de Covid-19, l’envolée du coût de l’énergie après l’invasion russe de l’Ukraine, un manque d’innovation, la concurrence chinoise et désormais les taxes douanières américaines sont venus éroder ses fondations, transformant peu à peu la première économie européenne en homme malade du continent.Le chancelier Merz a promis cet automne une série de réformes et un toilettage bureaucratique en Allemagne comme en Europe, répondant à une revendication des entreprises qui jugent les règlementations trop complexes, y voyant un frein à l’innovation et un moteur de coûts.”Nous avons trop d’exigences réglementaires”, abonde dans une réaction à l’AFP Brian Fürderer, patron de Microqore Medical, un fabricant d’équipements chirurgicaux. Pour cet entrepreneur, le processus allant de “la certification à la mise sur le marché d’un produit prend beaucoup trop de temps et est beaucoup trop compliqué”.M. Fürderer regrette également que les Allemands soient “toujours dépendants de marques étrangères” dans les domaines clés comme l’IA ou les logiciels.La semaine dernière au Parlement, Friedrich Merz a défendu son action, énumérant les réformes adoptées comme la baisse de la fiscalité des entreprises ou la tarification de l’électricité. Mais pour les industriels, ça ne va pas assez vite.- “Réformes structurelles” -“Chaque mois sans réformes structurelles résolues coûtera encore des emplois”, juge le BDI.La transformation de l’industrie allemande met l’emploi sous pression: l’automobile a perdu 6,3% de ses effectifs en un an, soit 48.700 postes, la métallurgie 2,6% depuis un an et plus de 11% depuis 2019, détaille le BDI dans un rapport publié mardi.Dans l’automobile, Volkswagen prévoit ainsi la suppression de 35.000 emplois d’ici 2030, soit 29% de ses effectifs en Allemagne.La fédération de l’industrie chimique et pharmaceutique a déjà alerté sur un niveau de production au plus bas depuis 30 ans dans la chimie. À l’inverse, l’industrie de l’armement, dopée par des investissements massifs, fait figure de bouée de sauvetage pour le gouvernement, qui a appelé mardi à une coopération renforcée entre secteurs.Et si “la situation est sans aucun doute grave”, outre la défense, des secteurs “comme l’aéronautique, la technologie médicale, l’industrie ferroviaire, la technologie énergétique” se portent “globalement bien”, tempère dans une réaction à l’AFP vice-président du syndicat de la métallurgie IG Metall.

La Bourse de Paris dans l’attente de nouvelles sur l’Ukraine et l’économie américaine

La Bourse de Paris a terminé en légère baisse mardi, à l’exception des banques, dans une séance calme marquée par l’attente, d’un côté, d’indicateurs économiques américains déterminants pour la politique monétaire du pays, et de l’autre, de nouvelles sur les négociations pour la paix en Ukraine.Le CAC 40 a perdu 0,28%, soit 22,39 points, pour s’établir à 8.074,61 points. La veille, l’indice vedette parisien a cédé 0,32%, clôturant à 8.097,00 points.”On a un CAC 40 et d’autres indices européens assez timides depuis le début de  la semaine”, constate Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France, interrogé par l’AFP.”Une atmosphère de calme règne sur les marchés”, note Fawad Razaqzada, analyste marchés chez Forex.com, pour qui “l’absence de nouvelles majeures a certainement contribué à ce ton plus serein”.Les investisseurs patientent avant la publication mercredi du rapport mensuel sur les créations d’emplois aux Etats-Unis dans le secteur privé pour novembre puis, vendredi, la très attendue inflation, selon l’indice PCE, pour le mois de septembre.En parallèle, le marché scrute les nouvelles sur de potentielles avancées pour mettre fin à la guerre en Ukraine.Le président russe Vladimir Poutine a accueilli mardi soir au Kremlin l’émissaire américain Steve Witkoff pour évoquer le plan de Washington visant à mettre fin à la guerre, selon des images de la télévision russe.Une délégation de Kiev pourrait rencontrer mercredi Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, en Europe après leurs pourparlers à Moscou, selon une source ukrainienne à l’AFP. L’Ukraine guette avec attention les résultats de cet entretien, le président Volodymyr Zelensky ayant plaidé mardi pour une fin de la guerre et pas “seulement à une pause” dans les combats.Les banques au beau fixeLes banques françaises sont les grandes gagnantes de la séance boursière, Société Générale s’octroyant 2,24% à 61,06 euros, BNP Paribas 2,23% à 75,08 euros, et Crédit Agricole 1,57% à 16,84 euros.Les investisseurs digèrent toujours les propos tenus lundi par le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Kazuo Ueda, qui ont renforcé les attentes d’une hausse de taux de l’institution dès sa réunion des 18-19 décembre.La BoJ va ainsi “réduire l’écart de taux avec les autres banques centrales”, et donc ” déboucler les opportunités de +carry trade+”, un mécanisme consiste à emprunter dans une devise dont la banque centrale pratique des taux bas, comme celle du Japon, pour placer ses fonds dans des actifs à plus haut rendement, explique M. Baradez.Les attentes de hausses de taux de la BoJ font monter également les taux américains et européens: “tout ce qui se passe au Japon déborde des frontières par les phénomènes de transmission de liquidités du Japon aux autres zones”, ajoute-t-il.Les banques profitent ensuite des taux plus élevés car “les marges des banques sont contraintes par les taux faibles”, poursuit Alexandre Baradez. “Quand les taux se redressent, cela profite aux valeurs bancaires en autorisant les banques à faire des marges confortables sur la partie crédit”.

Shein esquive les députés, la procureure de la République saisie

Comme prévu, Shein n’est pas venu: la plateforme d’e-commerce a refusé mardi de se rendre devant une commission de l’Assemblée nationale, tant que la décision de justice sur sa suspension n’est pas rendue, et va en conséquence faire l’objet d’une saisine de la procureure de la République.La sanction encourue est très faible: une amende de 7.500 euros. Mais elle est “symbolique” face à l’attitude “irrespectueuse” de la marque de mode éphémère, explique Sandrine Le Feur, députée Renaissance, présidente de la commission Développement durable et Aménagement du territoire de l’Assemblée, devant laquelle l’entreprise était convoquée.Shein a déjà écopé cette année en France de trois amendes d’un total de 191 millions d’euros, notamment pour fausses promotions et informations trompeuses.Le groupe asiatique avait demandé la semaine dernière un nouveau report de cette audience, arguant qu’il souhaitait attendre d’abord la décision du tribunal judiciaire de Paris sur sa suspension, réclamée par l’Etat en raison des produits interdits qu’elle vendait.Après la découverte fin octobre de la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A, Shein avait été convoqué une première fois le 18 novembre devant la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France de l’Assemblée. C’est ensuite la commission Développement durable qui avait pris le relais, en convoquant Shein le 26 novembre puis le 2 décembre. A chaque fois, Shein a demandé un report en raison de la procédure judiciaire déclenchée par le gouvernement.- “Pas une excuse” -“Les députés sont respectueux des enquêtes en cours et de la séparation des pouvoirs et donc cette enquête n’est absolument pas une excuse”, a répondu Sandrine Le Feur.”Choquée” par les “trois refus” de Shein, elle explique que la saisine du procureur de la République est “une première” pour une commission permanente de l’Assemblée.Cette saisine doit être faite mardi soir, a précisé le cabinet de Mme Le Feur à l’AFP.Selon elle, le comportement de Shein n’est “pas acceptable”. Elle s’indigne notamment de la demande par le groupe asiatique d’un “entretien préalable (…) pour s’assurer de la bonne tenue de l’audition”.Shein a pris “connaissance” de la saisine, et “réaffirme sa volonté de participer aux travaux” de la commission, réagit l’entreprise dans un communiqué transmis à l’AFP.”Nous considérons que toute contribution doit intervenir dans le respect des procédures judiciaires en cours et à l’issue de la décision attendue du tribunal judiciaire”, répète Shein. Une proposition transpartisane de résolution européenne sera par ailleurs soumise mercredi en commission européenne de l’Assemblée pour alerter Bruxelles et demander la suspension de la plateforme à l’échelle de l’UE.Mercredi 10 décembre, les dérives des plateformes d’e-commerce seront encore à l’ordre du jour parlementaire avec la présentation du rapport de la mission d’information sur les contrôles des produits importés.Avant cela, Shein sera au tribunal vendredi. L’Etat y demandera une suspension du site pendant trois mois et une réouverture assortie de conditions, sous contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique.Le parquet de Paris avait indiqué la semaine dernière qu’une demande de blocage de trois mois pourrait être considérée comme disproportionnée au regard de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme.Face à une première tentative de suspension début novembre, le groupe avait retiré les produits incriminés et suspendu toutes les ventes réalisées sur son site français par des vendeurs tiers, sa “marketplace”, ainsi que celles hors habillement.

Pas question de toucher au fonctionnement du livret A, assure Roland Lescure

Le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure a assuré mardi que le gouvernement “n’envisageait absolument pas” de toucher au fonctionnement du Livret A, que suggère de modifier le Conseil des prélèvements obligatoires, un organisme rattaché à la Cour des Comptes.”Les recommandations rendues publiques hier n’engagent que la Cour des comptes et ne constituent en aucun cas la position du Gouvernement”, assure-t-il dans un message posté sur le réseau social Bluesky.Dans un rapport présenté lundi, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) suggère de nombreuses pistes pour réformer la fiscalité du patrimoine, et notamment de modifier les plafonds des livrets d’épargne réglementée (Livret A, livret d’Epargne Populaire-LEP…), en soumettant à l’impôt ce qui dépasserait du plafond.Cela permettrait, selon le CPO, d’inciter à réorienter l’épargne populaire vers des investissements qu’il juge plus efficaces pour l’économie.”Le Gouvernement n’envisage absolument pas de toucher au fonctionnement du Livret A : ni à travers une réduction de son plafond, ni par une fiscalisation, y compris partielle”, assure M. Lescure.Pour lui, le Livret A est “un produit d’épargne populaire essentiel, qui joue un rôle déterminant dans le financement du logement social et du renouvellement urbain”, et “il constitue un outil central pour soutenir les ménages qui en ont le plus besoin”.”S’agissant des préoccupations exprimées sur le pouvoir d’achat”, M. Lescure rappelle dans son message toutes les mesures “fortes” qu’avait prise le gouvernement pour lutter contre l’inflation ces dernières années, comme le bouclier tarifaire ou les chèques énergie.Le sujet est inflammable politiquement. Le ministre bataille ainsi verbalement depuis plusieurs jours avec le RN, dont le président Jordan Bardella a appelé ses partisans à “se mobiliser” contre un projet de hausse des certificats d’économie d’énergie (CEE).Celui-ci fera monter les prix du carburant à la pompe de 4 à 6 centimes par litre en janvier, a prévenu mercredi l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Rappelant que les CEE financent la transition écologique des moins aisés, M. Lescure a accusé M. Bardella, “de ne pas savoir de quoi il parle ou de mentir comme un arracheur de dents”, samedi sur BFMTV.”S’il veut relayer la communication (des pétroliers) il peut le faire, mais il devrait plutôt utiliser la relation qu’il a avec eux pour les convaincre de ne pas augmenter les prix” du carburant, avait-il lancé.

Les Bourses européennes terminent indécises

Les Bourses européennes ont terminé sans direction claire mardi, indécises en pleines négociations pour mettre un terme à la guerre en Ukraine et avant la publication de plusieurs indicateurs macroéconomiques américains déterminants pour la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).La Bourse de Paris a perdu 0,28%, Londres est restée à l’équilibre (-0,01%), quand Francfort a gagné 0,51% et Milan 0,22%.