Test

Dermatose: la colère des agriculteurs ne retombe pas, la vaccination s’élargit

Les agriculteurs maintiennent la pression samedi dans le Sud-Ouest, en bloquant notamment des routes, pour manifester contre l’abattage de troupeaux affectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais le gouvernement défend sa politique, tout en annonçant la vaccination prochaine d’un million de bovins supplémentaires.Près de 150 km de l’autoroute A64 entre Bayonne et Tarbes sont toujours interdits à la circulation en raison de blocages débutés vendredi soir peu après 22H00, de même qu’une partie de la rocade nord de Pau.”Il est hors de question que dans le massif pyrénéen on abatte des bêtes qui ne sont pas malades, qui sont saines, parce qu’elles appartiennent à un troupeau d’où, soi-disant, est sortie une bête malade”, a déclaré à l’AFP Léon Thierry, coprésident de la Coordination rurale des Pyrénées-Atlantiques, un bonnet jaune siglé du syndicat sur la tête.”C’est contre-naturel. C’est de l’extermination de vaches et de paysans”, a insisté le dirigeant, qui bloque l’A64 à hauteur de Briscous (Pyrénées-Atlantiques) au Pays Basque, avec plus d’une dizaine d’éleveurs et une quarantaine de tracteurs, Cette autoroute est également toujours bloquée par une cinquantaine d’agriculteurs et environ 80 tracteurs à Carbonne (Haute-Garonne), point de départ d’un précédent blocage de cet axe par des agriculteurs pendant une dizaine de jours début 2024.- Vaccination étendue dans le Sud-Ouest -Ailleurs dans le Sud-Ouest, la rocade autour d’Auch, dans le Gers, est fermée tout comme la N20 en Ariège, où l’abattage d’un troupeau a fait monter la fièvre cette semaine, avec deux jours de face-à-face tendu entre agriculteurs opposés à cette euthanasie et gendarmes. Samedi matin, à Mont-de-Marsan, une centaine d’agriculteurs se sont aussi rassemblés devant les grilles de la préfecture des Landes, où une délégation a été reçue. Des pneus ont été brûlés sur un rond-pont à la sortie de la ville.Au niveau national, les autorités recensaient samedi matin une petite dizaine de blocages et de tentatives de blocages ainsi qu’une vingtaine d’actions (feu de paille, banderoles, etc.). Samedi matin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé l’intention du gouvernement de vacciner “près d’un million” d’animaux contre la DNC en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.”Nous allons dans les semaines qui viennent vacciner près d’un million d’animaux, et donc protéger les éleveurs”, a déclaré la ministre à Ici Occitanie.Ce million de vaccinations supplémentaires viendrait s’ajouter au million de bovins ayant déjà reçu le vaccin contre la DNC depuis le lancement le 18 juillet de la phase opérationnelle de vaccination, a confirmé à l’AFP le ministère de l’Agriculture.Ces vaccinations auront lieu dans les zones réglementées qui s’étendent de la côte Atlantique à la Méditerranée: Ariège, Aude, Gers, Landes, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques et Pyrénées-Orientales.- Autres dossiers brûlants -Depuis l’apparition de la DNC en juin en France, la stratégie mise en place par l’Etat implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et jusqu’ici une “vaccination d’urgence” de tous les bovins dans un rayon de 50 km autour de la zone concernée.”Trois zones ont déjà pu être levées et la maladie a été éradiquée en un temps record dans plus de 108 foyers dans les départements les plus touchés”, a déclaré vendredi soir au Sénat Mme Genevard, pour défendre cette stratégie.En Occitanie, la maladie touche désormais quatre départements: Pyrénées-Orientales, Ariège, Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne, où un cas a été annoncé vendredi.Le sujet de l’abattage des cheptels suscite un clivage entre les syndicats agricoles. La Coordination rurale et la Confédération paysanne, souvent opposées, sont unies contre l’abattage généralisé des bêtes des foyers affectés et réclament une vaccination large. La puissante alliance FNSEA et Jeunes Agriculteurs estime au contraire que l'”abattage total est la meilleure solution”.Ces derniers jours, l’opposition de la profession à la politique sanitaire du gouvernement s’est durcie, alimentée par d’autres dossiers brûlants comme les accords commerciaux du Mercosur et la baisse annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC) européenne.tb-kal-vgr-fmp/gf/er

Pourquoi la perspective d’une entrée en Bourse de SpaceX fait tant parler

La nouvelle est loin d’être passée inaperçue: plus de 20 ans après l’avoir créée, Elon Musk compte faire entrer en Bourse son entreprise SpaceX, avec laquelle il a révolutionné le secteur spatial mondial, affolant par là tous les compteurs.Entre capitalisation historique et annonce surprise, la manoeuvre qui pourrait être réalisée dès l’année prochaine fascine et interroge. Explications sur ce qui devrait constituer la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire.- De quoi s’agit-il concrètement?SpaceX est aujourd’hui détenue par Elon Musk, aussi patron de Tesla, xAi, et une multitude de fonds d’investissement. Le géant Alphabet, la maison mère de Google, fait partie des actionnaires de l’entreprise spatiale.En devenant cotée en Bourse, SpaceX devrait attirer de nouveaux investisseurs plus divers, dont des particuliers, et permettre à ses actionnaires actuels de vendre plus facilement leur participation en empochant une importante plus-value au passage.L’entreprise devrait aussi y gagner: “SpaceX n’a jamais eu de difficultés à lever des fonds sur le marché privé, mais les marchés publics sont sans aucun doute plus vastes”, souligne auprès de l’AFP Matthew Kennedy, du cabinet spécialisé Renaissance Capital.Selon l’agence Bloomberg, la levée pourrait dépasser les 30 milliards de dollars, du jamais-vu pour une opération de ce genre, et bien plus que les 10 milliards levés par la société depuis sa création, selon la plateforme spécialisée Pitchbook.Cela porterait sa valorisation totale à 1.500 milliards de dollars.- Pourquoi autant d’argent ?Cette entrée en Bourse survient en plein boom du spatial. De 630 milliards de dollars en 2023, le secteur devrait tripler de taille d’ici 2035, selon le cabinet de conseil McKinsey et le Forum Economique Mondial.Et SpaceX, qui domine le marché des lancements spatiaux avec ses fusées réutilisables et possède la plus grande constellation de satellites via Starlink, bénéficie d’un attrait unique.C'”est en quelque sorte un mouton à cinq pattes, donc nous ne pouvons pas établir trop de parallèles avec l’ensemble de l’économie spatiale”, prévient Clayton Swope du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) auprès de l’AFP.Ce statut particulier s’explique aussi par celui de son patron, première fortune mondiale. Elon Musk a ainsi déjà réussi à pousser la valorisation du constructeur automobile Tesla bien au-delà de celles des géants du secteur Toyota et Volkswagen, malgré des ventes 5 à 6 fois inférieures.- Pourquoi maintenant?C’est la question que tout le monde se pose, car le multimilliardaire avait longtemps écarté cette option. Depuis sa création en 2002, SpaceX revêt un statut particulier pour lui car elle vise à assouvir son ambition personnelle de coloniser Mars.Cet objectif fou est au centre des priorités de l’entreprise, qui développe aujourd’hui Starship, la plus grande fusée jamais conçue pour des voyages vers la Lune et Mars, et veut également bâtir des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle (IA) dans l’espace.Autant de projets qui pourraient bénéficier des nouvelles liquidités qu’apporterait une cotation en Bourse.Pour Clayton Swope, la manoeuvre viserait donc à “accélérer le processus de réalisation de la vision (d’Elon Musk) d’une présence humaine sur Mars”.- A quelles conséquences s’attendre?Mais cet afflux d’argent aura également un coût car l’entrée en Bourse obligera SpaceX et Elon Musk à faire preuve d’une certaine transparence, notamment sur les revenus générés, et pourrait leur imposer une pression à la rentabilité.”Je pense que cela pourrait quelque peu freiner SpaceX à court terme”, explique ainsi Mason Peck, professeur en aéronautique à l’Université Cornell.La stratégie de prise de risque de l’entreprise, qui mise sur des technologies souvent non éprouvées et n’hésite pas à multiplier les lancements de prototypes pour apprendre de ses erreurs, pourrait ainsi être mise à mal par les attentes des nouveaux actionnaires.Avec pour risque que SpaceX devienne alors “comme toutes les autres entreprises aérospatiales”, qui tablent sur des développements technologiques plus traditionnels, poursuit-il.Pour Clayton Swope, un tel virage reste néanmoins peu probable, car ce mode opératoire fait partie de l’ADN même de l’entreprise. “Je pense que (les investisseurs) seront prêts à prendre ce risque.”

Inauguration du premier téléphérique urbain en Ile-de-France

Le premier téléphérique urbain d’Ile-de-France, baptisé le C1, est inauguré samedi dans le Val-de-Marne, un département entrecoupé de voies rapides et de lignes ferroviaires où ce mode de transport aérien desservira des communes jusque-là enclavées.Les premiers usagers décolleront à bord de l’une des 105 cabines dans la foulée de l’inauguration qui se tiendra le matin en présence de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse et des maires des communes traversées par le C1.Exploité par Transdev, le téléphérique reliera en 18 minutes — au lieu d’une quarantaine en bus ou en voiture — la station Pointe-du-Lac, à Créteil, à la station Villa-Nova, à Villeneuve-Saint-Georges, en passant par les communes de Limeil-Brévannes et Valenton.Sa mise en service doit permettre de relier les quartiers isolés de ces communes à la ligne 8 du métro parisien.D’un coût de 138 millions d’euros financé à 49% par la région, 30% par le département et 21% par l’Etat et l’Union européenne, le C1 doit permettre de transporter 11.000 passagers par jour sur ses 4,5 kilomètres, selon Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports de la région parisienne.”A la place du téléphérique pour désenclaver cette zone, un métro souterrain n’aurait jamais vu le jour car le budget de plus d’un milliard d’euros n’aurait jamais pu être financé”, explique Grégoire de Lasteyrie, vice-président du conseil régional d’Ile-de-France chargé des transports.C’est le cinquième téléphérique urbain de France après celui de Brest, Saint-Denis de La Réunion, Toulouse et Ajaccio — le septième si l’on inclut Grenoble et Toulon, où les équipements de transport aérien par câble sont principalement destinées à un usage touristique.- Dix passagers par cabine -Ouvert tous les jours de 05H30 à 23H30 (00H30 les samedis et dimanches), le C1 aura une fréquence d’une cabine toutes les 22 à 30 secondes.Chacune pourra accueillir dix passagers assis ainsi que des fauteuils roulants, des vélos et des poussettes. A l’intérieur, vidéosurveillance et boutons d’appel d’urgence ont été installés pour garantir la sécurité des voyageurs en plus de la présence humaine dans chacune des stations.Pour l’emprunter, il suffira de posséder un passe Navigo ou un ticket “bus-tram”.”Comme les métros, RER et bus, le téléphérique pourra aussi (faire l’objet d’)une patrouille régulière des agents de sécurité de la brigade régionale des transports qui va passer à 200 agents en 2027 contre 100 actuellement”, précise Grégoire de Lasteyrie.Avant la mise en service du C1, un exercice grandeur nature a été organisé mi-novembre, au cours duquel les pompiers de Paris se sont entraînés à évacuer des passagers. En France, le dernier accident meurtrier remonte à 1999 dans les Hautes-Alpes, où 20 personnes ont perdu la vie.Les téléphériques, qui doivent être contrôlés quotidiennement, sont considérés comme l’un des moyens de déplacement les plus sûrs au monde, selon le service technique du ministère des Transports.

Wall Street clôture dans le rouge, s’inquiète de la tech

La Bourse de New York a terminé en franche baisse vendredi, plombée par le retour des craintes autour de la rentabilité de certains grands noms de l’intelligence artificielle (IA).Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lâché 1,69%. Le Dow Jones a perdu 0,51% et l’indice élargi S&P 500 a reculé de 1,07% après avoir tous les deux atteint de nouveaux records en clôture la veille.”Le secteur de l’IA suscite tellement d’enthousiasme que le moindre signe d’inquiétude risque de créer de la volatilité” sur le marché, commente auprès de l’AFP Tim Urbanowicz, de Innovator Capital Management.Vendredi, c’est le spécialiste des puces électroniques Broadcom qui a miné Wall Street, malgré des résultats meilleurs qu’escompté au quatrième trimestre de son exercice décalé.Les propos du patron du groupe, Hock Tan, assurant que la société dispose d’un carnet de commandes estimé à 73 milliards de dollars pour ses produits dédiés à l’IA ont crispé les investisseurs, qui s’attendaient à mieux.Le titre a glissé de 11,43% à 359,93 dollars, soit une perte d’environ 200 milliards de dollars de capitalisation boursière. La veille, le géant de l’informatique à distance (cloud) Oracle (-4,58% à 189,74 dollars vendredi en clôture) avait été fortement sanctionné après des résultats jugés décevants. Le groupe s’est massivement endetté pour être un des leaders de l’infrastructure pour l’IA.”Les rapports financiers de nombreuses entreprises liées à l’IA sont devenus des événements majeurs pour le marché”, résume Tim Urbanowicz.”Il y a une crainte que les dépenses du secteur ne soient finalement pas rentables”, explique-t-il.Côté macroéconomique, après la baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed) cette semaine, la place américaine attend désormais de recevoir de nouvelles données afin d’affiner ses attentes sur la politique monétaire future.De nouveaux chiffres sur l’inflation et sur l’emploi – dont le taux de chômage pour le mois de novembre – seront publiés la semaine prochaine.Ces rapports seront particulièrement scrutés alors que la longue paralysie budgétaire (“shutdown”) aux Etats-Unis, du 1er octobre au 12 novembre, a décalé – voire annulé – la publication de nombreux indicateurs.”Il y aura probablement une certaine volatilité si les (données) prennent une tournure complétement inattendue”, estime M. Urbanowicz.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans, évoluait autour de 4,19% vers 21H15 GMT, contre 4,16% à la clôture jeudi.Au tableau des valeurs, le secteur des semi-conducteurs pâtissait franchement de la chute de Broadcom, à l’instar de Nvidia (-3,27%), Micron (-6,70%), Intel (-4,30%) et AMD (-4,81%).Les entreprises spécialisées dans le cannabis ont été portées par un article du Washington Post assurant que le gouvernement américain pourrait assouplir les restrictions visant le développement et le commerce de cette substance.Tilray Brands a été catapultée (+44,13%), de même que Canopy Growth (+53,98%).L’équipementier sportif Lululemon Athletica (+9,60% à 204,97 dollars), en difficulté depuis quelques mois, a profité de performances trimestrielles supérieures aux attentes et de l’annonce du départ de son patron.Le distributeur de demi-gros Costco (-0,00% à 884,47 dollars) a terminé à l’équilibre après la publication de ses performances financières, au-dessus des attentes.

En Europe, des politiques d’immigration plus sélectives et des frontières moins poreuses

Les saillies du président américain Donald Trump reprochant à l’Europe de risquer “un effacement civilisationnel” en accueillant trop d’immigrés occultent en réalité un durcissement des conditions d’asile et d’immigration sur le Vieux continent.Le besoin en main-d’oeuvre de pays européens vieillissants les pousse cependant à accueillir une immigration de travail plus importante. – L’Europe, terre d’immigrationGlobalement, le nombre d’étrangers en Europe augmente, même si les flux ralentissent. L’organe statistique Eurostat dénombrait au 1er janvier 2024 quelque 29 millions de ressortissants de pays tiers, soit 6,4% de la population. En 2021, ils étaient 23,8 millions.L’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie concentrent près de 70% des étrangers vivant dans l’UE.”Une partie de notre économie est basée sur l’immigration”, souligne à l’AFP Matthieu Tardis, co-directeur du centre de recherche indépendant Synergies Migrations, prenant l’exemple de la France où “la révolution industrielle s’est faite sur la main d’oeuvre italienne, polonaise”.Aujourd’hui, les titres de séjour pour le travail sont largement en tête des premiers titres délivrés par l’UE, avec 1,1 million en 2024 (soit 32% des premiers titres émis) contre 589.000 en 2015 (29,6%).Et dans certains secteurs, les “étrangers sont surreprésentés” par rapport à leur poids dans la population européenne, notamment dans la santé ou le bâtiment, poursuit le chercheur.Les médecins étrangers représentent ainsi 22% des médecins en Allemagne, 18% en France ou 41% au Royaume-Uni, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).- Demandeurs d’asile et arrivées irrégulières en baisseFin 2024, Eurostat dénombrait 1 million de demandeurs d’asile en Europe, en baisse de 11% par rapport à 2023. Parmi eux, moins de la moitié (438.000) ont obtenu le statut de réfugié leur donnant le droit de rester.Le nombre de demandeurs d’asile n’a plus jamais égalé le niveau de la crise migratoire de 2015, quand des centaines de milliers de réfugiés syriens fuyant la guerre étaient arrivés en Europe. 1,3 million de demandeurs d’asile avaient alors été recensés.Sur le plan de l’immigration clandestine, près de 200.000 arrivées irrégulières sur les côtes européennes ont été recensées en 2024, cinq fois moins qu’en 2015, selon les Nations unies.Une baisse qui s’explique notamment par les accords noués avec la Turquie, la Libye ou la Tunisie pour contrôler les départs. Ces accords suscitent de nombreuses critiques, notamment sur le respect des droits de l’homme.- Des politiques plus restrictivesEn Allemagne, pays qui accueille le plus d’étrangers dans l’UE, le chancelier conservateur Friedrich Merz a mis en oeuvre une politique d’asile plus stricte depuis son arrivée au pouvoir en mai, lors d’élections où le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a réalisé des scores historiques.Depuis début 2025, le nombre de demandes d’asile en Allemagne a diminué de plus de moitié par rapport à 2024.A l’échelle communautaire, les 27 ont adopté lundi une série de textes pour encadrer plus fermement les arrivées et les renvois de migrants, ouvrant la voie à des centres d’accueil situés hors de l’UE. Le Parlement européen doit encore donner son feu vert.L’Italie a déjà signé un accord controversé avec l’Albanie pour y externaliser le traitement des demandeurs d’asile interceptés en mer. La mesure est toutefois bloquée par de multiples recours devant les tribunaux.Depuis son élection en 2022, la Première ministre Giorgia Meloni, cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une de ses priorités. Dans le même temps, le gouvernement italien a augmenté le nombre de visas de travail (450.000 entre 2023 et 2025, contre 75.700 en 2022), afin de répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans un pays vieillissant et confronté à une chute du taux de natalité.Ce double standard s’applique aussi en Hongrie, où seuls 29 demandeurs d’asiles (hors Ukraine) ont été comptabilisés en 2024. Parallèlement, le nombre d’étrangers résidant dans le pays dirigé par le premier ministre nationaliste Viktor Orban a augmenté en 10 ans, via sa politique de travailleurs “invités”, passant de près de 146.000 à plus de 255.000 attendus pour 2025, dont un peu moins de la moitié recensés comme “Asiatiques” et “Africains”.Hors UE, au Royaume-Uni, l’immigration nette a plongé de près de 69% sur un an en 2025, selon l’Office national des statistiques.Des données qui confirment une tendance à la baisse depuis le pic atteint en 2023, sous l’effet des politiques du précédent gouvernement conservateur. Les traversées irrégulières de la Manche, elles, se poursuivent.burs-est-tll/dab/sva/clr/lpt

Le groupe de mode IKKS trouve repreneur mais perd 500 emplois

Énième symbole de la crise du prêt-à-porter français, le groupe IKKS a trouvé repreneur mais voit ses effectifs réduits de moitié, avec la perte d’environ 500 emplois, selon une décision vendredi du tribunal des activités économiques de Paris.L’offre de Santiago Cucci, actuel président de la holding HoldIKKS, et Michaël Benabou, cofondateur de Veepee (ex-Vente privée), validée par le tribunal, permet le maintien de 546 emplois sur les 1.094 en France et de 119 points de vente, selon un jugement consulté par l’AFP.Le Basque Santiago Cucci, qui a fait ses armes comme dirigeant chez Quiksilver et Tommy Hilfiger, a indiqué vendredi dans un entretien au site spécialisé Fashion Network vouloir se “recentrer sur le navire amiral”, soit, selon lui, les activités adultes d’IKKS, ce qui implique de mettre “en veille l’activité junior”. “Il faut se rendre compte que le junior est à l’origine de 82% des pertes d’IKKS”, a-t-il justifié. C’est un “coup sur l’emploi terrible” mais le choix de la “meilleure” offre parmi celles déposées, selon Sébastien Hervé, secrétaire général du syndicat CFDT dans le Maine-et-Loire, où se trouve le siège d’IKKS, marque haut de gamme pour femmes, hommes et enfants fondée en 1987. Le prix de cession est de 700.000 euros et les repreneurs s’engagent à un apport à court terme de 16 millions d’euros. S’y ajoute 700.000 euros d’abondement au plan de sauvegarde de l’emploi pour les salariés non repris, pour notamment des aides à la création d’entreprises ou à la mobilité. – “Deuil” -“C’est un véritable deuil pour celles et ceux qui voient brutalement s’arrêter l’aventure IKKS”, écrit la CFDT dans un communiqué. “Pour les salariés repris, l’incertitude reste immense”. Plombé par la concurrence de la seconde main et de la mode ultra-éphémère venue d’Asie, l’habillement français peine à subsister et, dans ce contexte, l’existence d’une offre de reprise sérieuse était déjà un soulagement face au risque de liquidation judiciaire, funeste couperet tombé sur le groupe d’électroménager Brandt jeudi.”Cette offre a le mérite d’exister et de maintenir plusieurs centaines d’emplois”, indique à l’AFP Hélène Signoret, avocate du Comité social et économique (CSE) représentant des salariés, qui a rendu un avis favorable devant le tribunal.”Évidemment, ce n’est pas une offre parfaite, elle va s’accompagner de beaucoup de licenciements, notamment sur le siège de Saint-Macaire-en-Auge et de beaucoup de fermetures de boutiques”, regrette-t-elle.Elle s’inquiète en particulier du sort des salariés du siège, où un poste sur trois seulement serait maintenu, une restructuration pouvant déboucher sur des “difficultés opérationnelles”. Dans les magasins repris, pas de réduction d’effectifs: soit un magasin est repris avec tous ses salariés, soit il est fermé.- Fast-fashion destructrice -Avec l’offre acceptée, 92 magasins en propre sont repris, représentant 341 emplois. S’y ajoutent 27 corners aux Galeries Lafayette (44 emplois) et 161 emplois au siège. Par ailleurs, 100 points de vente d’affiliés sont repris, soit 300 emplois indirects.Avant même la décision, “le plan a commencé à être mis en oeuvre par la direction”, explique Sébastien Hervé, “des magasins ont commencé à être fermés”, des déstockages mis en place. L’entreprise possédait fin août 473 points de vente en France et dans 11 autres pays, et employait 1.287 salariés dans le monde, dont 1.094 en France, selon les administrateurs judiciaires.IKKS a rejoint la longue liste des entreprises françaises de prêt-à-porter en difficulté: Camaïeu, Kookaï, Gap France, Jennyfer, André, San Marina, Minelli, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam Tam, Kaporal…”Depuis 10 ans, 48.000 emplois ont été détruits dans le commerce”, estime la CFDT, qui “alerte depuis longtemps sur l’effondrement progressif du secteur, marqué par des faillites en série” et “appelle l’État à prendre des mesures fortes et courageuses” face notamment au “modèle destructeur” de la fast-fashion.Après le difficile passage à la vente en ligne, le Covid-19, l’inflation et désormais la concurrence de la seconde main et de la mode ultra-éphémère, l’activité du secteur habillement/textile recule de 1,3% en 2025 et de 8,5% depuis 2019, selon l’Institut français de la mode (IFM).

Nouvelle augmentation du prix des cigarettes au 1er janvier 2026

Les prix de certains paquets de cigarettes, notamment les marques premium, vont augmenter au 1er janvier 2026, des hausses allant jusqu’à 50 centimes selon un document publié par les Douanes vendredi.Ce sera notamment le cas de paquets de Camel et de Winston du fabricant Japan Tobacco International (JTI), qui passeront à 13 euros. JTI, qui augmente aussi son tabac à rouler, appliquera des augmentations de 10 centimes à plus d’un euro en fonction des références.Le fabricant Philip Morris International (PMI) a de son côté décidé d’appliquer des augmentations d’environ 50 centimes sur ses cigarettes et tabac à rouler, notamment sur ses marques premium Marlboro Red ou Philip Morris dont plusieurs références dépassent les 13 euros.”Nous avions plutôt absorbé les coûts jusqu’à présent, là nous avons décidé d’augmenter les prix ce qui correspond à la hausse de notre éco-contribution, à l’inflation des coûts de production et à la hausse de la part versée aux buralistes”, explique un porte-parole de PMI à l’AFP”La hausse reste limitée pour ne pas pousser les acheteurs vers le marché illégal et nous n’augmentons que les cigarettes, pas les produits alternatifs comme la vape que nous souhaitons garder abordables”, poursuit-il.Le fabricant British American Tobacco (BAT, Dunhill, Lucky Strike..) n’augmente qu’une petite dizaine de références, principalement ses cigarettes, des hausses allant de 10 à 50 centimes, selon la grille tarifaire des Douanes.Imperial Brands – Seita (Fortuna, Gauloises…) applique des hausses de 10 centimes sur la plupart de ses marques de cigarettes.A l’annonce fin 2023 du programme national de lutte contre le tabagisme 2023-2027, le gouvernement prévoyait un prix du paquet de cigarettes de minimum 13 euros courant 2026.Le document publié a finalement retenu l’objectif d’un paquet à 13 euros en 2027.Malgré les hausses prévues en 2026, les grands fabricants proposent toutefois tous des références autour de 11,50 euros le paquet de 20.Les ventes de cigarettes ont reculé de plus de 11% en volume entre novembre 2025 et novembre 2024, et de plus de 15% pour le tabac à rouler, selon des données publiées vendredi par les Douanes. Pour le président de la Confédération des buralistes Serdar Kaya “cette énième évolution de prix est une nouvelle occasion de fragiliser davantage nos commerces au profit de la criminalité organisée”.”L’Etat doit réagir et ne plus se contenter de percevoir 87% de taxes sur le produit. Nous avons besoin d’une réponse adaptée de sa part sur la contrebande et la contrefaçon”, a-t-il déploré dans une déclaration à l’AFP.

La Bourse de Paris en léger recul avec les doutes sur l’IA

La Bourse de Paris a fini en léger recul vendredi, sur fond d’inquiétudes ravivées sur le secteur de l’IA, après les résultats du groupe américain de microprocesseurs Broadcom, qui ont déçu les investisseurs.Le CAC 40 a perdu 0,21% à 8.068,62 points, en recul de 17,14 points. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice vedette parisien a cédé 0,57%.Comme l’ensemble des marchés européens, l’indice parisien a marqué le pas, dans le sillage de Wall Street, après les résultats de Broadcom. Le patron du groupe de microprocesseurs, Hock Tan, a notamment indiqué qu’il disposait d’un carnet de commandes estimé à 73 milliards de dollars pour ses produits dédiés à l’IA. Or, les investisseurs s’attendaient à mieux.”Broadcom est le principal partenaire de Google pour concevoir et fabriquer ses puces IA”, et cette “collaboration le place donc parmi les leaders de cette technologie”, relève Hervé Thiard, directeur général de Pictet AM.Ces nouvelles “provoquent donc de nouveau des questions sur la valorisation” boursière de l’intelligence artificielle, relève Edouard Faure, responsable du Crédit chez Swiss Life AM France, interrogé par l’AFP. Le secteur de la tech, qui a tiré les marchés ces deux dernières années, fait régulièrement depuis l’été l’objet de scepticisme sur les niveaux gigantesques de valorisation et sur la possibilité de rentabilisation rapide des investissements massifs du secteur.A Paris, les spécialistes des installations électriques, Legrand (-1,63% à 123,60 euros) et Schneider Electric (-1,57% à 235,40 euros), ont fini en bas du tableau. Les perspectives de croissance de ces deux entreprises sont en effet liées à la demande en  réseaux électriques pour les centres de données, des infrastructures indispensables pour développer les IA.Mais pour la suite, “on entre tranquillement dans la période de fin d’année, généralement propice pour les marchés”, assure Edouard Faure.Principal rendez-vous de la semaine prochaine: la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) le 18 décembre, la dernière pour 2025.Côté obligataire, le taux d’emprunt français a atteint 3,57%, contre 3,55% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, s’est hissé à 2,85%, contre 2,84%.Wendel voit vertLa société d’investissement Wendel prévoit de générer 7 milliards d’euros de trésorerie d’ici 2030 et d’en “retourner” 1,6 milliard aux actionnaires, a-t-elle indiqué vendredi à l’occasion de sa “journée investisseurs”.Pour ce faire, l’entreprise compte verser des dividendes, mais aussi annuler ou racheter un grand nombre d’actions (équivalent à respectivement 3,8% et 9% de son capital) en 2026. La nouvelle a été saluée: son cours a grimpé de 4,87% à 81,00 euros.

La Lituanie commande 30 canons Caesar supplémentaires au franco-allemand KNDS

La Lituanie a commandé 30 canons Caesar au franco-allemand KNDS, qui s’ajoutent à 18 pièces acquises en 2022, a annoncé le groupe de défense dans un communiqué, sans donner de montant. Ce pays balte, ex-république soviétique frontalière à la Russie, disposera ainsi d’ici 2030 d’une division entière de canons Caesar, fabriqués par la branche française de KNDS et éprouvés sur le front ukrainien. Les livraisons débuteront au premier semestre 2027. Interrogé par l’AFP, le groupe n’a pas révélé le montant du contrat. Selon le quotidien La Tribune, il s’élève à 252 millions d’euros.Ce choix “ participera à la protection du flanc Est de l’Otan”, souligne KNDS. L’accord prévoit aussi l’ouverture d’un centre de maintien en condition opérationnelle en Lituanie, afin de soutenir la montée en puissance de l’industrie de défense locale.En parallèle, Vilnius franchit une nouvelle étape avec la construction d’un site d’assemblage pour 41 chars Leopard à Kaunas dans le cadre d’un contrat signé avec KNDS Allemagne qui fabrique ces chars.Cet accord prévoit la formation de personnel pour la production et la maintenance, ainsi qu’un soutien logistique pendant cinq ans après la livraison des premiers systèmes. Cette initiative fait suite à la décision de la Lituanie, en décembre 2024, d’acquérir 44 chars Leopard dans le cadre du programme commun d’achats européen, dont elle fut le premier pays signataire. Les livraisons sont attendues entre 2028 et 2030.La Lituanie a déclaré cette semaine un “état d’urgence” facilitant la participation des militaires à la surveillance de la frontière bélarusse face à un afflux de ballons en provenance du Bélarus, allié de la Russie, que Vilnius et Bruxelles qualifient “d’attaque hybride”.Depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de la Crimée par la Russie en 2014 et le début de la guerre en Ukraine, la Lituanie est l’un des pays européens les plus en alerte face à la menace russe. Membre de l’Otan depuis 2004, elle a rétabli la conscription en 2015, augmenté ses dépenses militaires au-delà des 2% du PIB et milite pour une présence renforcée des forces alliées sur le flanc Est. Sa position géographique, voisine de l’enclave russe de Kaliningrad et du Bélarus, la place en première ligne des tensions régionales. Vilnius dénonce régulièrement les cyberattaques et campagnes de désinformation attribuées à Moscou, qu’elle considère comme une menace directe pour sa sécurité nationale.

Le Smic va augmenter de 1,18% au 1er janvier, sans coup de pouce, les syndicats déçus

Une revalorisation sans coup de pouce: le Smic augmentera mécaniquement de 1,18% au 1er janvier, au grand dam des syndicats, qui appelaient le Premier ministre à faire un geste. Deux semaines après la remise du rapport annuel du groupe d’experts sur le Smic qui préconisait, comme tous les ans, de ne pas donner de coup de pouce au salaire minimum au-delà de son augmentation automatique, les partenaires sociaux étaient réunis vendredi pour apprendre la décision du gouvernement.Avec cette hausse de 1,18%, ils ont dû tirer un trait sur un coup de pouce surprise et même constater une revalorisation automatique en deçà de la projection du groupe d’experts, en raison d’une inflation plus faible qu’anticipée. Les experts estimaient en effet fin novembre que la revalorisation automatique du Smic prévue par le Code du Travail entraînerait une hausse de 1,4%.Le salaire minimum passera finalement le 1er janvier de 1.801,80 à 1.823,03 euros brut par mois et de 11,88 à 12,02 euros brut de l’heure. Le gain pour un salarié payé au Smic travaillant à temps plein sera d’un peu moins de 17 euros net par mois. Le Smic “est revalorisé afin de garantir le pouvoir d’achat des salariés concernés et de soutenir le développement économique national”, a commenté le ministère du Travail.Au 1er novembre 2024, environ 2,2 millions de salariés du secteur privé étaient rémunérés au Smic, soit 12,4% d’entre eux, selon les données du ministère.”Le pouvoir d’achat est la première préoccupation des Français”, a réagi auprès de l’AFP le secrétaire national de la CFDT, Fabien Guimbretière. “Une année où il y a une plus faible inflation, c’est souvent là que ça peut permettre un coup de pouce”, a-t-il estimé, regrettant que le Premier ministre n’ait pas fait ce choix.- “Tassement” -Pour la CGT, “le Premier ministre enlise les travailleurs et travailleuses dans la précarité”. La CGT revendique, dans un communiqué, un Smic à 2.000 euros brut et l’indexation de tous les salaires sur les prix “pour garantir à tous les salarié.es le maintien de leur niveau de vie face à l’inflation et stopper les effets de tassement”.”Nous regrettons qu’il n’y ait toujours pas de coup de pouce depuis de trop nombreuses années alors que le nombre de travailleurs pauvres augmente”, a déploré Pierre Jardon de la CFTC. Le syndicat “a fait une étude économique qui démontre qu’une revalorisation de 5% est socialement utile et économiquement largement soutenable”, a-t-il ajouté. Le Smic bénéficie chaque année d’une hausse mécanique, calculée selon deux critères: l’inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres – qui s’élève à 0,6% entre novembre 2024 et novembre 2025 – et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.En cours d’année, si l’inflation dépasse 2%, le Smic est par ailleurs augmenté automatiquement dans les mêmes proportions. Au-delà de ces évolutions mécaniques, le gouvernement peut choisir de donner un coup de pouce, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande à l’Élysée.”Compte tenu du ralentissement du marché du travail, du niveau élevé du Smic par rapport au salaire médian et du coût très important des exonérations” de charges patronales sur les bas salaires, le groupe d’experts recommandaient de “ne pas aller au-delà de la revalorisation automatique”.En France, le Smic représentait 62,5% du salaire médian en 2024, “soit le niveau le plus élevé parmi les pays européens”, pointaient-ils. Ils se prononçaient également sur le sujet sensible des exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires.  Pour éviter l’effet “trappe à bas salaires”, ils jugeaient souhaitable de ramener progressivement le plafond ouvrant droit à ces exonérations à deux Smic. En septembre, le gouvernement avait déjà décidé de le ramener à trois Smic, contre 3,3 auparavant.La CGT pointe dans son communiqué un système qui “tire l’ensemble des salaires vers le bas” en incitant les entreprises à “maintenir des salaires au niveau du Smic pour maximiser ces exonérations, au détriment du niveau de vie des salarié.es”.