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Mélenchon veut que les gazoducs Nord Stream soient “remis en route”

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a de nouveau proposé mercredi de “ramener la Russie dans le concert européen” et a dit souhaiter que les gazoducs russes Nord Stream soient “remis en route” Plus que jamais en pré-campagne présidentielle pour 2027, le fondateur de LFI a tenu une conférence, à laquelle assistait la presse internationale, de plus d’une heure et demie devant des élus et militants insoumis.”Nous n’acceptons pas l’idée que nous soyons obligés d’acheter du gaz et du pétrole américains”, a expliqué M. Mélenchon, qui ne cesse de militer pour le “non-alignement”, terme issu de la Guerre froide et qui désignait les pays qui ne souhaitaient se rapprocher ni de Moscou ni de Washington.”Il faut remettre en route Nord Stream et que ceux qui l’ont saboté soient arrêtés et punis. Rétablir Nord Stream veut dire d’un seul coup baisser le prix de l’énergie en Europe”, a-t-il insisté.La Russie a perdu le marché européen du gaz à la suite des sanctions la visant et du sabotage des gazoducs Nord Stream, qui appartiennent au géant gazier russe Gazprom, en septembre 2022.Jean-Luc Mélenchon est régulièrement accusé de complaisance envers la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ce qu’il réfute. “Il est question de céder des territoires” ukrainiens à la Russie, a-t-il également expliqué. “Qu’on les cède ou qu’on ne les cède pas (…) on doit voter”, a-t-il encore déclaré.”On doit voter dans le Donbass et la zone sud de l’Ukraine pour qu’on sache ce que veulent les populations”, a-t-il insisté.”Nous n’acceptons pas l’idée que la Russie soit expulsé de l’Europe”, a résumé le leader de la gauche radicale, en reprenant la formule du général de Gaulle d’une Europe “de l’Atlantique à l’Oural”. M. Mélenchon s’exprimait devant un drapeau français et un drapeau de l’ONU, mais sans le drapeau européen. “Jamais les conditions n’ont été aussi bonnes pour expliquer pourquoi le non-alignement rend nécessaire et possible un partenariat privilégié avec la Chine et avec l’Inde. Qui bien sûr sont des régimes qui ne nous conviennent pas”, a-t-il également déclaré, alors que les Insoumis sont souvent critiqués pour leur refus de qualifier le régime de Pékin de “dictature”.

L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026

Les espoirs d’une reprise rapide en Allemagne se dissipent: Berlin a abaissé mercredi sa prévision de croissance pour 2026, la relance budgétaire peinant à produire ses effets, tandis que les tensions commerciales et la crise industrielle persistent.Le Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Allemagne devrait croître de 1% selon le rapport annuel du ministère de l’économie, qui tablait à l’automne sur un rebond de 1,3%. Le constat est amer pour la coalition du chancelier Friedrich Merz, qui promettait, depuis son intronisation en mai, une embellie en 2026 grâce aux centaines de milliards d’euros d’investissements publics adoptés pour moderniser la défense et les infrastructures. Neuf mois plus tard, sa ministre de l’Economie Katherina Reiche se voit confrontée au mécontentement croissant de la population et du patronat, qui réclame d’autres réformes pour relancer la première économie européenne. – “Légère trajectoire de reprise” -“Les impulsions attendues [de la relance budgétaire] ne se sont pas concrétisées aussi rapidement et dans la mesure que nous l’avions prévu”, a reconnu la ministre conservatrice lors d’une conférence de presse. Certes, ce “bazooka” d’investissements devrait représenter deux tiers de la croissance engrangée cette année, et redresser la consommation des ménages et des administrations publiques.De quoi engager le PIB sur une “légère trajectoire de reprise” selon la ministre, après une mini-croissance de 0,2% en 2025 et deux années consécutives de récession.Mais “les perspectives de croissance structurelle restent sensiblement affaiblies”, note le rapport.Pour 2027, le gouvernement a aussi revu à la baisse sa prévision, de 1,4% à 1,3% du PIB.Comme l’an dernier, les exportations allemandes, ancien moteur de la croissance, vont souffrir en 2026 d’un environnement mondial “très difficile” selon Mme Reiche, entre avalanche de droits de douane américains et concurrence chinoise.Les exportations vers les Etats-Unis, son ancien premier partenaire commercial, se sont effondrées de 9,4% entre janvier et novembre 2025, par rapport à 2024.”Les menaces de relèvement des droits de douane, comme récemment aux États-Unis, créent en outre des incertitudes”, a ajouté Katherina Reiche.Elle note toutefois “une nette reprise” dans le secteur industriel en crise, avec une embellie de la production et des commandes, notamment dans les biens d’équipements.Mais les défis restent colossaux pour redresser une industrie allemande à la dérive, qui réclame une nette baisse des prix de l’énergie et un allègement de la bureaucratie.- Début d’année “poussif” -Cette révision à la baisse du gouvernement “n’est pas surprenante”, affirme à l’AFP l’économiste Felix Schmidt, chez Berenberg.Il pointe en particulier “un début d’année poussif, comme suggéré par l’indice du climat des affaires de l’institut Ifo pour janvier”, publié lundi.”Cela laisse présager une croissance très faible au premier trimestre et cela abaisse la base de référence pour les prévisions 2026″, affirme à l’AFP Jörg Krämer, chef économiste chez Commerzbank.Afin que les dépenses supplémentaires de l’Etat “ne se transforment pas en coûteux feu de paille, des réformes d’accompagnement seront également nécessaires”, prévient M.Schmidt.Mme Reiche a défendu l’action du gouvernement pour aider les entreprises et ménages, notamment via des allègements fiscaux, un premier pas selon les fédérations professionnelles du pays.Cette année, le camp de Friedrich Merz promet une réforme d’ampleur du système de prestations sociales, jugé trop coûteux, et le chancelier répète sa volonté d’augmenter le temps de travail pour accroître la productivité.Reste que neuf mois après son entrée en fonction, Katherina Reiche ne recueille que 18% d’avis favorable dans la population, selon un sondage de l’institut Forsa. C’est pire que son prédécesseur écologiste Robert Habeck qui est resté 3 ans en fonction.

La Fed gèle ses taux contre l’avis de deux responsables

La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé mercredi de laisser ses taux d’intérêt inchangés, une décision qui interrompt la série de baisses enclenchée en septembre et a été désapprouvée par deux hauts responsables nommés par Trump.La banque centrale explique dans son communiqué que la croissance apparaît “robuste” aux Etats-Unis, suggérant que l’économie n’a pas besoin de soutien supplémentaire.Sur douze votants, deux se sont opposés à cette décision parce qu’ils voulaient continuer à lâcher du lest: les gouverneurs Stephen Miran et Christopher Waller.Les investisseurs s’attendaient massivement à ce que les taux directeurs restent dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, après trois baisses successives en autant de réunions, fin 2025.La défection du gouverneur Stephen Miran n’est pas non plus une surprise.Entré à la Fed en septembre à la demande de Donald Trump et après une confirmation express du Sénat, il plaide depuis lors pour une politique monétaire beaucoup moins restrictive.Cette fois, il n’a toutefois pas voté pour une diminution des taux très marquée, d’un demi point de pourcentage, mais plaidé pour une diminution plus conventionnelle, d’un quart de point. Il a été rejoint par M. Waller, nommé gouverneur pendant le premier mandat de Donald Trump.Son cas est particulier dans la mesure où il figure dans la liste des quatre favoris de l’exécutif, en lice pour prendre la suite de Jerome Powell, dont le mandat prendra fin en mai. M. Powell tient comme de coutume une conférence de presse très attendue à 19H30 GMT.- Qui pour succéder à Powell ? -La banque centrale avait laissé ses taux inchangés une grande partie de l’année 2025, inquiète de voir les droits de douane mis en place par Donald Trump faire dérailler les prix. Elle a fini par enclencher une détente à partir de septembre, motivée par des créations d’emplois atones. Mais les divisions ont grandi en son sein, du fait du manque de progrès sur l’inflation.Dans son communiqué, la Réserve fédérale a changé sa façon de qualifier la situation sur le marché du travail. Elle souligne désormais que le taux de chômage “a présenté des signes de stabilisation” (il était de 4,4% en décembre).Le président Trump cherche à placer à la tête de l’institution un banquier central plus conciliant.Il veut une politique monétaire très souple pour doper l’activité et réduire les coûts de financement de la dette publique. Selon lui, l’inflation n’est plus un problème.Elle était encore en progression de 2,8% en novembre. Et cela fait cinq ans que son rythme est plus élevé que le niveau souhaité par la Fed (2%).La faiblesse du dollar n’arrange pas les affaires des consommateurs américains: elle renchérit le prix des produits importés, déjà frappés par les droits de douane mis en place par Donald Trump.”Seul le président (Trump) sait” quand il annoncera le nom de la personne qu’il veut voir diriger la Fed, a déclaré son ministre des Finances Scott Bessent, lors d’une interview mercredi à la chaîne de télévision économique CNBC.Toute nomination doit être confirmée par le Sénat à majorité républicaine. Des alliés de Donald Trump n’ont pas apprécié les récents développements autour la Fed et commencé à s’inquiéter des assauts répétés de l’exécutif contre l’indépendance de l’institution monétaire.Après avoir encaissé sans broncher pendant des mois les insultes et menaces du chef de l’Etat, Jerome Powell a fini par prendre solennellement la parole le 11 janvier, dans un message vidéo.Il a révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice pouvant aboutir à des poursuites pénales, concernant l’important coût des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington. Un “prétexte”, selon M. Powell, qui a dénoncé une tentative d’intimider l’institution parce qu’elle ne suit pas “les préconisations du président” des Etats-Unis en matière de politique monétaire.

Amazon supprime 16.000 postes de plus dans le monde

Le géant du e-commerce américain Amazon a annoncé mercredi la suppression de 16.000 postes dans le monde, poursuivant un mouvement de réduction des coûts qu’il assure être justifié par la lutte contre la bureaucratie plutôt que par la révolution de l’intelligence artificielle, pour l’instant.Cette annonce, adressée aux employés mercredi matin, était attendue depuis celle de la suppression de 14.000 postes en octobre, que la presse américaine avait présenté comme la première étape d’une vague de 30.000 suppressions au total dans les postes de bureaux.”Comme je l’ai indiqué en octobre, nous avons travaillé à renforcer notre organisation en réduisant les strates, en accroissant la responsabilisation et en supprimant la bureaucratie”, a expliqué Beth Galetti, la vice-présidente chargée des ressources humaines et de la technologie dans son message aux salariés, ensuite mis en ligne sur le site du groupe.”Si de nombreuses équipes ont finalisé leurs changements organisationnels en octobre, d’autres n’ont achevé ce travail que maintenant”, a-t-elle ajouté pour justifier le plan en deux phases.Dès juin l’an dernier, le patron d’Amazon Andy Jassy avait affiché sa volonté de réduire les coûts et annoncé que le développement de l’IA allait, “dans les prochaines années (…) réduire [leurs] effectifs de bureaux”.Il a par la suite assuré que l’IA n’était pas la raison principale de la restructuration en cours du groupe, qui a toutefois engagé des dépenses d’investissement record dans cette révolution technologique, comme la plupart de ses rivaux.Cette vague de suppressions d’emplois n’est “pas vraiment motivée par des raisons financières ni même vraiment par l’IA, du moins pas maintenant”, avait-il déclaré aux investisseurs cet automne. “C’est culturel”.La restructuration, qui vise des fonctions supports ou stratégiques (ressources humaines, publicité, cadres, etc), représente près de 10% des 350.000 postes de bureaux du groupe. Elle ne concerne pas la main d’oeuvre des entrepôts, qui représente la majorité des plus de 1,5 million de salariés d’Amazon.- investissements massifs -“Les suppressions que nous mettons en œuvre aujourd’hui auront un impact sur environ 16.000 postes à travers Amazon et nous travaillons (…) pour soutenir toutes les personnes dont le poste est touché”, a expliqué mercredi Beth Galetti.La dirigeante a précisé que le groupe entendait continuer d’embaucher en parallèle et que de nouveaux postes en interne seraient proposés aux salariés lorsque c’est possible. Un accompagnement de transition sera offert aux autres, a-t-elle indiqué.A l’en croire, de nouvelles coupes ne sont pas à exclure: “Certains d’entre vous se demanderont peut‑être si c’est le début d’un nouveau rythme où nous annoncerions des réductions d’ampleur tous les quelques mois. Ce n’est pas notre intention. Mais, comme nous l’avons toujours fait, chaque équipe continuera d’évaluer la responsabilité, la rapidité et la capacité à innover pour les clients, et d’apporter les ajustements appropriés”, a écrit Beth Galetti.Débuté en 2021, le mandat du PDG Andy Jassy avait déjà été marqué par un mouvement similaire, avec 27.000 suppressions de postes lors de l’hiver 2022-2023. A l’instar des autres géants de la technologie, Amazon multiplie les investissements massifs pour pouvoir prendre une part du gâteau de la révolution IA. Il mise en particulier sur les performances de sa filiale Amazon Web Services (AWS), numéro 1 mondial de l’informatique en ligne, engagée dans une course face à ses poursuivants qui gagnent du terrain, Microsoft Azure et Google Cloud. Les dépenses pour développer de nouvelles puces ou des services à base d’IA sont exponentielles. Amazon a annoncé courant décembre qu’il allait investir plus de 35 milliards de dollars en Inde, notamment sur les technologies IA.

La Bourse de Paris termine en nette baisse, plombée par le luxe

La Bourse de Paris a terminé en nette baisse mercredi, minée par le secteur du luxe, tiré vers le bas par LVMH dont les résultats ont déçu les investisseurs.Le CAC 40 a perdu 1,06% à 8.066,68 points, en baisse de 86,14 points. La veille, l’indice avait terminé en baisse de 0,27% pour finir à 8.152,82 points.La baisse s’explique par les valorisations du secteur du luxe, en nette baisse.L’action LVMH a dégringolé 7,89% à 542,8 euros l’action après la publication la veille de résultats qui ont déçu les investisseurs. Le numéro un mondial du luxe a annoncé mardi un bénéfice net en baisse de 13% en 2025, à 10,9 milliards d’euros, pénalisé notamment par la surtaxe exceptionnelle imposée aux grandes entreprises au nom du redressement des finances publiques françaises.Le propriétaire de Louis Vuitton, Dior, Celine, Moët & Chandon ou encore Hennessy a vu son chiffre d’affaires reculer de 5% à 80,8 milliards d’euros.Le géant du luxe a entraîné dans son sillage Kering (-3,02% à 266,20 euros), Hermès (-3,76% à 2.050 euros).La place française était également en attente de la mise à jour de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), à 19H00 GMT.”Il est largement attendu que la banque maintienne les taux entre 3,50% et 3,75%, mais la déclaration du président de l’institution, Jerome Powell, pourrait déclencher de la volatilité”, commente Emma Wall, stratégiste en chef des investissements chez Hargreaves Lansdown.La longue séquence budgétaire française touche de son côté à sa fin.L’alliance majoritaire au Sénat a acté mercredi le dépôt d’une motion visant à rejeter d’emblée le projet de budget pour 2026, examiné jeudi matin en nouvelle lecture, ouvrant la voie à une adoption définitive du texte en début de semaine prochaine après un ultime 49.3 à l’Assemblée nationale.La commission des Finances de la chambre haute, qui s’est réunie mercredi, a décidé de ne pas allonger plus longtemps les débats budgétaires, ouverts depuis le début de l’automne.Sur le marché de la dette, le taux d’intérêt de l’emprunt français à échéance dix ans est resté stable à 3,43%. Son équivalent allemand, référence en Europe, a fini à 2,86%, en légère baisse.La tech dans le vertSTMicroelectronics (+2,19% à 24,97 euros) a terminé dans le vert mercredi, dans le sillage des résultats du géant néerlandais de la technologie ASML, qui a affiché un bond de son bénéfice net en 2025 et de ses commandes au quatrième trimestre, bien accueilli par les investisseurs.

Greenpeace dénonce la poursuite du commerce nucléaire entre France et Russie, toujours exempté de sanctions

Près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, Greenpeace dénonce dans un nouveau rapport la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie, un secteur jusque-là resté épargné par les sanctions européennes et devenu source d’embarras au sein des 27.Ni la France ni l’UE n’ont “mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom”, le géant nucléaire public russe, déplore l’ONG, dans cette nouvelle analyse parue mercredi.”Le gouvernement français et l’Europe doivent sanctionner Rosatom pour envoyer un signal fort et mettre fin à l’impunité dont jouit la première entreprise au monde à avoir pris les commandes d’une centrale nucléaire étrangère par la force (Zaporijjia, en Ukraine)”, a déclaré Pauline Boyer, chargée de campagne pour Greenpeace France.L’Union européenne voudrait devenir totalement indépendante de l’énergie russe, pour priver Moscou d’une manne qui finance la guerre en Ukraine. Les Européens ont déjà adopté une interdiction du gaz russe à l’automne 2027. Mais le calendrier demeure incertain pour le pétrole russe, encore utilisé en Hongrie et en Slovaquie, et pour l’atome civil. Le sujet est l’objet de tractations délicates avec certains pays, en particulier la France, qui ne veut pas affaiblir sa filière nucléaire. La France n’importe certes pas d’uranium naturel de Russie, mais les registres des Douanes analysés par Greenpeace montrent qu’elle importe encore des quantités importantes d’uranium enrichi en Russie et d’uranium naturel provenant du Kazakhstan et d’Ouzbékistan et transitant par ce pays.”Certains États membres dépendent toujours du combustible russe, et nous devons nous assurer que nous disposons de sources alternatives. Dès que ce sera le cas, bien sûr en étroite concertation avec les États membres concernés, je présenterai la proposition”, a déclaré mercredi le commissaire européen à l’énergie Dan Jorgensen.Après son extraction des mines, l’uranium naturel doit être converti puis enrichi pour être transformé en combustible pour les centrales nucléaires.La France dispose d’une usine d’enrichissement, au Tricastin (Drôme), gérée par Orano, le géant français du cycle du combustible, qui est en train d’agrandir ses capacités. Mais elle fait aussi appel à d’autres pays, dont les Pays-Bas et la Russie, poids-lourd mondial de l’enrichissement.- “Diversification” -Depuis 2022, la part de l’uranium enrichi russe dans le total des importations françaises pour ces matières a chuté. Elle représentait alors 67% et cette part a régressé régulièrement mais atteignait encore 18% entre janvier et septembre 2025, “sous forme d’uranium naturel enrichi ou d’uranium de retraitement (uranium recyclé, NDLR) ré-enrichi (URE)”, selon l’étude de Greenpeace.Outre cet uranium enrichi, à fin septembre 2025, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, deux ex-républiques soviétiques, ont fourni la moitié (49,9%) de l’uranium naturel importé en France.Or selon Greenpeace, “une grande partie” de ces importations “transite toujours par le territoire russe entre les mains de Rosatom avant d’être livrée aux ports de Dunkerque ou de Rotterdam et acheminée notamment vers les usines Orano”, spécialiste du cycle de l’uranium. Contacté par l’AFP, le groupe français précise que sa quote-part de production “provenant du Kazakhstan est destinée pour l’essentiel à des clients chinois” et dit ne pas être l’unique fournisseur de la France.EDF assure “maximise(r) la diversification de ses sources géographiques et de ses fournisseurs”, en matières nucléaires: “nous ne sommes dépendants d’aucun site, d’aucune société et d’aucun pays”, selon une porte-parole à l’AFP.Mais EDF reste lié à un contrat conclu en 2018, avec la filiale de Rosatom, Tenex, pour le recyclage de l’uranium issu du retraitement (URT) des combustibles usés du groupe français. Cet uranium recyclé est actuellement utilisé dans une seule centrale française, à Cruas, après avoir été converti puis ré-enrichi. Selon EDF, “depuis 2024, l’enrichissement est réalisé en partie en Europe aux Pays-Bas et en Russie”, et la conversion en Russie, qui dispose de la seule usine au monde capable d’effectuer cette opération. Alors quelle alternative? EDF évoque des “discussions avec plusieurs fournisseurs” pour développer une usine de conversion d’URT “en Europe de l’Ouest. Selon le ministère de l’Economie, le gouvernement discute “activement” avec “ses partenaires et la Commission européenne” sur l’accroissement de capacités de conversion et enrichissement en Europe et dans l’OCDE.

Au Venezuela, l’espoir d’un renouveau de l’industrie pétrolière sous l’impulsion des Etats-Unis

Ronald Herrera se souvient de la ville prospère qu’était Puerto Cabello il y a 40 ans, avec sa raffinerie symbole d’une époque dorée, quand le pétrole et l’argent coulaient à flots. Aujourd’hui, après la capture de Nicolas Maduro et l’annonce d’investissements en hausse dans cette industrie, sous pression américaine, il aspire à un nouvel essor.Delcy Rodriguez, devenue présidente par intérim après l’enlèvement du chef de l’Etat vénézuélien le 3 janvier au cours d’une spectaculaire opération américaine, a rapidement signé des accords sur le pétrole avec Donald Trump, les Etats-Unis ne cachant pas leur intérêt pour l'”or noir” du Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves de la planète.Puerto Cabello, dans l’Etat de Carabobo (nord), au bord de la mer des Caraïbes, abrite El Palito, l’une des raffineries les plus importantes du Venezuela.Ronald Herrera, qui y a longtemps travaillé, se montre optimiste. “Nous avons des attentes très positives. Comme on vit à côté de la raffinerie, on espère qu’il y aura plus d’emplois”, dit-il à l’AFP.A 70 ans, il vend désormais café et cigarettes aux voyageurs qui font halte sur un axe routier reliant plusieurs Etats du centre du Venezuela. Avec cinq de ses sept enfants vivant à l’étranger – l’ONU évalue à environ huit millions le nombre des Vénézuéliens ayant fui leur pays depuis 2014 -, Ronald Herrera voit d’un bon œil le virage pris par la présidente par intérim concernant la politique pétrolière, après des années de désinvestissement, de corruption et de sanctions américaines. Le Venezuela prévoit une augmentation de 55% de ses investissements pétroliers pour 2026, grâce à une ouverture accrue au secteur privé rendue possible par la réforme de la loi sur les hydrocarbures en cours d’adoption par l’Assemblée nationale.- “Comme avant” – A l’intersection où Ronald Herrera vend ses produits, un hôtel délabré porte le panneau “à vendre”. Avec quatre étages et 147 chambres, c’est le bâtiment le plus haut d’El Palito, le nom donné à la localité qui entoure la raffinerie. Jonathan Guarire, un employé de l’hôtel âgé de 35 ans, pense qu’un renouveau de l’industrie pétrolière attirera des acheteurs et permettra à l’établissement de retrouver un niveau d’activité actuellement évanoui.Avant, “des entreprises arrivaient, du tourisme, c’était toujours complet (…), j’ai l’espoir que ça redevienne comme avant”, dit-il.Près de là, une enfilade de commerces colorés proposent nourriture, alcool et toilettes aux touristes qui fréquentent une plage prisée des surfeurs. La station balnéaire voisine de la raffinerie se remet d’une marée noire survenue il y a deux ans.D’énormes réservoirs blancs jouxtent le port dans lequel des pétroliers viennent déposer du brut ensuite transformé en essence et en diesel destinés au marché vénézuélien. Ces lieux de stockage du carburant servent de support à des slogans chavistes. “Patrie, socialisme ou mort”, clame l’un d’eux, faisant référence à une formule popularisée par l’ancien président socialiste Hugo Chavez (1999-2013), aujourd’hui défunt, et dont Nicolas Maduro avait pris la suite.Sur une plage, des pêcheurs rentrent à l’aube avec leurs prises. Sergio Espina, un marin retraité, les attend pour acheter du poisson qu’il revendra ensuite. La situation “est un peu difficile”, reconnaît-il. “J’ai soixante et quelques années. J’espère que tout cela va s’améliorer pour de bon, on va voir ce qu’il se passe”, raconte-t-il. Gilberto Herrera, un employé de 67 ans du secteur public et pêcheur occasionnel, se plaint de son salaire de misère, moins d’un dollar par mois. Il attribue la crise économique aux sanctions imposées depuis 2019 par les États-Unis, qui “nous ont fait beaucoup de mal”.

Les Bourses européennes clôturent en repli

Les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi, digérant une série de résultats d’entreprises avant d’écouter dans la soirée le président de la banque centrale américaine (Fed), à l’issue de la dernière réunion de l’institution monétaire.La Bourse de Paris a terminé en nette baisse de 1,06%, Londres a reculé de 0,52% et Francfort a cédé 0,29%.

Le gouvernement va s’opposer à la recherche d’hydrocarbures en Outre-mer

Le développement des outre-mer doit passer par autre chose que par l’exploitation des hydrocarbures, a affirmé mercredi la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, dévoilant la position du gouvernement sur la proposition de loi visant à relancer des projets d’énergies fossiles, examinée jeudi au Sénat.”Il y a une décision du gouvernement qui est d’émettre un avis négatif sur cette PPL”, a affirmé mercredi la ministre à des journalistes, dont l’AFP.”La France a été porteuse de positions extrêmement fortes sur cette question, elle est à la tête de la coalition Beyond Oil and Gas. C’est sur des choses comme ça que j’ai pu accepter d’être ministre”, a poursuivi Monique Barbut qui avait récemment fait planer l’hypothèse d’un départ en cas de soutien gouvernemental à cette proposition de loi.”Soutenir cette PPL ça rendrait la position de la France intenable à l’international”, a-t-elle encore dit mercredi.A l’initiative du groupe macroniste (RDPI), constitué de nombreux sénateurs ultramarins, une proposition de loi visant “à lever, dans les territoires d’Outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures” arrive au Sénat jeudi.Interrogé par l’AFP, le groupe RDPI du Sénat a indiqué qu’il “pren(ait) acte de la position du Gouvernement”. – Texte maintenu au Sénat -“Le texte est bien évidemment maintenu, appuyé par notre ADN ultramarin et notre soutien entier au sénateur Patient et aux Guyanais. Nous souhaitons que le Sénat ait l’opportunité de s’affirmer sur le sujet”, a-t-il ajouté.C’est le ministre de l’Economie Roland Lescure qui défendra la position du gouvernement, a précisé Bercy, qui était lui aussi défavorable à ce texte.La question du développement des outre-mer par les hydrocarbures n’est pas nouvelle: l’an dernier, le ministre des Outre-mer Manuel Valls avait dit vouloir “ouvrir le débat” sur l’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures en France, suscitant l’opposition de ses collègues de l’Environnement, Agnès Pannier-Runacher, et de l’Energie, Marc Ferracci.Ces tentatives se sont produites alors que la loi Hulot de 2017 interdit toute prospection d’hydrocarbures sur le territoire français, sur terre comme en mer. Un permis d’exploration de Total (devenu TotalEnergies en 2021) au large de la Guyane avait expiré le 1er juin 2019 sans résultat probant, fermant alors la porte à une éventuelle industrie pétrolière locale.Le projet de relance des hydrocarbures a fait l’objet d’un désaccord interne au gouvernement, la ministre des outre-mer Naïma Moutchou s’étant montrée favorable au nom du développement économique de la région, face à l’opposition de Monique Barbut.Plusieurs ONG environnementales avaient fait part aux sénateurs de leur opposition à la proposition de loi, y voyant “une promesse trompeuse et irresponsable”.- Dégâts aux écosystèmes -“Je ne vois pas en quoi ça règle aujourd’hui la question du développement de la Guyane”, a poursuivi mercredi Monique Barbut, qui a ajouté: “en revanche je vois très bien les dégâts qui vont être causés aux écosystèmes. (…) Le reste c’est de l’hypothèse. Et donc c’est un peu cher payé”.Localement la question a de quoi agiter les esprits, car le pétrole brésilien fait des envieux en Guyane, à l’image des deux rives de l’Oyapock, entre la Guyane et le Brésil, où la compagnie pétrolière publique Petrobras fore au large.Côté français, à Saint-Georges de l’Oyapock, un seul petit hôtel et deux épiceries composent l’essentiel des commerces de la commune de 4.000 habitants. Côté brésilien à Oiapoque, 30.000 personnes vivent dans une ville devenue un pôle d’attraction pour tout l’Etat de l’Amapa, au niveau de l’embouchure de l’Amazone, profitant des fruits de l’exploitation du pétrole. Des pays voisins comme le Suriname et le Guyana exploitent aussi des champs de pétrole.

Recherche en ligne: Londres veut permettre aux sites d’infos de refuser l’IA de Google

L’autorité britannique de la concurrence veut permettre aux sites internet, dont ceux d’information, de refuser que leurs contenus alimentent l’IA intégrée du moteur de recherche de Google (“Aperçus IA”), une mesure qui vise à rééquilibrer le rapport de force du secteur face au géant américain, accusé de détourner les revenus publicitaires.La fonctionnalité “Aperçus IA” de Google (“AI Overviews”) génère, en tête des résultats de recherche, des résumés par intelligence artificielle qui répondent directement aux requêtes des utilisateurs.Pour produire ces synthèses, l’IA du géant californien puise dans les contenus des sites web, notamment ceux des médias, qui l’accusent de piller leur travail sans rémunération. Les éditeurs (presse, sites spécialisés, blogs…) reprochent surtout à ces résumés de capter l’attention des internautes au détriment du clic vers leurs articles, asséchant ainsi leur trafic et leurs revenus publicitaires.Selon la proposition publiée mercredi par l’autorité britannique, la CMA, les éditeurs au Royaume-Uni “pourront refuser que leurs contenus soient utilisés pour alimenter des fonctionnalités d’IA” comme “Aperçus IA” ou “pour entraîner des modèles d’IA en dehors de la recherche Google”.Le groupe américain “devra également prendre des mesures concrètes pour garantir que le contenu des éditeurs soit correctement attribué dans les résultats d’IA”, est-il ajouté.- “Pouvoir de négociation” -Cette proposition, soumise à consultation jusqu’au 25 février, fait suite à la désignation en octobre dernier de Google comme “société stratégique sur le marché” de la recherche en ligne, en raison de la domination de son moteur de recherche, ce qui l’assujettit à des règles plus strictes.Selon la CMA, 90% des recherches sont effectuées via Google au Royaume-Uni et plus de 200.000 entreprises britanniques y font de la publicité.Ces mesures donneront aux éditeurs au Royaume-Uni “un pouvoir de négociation accru et soutiendront la viabilité à long terme d’une information fiable en ligne”, insiste Will Hayter, directeur des marchés numériques à la CMA, dans un billet de blog.”Elles aideront également les personnes à vérifier les sources dans les résultats générés par l’IA et à renforcer la confiance dans ce qu’elles voient”, ajoute-t-il.La CMA reconnaît “que Google est en mesure d’extraire des données précieuses sans contrepartie”, a réagi Owen Meredith, directeur général de la News Media Association, l’organisation professionnelle qui représente les éditeurs de presse britanniques.”La concession de licences pour nos contenus (…) pourrait débloquer une croissance économique significative”, ajoute-t-elle, regrettant cependant que “sans obligation claire pour Google de négocier, les éditeurs continueront de se heurter à des obstacles considérables”.- “Expérience déroutante” -Le responsable des produits du géant américain, Ron Eden, a souligné dans un communiqué que l’entreprise offrait déjà aux éditeurs “une gamme de contrôles (…) pour gérer la façon dont leur contenu apparaît dans la recherche”.”Tout nouveau contrôle doit éviter de perturber la recherche d’une manière qui conduirait à une expérience fragmentée ou déroutante pour les utilisateurs”, a-t-il ajouté.Parmi ses autres propositions pour mieux encadrer le moteur de recherche de Google, la CMA suggère l’affichage d’un écran pour faciliter le changement du service de recherche par défaut des utilisateurs et des règles garantissant un classement équitable des résultats, que l’entreprise devra pouvoir démontrer.La régulation britannique permettant de désigner des “sociétés stratégiques sur le marché” s’inspire du Règlement européen sur les marchés numériques (“Digital Markets Act”, DMA), que doivent respecter dans l’UE une poignée de géants des technologies dont Apple, Google et Meta, et qui entend mettre un terme à leurs abus de position dominante.En janvier 2025, le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer avait dévoilé un plan visant à attirer les acteurs de l’IA sur son sol, en leur promettant un cadre réglementaire clément, là où l’Union européenne a par exemple opté pour davantage de contrôle –suscitant des tensions avec Donald Trump.Google emploie, selon son site internet, plus de 7.000 personnes au Royaume-Uni.