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MaPrimeRénov’: les conseillers en rénovation énergétique craignent pour leur avenir

Depuis les déboires de MaPrimeRénov’ avant l’été, les professionnels qui accompagnent les particuliers souffrent de la chute du nombre des demandes d’aides à la rénovation énergétique globale et sont contraints de tailler dans leurs effectifs.Obligatoires depuis 2024 pour toute demande de subvention de rénovation d’ampleur, les accompagnateurs Rénov’ (MAR) se sont développés partout en France, aidés et agréés par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), pour suivre l’engouement des ménages pour la rénovation énergétique.Mais depuis le printemps dernier, cette dynamique est “cassée”, en raison de la fermeture du guichet MaPrimeRénov’ pendant trois mois cet été et des changements de règles qui créent beaucoup d’incertitudes chez les particuliers, affirme à l’AFP Sebastian Ruiz, président de la communauté des MAR. Alors que l’Anah recevait autour de 10.000 nouvelles demandes d’aides MaPrimeRénov’ pour des rénovations d’ampleur chaque mois avant mai 2025, seulement 6.898 dossiers ont été déposés depuis la réouverture du guichet le 30 septembre, dont une grande partie avait passé l’été à attendre. A titre personnel, Sebastian Ruiz obtenait en moyenne “10 nouveaux projets par mois” jusqu’à mars 2025. “Maintenant c’est à peine un projet par mois, donc 90% de moins de prospects”, explique cet architecte de métier. Le constat est du même ordre de grandeur pour Camille Thomas, présidente de l’entreprise Assistant Rénov: une baisse de 80% de l’activité de MAR et une baisse des effectifs dédiés. Egalement à la tête du réseau de professionnels Renomar, elle affirme à l’AFP que “l’ensemble des adhérents sont en difficulté, avec plus ou moins d’intensité”. – 1.500 emplois menacés -Parmi les 600 MAR qui ont répondu à un questionnaire de Renomar en octobre, 71% ont “déjà été contraints de prendre des mesures RH à la suite de la suspension” du guichet, et le tiers restant compte prendre des mesures dans les prochains mois. La moitié des accompagnateurs ont licencié du personnel, ou envisagent de le faire. Selon les estimations de Renomar, cela représente 200 emplois supprimés et une baisse de 20% des effectifs en 4 mois, au sein du réseau qui compte 1.000 adhérents. “Il est probable que ce nombre double d’ici janvier si la dynamique actuelle se maintient”, s’inquiète Rénomar, qui calcule que 1.500 emplois sont menacés à l’échelle de toute la filière des MAR. Le principal problème évoqué par les MAR est le délai d’octroi de subvention par l’Anah et le versement du solde après travaux. Vient ensuite la difficulté de trouver de nouveaux clients. Au sein de la communauté des MAR, ce serait même un emploi (équivalent temps plein) sur deux qui serait en péril, selon Sebastian Ruiz. “Il y a des entreprises qui se sont créées en 2025, qui ont investi dans du recrutement, des locaux, de la formation, qui ont emprunté et tout d’un coup ils se sont retrouvés en négatif et sans activité”, rapporte Sebastian Ruiz, qui estime que cette situation concerne “plus de 50” de ses 200 adhérents. L’effondrement du marché touche aussi les “acteurs historiques”, les bureaux d’études et cabinets de conseil qui travaillent avec les collectivités locales sur la rénovation de l’habitat et sont regroupés au sein de l’association des consultants en aménagement et développement des territoires (Acad). “On arrête de recruter sur des missions 100% MAR” et “les équipes sont mobilisées sur d’autres missions d’amélioration du logement”, explique Julien Fortin, chargé des relations publiques de l’Acad.Pour 2026, c’est encore l’incertitude. “Si le marché ne reprend pas très tôt et si le gouvernement et l’Anah n’envoient pas des messages forts, ça va être la catastrophe”, alerte Camille Thomas. Premier message du gouvernement, loin d’être positif, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a déclaré jeudi devant des députés que MaPrimeRénov’ devrait “probablement poursuivre en 2026” avec des critères restreints, semblables à ceux actuellement en vigueur, c’est-à-dire des aides recentrées “sur des foyers très modestes et modestes”. Cela exclurait la réouverture des aides pour les ménages intermédiaires et supérieurs. 

En Tanzanie, tourisme au ralenti après les massacres des élections

Plages de sable blanc désertes, bateaux de plaisance désespérément amarrés dans les eaux turquoise de Zanzibar… En Tanzanie, la fréquentation touristique a fortement ralenti après les manifestations antipouvoir réprimées dans le sang il y a un mois.Le pays d’Afrique de l’Est a sombré dans la violence le 29 octobre, à l’occasion d’élections législatives et présidentielle jugées frauduleuses par des observateurs étrangers. Plus de 1.000 personnes, dont des manifestants hostiles au pouvoir, ont été tuées des jours durant par les forces de sécurité, selon l’opposition et des défenseurs des droits humains.Les autorités tanzaniennes ont jusqu’ici refusé de communiquer tout bilan humain. Au pire des violences, elles ont bloqué internet, paralysant le pays, mais entravant aussi les touristes de passage, parfois contraints de dormir dans des aéroports.Dans les derniers jours de novembre, alors que l’AFP visite l’archipel de Zanzibar, il faut donc arpenter avec détermination les ruelles escarpées de sa capitale, Stone Town, pour dénicher quelques visiteurs.”Nous sommes venus malgré (les violences) car nous n’allons pas dans les grandes villes”, où la répression s’est exercée, résume Amaia, une Espagnole.Les Français Jérémy Fuzel et Alexandra Gonzalez, qui devaient initialement découvrir la Tanzanie avec leur fille de 5 ans au moment des manifestations, ont finalement décalé leur séjour. “Je ne pense pas qu’il y ait un impact (sécuritaire) réel sur nous étrangers”, estime le père de famille.- “Morceaux de cadavres” -Des mots que ne renieraient pas les autorités tanzaniennes, alors que le tourisme est devenu l’an passé la première source de devises étrangères du pays, générant près de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros).”Notre nation reste pacifique, calme et ouverte à tous ceux souhaitant visiter ses beautés”, affirmait en novembre le porte-parole du gouvernement Gerson Msigwa. “Ignorez s’il vous plaît toute désinformation visant à vous éloigner des expériences inoubliables qui vous attendent ici.”Des défenseurs des droits humains tanzaniens appellent les étrangers à délaisser leur pays.”Tout touriste (…) profite au gang illégitime et meurtrier qui a tué des milliers de personnes”, a averti sur X la célèbre militante tanzanienne Maria Sarungi Tsehai.”Si vous faites de la plongée ou que vous nagez”, poursuit-elle, “vous pourriez trouver des morceaux de cadavres, car nous avons reçu des informations crédibles faisant état de corps jetés dans l’océan Indien.”Conséquence ou non de ces appels, Nazir Adam, bijoutier à Zanzibar, estime recevoir moitié moins de touristes que d’habitude dans son magasin. “Parfois, il y a quelques jours creux. Mais pas deux semaines d’affilée comme ça”, déplore-t-il, un phénomène selon lui lié à la situation politique.Même son de cloche à Arusha, ville au pied du Kilimandjaro, où un gérant d’hôtel regrette que moins de 30% de son établissement soit actuellement occupé, contre 60 à 70% habituellement en cette saison.Quelque “150 réservations et quatre évènements internationaux prévus en décembre ont été annulés”, se désole-t-il sous couvert d’anonymat, craignant que parler à l’AFP ne lui crée des problèmes dans un pays où la liberté de parole se réduit drastiquement.Officiellement, le président de l’Association tanzanienne des tour-opérateurs (Tato), Wilbard Chambulo, se dit toutefois satisfait. “80% du chiffre d’affaires se fait de juin à octobre, donc pour nous l’année est terminée”, affirme-t-il à l’AFP. – “Destinations alternatives” -Selon plusieurs experts, le record de fréquentation établi en 2024, avec plus de 2,1 millions de touristes internationaux recensés, sera difficilement égalé.”L’élément déterminant, c’est la sécurité des biens et des personnes”, estime Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme. Donc au moindre problème, des “destinations alternatives” sont poussées par les tour-opérateurs, décrit-il.L’Union européenne a en outre placé en juin tous les transporteurs aériens de Tanzanie sur sa liste des compagnies à risque, rendant ce vaste pays moins aisé à parcourir. Le gouvernement a, lui, décidé de plusieurs taxes frappant les touristes, en décourageant certains.”Entre les compagnies aériennes blacklistées et les émeutes, pas mal de nos compatriotes ont décidé de ne pas y aller, certains reportant leur voyage à une date ultérieure, quand d’autres ont trouvé autre chose”, remarque Patrice Caradec, le président du Seto, une organisation de tour-opérateurs en France.Alors que la Tanzanie “cartonnait”, malgré son coût élevé d’au moins 2.000 euros par personne par séjour, la destination est passée de 10% de croissance annuelle chez les voyageurs français à 15 à 18% de baisse cet été par rapport au précédent, poursuit-il, ce que les tueries d’il y a un mois ne devraient améliorer.Des manifestations sont en outre prévues le 9 décembre, que le gouvernement tanzanien tente d’empêcher, juste avant les vacances de Noël, second pic touristique de l’année. “La Tanzanie, ce n’était pas le succès de l’été”, commente M. Caradec. “Et ce ne sera pas le succès de l’hiver.”strs-jf/jcp/mba

Les Bourses européennes ouvrent dans le vert

Les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse vendredi, poussées par les anticipations de baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), avant la publication d’un indicateur très attendu sur l’inflation aux Etats-Unis.Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris gagnait 0,14%, Francfort 0,22%, Londres 0,07% et Milan 0,07%.

Conférence Travail et Retraites: premiers débats sur fond de crise budgétaire

La conférence Travail et Retraites entre vendredi dans le vif du sujet avec pour ambition d’éclairer le débat public avant la présidentielle de 2027, au moment où le gouvernement bataille contre un possible rejet de son projet de budget de la Sécurité sociale par les députés.Voulue par le Premier ministre Sébastien Lecornu au moment de l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, mesure inscrite dans le projet de budget de la Sécu (PLFSS), cette conférence a été lancée il y a un mois par une réunion de méthode, lors de laquelle le Medef a claqué la porte.La principale organisation patronale, très remontée contre les efforts demandés aux entreprises dans le projet de budget, a fait savoir qu’elle préférait s’en tenir à l'”agenda autonome” des partenaires sociaux, qui “n’est pas indexé sur des échéances politiques”.”Le souci du gouvernement et du ministre du Travail, c’est de faire en sorte que petit à petit, peut-être dans le cadre des ateliers, on puisse se retrouver dans une situation où le Medef pourra prendre toute sa part”, a souligné jeudi lors d’un briefing pour la presse le coordinateur de la conférence, l’ancien haut fonctionnaire Jean-Denis Combrexelle.”Lieu de débat et pas de négociation”, après l’échec du conclave sur les retraites mené au printemps, selon les mots du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, la conférence s’ouvre vendredi matin en présence de l’ensemble des cinq syndicats représentatifs. La CGT a décidé jeudi d’y participer, après avoir demandé des garanties au gouvernement sur l’ordre du jour.Le Premier ministre s’est engagé à ce que l’objectif de la conférence “soit de renforcer, pérenniser, conforter notre système par répartition”, a affirmé la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet.”Ce que nous demandons, c’est que cette conférence puisse déboucher sur un ou des référendums pour que les Françaises et les Français puissent enfin voter, notamment en matière de retraite”, a précisé Sophie Binet vendredi matin, sur France Info.- “Virage démographique” -Très allante, la CFDT estime pour sa part que la conférence permettra de “remettre le sujet du travail, de l’emploi et des retraites dans le bon sens”, s’est félicitée sa dirigeante Marylise Léon.”L’idée c’est de faire quelque chose de nouveau dans la méthode. Rien n’est écrit, il n’y a pas de cadre”, a expliqué M. Combrexelle, pour qui “le maître-mot est le dialogue social”.Trois thèmes seront discutés au cours de la première journée plénière des débats qui se tiennent au Conseil économique, social et environnemental (Cese), à Paris.Chacun sera introduit par un “grand témoin”, suivi du “regard croisé” des syndicats et organisations patronales puis d’une table ronde regroupant “chercheurs, experts et praticiens”, selon le programme communiqué par le ministère du Travail.A partir de 10h15 seront discutées les mutations du monde du travail avec un “angle prévention et conditions de travail”.A 13h30 seront abordés “les parcours de progression professionnelle”, “l’emploi des jeunes et des seniors” ainsi que “les compétences pour réindustrialiser le pays”, puis à 15h15 “le virage démographique et la situation du système de retraites”.Cette première journée, qui sera suivie par deux autres et d’ateliers mensuels jusqu’à l’été prochain, sera clôturée par Jean-Pierre Farandou et son homologue de la Fonction publique David Amiel.

Shein et l’Etat se confrontent au tribunal sur la suspension de la plateforme

Shein et l’Etat ont rendez-vous au tribunal judiciaire de Paris vendredi: l’Etat y demande la suspension de la plateforme en raison des produits illicites qu’elle vendait. Shein trouve cette requête injustifiée et disproportionnée.Une suspension pour trois mois et des garanties pour éviter la répétition des nuisances, voilà ce que réclame le gouvernement, qui reproche à la plateforme la vente de produits illégaux comme des poupées sexuelles d’apparence enfantine, des armes de catégorie A ou encore certains médicaments.L’audience au civil, initialement prévue le 26 novembre mais renvoyée au 5 décembre après demande de l’avocat de l’Etat, doit s’ouvrir à 13h30. La décision devrait être rendue dans les prochains jours.Le gouvernement base sa demande sur l’article 6-3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique, selon lequel le tribunal judiciaire peut prescrire toutes les mesures propres à prévenir ou faire cesser un dommage occasionné par un contenu en ligne.Le géant asiatique du commerce en ligne estime que la demande de suspension est disproportionnée et se base sur des informations “obsolètes” et “inexactes”. Après la découverte des produits concernés, l’entreprise fondée en Chine en 2012 et basée désormais à Singapour les a retirés et a suspendu toutes les ventes réalisées sur son site français par des vendeurs tiers (sa place de marché, ou “marketplace”), ainsi que celles des produits hors habillement. – Lutte à l’échelle européenne -Avec ces mesures, Shein avait échappé à une suspension administrative via une procédure pilotée par la Répression des fraudes (DGCCRF), service du ministère de l’Economie. Représenté en Europe par la société irlandaise ISSL (Infinite styles services co. Limited), la marque de mode ultra-éphémère assure renforcer ses contrôles en continu.Le parquet de Paris a déjà indiqué qu’il ne s’associerait pas à la demande de blocage du site Shein. La semaine dernière, avant le renvoi de l’audience, sa représentante avait indiqué qu’un blocage pour trois mois était “disproportionné au regard de la jurisprudence de la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme, NDLR), sous réserve de la justification à l’audience (de vendredi) de la cessation effective de toute vente illicite”. La position du parquet ne préfigure en rien la décision du tribunal.S’il n’y a pas de blocage total du site, une suspension de la “marketplace” (déjà décidée temporairement par Shein) pourrait-elle être décidée ? Un contrôle par l’Arcom, le régulateur du numérique, pourrait-il être mis en place, comme le demande par ailleurs l’Etat ? Ce dernier a également assigné devant le tribunal les fournisseurs d’accès à internet (Bouygues, Free, Orange, SFR) afin de garantir le blocage de Shein si la justice en décide ainsi.Depuis le tollé suscité par la vente des poupées “à caractère pédopornographique” par Shein, l’exécutif a décidé de sévir contre les plateformes AliExpress ou Joom pour la vente de ces mêmes poupées.Le gouvernement a porté son combat au niveau européen. La Commission européenne a adressé une demande d’informations formelle à la plateforme, une procédure pouvant aboutir à l’ouverture d’une enquête. 

Montchalin annonce ne plus tabler sur le doublement des franchises médicales

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a déclaré jeudi devant les députés que le doublement des franchises médicales, l’une des mesures les plus inflammables discutée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, ne pouvait plus “être inclus” dans “les projections financières” pour l’année prochaine, faute de consensus.”Je ne passerai pas en force sur la question des franchises médicales”, a également déclaré un peu plus tard le Premier ministre Sébastien Lecornu.Les compromis recherchés dans l’hémicycle de l’Assemblée peuvent “permettre de repousser un certain nombre de mesures qui étaient dans les textes initiaux du gouvernement, dont peut-être les franchises médicales, mais je souhaite qu’on puisse les compenser”, a-t-il ensuite ajouté.Les franchises médicales sont le reste à charge payé par les patients, par exemple sur les boîtes de médicaments. Les franchises sur ces dernières passeraient de 1 à 2 euros si elles étaient doublées. Mais “le gouvernement prend acte du fait que dans la majorité de ce pays, manifestement, cette proposition ne fait pas consensus et que donc elle ne peut être incluse dans nos projections financières”, a déclaré Amélie de Montchalin. La mesure de doublement, censée rapporter 2,3 milliards, peut être prise par décret.Mais les recettes attendues sont prises en compte dans les équilibres financiers du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026. Or, les députés discutent âprement cette semaine lors d’une nouvelle lecture du texte pour contenir le déficit de la Sécu l’année prochaine. Après ces déclarations, le député socialiste Jérôme Guedj a demandé au gouvernement de s’engager clairement: “Aujourd’hui vous devez nous dire qu’il n’y aura pas de décret portant doublement des franchises médicales.”- Rallonge pour l’Ondam? -Mme de Montchalin a également abordé jeudi soir le sujet brûlant de l’objectif national de dépenses d’Assurance maladie (Ondam). Elle a annoncé que le gouvernement souhaitait “potentiellement rehausser encore l’Ondam, qui, vous le savez aujourd’hui, est à à peu près plus 2%. Le gouvernement envisage potentiellement d’aller jusqu’à plus 2,5 %.””Mais pour ce faire”, il faut “continuer à travailler à des économies”, a-t-elle ajouté. La ministre a enfin annoncé que le gouvernement avait pris “la décision” de “compenser 2 milliards d’euros de plus d’exonérations d’allègement généraux”. Ces allègements généraux de cotisations sociales sur les salaires visent à réduire le coût du travail. L’Etat peut compenser sur ses deniers ce manque à gagner pour la Sécurité sociale.”C’est une manière de considérer que les entreprises, par les allègements généraux, contribuent aux recettes de la Sécurité sociale”, a fait valoir Amélie de Montchalin. Mais ces compensations “renvoient le problème vers le PLF”, le budget de l’Etat, a noté plus tard M. Lecornu. 

Wall Street termine sans grand entrain, attend la réunion de la Fed

La Bourse de New York a clôturé sans direction claire jeudi, digérant de nouveaux chiffres sur l’emploi et se montrant attentiste avant la réunion de la banque centrale américaine (Fed) la semaine prochaine.Le Dow Jones a terminé proche de l’équilibre, ne lâchant que 0,07%, l’indice Nasdaq a pris 0,22% et l’indice élargi S&P 500 a grappillé 0,11%.”Les investisseurs tentent de comprendre comment interpréter les données sur l’emploi publiées aujourd’hui, (…) il règne une certaine confusion”, explique à l’AFP Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.Le marché a accueilli peu avant l’ouverture les inscriptions hebdomadaires au chômage, qui sont ressorties en deçà des attentes (à 191.000 contre 220.000 escomptées).Ces chiffres “ont chuté à un niveau pas vu depuis près de deux ans”, remarque dans une note Patrick O’Hare, de Briefing.com.”Les inscriptions sont très faibles (…) et ne semblent pas aller dans le même sens que les chiffres récents” sur le marché du travail, notamment du secteur privé, aux Etats-Unis, note M. Cahill.La veille, les chiffres de l’emploi privé s’étaient, en effet, montrés décevants, ce qui avait renforcé les perspectives d’assouplissement monétaire de la Fed avant  sa dernière réunion de l’année.Pour le moment, les investisseurs anticipent toujours massivement une nouvelle baisse des taux d’un quart de point le 10 décembre, ce qui constituerait la troisième détente consécutive.Est désormais attendu l’indice d’inflation PCE pour le mois de septembre, qui sera publié vendredi, retardé à cause de la longue paralysie budgétaire (“shutdown”) de 43 jours qui a touché les Etats-Unis.”Le marché est en manque d’indicateur, il va donc analyser toutes les données possibles, même si elles arrivent tardivement”, souligne Tom Cahill.L’enquête préliminaire de l’Université du Michigan sur la confiance de consommateurs en décembre sera aussi publiée vendredi.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se tendait nettement vers 21H10 GMT à 4,10%, contre 4,06% à la clôture mercredi.A la cote, Meta (Facebook, Instagram) a avancé (+3,43% à 661,53 dollars) après des informations de l’agence Bloomberg selon lesquelles l’entreprise devrait réduire jusqu’à 30% ses investissements dans le métavers, les univers virtuels érigés en priorité stratégique depuis quatre ans, alors que le groupe se recentre sur le développement de l’intelligence artificielle (IA).L’éditeur de logiciels américain Salesforce a pris 3,73% à 247,62 dollars, profitant de résultats trimestriels globalement supérieurs aux attentes.Alaska Air Group a finalement gardé la tête hors de l’eau (+4,34% à 47,34 dollars) après avoir annoncé que son bénéfice au quatrième trimestre sera négativement affecté par le “shutdown”, par une panne de son service informatique fin octobre ainsi que par la hausse des prix du carburant.La chaîne de magasins d’articles à bas prix Dollar General a été propulsée (+13,94% à 125,21 dollars) suite à une révision à la hausse de ses prévisions financières pour l’année, après avoir enregistré une progression de ses bénéfices et de son chiffre d’affaires au troisième trimestre.L’opérateur de services d’informatique à distance (cloud) Snowflake a fondu (-11,37% à 234,88 dollars), pâtissant de prévisions en deçà des attentes, malgré des résultats encourageants au troisième trimestre.

L’économie serbe menacée par la fermeture de la seule raffinerie du pays

La mise à l’arrêt de la seule raffinerie de Serbie pourrait avoir des conséquences pendant plusieurs années, mettre en péril des milliers d’emplois et priver l’Etat d’importantes recettes, mettent en garde plusieurs experts interrogés par l’AFP. Depuis le 9 octobre, NIS, principale entreprise pétrolière de Serbie, est sous le coup de sanctions américaines visant ses actionnaires russes qui en possèdent environ 56%. La raffinerie de Pancevo, la seule du pays, ne reçoit donc depuis près de deux mois plus aucun pétrole brut.  Washington exige, pour lever les sanctions, une sortie totale des actionnaires russes Gazprom Neft et Intelligence mais ces derniers n’ont donné aucune indication sur le fait qu’ils avaient l’intention de vendre. Après des semaines de déclarations variées, le président serbe a annoncé mardi la mise à l’arrêt de la raffinerie.La raffinerie fournissant 80% des besoins en carburant de la Serbie, cette décision signifie une augmentation massive des importations de produits pétroliers finis pour combler le déficit et donc de nouvelles dépenses. – PIB affecté -NIS “est une entreprise très importante pour l’économie serbe, et toute réduction de son activité aurait un impact substantiel sur l’activité économique globale” du pays, explique Dejan Soskic, ancien gouverneur de la banque centrale, à l’AFP. La fermeture pourrait affecter le PIB et réduire la croissance pendant plusieurs années, prévient ce professeur d’économie.Aux inquiétudes sur le carburant s’ajoute la menace de sanctions secondaires si la banque centrale serbe continuait à autoriser NIS – une entité sous sanction – à faire du commerce sur ses marchés. Aleksandar Vucic a affirmé mardi que NIS pourrait effectuer des transactions “jusqu’à la fin de la semaine”, notamment pour payer les salaires et les sous-traitants mais la suite est plus floue. Si Washington décidait d’imposer des sanctions à la banque centrale serbe alors le risque serait “la destruction totale du système financier serbe”, a dit M. Vucic.Ces sanctions secondaires reviendraient à placer la banque centrale sur “une liste noire”, précise M. Soskic, “ce qui voudrait dire la fin d’un climat d’affaires normal” dans le pays. Cela pourrait aussi entraîner un gel des avoirs étrangers et une interdiction pour la banque centrale d’intervenir sur les marchés internationaux. NIS et ses filiales ont contribué en 2024 à hauteur de plus de 2 milliards d’euros aux revenus de l’Etat serbe, selon le rapport annuel de l’entreprise – soit près de 12% du budget national.- 13.500 salariés -L’entreprise possède autour de 20% des quelque 1.500 stations essences, et se présente comme l’un des plus grands employeurs de Serbie, avec environ 13.500 salariés. La situation pourrait à terme entraîner des licenciements, envisage M. Soskic, et si la banque centrale la coupe des marchés, NIS ne pourrait plus ni recevoir ni envoyer d’argent.Rare bonne nouvelle sur le front de l’Energie dans le pays, le gouvernement américain a annoncé jeudi la suspension d’une partie des sanctions à l’encontre du géant russe Lukoil, permettant à ses stations-services en dehors de la Russie de continuer à fonctionner d’ici le 29 avril 2026, a provoqué un soulagement en Serbie.”Cela signifie que 112 stations-services en Serbie” gérées par Lukoil “pourront continuer à fonctionner”, s’est félicité le président serbe jeudi soir à la télévision. M. Vucic avait assuré en début de semaine que les réserves de l’Etat pouvaient tenir des mois – sans donner de chiffres – et qu’aucune pénurie ne frapperait les citoyens.Jeudi soir, il a aussi annoncé “la signature prochaine d’un contrat à court terme” avec Moscou sur le gaz russe qui couvre plus de 92% des besoins du pays. Le contrat actuellement en vigueur expirait à la fin de l’année.”Nous n’aurons certainement aucun problème d’approvisionnement en gaz d’ici l’été”, affirmé M. Vucic.Combien de temps cela peut-il durer ? Face au bras de fer entre Washington et Gazprom, Aleksandar Vucic a donné jusqu’à la mi-janvier aux Russes pour vendre affirmant que des Hongrois et des Emiratis étaient intéressés.Mais si les Russes refusent de céder leurs parts, le président serbe a prévenu que son pays était prêt à racheter NIS et vient de mettre de côté, dans son budget 2026 tout juste adopté, 1,4 milliard d’euros à cet effet.La Serbie avait vendu la majorité des parts de NIS à Gazprom pour 400 millions d’euros en 2008.

“Made in Italy”: d’autres géants du luxe soupçonnés d’exploiter des ouvriers chinois

Treize nouveaux grands noms du luxe comme Prada, Givenchy ou Dolce & Gabbana sont soupçonnés d’avoir fait appel en Italie à des sous-traitants qui exploitaient des ouvriers chinois, dans le cadre d’une enquête élargie de la justice italienne.Dans une demande de renseignements consultée jeudi par l’AFP, Paolo Storari, un procureur de Milan (nord) a indiqué avoir trouvé des sacs, portefeuilles ou vêtements de ces différentes marques au cours de perquisitions dans des ateliers italiens employant “de la main d’oeuvre chinoise dans de graves conditions d’exploitation”.La procédure de jeudi concerne des marques ou des filiales du groupe français Kering (Gucci, Yves Saint Laurent et Alexander McQueen), Givenchy (groupe LVMH), mais aussi Prada et sa nouvelle acquisition Versace, ainsi que Ferragamo, Pinko, Dolce & Gabbana, Missoni, Off-White, le maroquinier Coccinelle, sans oublier le géant du sport Adidas.Il s’agit de la plus grande extension à ce jour d’enquêtes lancées l’année dernière dans le secteur du luxe, dans une Italie qui conserve encore de nombreux ateliers de couture et a fait du “Made in Italy” un grand argument de vente. – Lits dans l’atelier -Salaires de misère, conditions de sécurité non respectées, ouvriers qui dorment dans l’atelier, le tout pour fabriquer des articles vendus des milliers d’euros: les enquêtes menées par le parquet de Milan ont révélé un grave manque de supervision des chaînes d’approvisionnement. Le procureur de Milan demande aux marques, qui restent présumées innocentes, de fournir rapidement des documents sur leurs chaînes d’approvisionnement, comme des audits internes. Aucune marque n’a souhaité commenter l’information jeudi.D’autres grands noms ont déjà été épinglés par la justice italienne dans des affaires similaires : Dior, deuxième marque de LVMH, les maroquiniers Tod’s et Alviero Martini, Valentino Bags Lab ainsi qu’une filiale d’Armani et le spécialiste du cachemire Loro Piana (groupe LVMH).Toutes ces entreprises, à l’exception de Tod’s, ont été placées sous administration judiciaire provisoire afin de corriger les problèmes de conformité et de mettre en place des systèmes visant à éviter de nouveaux abus.Mercredi, un juge milanais a accédé à la demande de Tod’s qui souhaitait disposer de plus de temps pour mener à bien l’évaluation de ses contrôles sur ses approvisionnements, alors que les procureurs cherchent à imposer une interdiction temporaire de publicité et la nomination d’administrateurs externes.- Réputation attaquée -Le gouvernement italien est passé à l’offensive pour défendre ses marques, le ministre de l’Industrie et du “Made in Italy” Adolfo Urso déclarant que leur réputation était “attaquée”.L’organisation patronale Confindustria Moda a critiqué une “médiatisation sensationnaliste” et “l’exposition publique de marques, à des stades préliminaires des enquêtes, qui risque de compromettre la réputation d’un secteur qui représente l’un des piliers de l’économie nationale, des exportations et de l’identité culturelle du pays”.Confindustria a assuré par ailleurs être “pleinement alignée sur la nécessité de lutter fermement contre toute forme d’illégalité tout au long de la chaîne de valeur du secteur”. Les militants contre les ateliers clandestins affirment toutefois que les marques de luxe elles-mêmes imposent à leurs sous-traitants des prix trop bas, les poussant à sous-traiter à leur tour la production des pièces à d’autres fournisseurs, le tout dans un contexte de marges de plus en plus serrées et de contrôle insuffisant des conditions de travail.Mais en vertu de la loi italienne, les entreprises peuvent être tenues responsables des infractions commises par des fournisseurs agréés. Deborah Lucchetti, coordinatrice italienne de la campagne Clean Clothes, a qualifié l’exploitation des travailleurs de “phénomène structurel” dans ce secteur.”Le Made in Italy ne peut pas être une tribune pour célébrer des profits astronomiques bâtis sur le déni de la dignité de ceux qui cousent, assemblent et finissent les produits”, a-t-elle déclaré jeudi dans un communiqué. La demande d’informations du procureur fait suite à des inspections menées en novembre dernier chez cinq fournisseurs utilisés par plusieurs marques à travers la péninsule. Entre trois et dix-neuf travailleurs, pour la plupart chinois mais aussi pakistanais, travaillaient chez chaque fournisseur et étaient cités dans les documents judiciaires.

Pétrole, armement et diplomatie: Poutine en Inde pour une coopération dont l’étendue est “immense”

Vladimir Poutine est arrivé jeudi en ami en Inde, pays avec lequel il juge “immense” l’étendue de la coopération, dans le contexte des sanctions douanières imposées par Donald Trump en représailles à ses achats de pétrole russe en pleine invasion de l’Ukraine.Le président russe, qui ne s’était plus rendu à New Delhi depuis 2021, l’année ayant précédé le déclenchement de l’offensive militaire qu’il a ordonnée sur le sol ukrainien, a été accueilli à l’aéroport de la capitale indienne par le Premier ministre Narendra Modi. Dans la soirée, il devait dîner en privé avec lui, en préambule à leurs entretiens officiels vendredi.Vladimir Poutine, qui est accompagné de son ministre de la Défense, Andreï Belooussov – la question d’éventuels accords sur des avions de chasse et des systèmes de défense antiaérienne devant en principe être abordée -, a déclaré être “très heureux” de revoir son “ami” Narendra Modi, dans un entretien accordé à India Today avant son départ. “L’étendue de notre coopération avec l’Inde est immense”, a-t-il insisté, citant la construction navale et l’industrie aéronautique, l’énergie nucléaire et l’exploration spatiale. Le chef de l’Etat russe a par ailleurs souligné que les négociations en cours avec les Etats-Unis sur l’Ukraine constituaient “une tâche complexe, une mission ardue que le président Trump s’est lui-même donnée”. “Parvenir à un consensus entre des parties en conflit n’est pas chose aisée mais je crois que le président Trump s’y emploie sincèrement”, a-t-il poursuivi, avant d’ajouter: “Je pense que nous devons nous engager dans cet effort plutôt que d’y faire obstruction.”Narendra Modi s’est de son côté dit “ravi d’accueillir (son) ami, le président Poutine”. “Je me réjouis de nos échanges ce soir et demain”, a-t-il écrit sur X. “L’amitié indo-russe est une amitié éprouvée par le temps qui a grandement profité à nos peuples”, a martelé le chef du gouvernement indien, publiant une photo d’eux deux prise dans la voiture qui les transportait.Voici les principaux sujets au menu de leurs discussions :- PétroleL’Inde est l’un des principaux importateurs de pétrole russe, à rebours des Occidentaux qui ont pris des mesures de rétorsion dans ce domaine à cause de la guerre en Ukraine.En 2024, la Russie a livré aux raffineries indiennes 36% du brut qu’elles utilisent, selon la plateforme d’informations commerciales Kpler.L’Inde, qui importe 85% de l’or noir qu’elle consomme, y a trouvé moyen de remplir ses cuves à bon prix. Mais les Etats-Unis l’ont punie en août d’une surtaxe de 50% sur ses exportations au motif que ces achats financent l’effort de guerre russe en Ukraine.Donald Trump a assuré que Narendra Modi lui avait promis de renoncer au pétrole russe, en pleine tractations commerciales entre leurs deux pays.New Delhi ne l’a pas confirmé. Mais les statistiques récentes montrent que les livraisons de brut par la Russie aux Indiens ont baissé.”Nous n’avons aucun doute quant au fait que ces échanges bénéficient largement à l’Inde et sont avantageux pour les deux parties”, a noté avant le voyage du président russe son porte-parole, Dmitri Peskov.- DéfenseMême si l’Inde s’est récemment tournée vers d’autres fournisseurs – dont la France – et privilégie les armes qu’elle produit elles-mêmes, la Russie reste une de ses principales sources d’approvisionnement en matériel militaire.Selon l’Institut international pour la recherche sur la paix (SIPRI) de Stockholm, la part des équipements russes dans l’arsenal indien a reculé de 76% sur la période 2009-2013 à 36% en 2019-2023.Tirant les enseignements de la confrontation militaire avec le Pakistan en mai, New Delhi a manifesté son intérêt pour l’achat de nouveaux missiles sol-air russes de type S-400.”Il ne fait aucun doute que ce sujet sera évoqué pendant la visite”, a affirmé M. Peskov.La presse indienne a par ailleurs souligné l’intérêt de l’armée indienne pour le chasseur russe de 5e génération Su-57.- CommerceLa Russie est le quatrième partenaire commercial de l’Inde avec des échanges bilatéraux d’un montant de 68,7 milliards de dollars – un record – sur l’année 2024-2025, d’après les statistiques officielles.Mais leurs relations restent très déséquilibrées. Plus de 90% de cette somme – 63,8 milliards de dollars – provient des importations indiennes, pour l’essentiel d’hydrocarbures. En retour, l’Inde vend à la Russie des machines-outils et des médicaments pour l’essentiel.”Nous voulons diversifier nos échanges et faire en sorte de les rééquilibrer”, a fait savoir un diplomate indien de haut rang s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.”Notre volonté est de maintenir et même d’accroître le volume de nos échanges bilatéraux”, a pour sa part lancé Dmitri Peskov, “sans laisser qui que ce soit d’autre s’en mêler”.- DiplomatieLe même diplomate indien considère que les relations de son pays avec Moscou sont “les plus stables des temps modernes”.Jusqu’à ce jour, l’Inde a évité d’ouvertement condamner l’invasion de l’Ukraine, tout en réussissant à maintenir ses liens avec l’Europe et les Etats-Unis.Narendra Modi a rarement haussé le ton vis-à-vis de Vladimir Poutine sur ce thème, sauf en 2022 au cours d’une rencontre en Ouzbékistan, quand il avait exigé la fin de la guerre “le plus vite possible”.Il a depuis répété à de multiples reprises son attachement à un ordre mondial “multipolaire” et résisté aux injonctions occidentales à s’éloigner de la Russie.