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Accord sur le rachat de Warner Bros par Netflix pour 83 milliards de dollars

Le champion du streaming vidéo Netflix s’est entendu avec Warner Bros Discovery (WBD) pour racheter l’essentiel du groupe de médias, valorisé 83 milliards de dollars, mais des doutes planent sur l’avis des régulateurs. Sous réserve de leur feu vert, la plateforme au N rouge va mettre ainsi la main sur la plateforme concurrente HBO Max, mais aussi sur les studios Warner Bros., selon un communiqué conjoint publié vendredi.Elle se retrouverait d’un coup à la tête d’un catalogue volumineux, qui comprend les sagas Harry Potter et “Le seigneur des anneaux”, les super-héros de DC Studios (Batman, Superman ou encore Wonder Woman) ou encore la série “Game of Thrones”.Netflix n’héritera pas, en revanche, des chaînes de télévision de Warner Bros Discovery (Discovert et CNN notamment), qui vont être logées, avant le rachat, dans une entité distincte de Warner Bros et qui sera cotée en Bourse.En proposant 27,75 dollars par action, soit 72 milliards hors dette, Netflix a coiffé au poteau le câblo-opérateur Comcast et le groupe de médias Paramount Skydance, également sur les rangs pour ce rachat.Selon des médias américains, le conseil d’administration de WBD souhaitait autour de 75 milliards de dollars, hors dette.- Question de concurrence -Le projet fera probablement “l’objet d’un examen approfondi de la part des régulateurs américains et européens, car il soulève des craintes légitimes de monopole”, a commenté dans une note l’analyste Kathleen Brooks, de XTB.Netflix est, en effet, la première plateforme mondiale de vidéo à la demande et HBO Max la troisième (hors Amazon Prime Video), Disney complétant le podium.Un responsable du gouvernement a indiqué vendredi à la chaîne CNBC, sous couvert d’anonymat, que l’administration Trump manifestait un “fort scepticisme” vis-à-vis de cette union.Toujours selon CNBC, Paramount Skydance envisagerait d’en appeler directement aux actionnaires de WBD en faisant valoir qu’une reprise par Netflix serait vouée au rejet des régulateurs.CNBC rapporte, par ailleurs, que Paramount Skydance avait proposé un prix supérieur à Netflix, à 30 dollars par action.Selon plusieurs médias, les avocats du groupe ont envoyé, jeudi, une lettre à WBD pour dénoncer un mécanisme tronqué, l’accusant d’avoir toujours eu l’intention d’accorder sa préférence à Netflix.Le patron de Paramount Skydance David Ellison a aussi pour lui sa proximité avec Donald Trump, qui a, pour beaucoup, joué dans l’autorisation délivrée en juillet par le régulateur américain de l’audiovisuel, la FCC, pour la prise de contrôle de Paramount par Skydance.- “Hautement confiant” -Pour Kathleen Brooks, le net repli de l’action Netflix vendredi (-2,89%) est, pour partie, dû à l’incertitude entourant la transaction, l’accord prévoyant que le groupe de Los Gatos (Californie) verse à WBD une indemnité de 5,8 milliards de dollars en cas d’échec.Lors d’une conférence téléphonique avec les analystes, le co-directeur général de Netflix, Ted Sarandos, s’est dit “hautement confiant” dans la validation par les autorités de la concurrence.Netflix table sur une finalisation dans les 12 à 18 mois, signe qu’il anticipe un examen approfondi des régulateurs.Lors de la conférence téléphonique, le directeur financier de Netflix Spencer Neumann a fait valoir plusieurs bénéfices espérés, dont la capacité d’attirer davantage d’abonnés, mais aussi des économies de l’ordre de 2 à 3 milliards de dollars par an, à terme.Netflix indique qu’il entend préserver, pour l’instant, le modèle économique de Warner Bros, notamment les sorties de films en salles.La plateforme affirme aussi que cette méga acquisition va lui permettre d’étendre sa capacité de production studio aux États-Unis et de continuer à accroître ses investissements dans les contenus originaux.La bataille du streaming et la décroissance de la télévision traditionnelle entraînent des réorganisations stratégiques majeures parmi les grands acteurs américains. de l’audiovisuel.Skydance Media a récemment absorbé, en août, Paramount Global, dont le service de streaming, Paramount+, était jugé trop petit pour s’en sortir seul.Au passage, cet acteur émergent du cinéma et de la télévision a pris les commandes du studio Paramount Pictures. En 2021, le géant Amazon avait lui racheté le mythique studio MGM pour 8,45 milliards de dollars, et Comcast un autre grand nom d’Hollywood, Universal, en 2009.

Wall Street termine en hausse, la Fed en ligne de mire

La Bourse de New York a terminé en hausse vendredi et tous les regards sont désormais rivés sur la réunion de la banque centrale américaine (Fed) la semaine prochaine, à l’issue de laquelle une baisse des taux est largement anticipée par le marché.Le Dow Jones a gagné 0,22%, l’indice Nasdaq a pris 0,31% et l’indice élargi S&P 500 a progressé de 0,19%.”Cela a été une journée relativement calme”, indique à l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Les investisseurs ont accueilli en début de séance l’indice d’inflation PCE pour le mois de septembre, retardé à cause de la longue paralysie budgétaire (“shutdown”) de 43 jours qui a touché les Etats-Unis.A 2,8% sur un an contre 2,7% en août, l’inflation s’éloigne encore de la cible de la Réserve fédérale américaine qui est de 2%. L’inflation sous-jacente (hors prix de l’énergie et de l’alimentation) a, elle, légèrement ralenti à 2,8% en glissement annuel, contre 2,9% le mois précédent.”En plus d’être datées (…) ces données n’ont réservé aucune surprise”, estime Art Hogan. “Et cela n’a pas changé la donne” sur les attentes du marché en termes de politique monétaire.Les investisseurs anticipent toujours massivement une nouvelle réduction des taux d’un quart de point à l’issue de la réunion de la Fed le 10 décembre, ce qui constituerait la troisième détente consécutive.Pour M. Hogan, “le nombre de dissensions” au sein du comité de politique monétaire “ainsi que les projections économiques” pour l’année prochaine seront particulièrement scrutés par les investisseurs.Les personnalités votant sur les taux directeurs sont très partagées sur la conduite à tenir face aux signaux envoyés par l’économie américaine.Trois camps se dessinent: les responsables opposés à une nouvelle baisse, ceux qui ont laissé planer le doute et les défenseurs d’un desserrement monétaire.Toujours côté indicateurs, l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan sur la confiance de consommateurs en décembre est ressortie meilleure qu’escompté (à 53,3 points contre 52 points attendus par le marché).Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans se tendait légèrement vers 21H15 GMT, à 4,14%, contre 4,10% à la clôture jeudi.A la cote, le géant du streaming Netflix a terminé dans le rouge (-2,89% à 100,24 dollars) après avoir annoncé vendredi racheter le studio de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery (+6,28% à 26,08 dollars) pour près de 83 milliards de dollars.Cette acquisition est la plus grosse opération de concentration dans le domaine du divertissement, dépassant même le rachat de Fox par Disney pour 71 milliards de dollars en 2019.Paramount Skydance, qui était également en lice pour le rachat de WBD, a dégringolé de 9,82% à 13,36 dollars.L’enseigne de lingerie Victoria’s Secret a été propulsée (+18,03% à 49,06 dollars), profitant de résultats meilleurs que prévu pour le troisième trimestre et d’une révision à la hausse ses prévisions pour l’ensemble de l’année.Les boutiques de produits cosmétiques Ulta Beauty ont atteint un record en clôture (+12,65% à 601,50 dollars) après avoir largement dépassé les attentes pour le troisième trimestre en termes de chiffre d’affaires et de bénéfices.Le groupe a également relevé ses prévisions pour l’ensemble de l’année.

Shein sera-t-il suspendu en France? Décision le 19 décembre

La justice française tranchera le 19 décembre sur la demande de l’Etat français d’une suspension de trois mois de la plateforme du géant asiatique du commerce en ligne Shein, en raison des produits illicites qu’elle vendait, a décidé un tribunal à Paris vendredi.Pour Shein, les demandes du gouvernement sont “hors sujet”, “pas recevables, pas proportionnées et pas légales” car le “dommage a disparu”.L’entreprise a en effet retiré les produits incriminés et ceux issus des vendeurs tiers et hors habillement, après la découverte de poupées sexuelles d’apparence enfantine fin octobre.Le blocage total du site apparaît disproportionné aux yeux du parquet. L’avocat de l’Etat a lui proposé de maintenir la suspension de la “marketplace” de Shein jusqu’à la mise en place d’un certain nombre de mesures pour éviter la répétition des nuisances. L’Etat ne veut pas “interdire” Shein de “faire du commerce”, a notamment plaidé l’avocat de l’Etat Renaud Le Gunehec.Cependant, il réclame un “cadre contraignant pour s’assurer qu'(…) on ne trouvera plus des poupées sexuelles d’1,20 m avec des visages de fillette de 10 ans et des orifices sexuels (…) ou des machettes à double lame”, a-t-il précisé.La vente de “dizaines” de poupées (quatre selon Shein) en forme de “gamines ultra-réalistes” parfois avec “un nounours” n’était “pas un accident” mais “une offre massive ouvertement pédophile”, a-t-il estimé lors de cette audience initialement prévue le 26 novembre mais renvoyée sur demande de l’Etat.- “Offre pédophile” -Le gouvernement fonde sa demande sur la loi sur la confiance dans l’économie numérique, qui permet de faire cesser un dommage occasionné par un contenu en ligne.L’entreprise fondée en Chine en 2012 et basée désormais à Singapour estime, via ses avocats Julia Bombardier et Kami Haeri, que ce fondement juridique n’est pas applicable.Représentée en Europe par la société irlandaise ISSL (Infinite styles services co. Limited), la marque de mode ultra-éphémère assure renforcer ses contrôles “en continu”, a expliqué Mme Bombardier.Pointant des difficultés notamment pour mettre en place des filtres d’âge pour des contenus à caractère pornographique, les avocats de Shein ne sont “pas en mesure” de donner un délai avant la réouverture par leurs soins de la “marketplace,”sa place de marché sur laquelle les produits sont commercialisés par des vendeurs tiers.Le ministère de l’Economie a en outre indiqué vendredi soir qu'”un courrier commun de plusieurs Etats membres appelant à des actions collectives pour combattre les effets pervers des plateformes d’e-commerce sera envoyé à la Commission européenne en amont du Conseil +Compétitivité+ du lundi 8 décembre”.- “Risques systémiques” -Le 5 novembre, le gouvernement français avait donné 48 heures à Shein pour se mettre en conformité avec la loi après la découverte sur son site de poupées sexuelles d’apparence enfantine, notamment.Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait constaté ensuite le retrait des produits illicites, mais confirmé le “maintien des procédures judiciaires aux fins d’obtenir la suspension de la plateforme”.Si le blocage total n’est pas décidé, l’Etat se contenterait d’un statu quo avec le maintient du site tel qu’il existe depuis début novembre en France, avec seulement des articles d’habillement. Et conditionnerait la levée de la suspension à la mise en place d’un certain nombre de mesures et de contrôles.Les avocats de Shein ont regretté le flou sur ces mesures demandées et rappelé que seule la Commission européenne a la compétence pour lutter “contre les risques systémiques” des très grandes plateformes. La Commission a déjà adressé des demandes d’informations à la plateforme, une procédure pouvant aboutir à l’ouverture d’une enquête.Les fournisseurs d’accès à internet (Bouygues, Free, Orange, SFR) étaient également assignés afin de garantir in fine le blocage potentiel de Shein. Relevant le flou de l’Etat quant aux domaines internet à bloquer, ils se sont dits incompétents pour bloquer l’application mobile le cas échéant.Lors de l’audience, une dizaine de militants de l’association Mouv’enfants étaient devant le tribunal, des messages comme “Les poupées sexuelles alimentent le fantasme pédocriminel” affichés sur des pancartes. 

Blanchiment en France: la banque espagnole Santander accepte de payer une amende de 22,5 millions d’euros

Le premier groupe bancaire espagnol, Santander, a accepté vendredi de payer une amende de 22,5 millions d’euros pour clore, au terme d’années de procédure, une affaire de blanchiment impliquant l’une de ses filiales françaises.Le parquet de Paris et la banque sont parvenus mardi à un accord, dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public (Cjip), qui a été homologuée vendredi après-midi lors d’une audience par le tribunal de Paris. L’enquête, ouverte il y a 14 ans, a mis au jour un “vaste circuit de blanchiment au bénéfice de la clientèle” de cette filiale, baptisée BPI Paris, selon le parquet, pour un montant total d’environ 49 millions d’euros entre 2004 et 2010.Grâce à la banque, ces clients pouvaient “évacuer des revenus professionnels vers l’Espagne afin de diminuer (leur) imposition, déposer des espèces par la suite mises à disposition d’autres clients demandeurs ou au contraire récupérer des espèces afin de financer des pots-de-vin ou rémunérer des salariés non déclarés”, a expliqué le parquet.Le ministère public “considère que ces faits sont susceptibles de recevoir les qualifications (de) blanchiment de divers délits et notamment de fraude fiscale, avec les circonstances que les faits ont été commis de façon habituelle, en bande organisée et en utilisant les facilités de l’exercice de la profession de banquier ainsi que du délit connexe de démarchage bancaire illicite”, a-t-il précisé.L’enquête a mis au jour 22.000 opérations délictueuses au bénéfice de 74 clients de la banque, la plupart français.”Aucun des clients n’avait déclaré son compte espagnol à l’administration fiscale française”, a souligné le procureur lors de l’audience.Les anciens employés de BPI mis en examen ainsi qu’une trentaine de clients de Santander ont affirmé durant l’enquête que les pratiques de la filiale étaient connues et validées par le siège à Madrid, selon le parquet.- “Manquement” -Lors de l’audience, l’avocat de Santander, Me Aurélien Chardeau, a affirmé qu’il n’y avait “pas de système de blanchiment, ou d’instruction (en ce sens) de la part de la banque”.”La banque reconnaît avoir détecté tardivement les faits. Il y a un manquement et nous le reconnaissons”, a-t-il ajouté.Le représentant de Santander, assisté d’un traducteur, a de son côté reconnu qu’à l’époque des faits, “les contrôles n’étaient pas assez avancés” pour empêcher les blanchiments. “Aujourd’hui les moyens déployés par la banque sont plus importants”, a-t-il affirmé.La première plainte dans ce dossier avait été déposée par la banque Santander elle-même, en février 2011, après une altercation entre des salariés de la succursale parisienne et des clients qui avaient mis au jour des pratiques délictueuses à Paris. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte, et le juge d’instruction a ordonné le 10 septembre dernier de transmettre le dossier au parquet, pour trouver un accord.Celui-ci prend la forme d’une Cjip, qui permet de mettre un terme aux poursuites visant une entreprise soupçonnée d’infractions financières en échange du paiement d’une amende.Santander devra payer l’amende en trois fois dans un délai de 12 mois.”Nous sommes satisfaits d’avoir conclu un accord concernant cette affaire, que nous avons identifiée grâce à nos propres systèmes et contrôles et signalée aux autorités compétentes il y a 15 ans”, a indiqué à l’AFP un porte-parole.”La banque a déjà passé des provisions pour ce règlement (du dossier) et, en tant que tel, cela n’aura aucun impact sur les résultats du groupe”, a-t-il ajouté, en soulignant l’engagement de Santander “à se conformer aux normes et réglementations les plus élevées de l’industrie en matière de blanchiment”.En 2022, Santander avait écopé d’une amende de 108 millions de livres au Royaume-Uni pour des contrôles déficients en matière de blanchiment.Me Philippe Meilhac, avocat de l’un des prévenus de cette affaire qui doit comparaître en 2026, s’est étonné de son côté auprès de l’AFP de “la pertinence d’un tel procédé (Cjip) qui conduit à dissocier le cas du principal protagoniste (la banque) de celui de ses collaborateurs et ses clients”.

Budget de la Sécu: l’Assemblée adopte les recettes et poursuit les débats, nouveau vote décisif en vue mardi

Du répit pour le gouvernement : l’Assemblée a adopté vendredi dans un scrutin à suspense la partie recettes du budget de la Sécurité sociale, malgré la division du camp gouvernemental, une issue qui permet aux débats de se poursuivre, avec pour horizon un vote sur l’ensemble du texte mardi.”On peut trébucher à chaque instant”, prévenait toutefois vendredi Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement. Et pour cause, les députés devront par exemple voter entre vendredi soir et dimanche, sur la partie “dépenses” du texte, qui contient la cruciale “suspension” de la réforme des retraites.Son rejet n’empêcherait pas le projet de loi d’être soumis au vote mardi, mais il serait amputé d’une mesure tellement importante dans le compromis politique avec le PS qu’il serait selon toute vraisemblance invotable en l’état.Vendredi la chambre basse avait adopté la partie recettes par 166 voix contre 140 et 32 abstentions, avec le soutien de Renaissance, du MoDem, du PS et des indépendants de Liot. L’alliance RN-UDR, LFI et les écologistes ont voté contre, quand LR et Horizons, membres du camp gouvernemental, se sont majoritairement abstenus.Le scrutin a été marqué par une faible affluence pour un vote crucial, et surtout les groupes les plus fermement opposés au texte (RN, UDR, LFI) avaient un nombre conséquent d’absents.- Résultat “pas reconductible” -“Ca passe parce que le RN avait seulement 69 présents (sur 123 députés, NDLR), le vote d’aujourd’hui n’est pas reconductible” mardi, alerte un cadre macroniste. “Arithmétiquement, si on considère les positions politiques des groupes aujourd’hui, ça ne passerait pas mardi”, abonde un député socialiste.Le résultat serré est donc un avertissement pour le gouvernement. Même s’il est aussi une forme de succès, quoique temporaire, après avoir multiplié les gestes d’ouverture en espérant faire passer le texte sans 49.3.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui salué “le travail de concertation” avec les forces politiques. Vendredi les députés ont aussi rétabli la création d’un réseau de maisons “France Santé” pour améliorer l’accès aux soins, promesse de M. Lecornu.Le gouvernement a aussi annoncé qu’il appelait en priorité certains débats, dont cette suspension et le sensible gel des pensions de retraites et des minima sociaux. Ils devraient donc avoir lieu à partir de 21h30 vendredi, et samedi matin si besoin.Jeudi, l’exécutif avait tenté de trouver un chemin entre le PS et la droite, faisant voter une réécriture d’une hausse de CSG sur le capital voulue par la gauche, mais en réduisant son périmètre. Au prix d’un rendement en nette baisse, attendu autour de 1,5 milliard d’euros, au lieu de 2,8 dans la version initiale.- Quel déficit ? -Les Républicains et Horizons, échaudés par les concessions faites au PS sur la CSG et la réforme des retraites, prennent aussi appui sur le niveau de déficit pour expliquer leurs abstentions majoritaires sur le texte.Paul Christophe (Horizons) a fustigé un “déficit de la sécurité sociale artificiellement réduit”, en référence notamment à un transfert prévu de fonds des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu pour lui donner de l’air, mais sans alléger le déficit global du pays.Le gouvernement espère ramener le déficit de la Sécu à 20 milliards, et Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a estimé qu’il se trouvait théoriquement autour de 16 milliards d’euros à la fin de l’examen des “recettes”.Mais les députés sont par exemple très opposés au gel des pensions et minima sociaux initialement censé rapporter 3,6 milliards, et devraient donc supprimer des mesures qui alourdiront mécaniquement le déficit.La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a également assuré vendredi qu’il n’y aurait aucune augmentation – ni dans le budget ni par décret – des franchises médicales.L’exécutif envisage aussi de remonter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam) “jusqu’à +2,5%” (contre +2% jusqu’ici).Si des cadres du camp gouvernemental espéraient voir les écologistes s’abstenir, ceux-ci ont largement voté contre les recettes. “C’est un budget décliniste (…) Nous allons dégrader les conditions de travail des soignants”, a fustigé leur patronne Cyrielle Chatelain.Jeudi, Sébastien Lecornu a martelé qu’en l’absence de budget de la Sécu, le déficit filerait à “29 ou 30 milliards” d’euros sur l’ensemble de 2026. Mais le Parlement peut aussi adopter un budget en début d’année comme il y a quelques mois après la censure de Michel Barnier.Pressé par ailleurs par plusieurs ténors de son camp d’activer l’article 49.3 de la Constitution pour éviter un vote à haut risque, Sébastien Lecornu l’a de nouveau exclu.sac-are-la-sl/jmt/dsa

L’UE inflige une amende de 120 millions d’euros à X, vive réaction américaine

L’UE a infligé vendredi une amende de 120 millions d’euros à X, le réseau social d’Elon Musk, provoquant, comme attendu, une très vive réaction de l’équipe du président américain Donald Trump qui a dénoncé une “censure”.Il s’agit de la première amende imposée à une plateforme dans le cadre du règlement européen sur les services numériques, ou DSA.Cette décision est “une attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers”, a fustigé, sur X, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.Cela “n’a rien à voir avec de la censure”, avait martelé quelques heures plus tôt la vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen, mettant en avant la stricte application des textes européens.Cette loi est entrée en vigueur il y a deux ans pour lutter contre les contenus illégaux et dangereux en ligne, et impose des obligations renforcées aux plus grandes plateformes actives dans l’UE.La sanction annoncée vendredi ne porte que sur les seules infractions notifiées en juillet 2024 à X, lorsque l’UE avait accusé simultanément la plateforme de tromperie des utilisateurs avec les coches bleues censées certifier les sources d’informations, de transparence insuffisante autour des publicités, et de non-respect de l’obligation d’accès aux données internes par des chercheurs agréés.Les coches bleues étaient à l’origine attribuées par l’ex-Twitter à des utilisateurs au terme d’un processus de vérification de leur identité, afin d’aider à déjouer les impostures.Mais après avoir racheté la plateforme de microblogage, Elon Musk a réservé ces badges aux abonnés payants, au risque selon Bruxelles d’induire en erreur les utilisateurs.L’UE a élargi entre-temps son enquête sur X à des soupçons de non-respect de ses obligations en matière de contenus illégaux et de désinformation, des sujets sur lesquels elle continue d’enquêter.- Les investigations se poursuivent -Ce dossier a pris une connotation très politique en raison de la forte proximité entre Elon Musk et le président américain Donald Trump, jusqu’à leur rupture fracassante en juin.Ces dernières semaines, les relations entre les deux milliardaires se sont quelque peu réchauffées, sans être revenues au beau fixe.Mais quoi qu’il en soit, Washington n’a cessé cette année de critiquer les lois européennes contre les abus des géants de la tech, les accusant de cibler les champions américains.Fin novembre, des responsables américains en visite à Bruxelles ont appelé l’Europe à assouplir ces lois, en échange d’une baisse des droits de douane américains sur l’acier européen.Cette forme de marchandage a aussitôt rejetée par les responsables européens.”Cette décision est historique”, a salué la ministre française du Numérique Anne Le Hénanff. “En sanctionnant X, l’Europe prouve qu’elle peut passer de la parole aux actes”. “Avec cette première sanction, la Commission européenne adresse un signal déterminé à X, comme à l’ensemble des plateformes susceptibles d’enfreindre le règlement sur les services numériques”, a abondé Martin Ajdari, président du régulateur français, l’Arcom.L’ONG de lutte contre les propos haineux en ligne CCDH, qui avait été poursuivie en justice par Elon Musk pour ses enquêtes sur X, a quant à elle estimé que cette décision “montrait aux plateformes qu’aucune n’est au-dessus des lois”.”Le DSA permet un contrôle modeste, mais essentiel face au pouvoir écrasant des plus grandes entreprises technologiques”, a estimé également Marietje Schaake, experte du secteur à l’université de Stanford et ancienne eurodéputée.Par ailleurs, la Commission a défendu le montant de la sanction contre X, alors qu’elle pouvait théoriquement, pour chaque infraction constatée, frapper le fournisseur de la plateforme à hauteur de 6% de son chiffre d’affaires mondial annuel. “Nous avons estimé que c’était proportionné”, et “cela prend en compte la nature, la gravité et la durée” des infractions commises, a expliqué Mme Virkkunen.Mais elle a rappelé que les investigations concernant la désinformation et les contenus illégaux sur X se poursuivaient et a dit s’attendre à ce qu’elles soient bouclées “plus vite” que cette première sanction.Parallèlement, Bruxelles a annoncé avoir accepté des engagements de la plateforme d’origine chinoise TikTok qui répondaient à des griefs qu’elle lui avait adressés, concernant ses obligations de transparence en matière de publicité.

Retraites et travail: la conférence sociale cherche à voir loin, en plein débat budgétaire

La conférence sur le travail et retraites a lancé ses travaux vendredi, des “matériaux précieux” dans la perspective de la présidentielle de 2027, espère le gouvernement, mais l’absence du Medef et l’examen en parallèle du budget de la Sécurité sociale ont maintenu la tension politique.”Si on veut avancer les retraites, il faut passer par la case travail”, a déclaré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou en ouverture de cette conférence voulue par Sébastien Lecornu, moins de six mois après l’échec du conclave initié par son prédécesseur François Bayrou.”Ce n’est pas impossible que les partenaires sociaux s’emparent des travaux de cette conférence et peut-être arrivent à converger sur le sujet des retraites”, a-t-il estimé lors d’un point de presse au Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui abrite la conférence. “Ces travaux de qualité que nous allons engager, qui vont durer jusqu’à l’été de l’année prochaine, constitueront des matériaux précieux pour le débat politique”, s’est-il félicité.Le Premier ministre avait “prévu de venir mais l’actualité parlementaire est exigeante”, a expliqué M. Farandou.Sébastien Lecornu a obtenu vendredi un peu de répit grâce au vote par l’Assemblée nationale de la partie recettes du budget de la Sécurité sociale.Le ministre du Travail avait rappelé que “s’il n’y a pas de loi (budgétaire) sur la sécurité sociale, comme la suspension est encapsulée dedans, il n’y aura pas (…) de suspension de la réforme de 2023″.Voulue par Sébastien Lecornu au moment de l’annonce de cette suspension, la conférence sociale a été lancée il y a un mois par une réunion de méthode, dont le Medef a claqué la porte.La principale organisation patronale, vent debout contre les efforts demandés aux entreprises dans le projet de budget, dit préférer s’en tenir à l'”agenda autonome” des partenaires sociaux, qui “n’est pas indexé sur des échéances politiques”.Jean-Pierre Farandou s’est montré compréhensif: “Je comprends que le Medef, en ce moment, reporte plutôt son regard sur les débats à l’Assemblée”. Il s’est dit “convaincu” qu’une fois les débats budgétaires passés, l’organisation “retrouvera sa place, et on a besoin de lui pour avancer”.Les représentants des petites et moyennes entreprises, CPME et U2P étaient en revanche présents, tout comme l’ensemble des organisations syndicales, sauf Solidaires.Parmi les grands thèmes abordés, avec l’appui d’économistes et autres experts, les mutations du monde du travail et leurs conséquences sur les conditions de travail, la santé mentale, l’emploi des jeunes et des seniors et les liens entre le “virage démographique” et les retraites.- “Retraite à la carte” -La CGT a décidé jeudi de participer, après avoir obtenu du Premier ministre que l’objectif de la conférence soit de “conforter notre système par répartition”, a affirmé la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet.Elle a proposé “qu’à l’issue de la conférence, organisations syndicales et organisations patronales puissent chacune, proposer un sujet de référendum”. “Car si les retraites, l’emploi et le travail sont des sujets centraux pour les Françaises et les Français, on ne peut pas dire que c’est l’élection présidentielle qui permettra de trancher sur ces questions tant les enjeux sont larges”, a-t-elle insisté.Cette conférence “sera l’espace où on défendra notre vision de la retraite à la carte”, a déclaré à des journalistes la chef de file de la CFDT Marylise Léon.Elle a par ailleurs dénoncé “l’énorme gâchis en matière de dialogue social de la réforme des instances représentatives du personnel” de 2017, disant souhaiter que ce sujet soit abordé lors des ateliers ultérieurs.”Tant que nous n’aurons pas le courage de rouvrir le débat sur le financement du modèle social, nous ne revalorisons pas le travail lui-même”, a estimé côté patronal le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi.”Notre modèle social est challengé”, a déclaré Jean-Pierre Farandou, en clôture, soulignant qu'”il faut regarder en face la situation”. L’ancien patron de la SNCF a conclu la journée en estimant avoir “mis la conférence Travail Emploi Retraites (TER) sur de bons rails”.Cette première conférence plénière sera suivie de deux autres et de six ateliers mensuels jusqu’à l’été prochain.

La Bourse de Paris finit à l’équilibre, confiante dans la Fed

La Bourse de Paris a terminé la semaine sans élan vendredi, après la publication de l’inflation américaine en septembre qui a conforté les attentes des investisseurs d’une baisse imminente des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).Le CAC 40 est resté stable (-0,09%) à 8.114,74 points (-7,29 points). Sur l’ensemble de la semaine, l’indice vedette parisien a cédé 0,10%.Les investisseurs ont digéré les chiffres de l’inflation américaine, dernier indicateur important sur l’état de la première économie mondiale, avant la réunion de politique monétaire de la Fed des 9 et 10 décembre prochain.Dans le détail, selon les chiffres officiels publiés au cours de la séance, l’inflation sous-jacente, hors prix volatils de l’énergie et de l’alimentation, a légèrement ralenti à 2,8% sur un an, contre 2,9% le mois précédent.De quoi donner à la Fed des marges de manœuvre pour baisser ses taux sans prendre le risque de relancer la hausse des prix.”Il n’y a plus aucun élément remettant en cause une baisse des taux”, relève David Kruk, responsable du trading de La Financière de l’Échiquier.Cette annonce intervient après plusieurs publications ayant montré un ralentissement du marché de l’emploi et donc de l’activité, ce qui a déjà donné de nombreux arguments en faveur d’un assouplissement monétaire, pour stimuler l’activité économique.Autre point d’attention sur le Vieux continent: les députés allemands ont adopté vendredi une réforme des retraites controversée, une bonne nouvelle pour le chancelier Merz après la rébellion d’un groupe de jeunes conservateurs qui menaçaient de torpiller le projet.”C’est un soulagement pour les investisseurs, dans la mesure où le gouvernement du chancelier Friedrich Merz était en jeu”, explique David Kruk.Côté obligataire, le taux d’intérêt de l’emprunt français à dix ans est resté stable à 3,52%, au même niveau que la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, a atteint 2,79%, contre 2,76%.Derichebourg brilleL’action du spécialiste du recyclage des métaux Derichebourg a flambé de 16,44% à 7,37 euros, au lendemain de la publication de son résultat annuel. Le groupe a annoncé un chiffre d’affaires en recul de 7,5% lors de l’exercice annuel clôturé au 30 septembre, à 3,3 milliards d’euros.Le président du conseil d’administration, Daniel Derichebourg, s’est néanmoins félicité de “l’amélioration du résultat net”, à 122 millions d’euros. Elior Group, groupe de restauration collective repris en avril 2023 par Derichebourg, a par ailleurs dégagé son premier bénéfice net annuel depuis 2019 lors de l’exercice décalé 2024-25.

L’UE inflige une amende de 120 millions d’euros à X

L’UE a infligé vendredi une amende de 120 millions d’euros à X, le réseau social d’Elon Musk, au risque d’une nouvelle confrontation avec le président américain Donald Trump.Avant même l’officialisation de cette décision, le vice-président américain JD Vance avait dénoncé la démarche européenne. “L’UE devrait défendre la liberté d’expression au lieu de s’en prendre à des entreprises américaines pour des foutaises”, a-t-il lancé, s’attirant un message de remerciement d’Elon Musk.L’amende contre X “n’a rien à voir avec de la censure”, a répliqué la vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen, interrogée par des journalistes. “Nous ne sommes pas là pour imposer les amendes les plus élevées, mais pour nous assurer que nos lois sur le numérique soient respectées”.L’amende annoncée par Bruxelles est la première imposée à une plateforme dans le cadre du règlement sur les services numériques, ou DSA.Cette loi phare est entrée en vigueur il y a deux ans pour lutter contre les contenus illégaux et dangereux en ligne, et impose des obligations renforcées aux plus grandes plateformes actives dans l’UE.Cette sanction ne porte que sur les seules infractions notifiées en juillet 2024 à X, lorsque l’UE avait accusé simultanément la plateforme de tromperie des utilisateurs avec les coches bleues censées certifier les sources d’informations, de transparence insuffisante autour des publicités, et de non respect de l’obligation d’accès aux données internes par des chercheurs agréés.Les coches bleues étaient à l’origine attribuées par l’ex-Twitter à des utilisateurs au terme d’un processus de vérification de leur identité, afin d’aider à déjouer les impostures.Mais après avoir racheté le réseau social, Elon Musk a réservé ces badges aux abonnés payants, au risque selon Bruxelles d’induire en erreur les utilisateurs.L’UE a élargi entre-temps son enquête sur X à des soupçons de non respect de ses obligations en matière de contenus illégaux et de désinformation. Des sujets sur lesquels elle continue d’enquêter.- Les investigations se poursuivent -Ce dossier a pris une connotation très politique en raison de la forte proximité entre Elon Musk et le président américain Donald Trump, jusqu’à leur rupture fracassante en juin.Ces dernières semaines, les relations entre les deux milliardaires se sont quelque peu réchauffées, sans être revenues au beau fixe.Mais quoi qu’il en soit, Washington n’a cessé cette année de critiquer les lois européennes contre les abus des géants de la tech, les accusant de cibler les champions américains.Fin novembre, des responsables américains en visite à Bruxelles ont appelé l’Europe à assouplir ces lois, en échange d’une baisse des droits de douane américains sur l’acier européen.Une forme de marchandage aussitôt rejetée par les responsables européens.”Cette décision est historique”, a salué la ministre française du Numérique Anne Le Hénanff. “En sanctionnant X, l’Europe prouve qu’elle peut passer de la parole aux actes”. “Avec cette première sanction, la Commission européenne adresse un signal déterminé à X, comme à l’ensemble des plateformes susceptibles d’enfreindre le règlement sur les services numériques”, a abondé Martin Ajdari, président du régulateur français, l’Arcom.L’ONG de lutte contre les propos haineux en ligne CCDH, qui avait été poursuivie en justice par Elon Musk pour ses enquêtes sur X, a quant à elle estimé que cette décision “montrait aux plateformes qu’aucune n’est au-dessus des lois”.”Le DSA permet un contrôle modeste mais essentiel face au pouvoir écrasant des plus grandes entreprises technologiques”, a estimé également Marietje Schaake, experte du secteur à l’université de Stanford et ancienne eurodéputée.Par ailleurs, la Commission a défendu le montant de la sanction contre X, alors qu’elle pouvait théoriquement, pour chaque infraction constatée, frapper le fournisseur de la plateforme à hauteur de 6% de son chiffre d’affaires mondial annuel. “Nous avons estimé que c’était proportionné”, et “cela prend en compte la nature, la gravité et la durée” des infractions commises, a expliqué Mme Virkkunen.Mais elle a rappelé que les investigations concernant la désinformation et les contenus illégaux sur X se poursuivaient et a dit s’attendre à ce qu’elles soient bouclées “plus vite” que cette première sanction.Parallèlement, Bruxelles a annoncé avoir accepté des engagements de la plateforme d’origine chinoise TikTok qui répondaient à des griefs qu’elle lui avait adressés, concernant ses obligations de transparence en matière de publicité.

Shein sera-t-il suspendu en France ? Décision le 19 décembre

Une suspension du site d’e-commerce Shein ou de sa simple “marketplace” réservée aux vendeurs tiers, et des garanties pour éviter d’autres ventes de produits illicites: voilà ce qu’a réclamé l’Etat vendredi devant le tribunal judiciaire de Paris, qui rendra sa décision le 19 décembre.Pour Shein, les demandes du gouvernement sont “hors sujet”, “pas recevables, pas proportionnées et pas légales” car le “dommage a disparu”. Shein a retiré les produits incriminés et tous ceux issus des vendeurs tiers et hors habillement, cela après la découverte de poupées sexuelles d’apparence enfantine fin octobre.Si le blocage total du site apparaît disproportionné aux yeux du parquet, l’avocat de l’Etat a lui proposé de maintenir la suspension de la “marketplace” de Shein jusqu’à la mise en place d’un certain nombre de mesures pour éviter la répétition des nuisances. – “Offre pédophile” -L’Etat ne veut pas “interdire” Shein de “faire du commerce” mais réclame un “cadre contraignant pour s’assurer qu'(…) on ne trouvera plus des poupées sexuelles d’1,20 m avec des visages de fillettes de 10 ans et des orifices sexuels (…) ou des machettes à double lame”, a notamment plaidé l’avocat de l’Etat Renaud Le Gunehec.La vente de “dizaines” de poupées (quatre selon Shein) en forme de “gamines ultra-réalistes” parfois avec “un nounours” n’était “pas un accident” mais “une offre massive ouvertement pédophile”, a-t-il estimé lors de cette audience initialement prévue le 26 novembre mais renvoyée sur demande de l’Etat.Le gouvernement base sa demande sur l’article 6-3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique, selon lequel le tribunal judiciaire peut prescrire toutes les mesures propres à prévenir ou faire cesser un dommage occasionné par un contenu en ligne. L’entreprise fondée en Chine en 2012 et basée désormais à Singapour, via ses avocats Julia Bombardier et Kami Haeri, estime que ce fondement juridique n’est pas applicable.Représenté en Europe par la société irlandaise ISSL (Infinite styles services co. Limited), la marque de mode ultra-éphémère assure renforcer ses contrôles “en continu”, a expliqué l’avocate Mme Bombardier.En suspendant sa marketplace, Shein a pris une “mesure responsable”, selon Kami Haeri, et le “dommage a disparu”.Pointant des difficultés notamment pour mettre en place des filtres d’âge pour des contenus à caractère pornographique, les avocats de Shein ne sont “pas en mesure” de donner un délai avant la réouverture par leurs soins de la marketplace.- Blocage total “disproportionné” pour le parquet -La représentante du parquet a indiqué qu’un blocage total du site pour trois mois serait “disproportionné” étant donné que les produits incriminés ont été retirés. Le parquet avait déjà donné un aperçu de sa position la semaine dernière et l’Etat en a tenu compte vendredi en assouplissant sa copie. Si le blocage total n’est pas décidé, l’Etat se contenterait d’un statu quo avec le maintient du site tel qu’il existe depuis début novembre en France, avec seulement des articles d’habillement.Si cette solution est retenue, l’Etat demande la mise en place d’un certain nombre de mesures et de contrôles. Il réclame que la suspension ne soit levée que si Shein prouve avoir mis en oeuvre ces mesures, sous le contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique. L’avocat de Shein Kami Haeri a regretté le flou sur ces mesures demandées et selon lui l’Arcom “n’a pas la compétence” pour ce genre de contrôles.Par ailleurs, les avocats de Shein rappellent que seule la Commission européenne a la compétence pour lutter “contre les risques systémiques” des très grandes plateformes comme Shein. La Commission a déjà adressé des demandes d’informations à la plateforme, une procédure pouvant aboutir à l’ouverture d’une enquête.Les fournisseurs d’accès à internet (Bouygues, Free, Orange, SFR) étaient également assignés afin de garantir in fine le blocage potentiel de Shein. Ils ont notamment relevé le flou de l’Etat quant aux domaines internet qui devaient être bloqués et ont dit être incompétents pour bloquer l’application mobile Shein le cas échéant.Lors de l’audience, une dizaine de militants de l’association Mouv’enfants étaient devant le tribunal, avec des messages comme “Les poupées sexuelles alimentent le fantasme pédocriminel” affichés sur des pancartes.