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Après la panne géante d’avril, l’UE veut renforcer les connexions électriques entre l’Espagne et la France

Après la panne d’électricité géante qui avait touché la péninsule ibérique fin avril, la Commission européenne a annoncé mercredi vouloir accélérer les projets d’interconnexions électriques entre la France et l’Espagne via les Pyrénées, que Madrid et Lisbonne accusent régulièrement la France de freiner.Une nouvelle liaison électrique sous-marine est en construction dans le Golfe de Gascogne, qui doit permettre de doubler la capacité d’échange d’électricité entre la France et la péninsule ibérique, en la portant à 5 gigawatts. Mais le Portugal et l’Espagne veulent aller plus loin et défendent depuis plusieurs années le développement d’autres lignes, pour renforcer leur approvisionnement en électricité.Peu après la panne géante d’électricité qui avait touché les deux pays le 28 avril, illustrant, selon eux, la nécessité de renforcer les interconnexions, Madrid et Lisbonne avaient demandé en “urgence” à la Commission de leur apporter une “impulsion politique”.Cette demande a été exaucée mercredi: la Commission a désigné huit “autoroutes européennes de l’énergie”, des projets d’infrastructures d’électricité et d’hydrogène jugés cruciaux pour sécuriser les approvisionnements et réduire les factures pour les consommateurs, qu’elle va chercher à accélérer. En tête de ces projets, deux nouvelles lignes souterraines à travers les Pyrénées. Un accord intergouvernemental signé en 2015 prévoyait de construire une liaison enterrée entre la Navarre ou le Pays Basque espagnol et le département français des Landes, et une seconde entre l’Aragon et les Pyrénées-Atlantiques. Mais ces projets sont restés dans les cartons.”Tous les pays européens bénéficieront de plus de connexions” et “je pense n’offenser personne en disant que parfois, la France s’est montrée réticente à développer ses interconnexions”, a plaidé le commissaire européen à l’énergie, Dan Jorgensen, rappelant que les liaisons avec les pays voisins permettaient à la France d’éviter “40 blackouts” par an.”Plus nous serons connectés, plus nous aurons de possibilités pour réagir” en cas de crises énergétiques, a renchéri Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission.Les interconnexions jouent un rôle central pour sécuriser les approvisionnements, en permettant aux pays d’importer ou exporter de l’énergie en fonction de leurs besoins et en donnant la possibilité aux opérateurs de se fournir au meilleur prix.Plus généralement, la Commission veut faciliter le renouvellement et le développement des réseaux électriques dans l’ensemble de l’UE, qui nécessitera selon ses calculs un total de 1.200 milliards d’euros d’ici 2040, notamment en modernisant la réglementation. Elle propose aussi de créer une nouvelle procédure qui lui permettrait de lancer elle-même, en dernier ressort, des appels à projets pour aider à combler les manques de liaisons transfrontalières.En parallèle, Bruxelles a proposé mercredi une série de mesures de “simplification” de règles environnementales, visant à réduire les “formalités” des entreprises. La Commission veut faciliter l’octroi de permis pour des projets jugés stratégiques, notamment dans le domaine de l’énergie.

La chimie allemande sort affaiblie de 2025 et prévoit un nouveau recul en 2026

La chimie allemande sort d’une année 2025 particulièrement difficile et s’attend à un nouveau recul en 2026, a indiqué mercredi la Fédération allemande du secteur.”Nous traversons l’une des crises les plus graves depuis la création de la République fédérale d’Allemagne” en 1949, a déclaré à l’AFP Markus Steilemann, président du lobby de la chimie et de la pharmacie VCI en marge de la conférence de presse annuelle. Dans cette industrie clé de la première économie européenne, les entreprises, à l’instar du géant BASF, souffrent des surcapacités mondiales, principalement chinoises, et du recul de la demande.En 2025, la production globale de la chimie et de la pharmacie a reculé de 0,5%, avec une baisse du chiffre d’affaires d’environ 1%. Dans la seule chimie, la production a chuté de 2,5 % et le chiffre d’affaires de 3%, alors que la sous-utilisation des capacités a atteint un niveau historique de 70%.Pour 2026, M.Steilemann s’attend à ce que “la situation ne s’améliore pas nettement et qu’elle puisse même se dégrader légèrement par rapport à 2025”.La fédération anticipe une production stable pour le secteur pharmaceutique et un recul de 1 % dans la chimie, ce qui, avec la baisse des prix, se traduira par un chiffre d’affaires en retrait d’environ 2%.Cette crise se traduit aussi dans l’emploi : 2.400 postes ont été supprimés dans la chimie-pharmacie cette année, selon le VCI.Cette tendance devrait se poursuivre, le chimiste allemand Wacker ayant annoncé fin novembre supprimer plus de 1.500 emplois d’ici 2027, principalement en Allemagne.M. Steilemann n’a pas commenté ce cas particulier, mais a souligné que sa fédération recevait “quotidiennement” des appels d’entreprises signalant que “la situation se détériorait nettement pour elles jour après jour”.Selon une enquête interne du VCI, 20% des entreprises envisagent de transférer ou d’arrêter totalement leur production et une sur dix prévoit de fermer des sites entiers.Aussi M.Steilemann appelle-t-il le gouvernement de Friedrich Merz pour qu’il “lance très rapidement des réformes structurelles majeures et décisives” — réduction de la bureaucratie, promotion des investissements et des innovations — afin que la productivité en Allemagne puisse “retrouver une trajectoire ascendante”.

Budget de l’Etat: le gouvernement anticipe une prolongation des débats en 2026

Fort du vote positif mardi sur le budget de la Sécurité sociale, le gouvernement s’attelle mercredi, par un débat sur la défense, à l’examen encore plus difficile du budget de l’Etat qui pourrait se prolonger en janvier, faute de majorité au Parlement.La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a reconnu mercredi que les discussions parlementaires se poursuivraient “probablement en janvier” si “un accord est impossible” entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) autour du 19 décembre.Certes, l’objectif de doter la France d’un budget de l’Etat “d’ici au 31 décembre” demeure, selon le gouvernement, mais “la balle est dans le camp du Parlement”, et particulièrement “de la droite sénatoriale”. Les sénateurs à majorité de droite “ont une part des clés” pour aboutir à un compromis en CMP notamment avec la gauche afin que l’accord puisse être validé ensuite par les deux chambres, a-t-elle insisté à l’issue du Conseil des ministres. Or la droite sénatoriale semble peu disposée à bouger vers le Parti socialiste qui a obtenu très peu de concessions gouvernementales dans ce texte, contrairement à celui de la Sécu où figure la suspension de la réforme des retraites.Un compromis entre seulement le centre et la droite “serait une provocation pour le PS et ça ne passerait pas à l’Assemblée”, a expliqué une source gouvernementale.”L’évidence, c’est que nous n’y arriverons pas dans les délais qui nous sont fixés”, avait déjà anticipé mardi soir le patron du PS Olivier Faure.En cas d’échec de la CMP, le Parlement devra, comme l’année dernière, adopter d’ici fin décembre une “loi spéciale” pour autoriser le gouvernement à percevoir les impôts existants et reconduire les dépenses votées en 2025. – “La méthode est la bonne” -En dépit des demandes de tous bords politiques, de Bruno Retailleau à François Hollande, Sébastien Lecornu persiste dans sa stratégie et semble exclure le recours au 49.3 pour faire adopter le texte sans vote d’ici la fin de l’année.Malgré un vote très serré — à 13 voix — mardi, “la méthode est la bonne”, a jugé sur franceinfo le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous.Mais cette volonté de laisser la main au Parlement risque d’avoir comme prix la prolongation des débats, car les positions sont beaucoup plus éloignées que sur le budget de la Sécu qui devrait être adopté définitivement la semaine prochaine si les députés confirment leur vote de mardi.Sur le budget de l’Etat, l’Assemblée avait en effet rejeté à la quasi-unanimité le volet recettes en première lecture, envoyant ainsi la copie initiale du gouvernement au Sénat. Celui-ci, dominé par la droite, l’a ensuite complètement réécrit et devrait le voter lundi. Les discussions seront d’autant plus difficiles que le gouvernement vise un déficit public à “moins de 5%” du PIB en 2026. Cela implique “de trouver 4,5 milliards” d’euros supplémentaires et de faire “des efforts”, selon le ministre de l’Economie Roland Lescure. – Défense au menu -Pour commencer à rapprocher les positions, le Premier ministre organise une série de débats parlementaires thématiques — sécurité, narcotrafic, agriculture, énergie, déficit –, à commencer par la défense mercredi.L’idée de ces débats, suivis d’un vote, est de permettre aux députés de se positionner sur des dépenses qui n’avaient pu être examinées après le rejet du volet “recettes” par l’Assemblée.Le gouvernement espère ainsi “cranter des votes sur le budget”, selon un cadre du bloc central, et donner un élan positif à l’examen du texte dans son ensemble.Les formations politiques diront mercredi à “si oui ou non elles souhaitent s’engager vers un renforcement de nos armées”, avec 6,7 milliards d’euros supplémentaires prévus pour l’an prochain, a expliqué le chef du gouvernement en pointant “des enjeux considérables”.Lors d’un débat sans vote sur l’Ukraine en mars dernier, les groupes politiques s’étaient montrés unis dans leur soutien à Kiev, mais avaient exposé des divergences stratégiques sur la défense française et européenne, ou l’intégration de l’Ukraine dans l’UE et l’Otan.

La Bourse de Paris attend la Fed

La Bourse de Paris évolue sans enthousiasme mercredi, dans l’attente de l’issue de la réunion de la banque centrale américaine (Fed) qui devrait baisser ses taux directeurs et dessiner des perspectives pour 2026.Vers 9H40 (heure de Paris), le CAC 40 cédait 0,33%, à 8.025,90 points, en baisse de 25,93 points. La veille, l’indice vedette parisien avait perdu 0,69%, clôturant à 8.052,21 points.Les marchés “restent relativement calmes avant la dernière décision de la Fed en 2025”, a résumé Patrick Munnelly, analyste pour Tickmill Group.La réunion du comité monétaire de la Fed (FOMC) a lieu de mardi à mercredi. Selon l’outil de veille CME FedWatch, les investisseurs attendent à près de 90% une nouvelle baisse des taux, qui les ramènerait dans une fourchette de 3,50% à 3,75%.Les marchés attendent en outre plusieurs baisses de taux l’an prochain pour soutenir l’activité économique américaine, ce qui est bon pour les actions.Mais des statistiques qui ont rapporté mardi une hausse des offres d’emploi aux Etats-Unis, à rebours des attentes des analystes, ont entraîné une “réévaluation” des attentes, en faveur d’une politique plus restrictive sur les taux, a expliqué Chris Weston, analyste de Pepperstone.Plus un marché de l’emploi – donc une économie – est dynamique, plus une baisse des taux directeurs devient risquée: elle peut provoquer une relance de l’inflation, car elle augmente artificiellement la demande par rapport à l’offre. La Fed “doit trouver un équilibre délicat”, a noté Jochen Stanzl, analyste pour CMC Markets.Le budget de la Sécu adopté par les députésEn France, les députés ont adopté mardi le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, suspendant notamment la mise en œuvre de la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028.Dans ce contexte, le rendement à échéance dix ans de l’emprunt français atteignait 3,58%, contre 3,55% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, atteignait 2,86%, contre 2,85%.Fnac Darty cède son fonds de pension britanniqueLe groupe d’électroménager et de produits culturels Fnac Darty a annoncé mercredi la conclusion d’un accord pour céder “intégralement” son fonds de pension britannique, hérité des anciennes activités de Darty au Royaume-Uni, à l’assureur Canada Life UK. Cela permettra de “garantir les avantages de tous les bénéficiaires du régime” et permettra une “réduction des risques” pour le groupe, qui se déleste de cette responsabilité.Les marchés accueillaient positivement l’information: vers 9H40, le titre Fnac Darty prenait 1,05% à 28,80 euros.

Amazon annonce des investissements de 35 milliards de dollars en Inde d’ici 2030

Le géant du commerce en ligne Amazon a annoncé mercredi qu’il allait presque doubler ses investissements en Inde, afin d’augmenter les exportations, créer des emplois, et innover dans l’intelligence artificielle (IA) de ce pays d’Asie du Sud.”Amazon a annoncé son intention d’investir plus de 35 milliards de dollars dans toutes ses activités en Inde d’ici 2030, s’appuyant sur près de 40 milliards de dollars déjà investis dans le pays jusqu’à présent”, a déclaré le géant américain dans un communiqué.”Cet investissement se concentrera sur l’expansion des activités ainsi que sur trois piliers stratégiques: la numérisation pilotée par l’IA, la croissance des exportations et la création d’emplois”.Amazon rapporte avoir investi dans des infrastructures aussi bien physiques que numériques, notamment dans les réseaux de transports, les centres de données, les plateformes de paiement en ligne et le développement des technologies.”L’investissement va créer un million d’emploi, booster le cumul des exportations jusqu’à 80 milliards de dollars, et faire bénéficier de l’intelligence artificielle à 15 millions de petites entreprises,” soutient encore le communiqué.  “Nous sommes ravis de continuer à être un catalyseur de croissance en Inde”, se félicite Amit Agarwal, un haut responsable d’Amazon.- Opportunité -Les géants mondiaux de la technologie courtisent activement de nouveaux utilisateurs en Inde, pays le plus peuplé du monde et cinquième économie mondiale. L’annonce d’Amazon intervient un jour après qu’un autre géant du numérique, Microsoft, a indiqué qu’il investira 17,5 milliards de dollars afin de construire des infrastructures pour l’intelligence artificielle en Inde. “C’est notre plus gros investissement jamais réalisé en Asie” a rapporté Satya Nadella, son PDG.Mardi, Microsoft a soutenu que l’une des priorités clés de son plan d’investissement était de “construire des centres de données à grande échelle (hyperscale) sécurisé et souverain afin de permettre l’adoption de l’IA en Inde”.”Au coeur de cet effort se trouve le progrès significatif réalisé dans la région cloud India South Central, basée à Hyderabad, qui devrait être opérationnelle à la mi-2026″, a ajouté Microsoft.M. Nadella a annoncé la nouvelle sur les réseaux sociaux après avoir rencontré le Premier ministre Narendra Modi à New Delhi, remerciant le dirigeant pour “une conversation inspirante sur les opportunités de l’IA en Inde”.Narendra Modi s’est dit pour sa part “heureux” que le géant technologique ait choisi l’Inde pour son plus important investissement en Asie. “La jeunesse indienne saura saisir cette opportunité pour innover et exploiter la puissance de l’IA au service d’un monde meilleur”, a déclaré le Premier ministre sur X.L’intelligence artificielle fait l’objet d’une attention particulière, la start-up américaine Anthropic a dévoilé en octobre son projet d’ouvrir un bureau en Inde. Son patron Dario Amodei a également rencontré Narendra Modi. Google a de son côté annoncé, en octobre aussi, un investissement de 15 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, ainsi que la construction d’un immense centre de données et d’un pôle d’intelligence artificielle dans le pays.OpenAI a annoncé l’ouverture prochaine d’un bureau en Inde. Son patron Sam Altman a souligné que l’utilisation de ChatGPT dans le pays avait quadruplé au cours de l’année écoulée. La société d’IA Perplexity a pour sa part annoncé en juillet un partenariat majeur avec le géant indien des télécommunications Airtel, offrant à ses 360 millions de clients un abonnement gratuit d’un an à Perplexity Pro.Cette initiative intervient avant un sommet sur l’IA prévu en février dans la capitale indienne, New Delhi, où le gouvernement espère réunir des dirigeants politiques de premier plan et des cadres du secteur technologique.

Dans les Hauts-de-France, la vallée de la batterie à l’heure de l’Asie

La souveraineté industrielle promise attendra encore un peu: dans les premières gigafactories françaises ayant commencé à produire des batteries pour véhicules électriques, la présence d’experts asiatiques reste indispensable, même si elle est censée n’être que temporaire.Dans l’usine du français Verkor près de Dunkerque (Nord), qui sera officiellement inaugurée jeudi, des spécialistes venus de différents pays, notamment de Corée du Sud et de Malaisie, facilitent le développement des compétences des équipes locales, explique la société à l’AFP.Verkor est la dernière-née des trois gigafactories tricolores, toutes trois installées dans les Hauts-de-France dans un pôle industriel appelé la vallée de la batterie.Chez AESC, près de Douai (Nord), qui produit des batteries depuis quelques mois, des ingénieurs et techniciens chinois du groupe encadrent au quotidien les recrues françaises.”C’est eux qui nous forment sur la machine, comment la gérer, comment régler les pannes,” explique à l’AFP Ericka Redjimi, 39 ans, arrivée chez AESC en mai sans aucune expérience préalable dans l’industrie: “J’étais vendeuse de prêt-à-porter sur les marchés”.Pour communiquer, “on parle très souvent sur Google Traduction”, confie-t-elle.”J’ai encore besoin d’eux, beaucoup moins qu’au début”, mais “c’est rassurant qu’ils soient encore là”, estime cette conductrice d’installation dans la “zone B” de l’usine, dédiée à la production des cellules pour batteries.En émettant des bips réguliers, des chariots robots autonomes transportent ensuite les cellules dans la zone C, celle de l’assemblage pour former des modules de batteries pour les citadines électriques R4 et R5 de Renault et la Nissan Micra.- “Transmission” -D’ici la fin du premier trimestre 2026, l’usine devrait fonctionner à plein régime, et pouvoir équiper “150.000 à 200.000 véhicules par an”, selon Ayumi Kurose, directeur des opérations d’AESC France.Sur les premiers mois de production, “on est plutôt en ligne sur ce qu’on avait prévu”. “Ce qui est toujours compliqué, c’est la maîtrise des machines”, qui proviennent souvent d’Asie, et la formation du personnel, relève-t-il.Société japonaise majoritairement détenue par le chinois Envision, AESC fabrique des batteries de véhicules électriques depuis 15 ans en Asie. Le groupe peut ainsi s’appuyer sur ce savoir-faire interne pour “avoir les bonnes pratiques dès le début” dans ses nouvelles usines ailleurs dans le monde, explique M. Kurose.Actuellement à Douai, “près de 150 experts chinois et japonais” d’AESC encadrent quelque 800 salariés locaux: ce sont par exemple des spécialistes du “contrôle par vision” industrielle ou de techniques de soudure particulièrement pointues, détaille-t-il.”Le but c’est vraiment la transmission”, souligne-t-il. Ces experts viennent “entre six mois et deux ans, mais ils ne sont pas censés rester”: l’usine de Douai devrait “fonctionner en autonomie à partir de fin 2026″, pense-t-il.”Mes collègues français travaillent vraiment dur, c’est juste qu’ils n’ont pas encore l’expérience”, estime en anglais He Xiaoming, un ingénieur chinois d’AESC de 36 ans. “Une fois qu’ils auront acquis le savoir-faire, ils iront assez vite, je leur fais confiance”.- Partenaire chinois chez ACC -A une trentaine de kilomètres de là, à Billy-Berclau (Pas-de-Calais), ACC, première gigafactory française à avoir démarré en 2024, monte aussi en cadence, après des débuts laborieux.”Ce que l’on produit en ce moment par jour, c’est ce que l’on produisait par mois au début de cette année”, affirme Yann Vincent, le directeur général d’ACC. “On n’est pas encore là où l’on voudrait être”, mais sur le taux de rebuts comme sur les volumes “ça s’est significativement amélioré”.Coentreprise entre Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz, ACC a noué cette année un partenariat temporaire avec un fabricant chinois de batteries, dont elle préfère taire le nom, qui doit gérer de A à Z l’une de ses trois lignes de production jusqu’à l’été 2026, explique M. Vincent.Dans les batteries, les Chinois “ont commencé il y a 15-20 ans. Donc ils ont appris énormément. Nous, on a commencé de zéro il y a cinq ans”, plaide le directeur général. Alors “autant s’appuyer sur les gens qui savent le mieux” pour accélérer l’apprentissage d’un procédé de fabrication “vraiment délicat”.”En faisant cela, on fait ce que la Chine a fait avec les Occidentaux au cours des 30 dernières années (…). On ne va pas perdre en souveraineté, pour autant qu’on apprenne” via ce partenariat, assure M. Vincent.ACC, qui emploie actuellement 1.200 salariés à Billy-Berclau, prévoit d’équiper environ 250.000 voitures électriques en 2026, contre environ 10.000 jusqu’à présent.

Le “burger végétarien” au menu des négociations à Bruxelles

L’Union européenne va-t-elle sauver la peau du “burger végétarien” et des “saucisses végétales” ? Les Etats membres et les eurodéputés doivent négocier mercredi sur l’avenir de ces dénominations contestées par les éleveurs.C’est le Parlement européen qui a mis le feu aux poudres au mois d’octobre en se prononçant pour l’interdiction des termes steak, saucisse ou hamburger quand ces produits ne contiennent pas de viande.A l’origine de la mesure, l’eurodéputée Céline Imart (PPE, droite) dit vouloir éviter “une confusion” avec les produits carnés, afin de mieux valoriser le travail des éleveurs. Il n’est “aucunement question d’interdire les alternatives végétales mais je suis attachée à la valorisation des termes, à leur sens véritable”, ajoute cette élue française, également exploitante céréalière.Mais le débat est loin d’être clos.Les eurodéputés doivent maintenant négocier avec les Etats dont certains se montrent réticents, en particulier l’Allemagne, le plus vaste marché d’Europe pour ces produits “veggie”.Les supermarchés allemands Lidl et Aldi s’opposent à cette interdiction. Ils redoutent une chute de leurs ventes, les termes employés actuellement étant, soulignent-ils, devenus “familiers” aux consommateurs.- Un Beatles s’en mêle -Plus inattendu, une légende de la musique britannique a pris position. Sir Paul McCartney, un des ex-Beatles, s’est associé à un courrier de parlementaires britanniques pour défendre steaks de soja et burgers végétariens.Certes, le Royaume-Uni n’est plus dans l’Union européenne mais leurs marchés sont “étroitement liés” et la décision européenne pourrait influer sur le reste du monde, estiment-ils.Au nom de la protection de la planète, McCartney et cette poignée d’élus appellent donc à s’en tenir à la législation existante : “Les consommateurs choisissent intentionnellement des alternatives à base de plantes et ne les confondent pas avec la viande animale”, assurent-ils.L’interdiction de ces dénominations est une revendication des producteurs de viande. Les alternatives végétales “brouillent les repères et affaiblissent la reconnaissance d’un produit brut et 100% naturel”, en “s’appropriant les dénominations de la viande à des fins marketing”, critique l’interprofession française Elevage et viande (Interbev).En France, un décret proposant d’interdire ce type d’appellation avait été pris en 2024 pour apaiser la colère des agriculteurs. Mais il avait été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025, dans la foulée d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.Au Parlement européen, les eurodéputés avaient rejeté un texte de loi sur le même sujet en 2020.Mais ils ont changé de pied en octobre, à la faveur des nouveaux équilibres politiques à Strasbourg, où la droite et l’extrême droite sont sorties renforcées des élections de juin 2024 et revendiquent leur proximité avec le monde agricole.L’interdiction du “veggie burger” suscite toutefois des divisions, y compris dans ces groupes. L’Allemand Manfred Weber, à la tête de la droite conservatrice européenne, avait balayé d’un revers de la main cette proposition, qui n’est “pas du tout une priorité”, car “les consommateurs ne sont pas stupides”.Le sujet avait enflammé l’hémicycle, les écologistes pilonnant l’influence du “lobby de la viande”. Les produits végétariens imitant la viande ont connu un essor au cours des dernières années, portés par le souci des consommateurs de manger sainement ou de réduire leur empreinte environnementale, les élevages étant de gros émetteurs de CO2.

Neutralité et financement: la patronne de France Télé va rendre des comptes aux députés

Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, est attendue de pied ferme mercredi par les députés de la commission d’enquête sur la “neutralité” et “le financement de l’audiovisuel public”, dans un contexte inflammable pour son groupe.La dirigeante en poste depuis dix ans a affûté ses arguments pour cette audition qui démarrera à 15H30. Elle a assuré au Figaro aborder ces travaux “avec sérénité”, même si elle ne s’attendait “pas à autant de polémiques” en quelques mois autour de France Télé. Charles Alloncle, membre du groupe UDR d’Eric Ciotti et rapporteur de la commission, a déjà donné le ton: il dénonce des “entorses au principe de neutralité” commises par l’audiovisuel public ainsi que de “graves dysfonctionnements financiers et budgétaires”.”Il va chercher à la faire sortir de ses gonds”, anticipe-t-on au sein de France Télévisions, qui regroupe 5 chaînes, 24 antennes régionales et le réseau Outre-mer La Première, soit 8.800 salariés.Charles Alloncle a promis des “pistes radicales” dans le rapport final – non contraignant – qu’il rendra public au printemps, sans se prononcer à ce stade sur une éventuelle privatisation de l’audiovisuel public souhaitée par ses alliés du Rassemblement national.L’audiovisuel public est accusé par une partie de la droite et le Rassemblement national de partialité en faveur de la gauche.Cette commission d’enquête a été créée par le groupe ciottiste dans la foulée de l’affaire Legrand-Cohen. Ces deux journalistes du service public ont été accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion, début septembre, d’une vidéo les montrant dans un restaurant avec deux de ses responsables.Jérémie Patrier-Leitus, président (Horizons) de la commission d’enquête, cherche à éviter “le procès de l’audiovisuel public”.La commission, composée d’une trentaine de députés de tous bords, “peut être utile si elle permet d’objectiver les choses” sur la neutralité et le fonctionnement du secteur, “à l’ère de la rumeur”, prône-t-il.En septembre, un rapport de la Cour des comptes a mis en évidence une “situation financière critique” à France Télé, qui impose “sans délai des réformes structurelles”. Les Sages demandent que l’Etat fixe à l’entreprise “une trajectoire financière réaliste”, alors qu’une coupe budgétaire de 65 millions d’euros se profile pour 2026.  M. Alloncle cherche à savoir si ce rapport a été retardé pour permettre la reconduction de Mme Ernotte Cunci pour un troisième mandat en mai dernier – les magistrats de la Cour, auditionnés la semaine dernière, l’ont récusé. Dans une rare mise au point, la Cour a même réaffirmé mardi son “indépendance”.- Avant Legrand et Cohen -Le rapporteur de la commission d’enquête a de nombreux autres sujets en réserve: les contrats de France Télévisions avec les sociétés de production, les frais de réception, des nuitées au Festival de Cannes…    Les députés LFI ne sont pas en reste, après notamment le rapprochement fait par l’éditorialiste politique Nathalie Saint-Cricq entre antisémitisme et “quête du vote musulman”, devant l’ex-insoumis Alexis Corbière.  La commission d’enquête a déjà longuement interrogé le président du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom. Martin Ajdari a tenté de défendre le “rôle central” du service public, qui doit “s’adresser à tous et jouer un rôle fédérateur”, mais les échanges se sont rapidement corsés.Selon un sondage Ipsos BVA-Cesi publié dans La Tribune Dimanche, plus des deux tiers des Français (69%) ont une bonne image de l’audiovisuel public. La moitié (48%) pensent cependant qu’il faut le réformer, mais sur certains aspects seulement, et près d’un tiers (31%) qu’il faut le réformer en profondeur.   Radio France et France Télévisions ont des rapports extrêmement tendus avec CNews, Europe 1 et le JDD, des médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré qu’ils ont assignés en justice pour “dénigrement”. Delphine Ernotte Cunci a pour la première fois en septembre qualifié CNews d'”extrême droite”, la chaîne remettant en cause en retour “l’impartialité du service public”.Mercredi 17 décembre, ce sera au tour de Sibyle Veil, PDG de Radio France, d’être entendue par la commission d’enquête, suivie jeudi 18 par la directrice de France Inter et les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand. 

Budget de l’Etat: Lecornu mise sur un consensus des députés sur les enjeux de défense

Fort de l’adoption du budget de la Sécurité sociale, Sébastien Lecornu s’attelle à partir de mercredi au tout aussi clivant budget de l’Etat, avec un débat à l’Assemblée nationale sur les enjeux de défense qu’il espère consensuel.La haie de la Sécu est franchie, mais le marathon budgétaire n’est pas terminé pour le Premier ministre qui a déjà prévenu que l’adoption du budget de l’Etat serait plus “difficile” encore.Pour tenter de dégager une majorité, et alors qu’il a renoncé au 49.3, le Premier ministre a proposé d’organiser au Parlement plusieurs débats, suivis d’un vote, sur cinq thèmes –défense, narcotrafic, agriculture, énergie, déficit– susceptibles de faire converger les députés. Une démarche inédite qui se fait en marge de l’examen en soi du budget, qui se trouve actuellement au Sénat.Les formations politiques diront mercredi à partir de 15H00 “si oui ou non elles souhaitent s’engager vers un renforcement de nos armées”, comme prévu dans ce budget, a expliqué le chef du gouvernement à l’issue d’une réunion préparatoire.Il s’agit par ce vote prévu à 19H30 de “tirer un consensus” et “créer un cadre de compromis pour l’avenir”, souligne-t-il.Mais une majorité sur le budget de l’Etat sera difficile à trouver, le Parti socialiste ayant obtenu très peu de concessions gouvernementales à ce stade. “Je ne dis pas que nous n’arriverons à rien, je dis simplement que pour l’instant, l’évidence c’est que nous n’y arriverons pas dans les délais qui nous sont fixés”, a résumé mardi soir le patron du PS Olivier Faure.- “Cranter des votes” -“Les enjeux sont considérables”, souligne le Premier ministre et ancien ministre des Armées, compte tenu des “risques (qui) se cumulent, les risques terroristes, les risques sur l’ensemble du continent européen” et dans la zone indo-pacifique, ainsi que la “pression terroriste qui continue de monter” au Sahel, et une diplomatie américaine qui crée des “incertitudes stratégiques”.L’augmentation des moyens pour les armées “est absolument considérable” avec 6,7 milliards d’euros supplémentaires prévus pour l’an prochain, et “s’il n’y a pas de budget, la défense, les armées, notre sécurité collective, les industries de défense (en) seraient les premières victimes”, prévient-il.Ce budget permet “des acquisitions de matériel notamment de munitions pour que nos armées puissent s’entraîner” comme des achats de Rafale ou d’A400M, a détaillé la ministre des Armées Catherine Vautrin. Ce débat permettra aux groupes politiques de se positionner sur les dépenses militaires, un volet qui n’avait pas pu être examiné par les députés après le rejet du volet “recettes” du budget de l’Etat en première lecture.Le gouvernement espère sur cette question recueillir l’assentiment des députés, qui donnerait un élan positif à l’examen du texte dans son ensemble.”En général il y a un sentiment assez partagé en soutien des armées, surtout en période troublée”, note un cadre du bloc central, et l’idée du gouvernement est de “cranter des votes sur le budget”.- Divergences stratégiques -Ce débat est “très important notamment du fait du changement de posture des Etats-Unis” prêts à lâcher l’Ukraine et à tourner le dos à l’Europe, souligne le député macroniste Pieyre-Alexandre Anglade, qui prédit une “position de vassalisation” du Rassemblement national et de la France insoumise par rapport à la Russie.Lors d’un débat sans vote sur l’Ukraine en mars dernier, les groupes politiques s’étaient montrés unis dans leur soutien à Kiev, mais avaient exposé des divergences stratégiques sur la défense française et européenne, ou l’intégration de l’Ukraine dans l’UE et l’Otan.Les récents propos du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui a prévenu que la France devait être prête à “accepter de perdre ses enfants”, ont hérissé LFI et le RN, ranimant ces désaccords. Tout comme l’annonce par Emmanuel Macron d’un futur service militaire “volontaire”, même si le président a pris soin de préciser qu’il ne s’agissait pas d’envoyer les postulants en Ukraine.Ce débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, prend la forme d’une déclaration du gouvernement, avant des interventions de chacun des groupes parlementaires, et une réponse du gouvernement à leurs interpellations. Il n’a aucune valeur législative mais peut donner lieu à un vote qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement.

Air Antilles interdite de vols pour “défaillances très significatives” en matière de sécurité

Les avions d’Air Antilles sont interdits de vol pour au moins un mois par le gendarme de la sécurité aérienne qui pointe des “défaillances très significatives” en matière de sécurité, des accusations que la compagnie conteste.”Compte tenu des dysfonctionnements de son système de management de la sécurité”, la Direction générale de l’aviation civile a estimé que la compagnie n’était “plus en mesure d’assurer la sécurité de ses passagers et de ses personnels”, a déclaré la DGAC à l’AFP. Elle a “décidé de suspendre le certificat” d’Air Antilles, “avec effet au mardi 9 décembre 2025 à 00H00 (heure de Pointe-à-Pitre)”, 04H00 GMT, ce qui interdit à la compagnie d’assurer des vols.La suspension du certificat est intervenue à la suite de l’audit de sécurité mené le 4 décembre qui “a révélé des défaillances très significatives dans les processus de sécurité de la compagnie”. Le président de la Collectivité de Saint-Martin Louis Mussington, également président d’Air Antilles, a contesté les explications de la DGAC: “Cette suspension n’a rien à voir avec l’état de sûreté de notre flotte”, a-t-il affirmé à la presse.- “Plan correctif” -Selon lui, l’audit “a mis en évidence un certain nombre de vérifications documentaires”, et la suspension est “essentiellement due à un manquement de procédures”, a-t-il affirmé, en soulignant qu’Air Antilles avait dépensé “plusieurs milliers d’euros pour la maintenance régulière” de sa flotte.”Dès ce matin”, la compagnie a mis en oeuvre “un plan correctif” qui a été envoyé à la DGAC “qui est en train de l’étudier”, a-t-il ajouté. De son côté, la Direction générale de l’aviation civile a accordé à Air Antilles “un délai d’un mois pour mettre en œuvre des actions correctives susceptibles de permettre le rétablissement de son certificat de transporteur aérien”. La suspension de ce certificat “entraîne automatiquement celle de la licence d’exploitation, interdisant également à Air Antilles de vendre des billets”, précise la DGAC. Alors que les avions sont cloués au sol, les passagers concernés sont “basculés vers des vols Air Caraïbes”, l’autre compagnie qui assure la liaison entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin.”Leurs billets sont déjà réservés. Ils sont informés par mail que les vols sont perturbés et on leur demande d’arriver au moins deux heures avant leurs vols à l’aéroport”, souligne Air Antilles.Air Antilles était avec Air Caraïbes le seul transporteur aérien à exploiter ces lignes régionales jusqu’à la liquidation judiciaire de sa société mère, le groupe Caire, en août 2023.La compagnie a été relancée en juin 2024 avec l’appui de la collectivité de Saint-Martin, actionnaire majoritaire qui a investi environ 20 millions d’euros en invoquant la continuité territoriale dans cette petite île franco-néerlandaise.Depuis la reprise d’activité le 20 juin 2024, Air Antilles indique avoir émis 166.000 billets et réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.”Notre priorité pour l’heure, c’est de régler le problème de la licence définitive, c’est-à-dire apporter le financement nécessaire pour garantir la stabilité financière d’Air Antilles”, souligne Louis Mussington. La compagnie, dont la licence arrivait à expiration le 30 septembre, avait annoncé en octobre avoir obtenu un sursis de quatre mois jusqu’au 31 janvier 2026, alors que son avenir dépend encore de l’arrivée d’un nouvel investisseur.Air Antilles “espère pouvoir permettre une reprise rapide et durable des vols” après avoir récupéré son certificat de transport aérien, un agrément délivré par la direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC).La compagnie ne dessert que les îles françaises des Antilles (Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique). Depuis le début de l’année 2025, elle a transporté plus de 121.000 passagers et réalisé un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros.