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Grèce: heurts entre agriculteurs en colère et policiers en Crète

Des dizaines d’agriculteurs en colère se sont heurtés lundi aux forces antiémeutes grecques à La Canée, en Crète, alors qu’ils protestent dans toute la Grèce contre les retards dans le versement d’aides au secteur, en lien avec une vaste fraude aux subventions européennes.Des agriculteurs armés de pierres et de bâtons ont saccagé des véhicules de police positionnés pour tenter d’empêcher les manifestants d’atteindre l’aéroport international de La Canée, situé près de cette ville de l’ouest de la Crète, selon des images diffusées par la télévision publique ERT. Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants, selon la ERT, avant de battre en retraite, permettant aux agriculteurs de renverser un véhicule de police. A Héraklion, chef-lieu de la Crète, d’autres agriculteurs ont envahi la piste de l’aéroport international, selon d’autres images diffusées en direct. L’aéroport, qui accueille de nombreux touristes en été, a fermé ses portes et aucun avion ne peut décoller ou atterrir, selon l’agence grecque ANA.  Alors que le mouvement de colère s’est durci, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a assuré que le gouvernement était ouvert au dialogue avec les représentants des agriculteurs mais il a aussi mis en garde contre des protestations “aveugles”.”Parfois les mobilisations les plus extrêmes peuvent retourner de larges catégories de la société contre les agriculteurs, même si ces derniers peuvent avoir des revendications légitimes”, a également jugé le Premier ministre, originaire de Crète, région fortement impliquée dans ce vaste scandale qui secoue la Grèce depuis plusieurs mois. Depuis la semaine dernière, des milliers d’agriculteurs bloquent avec leurs tracteurs des autoroutes, principalement dans le centre et le nord du pays, pour réclamer le versement de subventions de l’UE retardé par une enquête en cours du Parquet européen. Selon les autorités grecques, ce sont plus de 30 millions d’euros de subventions de la PAC (Politique agricole commune de l’UE) qui auraient été détournées par des personnes réclamant une aide pour des terres qu’elles ne possédaient pas ou exagérant la taille de leurs troupeaux.Les éleveurs réclament également des compensations suite à l’abattage de plus de 400.000 moutons et chèvres pour empêcher la propagation d’une épidémie de variole ovine. 

A Francfort, la célèbre sculpture de l’euro sauvée de la disparition

A Francfort, l’imposante sculpture bleue et jaune représentant le symbole de l’euro, élément majeur de curiosité dans la ville abritant la BCE, a été sauvée d’une possible disparition, selon un accord dévoilé lundi par la municipalité. Installée au cœur de la ville au bord du Main, sur la Willy-Brandt Platz, l’œuvre “sera préservée” grâce à l’engagement conjoint de la ville de Francfort, de la Banque centrale européenne et de la branche francfortoise de l’association proeuropéenne “Europa Union” (EUF), a déclaré Eileen O’Sullivan, adjointe au maire, lors d’une conférence de presse.Cette solution intervient après “des années de discussions et un avenir devenu incertain”, en raison de coûts d’entretien élevés et du retrait de sponsors, a-t-elle ajouté.Un budget annuel de 50.000 euros a été arrêté, financé pour 30.000 euros par la Ville et complété par la BCE, qui a élu domicile dans la métropole financière depuis ses premiers débuts en 1998.  L’imposante installation lumineuse, haute de 14 mètres et pesant 50 tonnes, remonte à fin 2001, juste avant la mise en circulation des billets et pièces en euro au 1ᵉʳ janvier 2002.Conçue par l’artiste allemand Ottmar Hörl, elle a été érigée devant l’ancien siège de la BCE, représentant un euro entouré de douze étoiles.Avec le temps, c’est devenu l’objet “le plus photographié de la ville”, assure Mme O’Sullivan.”C’est beau, ça m’impressionne”, confie Nathalia, une jeune touriste venue du Pays basque avec un groupe d’amies, rencontrée devant le monument.L’éclairage, mais aussi les réparations suite à des actes de vandalisme — jusqu’à 15.000 euros pour une étoile détruite à coups de pied — sont les principales dépenses à couvrir, à côté de l’assurance et l’inspection périodique de l’organisme TÜV.Ce dernier a dernièrement dressé une liste d’améliorations à effectuer “pour 30.000 euros”, a fait valoir Manfred Pohl, président du Frankfurter Kultur Komitee, l’association locale qui détenait jusqu’ici la sculpture avant de passer la main à l’EUF.Le déménagement de la BCE en 2014 dans une tour flambant neuf à l’est de la ville avait déjà failli causer la disparition de l’œuvre.Sa dernière grande rénovation, avec l’installation de plus de 2.000 ampoules LED, remonte à 2015.

Face à “la guerre agricole”, Genevard appelle à un “grand réveil alimentaire”

Dans une France agricole affaiblie, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appelé lundi l’ensemble de la chaîne alimentaire “à agir” face à “la guerre agricole” qui “se prépare”, en lançant des “conférences de la souveraineté alimentaire” destinées à définir une stratégie agricole nationale sur dix ans.”La guerre agricole menace chaque jour un peu plus et il est temps d’agir”, a martelé la ministre, estimant que l’actualité mondiale, avec la guerre en Ukraine, la politique douanière américaine ou les taxes chinoises, dissipe aujourd’hui “l’illusion” d’une paix prospère durable, dans un discours appelant à un “grand réveil alimentaire” depuis le marché de gros de Rungis.”Depuis 2014, le financement de la politique agricole et alimentaire chinoise par habitant a bondi de 40%; celle des Etats-Unis de 86%; celle de la Russie de 15%. Et celle de l’Union européenne a reculé de 19%. C’est une erreur historique à laquelle il faut faire barrage”, a-t-elle développé, appelant à lutter en Europe “contre les tentations de la décroissance portées par quelques thuriféraires du décadentisme”.- Retour “symbolique” à Rungis -Dans un discours martial, faisant écho à son appel au “réarmement” alimentaire en févier dernier, la ministre a lancé officiellement une série de conférences, promises par la loi d’orientation agricole de mars 2025, qui se dérouleront sur plusieurs mois, par filières de production et au niveau régional, pour des conclusions en juin.Le lancement à Rungis, premier marché international de produits frais, du “grand réveil alimentaire”, a été chaleureusement accueilli par des acteurs industriels, de la distribution ou les coopératives agricoles mais boudé par les syndicats agricoles – à l’exception des Jeunes agriculteurs (JA).Le premier d’entre eux, la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), participe bien aux conférences – qui ont déjà démarré – mais a boycotté le rendez-vous de Rungis, vu comme “s’apparentant davantage à une opération de communication” qu’un acte politique majeur.”Cela fait 15, 20 ans qu’on dit qu’on va dans le mauvais sens. Ce qui nous intéresse maintenant, c’est ce qu’on va faire, (…) comment on assure des revenus sur les exploitations”, a souligné auprès de l’AFP le secrétaire général de la FNSEA Hervé Lapie.Le premier syndicat goûte assez peu ce retour “symbolique” à Rungis, où Emmanuel Macron avait en 2017 prôné une stratégie de “montée en gamme”, depuis percutée par l’inflation et la concurrence accrue sur les marchés.Huit ans plus tard, l’ambiance est morose. Après deux hivers de colère dans les campagnes, le monde agricole reste au bord de l’explosion, entre crises sanitaires dans l’élevage et prix en berne. – “Protection” -La colère gronde en France, où la mobilisation s’organise, portée par la Confédération paysanne et la Coordination rurale, contre la politique d’abattage systématique de bovins touchés par la dermatose. La FNSEA prépare, elle, une manifestation le 18 décembre à Bruxelles contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur ou la taxe carbone aux frontières pour les engrais.La ministre s’est présentée comme protectrice de la France agricole, en premier lieu dans les négociations internationales. Réitérant son opposition au Mercosur, elle a prévenu que si la Commission européenne ne le faisait pas, elle agirait: “J’interdirai moi-même les importations sur notre sol de produits contenant des substances interdites en Europe comme le droit européen me le permet”, a-t-elle lancé.Elle a également plaidé pour la création d’un “fonds souverain agricole” et appelé les marchés publics à jouer leur rôle dans cette “reconquête alimentaire”, notamment en consommant d’abord bio et durable français dans les cantines.Plusieurs filières ont souligné que le temps n’était plus aux nouvelles consultations mais aux décisions, alors que des “plans de souveraineté” ont déjà été lancés: pour les fruits et légumes en 2023, le blé dur et la viande en 2024. Qu’espérer donc de ces conférences ?L’idée est de construire à partir “de l’évolution de la demande” pour “élaborer un plan d’action de production et de transformation à dix ans” en partant de “la demande du consommateur français, européen et mondial”, explique le ministère.Ludovic Spiers, ex-directeur général du géant coopératif agricole Agrial, a été nommé “coordinateur général” du chantier. Des groupes de travail sectoriels sont prévus (cultures, viandes blanches, viticulture…), réunissant les interprofessions, l’amont (l’agriculture) et l’aval (la transformation), l’établissement public FranceAgrimer, la recherche… mais pas les associations de consommateurs, ni de défense de l’environnement.

Débauche et frénésie culturelle: Lagos entame son “Detty December”, période la plus rentable de l’année

Toujours plus grand, plus brillant, plus intense : Lagos la démesurée entame son “Detty December”, un mois de festivités où Lagosiens, Nigérians de la diaspora et touristes s’étourdissent dans un tourbillon d’événements qui fait battre encore plus fort qu’à l’accoutumée le pouls de la mégapole de 20 millions d’habitants et son économie.L’expression en pidgin nigérian “Detty December”, pour “Dirty December” en anglais (littéralement “décembre sale” en français), décrit ce moment où les Nigérians de la diaspora rentrent au pays et célèbrent les fêtes de fin d’année avec faste, frénésie et débauche aux côtés de leurs familles et amis, en plus des traditionnels rendez-vous religieux de la période.Nigérians de la diaspora, bien décidés à se faire plaisir pendant leur séjour, et Lagosiens fortunés n’hésitent pas à dépenser d’importantes sommes pendant ce mois particulier, véritable bulle économique pour le secteur touristique et culturel local.Et peu importe si le président Bola Tinubu a placé le pays “en état d’urgence sécuritaire nationale” fin novembre suite à une recrudescence des enlèvements de masse dans la moitié nord du pays, Lagos la sudiste est bien loin de s’inquiéter.- “L’été africain” -Deola et Darey Art Alade l’ont compris : via leur société spécialisée dans l’événementiel, ils ont déposé la marque “Detty December” dès 2019, organisant chaque année un festival mêlant spectacles, concerts et événements divers s’étalant sur les trois dernières semaines du mois.Pour Deola, “Detty December” est un “pèlerinage culturel” et “un véritable moteur économique” dont Lagos est “l’épicentre”.”C’est le véritable été de l’Afrique”, la “fenêtre touristique la plus importante”, abonde Darey, son époux, tout en louant “l’énergie sans filtre” de Lagos.”Les gens viennent rendre visite à leur famille, ils invitent leurs amis. Et maintenant, tout le monde est pris par la fièvre du Detty December”, ce qui “transforme ces moments culturels en une valeur économique réelle et mesurable”, s’enthousiasme-t-il.Hannatu Musa Musawa, la ministre nigériane de la culture, partenaire du festival de Deola et Darey Art Alade, a déclaré qu’il s’agissait d’une “occasion de transformer ces idées en opportunités concrètes, en emplois réels et en expériences tangibles dans nos villes pour notre économie créative”.L’an dernier, “Detty December” a généré plus de 71,6 millions de dollars (61,4 millions d’euros) de recettes à Lagos grâce au tourisme, l’hôtellerie et le divertissement, dont 44 millions de dollars (37,7 millions d’euros) rien que pour le secteur hôtelier, selon le gouvernement de l’État.Une manne qui a fait fi de la crise économique – la pire en une génération – qui frappait le pays de plein fouet en 2024, avec une inflation dépassant les 30% tout au long de l’année. Grisé par les retombées économiques croissantes de “Detty December”, le gouvernement de l’État de Lagos a lancé cette année l’initiative “101 jours à Lagos”, proposant une série de rendez-vous culturels du 26 septembre au 4 janvier pour “stimuler le tourisme, mettre en valeur la culture et l’économie créative de l’État et attirer les visiteurs”.De fait, les trois derniers mois ont vu se succéder une frénésie d’expositions, de conventions, de festivals, préparant les Lagosiens au feu d’artifice final de “Detty December”.- “Complet” -Pour Eko Hotels & Suites, le plus grand complexe hôtelier de la ville avec 825 chambres et neuf restaurants et bars, l’enjeu est de taille et “Detty December” se prépare un an à l’avance.Ce mois “représente entre 15 et 20% de nos revenus”, explique la directrice commerciale, Iyadunni Gbadebo, pour qui il s’agit “de la période la plus excitante de l’année”. Depuis sept ans, Eko propose une formule en pension complète sur une dizaine de jours entre le 20 décembre et le 1er janvier, incluant une litanie d’activités et de spectacles pour ses clients, principalement des familles “d’Africains de la diaspora”.”Mais cette année, nous avons beaucoup d’Afro-Américains vivant aux États-Unis qui viennent pour vivre une expérience différente”, souligne Mme Gbadebo.Pour une famille de quatre personnes, la formule pour cette dizaine de jours oscille entre 13 et 22 millions de nairas (7.720 à 12.900 euros), selon la chambre. Avant de proposer cette formule, l’hôtel était désert à cette période. “On pouvait entendre les mouches voler dans le hall”, plaisante Mme Gbadebo.Maintenant, les réservations démarrent dès juillet et toutes les chambres étaient déjà complètes un mois avant le démarrage de “Detty December”.Ultime cadeau de Noël pour les Lagosiens : les mégastars de l’afrobeats, engagées dans des tournées mondiales le reste de l’année, attendent les derniers jours de décembre pour daigner se produire dans leur pays. Cette année, Asake et Davido se produiront les 24 et 25 décembre, à 300.000 et 250.000 nairas le billet (178 et 148 euros), soit environ quatre fois le salaire mensuel minimum, fixé à 70.000 nairas (41,40 euros).

Chine: l’excédent commercial dépasse 1.000 milliards de dollars en 2025

L’excédent commercial colossal de la Chine a dépassé pour la première fois les 1.000 milliards de dollars en 2025, les exportations à travers le reste du monde compensant la forte baisse des livraisons vers les États-Unis, indiquent des chiffres officiels publiés lundi.Le solde positif des échanges de la Chine avec le reste du monde de janvier à novembre était de 1.080 milliards de dollars, a indiqué l’administration des Douanes.”L’excédent commercial de la Chine cette année a déjà dépassé celui de l’année dernière, et nous prévoyons qu’il augmentera encore l’année prochaine”, écrit dans une note Zichun Huang, de Capital Economics.”La faiblesse des exportations vers les Etats-Unis a été largement compensée par les expéditions vers d’autres marchés” en novembre, a-t-elle dit.Les exportations de la Chine ont augmenté de 5,9% en novembre sur un an, plus rapidement que prévu, mais ont baissé de 28,6% vers les seuls Etats-Unis au cours de la même période, a indiqué l’administration des Douanes.Le chiffre global des exportations est meilleur que les prévisions de l’agence Bloomberg, qui tablait sur une hausse de 4%.Cette embellie fait suite à un recul des exportations de 1,1% sur un an en octobre, le premier depuis février coïncidant avec un regain des tensions commerciales avec les Etats-Unis.Les importations ont progressé de 1,9% sur un an en novembre, à un rythme plus lent que la hausse de 3% prévue par Bloomberg, nouveau signe d’atonie de la consommation intérieure.”Le rebond de la croissance des exportations en novembre contribue à atténuer la faiblesse de la demande intérieure”, commente dans une note Zhiwei Zhang, président et économiste en chef chez Pinpoint Asset Management. “La dynamique économique a ralenti au quatrième trimestre, en partie à cause de la faiblesse persistante du secteur immobilier”, ajoute-t-il.La Chine et les Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale en 2025 après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Un sommet entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping le 30 octobre en Corée du Sud a débouché sur des mesures de détente réciproques, au moins temporaires.Les exportations font depuis des années office de moteur de l’économie chinoise, avec une consommation domestique obstinément languissante et une crise de la dette prolongée dans le vaste secteur immobilier. La Chine est aussi confrontée à un chômage élevé chez les jeunes et un vieillissement rapide de sa population.Les dirigeants chinois, qui visent une croissance globale de cinq pour cent cette année, doivent tenir cette semaine une importante réunion consacrée à la planification économique.Les exportations vers les Etats-Unis ont représenté 33,8 milliards de dollars en novembre, contre 47,3 milliards à la même époque l’an dernier.- Menace de Macron -Les exportations vers les Etats-Unis ont baissé quasiment tout au long de l’année. Mais elles sont restées de manière globale résilientes.Les partenaires européens de la Chine en particulier s’alarment de voir qu’avec la confrontation commerciale avec les Etats-Unis ses produits se déversent sur leur marché.Ils pressent la Chine de stimuler sa consommation intérieure.Le président français Emmanuel Macron, tout juste de retour de Chine où il a plaidé la cause européenne en fin de semaine passée, a menacé Pékin dimanche de droits de douane “dans les tout prochains mois” si la Chine ne prend pas des mesures pour réduire le déficit commercial qui ne cesse de se creuser avec l’UE.Le protectionnisme de l’administration Trump “accroît nos problèmes en redirigeant les flux chinois massivement sur nos marchés”, a-t-il dit au quotidien français Les Echos.Le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul jusqu’à mardi en Chine. Déjà affectées par des désaccords géopolitiques, les relations entre Berlin et Pékin se sont encore refroidies ces derniers mois avec les tensions commerciales entre l’UE et la Chine.Cela n’a pas empêché la Chine de redevenir cette année le premier partenaire commercial de l’Allemagne à la place des Etats-Unis.

Expérience belge ou résilience grecque: l’Eurogroupe se choisit un nouveau chef

Expérience contre résilience: l’Eurogroupe va départager jeudi les deux candidats à sa présidence, le ministre du Budget belge Vincent Van Peteghem et le ministre des Finances grec Kyriakos Pierrakakis, après la démission de leur collègue irlandais Paschal Donohoe.M. Donohoe, 51 ans, a annoncé le 20 novembre à la surprise générale qu’il quittait ses fonctions au sein du gouvernement irlandais et de l’Eurogroupe, pour rejoindre la Banque mondiale, dont il est devenu le directeur général.Deux quadragénaires se sont portés candidats pour diriger l’Eurogroupe, l’instance qui rassemble les 20 pays de la zone euro.- Kyriakos Pierrakakis, le “pouvoir de la résilience”Le Grec Kyriakos Pierrakakis, 42 ans, met en avant dans sa lettre de candidature “le pouvoir de la résilience” dont sa génération a fait preuve, après la tourmente des années 2010, lorsque la crise de la dette grecque a failli provoquer l’implosion de la zone euro.Une “crise existentielle” qui a démontré selon lui “le coût de la complaisance, la nécessité des réformes et l’importance de la solidarité européenne”.Député Nouvelle Démocratie d’Athènes, il est diplômé en informatique et en politique publique. Figure en vue du gouvernement dirigé par le conservateur Kyriakos Mitsotakis, dont il est l’un des protégés, il est ministre des Finances depuis mars, après avoir piloté la transformation de l’administration grecque depuis 2019 en tant que ministre de la Gouvernance numérique, puis de l’Education.  – Van Peteghem, l’art du compromisEn face, le Belge Vincent Van Peteghem, 45 ans, entend faire jouer son expérience et sa connaissance des sujets européens.Nommé ministre des Finances en 2020, il est devenu cette année vice-Premier ministre du gouvernement dirigé par Bart De Wever. Cela en fait l’un des participants à l’Eurogroupe les plus expérimentés, et il met également en avant l’art du compromis qu’il pratique au sein de l’exécutif fédéral belge.”Mes années au sein de l’Eurogroupe m’ont donné une connaissance profonde de ses procédures, ses dynamiques et ses dossiers”, et “en tant que vice-Premier ministre belge et ministre du Budget dans une coalition multipartite, j’ai l’habitude de gérer des points de vue divergents et de construire des accords équilibrés et viables”, fait-il valoir.Elu du parti chrétien-démocrate flamand (CD&V), cet universitaire, diplômé en sciences économiques, compte parmi les principaux artisans de l’effort d’assainissement des finances publiques en Belgique, pays qui affiche un des pires niveaux de dette en Europe.burs-fpo/jca/ayv/

Faure à la rescousse de Lecornu pour sauver le budget de la Sécurité sociale

Le PS sauvera-t-il Sébastien Lecornu ? Le patron du parti Olivier Faure a appelé ses députés à voter mardi pour le projet de budget “de compromis” de la Sécurité sociale menacé de rejet par les refus de LR et d’Horizons de le soutenir.A la veille d’un scrutin qui s’annonce extrêmement serré sur la nouvelle lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le Premier secrétaire du PS a annoncé lundi sur BFMTV/RMC qu’il “plaidera le vote pour” lors de la réunion de ses 69 députés, programmée mardi avant le vote.”Le Premier ministre s’est engagé (sur la suspension de la réforme des retraites), il s’est montré fiable dans toute la discussion. Je souhaite que nous puissions à notre tour être fiables”, a déclaré M. Faure qui a estimé avoir obtenu “toute une série d’avancées” en “faisant sauter” le gel des pensions de retraite, des prestations sociales, le doublement des franchises médicales…Si le texte n’est pas adopté, le gouvernement a maintes fois averti que le déficit de la Sécu plongerait autour des 30 milliards d’euros en 2026, contre 23 en 2025. Et Sébastien Lecornu, qui a renoncé à recourir au 49.3 pour faire adopter le texte sans vote, pourrait être tenté (ou contraint) de jeter l’éponge, même si la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a jugé dimanche qu’une démission “n’aurait pas de sens” en l’absence de censure.Le vote des socialistes a pris une importance cruciale avec le refus des patrons de LR, Bruno Retailleau, et d’Horizons, Edouard Philippe, de soutenir ce budget. Ces deux responsables, qui ont aussi 2027 en ligne de mire, jugent que Sébastien Lecornu a fait trop de concessions à Olivier Faure. En retour, le socialiste les a décrits comme “des ingénieurs du chaos” qui “mettent en danger notre système de protection sociale”.”Je vais m’abstenir, comme d’ailleurs un grand nombre de parlementaires LR”, a confirmé sur TF1 l’ancien Premier ministre Michel Barnier.- Changement d’alliance -Si l’on suit les consignes annoncées pour l’instant par les groupes (qui ne seront cependant pas respectées à l’unanimité au sein de chaque formation), le vote pour (Renaissance, MoDem, PS) regroupe sur le papier quelque 196 voix face à 210 voix contre (LFI, RN-UDR).Les voix des écologistes, des communistes, du petit groupe Liot ou même des non-inscrits pourraient donc s’avérer cruciales.A l’intention des écologistes, le gouvernement prévoit d’ailleurs de déposer mardi un dernier amendement pour augmenter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie de 3% au lieu de 2%. Alors que les écologistes avaient voté vendredi contre la partie recettes du budget, M. Faure “espère que ce geste du gouvernement les amènera à faire le bon choix”. Si cet amendement est adopté, “ça sera un des éléments importants dans notre décision” sur l’ensemble du texte, a fait valoir à l’AFP la patronne des députés écologistes Cyrielle Chatelain. Sans surprise, l’annonce de M. Faure a fait bondir les Insoumis. Leur coordinateur national Manuel Bompard a dénoncé “le changement d’alliance du Parti socialiste” qui valide “six milliards d’euros d’économie sur la santé, une hausse du prix des mutuelles de 1 milliard d’euros, une limitation à un mois des arrêts de travail…”  “La trahison est d’avoir voté contre la suspension de la réforme des retraites”, a répondu M. Faure. Réagissant sur France Inter à l’annonce du socialiste, Gabriel Attal, le patron des députés Renaissance, s’est réjoui que “le travail (parlementaire) (ait) permis de dégager des compromis”. “Il faut qu’on puisse mettre ça derrière nous et commencer à parler d’autre chose”, a plaidé M. Attal selon qui les Français commencent à être exaspérés d’entendre “parler matin, midi et soir du budget”. Et M. Faure de pointer un risque de “montée d’antiparlementarisme” paradoxal alors que “pour la première fois depuis 1958, les députés sont vraiment députés” avec l’abandon du 49.3.Cependant, même si le vote mardi est positif, les Français n’en auront pas fini avec le budget. Celui de la Sécurité sociale devra faire encore un aller-retour avec le Sénat avant son adoption définitive. Surtout, le projet de budget de l’Etat, encore plus clivant, est, de son côté, toujours en cours d’examen au Sénat.

Airbags Takata: contre-visite obligatoire pour les véhicules non réparés

Tous les véhicules qui passeront au contrôle technique à partir du 1er janvier seront vérifiés afin de savoir s’ils sont dotés d’un airbag Takata classé “stop drive”, qui implique de ne plus rouler, indique lundi le ministère des Transports, invitant les conducteurs à prendre les devants.”Afin de traiter systématiquement les véhicules faisant l’objet d’une mesure de +stop drive+ toujours en circulation (1,3 million), il a été décidé d’intégrer la vérification des airbags dans les points pouvant faire l’objet d’une contre-visite lors du contrôle technique”, indique le ministère dans un communiqué.”Si le véhicule est équipé d’un airbag Takata classé +stop drive+ (et uniquement dans ce cas), le véhicule sera mis en contre-visite en raison du danger potentiellement mortel qu’il représente …), le contrôle technique ne pourra être validé qu’après réparation par un garagiste de la marque” et “le véhicule n’aura plus le droit de circuler tant qu’il n’est pas réparé”, détaille le ministère.Cette procédure existe déjà pour les défauts les plus graves, rappelle le ministère, tels que l’absence de freinage ou de rétroviseurs.”Pour éviter au maximum” cette situation, “le ministère invite tous les propriétaires, s’ils ne l’ont pas déjà fait, à vérifier dès maintenant sur le site du ministère des Transports, sans attendre le contrôle technique, si leur véhicule est soumis à un rappel d’airbag Takata en +stop drive+”.Cette mesure supplémentaire vise à offrir aux conducteurs “une sécurité supplémentaire, en s’assurant qu’ils soient bien informés”.A ce jour, 46 accidents sont attribués à des éclatements d’airbags Takata défectueux sur le territoire français, dont 42 dans les collectivités et départements d’outre-mer, qui ont causé 20 morts (dont 18 en outre-mer) et 25 blessés (dont 24 en outre-mer).L’entreprise japonaise Takata, aujourd’hui en faillite, est au cœur d’un scandale mondial depuis plus de dix ans. Ses airbags provoquent des explosions mortelles ou engendrant de graves blessures à cause d’un gaz propulseur, le nitrate d’ammonium, qui se dégrade avec le temps, particulièrement dans les climats chauds et humides.

La Bourse de Paris en léger recul avant la Fed

La Bourse de Paris recule légèrement lundi, les investisseurs marquant le pas avant la très attendue décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), grâce à laquelle ils tenteront de déterminer l’orientation de l’institution monétaire pour 2026.Vers 10H00 heure de Paris, l’indice CAC 40 cédait 22,07 points, soit 0,27%, à 8.092,67 points. Vendredi, le CAC 40 était resté stable (-0,09%) à 8.114,74 points. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice vedette parisien a cédé 0,10%.La réunion de politique monétaire suivie de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi sont au centre de l’attention des marchés.”Tout autre résultat qu’une baisse d’un quart de point de pourcentage des taux de la Fed mercredi serait une grande surprise, mais si l’on se projette sur 12 mois, la situation devient bien plus floue”, commente Derren Nathan, responsable de la recherche actions chez Hargreaves Lansdown.”Les marchés anticipent deux autres baisses d’un quart de point comme scénario le plus probable” pour 2026, poursuit-il. Mais la “probabilité plus accommodante d’une troisième baisse”, ou l’hypothèse “plus restrictive d’une seule baisse, n’est pas très loin derrière”.Ainsi, “le ton de la conférence de presse du président (Jerome) Powell et le communiqué qui l’accompagne seront essentiels” pour les acteurs de marché, qui tenteront d’y déceler des indices sur la suite de la politique monétaire de la banque centrale, affirme Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.L’Oréal monte à 20% de Galderma (dermatologie)Le géant français des cosmétiques L’Oréal perdait 2,00% à 365,30 euros vers 10H00 heure de Paris, après avoir annoncé lundi l’acquisition de 10% supplémentaires du laboratoire suisse de dermatologie Galderma, portant ainsi sa participation au capital à 20%.Le montant de cette acquisition réalisée auprès d’un consortium mené par EQT comprenant Sunshine SwissCo GmbH (SSCO), Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), et Auba Investment Pte. Ltd, n’est pas communiqué.

Marché du livre: Amazon évalue à 100 millions d’euros les frais de port payés par les Français

Le géant du commerce en ligne Amazon a évalué lundi à “plus de 100 millions d’euros” l’impact pour les Français de la loi qui impose depuis deux ans des frais de port de trois euros pour les achats de livres en ligne en dessous de 35 euros.”Cette mesure qui devait soutenir les libraires laisse une addition salée aux Français, qui ont déjà déboursé à ce titre plus de 100 millions d’euros auprès des différents détaillants de livres en ligne”, a affirmé Frédéric Duval, le directeur général d’Amazon.fr, dans une tribune transmise à l’AFP.”Pour quel résultat ? Les ventes de livres continuent de baisser fortement en France, y compris en librairie”, a-t-il ajouté.Le patron de la filiale française du géant américain fait référence à une loi portée par la sénatrice Laure Darcos et entrée en vigueur en octobre 2023 pour tenter de rééquilibrer le jeu concurrentiel entre le commerce en ligne et les commerces physiques de ventes de livres (librairies indépendantes, FNAC, Cultura…).Depuis, les tensions sont vives entre les deux parties. Leur dernier différend remonte à début 2025, autour de l’interprétation de la loi, Amazon estimant qu’une de ses dispositions lui permet de livrer gratuitement dans ses casiers (“lockers”) installés dans un commerce de vente au détail de livres. Le Médiateur du livre, autorité publique indépendante, a jugé en mai que le groupe américain contournait la loi.Dans sa tribune, le directeur général d’Amazon estime que “les plus de 100 millions d’euros dépensés par les lecteurs en frais de port obligatoires auraient pu financer davantage de lectures, au bénéfice des éditeurs, des auteurs et de la filière”. “Cent millions d’euros, cela représente 12 millions de livres de poche, et 3% du chiffre d’affaires annuel de l’édition en France”, évalue Frédéric Duval. Le chiffre de 100 millions a été calculé “en utilisant des données sectorielles et des données internes d’Amazon”, selon l’entreprise.