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Un nouveau TGV le 1er juillet sur Paris-Lyon-Marseille

La mise en service des nouvelles rames de TGV en France interviendra seulement début juillet, soit avec deux ans de retard par rapport à l’objectif initial de la SNCF, qui va étrenner ses nouveaux trains sur l’axe Paris-Lyon-Marseille, soumis à une concurrence frontale avec l’italien Trenitalia.Initialement prévue “début 2026” l’arrivée sur les rails français des nouveaux TGV subit un nouveau contretemps, attribué à un “retard de livraison” des rames de la part du constructeur ferroviaire Alstom, a indiqué à l’AFP le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet, et à des “délais d’homologation”. Car ce nouveau délai porte à deux ans exactement le retard du train, connu sous le nom d’Avelia chez Alstom, rebaptisé TGV M par la SNCF: Il devait initialement rouler pour les Jeux Olympiques de 2024.Le constructeur, qui a reçu une commande de 115 machines en 2018 pour un investissement de plus de 4 milliards d’euros de SNCF Voyageurs “n’a pas produit de rames en quantité suffisante, nous en avons quatre en essai de pré-exploitation, et nous en aurons six en mai, ce qui nous permettra d’en lancer quatre en exploitation commerciale au 1er juillet”, a ajouté M. Fanichet. – “Révolutionnaire” – “Je ne suis pas content de ces retards, mais je suis sûr que d’ici quelques mois on aura tout oublié, tant son caractère est révolutionnaire”, a-t-il relevé: il s’agit d’un train “modulaire” – on peut adapter le nombre de voitures 1re ou 2e classe au flux de voyageurs qu’on souhaite embarquer – “connecté”, “économe” et “qui peut transporter 20% de plus de passagers qu’un TGV normal”, a-t-il détaillé.En 45 ans, c’est ainsi la troisième grande génération de TGV qui voit le jour, après les premières rames à un niveau des années 80, suivies des trains à deux niveaux, mais au squelette immuable composé de trois voitures de première classe, un bar et quatre voitures de seconde classe.  SNCF Voyageurs, qui mène actuellement des essais de pré-exploitation du nouveau train, “a déposé mardi son dossier d’homologation” auprès des autorités de sécurité ferroviaire française et européenne, qui doivent lui délivrer une “autorisation de circulation commerciale”. “Nous touchons au but”, a ajouté M. Fanichet.Tout en nuançant légèrement les explications de la SNCF, le président d’Alstom France, Frédéric Wiscart a affirmé que le constructeur ferroviaire serait “au rendez-vous de la mise en service”.”Il faut bien comprendre que la date de juillet 2026 annoncée par SNCF Voyageurs est un point de convergence entre le planning réglementaire et le planning de production”, a-t-il souligné auprès de l’AFP. Manière de relever qu’en ayant envoyé son dossier d’homologation le 9 décembre, et vu le temps d’examen des dossiers par Bruxelles (cinq mois et demi en moyenne, NDLR), il aurait été difficile à la SNCF de lancer ses nouveaux trains sur les rails plus tôt.”Selon un calendrier partagé avec SNCF Voyageurs, nous livrerons progressivement neuf rames jusqu’à fin juin. À partir de l’été, les livraisons suivront un rythme soutenu de deux rames par mois en moyenne” a précisé Alstom.- “Tension” – Alors qu’il existe une grosse demande de la clientèle pour avoir plus de trains, “la tension en cours actuellement chez tous les constructeurs sur la disponiblité du matériel roulant neuf, retarde ou limite l’arrivée de la concurrence”, relève François Guénard, expert en transport ferroviaire au cabinet Roland Berger.Dans l’espoir d’apaiser ces tensions, le PDG de la SNCF Jean Castex doit rencontrer en janvier le patron d’Alstom Henri Poupart Lafarge pour faire le point sur toutes les commandes de trains ou de signalisations en cours, a-t-on appris de source proche du dossier.Dans l’immédiat, le nouveau TGV va d’ailleurs directement tomber dans le grand bain de la concurrence, étant utilisé sur les lignes les plus fréquentées et les plus rentables de la SNCF, où la concurrence est déjà installée.La SNCF, opérateur historique français, compte sur lui pour fidéliser une clientèle qui pourrait être tentée par les TGV flambant rouge (Frecciarosa ou flèche rouge) de l’opérateur italien Trenitalia, qui desservent aussi Lyon, Marseille (et Milan) au départ de Paris.Et lui aussi prépare ses flèches. A partir du 14 décembre, Trenitalia va proposer 14 allers-retours quotidiens sur Paris-Lyon au lieu de neuf actuellement, assortis de promotions et d’un service haut de gamme destiné aux voyageurs d’affaires, avec wifi gratuit, restauration, sièges orientables, et même salle de réunion.

Budget de l’Etat: la défense plébiscitée mais les débats pourraient se prolonger

Les députés ont largement approuvé mercredi, par un vote symbolique, le “principe” d’une hausse des moyens de la défense, comme proposé par Sébastien Lecornu qui espère ainsi favoriser l’adoption du budget de l’Etat, dont l’examen s’annonce “difficile” et pourrait être prolongé en janvier.”L’instabilité politique nous bouleverse au sein de cet hémicycle mais elle ne doit pas nous couper des réalités du monde”, a fait valoir le Premier ministre, en faisant état des “menaces” extérieures et en appelant les parlementaires à “approuver” par leur vote cette augmentation des crédits militaires.Une large majorité de députés (411 contre 88) a voté le principe de cette hausse, y compris Marine Le Pen, patronne des députés du Rassemblement national, qui a néanmoins accusé le gouvernement d'”instrumentaliser” la défense pour essayer de faire passer le budget de l’Etat, qu’elle ne soutiendra “en aucune façon”.Seuls les groupes de la France insoumise et du Parti communiste ont voté contre. Les Ecologistes se sont abstenus.Pour tenter de dégager une majorité sur le budget de l’État, M. Lecornu a proposé d’organiser au Parlement plusieurs débats, suivis d’un vote, sur cinq thèmes dont celui de la défense. Le projet de loi de finances prévoit d’augmenter les crédits aux armées de 6,7 milliards d’euros.Cette démarche inédite se fait en parallèle de l’examen du budget, actuellement débattu au Sénat. Le vote n’engage pas la responsabilité du gouvernement.- “Clés” -L’adoption du budget de l’État s’annonce plus “difficile” encore que celui de la Sécurité sociale, validé de justesse mardi en deuxième lecture par les députés, a prévenu M. Lecornu.La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a d’ailleurs reconnu mercredi que les discussions parlementaires se poursuivraient “probablement en janvier” si “un accord est impossible” entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) la semaine prochaine.Certes, l’objectif de doter la France d’un budget de l’Etat “d’ici au 31 décembre” demeure, selon le gouvernement, mais “la balle est dans le camp du Parlement” et particulièrement “de la droite sénatoriale”, qui a “une part des clés” pour aboutir à un compromis notamment avec la gauche afin que l’accord puisse être validé ensuite par les deux chambres. Or, la droite sénatoriale semble peu disposée à bouger vers le Parti socialiste qui a obtenu très peu de concessions dans ce texte, contrairement à celui de la Sécu où figure la suspension de la réforme des retraites.”L’évidence, c’est que nous n’y arriverons pas dans les délais qui nous sont fixés”, avait déjà anticipé mardi soir le patron du PS Olivier Faure.Le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud “ne voit pas le chemin” quand il “regarde ce que fait ou plutôt défait le Sénat”, et n’exclut pas de rediscuter du 49.3 avec le Premier ministre.Une sénatrice LR considère que “ce n’est pas à nous d’aller parler au PS, c’est à Sébastien Lecornu d’aller voir le PS pour lui dire que maintenant ça suffit, qu’on leur a tout donné” dans le budget de la Sécu.- “Efforts” -En cas d’échec de la CMP, le Parlement devra, comme l’année dernière, adopter d’ici fin décembre une “loi spéciale” pour autoriser le gouvernement à percevoir les impôts existants et reconduire les dépenses votées en 2025. En dépit des demandes de tous bords politiques, Sébastien Lecornu semble toujours exclure le recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le texte sans vote d’ici la fin de l’année.Malgré un résultat très serré – à 13 voix près – mardi sur le budget de la Sécu, “la méthode est la bonne”, a jugé le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous.Mais sur le budget de l’Etat, les positions sont beaucoup plus éloignées que sur celui de la Sécu, lequel devrait être adopté définitivement la semaine prochaine si les députés confirment dans une lecture finale leur vote de mardi.L’Assemblée avait en effet rejeté à la quasi-unanimité le volet recettes lors d’un premier examen, envoyant ainsi la copie initiale du gouvernement au Sénat. Celui-ci, dominé par la droite, l’a ensuite complètement réécrit et devrait le voter lundi. Les discussions seront d’autant plus difficiles que le gouvernement vise un déficit public à “moins de 5%” du PIB en 2026. Cela implique “de trouver 4,5 milliards” d’euros supplémentaires qui correspondent à un transfert du budget de l’Etat vers la Sécurité sociale après les concessions faites à la gauche ces derniers jours, selon le ministre de l’Economie Roland Lescure. are-far-sac-ama/hr/mpm

La Cour des comptes épingle la retraite des pilotes et hôtesses de l’air

La Cour des comptes demande à la Caisse de retraite complémentaire des pilotes, hôtesses de l’air et stewards (CRPN) de se réformer pour faire face à la fragilité de son équilibre financier et à des problèmes de gouvernance.Dans un rapport publié mercredi, la Cour des comptes note le caractère “coûteux” et “très favorable aux affiliés” de ce régime complémentaire, qui permet notamment un départ à la retraite anticipé dès 55 ans pour certains.Elle recommande notamment “d’adapter les paramètres du régime”, pour faire face aux risques croissants de déséquilibre de celui-ci.A court terme, selon la Cour, ce régime, qui compte 36.000 actifs et 25.000 cotisants, a les moyens d’équilibrer ses comptes, grâce “au rendement élevé de ses réserves”, qui permet de compenser le déséquilibre actuel entre cotisations et prestations.”Toutefois, la vague anticipée de départs à la retraite”, du fait notamment de l’attractivité du régime, “devrait conduire à une forte consommation des réserves, fragilisant [sa] pérennité face à d’éventuelles variations économiques ou démographiques défavorables”, indique la Cour.Les pilotes, hôtesses de l’air et stewards peuvent sous condition partir à la retraite dès 55 ans, en bénéficiant de leur retraite complémentaire et en touchant “une prestation de majoration” visant à compenser l’absence de retraite du régime général tant que l’âge légal n’est pas atteint.Ils partent donc plus tôt à la retraite que les salariés du régime général, les pilotes liquidant leur retraite en moyenne “à 62 ans” et les personnels navigants commerciaux “à 58,5 ans”, “contre 63,4 ans pour l’ensemble des assurés du régime général”, note la Cour.Par ailleurs, “le montant des prestations (…) est bien supérieur à celui des pensions complémentaires versées aux autres salariés par l’Agirc-Arrco”, le régime de retraite de complémentaire des autres salariés du privé, du fait “principalement” des écarts de salaires durant la carrière, rappelle la Cour.La Cour des comptes recommande également de “modifier la composition du conseil d’administration” au profit notamment des hôtesses et stewards, et des femmes, et de renforcer le pouvoir de la direction générale.”Les règles déontologiques ne sont pas rigoureusement appliquées par les administrateurs, notamment celles relatives à la confidentialité des délibérations et aux conflits d’intérêts”, estime la Cour.La Cour relève notamment “le remboursement, sans véritable contrôle, de frais de déplacement au président du conseil d’administration pour un montant significatif (…) sans que la CRPN ne soit en mesure d’attester sa présence physique aux réunions”.Interrogée par l’AFP, la directrice générale de la CRPN Sandrine Johnson a estimé que les conditions particulières de départ à la retraite des navigants reflétaient notamment “la pénibilité du métier et les aptitudes médicales” strictes qui sont exigées.Il faut que les navigants puissent en fin de carrière déclarer une pathologie qui apparaît et partir à la retraite, plutôt que de ne rien dire et continuer à voler, a-t-elle argumenté. 

Sursis pour le “burger végétarien”, menacé dans l’UE

L’Union européenne va-t-elle sauver les dénominations “burger végétarien” et “saucisses végétales” ? Les Etats membres et les eurodéputés n’ont pas réussi à trancher mercredi sur l’avenir de ces appellations contestées par les éleveurs.De nouvelles discussions auront lieu en 2026, selon des participants à cette réunion de négociation, infructueuse, à Bruxelles.C’est le Parlement européen qui a mis le feu aux poudres au mois d’octobre en se prononçant pour l’interdiction des termes steak, saucisse ou hamburger quand les produits ne contiennent pas de viande.A l’origine de la mesure, l’eurodéputée Céline Imart (PPE, droite) dit vouloir éviter “une confusion” avec les produits carnés, afin de mieux valoriser le travail des éleveurs.Il n’est “aucunement question d’interdire les alternatives végétales mais je suis attachée à la valorisation des termes, à leur sens véritable”, affirme cette élue française, également exploitante céréalière.Le débat est toutefois loin d’être clos, car les discussions sont serrées avec les Etats européens. Certains n’ont pas l’intention de remettre en cause les dénominations actuelles, par exemple l’Allemagne, le plus vaste marché d’Europe pour ces produits veggie.Jambon végétal ? Foie gras vegan ? Les négociations ont traîné en longueur mercredi et, “malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à trouver un accord”, a réagi le ministre danois de l’Agriculture Jacob Jensen, dont le pays occupe la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’à fin décembre.En Allemagne, les supermarchés Lidl et Aldi sont contre l’interdiction votée au Parlement. Ils disent redouter une chute de leurs ventes, les termes employés actuellement étant désormais “familiers” chez les consommateurs.- Un des Beatles s’en mêle -Plus inattendu, une légende de la musique a pris position. Sir Paul McCartney, un des ex-Beatles, s’est associé à un courrier de parlementaires britanniques pour défendre steaks de soja et autres saucisses de tofu.Le musicien est un végétarien revendiqué et son épouse, Linda, avait lancé une marque de produits veggie au début des années 90.Certes, le Royaume-Uni n’est plus dans l’Union européenne mais leurs marchés sont “étroitement liés” et la décision européenne pourrait influer sur le reste du monde, estiment Paul McCartney et la poignée d’élus anglais signataires de cette lettre ouverte.Au nom de la protection de la planète, ils appellent donc à s’en tenir à la législation existante : “Les consommateurs choisissent intentionnellement des alternatives à base de plantes et ne les confondent pas avec la viande animale”, assurent-ils.L’interdiction de ces dénominations est une revendication des producteurs de viande. Selon l’interprofession française Elevage et viande (Interbev), les alternatives végétales “brouillent les repères et affaiblissent la reconnaissance d’un produit brut et 100% naturel”, en “s’appropriant les dénominations de la viande à des fins marketing”.En France, un décret proposant d’interdire ce type d’appellation avait été pris en 2024 pour apaiser la colère des agriculteurs. Mais il avait été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025, dans la foulée d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.Au Parlement européen, les eurodéputés avaient rejeté un texte de loi sur le même sujet en 2020.Mais ils ont changé de pied en octobre, à la faveur des nouveaux équilibres politiques à Strasbourg, où la droite et l’extrême droite sont sorties renforcées des élections de juin 2024 et revendiquent leur proximité avec le monde agricole.L’interdiction du “veggie burger” suscite toutefois des divisions, y compris dans ces groupes. L’Allemand Manfred Weber, à la tête de la droite européenne, avait balayé d’un revers de la main cette proposition, qui n’est “pas du tout une priorité”, car “les consommateurs ne sont pas stupides”.Le sujet avait enflammé l’hémicycle, les écologistes pilonnant l’influence du “lobby de la viande”.Les produits végétariens imitant la viande ont connu un essor au cours des dernières années, portés par le souci des consommateurs de manger sainement, de protéger les animaux ou de réduire leur empreinte environnementale, les élevages étant de gros émetteurs de CO2.

La Bourse de Paris temporise encore avant la Fed

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,37% mercredi, dans un marché prudent avant la décision de politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed), les investisseurs s’attendent à une baisse des taux d’intérêt mais s’interrogent sur leur trajectoire future.L’indice vedette CAC 40 a reculé de 29,82 points, pour s’établir à 8.022,69 points. La veille, le CAC 40 avait terminé en repli de 0,69%, clôturant à 8.052,21 points.”Le marché temporise en attendant la réunion de la Fed, le dernier gros événement macro-économique de l’année”, commente Charles de Riedtmatten, gérant actions chez Myria AM.L’institution monétaire doit rendre sa décision à 19H00 GMT (20H00, heure de Paris) et les investisseurs anticipent massivement une nouvelle baisse des taux, la troisième d’affilée, qui les ramènerait dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.Les acteurs du marché sont toutefois partagés quant à l’actualisation des anticipations de court et moyen terme des membres de la Fed en matière d’évolution des taux.”Les incertitudes sont nombreuses” d’autant plus que le président de la Fed, Jerome Powell “est sur le départ”, ajoute Charles de Riedmatten.”Jerome Powell quittera la tête de la Fed le 1er février 2026 et son rôle de gouverneur de la Fed mi-mai 2026. Il lui reste donc uniquement une seule réunion du comité monétaire (FOMC) fin janvier”, détaille le gérant.”Son successeur s’exprimera pour la première fois lors de la réunion de mars 2026 et donnera alors le ton de sa politique monétaire, (…) mais tant qu’aucun nom n’est sorti, il subsiste une incertitude, d’où le comportement attentiste du marché”, ajoute Charles de Riedmatten.En France, les députés ont adopté mardi le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, suspendant notamment la mise en oeuvre de la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028.Cet épisode est toutefois “un non-événement pour les marchés”, estime Charles de Riedmatten, les investisseurs ayant déjà précédemment intégré l’instabilité politique du pays.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans grimpait à 3,57%, contre 3,55% la veille en clôture. En comparaison, son équivalent allemand était à 2,85%, stable par rapport à mardi.Année exceptionnelle pour la biotech AbivaxLes actions de la société française de biotechnologie Abivax ont grimpé de 9,52% à 108,40 euros mercredi, portées par des rumeurs de marché sur une potentielle offre de rachat de l’entreprise.En juillet, la biotech a dévoilé des résultats positifs d’un essai de phase 3 pour son médicament phare, l’Obefazimod, un traitement contre une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. L’annonce avait alors déclenché une envolée spectaculaire de plus de 500% en une journée sur Euronext Paris. Depuis le 1er janvier, le titre d’Abivax s’offre une hausse spectaculaire de 1.601%, faisant passer sa valorisation boursière de moins de 450 millions d’euros au début de l’année à plus de 8,89 milliards d’euros aujourd’hui.

Budget de l’Etat: le gouvernement mise sur la défense mais les débats pourraient se prolonger

Sébastien Lecornu a invité mercredi les députés à valider, lors d’un débat à l’Assemblée sur la défense, une hausse des crédits aux armées, dans l’espoir de favoriser l’adoption du budget de l’Etat qui s’annonce “difficile” et dont l’examen pourrait être prolongé en janvier.”L’instabilité politique nous bouleverse au sein de cet hémicycle mais elle ne doit pas nous couper des réalités du monde”, a fait valoir le Premier ministre, en faisant état des “menaces” extérieures et en demandant aux parlementaires d'”approuver” par leur vote le “principe” d’une augmentation du budget de la défense.Marine Le Pen, patronne des députés du Rassemblement national, seule cheffe de groupe à s’exprimer, a accusé Sébastien Lecornu d'”instrumentaliser” la défense pour essayer de faire passer le budget de l’Etat. Elle a précisé que son groupe voterait “pour” le principe d’une hausse des crédits de la défense, mais ne soutiendrait “en aucune façon” un budget de l’Etat “de punition sociale et fiscale”.Les socialistes devraient voter “pour” également, selon une source au groupe. Pour tenter de dégager une majorité sur le budget de l’État, M. Lecornu a proposé d’organiser au Parlement plusieurs débats, suivis d’un vote, sur cinq thèmes dont celui de la défense. Le projet de loi de finances prévoit d’augmenter les crédits aux armées de 6,7 milliards d’euros.Cette démarche inédite se fait en marge de l’examen du budget, actuellement débattu au Sénat. Le vote n’engage pas la responsabilité du gouvernement.- “Clés” -L’adoption du budget de l’État s’annonce néanmoins plus “difficile” encore que celui de la Sécurité sociale, validé de justesse mardi en deuxième lecture par les députés, a prévenu M. Lecornu.La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a d’ailleurs reconnu mercredi que les discussions parlementaires se poursuivraient “probablement en janvier” si “un accord est impossible” entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) la semaine prochaine.Certes, l’objectif de doter la France d’un budget de l’Etat “d’ici au 31 décembre” demeure, selon le gouvernement, mais “la balle est dans le camp du Parlement”, et particulièrement “de la droite sénatoriale”, qui a “une part des clés” pour aboutir à un compromis notamment avec la gauche afin que l’accord puisse être validé ensuite par les deux chambres. Or, la droite sénatoriale semble peu disposée à bouger vers le Parti socialiste qui a obtenu très peu de concessions gouvernementales dans ce texte, contrairement à celui de la Sécu où figure la suspension de la réforme des retraites.Un compromis entre seulement le centre et la droite “serait une provocation pour le PS et ça ne passerait pas à l’Assemblée”, a expliqué une source gouvernementale.”L’évidence, c’est que nous n’y arriverons pas dans les délais qui nous sont fixés”, avait déjà anticipé mardi soir le patron du PS Olivier Faure.- “Efforts” -En cas d’échec de la CMP, le Parlement devra, comme l’année dernière, adopter d’ici fin décembre une “loi spéciale” pour autoriser le gouvernement à percevoir les impôts existants et reconduire les dépenses votées en 2025. En dépit des demandes de tous bords politiques, Sébastien Lecornu semble toujours exclure le recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le texte sans vote d’ici la fin de l’année.Malgré un résultat très serré -à 13 voix près- mardi sur le budget de la Sécu, “la méthode est la bonne”, a jugé le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous.Mais sur le budget de l’Etat, les positions sont beaucoup plus éloignées que sur celui de la Sécu, lequel devrait être adopté définitivement la semaine prochaine si les députés confirment dans une lecture finale leur vote de mardi.L’Assemblée avait en effet rejeté à la quasi-unanimité le volet recettes lors d’un premier examen, envoyant ainsi la copie initiale du gouvernement au Sénat. Celui-ci, dominé par la droite, l’a ensuite complètement réécrit et devrait le voter lundi. Les discussions seront d’autant plus difficiles que le gouvernement vise un déficit public à “moins de 5%” du PIB en 2026. Cela implique “de trouver 4,5 milliards” d’euros supplémentaires qui correspondent à un transfert du budget de l’Etat vers la Sécurité sociale après les concessions faites à la gauche ces derniers jours, selon le ministre de l’Economie Roland Lescure. 

Instagram offre aux utilisateurs davantage de contrôle sur son algorithme de recommandation

Instagram a annoncé mercredi de nouvelles fonctionnalités qui permettent aux utilisateurs d’orienter, en partie, les recommandations de l’algorithme du réseau social en fonction de leurs centres d’intérêt.L’évolution concerne, pour l’instant, le fil de courtes vidéos Reels, inspiré de celui de TikTok et lancé en 2020.En tapant sur l’icône située en haut et à droite de l’écran sur Reels (elle représente deux barres horizontales avec des coeurs), l’usager voit les préférences que l’algorithme a identifiées chez lui ou elle.L’utilisateur peut alors en effacer certaines mais aussi écrire les sujets dont il veut voir plus de contenu, ainsi que ceux qu’il préfère éviter. L’algorithme tiendra ensuite compte de ces modifications.L’internaute pourra aussi, s’il le souhaite, partager dans sa story (image ou vidéo qui disparaît après 24 heures) ses choix en matière de recommandations.Cette nouvelle option est disponible à partir de mercredi sur Instagram aux Etats-Unis et sera bientôt lancée en anglais dans le reste du monde, selon un message publié mercredi sur le site officiel de la filiale de Meta.Instagram prévoit de proposer ultérieurement cette fonctionnalité pour l’espace Explore, qui présente des contenus sous forme de cases, en fonction de l’historique de recherche et des interactions passées avec la plateforme.En septembre, le patron d’Instagram, Adam Mosseri, avait évoqué cette refonte, qui a pour ambition, selon lui, “de vous donner plus de contrôle sur votre utilisation pour en faire quelque chose que vous appréciez”.C’est aussi un moyen de “corriger Instagram quand il se trompe”, a-t-il expliqué dans une vidéo postée sur le réseau social, qui a dépassé, durant l’été, le seuil des trois milliards d’utilisateurs mensuels.Mi-octobre, le réseau social Pinterest a mis en place un filtre pour écarter, après un réglage de l’utilisateur, une partie des contenus générés par intelligence artificielle (IA) et postés sur la plateforme.YouTube ou TikTok ne proposent pas ces changements, mais il est possible aux utilisateurs d’orienter volontairement l’algorithme en cliquant sur l’option “pas intéressé” pour un contenu donné.Sur Facebook, il est possible de cocher la mention “voir moins” pour une vidéo.

La Fed attendue au tournant, les marchés misent sur une nouvelle baisse des taux

Les marchés financiers s’attendent à ce que la banque centrale des Etats-Unis abaisse ses taux d’intérêt mercredi pour la troisième fois consécutive, même si le vote s’annonce plus serré que d’ordinaire.Le deuxième et dernier jour de réunion de la Réserve fédérale (Fed) a débuté à 09H00 (14H00 GMT), a rapporté un porte-parole.Une grande majorité des investisseurs s’attendent à ce que l’institution acte à 14H00 (19H00 GMT) une diminution d’un quart de point de ses taux, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.Une pointe de suspense demeure malgré tout. Plusieurs responsables (douze personnes votent) ont fait comprendre qu’ils n’étaient pas sûrs que cette détente s’impose.”Il est probable que le vote soit très partagé mais nous imaginons mal la Fed surprendre” en optant pour le statu quo, ont souligné les analystes de la banque espagnole BBVA dans une note. La banque centrale américaine, dont les taux guident les coûts d’emprunt, cherche généralement à canaliser les attentes des marchés pour éviter les grands mouvements en Bourse.Or les investisseurs ont interprété une déclaration du président de la Fed de New York, une voix forte au sein de l’institution, comme le signe qu’une majorité allait se dégager en faveur d’une détente supplémentaire.Cette année, la Fed a procédé à sa première baisse de taux en septembre, afin de donner un peu d’air à l’économie américaine et éviter une poussée des licenciements.L’institution était auparavant restée sourde aux lourds appels du président Donald Trump en faveur de taux plus bas, de crainte que les droits de douane qu’il a mis en place depuis son retour au pouvoir ne fassent dérailler l’inflation. – La Fed remaniée en 2026 -La Fed est confrontée à une nouvelle difficulté. La longue paralysie budgétaire cet automne aux Etats-Unis a suspendu la publication de données économiques phares. Certaines sont même définitivement perdues, ne pouvant être compilées rétroactivement.Le dernier taux de chômage connu remonte au mois de septembre (en hausse à 4,4%). Idem pour l’inflation (à 2,8%, au-dessus de l’objectif de la Fed, qui est de 2%).Des chiffres plus récents concernant l’état de l’emploi et le niveau des prix ne seront disponibles que la semaine prochaine, soit après l’actualisation des prévisions des banquiers centraux, qui tombera ce mercredi. “C’est difficile de déterminer la direction que prendra l’économie alors qu’on n’a pas les données pour savoir d’où on part”, a noté l’économiste de KPMG Diane Swonk.Selon elle, la première puissance mondiale a “probablement” détruit des emplois en octobre et novembre. Et l’inflation devrait continuer d’accélérer jusque début 2026.La Fed donnera par ailleurs une idée du nombre de baisses de taux qu’il pourrait y avoir l’an prochain.Sauf que l’institution ne sera alors plus exactement la même. Donald Trump doit désigner la personne qui prendra la suite du président de la Fed, Jerome Powell, dont le mandat s’achève au printemps prochain.Son conseiller économique Kevin Hassett est présenté comme favori. La Maison-Blanche prévoit toutefois une dernière salve d’entretiens avec plusieurs prétendants au poste, ont rapporté mardi soir des médias financiers.Donald Trump ne fait pas mystère du fait qu’il attend du futur patron de la Fed qu’il conduise une politique plus accommodante sur les taux.Mais des responsables monétaires réputés faucons (ayant comme priorité la lutte contre l’inflation, en langage de banque centrale) vont entrer en jeu. En effet, parmi les douze personnes votant sur les taux américains, quatre changent tous les ans selon un système de rotation impliquant les Fed régionales.Enfin, le sort de la gouverneure de l’institution Lisa Cook, que Donald Trump essaie de destituer, reste en suspens. La Cour suprême doit se pencher sur l’affaire en janvier.

Après la panne géante d’avril, l’UE veut renforcer les connexions électriques entre l’Espagne et la France

Après la panne d’électricité géante qui avait touché la péninsule ibérique fin avril, la Commission européenne a annoncé mercredi vouloir accélérer les projets d’interconnexions électriques entre la France et l’Espagne via les Pyrénées, que Madrid et Lisbonne accusent régulièrement la France de freiner.Une nouvelle liaison électrique sous-marine est en construction dans le Golfe de Gascogne, qui doit permettre de doubler la capacité d’échange d’électricité entre la France et la péninsule ibérique, en la portant à 5 gigawatts. Mais le Portugal et l’Espagne veulent aller plus loin et défendent depuis plusieurs années le développement d’autres lignes, pour renforcer leur approvisionnement en électricité.Peu après la panne géante d’électricité qui avait touché les deux pays le 28 avril, illustrant, selon eux, la nécessité de renforcer les interconnexions, Madrid et Lisbonne avaient demandé en “urgence” à la Commission de leur apporter une “impulsion politique”.Cette demande a été exaucée mercredi: la Commission a désigné huit “autoroutes européennes de l’énergie”, des projets d’infrastructures d’électricité et d’hydrogène jugés cruciaux pour sécuriser les approvisionnements et réduire les factures pour les consommateurs, qu’elle va chercher à accélérer. En tête de ces projets, deux nouvelles lignes souterraines à travers les Pyrénées. Un accord intergouvernemental signé en 2015 prévoyait de construire une liaison enterrée entre la Navarre ou le Pays Basque espagnol et le département français des Landes, et une seconde entre l’Aragon et les Pyrénées-Atlantiques. Mais ces projets sont restés dans les cartons.”Tous les pays européens bénéficieront de plus de connexions” et “je pense n’offenser personne en disant que parfois, la France s’est montrée réticente à développer ses interconnexions”, a plaidé le commissaire européen à l’énergie, Dan Jorgensen, rappelant que les liaisons avec les pays voisins permettaient à la France d’éviter “40 blackouts” par an.”Plus nous serons connectés, plus nous aurons de possibilités pour réagir” en cas de crises énergétiques, a renchéri Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission.Les interconnexions jouent un rôle central pour sécuriser les approvisionnements, en permettant aux pays d’importer ou exporter de l’énergie en fonction de leurs besoins et en donnant la possibilité aux opérateurs de se fournir au meilleur prix.Plus généralement, la Commission veut faciliter le renouvellement et le développement des réseaux électriques dans l’ensemble de l’UE, qui nécessitera selon ses calculs un total de 1.200 milliards d’euros d’ici 2040, notamment en modernisant la réglementation. Elle propose aussi de créer une nouvelle procédure qui lui permettrait de lancer elle-même, en dernier ressort, des appels à projets pour aider à combler les manques de liaisons transfrontalières.En parallèle, Bruxelles a proposé mercredi une série de mesures de “simplification” de règles environnementales, visant à réduire les “formalités” des entreprises. La Commission veut faciliter l’octroi de permis pour des projets jugés stratégiques, notamment dans le domaine de l’énergie.

La chimie allemande sort affaiblie de 2025 et prévoit un nouveau recul en 2026

La chimie allemande sort d’une année 2025 particulièrement difficile et s’attend à un nouveau recul en 2026, a indiqué mercredi la Fédération allemande du secteur.”Nous traversons l’une des crises les plus graves depuis la création de la République fédérale d’Allemagne” en 1949, a déclaré à l’AFP Markus Steilemann, président du lobby de la chimie et de la pharmacie VCI en marge de la conférence de presse annuelle. Dans cette industrie clé de la première économie européenne, les entreprises, à l’instar du géant BASF, souffrent des surcapacités mondiales, principalement chinoises, et du recul de la demande.En 2025, la production globale de la chimie et de la pharmacie a reculé de 0,5%, avec une baisse du chiffre d’affaires d’environ 1%. Dans la seule chimie, la production a chuté de 2,5 % et le chiffre d’affaires de 3%, alors que la sous-utilisation des capacités a atteint un niveau historique de 70%.Pour 2026, M.Steilemann s’attend à ce que “la situation ne s’améliore pas nettement et qu’elle puisse même se dégrader légèrement par rapport à 2025”.La fédération anticipe une production stable pour le secteur pharmaceutique et un recul de 1 % dans la chimie, ce qui, avec la baisse des prix, se traduira par un chiffre d’affaires en retrait d’environ 2%.Cette crise se traduit aussi dans l’emploi : 2.400 postes ont été supprimés dans la chimie-pharmacie cette année, selon le VCI.Cette tendance devrait se poursuivre, le chimiste allemand Wacker ayant annoncé fin novembre supprimer plus de 1.500 emplois d’ici 2027, principalement en Allemagne.M. Steilemann n’a pas commenté ce cas particulier, mais a souligné que sa fédération recevait “quotidiennement” des appels d’entreprises signalant que “la situation se détériorait nettement pour elles jour après jour”.Selon une enquête interne du VCI, 20% des entreprises envisagent de transférer ou d’arrêter totalement leur production et une sur dix prévoit de fermer des sites entiers.Aussi M.Steilemann appelle-t-il le gouvernement de Friedrich Merz pour qu’il “lance très rapidement des réformes structurelles majeures et décisives” — réduction de la bureaucratie, promotion des investissements et des innovations — afin que la productivité en Allemagne puisse “retrouver une trajectoire ascendante”.