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RATP: Emmanuel Macron choisit Xavier Piechaczyk (RTE) pour succéder à Jean Castex

Emmanuel Macron “envisage de nommer” l’actuel président du directoire du distributeur d’électricité RTE, Xavier Piechaczyk, “en qualité de président-directeur général de la RATP”, a fait savoir l’Elysée jeudi par communiqué.Ancien conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault et François Hollande, cet ingénieur des Ponts, eaux et forêts âgé de 56 ans pourrait ainsi succéder à Jean Castex, parti diriger la SNCF début novembre. La nomination de M. Piechaczyk doit encore être approuvée par l’Assemblée nationale et le Sénat, qui devraient l’entendre lors d’auditions séparées d’ici deux semaines. Ces auditions, qui se tiennent en général “un mercredi”, peuvent intervenir “le même jour”, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.Formellement, les parlementaires ont la possibilité de s’opposer au candidat d’Emmanuel Macron s’ils réunissent trois cinquièmes de leurs votes cumulés contre le nom choisi par l’Elysée.Si le nom de M. Piechaczyk est adoubé par les parlementaires, il sera nommé comme administrateur par le conseil d’administration de la Régie autonome des transports parisiens. Dans la foulée, celui-ci sera nommé comme PDG de l’entreprise par un décret signé du président de la République.Le nouveau PDG pourrait entrer en fonction “fin janvier, ou tout début février”, selon la source proche du dossier.Même s’il avait été renouvelé à son poste de président du directoire de RTE en juin dernier, le nom de M. Piechaczyk faisait figure de favori de l’Elysée pour la RATP depuis des semaines. Il a bien connu Emmanuel Macron et travaillé à ses côtés  alors qu’il était conseiller auprès de François Hollande (2014-15) et que le président de la République était secrétaire général adjoint de l’Elysée.- “basculement” -Le changement de direction intervient à un moment clé de l’histoire de la Régie autonome des transports parisiens, fondée en 1948.Celle-ci, gestionnaire d’un des plus anciens réseaux de métro du monde, doit en effet moderniser ses infrastructures, ce qui nécessite notamment l’introduction de nouvelles rames de métro sur huit lignes différentes, occasionnant beaucoup de travaux dans les dix ans à venir. Mais l’enjeu du moment pour la RATP, qui a bénéficié jusqu’à présent d’un monopole historique sur l’ensemble de ses activités, est bien celui de l’arrivée de la concurrence. Après le réseau de bus, dont elle a conservé l’exploitation de 70% des lignes, la RATP va voir le réseau de tramway ouvert à la concurrence d’ici 2030, puis celui du métro en 2040.Jeudi soir, la CFE-CGC, quatrième syndicat du groupe RATP a souligné dans un communiqué le besoin pour M. Piechaczyk de “préserver l’avenir” de l’établissement public qui chapeaute toutes les activités de l’entreprise et de “redonner de la visibilité à l’ensemble de ses filiales” et surtout “de garantir une stratégie sociale ambitieuse et collégiale”.”L’ouverture à la concurrence bouleverse en profondeur l’organisation du groupe RATP”, souligne le syndicat: “Alors que les filiales représentaient 27% du chiffre d’affaires en 2024, elles dépasseront 50% dès 2027”.Un “basculement rapide” qui “met en risque l’équilibre économique du groupe”, estime le syndicat.Une entreprise aux enjeux d’autant plus complexes, que malgré son ancrage initial parisien, la RATP dépend du financement de la région Ile-de-France pour ses matériels, et s’étend de plus en plus loin dans la banlieue, et maintenant en métropole.Si elle a perdu quelques plumes sur les bus parisiens, la RATP a en effet été retenue lundi par la région Normandie pour exploiter son réseau de trains régionaux autour de Caen, ce qui a éliminé de fait la SNCF. Le lot remporté comporte les lignes reliant Caen à Evreux, Saint-Lô, Rouen, Cherbourg, Rennes, Lisieux, Deauville et Coutance.A l’international, la RATP gère des réseaux de transports dans 16 pays sur les cinq continents. Jeudi, sa filiale RATP Dev a été sélectionnée avec Alstom pour construire une ligne de trains de banlieue à Melbourne en Australie.

La Cour suprême autrichienne ordonne à Meta de livrer à Max Schrems toutes ses données personnelles

La Cour suprême autrichienne a ordonné jeudi à Meta, après onze ans de procédure, de fournir dans les quinze jours l’accès à toutes ses données personnelles à Max Schrems, militant de la protection de la vie privée, qui salue “un accès sans précédent” aux rouages du géant américain.”La personnalisation des publicités et l’utilisation de données personnelles sont interdites sans consentement”, a déclaré la Cour suprême dans un communiqué. Meta doit “informer sur toutes les données personnelles traitées” dans un délai d’un mois, a-t-elle ajouté, la source, le destinataire et les raisons du traitement ne pouvant être omis.Meta, maison-mère de Facebook, avait été attaqué en 2014 par le militant et juriste autrichien Max Schrems, cofondateur de l’ONG “None of Your Business” (Ce ne sont pas vos affaires, Noyb), qui depuis 2011 tentait d’obtenir un accès complet à ses données personnelles, alors que Meta ne lui en fournissait qu’une partie.”Toutes les allégations de Meta relatives à des secrets commerciaux ont été rejetées, ouvrant un accès sans précédent à ses rouages internes”, selon un communiqué de l’association.Selon Noyb, l’affaire aura été portée trois fois devant la Cour suprême autrichienne et deux fois devant la Cour de Justice de l’Union européenne après deux renvois préjudiciels.”Cette décision finale et directement exécutoire conduira enfin à un accès sans précédent de M. Schrems aux pratiques de Meta en matière de traitement de ses données d’utilisateur”, s’est félicitée l’ONG.M. Schrems s’est vu accorder 500 euros de dommages et intérêts. Selon son avocate Katharina Raabe-Stuppning, la jurisprudence autrichienne de jeudi rend “réaliste” l’obtention potentielle de cette somme par chaque utilisateur plaignant à l’avenir. L’ONG précise cependant que “le coût global du contentieux” s’est élevé à 200.000 euros.

La Bourse de Paris en hausse, entre BCE et inflation

La Bourse de Paris a terminé en hausse jeudi, après avoir digéré sereinement la dernière réunion de la Banque centrale européenne (BCE) de l’année et salué le ralentissement inattendu de l’inflation aux Etats-Unis en novembre.Le CAC 40 a pris 0,80%, à 8.150,64 points, en hausse de 64,59 points. Mercredi, il avait terminé en repli de 0,25%.Les investisseurs du Vieux Continent ont décortiqué la décision de la BCE qui a maintenu pour la quatrième fois d’affilée son principal taux directeur à 2%, lors de sa dernière réunion de politique monétaire de l’année ce jeudi.L’institution a aussi relevé ses prévisions de croissance en zone euro pour 2025 ainsi que pour les deux prochaines années. Elle table désormais sur une croissance de 1,4% cette année, soit +0,2 point de pourcentage par rapport à l’estimation de septembre. En 2026, le produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 1,2%, puis de 1,4% en 2027, comme en 2028.Quant à l’inflation, elle devrait s’établir à 2,1% cette année et à 1,9% en 2026, soit 0,2 point de pourcentage de plus que prévu en septembre.Ces annonces, globalement conformes aux attentes, indiquent que “les taux devraient rester stables au cours de l’année prochaine”, a relevé Nicolas Forest, CIO de Candriam.Dans ce contexte, le marché obligataire n’a pas bougé. Le rendement de l’emprunt allemand à dix ans, référence en Europe, a atteint 2,84%, contre 2,86% la veille en clôture. Son équivalent français a fini à 3,55%, contre 3,57% mercredi soir.Autre point d’attention de la séance: l’inflation américaine pour le mois de novembre.L’indicateur, qui n’avait fait quasiment qu’accélérer ces derniers mois, a ralenti en novembre, à 2,7% sur un an, selon l’indice des prix à la consommation CPI, qui a déjoué les attentes des investisseurs. En septembre, l’indice CPI s’affichait à 3%.Les marchés d’actions “prennent pour argent comptant ces chiffres, qui laissent à voir une économie américaine résiliente avec une désinflation sur la bonne voie”, a souligné Kevin Thozet, membre du comité d’investissement chez Carmignac, interrogé par l’AFP.Toutefois, “il faudrait garder des pincettes, car il a été élaboré avec les contraintes du shutdown”, la paralysie budgétaire qui a frappé les Etats-Unis du 1er octobre au 12 novembre, ce qui a compliqué le travail des statisticiens, a-t-il nuancé.ADP caleLe titre du Groupe ADP (Aéroportée de Paris) a nettement cédé du terrain (-12,27% à 113,00 euros), après que l’Autorité de régulation des transports (ART) a refusé d’approuver la hausse de 1,5% des redevances aéroportuaires que demandait la société du 1er avril 2026 au 30 mars 2027.

Fluorure de sodium: la France plaide pour un étiquetage UE plus protecteur pour l’usage professionnel

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande aux autorités européennes d’opter pour un étiquetage des produits à usage professionnel contenant du fluorure de sodium plus protecteur pour les travailleurs, en avertissant de son caractère potentiellement toxique au plan endocrinien et reproductif.L’Anses s’est penchée sur les éventuels dangers pour la santé de cette substance au niveau endocrinien dans le cadre du règlement européen CLP (classification, étiquetage et emballage des produits), précise-t-elle jeudi dans un communiqué. Ce règlement concerne la classification et l’étiquetage de substances chimiques, ainsi que de mélanges – composés de plusieurs substances -, et s’impose aux fabricants et importateurs dans l’UE pour avertir à l’aide de pictogrammes du caractère dangereux ou toxique d’un produit.Il ne s’applique pas aux denrées alimentaires ni aux médicaments par exemple.Au vu des données de différentes études scientifiques portant sur les humains et sur des rongeurs, l’agence préconise de classer le fluorure de sodium comme “perturbateur endocrinien pour la santé humaine” et “substance toxique pour la reproduction”. Il est déjà classé “toxique” car pouvant notamment provoquer une irritation cutanée ou oculaire.”L’idée, c’est d’informer sur les dangers” de la substance “utilisée dans le milieu industriel, pour protéger les travailleurs qui (la) manipulent tous les jours pendant des années, pour que soient prises les mesures de prévention les plus appropriées”, explique à l’AFP Henri Bastos, directeur scientifique Santé et Travail de l’Anses.”C’est une information importante pour qu’il y ait une attention particulière aux usages”, notamment industriels, de cette substance, précise-t-il.Ce dossier, transmis à l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), est en consultation publique -période de recueil des commentaires des parties prenantes- sur son site jusqu’au 16 janvier.Dans les mois à venir, le comité des risques de l’ECHA rendra son avis, sur lequel la Commission européenne se basera pour actualiser ou non la classification du fluorure de sodium.Naturellement présente dans les eaux de surfaces et les eaux souterraines, cette substance se retrouve aussi dans les aliments à base de céréales, l’eau de boisson, les feuilles de thé, le lait, les produits laitiers ou le sel de table, rappelle l’Anses.Elle peut contribuer à réduire la formation de caries dentaires, c’est pourquoi 90% des dentifrices et d’autres produits de soins bucco-dentaires en contiennent, à des quantités très faibles.Selon un avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), à l’heure actuelle, les apports maximaux dans l’alimentation ou l’eau -quelques rares Etats, mais pas la France, en ajoutent à l’eau potable- ne posent pas de problème pour la santé humaine.

Les Bourses européennes terminent dans le vert

Les marchés boursiers européens ont terminé dans le vert jeudi, digérant sereinement les dernières réunions de l’année de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre, ainsi que le ralentissement inattendu de l’inflation aux Etats-Unis en novembre.Paris a pris 0,80%, Francfort 1,00%, Londres 0,65% et Milan 0,82%.

Mobilisation agricole Sud-Ouest: autoroutes perturbées, visite express de Lecornu

Cinq autoroutes sont encore partiellement ou totalement fermées, et d’autres perturbées, jeudi dans le sud-ouest de la France, en raison des mobilisations agricoles, alors que le Premier ministre a effectué une visite express en Ariège auprès d’agriculteurs concernés par des abattages.Dans les locaux de la sous-préfecture de Pamiers, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a rencontré hors presse les deux frères éleveurs dont le troupeau de plus de 200 vaches à été abattu la semaine passée dans le village ariégeois des Bordes-sur-Arize, sans s’entretenir avec d’autres acteurs du monde agricole, a appris l’AFP auprès de la préfecture.Côté circulation, les grands axes d’Occitanie restent fortement touchés par les manifestations, selon Vinci Autoroutes, même si l’A61 entre Narbonne et Toulouse, partiellement et même totalement bloquée pendant plusieurs heures depuis mardi, a été rouverte jeudi après-midi pour les véhicules quittant la ville rose.Le trafic vers Toulouse devrait quant à lui reprendre “en fin de journée”, a précisé l’opérateur.Dans le reste du Sud-Ouest, des coupures dans les deux sens continuent de bloquer l’A64 (Bayonne-Toulouse), l’A63 près de Bordeaux, l’A20 (Toulouse-Paris) au niveau de Cahors, ou encore l’A89 sur l’axe Bordeaux-Lyon, au niveau de Périgueux.”On ne va pas lâcher. On s’est fait critiquer la dernière fois d’avoir quitté l’autoroute trop tôt”, a déclaré à l’AFP Benjamin Roquebert, éleveur et céréalier de 37 ans en Haute-Garonne, présent sur le barrage de l’A64, en référence à la mobilisation agricole de début 2024.- Garde à vue -Des perturbations ont également été signalées sur des axes secondaires, comme la rocade d’Albi.”Tant que le gouvernement ne reviendra pas sur l’abattage systématique on sera là. Le sapin arrive, manque plus que la crèche et les vaches”, annonce Jean-Louis. Par ailleurs, selon un photographe de l’AFP, une cinquantaine d’agriculteurs ont forcé jeudi matin un barrage de gendarmerie dans les Pyrénées-Orientales, avant de bloquer un rond-point permettant d’accéder à l’A9, au niveau du péage du Boulou, près de la frontière espagnole.Un manifestant est actuellement en garde à vue pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon la préfecture du département.A Toulouse, un blocage du périphérique un moment annoncé par des militants de la FNSEA n’a finalement pas eu lieu, alors qu’au sein du syndicat, certains font état de leur volonté de ralentir la mobilisation à l’approche de Noël.Un avis que ne partagent par les Jeunes Agriculteurs (JA) locaux. “On va pas rentrer chez nous en n’ayant rien obtenu”, a ainsi dit à l’AFP le co-secrétaire général des JA de Haute-Garonne, Thomas Klunker.Le trafic SNCF a de son côté pu reprendre sur la ligne Toulouse-Narbonne, le blocage des voies effectif depuis deux jours à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) ayant été levé mercredi soir, a indiqué à l’AFP SNCF Réseaux.Seule la liaison Toulouse-Auch reste perturbée, en raison d'”éléments sur les voies” en gare d’Auch, selon la même source. Par ailleurs, alors que les autorités annoncent une “accélération majeure” de la campagne de vaccination des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans le Sud-Ouest, le préfet chargé de coordonner la cellule interministérielle sur ce dossier, Pascal Sanjuan, a supervisé la réception de doses arrivées par avion, avant d’être acheminées dans toute l’Occitanie.

“Propagande”, “barbouzes”: devant les députés, Patrick Cohen accuse les médias Bolloré

“Espionnage déguisé en journalisme”: le journaliste Patrick Cohen a accusé jeudi, devant les députés, les médias de la galaxie Bolloré d’employer des “méthodes de barbouzes” et dénoncé une “opération de propagande” dans leur traitement de la vidéo où il apparaissait avec son confrère Thomas Legrand et deux responsables socialistes.Trois mois après cette tempête politico-médiatique, M. Cohen a été entendu par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public. Elle a été créée dans la foulée de cette affaire, qui a valu aux deux journalistes, intervenants sur le service public, des accusations de partialité en faveur de la gauche.”L’émotion incontestable suscitée par ces images” a été “amplifiée par une opération de propagande sans limites, visant à dénigrer, à détruire le service public que je représente”, a assuré M. Cohen.”L’affaire dite Legrand-Cohen a fait l’objet en deux semaines, sur l’antenne de CNews (chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, ndlr), du 6 au 20 septembre dernier, de 853 séquences”, a-t-il ajouté.”L’impartialité ne se mesure pas dans les bistrots, ni dans les chambres à coucher. Ou alors c’est qu’on a basculé dans un autre régime politique”, a insisté le journaliste.- Guerre ouverte -La vidéo a été divulguée début septembre par le magazine de droite conservatrice L’Incorrect et a ensuite été abondamment commentée sur CNews et deux autres médias de la galaxie Bolloré, Europe 1 et le JDD. Face aux deux responsables socialistes, M. Legrand évoquait les stratégies de la gauche aux prochaines élections et lâchait, au sujet de la candidate de la droite parisienne, Rachida Dati: “Nous on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi”. Les deux journalistes ont dénoncé un montage et porté plainte. C’était un “rendez-vous que nos deux interlocuteurs politiques avaient sollicité”, pour “discuter d’un positionnement, d’une stratégie que nous avions l’un et l’autre assez vivement critiquée”, dans Libération pour M. Legrand et sur France Inter pour M. Cohen, a rappelé ce dernier devant les députés.Il a en outre évoqué des affirmations égrenées depuis mardi sur Europe 1 à propos d’une récente rencontre dans un café entre Thomas Legrand et l’ex-directrice de France Inter, Laurence Bloch. Cette dernière y aurait demandé au journaliste de “rompre toute collaboration avec la station” pour protéger Radio France.”L’espionnage déguisé en journalisme est appelé à prospérer sur les antennes du groupe Bolloré”, a accusé l’éditorialiste, en dénonçant des “méthodes de barbouzes”.L’affaire Legrand-Cohen a été le catalyseur d’une guerre ouverte entre l’audiovisuel public et les médias dans le giron de Vincent Bolloré. Ces derniers y ont vu un signe de partialité du service public pour la gauche, tout comme une partie de la droite et le Rassemblement national.France Télévisions et Radio France ont contre-attaqué en poursuivant ces médias en justice pour “dénigrement”.- Réactions polarisées -Entendue mercredi par la commission d’enquête, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, a concédé que les propos de M. Legrand dans la vidéo étaient “problématiques”, mais a regretté que l’affaire ait été “instrumentalisée”.Thomas Legrand doit être entendu jeudi en fin d’après-midi. “Je bous d’expliquer les choses. Tout est parti d’une grosse manipulation”, a-t-il assuré en amont à l’AFP.Les travaux de la commission d’enquête, créée à la demande du parti d’Eric Ciotti UDR, allié au RN qui est favorable à la privatisation de l’audiovisuel public, se déroulent dans une ambiance électrique et suscitent des réactions très polarisées sur les réseaux sociaux.Jeudi, les échanges ont été tendus entre son rapporteur, le député UDR Charles Alloncle, et M. Cohen.”Vous pourriez être politique (…) vous avez un don absolument incroyable pour éviter de répondre à mes questions”, a déclaré le rapporteur au journaliste.Mercredi, la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, avait “rappelé à l’ordre” M. Alloncle, en craignant que la commission ne soit utilisée “à des fins politiques”. Le député y a vu une “tentative de déstabilisation”.

Face à l'”incertitude aggravée” la BCE temporise sur son cap monétaire

La Banque centrale européenne n’a exclu jeudi aucune option pour l’avenir des taux directeurs, reconnaissant le degré persistant d’incertitudes en lien avec la géopolitique et les échanges commerciaux.En raison d’une incertitude qui “n’a guère changé, et s’est même peut-être aggravée”, Christine Lagarde, présidente de l’institut monétaire, a insisté devant la presse sur l’avenir incertain du cap monétaire.”L’incertitude n’est pas une situation confortable” pour décider, a-t-elle ajouté, tranchant avec un autre élément de langage répété jeudi et qui vaut depuis juin avec la dernière baisse des taux : la BCE est “dans une bonne position” pour affronter d’éventuels chocs.Les gardiens de l’euro ont, comme attendu, laissé les taux inchangé, celui sur les dépôts, qui sert de référence, à 2%, comme depuis juillet.- Options “sur la table” -Selon leur analyse, l’économie est résiliente et l’inflation est revenue dans les clous du mandat de l’institut, autour de 2%.Pour la suite de la trajectoire monétaire, “toutes les options sont sur la table”, a déclaré Mme Lagarde, précisant que c’était la position unanime des 26 membres siégeant au conseil des gouverneurs de l’institut.Toute décision future sur les taux sera guidée par les données et chaque réunion en son temps, a-t-il encore été rappelé dans le communiqué de décisions du jour.L’immobilisme de la BCE contraste avec la Banque d’Angleterre, qui a réduit jeudi son taux directeur d’un quart de point de pourcentage, à 3,75%, sur fond d’inflation sur le reflux.Pour les gardiens de l’euro, les tensions géopolitiques, en particulier la “guerre injustifiée” menée par la Russie contre l’Ukraine, demeurent une source majeure d’incertitude.Les aléas du commerce mondial affectés par les droits de douane américains pèseront aussi sur la croissance l’an prochain.- Inflation revue en hausse  -À l’inverse, des dépenses prévues en matière de défense et d’infrastructures, associées à des réformes favorisant la productivité, pourraient doper la croissance plus que prévu, analyse l’institut.Les risques sur l’inflation sont quant à eux équilibrés : à la baisse via le commerce – moindre activité et importations de produits peu chers de pays en surcapacités, comme la Chine – et l’euro plus fort. A la hausse, via les tensions possibles sur les chaînes d’approvisionnement, la dynamique des salaires et le surcroît des dépenses publiques, comme en Allemagne.La BCE a relevé jeudi ses attentes sur l’inflation pour 2026, en raison de la hausse des prix tenace dans les services et a augmenté ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027, tirée par la demande intérieure.L’institution de Francfort table sur une inflation de 1,9% en 2026, puis 1,8% en 2027, contre respectivement 1,7% et 1,9%  en septembre, enfin 2% en 2028. Le PIB de la zone euro devrait croître de 1,2% en 2026, 0,2 point de mieux que l’estimation de septembre. Il grimperait à 1,4% en 2027 et 2028.Au vu de ces données le prochain mouvement de taux de la BCE sera “fort probablement une baisse”, en réponse à de nouveaux chocs négatifs pour la zone euro et l’économie mondiale, commente Marcel Fratzscher, président de l’institut DIW.Plusieurs commentateurs voient une hausse pointer à l’horizon, vers 2027, compte-tenu des prévisions de croissance et d’inflation.Interrogée sur la course qui s’est engagée à sa succession, près de deux ans avant la fin de son mandat, Christine Lagarde y a vu “beaucoup d’excellents candidats”. Parmi eux, la membre allemande du directoire de la BCE Isabel Schnabel, dont le mandat n’est toutefois pas prolongeable, selon des analyses juridiques précédentes : “la question doit être réexaminée”, a estimé Mme Lagarde.Elle est en revanche restée inflexible sur l’aide que pourrait apporter la BCE aux pays de l’UE pour financer la reconstruction de l’Ukraine, au moment où les 27 tentent de trouver un accord sur ce sujet épineux à Bruxelles. “Le traité interdit le financement monétaire, je ne peux donc pas approuver un tel mécanisme à l’avance”, a-t-elle martelé.

Trump maintient son cap économique, accable Biden et les immigrés

“Bonsoir l’Amérique. Il y a onze mois j’ai hérité d’un désastre et je le répare.”Voici comment Donald Trump a lancé mercredi une courte allocution de fin d’année, dans laquelle il a fermement maintenu son cap économique malgré le mécontentement croissant des Américains, tout en accablant son prédécesseur démocrate Joe Biden et en s’en prenant violemment aux immigrés.Seule annonce concrète, dans ce discours diffusé en direct à une heure de grande écoute: l’envoi à 1,45 million de militaires américains de “dividendes du guerrier”, des chèques de 1.776 dollars rappelant la date de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis.Pour le reste, le milliardaire de 79 ans a jugé que l’Amérique allait connaître “un boom économique comme le monde n’en a jamais connu” et a accusé son prédécesseur Joe Biden de lui avoir laissé une économie “au bord de la ruine”.Le président républicain a aussi assuré que les prix, principale source d’inquiétude des ménages, baissaient “rapidement”, tout en indiquant que la lutte contre l’inflation n’était “pas encore finie”.- Chiffre faramineux -Il s’est à nouveau vanté d’avoir résolu huit guerres, un chiffre largement imaginaire selon les spécialistes, et a évoqué le montant faramineux de 18.000 milliards de dollars de nouveaux investissements aux Etats-Unis depuis son retour au pouvoir.Donald Trump a aussi répété que grâce à lui le prix des médicaments aux Etats-Unis allait baisser de jusqu’à “600%”, ce qui est mathématiquement impossible.Alors même que sa politique protectionniste laisse les Américains sceptiques, il a redit que les droits de douane étaient son “mot préféré”. Le républicain a aussi répété sa volonté de mettre fin au système d’assurance-santé subventionné connu sous le nom d’Obamacare, ce qui selon l’opposition démocrate va faire flamber les coûts pour les ménages.Donald Trump a assuré que nombre des difficultés rencontrées par ses concitoyens étaient le résultat d’une “invasion” d’immigrés pendant le mandat de Joe Biden.Le président américain, qui mène une politique d’expulsions massives accompagnée de sévères restrictions à l’immigration, s’est félicité d’avoir enclenché un processus de “migration inversée” ou de “remigration”.Il a accusé les immigrés d’avoir créé une crise du logement, d’avoir “volé” des emplois, d’avoir “submergé” les hôpitaux et, pour résumer, d’avoir vécu aux dépens des contribuables.- “Bulle déconnectée” selon Schumer -La vision optimiste de l’économie du président américain tranche avec l’inquiétude exprimée dans les sondages sur le coût de la vie.Selon une enquête d’opinion PBS News/NPR/Marist publiée mercredi, 61% des Américains jugent que la conjoncture ne leur est pas favorable personnellement, contre 57% en mai.M. Trump “vient de montrer qu’il vit dans une bulle complètement déconnectée de la réalité que vivent et ressentent les Américains au quotidien”, a réagi le sénateur démocrate Chuck Schumer après le discours.”Les faits sont là: les prix augmentent, le chômage augmente, et aucune amélioration n’est en vue”, a-t-il ajouté dans un communiqué.La déception des Américains quant à la politique économique de Donald Trump, reposant en grande partie sur les droits de douane, inquiète les républicains à moins d’un an des élections législatives de mi-mandat.Donald Trump, après un meeting la semaine dernière en Pennsylvanie (nord-est), sera vendredi en Caroline du Nord (sud-est) pour tenter de mobiliser les électeurs.Il a laissé éclater récemment sa frustration face aux sondages, en écrivant sur son réseau Truth Social: “Quand dira-t-on enfin que j’ai créé, sans inflation, peut-être la meilleure économie de l’histoire de notre pays? Quand les gens vont-ils comprendre ce qu’il se passe?”- Vance appelle à “persévérer” -Si Donald Trump maintient que la conjoncture est meilleure que la perception qu’en ont ses compatriotes, d’autres responsables demandent aux Américains d’être patients.L’un des principaux conseillers économiques de la Maison Blanche, Kevin Hassett, a réagi mardi à la progression du taux de chômage en novembre en rappelant que la croissance économique restait forte et en déclarant: “Généralement, les créations d’emplois suivent.”Il a prédit qu’il faudrait six mois pour que l’emploi industriel rebondisse, grâce selon lui aux investissements rendus possibles par le président américain.Les électeurs “savent que Rome ne s’est pas faite en un jour. Ils savent que ce que Joe Biden a cassé ne sera pas réparé en une semaine”, a déclaré de son côté le vice-président JD Vance, pendant un meeting mardi en Pennsylvanie.”Nous devons persévérer. Nous devons continuer à travailler pour ramener de bons emplois et de l’argent aux Etats-Unis”, a-t-il ajouté.

Les agriculteurs tonnent contre l’accord avec le Mercosur, échauffourées devant le Parlement européen

Pneus en feu, jets de pommes de terres et de projectiles auxquels répondent des canons à eau et des tirs de lacrymos de la police: des milliers d’agriculteurs européens ont fait entendre jeudi à Bruxelles leur colère contre le projet d’accord commercial avec le Mercosur.Un important dispositif policier était déployé pour protéger les institutions européennes, en plein sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE qui s’est ouvert jeudi à Bruxelles. Place du Luxembourg, devant le Parlement européen, l’atmosphère était particulièrement tendue.Selon un pointage diffusé par la police bruxelloise, 7.300 personnes ont pris part à la manifestation autorisée qui a défilé au sein de la capitale belge, accompagnée d’une cinquantaine de tracteurs, principalement dans le calme.En outre, 950 tracteurs, selon la même source, s’étaient massés dans le quartier européen, engorgeant plusieurs rues. Dès la matinée, la police a usé de canons à eau pour disperser certains manifestants, et des feux de pneus ou de poubelles avaient émaillé la manifestation, rejetant des panaches d’une âcre fumée noire.Des personnes masquées ont brisé en outre plusieurs vitres d’un bâtiment du Parlement, a constaté un journaliste de l’AFP.Mercosur, taxes sur les engrais, réforme de la Politique agricole commune (PAC) : les sujets de mécontentement sont nombreux, ont rappelé plusieurs manifestants interrogés par l’AFP.Florence Pellissier, 47 ans, agricultrice de grande culture (betterave, maïs, colza) est venue de Villiers-en-Bière en Seine-et-Marne. Le Mercosur ? “C’est de la concurrence déloyale, ils vont importer des produits, traités avec des choses que nous on a pas le droit d’utiliser (…) On nous ramène des poulets de merde, alors qu’on nous impose une agriculture de haut niveau!”.”On est là pour dire non au Mercosur, surtout parce qu’on a l’impression qu’aujourd’hui, Ursula veut passer en force, elle veut imposer sa loi”, proteste de son côté Maxime Mabille, un producteur laitier belge, s’en prenant à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Celle-ci a rencontré dans la matinée une délégation d’agriculteurs du Copa-Cogeca, la principale organisation agricole europénne. “L’Europe sera toujours derrière vous”, a-t-elle promis dans un message diffusé sur X à l’issue de la réunion.La Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen, avait dit attendre au moins 10.000 manifestants venus de plusieurs pays, notamment de nombreux agriculteurs français.”Notre fin = votre faim”, résumait un slogan peint sur un cercueil noir. “Les gens en ont ras-le-bol des normes, des contraintes”, a lancé Antoine Delefortrie, un des responsables des Jeunes Agriculteurs (JA) dans le nord de la France, dénonçant aussi le risque d'”une concurrence déloyale” de la part des pays sud-américains du Mercosur.L’exécutif européen et le Brésil – pays qui préside cette alliance l’associant à l’Argentine, au Paraguay et à l’Uruguay – insistent pour parapher avant la fin de la semaine un accord commercial en négociations depuis un quart de siècle, qui créerait la plus grande zone de libre-échange au monde.- “Le compte n’y est pas” -Or, Mme von der Leyen a besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée de pays membres, et plusieurs d’entre eux réclament un report de l’accord, dont la France et la Pologne, rejoints mercredi par l’Italie. Au grand dam de l’Espagne et de l’Allemagne, fervents supporteurs du texte.”Nous ne sommes pas prêts, le compte n’y est pas pour signer cet accord”, a affirmé jeudi le président français Emmanuel Macron depuis Bruxelles.L’accord permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, de machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées.Ces pays sud-américains sont accusés par de nombreux agriculteurs européens de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis, avec à la clé l’opportunité de vendre des produits moins chers.Ces inquiétudes s’ajoutent à celles sur la réforme des subventions de la Politique agricole commune (PAC), que la Commission européenne est accusée de vouloir “diluer” dans le budget européen.Pour certains agriculteurs français, la gestion par le gouvernement Lecornu de l’épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) vient aussi amplifier le mécontentement.André Coupey a quitté dans la nuit sa campagne au sud de Lille pour manifester sa solidarité avec les éleveurs. “On peut comprendre leur désarroi avec l’abattage systématique” du cheptel en cas de maladie en son sein, a-t-il fait valoir.