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Airbags Takata: contre-visite obligatoire pour les véhicules non réparés

Tous les véhicules qui passeront au contrôle technique à partir du 1er janvier seront vérifiés afin de savoir s’ils sont dotés d’un airbag Takata classé “stop drive”, qui implique de ne plus rouler, indique lundi le ministère des Transports, invitant les conducteurs à prendre les devants.”Afin de traiter systématiquement les véhicules faisant l’objet d’une mesure de +stop drive+ toujours en circulation (1,3 million), il a été décidé d’intégrer la vérification des airbags dans les points pouvant faire l’objet d’une contre-visite lors du contrôle technique”, indique le ministère dans un communiqué.”Si le véhicule est équipé d’un airbag Takata classé +stop drive+ (et uniquement dans ce cas), le véhicule sera mis en contre-visite en raison du danger potentiellement mortel qu’il représente …), le contrôle technique ne pourra être validé qu’après réparation par un garagiste de la marque” et “le véhicule n’aura plus le droit de circuler tant qu’il n’est pas réparé”, détaille le ministère.Cette procédure existe déjà pour les défauts les plus graves, rappelle le ministère, tels que l’absence de freinage ou de rétroviseurs.”Pour éviter au maximum” cette situation, “le ministère invite tous les propriétaires, s’ils ne l’ont pas déjà fait, à vérifier dès maintenant sur le site du ministère des Transports, sans attendre le contrôle technique, si leur véhicule est soumis à un rappel d’airbag Takata en +stop drive+”.Cette mesure supplémentaire vise à offrir aux conducteurs “une sécurité supplémentaire, en s’assurant qu’ils soient bien informés”.A ce jour, 46 accidents sont attribués à des éclatements d’airbags Takata défectueux sur le territoire français, dont 42 dans les collectivités et départements d’outre-mer, qui ont causé 20 morts (dont 18 en outre-mer) et 25 blessés (dont 24 en outre-mer).L’entreprise japonaise Takata, aujourd’hui en faillite, est au cœur d’un scandale mondial depuis plus de dix ans. Ses airbags provoquent des explosions mortelles ou engendrant de graves blessures à cause d’un gaz propulseur, le nitrate d’ammonium, qui se dégrade avec le temps, particulièrement dans les climats chauds et humides.

La Bourse de Paris en léger recul avant la Fed

La Bourse de Paris recule légèrement lundi, les investisseurs marquant le pas avant la très attendue décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), grâce à laquelle ils tenteront de déterminer l’orientation de l’institution monétaire pour 2026.Vers 10H00 heure de Paris, l’indice CAC 40 cédait 22,07 points, soit 0,27%, à 8.092,67 points. Vendredi, le CAC 40 était resté stable (-0,09%) à 8.114,74 points. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice vedette parisien a cédé 0,10%.La réunion de politique monétaire suivie de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi sont au centre de l’attention des marchés.”Tout autre résultat qu’une baisse d’un quart de point de pourcentage des taux de la Fed mercredi serait une grande surprise, mais si l’on se projette sur 12 mois, la situation devient bien plus floue”, commente Derren Nathan, responsable de la recherche actions chez Hargreaves Lansdown.”Les marchés anticipent deux autres baisses d’un quart de point comme scénario le plus probable” pour 2026, poursuit-il. Mais la “probabilité plus accommodante d’une troisième baisse”, ou l’hypothèse “plus restrictive d’une seule baisse, n’est pas très loin derrière”.Ainsi, “le ton de la conférence de presse du président (Jerome) Powell et le communiqué qui l’accompagne seront essentiels” pour les acteurs de marché, qui tenteront d’y déceler des indices sur la suite de la politique monétaire de la banque centrale, affirme Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.L’Oréal monte à 20% de Galderma (dermatologie)Le géant français des cosmétiques L’Oréal perdait 2,00% à 365,30 euros vers 10H00 heure de Paris, après avoir annoncé lundi l’acquisition de 10% supplémentaires du laboratoire suisse de dermatologie Galderma, portant ainsi sa participation au capital à 20%.Le montant de cette acquisition réalisée auprès d’un consortium mené par EQT comprenant Sunshine SwissCo GmbH (SSCO), Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), et Auba Investment Pte. Ltd, n’est pas communiqué.

Marché du livre: Amazon évalue à 100 millions d’euros les frais de port payés par les Français

Le géant du commerce en ligne Amazon a évalué lundi à “plus de 100 millions d’euros” l’impact pour les Français de la loi qui impose depuis deux ans des frais de port de trois euros pour les achats de livres en ligne en dessous de 35 euros.”Cette mesure qui devait soutenir les libraires laisse une addition salée aux Français, qui ont déjà déboursé à ce titre plus de 100 millions d’euros auprès des différents détaillants de livres en ligne”, a affirmé Frédéric Duval, le directeur général d’Amazon.fr, dans une tribune transmise à l’AFP.”Pour quel résultat ? Les ventes de livres continuent de baisser fortement en France, y compris en librairie”, a-t-il ajouté.Le patron de la filiale française du géant américain fait référence à une loi portée par la sénatrice Laure Darcos et entrée en vigueur en octobre 2023 pour tenter de rééquilibrer le jeu concurrentiel entre le commerce en ligne et les commerces physiques de ventes de livres (librairies indépendantes, FNAC, Cultura…).Depuis, les tensions sont vives entre les deux parties. Leur dernier différend remonte à début 2025, autour de l’interprétation de la loi, Amazon estimant qu’une de ses dispositions lui permet de livrer gratuitement dans ses casiers (“lockers”) installés dans un commerce de vente au détail de livres. Le Médiateur du livre, autorité publique indépendante, a jugé en mai que le groupe américain contournait la loi.Dans sa tribune, le directeur général d’Amazon estime que “les plus de 100 millions d’euros dépensés par les lecteurs en frais de port obligatoires auraient pu financer davantage de lectures, au bénéfice des éditeurs, des auteurs et de la filière”. “Cent millions d’euros, cela représente 12 millions de livres de poche, et 3% du chiffre d’affaires annuel de l’édition en France”, évalue Frédéric Duval. Le chiffre de 100 millions a été calculé “en utilisant des données sectorielles et des données internes d’Amazon”, selon l’entreprise.

Le gouvernement lance des conférences sur la “souveraineté alimentaire”, sur fond de méfiance agricole

Dans une France agricole affaiblie, le gouvernement lance lundi les “conférences de la souveraineté alimentaire” destinées à définir une stratégie agricole nationale sur dix ans, un exercice que les agriculteurs, échaudés, abordent avec méfiance.De l’élevage à la viticulture en passant par les céréales, les difficultés sont telles que la balance agricole française pourrait être déficitaire en 2025, pour la première fois en près de 50 ans. Aujourd’hui, la France importe la moitié des fruits, légumes et du poulet qu’elle consomme, 60% de la viande ovine, 25% du bœuf…Ces conférences, promises par la loi d’orientation agricole de mars 2025, se dérouleront sur plusieurs mois, par filières de production et au niveau régional, pour des conclusions en juin.La ministre Annie Genevard a livré en février une vision de la souveraineté alimentaire conçue comme un “réarmement” dans un monde secoué de conflits: “la France doit produire plus pour manger mieux”, avait-elle assené, appelant à la “mobilisation générale”.- Retour “symbolique” à Rungis -Elle franchit une étape supplémentaire lundi en lançant son opération “grand réveil alimentaire” au marché de gros de Rungis, avec un discours qualifié de “majeur” par son entourage.Cette entrée en matière a fait bondir le premier syndicat FNSEA, qui participera au chantier mais pas à son lancement, “s’apparentant davantage à une opération de communication”.”Cela fait 15, 20 ans qu’on dit qu’on va dans le mauvais sens. Ce qui nous intéresse maintenant, c’est ce qu’on va faire, (…) comment on assure des revenus sur les exploitations”, souligne le secrétaire général de la FNSEA Hervé Lapie.Le premier syndicat goûte assez peu ce retour “symbolique” à Rungis, où Emmanuel Macron avait en 2017 prôné une stratégie de “montée en gamme”, depuis percutée par l’inflation et la concurrence accrue sur les marchés.Huit ans plus tard, l’ambiance est morose. Après deux hivers de colère dans les campagnes, le monde agricole reste au bord de l’explosion, entre crises sanitaires dans l’élevage et prix en berne. La mobilisation s’organise, en France contre la politique d’abattage systématique de bovins touchés par la dermatose, et à Bruxelles, où une manifestation est prévue le 18 décembre contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur ou la taxe carbone aux frontières pour les engrais.Pour la Coordination rurale, 2e syndicat agricole qui boude aussi le discours de Rungis, “le ministère ne répond pas aux attentes actuelles des agriculteurs” qu’on “empêche de produire” avec des contraintes trop fortes.A rebours de cette vision anti-normes, la Confédération paysanne est aussi critique du gouvernement, estimant que la souveraineté est avant tout la capacité d’une société à choisir son agriculture et non une course pour produire et exporter plus.Plusieurs filières soulignent que le temps n’est plus “aux nouvelles consultations” mais aux “décisions”: “il y a urgence”, a résumé l’interprofession de la viande mercredi.Certaines ont établi des diagnostics précis, comme celle de la betterave sucrière, ou lancé des “plans de souveraineté” comme les fruits et légumes en 2023, ou le blé dur et la viande en 2024. Qu’espérer donc de ces conférences ?- Impliquer la transformation -L’idée est de construire à partir “de l’évolution de la demande”, en interrogeant notamment les industriels: “il s’agit bien d’élaborer un plan d’action de production et de transformation à dix ans et on fera en sorte de partir de la demande du consommateur français, européen et mondial”, explique le ministère. Des “projets structurants” seront identifiés, de même que des “trajectoires de production”, assure-t-on.Ce plan devra aussi tenir compte de la stratégie française de lutte contre le changement climatique ou de réduction des pesticides.Ludovic Spiers, ex-directeur général du géant coopératif agricole Agrial, a été nommé “coordinateur général” du chantier. Des groupes de travail sectoriels sont prévus (cultures, viandes blanches, viticulture…), réunissant les interprofessions, l’amont (l’agriculture) et l’aval (la transformation), l’établissement public FranceAgrimer, la recherche.Ces conférences “doivent être l’occasion d’un sursaut national. Je veux impliquer le consommateur citoyen, lui faire prendre conscience que par son acte d’achat, il a une importance capitale. Ce +grand réveil alimentaire+ s’adresse d’abord à lui”, a affirmé Mme Genevard dans Les Echos dimanche.Elles devront aussi prendre en considération des stratégies nationales nutrition et climat (Snanc, SNBC…) qui se font toujours attendre.

Budget de la Sécurité sociale: la tension monte à 48 heures du vote crucial de l’Assemblée

A 48 heures du vote crucial à l’Assemblée nationale sur le budget de la Sécurité sociale, la tension monte: Bruno Retailleau dénonce “un hold-up fiscal” et appelle Les Républicains à ne pas voter pour, tandis que le RN exhorte le Premier ministre à démissionner en cas de rejet du texte.Vendredi, le volet recettes du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) a été adopté grâce à plusieurs compromis (sur la CSG ou l’abandon de l’augmentation des franchises médicales…) mais aussi grâce aux nombreux absents dans l’hémicycle, notamment dans les rangs du Rassemblement national.L’adoption, mardi, de la partie consacrée aux dépenses, avec la suspension de l’emblématique réforme des retraites, puis le vote sur l’ensemble du texte s’annonce beaucoup plus incertaine, au vu des divisions jusque dans les rangs de la fragile coalition gouvernementale.Dimanche, sur BFMTV, Bruno Retailleau a enfoncé le clou.Deux mois après son départ fracassant du gouvernement, le patron des Républicains a qualifié le budget de la Sécu de “hold-up fiscal” avec l’augmentation de la CSG, de “hold-up social” sur les retraites et de “hold-up démocratique” car, à ses yeux, “jamais le pays n’a été autant à droite et jamais un gouvernement, une politique n’a été autant à gauche”.”Ce texte n’est pas votable”, nos députés “auront le choix de l’abstention ou de voter contre”, a-t-il asséné.Il se retrouve ainsi sur la ligne de l’ex-Premier ministre Edouard Philippe.Le maire du Havre, candidat déclaré pour 2027, a jeté un pavé dans la mare en annonçant, qu'”en l’état”, le groupe Horizons ne voterait pas ce budget. Et ses troupes se sont largement abstenues vendredi sur la partie recettes.De quoi potentiellement faire capoter l’adoption du PLFSS malgré les nombreuses concessions faites au PS.Sébastien Lecornu “s’est mis dans les mains des socialistes” avec les retraites et le renoncement à l’article 49.3, a dénoncé Bruno Retailleau. Il plaide pour un retour de cet outil constitutionnel, qui permet de faire adopter sans vote un projet de loi.L’ancien ministre Marc Ferracci, proche d’Emmanuel Macron, a lui aussi estimé sur France 3 que le gouvernement a “trop cédé” au PS. La suspension de la réforme des retraites est “un déni de réalité”, a-t-il martelé dans La Tribune Dimanche.Le résultat de mardi est donc des plus risqués pour le gouvernement.- Le RN “totalement présent” -Nous serons cette fois “parfaitement nombreux et totalement présents” pour voter contre l’ensemble du projet de loi, a averti le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy, invité dans le grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6.Et de mettre la pression sur Sébastien Lecornu: en cas de rejet du texte, “je ne vois pas comment il ne pourrait pas démissionner”.Une réponse à la porte-parole du gouvernement qui a estimé dans La Tribune Dimanche qu’une démission “n’aurait pas de sens”.Le Premier ministre aurait sinon “engagé la responsabilité du gouvernement”, en décidant finalement de recourir au 49.3. Ce qu’il se refuse toujours à faire.Pour tenter d’arracher un vote, le gouvernement semble prêt à un dernier compromis en direction des Ecologistes.Une dernière discussion concernera en effet mardi l’article crucial sur l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam). Sur ce sujet, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, pourrait déposer un amendement prévoyant une augmentation de “3%” de ces dépenses (contre 2% jusqu’ici). “Nous n’avons aucun gage à ce stade”, a déclaré dimanche soir à l’AFP la patronne des députés écologistes Cyrielle Chatelain. Mais, si c’était adopté, “ça sera un des éléments importants dans notre décision” sur l’ensemble du texte, a-t-elle fait valoir.Pour l’exécutif, l’heure est grave. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a mis en garde sur France 3 contre une “crise politique”, “économique” et “sociale” en cas de rejet du PLFSS.S’il n’est pas adopté, le gouvernement a maintes fois averti que le déficit de la Sécu plongerait autour des 30 milliards d’euros en 2026, contre 23 en 2025.Le projet de budget de l’Etat, encore plus clivant, est, de son côté, toujours en cours d’examen au Sénat.

Macron menace la Chine de droits de douane “dans les tout prochains mois”

Emmanuel Macron hausse le ton face à la Chine, qu’il menace de droits de douane “dans les tout prochains mois” si Pékin ne prend pas des mesures pour réduire le déficit commercial qui ne cesse de se creuser avec l’Union européenne”Je leur ai dit que, s’ils ne réagissaient pas, nous, Européens, serions contraints, dans les tout prochains mois, de prendre des mesures fortes (…) à l’instar des Etats-Unis, comme par exemple des droits de douane sur les produits chinois”, a déclaré le président français, de retour d’un voyage officiel en Chine, dans un entretien dans le quotidien français Les Echos, publié dimanche.Washington impose de forts tarifs douaniers sur les produits chinois, qui ont toutefois été réduit de 57% à 47% dans le cadre d’un accord, annoncé fin octobre entre les deux pays.”La Chine vient percuter le coeur du modèle industriel et d’innovation européen, historiquement basé sur la machine-outil et l’automobile”, relève Emmanuel Macron. Et le protectionnisme de l’administration Trump ne fait qu’aggraver les choses. “Elle accroît nos problèmes en redirigeant les flux chinois massivement sur nos marchés”, met en avant le président français.”Aujourd’hui, nous sommes pris entre les deux et c’est une question de vie ou de mort pour l’industrie européenne”, déplore-t-il.Mais il reste conscient que la constitution d’un front commun européen sur la question n’est pas facile, l’Allemagne, très présente en Chine, n’étant “pas encore totalement sur notre ligne”.Lors de sa visite en Chine, Emmanuel Macron a réitéré que l’Europe, pour réduire son déficit commercial avec la Chine, devait accepter des investissements chinois.”Nous ne pouvons pas constamment importer. Les entreprises chinoises doivent venir sur le sol européen”, plaide-t-il dans Les Echos.Une dizaine de secteurs sont concernés, parmi lesquels les batteries, le raffinage de lithium, l’éolien, le photovoltaïque, les véhicules électriques, les pompes à chaleur air-air, les produits d’électroniques grand public, les technologies de recyclage, la robotique industrielle ou encore les composants avancés.Mais les investissements chinois en Europe “ne doivent pas être prédateurs, c’est-à-dire être faits à des fins d’hégémonie et de création de dépendances”, souligne Emmanuel Macron.De son côté, selon lui, l’UE doit se protéger dans les secteurs les plus vulnérables – comme l’automobile face au rouleau compresseur des véhicules électriques chinois – et parallèlement “réengager une politique de compétitivité”.Cela passe par “la simplification, l’approfondissement du marché unique, des investissements dans l’innovation, une juste protection de nos frontières, un aboutissement de notre union douanière (…) et une politique monétaire ajustée”, développe-t-il.

Budget de la Sécu: l’Assemblée rétablit la suspension de la réforme des retraites, nouveau vote décisif mardi

Après avoir adopté vendredi la partie recettes du budget de la Sécurité sociale dans un scrutin à suspense, l’Assemblée a réintroduit la suspension de l’emblématique réforme des retraites. Prochaine étape: le vote sur l’ensemble du texte mardi, avec un résultat très incertain.Ce budget “n’est pas parfait, mais il est le meilleur budget possible”, a estimé le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X, en invitant les députés à se prononcer la semaine prochaine “en conscience, pour l’intérêt général”.Les députés ont quasiment terminé l’examen des articles dans la nuit de vendredi à samedi, et l’achèveront mardi. Ils voteront dans la foulée sur le volet “dépenses” du texte, avant le vote sur l’ensemble du projet de loi. Une dernière discussion concernera l’article crucial sur l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam). La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a d’ores et déjà annoncé son “objectif” de présenter un amendement portant une augmentation de “3%” de ces dépenses (contre +2% jusqu’ici). Une mesure explosive du texte, le gel des pensions de retraite et des minima sociaux, a été largement rejetée, comme en première lecture. Elle avait été partiellement rétablie au Sénat.Ce même Sénat s’était opposé à la suspension de la réforme des retraites, prix de la non-censure du gouvernement par les socialistes. Les députés l’ont rétablie par 162 voix contre 75.Alors que le positionnement des groupes de gauche se révélera décisif mardi, le Premier ministre a fait valoir la parole “tenue” sur ce sujet, et appelé ceux ayant “combattu” la réforme des retraites à se prononcer “loin des considérations politiciennes”.Mais une adoption du texte est loin d’être gagnée. Interrogée sur une éventuelle démission de Sébastien Lecornu en cas de rejet, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a affirmé dans La Tribune Dimanche que “cela n’aurait pas de sens, sinon il aurait engagé la responsabilité du gouvernement”, en ne renonçant pas à l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution.- “Grand perdant”: le déficit -Une donnée importante sera l’estimation finale du déficit de la Sécurité sociale pour 2026, induit par toutes les mesures votées.Selon la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, après la suppression du gel des retraites et des minima sociaux, ce déficit a été porté à 22,5 milliards d’euros. Or la cible du gouvernement était un déficit à 20 milliards.Mais “ne pas avoir de budget serait dangereux, pour notre protection sociale, nos comptes publics et pour le rôle du Parlement”, a écrit Sébastien Lecornu sur X. Estimant toutefois que le déficit est “encore trop grand pour ne rien faire”, il n’a pas exclu que certaines “réformes” puissent être “prises par décret après concertation”. Plus tôt cette semaine, il avait notamment évoqué la question de la “bureaucratie médicale”.- Résultat “pas reconductible” -Vendredi, la partie recettes a reçu un feu vert par 166 voix contre 140, et 32 abstentions, avec le soutien de Renaissance, du MoDem, du PS et des indépendants de Liot. L’alliance RN-UDR, LFI et les écologistes ont voté contre. LR et Horizons se sont eux majoritairement abstenus, illustrant les divisions de la fragile coalition gouvernementale après qu’Edouard Philippe ait appelé à ne pas voter “en l’état” le texte.”Je ne (le) comprends plus”, a taclé samedi sur franceinfo son ancienne ministre macroniste Agnès Pannier-Runacher, dénonçant les prises de position “totalement décalées” du maire du Havre.Le scrutin a été marqué par une faible affluence.”Ca passe parce que le RN avait seulement 69 présents (sur 123 députés, NDLR), le vote d’aujourd’hui n’est pas reconductible” mardi, alerte un cadre macroniste. “Arithmétiquement, si on considère les positions politiques des groupes aujourd’hui, ça ne passerait pas mardi”, abonde un député socialiste.Le résultat serré est donc un avertissement pour le gouvernement. Même s’il est aussi une forme de succès, quoique temporaire, après avoir multiplié les gestes d’ouverture (compromis concernant la hausse de la CSG sur les revenus du capital, promesse de ne pas augmenter les franchises médicales…)En parallèle, le Sénat poursuit l’examen du budget de l’Etat, s’attaquant au volet des “dépenses” après avoir largement adopté la partie dédiée aux recettes. Vendredi, il a approuvé la suppression de 4.000 postes d’enseignants voulue par le gouvernement.sac-are-la-sl-cma-sde/gvy

Le ministre du Commerce Serge Papin déchargé des dossiers liés à Auchan

Le ministre du Commerce Serge Papin ne pourra pas intervenir sur les dossiers liés au groupe Auchan ni sur ceux portant sur les entreprises qu’il a accompagnées comme consultant au cours des cinq ans précédant son entrée au gouvernement, selon un décret publié au Journal officiel samedi.La gestion des dossiers concernés sera assurée directement par le Premier ministre Sébastien Lecornu.”Le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat ne connaît pas des actes de toute nature relatifs aux sociétés du groupe Auchan”, mais aussi “spécifiquement aux personnes, physiques ou morales, qu’il a eues pour clientes dans le cadre de son activité de conseil en stratégie d’entreprise durant les cinq années précédant sa nomination au sein du Gouvernement”, précise le décret.Serge Papin, l’ancien patron de la coopérative de commerçants de grande distribution Système U, avait été nommé fin 2022 au conseil d’administration d’Auchan Retail International, qui chapeaute l’activité distribution du groupe dans le monde. Il a quitté ce poste en janvier.Système U (Super U, Hyper U, U Express…) s’appelle désormais Coopérative U. Cette coopérative n’est pas concernée par les dispositions du décret, M. Papin ayant quitté ses fonctions en 2018, après l’avoir dirigée depuis 2005.La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pourra par ailleurs demander d’autres déports en fonction des déclarations d’intérêts et de patrimoine des différents ministres en cas de conflit d’intérêts avec leurs attributions.

L’ancien patron de France Télécom Didier Lombard privé de sa Légion d’honneur

L’ancien patron de France Télécom, Didier Lombard, et deux anciens cadres de l’entreprise se sont vu retirer leur Légion d’honneur, plus haute distinction honorifique en France, selon des décrets publiés samedi au Journal officiel.”Par décret du Président de la République en date du 2 décembre 2025″, Didier Lombard, 83 ans, “est exclu de l’ordre de la Légion d’honneur et privé définitivement du droit de porter les insignes de toute décoration française ou étrangère ressortissant à la grande chancellerie de la Légion d’honneur”, indique l’institution.Avec son ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès, l’ancien dirigeant de France Télécom (devenue Orange en 2013) avait vu sa peine confirmée en janvier dans l’affaire des suicides dans l’entreprise après le rejet de son pourvoi en cassation.Ils ont été condamnés pour harcèlement moral institutionnel le 30 septembre 2022 par la cour d’appel de Paris à un an de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende, des peines allégées par rapport à celles prononcées en première instance en 2019.”Toute condamnation pénale ou tout acte contraire à l’honneur commis par un décoré peut justifier une procédure disciplinaire”, indique la grande chancellerie sur son site.L’article R92 du code de la Légion d’honneur précise que “peut être exclue de l’Ordre toute personne qui a fait l’objet d’une condamnation à une peine correctionnelle”. Selon un autre décret paru samedi, Didier Lombard est également exclu de l’ordre national du Mérite.Condamné en première instance à un an de prison dont huit mois avec sursis et 15.000 euros d’amende dans l’affaire des suicides à France Télécom, l’ex-DRH Olivier Barberot s’est également vu retirer sa Légion d’honneur, tout comme Brigitte Dumont, ancienne directrice adjointe du groupe.Le 13 février, la CFE-CGC Orange avait adressé une lettre au Grand chancelier de la Légion d’honneur demandant le retrait des décorations d’anciens cadres de l’entreprise condamnés dans cette affaire.”Le maintien de ces distinctions serait une insulte aux victimes et un déshonneur pour notre République”, avait écrit le syndicat.

Automobile: l’UE va-t-elle assouplir le passage au tout-électrique en 2035?

L’UE va-t-elle assouplir l’interdiction de vendre des voitures neuves à moteur essence ou diesel à partir de 2035? La pression monte sur Bruxelles pour amender cette mesure environnementale majeure, vu la crise aiguë que traverse l’industrie automobile en Europe.La Commission européenne est censée revoir cet objectif le 10 décembre, dans le cadre d’un vaste plan en faveur de l’industrie automobile, mais elle pourrait repousser ses annonces, pour tenter de concilier les multiples demandes des différents États membres, reflétant souvent celles de leurs filières nationales.L’objectif de faire passer les voitures neuves au tout-électrique en 2035 avait été fixé en 2023. C’était l’une des mesures phares du Pacte vert européen, et un jalon crucial dans la difficile quête de la neutralité climatique en 2050.Mais deux ans plus tard, les appels se multiplient, au nom du “pragmatisme”, à revoir ce symbole du Green Deal européen.”Notre secteur a reçu l’objectif le plus contraignant, car à l’époque il était perçu comme l’un des plus faciles à décarboner. Mais c’est en réalité beaucoup plus compliqué, car l’écosystème et la demande des consommateurs n’ont pas pu suivre le rythme” imposé par Bruxelles, a plaidé l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA).Pendant ce temps, les constructeurs chinois s’installent en masse sur le marché européen, avec leurs véhicules électriques bien plus abordables que les modèles “made in Europe”. Résultat, les constructeurs européens craignent une crise sans précédent, si les objectifs de Bruxelles ne sont pas corrigés, avec des licenciements et fermetures d’usines en série.”Le sol se dérobe sous nos pieds”, a résumé début novembre Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, qui regroupe les constructeurs et équipementiers français, dénonçant une impasse résultant “d’un choix politique et dogmatique, et non pas technologique”.- “Oubliez les usines de batteries” -Le chancelier Friedrich Merz s’est fait ces dernières semaines le porte-voix des constructeurs, particulièrement puissants en Allemagne et qui appellent depuis des mois Bruxelles à revoir cette obligation.Dans un courrier à la Commission, le chef du gouvernement allemand a réclamé le maintien après 2035 des ventes de voitures neuves à propulsion hybride rechargeables, mais aussi les véhicules équipés de prolongateurs d’autonomie ou de moteurs thermiques “à très haute efficacité”.L’Italie défend quant à elle l’autorisation post-2035 des véhicules neufs roulant aux biocarburants (ou agrocarburants), produits à partir de biomasse. La France, elle, appelle au contraire à dévier le moins possible de la trajectoire vers le tout-électrique, histoire de ne pas compromettre les énormes investissements déjà réalisés par les constructeurs.”Si demain on abandonne l’objectif de 2035, oubliez les usines de batteries électriques européennes”, a lancé le président Emmanuel Macron, à l’issue d’un sommet européen en octobre.La France demande d’ailleurs à l’UE de soutenir à la production de batteries électriques, en plein développement dans le Nord du pays, et propose des obligations de verdissement (c’est-à-dire une électrification imposée) des flottes professionnelles avec des véhicules européens (pour ne pas favoriser les constructeurs chinois).Mais les Allemands ne sont pas favorables au verdissement des flottes.”Electrifier les flottes d’entreprises à 100%, c’est faire revenir par la fenêtre l’interdiction des véhicules à moteur thermique”, a ainsi dénoncé cette semaine le patron de BMW, Oliver Zipse, de passage à Bruxelles.L’ONG spécialisée Transport & Environment, appelle elle à ne surtout pas accorder d’exemption aux biocarburants.”Ce serait une terrible erreur”, prévient Lucien Mathieu, un de ses responsables, pointant leur mauvais bilan carbone et leurs effets indirects imprévus, notamment sur la déforestation.