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Les Bourses européennes terminent indécises, entre inflation américaine et BCE

Les marchés boursiers européens ont terminé sans direction commune mercredi, indécis à la veille de la dernière réunion de la BCE de l’année et de la publication des chiffres sur l’inflation américaine en novembre.Paris a perdu 0,25% et Francfort 0,45%. Milan a pris 0,25%. Londres a gagné 0,92%, portée par ses groupes pétroliers qui ont profité de la hausse du prix du baril, après l’annonce de blocus du Venezuela par Donald Trump.

Dermatose: dans le Sud-Ouest, “mobilisation générale” pour “accélérer” la vaccination

La campagne de vaccination des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) va prendre une “accélération majeure” dans le Sud-Ouest grâce à la “mobilisation générale” des vétérinaires, ont promis mercredi les autorités, sans convaincre les agriculteurs protestataires.Le gouvernement a annoncé pour ces prochaines semaines un objectif de 750.000 bovins à vacciner dans dix départements du quart Sud-Ouest du pays.”Si nous voulons arriver au début du mois de février avec un début d’immunité collective, il nous faut agir rapidement”, a déclaré Jean-Marie Girier, préfet des Pyrénées-Atlantiques, dans une ferme du village béarnais de Riupeyrous où cette campagne de vaccination élargie a démarré mercredi après-midi.”C’est une course contre-la-montre. Une mobilisation générale des vétérinaires”, a estimé le représentant de l’État, promettant “des renforts de vétérinaires retraités, d’étudiants et des vétérinaires des armées” pour permettre “l’accélération majeure” annoncée par le gouvernement.Dans ce département, les 205.000 doses nécessaires à la vaccination de l’ensemble du cheptel bovin seront reçues “d’ici vendredi”, ont assuré les services de l’État.Mais ces promesses logistiques peinent à convaincre les agriculteurs qui protestent contre la stratégie – maintenue – d’abattage systématique des troupeaux dès la détection d’un cas de DNC.”Si la France avait les doses nécessaires, en l’occurrence une dizaine de millions de doses pour vacciner l’ensemble du troupeau national, on n’en serait pas à devoir abattre des troupeaux entiers”, a estimé sur la radio Ici Poitou Stéphane Pelletier, vice-président de la Coordination Rurale (CR) dans la Vienne.Pour Olivier de Ginestet, membre de la CR des Landes présent mercredi matin sur un rond-point occupé depuis plusieurs jours par des agriculteurs à Mont-de-Marsan, “la vaccination, c’est le seul parapluie qui protège, ça permet de vivre avec le virus”.”L’abattage systématique des bêtes, c’est une illusion totale, ça ne marche pas. On l’a bien vu pour le canard, on a abattu des canards et le virus (de la grippe aviaire, NDLR) est toujours là”, estime cet éleveur de volailles.Selon le ministère de l’Agriculture, un stock de 500.000 vaccins est en cours d’acheminement vers le Sud-Ouest et une commande de 400.000 doses, effectuée la semaine dernière auprès des Pays-Bas, sera livrée prochainement.

Tentative d’escroquerie visant TotalEnergies: jusqu’à trois ans de prison ferme requis

Jusqu’à trois de prison ferme et des amendes allant jusqu’à 500.000 euros: ce sont les peines requises jeudi par le parquet de Nanterre contre sept prévenus jugés pour tentative d’escroquerie en bande organisée et corruption d’arbitres internationaux au préjudice de TotalEnergies.Depuis le 1er décembre, sept mis en cause, dont des avocats, un magistrat honoraire et un administrateur judiciaire, comparaissent devant le tribunal correctionnel pour leur implication supposée dans la mise en place d’un tribunal arbitral frauduleux visant à obtenir plus de 22 milliards de dollars (environ 19 mds d’euros) auprès du géant énergétique.Tous les prévenus contestent les faits qui leur sont reprochés.L’affaire a pour point de départ un contrat de prospection et d’exploration pétrolière signé en 1992 entre une filiale de TotalEnergies, Elf Neftegaz (aujourd’hui liquidée), les régions russes de Saratov et de Volgograd ainsi que la société de droit russe Interneft.Soumis à des conditions suspensives, ce contrat, dont la caducité a été confirmée par plusieurs décisions de justice, n’est jamais entré en vigueur.C’est pourtant sur cette base inexécutée qu’a été constitué à l’été 2009 le tribunal arbitral contesté avec pour objectif, selon l’accusation et la partie civile, d’extorquer une somme colossale à la multinationale, accusée à tort de ne pas avoir honoré ses engagements.S’estimant victime d’une tentative d’escroquerie, TotalEnergies a porté plainte en mai 2011.- “Machination” -Dans son réquisitoire, la procureure Nathalie Foy a dénoncé “un plan d’attaque frontal”, “une machination judiciaire et arbitrale” visant à “prendre dans ses filets l’entreprise avec la plus grande capitalisation boursière” de France au moment des faits.Elle a réclamé une peine cinq ans de prison, dont trois ans ferme, à l’encontre de Jean-Pierre Mattei, ancien président du tribunal de commerce de Paris, qui avait été désigné comme représentant d’Elf Neftegaz pour l’arbitrage.Le parquet l’a décrit comme l’un des piliers de la tentative d’escroquerie, le qualifiant de “tête de pont avancée” des manoeuvres d’André Guelfi.L’ombre de ce sulfureux homme d’affaires, ex-dirigeant de la marque Le Coq Sportif décédé en 2016 à 97 ans, a plané tout au long du procès.Pour le parquet, cet ancien intermédiaire du groupe Elf (acquis plus tard par l’actuel TotalEnergies) dans les pays de l’ex-URSS dans les années 1990 a échafaudé l’idée du tribunal arbitral en vue de mener une vendetta contre le groupe.Condamné à de la prison ferme dans le cadre de l’affaire Elf, un gigantesque scandale de détournement de fonds, M. Guelfi aurait en effet développé une rancoeur tenace contre la direction de TotalEnergies, considérant qu’elle l’avait abandonné.”Il a résolu, après plusieurs échecs judiciaires, de poursuivre l’entreprise pour lui soutirer de l’argent par le biais d’un litige inventé en se camouflant derrière des sociétés-écrans et des hommes et des femmes de paille”, a asséné Nathalie Foy.Pour réussir “le plus gros et gigantesque hold-up de sa vie”, il aurait, selon le parquet, recruté des “mercenaires” ayant pour la plupart une fine connaissance des mécanismes judiciaires.Deux ans de prison ferme ont été requis contre Laï Kamara, représentant des parties russes à l’arbitrage, et trois ans avec sursis contre le président de la formation arbitrale décriée, Andreas Reiner.- “Coups tordus” -Contre les conseils des parties russes Olivier Pardo et Xavier Cazottes, Mme Foy a demandé respectivement trois ans et deux ans de prison ferme.”Ces réquisitions sont totalement déconnectées du procès qui a eu lieu”, ont réagi auprès de l’AFP Mes Richard Malka et Rémi Lorrain, avocats de M. Pardo.”Le ministère public fait comme si rien ne s’était dit durant les trois dernières semaines d’audience au cours desquelles, chaque jour, les mensonges de Total et les coups tordus de son service d’intelligence économique ont été découverts et documentés”, ont-ils ajouté, déplorant des “réquisitions déconcertantes”.La procureure a réclamé deux ans de prison avec sursis contre l’administrateur ad hoc d’Elf Neftegaz Charles-Henri Carboni, qui a désigné M. Mattei comme arbitre.Deux ans ferme ont enfin été requis contre l’avocat François Binet qui intervenait comme conseil pour le service d’intelligence économique de TotalEnergies et qui aurait joué un rôle “d’agent trouble ou d’agent double” selon le parquet. Des amendes allant jusqu’à 500.000 euros et des demandes d’interdiction d’exercer la profession d’avocat ou de pratiquer l’arbitrage ont aussi été formulées à l’encontre de plusieurs prévenus.Fin du procès vendredi.

Wall Street attend l’inflation américaine avec prudence

La Bourse de New York restait sur la retenue mercredi, attendant de connaître l’inflation du mois de novembre aux Etats-Unis au lendemain de la publication d’un rapport sur l’emploi qui n’a pas convaincu les marchés.Vers 14H55 GMT, le Dow Jones prenait 0,53%, l’indice Nasdaq reculait de 0,11% et l’indice élargi S&P 500 était pratiquement à l’équilibre (+0,02%).Jeudi, les chiffres des prix à la consommation (CPI) seront publiés avant l’ouverture de la place américaine.Plus l’inflation sera contenue, et plus la banque centrale américaine (Fed) disposera d’une marge de manoeuvre pour abaisser ses taux dans les prochains mois et soutenir l’activité économique, ce qui est positif pour les marchés d’actions.”Les chiffres du CPI de demain devraient être égaux ou inférieurs à ceux du dernier rapport, ce qui devrait continuer à rassurer les investisseurs, car la Fed sera alors disposée à réduire les taux d’intérêt” en 2026, estime auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.S’inquiétant de l’atonie du marché du travail aux Etats-Unis, l’institution monétaire a procédé à trois baisses de taux consécutives depuis l’été, pour un total de trois quarts de point de pourcentage.Mais le dernier rapport sur l’emploi, publié mardi, a donné des signaux contradictoires aux investisseurs.Selon le département du Travail, le taux de chômage est remonté à 4,6% en novembre, au plus haut depuis quatre ans. En revanche, 64.000 créations d’emplois ont été relevées le mois dernier, soit mieux que ce qu’attendaient les analystes.Le rapport, retardé par la paralysie budgétaire qui a frappé les Etats-Unis au début de l’automne, indique également que l’économie américaine a perdu 105.000 emplois en octobre.Plusieurs prises de paroles de responsables de la Fed sont attendues mercredi, et pourraient donner plus de clarté aux investisseurs sur la direction que prendra la Réserve fédérale lors de ses futures réunions.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans restait sans grand mouvement, à 4,16% vers 14H50 GMT contre 4,15% à la clôture la veille.Côté entreprises, Warner Bros Discovery (WBD) reculait de 0,67% après avoir rejeté la contre-offre de son concurrent Paramount Skydance (-3,75%) et préféré l’offre de rachat de Netflix (+1,98%).La proposition de Paramount, qui valorisait Warner Bros à 108 milliards de dollars, “n’est pas dans l’intérêt de WBD”, a fait savoir la société de distribution et de production de films dans un communiqué, recommandant à ses actionnaires de privilégier l’offre de Netflix.Le groupe agroalimentaire General Mills (+2,15% à 48,03 dollars), propriétaire notamment des céréales Cheerios, profitait de performances financières supérieures aux attentes pour le deuxième trimestre de son exercice décalé, avec notamment un bénéfice net par action de 1,10 dollar contre 1,03 anticipé.La compagnie aérienne à bas prix Frontier (+4,50% à 5,38 dollars) avançait après des informations de presse assurant que l’entreprise pourrait fusionner avec son concurrent Spirit.

Importations: un rapport parlementaire dénonce des contrôles “dérisoires” et des fraudes massives

Les contrôles des produits importés en France et dans l’Union européenne sont quasi inexistants, alors même que les flux de petits colis non-conformes provenant du commerce en ligne explosent, alerte un rapport parlementaire mercredi.En 2024, sur un million de produits importés dans l’Union européenne, seuls 82 étaient contrôlés. En France, moins de 1% des produits manufacturés importés sont contrôlés, estime le rapport.Les rares opérations ciblées révèlent des fraudes massives: lors d’un contrôle douanier en 2022, 96% des articles étaient non conformes ou contrefaits. Une opération menée en novembre a confirmé la tendance: huit produits sur dix ne respectaient pas les normes. “Il y a un phénomène qui accélère cette non-conformité et cette concurrence déloyale, c’est le petit colis”, souligne auprès de l’AFP Antoine Vermorel-Marques, député Droite républicaine, co-rapporteur de cette mission d’information sur les produits importés, avec Julien Guibert (RN), sous la présidence de Romain Eskenazi (PS).Les douanes, la Répression des fraudes (DGCCRF) et la direction générale de l’alimentation (DGAL), en première ligne, ont très peu de moyens face à la déferlante des colis, souligne le rapport.En 2024, 4,6 milliards de petits colis ont été livrés dans l’UE, soit 12 millions par jour. En France, le nombre d’articles contenus dans ces colis est passé de 170 millions en 2022 à 773 millions en 2024, selon une étude des Douanes mercredi. Ces produits souvent très peu chers arrivent à 97% de Chine.”Cette dynamique s’explique par l’émergence en 2023 de plateformes construites sur les modèles de l’+ultra-fast-fashion+ ou de +direct-from-factory+ (direc-usine, ndlr) comme Shein et Temu” ou AliExpress, analysent les Douanes.- 1.500 boutiques de vêtements fermées -“Il y a deux phénomènes structurels depuis trente ans, explique le député Vermorel, la libéralisation des échanges avec l’OMC et un phénomène complètement contraire qui est l’augmentation des normes au niveau national et européen pour nos producteurs”.Résultat: le secteur textile est passé de 400.000 salariés dans les années 1970 à 60.000 aujourd’hui, estime le rapport, et 1.500 boutiques de vêtement ont fermé en France en 2024. En deux ans, la filière de la prothèse dentaire a perdu 800 entreprises sur 3.800 et 3.000 salariés sur 15.000. La part des meubles produits en France a elle été divisée par deux en 20 ans.Face à ce constat, Romain Eskenazi a annoncé le dépôt d’une proposition de loi transpartisane pour “renforcer les sanctions” et notamment les amendes qui “ne sont pas assez dissuasives”. La proposition veut instaurer “la notion d’importateur présumé” pour les plateformes, afin de les rendre “responsables du produit” juridiquement en cas de “défaillance” d’un vendeur tiers non implanté en Europe.Dans le rapport, ce sont 29 mesures qui sont préconisées, notamment la taxe de 5 euros sur les petits colis, prévue dans le projet de budget 2026 adopté au Sénat, avant une taxation européenne dès juillet 2026.Les députés demandent plus de moyens pour les services de l’Etat et, au niveau européen, une coordination des services de douanes ainsi qu’une refonte du DSA (Digital services act), règlement européen sur les contenus en ligne qui oblige les grandes plateformes à renforcer les mesures pour protéger leurs utilisateurs contre les contenus illégaux et dangereux.”Avec le DSA, Shein a juste besoin de retirer les poupées pédopornographiques et les armes, mais n’a pas d’amende, et personne ne vient s’interroger sur le montant du bénéfice qui s’est fait là-dessus, parce que le DSA était pensé pour réguler Facebook et les grandes plateformes avec du contenu antisémite, raciste, xénophobe”, explique Vermorel.Questionné à l’Assemblée par Romain Eskenazi, le ministre du Commerce Serge Papin a partagé son constat et rappelé qu’une décision de justice est attendue vendredi sur la demande de suspension pour trois mois du site Shein. “Ce qui s’appliquera à Shein s’appliquera aussi aux autres plateformes coupables des mêmes manquements”, a affirmé le ministre, qui a prévenu que “le combat sera long”. 

Dermatose: à Limoges, des agriculteurs érigent un mur de paille devant la préfecture

“Emmurer” la préfecture pour dire “stop à l’agricide”: des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont acheminé mercredi des tonnes de paille pourrie au centre-ville de Limoges, mécontents des dernières annonces du gouvernement sur l’épizootie de dermatose qui touche les élevages bovins.”Non à l’abattage total”, “Genevard tu te barres”, pouvait-on lire sur des pancartes attachées aux tracteurs ou sur les plastiques noirs entourant les bottes de paille.”On va monter un mur devant la préfecture. La ministre (de l’Agriculture, NDLR) n’a pas pris en compte ce qu’on proposait”, a déclaré à un correspondant de l’AFP Thomas Hégarty, président de la CR en Haute-Vienne, assurant que les “actions coup de poing” allaient se poursuivre “pour mettre la pression”.Une centaine de manifestants, bonnet jaune de la CR vissé sur la tête, étaient présents aux côtés d’une trentaine de tracteurs et remorques transportant quelque 300 tonnes de paille pourrie.Une partie des agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat de la profession) et de la Confédération paysanne (troisième), manifeste sa colère depuis plusieurs jours contre la stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Sans remettre en cause cette politique, le gouvernement a annoncé mardi une amplification de la vaccination dans 10 départements du Sud-Ouest, au-delà des zones où elle était déjà obligatoire en raison de foyers détectés.”On a demandé de vacciner tout le cheptel français. La ministre nous répond: +Un million de doses+, ce qu’elle avait déjà dit il y a 15 jours”, s’insurge Pascal Missou, un agriculteur venu manifester à Limoges.”On est à bout, vraiment à bout (…) Il faut vraiment prendre la décision de tout vacciner. On n’attend pas d’avoir une maladie, même chez l’être humain, pour le vacciner. C’est le principe de la vaccination, tout simplement”, ajoute-t-il.En abattant “des cheptels entiers pour une seule bête” malade, “ils sont est en train de détruire toute notre génétique et notre savoir-faire”, renchérit Pierrick Gouteron, éleveur ovins et bovins et secrétaire général de la CR dans le département.

Journée d’action des artisans du bâtiment, insatisfaits de MaPrimeRénov’ et de la REP

“Le bâtiment ne va plus, la Capeb dans la rue”: une vingtaine d’artisans ont manifesté mercredi à Lille, dans le cadre d’une mobilisation nationale à l’appel de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).Munis de pancartes et de gilets jaunes, plusieurs artisans comme Aurélie Christiaens, 42 ans, parle d’une “impression de ne pas du tout être écouter” par le gouvernement. Elle se dit “écoeurée” par la situation actuelle.La Capeb avait prévu mercredi une trentaine d’autres actions similaires en France, comme à Metz, Montpellier ou Strasbourg, pour protester contre les évolutions de l’aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’, les dysfonctionnement du dispositif de recyclage des matériaux (REP) et exiger une réforme du régime de micro-entreprise.A Lille, les représentants de la Capeb Nord devaient être reçus en début d’après-midi par le préfet.Et le président de la Capeb au niveau national, Jean-Christophe Repon, doit s’entretenir avec le ministre du Logement Vincent Jeanbrun en fin de journée.Il faut des “dispositifs plus simples et plus stables” pour les artisans, plaide M. Repon, présent en matinée au rassemblement à Lille.Il évoque trois revendications principales: un meilleur “accès au marché de MaPrimeRénov’ pour les TPE (très petites entreprises, NDLR)” et une “simplification” des démarches administratives.”A Toulon, avec zéro salarié, j’ai les mêmes dossiers administratifs que Bouygues”, dénonce celui qui est aussi maître artisan électricien.La Capeb a interrogé ses adhérents sur leur position concernant MaPrimeRénov’ et affirme que 62% des 5.000 répondants ont connu une perte d’activité à la suite des derniers changements de ce dispositif (suspension puis resserrement des critères d’éligibilité). La Capeb réclame aussi une responsabilité élargie du producteur dans le secteur du bâtiment (REP PMCB) réellement efficace, alors que pour la plupart de ses adhérents, ce dispositif entré en vigueur en 2023 n’a pas simplifié la gestion des déchets, ni réduit son coût ni fait évoluer leurs pratiques en matière de collecte des déchets. “On paye, le service n’est pas en face et là on nous demande de payer plus cher”, s’offusque M. Repon. 

Mercosur: “La France s’opposerait de manière très ferme” à un éventuel “passage en force” de l’UE, dit Macron

Emmanuel Macron a prévenu mercredi en Conseil des ministres que “la France s’opposerait de manière très ferme” s’il y avait “une volonté de passage en force de la part des instances européennes” sur l’accord commercial avec les pays du Mercosur, a rapporté la porte-parole du gouvernement.Le président juge toujours qu’il n’y a “pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées” par la France, “les mesures miroir, la clause de sauvegarde et les contrôles”, a-t-elle ajouté devant la presse.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a pour sa part estimé mercredi qu’il était “encore prématuré” de signer “dans les prochains jours” le traité de libre-échange négocié par l’UE avec les pays sud-américains du Mercosur.La position de l’Italie sur ce dossier, jugée décisive, était particulièrement attendue alors que la France a fait monter la pression sur Bruxelles pour obtenir un report de l’adoption de cet accord commercial en 2026. Pour autant, la France “ne considère pas comme acquis” un report de la signature du traité, a précisé Mme Bregeon.Mais la position de Rome “est bien la preuve” que “la France n’est pas seule et que d’éminents pays européens sont alignés aujourd’hui avec la position que porte le président” Emmanuel Macron, a-t-elle ajouté.Cet accord créerait la plus grande zone de libre-échange au monde et permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de la viande bovine, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains.A l’inverse, l’Allemagne a appelé à signer ce traité cette semaine, tout comme l’Espagne, également favorable à cet accord passé entre l’UE et le Mercosur, composé du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère toujours signer ce traité lors du sommet du Mercosur samedi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu. Mais elle a besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles. 

La mobilisation agricole enfle dans le Sud-Ouest malgré l’appel à “l’apaisement” de Genevard

Une semaine après les premières protestations devant une ferme ariégeoise, la mobilisation contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue d’enfler mercredi, avec le blocage d’un nouvel axe majeur dans le Sud-Ouest, malgré l’appel à “l’apaisement” de la ministre de l’Agriculture.Dans l’Aude, plusieurs dizaines d’agriculteurs se sont rejoints à bord d’une soixantaine de tracteurs à hauteur de Carcassonne sur l’autoroute A61, après avoir convergé depuis Narbonne et Castelnaudary sous escorte de gendarmerie. Vers 13 heures, ils ont bloqué cet axe reliant Toulouse à la Méditerranée et à l’Espagne, a constaté une équipe de l’AFP.Équipés de drapeaux de la Coordination rurale, de la Confédération paysanne et des Jeunes agriculteurs, les engins agricoles empêchent toute circulation dans les deux sens, pendant que des manifestants démontent des glissières de sécurité et installent des barbecues.”Notre confiance envers les services de l’État a été rompue. Mercosur, PAC, rémunération, taxe carbone, gestion de l’eau: tous les ans, on subit des problèmes de plus en plus gros. Y’en a marre”, ont déclaré des représentants des Jeunes agriculteurs, à leur départ de Narbonne le matin, avant de parcourir près de 70 km sur leurs tracteurs.L’A61 était déjà bloquée depuis mardi dans un sens au niveau de Villefranche-de-Lauragais, en Haute-Garonne. “On a dormi sur place et on continue, on change rien”, a déclaré à l’AFP Dorian Biffi, membre des Jeunes agriculteurs 31. “On est pas là que pour la DNC, il y a tout le reste: le Mercosur, la taxe engrais et la PAC 2027”, a-t-il poursuivi.Depuis mardi, ils empêchent également, au même endroit, la circulation des trains entre Toulouse et Narbonne, sur l’axe Bordeaux-Marseille. “Aucune prévision de reprise des circulations n’est envisagée”, selon SNCF Voyageurs.- “A l’approche de Noël” -Mercredi matin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appelé à “l’apaisement à l’approche de Noël” face aux manifestations et blocages routiers qui perdurent, alors que les agriculteurs ont fait part de leur intention de rester au-delà des fêtes “s’il le faut”.Dans le centre de Limoges, ont été acheminées une trentaine de remorques remplies de bottes de paille pourrie. “On va monter un mur devant la préfecture, on continue nos actions coup de poing pour mettre la pression car la ministre n’a pas pris en compte ce qu’on proposait”, a déclaré à l’AFP Thomas Hegarty, qui préside la CR en Haute-Vienne.”Ce qu’on veut, c’est l’arrêt de l’abattage systématique mais le gouvernement n’est pas décidé à le faire, donc nous, on n’est pas décidé à partir”, a déclaré Stanislas Chedru, un agriculteur des Landes, sur un rond-point de Mont-de-Marsan.A Carbonne des agriculteurs ont passé une cinquième nuit sur l’autoroute A64, tandis que l’A20, l’A63, et l’A89 sont bloquées par endroits. Le ministère de l’Intérieur a relevé mardi 75 actions sur le territoire, contre 45 la veille et 27 dimanche.Le préfet du Gers, Alain Castanier, a annoncé mercredi qu’il déposerait une plainte après que “de nombreux déchets et du lisier” ont été déversés, dans la nuit, devant et sur la préfecture à Auch. Il a condamné des “exactions inacceptables”.”J’ai demandé aux préfets de gérer ce mouvement avec souplesse et tact. On encadre et on évite les dégradations”, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sur France Info.Annie Genevard a précisé que 750.000 bovins seraient vaccinés “dans les semaines qui viennent” dans le Sud-Ouest: une proposition qui ne convainc pas.- “Pas assez” -“On prend la bonne direction, mais ce n’est pas assez”, a estimé sur le blocage de l’A63 Vincent Collineau, éleveur à Monségur et coprésident de la CR 33, qui craint de ne pas “trouver des vaches” pour repeupler si son troupeau devait être abattu.Depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination dans la zone concernée et la restriction de mouvements des bovins.Mardi, Annie Genevard a annoncé une extension de la zone vaccinale, qui concernait jusqu’ici huit départements du Sud-Ouest, à l’Hérault et au Tarn.La campagne de vaccination va mobiliser des vétérinaires de toute la France et de tous horizons (de l’État, libéraux, retraités, militaires), a-t-elle précisé.Elle a également annoncé la création d’un fonds de soutien de plus de 10 millions d’euros destiné aux petits éleveurs, pour compenser les pertes de cheptel, les pertes économiques et la désinfection des installations.Au total, 114 foyers de DNC ont été recensés en France depuis juin, dont 26 en Occitanie. Plus de 3.300 bêtes ont été euthanasiées sur un cheptel de quelque 16 millions de bovins.bur-kal-mdz-bdu/rhl

NanoXplore, l'”Astérix” contre “l’empire américain” des puces, se lance dans la défense

Spécialiste français des puces électroniques utilisées pour piloter les satellites en conditions extrêmes, la PME NanoXplore se lance dans la défense, afin de réduire la dépendance de l’Europe face à ces composants critiques conçus aux Etats-Unis et fabriqués à Taïwan.”Le signal est clair, on veut être un acteur de la défense”, secteur qui “a le vent en poupe”, a déclaré à l’AFP Edouard Lepape, directeur général de l’entreprise familiale, qui vient d’annoncer une levée de 20 millions d’euros auprès du missilier européen MBDA et du Fonds Innovation Défense français. Le diplômé d’école de commerce et ancien banquier d’affaires de 40 ans qui avait fondé l’entreprise en 2013 avec son père ingénieur et cinq collaborateurs – elle en compte près de 150 aujourd’hui – voit NanoXplore comme un “Astérix contre l’empire américain” incarné par les géants comme AMD, Microchip ou Intel.”Sans électronique, un système de défense ne sert à rien, tout comme un satellite. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des composants sont américains et fabriqués à Taïwan”, ajoute-t-il. Ainsi, “il suffit aux Etats-Unis d’appuyer sur un bouton et votre F-35 (avion de combat américain qui équipe plusieurs armées européennes, NDLR) ne décolle pas”, dit-il. – “Environnement hostile” -Spécialisé dans les FPGA (Field Programmable Gate Array), des puces électroniques adaptables qui, contrairement aux processeurs CPU (Central Processing Unit) à l’architecture fixe, peuvent être reprogrammées selon les besoins des missions, NanoXplore assure être la seule entreprise européenne sur ce type de composants. Pièce maîtresse des ordinateurs de bord qui font fonctionner les satellites des programmes européens Galileo (navigation) et Copernicus (observation de la Terre), ces puces sont résistantes aux radiations solaires. “Une valeur ajoutée énorme” dans un “environnement extrêmement hostile qui détériore très rapidement l’électronique”, explique Edouard Lepape qui veut sortir de cette activité “niche” qui a permis à l’entreprise de démarrer. Selon celle-ci, la levée de fonds de 20 millions d’euros vise en particulier à “accélérer la diversification de NanoXplore du spatial vers la défense en développant une nouvelle génération de composants spécifiquement orientés pour ces usages (FPGA sécurisés, très basse consommation) et en adaptant les technologies existantes aux besoins des systèmes terrestres, aériens et navals”.Les puces sont déjà utilisées dans des missiles de MBDA, une activité qui va s’élargir avec l’entrée dans le capital de NanoXplore de ce géant de la défense.    L’ambition de la société, qui représente aujourd’hui 10% du marché européen, est de “remplacer au moins 50%” de composants américains “à un horizon de quatre-cinq ans”.- Taïwan incontournable -Avec son QG à Sèvres, à l’ouest de Paris, et ses antennes à Grenoble et Montpellier, NanoXplore conçoit les puces et les fait fabriquer aujourd’hui en France par la multinationale franco-italienne STMicroelectronics. Mais bientôt, le dirigeant explique qu’il va être obligé de se tourner vers le fondeur taïwanais TSMC qui fabrique les puces électroniques les plus avancées notamment pour le compte d’Apple, de Nvidia, AMD et des acteurs de la défense.”On atteint les limites de ce qu’on peut faire (en Europe). L’explosion de la performance dans les satellites va nous imposer d’aller sur des technologies taïwanaises malheureusement”, dit-il. “C’est l’étape 1, la fabrication du moule” qui va être délocalisée “à horizon 2028-2029″.”On n’est pas capable en Europe de développer” ce type d’usine qui demanderait un investissement de l’ordre de 10 milliards d’euros et “on n’a plus le savoir-faire” après les décennies de désindustrialisation, déplore-t-il.Le marché des puces est moins tendu qu’il y a un an, “mais c’est un marché extrêmement instable”, souligne-t-il en rappelant que des secteurs entiers comme l’automobile avaient été paralysés par la pénurie des puces pendant le Covid.”Toute la production des circuits intégrés haute performance est faite chez TSMC à Taïwan. Il suffit qu’il y ait demain un problème géopolitique entre la Chine et Taïwan, un gros tremblement de terre ou plein d’autres choses pour que toute la machine s’enraye”, conclut-il.