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Bourse de Paris: le CAC 40 vole de record en record et franchit les 8.600 points

L’indice vedette de la Bourse de Paris a franchi jeudi pour la première fois de son histoire les 8.600 points, soutenu par une série de résultats d’entreprises jugés encourageants, dans un contexte d’apaisement des craintes autour de l’intelligence artificielle.Vers 14H30 heure de Paris, l’indice CAC 40 prenait 0,79%, accélérant sa hausse, pour s’établir à 8.626,82 points.Le CAC 40 a atteint jeudi un nouveau record absolu à 8.642,23 points, franchissant pour la première fois les 8.600 points, et dépassant son précédant record datant de la veille à 8.560,91 points.Le marché a accueilli une “batterie de résultats qui sont extrêmement positifs, au-dessus des attentes”, relève Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour Mirabaud France.Engie (+7,30% à 29,55 euros) et Schneider Electric (+5,64% à 279,90 euros) par exemple “annoncent des résultats et chiffres d’affaires au-dessus des attentes, et finalement lorsqu’on analyse les publications, on s’aperçoit que globalement c’est très satisfaisant dans le contexte actuel”, souligne-t-il.Engie profite également de la concrétisation de son ambition poursuivie de longue date de devenir un acteur majeur des réseaux électriques avec l’acquisition du britannique UK Power Networks (UKPN), distributeur d’électricité de référence au Royaume-Uni.Depuis le début de la saison des résultats, l’indice vedette CAC 40 vole de record en record, suivi de près par les autres places européennes. Il signe une hausse de près de 6% depuis le début de l’année, juste derrière le FTSE 100 de Londres qui s’octroie 9% de hausse.Ces niveaux record se fondent “sur des entreprises peu ou pas impactées par les craintes autour de l’intelligence artificielle avec des sociétés qui font leur chiffre d’affaires en France ou en Europe”, donc “moins sensibles aux barrières douanières”, explique par ailleurs M. Rozier, interrogé par l’AFP.Pour lui, les gagnants de cette saison des résultats annuels des entreprises sont “les services” et autres valeurs dites “domestiques”, qui fonctionnent avec des “systèmes de forfaits ou de récurrence de revenus” leur permettant de bien résister aux aléas internationaux.- Contexte favorable -L’indice vedette de la place de Paris bénéficie également d’un contexte favorable après la publication du mastodonte des puces Nvidia.Le géant américain a présenté mercredi des résultats sensiblement supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre de son exercice décalé (clôturé fin janvier). Le bénéfice net de Nvidia ressort à 42,96 milliards de dollars, en hausse de 94% sur un an. A Paris, les entreprises d’informatique Capgemini (+1,68% à 102,95 euros), Atos (+7,98% à 37,80 euros) et Dassault Systèmes (+0,78% à 18,17 euros) évoluaient en hausse vers 14H30.Le contexte économique français profite aussi à l’indice. “Sur l’aspect budgétaire en France, on a passé cet épisode de tension et de risque de censure” qui pesait sur le CAC 40, estime Alexandre Baradez, responsable de l’analyse des marchés à IG France.Et enfin, à l’échelle européenne, l’environnement économique (…) est plutôt stable, l’inflation n’est plus un problème”, affirme-t-il.

En Asie du Sud-Est, un boom des centres de données porté par l’IA pèse sur les ressources

Un bourdonnement incessant dans un immense espace sans fenêtres: près de Jakarta, le vaste centre de données de Microsoft illustre le boom des “data-centers” en Asie du Sud-Est, porté par l’essor de l’intelligence artificielle (IA).Ces installations vastes comme des entrepôts, qui stockent des fichiers en ligne et alimentent des outils d’IA, poussent comme des champignons dans le monde entier et connaissent une croissance particulièrement rapide en Asie.Aucun logo n’apparaît sur la façade du site de Microsoft en banlieue de Jakarta, visité par l’AFP. A l’intérieur, d’innombrables baies de serveurs alignées répondent aux requêtes des utilisateurs locaux.Un système de refroidissement à eau “en circuit fermé”, comparable au fonctionnement d’un radiateur de voiture, évite la surchauffe sans nécessiter de remplissages réguliers. Mais ces centres de données, de plus en plus grands et gourmands en eau comme en électricité, accentuent la pression sur les ressources locales.Des puces plus performantes “nécessitent une intensité bien plus élevée”, explique à l’AFP Noelle Walsh, responsable des opérations cloud de l’entreprise.”Nous avons dû adapter la conception de nos centres de données pour tenir compte des différentes structures d’alimentation électrique et des différents mécanismes de refroidissement”, ajoute-t-elle.La demande va croître: selon KPMG, la capacité de calcul en Asie du Sud-Est devrait tripler d’ici 2030 par rapport à 2025, sous l’effet d’une multiplication par dix de l’utilisation de l’IA.- Essor régional -Singapour, longtemps site privilégié des centres de données, a suspendu leur développement entre 2019 et 2022 pour des raisons énergétiques et foncières. L’explosion de l’intérêt pour l’IA après ChatGPT a favorisé leur installation en Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Philippines et au Vietnam.”L’essor est bien là”, avec des entreprises qui se livrent à une véritable course pour obtenir “l’avantage du premier entrant”, explique Trung Ghi, du cabinet de conseil Arthur D. Little.Héberger des centres de données représente une situation “gagnant-gagnant” pour les gouvernements, assure-t-il. Cela permet, selon lui, d’améliorer l’efficacité des entreprises grâce à des outils en ligne plus rapides et de stimuler les économies locales grâce à des emplois dans les nouveaux parcs technologiques.- Energie fossile -Cette expansion accroît la demande sur des réseaux électriques encore largement dépendants du charbon.En Indonésie, où 70% de l’électricité provient de centrales à charbon, la consommation des data-centers devrait quadrupler d’ici 2030, selon le groupe de réflexion sur l’énergie Ember.Les installations de Microsoft à Jakarta s’inscrivent dans un investissement de 1,7 milliard de dollars, avec une forte hausse de capacité nécessitant des centaines de mégawatts. L’entreprise dit encourager la “transition énergétique”.”Nous ne construisons pas de centrales électriques, mais nous travaillons avec des fournisseurs d’énergie”, détaille Mme Walsh.Dans certaines régions du monde, les opérateurs développent “l’énergie éolienne, dans d’autres, le solaire ; nous utilisons également l’hydroélectrique, et dans certains pays, le nucléaire”.Microsoft a récemment signé un accord avec l’opérateur public indonésien pour augmenter la capacité d’énergie renouvelable pays d’environ 200 mégawatts sur une décennie.- Pression sur les ressources -Amazon, Google, Alibaba et Tencent exploitent aussi des centres à Jakarta. La métropole de 42 millions d’habitants s’enfonce en partie à cause du pompage des eaux souterraines, et un déplacement de la capitale est en projet.”L’essor des centres de données va exercer une pression encore plus forte sur les ressources en eau de la région, qui ont historiquement été surexploitées et mal gérées”, souligne Olivia Jensen, scientifique à l’Université nationale de Singapour.Microsoft prévoit que sa consommation d’eau augmentera jusqu’en 2028 puis se stabilisera à 660 millions de litres par an, grâce à de nouveaux systèmes en circuit fermé.Avec le développement rapide des technologies d’IA, l’entreprise a réservé de vastes étendues de terrain sur son site de Jakarta pour de futures constructions.Mais les systèmes de nouvelle génération nécessiteront probablement une puissance de calcul plus importante, avertit M. Ghi.”Si ces installations deviennent de plus en plus grandes et de plus en plus gourmandes, alors il y aura des dégâts”.

Bansko, la station de ski bulgare devenue refuge pour nomades numériques

Lorsque la Française Anne Dupal et sa famille débarquent début 2022 à Bansko, petite commune de Bulgarie connue pour son domaine skiable, l’endroit ne correspond pas vraiment à leur “vibe”. “Lumières flashy, genre sex club, musique techno, des rabatteurs pour les restaurants”, se souvient cette ancienne graphiste parisienne de 47 ans.Mais c’est dans cette ville de montagne du sud-ouest de la Bulgarie qu’elle, son mari et leurs deux enfants disent avoir trouvé leur équilibre, et aujourd’hui ils font partie des centaines de familles venues du monde entier à s’y être installées durablement, dynamisant l’économie locale jusque-là dépendante des sports d’hiver.Au-dessus des maisons en pierre et des rues pavées de la commune de 10.000 habitants se dessine la silhouette des sommets karstiques du Pirin, dominée par le mont Vihren (2.914 m). Les 75 kilomètres de pistes du domaine skiable accueillent ces dernières années des manches de la Coupe du monde. A moins de deux heures de la capitale Sofia et à deux heures et demie des côtes grecques, entourée de sources thermales, la ville attire désormais aussi pour sa qualité de vie, sa connexion internet rapide ainsi qu’une fiscalité bulgare avantageuse.Pour Anne Dupal et son époux Christian Rudnicki, ex-graphiste également, Bansko, où ils ont lancé une micro-boulangerie, offre un mélange inattendu de proximité villageoise et d’ouverture internationale.M. Rudnicki se réjouit ainsi d'”avoir la grand-mère à côté, qui vient m’apporter des tomates ou des herbes, et, après, rencontrer une famille d’Indonésiens à la boulangerie” tandis qu’Anne Dupal se dit séduite par l’identité locale forte. Dans le centre de la vieille ville, un ancien grand magasin a été reconverti en un espace de coworking moderne, où aime venir travailler Oscar Train.Le jeune Danois de 25 ans qui a grandi outre-Manche a posé ses valises à Bansko en 2021, attiré par les commentaires élogieux lus sur les réseaux sociaux, et la perspective de payer 10% d’impôt quand au Royaume-Uni “ce serait 45%”.Il y a rencontré son épouse, elle aussi nomade numérique, et en hiver n’aime rien de mieux que commencer sa journée par deux heures sur les pistes, grâce au décalage horaire avec Londres, où se trouve la société d’assurances qui l’emploie.Le maire de Bansko, Stoycho Banenski, dit avoir du mal à estimer le nombre exact d’étrangers installés, mais l’ampleur du phénomène se mesure aux espaces de coworking “où on compte 500 à 600 personnes”. Sauveteur en montagne, M. Banenski voit dans ce succès une alternative bienvenue à l’économie des sports d’hiver de plus en plus fragilisée par le changement climatique. Selon un rapport de février 2026 de l’Institute of Market Economics, un centre de réflexion basé à Sofia, l’installation d’étrangers contribue à lisser la saisonnalité des revenus.- Gentrification -Parmi eux, la septuagénaire Lilia Tes explique avoir cherché “une petite ville en Europe où nous pourrions venir profiter du calme, de la forêt, sans musées”.Bibliothécaire à Saint-Pétersbourg jusqu’aux années 1990, avant de s’installer en Israël, elle y a acheté un appartement en 2017 et y vient plusieurs fois par an.Svitlana Karabin et Viktor Vavrynchuk, deux artistes ukrainiens, sont eux arrivés il y a huit mois. Ils vendent des tapis traditionnels en laine de mouton, tissés par la tante de Viktor.Le couple proche de la quarantaine, qui se proclame “nomade dans l’âme”, apprécie l’amabilité des habitants ainsi que la multitude de nationalités rencontrées. “Tu voyages à travers le monde sans voyager”, dit Svitlana.La ville a vu fleurir des cafés et restaurants hauts de gamme et “les jeunes en profitent”, apprécie Nikola Kalistrin, 29 ans, natif de Bansko.Cette internationalisation, qui culmine avec la “Fête nomade” en été, une semaine d’activités culturelles célébrant le mode de vie nomade, a aussi son revers, constate toutefois Anne Dupal : la hausse du coût de la vie.”Il y a une gentrification qui est liée, je pense, malheureusement, à des personnes comme nous, mais aussi à beaucoup de Bulgares qui quittent les villes”, souligne-t-elle.

Le géant de l’audiovisuel Mediawan affirme son ancrage français

Mediawan, un des leaders européens de l’audiovisuel derrière les succès “10 pour cent” ou “Miraculous”, est un groupe “français” malgré la présence d’un fonds américain dans son actionnariat, a assuré jeudi son président Pierre-Antoine Capton devant des députés français, qui s’en inquiétaient.”J’aimerais (…) qu’on ne dise plus dans le cadre de cette commission d’enquête que Mediawan est un groupe sous contrôle américain, ce qui n’est pas le cas”, a voulu mettre au point M. Capton dès le début de son audition devant la commission sur l’audiovisuel public, qui l’auditionne au titre de ses productions pour France Télévisions, le groupe public français.Le député de l’UDR (droite), allié du RN extrême droite), Charles Alloncle, rapporteur de cette commission d’enquête, a soutenu plusieurs fois que Mediawan, “première société de production à bénéficier des contrats avec France Télévisions”, serait majoritairement détenu “par un fonds d’investissement américain, KKR”.Au nom du “secret des affaires”, et s’agissant d’une société qui n’est plus cotée en bourse, M. Capton n’a pas révélé la répartition du capital de son groupe, qui a réalisé 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans le monde en 2024. Mais il a assuré “sous serment” que “KKR n’est pas l’actionnaire majoritaire de Mediawan”.”Mediawan est un groupe français au sens juridique, fiscal et opérationnel. Son contrôle est français (…) Notre siège est à Paris, nos équipes sont en France, nos décisions stratégiques sont prises en France, le groupe dans son ensemble est soumis au droit français, à la fiscalité française et aux obligations sociales françaises”, a énuméré Pierre-Antoine Capton, qui a fondé le groupe en 2015 avec les hommes d’affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse, auditionnés jeudi après-midi.”Nous sommes les contrôlants de cette société, rien ne peut se faire sans nous. KKR est un actionnaire important qui n’a ni le contrôle, ni la majorité”, a insisté M. Capton.Il a aussi voulu battre en brèche l’idée que la santé financière de Mediawan, groupe qui rassemble 80 maisons de production, dépend de ses contrats avec France Télévisions.”Notre développement ne repose pas sur le service public”, a-t-il assuré, précisant que “France Télévisions représente moins de 5% de l’activité consolidée de Mediawan” au niveau mondial, et “25% en France”.Mediawan avait racheté en 2017 AB Productions, emblématique en France pour ses émissions de jeunesse, puis a mis un pied à Hollywood en acquérant les sociétés américaines Plan B, présidée par Brad Pitt, ou The north road company début 2026.

Accord sur les ruptures conventionnelles: le gouvernement satisfait, la CGT remontée

Le gouvernement a salué jeudi le “sens des responsabilités” des partenaires sociaux après l’accord trouvé mercredi soir sur les ruptures conventionnelles, mettant en avant des économies “solides”, la CGT, qui s’y oppose, dénonçant pour sa part des efforts pesant uniquement sur les salariés.”Le dialogue social fonctionne quand on lui laisse du temps”, a réagi le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X après l’accord conclu entre les trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) et deux syndicats, la CFDT et la CFTC. FO réserve encore sa réponse tandis que la CGT et la CFE-CGC ont indiqué qu’elles ne signeraient pas.”Le dialogue social, ça marche (…) et ça prouve que les organisations, qu’elles soient sociales ou patronales, ont le sens des responsabilités”, a abondé le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur Francetvinfo. Avec l’accord trouvé mercredi soir, les salariés qui perdront leur emploi après un accord amiable avec leur employeur verront leur durée maximale d’indemnisation réduite de 18 à 15 mois s’ils ont moins de 55 ans, et à 20,5 mois à partir de cet âge contre 22,5 mois aujourd’hui pour les 55-56 ans, et 27 mois pour les 57 et plus.Pour pouvoir entrer en vigueur, le projet d’avenant à la convention chômage doit encore être avalisé par les instances de ces organisations, au plus tard le 23 mars, puis transposé par voie législative.Les économies estimées sont de l’ordre de “500 millions d’euros par an en moyenne, soit près d’1 milliard d’euros en régime de croisière”, a indiqué Sébastien Lecornu, saluant des “économies solides” et des “effets réels sur l’emploi.”Pour Jean-Pierre Farandou, “les partenaires sociaux ont rempli pleinement la feuille de route qu’on leur avait proposée puisqu’ils sont même au-delà de l’économie qu’on avait demandée”, qui s’élevait à au moins 400 millions d’euros par an. Dans un communiqué, la CGT a dénoncé un accord qui “fait reposer les économies uniquement sur les salariés ayant connu une rupture conventionnelle et se retrouvant au chômage”, sans nouvelle contribution patronale.”Ce sera la double peine: perte d’emploi, la plupart du temps un licenciement déguisé, et baisse de la durée des droits”, estime le syndicat.”Comme (cet accord) nécessite des évolutions législatives, nous allons fermement discuter avec les parlementaires, hors extrême droite, pour éviter des baisses de droits”, a souligné mercredi soir le négociateur de la CGT, Denis Gravouil.Dans un communiqué, les trois organisations patronales ont, elles, dit réaffirmer à travers ce projet d’accord “leur attachement au pilotage paritaire de l’Unédic”, qui gère le régime d’assurance chômage. Elles soulignent qu’il “s’inscrit dans un contexte financier dégradé pour l’Unédic, avec près de 61 milliards d’euros d’endettement en 2026”.Au-delà de la mesure de raccourcissement de la durée maximale d’indemnisation post-rupture conventionnelle, le projet d’accord demande que l’Etat “cesse tout prélèvement financier sur le régime d’assurance chômage” et que le supplément de contribution des entreprises sur les ruptures conventionnelles, intégré dans le budget 2026, soit affecté à l’Unédic.

Axa réalise de nouveau un bénéfice net et un chiffre d’affaires record en 2025

Après une très bonne année 2024, le géant de l’assurance Axa a de nouveau réalisé un chiffre d’affaires et un bénéfice record en 2025, portés par l’ensemble de ses activités et par la cession du gestionnaire d’actifs Axa IM.Le bénéfice net a progressé de 24% à 9,8 milliards d’euros, grâce à la hausse du résultat opérationnel et au gain provenant de la cession d’Axa Investment Managers (Axa IM) à la banque BNP Paribas pour 5,1 milliards d’euros mi-2025.Le chiffre d’affaires a, lui, augmenté de 5% à 115 milliards d’euros, tiré notamment par les évolutions tarifaires dans les assurances dommages et santé, et par la croissance de 9% des revenus de l’assurance vie.Le ratio de solvabilité, indicateur clé sur la solidité financière, reste stable à 215%, après avoir connu un recul en 2024.Le directeur finance et stratégie Guillaume Borie s’est félicité lors d’une conférence téléphonique d’une “excellente dynamique commerciale” d’Axa dans tous les pays et d’une toute aussi “excellente” performance opérationnelle des activités d’assurance, qui a permis la croissance du groupe.Concernant les catastrophes naturelles, par rapport à la moyenne de long terme, le groupe n’a pas connu “d’événements majeurs” en 2025, ce qui a permis une amélioration des marges a souligné M. Borie. “Ça n’exclut pas que dans certaines géographies, à commencer par la France, nous avons connu de nombreux épisodes secondaires: grêle, sécheresse et plusieurs inondations”, a-t-il cependant ajouté.Le budget annuel des sinistres liés aux catastrophes naturelles est ainsi maintenu, souligne le groupe.Evoquant les inondations qui touchent actuellement l’ouest de la France, le directeur général Thomas Buberl a estimé que l’on “doit collectivement changer notre approche du règlement des sinistres uniques vers une logique de prévention et d’adaptation systématique de nos territoires”, lors d’une conférence de presse.”Je rêverais que tous les acteurs concernés, en particulier les pouvoirs publics, rentrent en partenariat avec les acteurs privés pour améliorer rapidement cette adaptation (…) nécessaire de notre pays aux risques climatiques”, a-t-il ajouté.Le directeur général d’Axa France Mathieu Godard a précisé que l’association Axa Prévention, qui soutient gratuitement les communes de moins de 10.000 habitants, avait initié dans le pays “300 plans communaux de sauvegarde”, un document opérationnel déterminant l’organisation en cas de crise. – Hausse des volumes et des tarifs -Dans le détail, le chiffre d’affaires de l’assurance dommages a connu une hausse de 57% à 58 milliards d’euros, avec notamment une progression de 9% sur le segment particuliers en France en raison d’une forte croissance des volumes sur l’ensemble des branches, combinée à des augmentations tarifaires en assurance automobile.Celui de l’assurance vie et santé a lui augmenté de 8% à 56,5 milliards d’euros.L’activité assurance vie a progressé de 9% à 37,5 milliards d’euros, portée notamment par une hausse de 13% des ventes de produits en unités de compte, des supports d’investissement risqués mais qui peuvent, les bonnes années, rapporter davantage que les fonds euros.”Cette situation nous permet d’aborder sereinement la dernière année de notre plan stratégique” 2024-2026, appelé “Unlock the future” (Débloquer l’avenir, NDLR), en atteignant “le haut de la fourchette cible (une croissance de 6 à 8%, NDLR) concernant le résultat opérationnel par action”, a indiqué M. Borie.Le prochain plan stratégique du groupe sera présenté le 21 septembre.Le résultat opérationnel par action, indicateur de rentabilité, ressort à 3,86 euros, en hausse de 8% par rapport à 2024, en comprenant les effets de change défavorables et la dilution temporaire du résultat par action en raison de la vente d’Axa IM.A la suite de la cession de son gestionnaire d’actifs, Axa a effectué un rachat d’actions pour un montant total de 3,8 milliards d’euros qui s’est terminé le 20 janvier 2026.L’assureur a annoncé jeudi un nouveau plan annuel de rachat d’actions pour un montant maximal de 1,25 milliard d’euros. Il compte verser à ses actionnaires un dividende en hausse de 8%, à 2,32 euros.

Merz appelle Allemagne et Chine à surmonter “ensemble” les défis commerciaux

Le chancelier Friedrich Merz a achevé jeudi une visite de deux jours en Chine, premier partenaire commercial de l’Allemagne, en vantant la “bonne relation” bilatérale, tout en soulignant son désir de relever avec Pékin les “défis” posés par la concurrence chinoise.Ce déplacement de M. Merz dans le pays asiatique, le premier depuis son arrivée au pouvoir en 2025, illustre la volonté commune de Berlin et Pékin de faire front face aux droits de douane et revirements diplomatiques du président américain, Donald Trump.Mais M. Merz doit trouver le bon équilibre, car la Chine, débouché historique majeur pour le “Made in Germany”, est également pour le monde industriel allemand de plus en plus une rivale, de l’automobile aux nouvelles technologies.Le chancelier était accompagné durant sa visite par plusieurs dizaines de chefs d’entreprises. Parmi eux figuraient des hauts responsables des constructeurs Volkswagen ou BMW, très implantés dans le pays asiatique mais confrontés au défi de l’électrification et qui affrontent une féroce concurrence chinoise sur ce créneau.Après avoir visité jeudi matin la Cité interdite, ancienne résidence des empereurs à Pékin, M. Merz a assisté à la présentation de véhicules autonomes du constructeur allemand Mercedes.Il s’est ensuite envolé pour Hangzhou (est), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Shanghai. Cette métropole de 12 millions d’habitants est le siège de nombreux fleurons technologiques chinois, comme la startup DeepSeek, célèbre pour son robot conversationnel, ou le mastodonte Alibaba (commerce en ligne), tous deux en pointe dans l’intelligence artificielle (IA).”Nous avons une bonne coopération avec la Chine. Mais il y a aussi quelques défis que nous devons relever ensemble”, a déclaré M. Merz à la presse.”Il y a surtout des dossiers liés à la concurrence. La Chine dispose de capacités de production élevées, qui dans une certaine mesure commencent à poser problème aussi pour l’Europe”, a-t-il souligné.- Pas de nouveaux Airbus -Comme ses partenaires de l’Union européenne (UE), l’Allemagne s’alarme de l’arrivée sur le marché du Vieux Continent d’un nombre croissant de produits chinois meilleur marché, notamment des véhicules électriques, et des excédents de production.Le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine a atteint l’an dernier un niveau record de 89 milliards d’euros.Reçu mercredi par le président Xi Jinping, le chancelier avait vanté devant lui le potentiel d’une meilleure coopération bilatérale, mais aussi plaidé pour une relation économique plus “juste”.Il avait annoncé dans la foulée une commande chinoise allant “jusqu’à 120” appareils Airbus. Une source française proche du dossier, confirmant une information du journal “Le Monde”, a indiqué jeudi à l’AFP qu’il s’agissait de “la finalisation d’un protocole d’accord signé” par l’avionneur européen durant la visite en Chine en décembre du président français, Emmanuel Macron.Xi Jinping et Friedrich Merz ont dit mercredi leur engagement commun à développer des liens plus étroits, le président chinois déclarant à son hôte qu’il souhaitait parvenir “sans cesse à de nouvelles avancées” dans les relations bilatérales.- “Eux aussi” -Le chef du gouvernement allemand a également évoqué avec M. Xi la guerre en Ukraine.Friedrich Merz a indiqué avoir exhorté Pékin à user de son influence sur Moscou, notamment en bloquant les exportations vers la Russie de biens pouvant potentiellement être utilisés à des fins militaires. “J’espère avoir, au cours de mes entretiens, suscité un peu de compréhension quant au fait que les dirigeants de ce pays (la Chine) devraient, eux aussi, contribuer à mettre fin à la guerre en Ukraine”, a déclaré M. Merz à des journalistes jeudi avant son départ pour Berlin.Si la Chine appelle régulièrement à des pourparlers de paix et au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays, sous-entendu Ukraine comprise, elle n’a jamais condamné la Russie pour son offensive et se présente comme neutre.Friedrich Merz est le dernier en date d’une série de dirigeants occidentaux à s’être rendus à Pékin ces derniers mois, après Emmanuel Macron et les Premiers ministres britannique, Keir Starmer, et canadien, Mark Carney.

Crash électrique pour Stellantis, qui annonce la deuxième plus lourde perte pour un groupe français

Pénalisé par ses déboires dans les voitures électriques, le constructeur automobile Stellantis a publié jeudi une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025, la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français.Cette énorme perte du groupe italo-franco-américain aux 14 marques (Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall…) s’explique par des charges de 25,4 milliards d’euros, qui traduisent un plan de réduction de sa production dans l’électrique, où les ventes sont très inférieures à ses attentes initiales, et de relance de modèles à essence et diesel.Une décision prise à la suite des difficultés des modèles électriques aux Etats-Unis, marché clé pour Stellantis, où ce segment recule faute de soutien de l’administration Trump.En annonçant le 6 février cette provision colossale, le nouveau directeur général Antonio Filosa, arrivé aux commandes en juin pour remplacer Carlos Tavares, avait expliqué vouloir “réinitialiser” la stratégie du groupe qui a “surestimé” le rythme de la mutation électrique, surtout aux Etats-Unis.Les provisions financeront notamment l’arrêt de certains modèles électriques et de projets d’usines de batteries. La perte comptable de Stellantis est la deuxième plus importante jamais annoncée par un groupe français, derrière le record de Vivendi (-23,3 milliards d’euros en 2002) mais devant France Télécom (-20,7 milliards en 2002) et EDF (-17,9 milliards en 2022). C’est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (-8 milliards).Comme Stellantis, Ford et General Motors ont eux aussi passé de très lourdes charges pour prendre en compte dans leur bilan la lenteur des ventes de voitures électriques aux Etats-Unis.  En 2025, le chiffre d’affaires du groupe italo-franco-américain a baissé de 2%, à 153,5 milliards, malgré une hausse de 1% des ventes en volume, à 5,5 millions de véhicules.Les recettes ont pâti d’une politique de baisse des prix, un tournant après la stratégie de prix élevés de Carlos Tavares.Au second semestre 2025, Stellantis a en revanche vu son chiffre d’affaires progresser de 10%, avec 2,8 millions de véhicules vendus, grâce à un rebond de 39% aux Etats-Unis.Pour 2026, il a confirmé ses perspectives d’une amélioration de son chiffre d’affaires et d’un retour à une marge légèrement positive. – Retour du thermique -Les ventes devraient être portées cette année par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux Etats-Unis, avec un niveau de prix stable, en hausse sur le marché américain mais en baisse en Europe. Pour le groupe, “il n’y a pas de conflit entre diesel et innovation, il faut fournir ce que les clients demandent”.En revanche, les droits de douanes mis en place aux Etats-Unis ont impacté les comptes de 1,2 milliard d’euros en 2025 et devraient de nouveau les amputer de 1,6 milliard en 2026. Estimation que Stellantis a confirmée jeudi malgré la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’invalider les taxes douanières du président Donald Trump.Ces derniers jours, Stellantis a confirmé son revirement dans l’électrique en annonçant la vente de ses 49% dans NextStar Energy, qui développe la première “gigafactory” de batteries pour voitures électriques du Canada, et une prochaine sortie de sa coentreprise avec Samsung, qui construit deux giga-usines de batteries aux Etats-Unis. L’annonce des charges début février avait fait chuter de 24% le cours de l’action Stellantis, mais celle-ci n’a quasiment pas bougé jeudi matin, signe que les marchés avaient anticipé ces résultats.Même s’ils jugeaient nécessaire un tournant stratégique au vu des difficultés du groupe, les analystes restent mitigés sur son choix de fortement ralentir dans l’électrique.La vente des voitures tout-électriques se développe inégalement dans le monde, d’où un impact contrasté selon les constructeurs. Elle est rapide en Chine, où les voitures 100% électriques représentent environ la moitié des ventes, lente aux Etats-Unis (environ 8% des ventes) et intermédiaire en Europe (20% environ), encore loin des 90% que vise l’UE pour 2035. Un niveau insuffisant pour Stellantis qui, en 2022, annonçait vouloir vendre 100% de véhicules électriques en Europe et 50% aux Etats-Unis en 2030. 

Audiovisuel : Mediawan est un groupe “français” assure son fondateur devant la commission d’enquête

Mediawan, un des leaders européens de l’audiovisuel derrière les succès “10 pour cent” ou “Miraculous”, est un groupe “français” malgré la présence d’un fonds américain dans son actionnariat, a assuré jeudi son président Pierre-Antoine Capton devant des députés, qui s’en inquiétaient.”J’aimerais (…) qu’on ne dise plus dans le cadre de cette commission d’enquête que Mediawan est un groupe sous contrôle américain, ce qui n’est pas le cas”, a voulu mettre au point M. Capton dès le début de son audition devant la commission sur l’audiovisuel public, qui l’auditionne au titre de ses productions pour France Télévisions, comme “C à vous” et “C dans l’air”.Le député de l’UDR, allié du RN, Charles Alloncle, rapporteur de cette commission d’enquête, a soutenu plusieurs fois que Mediawan, “première société de production à bénéficier des contrats avec France Télévisions”, serait majoritairement détenu “par un fonds d’investissement américain, KKR”.Au nom du “secret des affaires”, et s’agissant d’une société qui n’est plus cotée en bourse, M. Capton n’a pas révélé la répartition du capital de son groupe, qui a réalisé 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans le monde en 2024. Mais il a assuré “sous serment” que “KKR n’est pas l’actionnaire majoritaire de Mediawan”.”Mediawan est un groupe français au sens juridique, fiscal et opérationnel. Son contrôle est français (…) Notre siège est à Paris, nos équipes sont en France, nos décisions stratégiques sont prises en France, le groupe dans son ensemble est soumis au droit français, à la fiscalité française et aux obligations sociales françaises”, a énuméré Pierre-Antoine Capton, qui a fondé le groupe en 2015 avec les hommes d’affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse, auditionnés jeudi après-midi.”Nous sommes les contrôlants de cette société, rien ne peut se faire sans nous. KKR est un actionnaire important qui n’a ni le contrôle, ni la majorité”, a insisté M. Capton.Il a aussi voulu battre en brèche l’idée que la santé financière de Mediawan, groupe qui rassemble 80 maisons de production, dépend de ses contrats avec France Télévisions.”Notre développement ne repose pas sur le service public”, a-t-il assuré, précisant que “France Télévisions représente moins de 5% de l’activité consolidée de Mediawan” au niveau mondial, et “25% en France”.Mediawan avait racheté en 2017 AB Productions, emblématique en France pour ses émissions de jeunesse, puis a mis un pied à Hollywood en acquérant les sociétés américaines Plan B, présidée par Brad Pitt, ou The north road company début 2026.

Japon: un robot serpentiforme va retirer des débris radioactifs à Fukushima

Un bras robotique de 22 mètres va prélever un échantillon de débris radioactifs à l’intérieur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima au Japon, a annoncé jeudi son opérateur, en dévoilant cet appareil serpentiforme.Des niveaux de radiation extrêmement élevés font de l’extraction du combustible fondu et d’autres débris la tâche la plus ardue du gigantesque chantier de démantèlement qui durera plusieurs décennies.Environ 880 tonnes de substances dangereuses demeurent dans la centrale, théâtre de l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire, consécutif au tsunami provoqué par un séisme de magnitude 9,0 en 2011.Une vidéo de quatre minutes diffusée mercredi par l’opérateur Tepco montre un bras robotique semblable à un serpent, long de 22 mètres et pesant environ 4,6 tonnes, se faufilant dans des passages étroits ressemblant à des tunnels et inspectant des structures complexes dans un espace confiné.Équipé d’une caméra, le robot “est plus doué pour recueillir des informations” que les outils précédemment utilisés, a déclaré à l’AFP un porte-parole de Tepco.L’opérateur prévoit d’utiliser cet appareil cette année pour mener sa troisième opération d’essai de retrait de débris dans l’un des réacteurs sinistrés de la centrale de Fukushima Daiichi, a-t-il ajouté.De minuscules échantillons de matière radioactive ont été prélevés à deux reprises dans le cadre de ce projet pilote, mais aucune extraction à grande échelle n’a encore eu lieu.Tepco avait annoncé en juillet que cette opération majeure serait retardée au moins jusqu’en 2037. L’entreprise avait auparavant indiqué espérer commencer au début des années 2030.