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“Continuez à manifester”, “l’aide est en route”, lance Donald Trump aux Iraniens

“Patriotes iraniens, continuez à manifester”: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à poursuivre leur mouvement et à renverser leurs institutions, promettant que “l’aide” arrivait.Le président américain a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l’un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.La répression a fait au moins 600 morts, selon une ONG qui craint un bilan réel plus élevé. De nouvelles vidéos, authentifiées par l’AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux d’une scène qui avait déjà émergé, montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.Les condamnations internationales ont afflué mardi: la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé le bilan “effroyable” de morts, et l’ONU s’est dit “horrifié” par la “répression”.Paris, Berlin, Londres et d’autres capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la “répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations” depuis des années, des mots de la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper.”CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!”, a écrit le président américain sur son réseau Truth social, disant avoir “annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêtaient pas”.La veille, La Maison Blanche avait affirmé que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait “la première option”.Et Donald Trump avait annoncé des sanctions douanières contre les partenaires commerciaux de l’Iran – des droits de douane de 25%, prenant effet “immédiatement”. – “Tueries à grande échelle” -L’Iran reste privé d’internet pour le sixième jour consécutif. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression qui a fait 648 morts au total, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, évoquant aussi 10.000 arrestations.Cette organisation a également cité des informations non confirmées allant jusqu’à 6.000 morts.Des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, affirme également l’ONG Human Rights Watch.”La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard”, relate Kian Tahsildari à Istanbul, reprenant le témoignage de ses amis à Mashad (nord-est de l’Iran).Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l’Iran vers l’étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l’AFP à Téhéran.Dans la capitale, les forces de sécurité étaient moins visibles aux principaux carrefours de la ville qu’en fin de semaine dernière, au plus fort des manifestations.Les journaux faisaient leur Une sur les rassemblements massifs de la veille organisés à l’appel du pouvoir, le quotidien ultraconservateur Kayhan titrant sur “l’humiliation historique” infligée selon lui à l’Amérique et d’Israël.Les médias d’Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux dizaines de membres des forces de sécurité” victimes du “terrorisme” ourdi, selon le pouvoir, par Israël et les Etats-Unis.- “Opérations terroristes” -Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des “émeutiers” pilotés par l’étranger d’être à l’origine des violences.Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l’internet avait été prise en raison “d’opérations terroristes” dont “les ordres venaient de l’étranger”.  “Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts”, a-t-il ajouté.Agé de 86 ans, l’ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d’importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.Mais ces manifestations “représentent sans doute le défi le plus sérieux” pour le guide suprême “depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites”, relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l’immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le corps des Gardiens de la Révolution, où aucune division n’est apparue pour le moment.Le peuple, “sans défense”, a besoin de la communauté internationale, a lancé mardi le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or du festival de Cannes. 

Boeing a vendu davantage d’avions qu’Airbus en 2025, une première depuis 2018

Le constructeur aéronautique américain Boeing a vendu près de 1.200 avions au cours de l’année 2025, un niveau de commandes qui lui a permis de devancer son grand rival européen Airbus pour la première fois depuis 2018.Selon des données publiées mardi sur son site internet, Boeing a reçu 1.175 commandes brutes, soit 1.173 commandes nettes après annulations, conversions et ajustements comptables.A fin décembre, son carnet de commande atteignait 6.130 avions commerciaux.De son côté, Airbus a annoncé lundi avoir engrangé 1.000 commandes brutes en 2025 de la part de 57 clients (889 nettes).”Nos équipes ont effectué un travail fantastique tout au long de 2025 pour améliorer les livraisons, dans les temps, d’avions sûrs et de qualité”, a commenté Stephanie Pope, présidente de la branche aviation commerciale (BCA) de Boeing.Pour Boeing, l’année 2025 a été marquée par la poursuite de sa convalescence après de gros problèmes de qualité de sa production révélés par un incident en vol sur un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines en janvier 2024.L’une des conséquences a été le plafonnement par l’autorité de régulation de l’aviation (FAA) de la production du monocouloir 737 MAX, avion le plus vendu de Boeing, à 38 exemplaires par mois. Ce n’est qu’en octobre 2025 qu’il a eu le feu vert pour grimper à 42, avec l’objectif d’aller au-delà courant 2026.En revanche, le géant américain – première entreprise exportatrice des Etats-Unis – n’a pas fait mieux que son grand rival européen en matière de livraisons.Sur l’ensemble de l’année, Boeing a livré 600 avions, du jamais vu depuis 2018 quand il avait remis 806 avions à ses clients. C’est malgré tout inférieur aux 793 livrés par Airbus (+4%) en 2025.En 2024, marquée également par une grève de plus de 50 jours dans deux usines cruciales, Boeing avait reçu 569 commandes brutes (317 nettes) et livré 348 avions.A noter en 2025, la livraison de 65 avions à des compagnies aériennes chinoises.Pékin a été le dernier pays à accepter de nouveau, fin 2023, les avions de Boeing après les accidents de deux 737 MAX 8 en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont fait 346 morts au total.

Arabelle Solutions, filiale d’EDF, fournira des turbines pour le projet nucléaire en Pologne

La société française Arabelle Solutions, filiale d’EDF, a été choisie par le consortium américain Westinghouse-Bechtel pour fournir trois ensembles de turbines à vapeur et de générateurs destinés au premier projet nucléaire en Pologne, a indiqué mardi le groupe polonais responsable du projet. Varsovie et le consortium américain ont signé en septembre 2023 un accord sur la conception d’une première centrale nucléaire en Pologne, prévue pour être mise en service dans le nord du pays d’ici dix ans.Le coût de la construction, qui doit débuter en 2026, avait alors été estimé à 100 milliards de zlotys (24 mds EUR). Le premier réacteur de 1250 MW de cette centrale, d’une capacité attendue de 3750 MW, doit être mis en service en 2033.Le choix d’Arabelle Solutions “a été confirmé par Polskie Elektrownie Jądrowe (PEJ), la société publique polonaise chargée de la construction de la première centrale nucléaire en Pologne, qui sera implantée dans la commune de Choczewo (nord)”, a indiqué PEJ dans son communiqué.Selon Ed Gore, directeur du projet Poland AP1000 pour Bechtel,”Arabelle Solutions apporte une riche expérience acquise dans des projets menés dans cette partie de l’Europe et offrira aux fabricants polonais de vastes possibilités de participation au projet”. “Cette étape marque un jalon essentiel dans la réalisation du projet et la preuve d’un partenariat solide, indispensable pour la construction de la première centrale nucléaire en Pologne”, a-t-il déclaré dans le communiqué. De son côté, le groupe français, s’est dit “fier” d’avoir été choisi et de pouvoir contribuer ainsi “à fournir au pays une électricité fiable et bas carbone”, selon sa présidente Catherine Cornand, citée dans un communiqué.La Pologne prévoit actuellement de construire à terme trois sites nucléaires de trois réacteurs chacun, avec une puissance maximale globale de 15 GW, ce qui représenterait environ 30% du mix énergétique du pays.

Décès à 60 ans de l’investisseur militant hongkongais David Webb

David Webb, investisseur militant hongkongais connu pour son combat pour la transparence des marchés financiers et la responsabilité démocratique, est mort mardi à l’âge de 60 ans, selon un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.”C’est avec une grande tristesse que nous annonçons que David M. Webb s’est éteint paisiblement à Hong Kong le mardi 13 janvier 2026, des suites d’un cancer métastatique de la prostate”, indique le communiqué.”David manquera à sa famille, à ses nombreux amis et à ses soutiens. La famille demande le respect de sa vie privée en cette période difficile.”Figure emblématique pour de nombreux petits investisseurs, qui voyaient en lui une exception dans un monde des affaires marqué par les conflits d’intérêts et l’opacité, David Webb était aussi un cauchemar pour les régulateurs, dont il dénonçait sans relâche les défaillances.Sa base de données en ligne, Webb-site, a longtemps constitué une ressource précieuse pour les autorités de régulation, les investisseurs, les journalistes et les avocats, avant sa fermeture à la fin de l’an dernier.En 2024, il expliquait à l’AFP que sa philosophie tenait en un mot: “l’équité”.”Un traitement équitable, qui suppose de donner aux gens toutes les informations pertinentes et le pouvoir de décider”, disait-il. “Et le choix, que ce soit en économie, en finance ou en politique.”Il avait révélé être atteint d’un cancer en 2020.L’an dernier, il avait été décoré du titre de membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE) pour ses décennies de contributions à Hong Kong.Né au Royaume-Uni, David Webb s’était installé à Hong Kong en 1991, quittant l’investissement bancaire sept ans plus tard.Ses combats couvraient un large spectre, allant de la transparence des entreprises à la réforme fiscale.Il avait fondé en 1998 son site internet à but non lucratif, qui analysait les rouages du secteur financier et lui servait de tribune.Son plus grand coup d’éclat reste la révélation en 2017 du “réseau Enigma”, un système de participations croisées impliquant plus de 50 sociétés cotées, passé sous les radars des régulateurs.L’effondrement qui s’en était suivi avait détruit environ six milliards de dollars de capitalisation boursière.

Aux Etats-Unis, une inflation qui cesse d’accélérer mais reste élevée

Le rythme de l’inflation s’est calmé en fin d’année 2025 aux Etats-Unis mais les Américains digèrent mal l’augmentation continue des prix de l’alimentation et de l’électricité.Selon les données officielles publiées mardi, l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé en décembre de 2,7% sur un an, un rythme stable par rapport à novembre.Cela représente une atténuation par rapport au niveau de décembre 2024 (2,9%), avant le retour au pouvoir de Donald Trump. L’évolution n’a toutefois pas été linéaire au cours de l’année.En net ralentissement jusqu’en avril (2,3%), l’indice CPI est ensuite reparti à la hausse après que le président eut annoncé une vague de nouveaux droits de douane sur les produits entrant dans le pays.Pour les personnes résidant aux Etats-Unis, la hausse continue de la facture des dépenses courantes continue d’être douloureuse. Ainsi, l’alimentation a augmenté de 3,1% sur un an.Encore plus spectaculaire, le prix du gaz a augmenté de 10,8% sur la période et l’électricité de 6,7%.Le gouvernement Trump met, au contraire, systématiquement en avant la baisse des prix à la pompe (-3,4%).Et mardi, dans son premier commentaire après la publication de l’indice, Donald Trump a estimé que les chiffres étaient “excellents” et même “FAIBLES”, sur sa plateforme Truth Social.Il a une nouvelle fois appelé le président de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), Jerome Powell, à baisser les taux d’intérêt. Comme si la procédure lancée par son ministère de la Justice à l’encontre de M. Powell ne venait pas de déclencher une levée de boucliers dans les milieux économiques et politiques pour défendre l’indépendance de la Fed sommée de se plier aux volontés présidentielles.- “Biais” statistique -Les chiffres du CPI pour novembre avaient surpris car ils marquaient une nette décélération. Banquiers centraux et économistes avaient rapidement émis des bémols, estimant que les données avaient été en partie faussées par la longue paralysie budgétaire aux Etats-Unis (“shutdown”), qui a suspendu la collecte des informations par les services statistiques officiels du 1er octobre au 12 novembre.Pour Gregory Daco, du cabinet EY, ces chiffres vont continuer “jusqu’en avril” à comporter un “biais” de nature à minorer l’ampleur réelle de l’inflation.”Les distorsions causées par le shutdown ont rendu les données plus difficiles à interpréter”, relève aussi Michael Pearce, d’Oxford Economics, pour qui l’inflation semble toutefois avoir atteint un sommet duquel elle devrait progressivement descendre. Le gouvernement Trump défend ses droits de douane affirmant qu’ils n’ont pas eu d’impact sur le niveau des prix.Dans un discours lundi soir, le président de la Fed de New York, John Williams, a maintenu l’inverse: “les droits de douane ont déjà entraîné une hausse significative des prix des produits importés aux États-Unis, même si l’intégralité de leur impact ne s’est probablement pas encore fait sentir.”Il a aussi considéré que le surcoût lié à ces droits de douane avait été “principalement supporté par les entreprises nationales et les consommateurs, plutôt que par les producteurs étrangers”.

Wall Street digère l’inflation et les résultats d’entreprises

La Bourse de New York évolue sans direction claire mardi, digérant des chiffres d’inflation légèrement meilleurs qu’attendu pour le mois de décembre, sur fond de nouvelle saison de résultats trimestriels.Vers 14H55 GMT, le Dow Jones cédait 0,55%, l’indice Nasdaq prenait 0,10% et l’indice élargi S&P 500 était proche de l’équilibre (-0,07%).Publié mardi, l’indice des prix à la consommation (CPI) “a été légèrement meilleur que prévu” et “cela indique que l’inflation n’est pas un facteur qui joue en notre défaveur”, résume auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.Les Etats-Unis ont terminé 2025 avec une inflation en décembre de 2,7% sur un an, un rythme stable par rapport à novembre et en amélioration par rapport à décembre 2024 (2,9%).L’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’alimentation et de l’énergie) s’est établie à 2,6% alors que les marchés tablaient sur 2,8%.”Il s’agit seulement d’une petite victoire, mais c’est une bonne nouvelle pour un marché qui espère voir se poursuivre la désinflation afin d’encourager la Fed (banque centrale américaine, ndlr) à continuer de baisser ses taux”, remarque Patrick O’Hare, de Briefing.com.Pour le moment, les investisseurs tablent sur deux réductions des taux d’intérêt en 2026, selon l’outil de veille CME FedWatch. Un assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se détendait à 4,17% contre 4,19% à la clôture la veille.Côté entreprises, la place new-yorkaise rentre cette semaine dans une nouvelle saison de résultats.La banque américaine JPMorgan Chase (-1,49% à 319,66 dollars) a lancé le mouvement, publiant mardi des résultats contrastés au quatrième trimestre 2025, marqués par un recul de son bénéfice net à cause d’une charge liée à la reprise annoncée récemment de la gestion de la carte bancaire Apple Card.En revanche, le chiffre d’affaires a progressé sur un an grâce à l’attitude des consommateurs et à la bonne santé des entreprises.D’autres établissements bancaires doivent publier leurs performances financières dans les prochains jours, dont Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley.La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines reculait (-2,53% à 69,23 dollars) malgré des résultats en hausse et un chiffre d’affaires record pour le quatrième trimestre 2025, à 16 milliards de dollars.Le groupe a annoncé dans le même temps une commande de 60 appareils 787 au constructeur américain Boeing (+1,73% à 243,95 dollars), dont 30 en option.”Les investisseurs se concentreront principalement sur les résultats financiers des entreprises technologiques, en particulier sur les dernières informations concernant le retour sur investissement attendu dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA)”, observe dans une note David Morrison, de Trade Nation.Sam Stovall, lui, s’attend une augmentation d’environ 7% des bénéfices des entreprises d’une année à l’autre. “Je ne serais pas surpris si, une fois de plus, les bénéfices dépassaient les estimations”, ajoute-t-il.

En France, la réduction des émissions de gaz à effet de serre patine

La baisse des émissions de gaz à effet de serre a marqué le pas en France l’an dernier, avec un recul estimé à seulement 1,6%, près de trois fois moins que le rythme nécessaire pour tendre vers la neutralité carbone.Comme l’Allemagne et d’autres pays riches, la France décélère au lieu d’accélérer en matière de climat, malgré les records de chaleur et la hausse tendancielle des factures d’événements météo extrêmes, au moment où la volonté politique s’étiole en Europe.Les transports, les bâtiments (chauffage, climatisation…) et l’énergie sont les secteurs les plus en retard dans leur transition vers le bas carbone.Le rythme total de baisse en 2025 a ainsi été deux, voire quatre fois plus lent qu’en 2022 et 2023 (-3,9% et -6,8%); il avait déjà commencé à ralentir en 2024 (-1,8%).”La baisse des émissions se confirme en 2025: c’est un signal encourageant, mais elle n’est pas suffisante. Nous devons collectivement nous remobiliser avec l’ensemble des secteurs émetteurs”, a réagi la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut, citée dans un communiqué.”La France devrait accélérer la sortie des énergies fossiles pour sa propre souveraineté et sa sécurité. Malheureusement, nous en sommes loin”, a commenté auprès de l’AFP Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat (RAC), qui fédère des associations.Après avoir incité à la sobriété dans la consommation d’énergie dans la foulée du début de la guerre en Ukraine, la France, comme les autres pays développés, peine à s’attaquer à des secteurs plus difficiles ou coûteux à décarboner, comme les voitures et les immeubles.Aux États-Unis, les émissions de gaz à effet de serre sont même reparties en hausse de 2,4% en 2025, entraînées par un hiver particulièrement rude et l’essor de l’intelligence artificielle, selon un rapport publié mardi par le centre de réflexion et d’analyse Rhodium Group.Le ralentissement français fait écho aux chiffres publiés récemment en Allemagne, qui a réduit de seulement 1,5% ses propres émissions l’an dernier, selon une estimation du groupe d’experts Agora Energiewende. L’Union européenne vise -90% en 2040 par rapport à 1990. Elle en était à -37% en 2023.Le Citepa, l’organisme mandaté pour dresser le bilan carbone français, a toutefois revu sa très modeste estimation initiale de -0,8%; il publiera ses données consolidées en juin. L’écart important s’explique par la mise à jour des indicateurs, mais aussi des “corrections méthodologiques”, explique l’organisme.-“En deçà du rythme nécessaire” -Cette “faible diminution des émissions” françaises s’inscrit “en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs 2030″ fixés par le gouvernement, souligne le Citepa, soit -4,6% en moyenne chaque année d’ici 2030, selon la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), la feuille de route actualisée en décembre pour une France neutre en carbone en 2050.”Ces résultats divergent selon les secteurs, avec un retard plus important en termes de trajectoire pour les secteurs des transports et des bâtiments”, observent les experts.Le Haut conseil pour le climat, organisme indépendant chargé de conseiller le gouvernement, alertait déjà l’an dernier sur la nécessité d’accroître “fortement” la baisse des émissions, qui dépendait en 2024 “en grande partie de facteurs conjoncturels”, comme la météo. L’évolution de l’année passée est permise d’abord par une baisse marquée dans le secteur de l’industrie (-3,4%) mais sur fond de “diminution continue de l’activité industrielle”, en particulier pour la chimie, la production de ciment et la métallurgie.Suivent l’agriculture, avec une réduction des émissions principalement liée à celle du cheptel bovin, et les transports, avec une diminution des consommations de carburants dans le transport routier. Les émissions du bâtiment sont en légère baisse, en lien avec les variations des consommations de fioul et de gaz naturel, mais très loin de l’effort requis.Enfin, les émissions du secteur de l’énergie sont pour leur part quasi-stables, après les importantes baisses de ces dernières années.Le Citepa note la légère baisse des émissions liées à la production d’électricité, déjà très décarbonée avec le poids du nucléaire et l’essor des renouvelables, mais limitée par une augmentation attendue dans le raffinage des hydrocarbures, liée à une “reprise d’activité” en 2025.

“Un coup dur”: le Salon de l’agriculture bousculé par l’absence inédite de vaches

“Un coup dur”: le Salon de l’agriculture devra se passer de vaches, les éleveurs refusant d’amener leurs animaux par “crainte” et par “solidarité” avec ceux touchés par la dermatose nodulaire. Les organisateurs appellent à présent à une édition “sans tensions”, malgré les manifestations.C’est une première dans l’histoire du salon parisien créé en 1964: les organismes de sélection des races bovines ont décidé de ne pas présenter de bovins au concours général agricole et refusé la présence, même symbolique, de quelques vaches, dont Biguine, l’égérie brahman venue de Martinique.C’est “un coup dur pour le salon”, qui laisse ses organisateurs “profondément attristés”, a déclaré mardi à la presse son président, Jérôme Despey, ajoutant respecter le choix des éleveurs.Cette décision intervient alors même que “85% des bovins” parmi les 500 à 600 qui devaient concourir venaient de zones indemnes de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Mais le protocole sanitaire pourtant strict du salon – qui s’ouvre cette année le 21 février – n’a pas convaincu: “quand on élève pendant plusieurs années des bêtes de concours, on peut comprendre la peur des éleveurs” qui ont choisi de ne pas transporter leurs meilleurs animaux, a expliqué Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, organisateur du salon.C’est aussi une première en 132 éditions du Concours général agricole qui ne récompense pas que les bovins mais aussi d’autres productions animales ainsi que des centaines de produits du terroir.Une médaille au concours général assure souvent aux producteurs de vins, saucissons et viandes récompensés “20% de revenus”.Les autres animaux (cochons, ovins, chiens, chats, chevaux et ânes) seront bien présents ainsi que les milliers d’exposants de produits de différentes régions.- Des débats, “pas des combats” – Arnaud Lemoine a aussi souligné la “solidarité” des organismes de sélection avec les éleveurs des zones touchées par la maladie, dont les animaux sont bloqués en attendant la levée des restrictions le temps que l’immunité vaccinale se construise.La gestion par l’Etat de l’épizootie de DNC a relancé le mouvement de contestation agricole, nourri par l’accord de libre-échange UE-Mercosur mais aussi par le ras-le-bol général de la profession. Les manifestations ont pris une nouvelle dimension depuis jeudi dernier avec des défilés de tracteurs dans Paris de tous les syndicats, avec la FNSEA à la manoeuvre mardi.La période avant le Salon de l’agriculture est traditionnellement celle où les agriculteurs font pression sur les politiques, qui viennent ensuite défiler parmi les stands pour montrer leur proximité avec le monde rural. Ils seront cette année en campagne pour les élections municipales de mars.En 2024, le premier jour du salon avait été fortement perturbé par des agriculteurs prêts à en découdre avec le président Emmanuel Macron. L’événement avait ouvert au public plus tardivement, dans une atmosphère tendue.Des manifestations avaient fait peser des craintes sur l’édition 2025, qui s’est finalement tenue dans le calme.”On ne peut pas mettre la pression sur le salon (…) chaque année pour des raisons différentes aussi importantes soient-elles (…) On n’a pas de problème avec les débats” mais “pas de combats”, a lancé Arnaud Lemoine, appelant au “respect des visiteurs”, qui sont en moyenne 600.000 à venir chaque année.Les organisateurs souhaitent un salon de la “solidarité” mais “pas un salon des tensions”. Jérôme Despey a d’ailleurs lancé le nouveau slogan de l’événement “venir c’est soutenir” l’agriculture française.”Il n’y aura pas de vaches mais il y aura tout le reste et même un peu plus, il nous reste un mois et demi pour être à la hauteur”, a ajouté Arnaud Lemoine, refusant de donner le nombre de visiteurs nécessaire pour maintenir la rentabilité de l’événement.L’absence de vaches et de l’égérie, qui sera même retirée de l’affiche au grand désespoir des éleveurs d’outremer pour la première fois mis à l’honneur, risque en effet d’avoir un impact sur la fréquentation de ce salon grand public.Une conférence de presse aura lieu début février pour annoncer le programme remodelé de l’événement.

Les tracteurs aux abords de l’Assemblée nationale pour exprimer la “révolte” agricole

Plus de 350 tracteurs ont pris position mardi matin aux abords de l’Assemblée nationale, à Paris, les agriculteurs en colère assurant qu’ils ne bougeraient pas tant que leurs demandes n’auraient pas été “entendues” par le gouvernement.”On demande à être reçus par le Premier ministre, on ne bougera pas d’ici tant qu’on n’aura pas été reçus et entendus” a déclaré à ses troupes Damien Greffin, l’un des vice-présidents du syndicat FNSEA, organisateur avec les Jeunes Agriculteurs (JA) de cette nouvelle mobilisation.Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, venu sur place, a annoncé un rendez-vous “à Matignon”. Celui-ci se tiendra à 14H30 avec le cabinet du Premier ministre, précise-t-on à Matignon.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.”On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap”, a déclaré mardi devant l’Assemblée nationale Guillaume Moret, 56 ans, venu en tracteur depuis le Val d’Oise et responsable FNSEA en Ile-de-France.Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.Venu des départements de grande couronne parisienne mais aussi des Hauts-de-France, les tracteurs de la FNSEA se sont installés non loin de l’Assemblée nationale, où le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de leur permettre de passer la journée, selon une source proche du dossier.”La révolte paysanne reprend”, peut-on lire sur une banderole déployée devant l’Assemblée nationale, où des prises de parole sont en cours en milieu de matinée. En 2024, la FNSEA avait déjà lancé ses tracteurs sur Paris pour demander des revenus, un allègement des normes et des simplifications pour les agriculteurs.- “Retrouver un peu de souffle” -En fin de matinée, les manifestants ont échangé avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a annoncé une séance le 11 février consacrée à l’application notamment de la loi Duplomb, réclamée par l’alliance FNSEA-JA.La préfecture de police, qui a autorisé lundi soir le rassemblement, comptait à 10H00 quelque 400 manifestants rassemblés aux abords de l’Assemblée nationale et 353 tracteurs positionnés quai d’Orsay.M. Greffin a pour sa part évoqué “plus de 500 tracteurs et 800 agriculteurs”.La semaine dernière, les contestataires de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, avaient eux aussi fait entrer leurs tracteurs venus de toute la France dans Paris, bravant des interdictions de convois de tracteurs et de manifestations non déclarées à proximité des lieux de pouvoir parisiens. Le gouvernement avait assumé de n’avoir pas dispersé le rassemblement devant l’Assemblée.Mardi, un premier convoi d’une quinzaine de tracteurs FNSEA/JA venus des Yvelines est entré dans Paris peu avant 06H00. Vite rejoints par des dizaines d’autres, ils ont descendu les Champs-Elysées en klaxonnant. Certains, équipés de remorques, ont prévu matelas et duvets.La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a promis mardi d'”accélérer”, dans un message posté sur X.”Les agriculteurs veulent que cela accélère. Nous allons accélérer. Avec le Premier ministre et le gouvernement, nous poursuivons le travail d’élaboration de propositions concrètes”, a-t-elle déclaré, sans plus de précisions.La FNSEA demande “une loi spéciale” pour aborder “la prédation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau”.Le gouvernement a annoncé vendredi un paquet de “300 millions d’euros”, largement dépendant du vote du budget, ainsi qu’une augmentation du nombre de loups qu’il est possible de tuer et des mesures pour “débloquer” des projets destinés à irriguer les cultures.La FNSEA veut également “un moratoire sur l’ensemble des sujets eau” et la “suspension de la dernière version de la directive nitrates”, qui établit notamment les plans d’épandages d’engrais.À quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, samedi au Paraguay, les agriculteurs ont aussi multiplié leurs opérations ailleurs en France, notamment au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l’A1, ou au Havre. Sur l’A64 près de Toulouse, les manifestants ont accepté de lever le barrage.Pour ses détracteurs, le traité commercial va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés – bœuf, sucre, volailles – moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.bur-sb-meh-sm-cho-alh/ved/eb

La SNCF conclut mardi ses négociations annuelles sur les salaires

Le trafic ferroviaire était quasi-normal à la SNCF mardi, malgré l’appel à la grève national lancé par deux syndicats le jour où doivent aboutir les négociations annuelles sur les salaires au sein du groupe ferroviaire national.Le “trafic TGV et Intercités est normal ce mardi” a indiqué SNCF Voyageurs, mais le trafic est perturbé localement sur le réseau des trains régionaux, notamment en Ile-de-France (lignes D, R et E) et en Occitanie.Ce mouvement social intervient dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui s’achèvent mardi. Les deux syndicats qui appellent à la grève, CGT et Sud-Rail, comptent ainsi soutenir leurs revendications. Malgré le versement d’une prime anticipée en décembre par la direction, la CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe, et Sud-Rail, troisième organisation, estiment que le compte n’y est pas.Dans un tract publié jeudi, la CGT réclame une hausse des salaires et des pensions de 12% ainsi que la mise en place d’un treizième mois pour tous les cheminots et d’une grille unique des salaires quel que soit leur statut. Elle dénonce également les recrutements insuffisants et la dégradation des conditions de travail en appelant à la mobilisation.Pour Sud-Rail, “l’évolution du métier, marquée par l’augmentation constante des missions et une polyvalence imposée, doit obliger la direction à revaloriser immédiatement les salaires” de 400 euros pour tous les salariés et à augmenter les primes.”L’entreprise ferroviaire SNCF est la plus rentable d’Europe en ce moment: quand est-ce que le pouvoir d’achat des cheminots va monter s’il se contente de stagner quand tout va bien?”, s’est interrogé Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud-Rail auprès de l’AFP. – Garder les salariés -Les résultats financiers 2025 de la SNCF seront connus fin février. Au premier semestre, elle a multiplié par six son bénéfice net, à 950 millions d’euros, portée notamment par la hausse du trafic sur les rails et l’engouement des voyageurs pour le train depuis le Covid.La direction n’a pas divulgué la proposition de hausse salariale qui sera faite mardi aux syndicats lors d’une table ronde.Mais elle fait valoir que les cheminots ont bénéficié en moyenne d’une hausse de rémunération des personnels présents de 16,4% sur les quatre dernières années, pour une inflation cumulée de 8,1% sur la période. Et 100% d’entre eux ont eu plus de 10%, précise la direction qui compte porter son attention sur les bas salaires, dont “aucun n’est inférieur au Smic + 10%”, c’est-à-dire 1.594 euros net actuellement.Depuis son arrivée à la tête de la SNCF début novembre, l’ancien premier ministre Jean Castex a reçu toutes les organisations syndicales afin d’échanger sur la façon dont le groupe compte accompagner la transition, voire la mutation, à laquelle il est confronté dans les prochaines années, avec l’ouverture à la concurrence sur ses rails.Charge de travail, santé mentale, formation, égalité hommes-femmes, la SNCF a lancé des ateliers et des travaux sur plusieurs sujets pour tenter de maintenir son attractivité et fidéliser ses salariés.Certains – à la maintenance par exemple-  pourraient être tentés de partir chez des constructeurs comme Alstom ou Airbus à Toulouse. Les cheminots employés pour faire rouler les trains – conducteurs, chefs de bord ou contrôleurs – pourraient être tentés par les sociétés de transport concurrentes qui arrivent sur les rails français comme Trenitalia.Car depuis une réforme en 2020, la SNCF ne recrute plus de personnel “au statut” garantissant un emploi à vie. Les cheminots statutaires représentent encore deux tiers des personnels. Les autres sont des contractuels en contrat à durée indéterminée (CDI). Ils devraient représenter 50% des effectifs d’ici la fin de la décennie, selon les projections de la direction qui estime qu’elle doit “repenser complètement sa politique d’attractivité” pour garder ses salariés.