Test

Wall Street termine sans direction claire, fait une pause avant la Fed

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi, à la veille de la décision de la banque centrale américaine (Fed) sur ses taux d’intérêt, une nouvelle baisse étant largement anticipée par les marchés.Le Dow Jones a lâché 0,37%, l’indice Nasdaq a pris 0,13% et l’indice élargi S&P 500 a clôturé proche de l’équilibre (-0,09%).”Il est normal que le marché marque une pause avant un grand jour (…) les investisseurs adoptent une attitude attentiste”, résume auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.Tous les yeux sont rivés sur le dernier rendez-vous de l’année de la Réserve fédérale, qui a débuté mardi dans la matinée et doit se conclure mercredi.Les marchés financiers s’attendent massivement à ce que l’institution monétaire décide de baisser à nouveaux ses taux directeurs, d’un quart de point de pourcentage, pour les ramener dans une fourchette entre 3,50% et 3,75%.Un assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les anticipations de bénéfices des entreprises.Cette perspective a particulièrement profité mardi à l’indice Russell 2000, réunissant 2.000 PME, qui a évolué non loin de son record en clôture.Les petites et moyennes entreprises “devraient en effet considérablement bénéficier de conditions financières plus souples”, écrit Jose Torres, d’Interactive Brokers.Aussi, “à moins d’un événement imprévu majeur qui viendrait bouleverser les attentes, la décision de la Fed n’aura pas forcément d’impact significatif” sur le marché, note toutefois M. Sarhan.Les investisseurs seront surtout très attentifs à l’actualisation des anticipations de court et moyen terme des membres de la Fed en matière d’évolution des taux, aussi appelée “dot plot”.Les personnalités votant sur les taux directeurs sont récemment parues partagées sur la conduite à tenir face aux signaux envoyés par l’économie américaine.Trois camps se dessinent: les responsables opposés à une nouvelle baisse, ceux qui ont laissé planer le doute et les défenseurs d’un desserrement monétaire.Le discours du président de l’institution Jerome Powell, attendu mercredi à l’issue de la réunion, sera aussi scruté.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans se tendait vers 21H15 GMT, à 4,18%, contre 4,16% à la clôture la veille.A la cote, la banque d’investissement JPMorgan Chase a chuté de 4,65% à 300,54 dollars après avoir annoncé lors d’une conférence mardi qu’elle prévoyait des dépenses supplémentaires de plusieurs milliards de dollars pour l’année prochaine.Le géant américain des snacks et des boissons PepsiCo a terminé dans le rouge (-0,68% à 144,64 dollars) après avoir confirmé ses objectifs pour cette année et prévu une hausse de ses résultats en 2026 à la faveur, en particulier, d’initiatives (innovation, productivité) dans sa branche d’Amérique du Nord.Le réseau de pharmacies CVS Health (+2,23% à 78,23 dollars) a profité de prévisions pour l’année prochaine meilleures qu’escompté par les analystes.Le marché attend désormais les résultats de l’éditeur de logiciels Adobe mercredi, puis ceux du spécialiste des puces Broadcom et de la chaîne de supermarchés de demi-gros Costco jeudi.

Le budget de la Sécu adopté à l’Assemblée, victoire cruciale pour Lecornu

Les députés ont adopté de peu mardi le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, une victoire cruciale pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui gagne son pari dans une Assemblée sans majorité et sans avoir utilisé le 49.3.La chambre basse a adopté le projet de loi, qui contient la suspension de l’emblématique réforme des retraites, par 247 voix contre 234. Après un dernier passage au Sénat, vendredi, il devra revenir à l’Assemblée pour un ultime feu vert.Après le vote, Sébastien Lecornu a salué une “majorité de responsabilité” qui a permis l’adoption du texte, et des députés exerçant de “manière nouvelle leur rôle de législateur”, en l’absence de 49.3, retiré de l’équation en échange d’une non-censure des socialistes.”Cette victoire” est “d’abord celle du Parlement”, a abondé le patron du PS Olivier Faure, l’autre responsable politique qui aurait été particulièrement impacté par un échec.L’issue du vote était particulièrement incertaine du fait du refus affiché par les dirigeants des Républicains et d’Horizons de soutenir le texte.- Macronistes et PS pour, la droite divisée -Et malgré les critiques acerbes du patron du parti Bruno Retailleau, 18 députés LR ont voté pour le texte (3 contre, 28 abstentions).Le patron des députés LR Laurent Wauquiez, a lui invoqué des victoires sur des réductions de hausse d’impôt, la défiscalisation des heures supplémentaires, ou l’indexation totale des retraites. Et peu avant le scrutin, le gouvernement a renoncé sous pression de LR à une mesure visant à encadrer des profits supérieurs à la moyenne dans certains secteurs comme la radiologie.”Ce budget n’est pas à la hauteur des enjeux qui se dressent devant nous”, a estimé le chef du groupe Horizons Paul Christophe. Neuf députés de son groupe ont toutefois voté pour (25 abstentions).Au bilan le projet de loi a été soutenu très largement par Renaissance et le MoDem (unanimement pour), le PS (63 pour, 6 abstentions) et les indépendants de Liot (20 pour, deux abstentions). Le gouvernement a aussi multiplié les gestes ces derniers jours pour obtenir la clémence des écologistes.Un amendement augmentant l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (Ondam) d’environ 3% au lieu de 2% a ainsi été adopté mardi, essentiellement pour acter le renoncement à l’augmentation des franchises médicales (reste à charge dû par les patients, par exemple sur les médicaments).Estimant avoir décroché des investissements pour un fonctionnement “à niveau constant” des hôpitaux et de la médecine de ville, les écologistes se sont majoritairement abstenus (26 abstentions, 3 pour, 9 contre).- “Changement d’alliance” -A contrario l’alliance RN-UDR et les Insoumis ont été unanimes dans leur opposition. Mathilde Panot, cheffe du groupe LFI, dénonçant un “changement d’alliance” des socialistes, et appelant les écologistes à renverser leur position d’ici le vote définitif.Celui-ci pourrait avoir lieu “la semaine prochaine”, selon le patron du groupe MoDem Marc Fesneau.Nommé il y a trois mois à Matignon, Sébastien Lecornu sort provisoirement renforcé de ce scrutin à haut risque.Alors que la question de son départ aurait immanquablement été posée par un rejet, sa méthode des “petits pas”, élaborant des compromis au jour le jour pour passer les obstacles un par un, s’est finalement montrée payante.Pour l’Assemblée, qui fonctionne sans majorité absolue depuis 2022, il s’agit aussi d’une étape dont beaucoup doutaient qu’elle puisse être franchie, alors que l’examen s’est fait dans des délais contraints et un hémicycle ultra-fragmenté.Si le texte est définitivement adopté, le déficit de la Sécurité sociale prévu l’année prochaine est estimé à 19,4 milliards d’euros, a déclaré la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin (contre 23 milliards en 2025). Mais au prix de transferts de 4,5 milliards d’euros des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu, au grand dam notamment d’Horizons.Au-delà de la Sécurité sociale, qui célèbre ses 80 ans, l’enjeu porte aussi sur toute la séquence budgétaire.Au gouvernement, on considère que l’adoption du budget de la Sécu pourrait entraîner une dynamique positive pour celui de l’Etat, actuellement au Sénat et sensiblement plus difficile à faire adopter, en l’absence d’une mesure aussi forte que la suspension de la réforme des retraites.”Ce sera difficile”, a d’ailleurs reconnu mardi Sébastien Lecornu. “Nous en sommes très, très loin” a souligné Olivier Faure, appelant le gouvernement à avoir “la même approche” que sur le budget de la Sécu.la-sac-parl/jmt/mpm

Pierre Moscovici défend l’indépendance de la Cour des comptes pour sa dernière audition à l’Assemblée

Le Premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a vigoureusement défendu l’indépendance de celle-ci, “ni pouvoir ni contre-pouvoir”, pour sa dernière audition mardi devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, consacrée au pacte Dutreil.M. Moscovici, qui va rejoindre en janvier la Cour des comptes européenne à Luxembourg, a salué avec “émotion” la “qualité du travail entre la Cour et le Parlement” ces cinq dernières années.”J’ai souhaité, a-t-il expliqué, que la Cour soit cette institution +sui generis+, ni pouvoir ni contre-pouvoir , à équidistance entre le gouvernement et le Parlement, qui joue pleinement son rôle de tiers de confiance, de vigie pour les finances publiques”.Il a dénoncé “les attaques qui ont ciblé” la Cour, notamment à l’occasion de la publication du rapport sur le pacte Dutreil à la mi-novembre. L’auteur-même de la loi, l’ancien ministre Renaud Dutreil, avait qualifié la Cour “d’officine du Parti socialiste”.”La Cour des comptes est une institution indépendante, on aime ou on n’aime pas ses rapports (mais) on n’a pas à juger les rapporteurs, à (la soupçonner) de sympathie pour tel ou tel parti politique, d’être à la botte du gouvernement ou contre lui, ça n’est jamais le cas”, a-t-il assuré.”J’ai un passé politique, mais comme mes prédécesseurs je l’ai laissé de côté en entrant dans (mon bureau)”, a-t-il assuré : “Philippe Séguin n’était pas un président RPR (les anciens LR), Pierre Joxe pas un président socialiste, et moi non plus”, a indiqué l’ancien élu et ministre socialiste.Lors de son audition, il a insisté sur la nécessité d’une refonte du pacte Dutreil, niche fiscale coûteuse favorisant les transmissions d’entreprises familiales aux membres de la famille, mais a souligné qu’il ne demandait en aucun cas sa suppression.

Budget de la Sécu: Lecornu salue une “majorité de responsabilité” qui a permis son adoption

Sébastien Lecornu a salué l’adoption mardi du budget de la Sécurité sociale en nouvelle lecture à l’Assemblée, “après un débat exigeant, sans 49.3” et grâce à une “majorité de responsabilité” qui “montre que le compromis n’est pas un slogan”.”Les trois parties du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 (…) ont été adoptées librement, après un débat exigeant, sans 49-3, une première depuis 2022″, a souligné le chef du gouvernement. “Cette majorité de responsabilité montre que le compromis n’est pas un slogan : il permet d’avancer dans le sens de l’intérêt général”, a-t-il ajouté.Il a “remercié” les députés qui soutiennent son gouvernement et ont voté le texte “parfois éloigné de leurs propres convictions”, alors que les députés Horizons se sont majoritairement abstenus, ne soutenant pas la suspension de la réforme des retraites concédée aux socialistes, ainsi que les Républicains bien que plus partagés. Il a également “remercié” les députés de l’opposition, “qui ont accepté le principe d’un compromis mais aussi compris que le pouvoir était désormais partagé”. Le renoncement au 49.3, article de la Constitution qui permet l’adoption d’un texte sans vote mais expose à la censure, “leur permet, en l’absence de majorité absolue, d’exercer d’une manière nouvelle leur rôle de législateur. C’est une chance pour la démocratie représentative”, a fait valoir M. Lecornu.Il a toutefois “regretté” que certains groupes “se soient enfermés dans une opposition systématique” et aient “choisi le cynisme plutôt que le patriotisme”, à l’instar du Rassemblement national ou de la France insoumise. “Les Français jugeront”.”Ils se proclament voix du peuple, mais préfèrent torpiller – y compris leurs propres combats – plutôt que de voir un progrès sans leur signature”, note-t-il.Alors que le marathon budgétaire est loin d’être terminé pour Sébastien Lecornu, il assure que “dès demain, il faudra travailler à l’adoption d’un budget pour l’Etat” et “ce sera difficile”, “peut-être plus encore que ces dernières semaines”.”Mais l’état d’esprit du gouvernement ne changera pas : l’intérêt général d’abord, sans céder ni à la fébrilité, ni aux agendas électoraux”. “Les Français en ont assez du désordre. Ils veulent que l’on avance, que l’on décide, que l’on protège”.

Budget: après le vote de mardi, quelles sont les prochaines étapes au Parlement ?

Après le vote du projet de budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale mardi, le marathon budgétaire est loin d’être terminé pour le gouvernement, qui a devant lui de nouvelles étapes à haut risque au Parlement avant le 31 décembre.- Budget de la Sécu: aller-retour au Sénat -Si le Premier ministre Sébastien Lecornu peut se targuer d’une première victoire importante avec ce vote favorable du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la partie n’est pas encore gagnée.Il ne s’agissait en effet que de la “nouvelle lecture”, c’est-à-dire un deuxième passage devant les députés. Le texte doit désormais repartir au Sénat qui l’examinera dès mercredi en commission, et vendredi dans l’hémicycle.Le PLFSS reviendra enfin en “dernière lecture” à l’Assemblée, à une date encore incertaine. Les députés auront alors le dernier mot.Une incertitude subsiste encore sur l’attitude des sénateurs: d’ordinaire dans cette situation, ils préfèrent rejeter d’emblée le texte pour acter leur désaccord… Mais plusieurs cadres de la chambre haute évoquaient ces dernières heures l’hypothèse d’un examen en bonne et due forme avec de nouvelles modifications.Lors de sa dernière lecture, l’Assemblée nationale peut en effet toujours reprendre certains amendements votés au Sénat: le texte final pourrait donc encore être légèrement modifié.Quoi qu’il arrive, le chef du gouvernement va encore retenir son souffle lors de l’ultime vote du PLFSS à l’Assemblée, qui s’annonce lui aussi serré.- Budget de l’Etat: loin d’être joué -Les yeux vont rapidement se tourner vers le projet de loi de finances (PLF), le budget de l’Etat pour 2026, qui prévoit une trentaine de milliards d’euros d’économies et sur lequel le Parti socialiste a obtenu très peu de concessions gouvernementales à ce stade.C’est une autre paire de manches: en première lecture, son volet “recettes” a été rejeté à la quasi-unanimité par les députés, entraînant le rejet de l’ensemble du texte.Le PLF est actuellement en phase d’examen au Sénat, avec un vote solennel prévu lundi 15 décembre à la chambre haute, qui l’a nettement fait pencher à droite.Sept députés et sept sénateurs tenteront ensuite de s’accorder sur une version de compromis de ce texte lors d’une commission mixte paritaire (CMP) quelques jours après.S’ils parviennent à un accord, le texte commun sera soumis pour un ultime vote des deux chambres le 23 décembre… Avec une incertitude majeure sur l’issue du scrutin à l’Assemblée, en l’absence de majorité.- Loi spéciale ou 49.3 ? -De nombreux cadres politiques estiment qu’il sera beaucoup plus complexe d’aboutir à un vote favorable sur le PLF que sur le PLFSS, poussant certains d’entre eux à plaider pour le retour du 49.3 juste avant Noël. C’est notamment le cas au sein du PS, où François Hollande l’a clairement dit mardi, jugeant “impossible” que les socialistes s’abstiennent sur le budget de l’Etat.Le groupe MoDem ainsi que plusieurs dirigeants de la coalition gouvernementale espèrent aussi un 49.3, activé sur le texte de compromis trouvé en CMP, par exemple. Sébastien Lecornu continue d’exclure cette hypothèse, qui l’exposerait sans doute à une motion de censure dans les derniers jours de décembre.En cas d’échec de la CMP, ou si le compromis de CMP est rejeté à l’Assemblée le 23 décembre, l’alternative serait le vote d’une loi spéciale avant le 31 décembre, et la reprise des discussions budgétaires début 2026.

Budget: des personnalités s’alarment de la “mise à mort” de 60 millions de consommateurs

De la journaliste Elise Lucet à l’ancienne ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire, diverses personnalités ont dénoncé mardi la “mise à mort” du magazine “60 millions de consommateurs” prévue selon elles dans le budget 2026, appelant dans une tribune à “préserver” ce “contre-pouvoir”.Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, en cours d’examen au Parlement, prévoit la liquidation d’ici à mars de l’Institut national de la consommation (INC) et l’éventuelle cession de son célèbre mensuel à un acteur privé. En cause, selon le gouvernement, la situation financière “très dégradée” de cet établissement public employant quelque 60 personnes.Déplorant que cette mesure soit passée “quasi inaperçue”, près de 200 personnes la dénoncent dans un texte publié par Le Monde, parmi lesquelles l’économiste Julia Cagé, le médecin nutritionniste Serge Hercberg, créateur du Nutri-Score, ou encore la directrice générale d’Oxfam France Cécile Duflot. Le PLF “organise la mise à mort” de l’INC et de son magazine, remettant en cause “un pilier essentiel de notre démocratie, celui de l’information et de la défense des consommateurs” face notamment aux “géants du commerce mondial”, estiment les signataires. “Alors que l’Elysée entend lutter contre la désinformation, il s’apprête à enterrer un titre qui fait autorité” et qui, “alerté par une lectrice”, a “révélé le scandale des poupées sexuelles” d’apparence enfantine vendues sur Shein, rappellent-ils. “Ce n’est pas seulement un magazine que l’on assassine”, l’INC rassemblant “un réseau d’experts et de juristes” utile aux associations de défense des consommateurs, souligne la tribune. Concernant les finances du titre, les signataires opposent les “millions d’euros d’aides publiques” versés à des “médias appartenant à des milliardaires” à “l’asphyxie” imposée à l’Institut, avec une subvention “passée de 6,3 millions à 2,7 millions d’euros entre 2012 et 2020”.Ils appellent à “la suppression” d’un article de loi “inutile et dangereux”, ainsi qu’un “engagement ferme pour préserver” l’INC et son journal.La liquidation de l’Institut, créé en 1966 et devenu un établissement public industriel et commercial (EPIC) en 1990, pourrait coûter 8 millions d’euros, selon une annexe au PLF.En 2024, son déficit a atteint 719.000 euros pour un chiffre d’affaires d’11,6 millions d’euros, selon Lionel Maugain, délégué du SNME CFDT à l’INC.Son magazine, qui vient d’inaugurer une nouvelle formule, compte quelque 80.000 abonnés et 20.000 à 30.000 exemplaires vendus en kiosque chaque mois, d’après M. Maugain.

Budget de la Sécu: le gouvernement fait marche arrière sur les tarifs médicaux

Peu avant le vote incertain du budget de la Sécu, le gouvernement a décidé mardi de renoncer à un article sur la fixation des tarifs médicaux, visant à limiter des situations de rentabilité excessive, qui provoquait la colère des médecins libéraux.Dans sa version initiale, l’article 24 du projet de budget de la Sécu visait à permettre à l’Assurance maladie de revoir unilatéralement certains tarifs médicaux quand une situation de rentabilité excessive était constatée. Des spécialités comme la radiothérapie, l’imagerie, la dialyse ou la néphrologie en particulier étaient visées.Après un premier rejet de l’article dans l’hémicycle vendredi, l’exécutif avait rédigé une nouvelle version du texte, proposée mardi aux députés en deuxième délibération, et ne contenant selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist “aucune décision unilatérale” de l’Assurance maladie.Cette nouvelle version de l’article prévoyait que “les professionnels de santé, leurs représentants syndicaux travaillent avec l’Assurance maladie pour cibler les rentes excessives”, et “proposent des mesures” pour les diminuer, avait expliqué en début d’après-midi Mme Rist. En cas d’échec des négociations, la décision aurait été renvoyée à un arbitre.Mais mardi après-midi, l’article 24 a de nouveau échaudé les rangs de la droite. “La rédaction ne nous convient pas, je vous l’ai déjà dit (…). Je recommande chaudement que vous retiriez votre seconde délibération”, c’est “une question de respect par rapport au vote qui a déjà eu lieu”, a lancé le patron du groupe LR Laurent Wauquiez.”Vous ne ferez pas les équilibres de l’Assurance maladie en le faisant contre notre médecine libérale, dont on a besoin”, a-t-il ajouté.”Nous n’acceptons pas que la médecine libérale, que les médecins, que le système de liberté médicale qui constitue notre pilier porteur de notre système de santé, soit aujourd’hui remis en cause”, a aussi critiqué Éric Ciotti (UDR).À l’inverse, le député écologiste Hendrik Davi a déploré que les ambitions de l’article aient été “revues à la baisse par le gouvernement”, mais annoncé l’intention de son groupe de voter pour.”Il n’est pas question avec cet article d’aller contre les professionnels, d’aller contre le parlement. Je pensais que cet amendement était le compromis des débats. Il était tard vendredi, j’ai peut-être, j’ai sûrement mal compris”, a répondu la ministre Stéphanie Rist, choisissant de retirer l’amendement du débat et de “continuer à travailler” sur le sujet dans un autre cadre.Retiré par l’exécutif, l’amendement a finalement été repris par les écologistes mais rejeté par l’Assemblée nationale (322 voix contre, 111 pour).L’article 24 était l’une des principales raisons du mouvement de grève prévu par tous les syndicats de médecins libéraux à partir du 5 janvier prochain.

Dermatose bovine: pas de vaccination générale à ce stade, mais des “réflexions”

Vaccination générale des bovins ou non? Le gouvernement, confronté à la colère d’éleveurs, a lancé mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une stratégie qui divise les acteurs de l’élevage.Cette maladie, apparue en juin en France et non transmissible à l’humain, est “sous contrôle en France (…), la stratégie de lutte a fait ses preuves”, assure-t-on au ministère.Mais cette stratégie, qui consiste à abattre tous les animaux des foyers concernés, déchaîne la colère d’éleveurs soutenus par les syndicats Coordination rurale (CR) et Confédération paysanne, qui la jugent “injuste et inefficace” et multiplient les actions pour s’y opposer.Réuni mardi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, un “Parlement de l’élevage”, rassemblant syndicats, vétérinaires, instituts de recherche…, “a été l’occasion de [lancer] les réflexions et les échanges sur les perspectives de vaccination en 2026”, selon le ministère.Ces “perspectives (…) sont encore en cours de réflexion”, a-t-on ajouté.”On a posé les termes du débat”, a dit Mme Genevard à l’AFP, en marge d’un autre rendez-vous: “il y a des pour, il y a des contre… il y aura certainement bientôt un autre comité parce que beaucoup ont dit qu’il fallait qu’on ait des évaluations des conséquences”, notamment commerciales.La stratégie mise en place depuis l’apparition de la DNC implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” de tous les bovins dans la zone concernée.Depuis le 29 juin, 108 foyers ont été détectés dans sept départements et quelque 3.000 bovins euthanasiés. Trois des cinq zones réglementées ne le sont plus, depuis le 22 octobre, le 5 novembre et le 30 novembre.Mais l’apparition récente de foyers dans des zones réglementées — où le transport de bovins est quasi-proscrit — “demeure préoccupante et résulte probablement de mouvements d’animaux, dont certains illicites”, assure le ministère, qui indique que les contrôles seront “renforcés”.- Questions pour l’export -Les opposants à ces mesures dénoncent des abattages systématiques inutiles, notamment des animaux vaccinés. La CR comme la Confédération paysanne réclament un plan vaccinal large.”La stratégie est de tuer des vaches. Nous, ce que l’on veut c’est de l’anticipation, ne pas avoir une épée de Damoclès en permanence” au-dessus de la tête. “La vaccination, on sait que ça fonctionne”, dans un périmètre à définir et accompagnée de restrictions de mouvements d’animaux, a dit à l’AFP, Stéphane Gallais, porte-parole de la Confédération, après la réunion.Mais “ce que j’ai senti, c’est qu’il n’y a pas une vraie volonté globale d’aller vers ça”, a-t-il estimé, précisant que son syndicat continuait ses actions partout en France.A l’inverse, d’autres redoutent qu’une vaccination générale remette en cause le “statut indemne” de la France, lui permettant d’exporter.En 2024, l’Hexagone, premier exportateur mondial d’animaux vivants, a envoyé à l’étranger près de 1,3 million de jeunes bovins, pour plus d’un milliard d’euros, selon les Douanes. Ils partent principalement en Italie, et en Espagne, pour être engraissés.Un accord avec Rome permet, depuis lundi, aux bovins vaccinés en zones touchées d’être expédiés vers l’Italie.Mais ce type d’accord s’accompagne de restrictions, souligne Patrick Benezit, président de la Fédération nationale bovine (association spécialisée de la FNSEA), notamment l’obligation vaccinale autour de l’élevage, ce qui peut bloquer les échanges sur plusieurs mois. “Et il faudra négocier pays par pays”, ajoute-t-il.”On a demandé à connaître toutes les conséquences (…) pour qu’on puisse se positionner”, souligne Laurent Saint-Affre, de la FNSEA, présent mardi.La “forte réticence” de la FNSEA concernant la vaccination “tient au risque d’effondrement des exportations et des prix”, a expliqué à l’AFP son président, Arnaud Rousseau.”On sera peut-être obligés de le faire si la maladie est incontrôlable. Mais vacciner 15 millions d’animaux, c’est entre 30 et 40 semaines” avant d’avoir une couverture nationale et espérer “retrouver le statut indemne”, a-t-il souligné.Côté CR, Natacha Guillemet s’est dite “très fâchée”, déplorant “une décision pas courageuse” consistant à “ménager la chèvre et le chou”. Le risque pour l’export? “En France, on manque de bovins, revitalisons l’engraissement”, suggère-t-elle.Un nouveau “parlement de l’élevage”, “décisionnel” selon le ministère, aura lieu fin janvier.

Air Antilles interdite de vols pour “défaillances très significatives” en matière de sécurité

La compagnie aérienne Air Antilles a été interdite de vols en raison de “défaillances très significatives” qui empêchent d'”assurer la sécurité de ses passagers”, a déclaré mardi la Direction générale de l’aviation civile à l’AFP.Le gendarme de la sécurité aérienne a “décidé de suspendre le certificat” d’Air Antilles, “avec effet au mardi 9 décembre 2025 à 00H00 (heure de Pointe-à-Pitre)”, 04H00 GMT, ce qui interdit à la compagnie d’assurer des vols.La suspension du certificat de transporteur aérien “entraîne automatiquement celle de la licence d’exploitation, interdisant également à Air Antilles de vendre des billets”, précise la DGAC. “La compagnie dispose d’un délai d’un mois pour mettre en œuvre des actions correctives susceptibles de permettre le rétablissement de son certificat de transporteur aérien”, selon la même source. La suspension du certificat est intervenue à la suite de l’audit de sécurité mené le 4 décembre qui “a révélé des défaillances très significatives dans les processus de sécurité de la compagnie”. “Compte tenu des dysfonctionnements de son système de management de la sécurité”, l’autorité a estimé que la compagnie n’était “plus en mesure d’assurer la sécurité de ses passagers et de ses personnels”, souligne la DGAC.Alors que les avions sont cloués au sol, les passagers devraient, dans la mesure du possible, être basculés sur Air Caraïbes, l’autre compagnie qui assure la liaison entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin.Air Antilles était avec Air Caraïbes le seul transporteur aérien à exploiter ces lignes régionales jusqu’à la liquidation judiciaire de sa société mère, le groupe Caire, en août 2023.Elle a été relancée en juin 2024 avec l’appui de la collectivité de Saint-Martin, actionnaire majoritaire qui a investi environ 20 millions d’euros en invoquant la continuité territoriale dans cette petite île franco-néerlandaise.La compagnie, dont la licence arrivait à expiration le 30 septembre, avait annoncé le 1e octobre avoir obtenu un sursis de quatre mois jusqu’au 31 janvier 2026, alors que son avenir dépend encore de l’arrivée d’un nouvel investisseur.Air Antilles “espère pouvoir permettre une reprise rapide et durable des vols” après avoir récupéré son certificat de transport aérien, un agrément délivré par la direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC).La compagnie ne dessert que les îles françaises des Antilles (Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique). Elle a transporté plus de 100.000 passagers depuis le début de l’année.

La Bourse de Paris termine en recul avant la Fed

La Bourse de Paris a terminé en baisse mardi, à la veille de la prochaine décision de politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed) lors de laquelle les investisseurs s’attendent à une baisse des taux d’intérêt.Le CAC 40 a perdu 0,69% à 8.052,51 points, en baisse de 55,92 points. La veille, l’indice vedette parisien a terminé en repli de 6,31 points (-0,08%), à 8.108,43 points, à l’issue d’une séance déjà attentiste.”Les investisseurs attendent la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed). Selon toute vraisemblance, elle décidera d’une baisse de ses taux d’intérêt directeurs”, résume Mike O’Sullivan, économiste en chef chez Moonfare, interrogé par l’AFP.Selon l’outil de veille CME FedWatch, les investisseurs anticipent massivement une nouvelle baisse des taux, qui les ramènerait dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.Mais “le plus intéressant sera le commentaire du président de l’institution, Jerome Powell”, relève Mike O’Sullivan. Son discours interviendra en effet sur fond de divisions entre les responsables de la Fed sur la marche à suivre dans les prochains mois. “Deux camps s’opposent: une partie estime que le mandat de stabilité des prix doit dorénavant primer sur celui du plein emploi”, compte tenu de la “persistance de l’inflation dans les services”. D’autres “voix se sont ralliées à l’idée que la dynamique conjoncturelle demeure trop fragile” et que la “politique monétaire est trop restrictive”, relève Romain Aumon, macroéconomiste chez Natixis IM.Jerome Powell pourrait toutefois “maintenir une position relativement neutre, en évitant toute indication spécifique sur la trajectoire future de la politique monétaire”, estime Christophe Boucher, Directeur des investissements chez ABN AMRO.Côté obligataire, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans a atteint 3,55%, contre 3,58% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, a fini à 2,84%, contre 2,86%.Air France dévisseL’action d’Air France-KLM a perdu 6,96% à 10,43 euros, après avoir dévissé de plus de 10% dans les premiers échanges en Bourse mardi. Ces secousses interviennent après une annonce du groupe de transport maritime CMA CGM, qui souhaite lever environ 325 millions d’euros avec une émission de dette qu’il pourra rembourser avec ses actions du groupe aérien. L’opération porte en effet sur la totalité de la participation de CMA CGM dans le groupe, “soit environ 23,1 millions d’actions représentant 8,8% du capital” du groupe aérien, précise un communiqué publié par l’armateur.Nexans chuteLe groupe de câbles a chuté de plus de 10% en début d’après-midi, et son cours a même été suspendu, après une information non sourcée du média chypriote Philenews, selon lequel le groupe aurait suspendu un appel d’offres sur un projet de câbles sous-marins entre la Grèce et Chypre.L’entreprise a finalement démenti ces informations, ce qui a réduit les pertes: le titre a terminé en recul de 6,38% à 123,30 euros.EssilorLuxottica concurrencé par GoogleLe titre du numéro un mondial de l’optique a cédé 5,57% à 286,30 euros, après un article de l’agence Bloomberg selon lequel Alphabet, maison mère de Google, allait lancer en 2026 deux modèles de lunettes connectées, alimentées par son système d’IA Gemini.Une concurrence pour les propres modèles d’EssilorLuxottica, développés avec le géant de la tech Meta.