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Le Jiangxi, très secret eldorado chinois des terres rares

Le sol rougeâtre du sud de la Chine renferme une des clĂ©s de la puissance du pays: les terres rares, convoitĂ©es par le monde entier et exploitĂ©es Ă  grande Ă©chelle dans des conditions secret-dĂ©fense.Les collines de la province du Jiangxi abritent la majoritĂ© des mines chinoises de ces Ă©lĂ©ments mĂ©talliques, devenus indispensables tant pour les smartphones que pour les avions de chasse, les voitures Ă©lectriques ou les Ă©oliennes.A Ganzhou, Ă©picentre de cette activitĂ©, des ouvriers achèvent le nouveau siège social d’un des deux gĂ©ants Ă©tatiques assurant l’exploitation de ce trĂ©sor, China Rare Earth Group.Comme le nom de la sociĂ©tĂ©, l’artère oĂą se situe le bâtiment affiche la couleur. Son nom? “Avenue des Terres rares”.Mais un Ă©pais voile de secret enveloppe ce secteur aussi stratĂ©gique que florissant, comme ont pu le constater des journalistes de l’AFP, qui au cours d’un reportage dans la rĂ©gion ont Ă©tĂ© constamment suivis et Ă©piĂ©s par des hommes non identifiĂ©s. L’accès aux mines et aux usines est strictement restreint et les entreprises sollicitĂ©es n’ont acceptĂ© aucune demande d’interview.Le secteur est en plein essor: le nombre sites d’extraction des terres rares en Chine est passĂ© de 117 en 2010 Ă  3.085 aujourd’hui, selon l’Institut d’Ă©tudes gĂ©ologiques amĂ©ricain (USGS).Et les habitants qui acceptent de parler Ă  l’AFP confirment que l’activitĂ© est intense.”C’est l’effervescence 24 heures sur 24, sept jours sur sept”, affirme sous couvert de l’anonymat un rĂ©sident de la ville de Banshi, oĂą un vaste parc industriel doit accueillir de nouvelles installations de traitement.- Arme redoutable -Dès 1992, le dirigeant Deng Xiaoping avait soulignĂ© l’intĂ©rĂŞt stratĂ©gique de la ressource: “Le Moyen-Orient a le pĂ©trole, la Chine a les terres rares”, avait-il soulignĂ©, lançant le dĂ©veloppement accĂ©lĂ©rĂ© du secteur.Depuis, la Chine a tirĂ© parti de ses rĂ©serves – les plus importantes du monde – pour dominer le traitement et l’innovation dans ce domaine.L’arme s’est montrĂ©e redoutablement efficace pour riposter aux droits de douanes infligĂ©s au printemps par le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump.En imposant des restrictions aux exportations de terres rares et des technologies affĂ©rentes, la Chine a fait trembler la planète et obtenu une rĂ©vision des surtaxes amĂ©ricaines.Les Etats-Unis recherchent dĂ©sormais Ă  toute force des approvisionnements alternatifs.Et l’Union europĂ©enne, durement touchĂ©e par les restrictions chinoises, a annoncĂ© mobiliser 3 milliards d’euros pour financer des projets d’extraction, de raffinage et de recyclage de terres rares et de matières premières critiques.Les terres rares possèdent notamment un pouvoir d’aimantation appliquĂ© dans une multitude de domaines.En Chine, l’industrie est concentrĂ©e principalement dans deux zones.L’une est le district minier de Bayan Obo, en Mongolie intĂ©rieure (nord de la Chine). Il abonde en terres rares dites “lĂ©gères”, utilisĂ©s en particulier pour les aimants des objets du quotidien. L’autre zone, autour de Ganzhou, est spĂ©cialisĂ©e dans les terres rares dites “lourdes”, plus difficiles Ă  extraire mais plus prĂ©cieuses en raison de leur utilisation dans les aimants rĂ©sistants Ă  la chaleur, les moteurs d’avions de chasse, les systèmes de guidage de missiles et les lasers.- “Dommages irrĂ©parables” -Les collines escarpĂ©es qui entourent la citĂ© regorgent notamment de dysprosium, d’yttrium et de terbium, Ă©lĂ©ments chimiques particulièrement recherchĂ©s.Il faut des millions d’annĂ©es aux terres rares lourdes pour se former par Ă©rosion de la roche magmatique. Les fortes prĂ©cipitations et la gĂ©ologie du Jiangxi en ont fait un lieu propice Ă  leur formation.Les mĂ©thodes d’extraction ont Ă©voluĂ© au fil des dĂ©cennies et les autoritĂ©s rĂ©gulent depuis une quinzaine d’annĂ©es les plus dĂ©vastatrices.L’une d’elles consistait Ă  “abattre les arbres, dĂ©fricher la vĂ©gĂ©tation et dĂ©caper la couche arable, au prix de dommages irrĂ©parables”, avaient dĂ©plorĂ© les autoritĂ©s en 2015.Aujourd’hui, l’exploitation illĂ©gale a considĂ©rablement diminuĂ© et des panneaux plantĂ©s dans les zones rurales proposent une rĂ©compense Ă  quiconque dĂ©noncera de tels agissements.Mais alentour sur les collines, la terre rouge Ă  nu et sur laquelle la vĂ©gĂ©tation peine Ă  repousser porte tĂ©moignage des anciennes pratiques minières.

L’annĂ©e 2025 en dix Ă©vĂ©nements marquants dans le monde

Retour au pouvoir de Donald Trump, fragile cessez-le-feu Ă  Gaza ou enlisement de la guerre en Ukraine, voici dix Ă©vĂ©nements qui ont marquĂ© l’annĂ©e 2025.- Donald Trump, le tonitruant retour –  Offensive protectionniste, expulsions massives d’immigrĂ©s en situation irrĂ©gulière, dĂ©mantèlement de pans entiers de l’Etat fĂ©dĂ©ral … Depuis son retour en janvier Ă  la Maison Blanche pour un second mandat, le RĂ©publicain Donald Trump a pris une salve de mesures conformes Ă  sa doctrine “l’AmĂ©rique d’abord”, Ă  grand renfort de dĂ©crets, mĂŞme si un certain nombre de ses dĂ©cisions ont Ă©tĂ© bloquĂ©es par la justice.Agissant, selon ses opposants, au mĂ©pris des droits fondamentaux et des autres lieux de pouvoir, il a ciblĂ© ses adversaires, envoyĂ© des gardes nationaux dans plusieurs grandes villes dĂ©mocrates, s’est employĂ© Ă  intimider les mĂ©dias, a bataillĂ© contre les programmes de diversitĂ© ou d’inclusion. Il a aussi dĂ©ployĂ© une intense activitĂ© diplomatique, avec plus ou moins de succès.Les sondages montrent cependant un mĂ©contentement croissant des AmĂ©ricains sur les questions Ă©conomiques, notamment le coĂ»t de la vie. De cuisants revers lors de scrutins locaux mettent son parti dans une posture dĂ©licate pour les Ă©lections de mi-mandat Ă  l’automne 2026.- TrĂŞve prĂ©caire Ă  Gaza –  Les pressions amĂ©ricaines ont dĂ©bouchĂ© sur un cessez-le-feu entre IsraĂ«l et le Hamas, deux ans après le dĂ©but de la guerre dĂ©vastatrice dans la bande de Gaza, dĂ©clenchĂ©e par l’attaque inĂ©dite du mouvement islamiste palestinien sur le sol israĂ©lien le 7 octobre 2023.Cette trĂŞve a permis un retrait partiel des troupes israĂ©liennes de la bande de Gaza, l’Ă©change des derniers otages retenus vivants Ă  Gaza contre des prisonniers palestiniens dĂ©tenus par IsraĂ«l, et une entrĂ©e accrue d’aide humanitaire Ă  Gaza, mĂŞme si elle est toujours très en-deçà des besoins selon l’ONU et plusieurs ONG.IsraĂ«l attend le retour d’un dernier corps d’otage avant d’entamer les tractations sur la deuxième phase de la trĂŞve, Ă©tape qui aux termes d’un plan amĂ©ricain validĂ© par l’ONU doit conduire Ă  la dĂ©militarisation de Gaza. Le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu a dit espĂ©rer passer “très bientĂ´t” Ă  cette deuxième Ă©tape mais des violences continuent de secouer le territoire, les deux parties s’accusant mutuellement de violer la trĂŞve.Les tensions rĂ©gionales perdurent avec la poursuite des frappes israĂ©liennes dans les bastions du mouvement chiite Hezbollah au Liban. L’Iran avait Ă©galement Ă©tĂ© frappĂ© par des raids israĂ©liens et amĂ©ricains sur ses installations nuclĂ©aires lors d’une guerre de douze jours avec IsraĂ«l en juin, dĂ©clenchĂ©e par une attaque israĂ©lienne. En septembre, ce sont des responsables du Hamas qu’IsraĂ«l avait ciblĂ© dans une attaque sans prĂ©cĂ©dent au Qatar.- Efforts laborieux de paix en Ukraine – Le retour au pouvoir de Donald Trump a marquĂ© les premiers efforts sĂ©rieux visant Ă  mettre fin Ă  l’invasion russe de l’Ukraine lancĂ©e en fĂ©vrier 2022.Les sympathies et blâmes du prĂ©sident amĂ©ricain ont oscillĂ© entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. En fĂ©vrier, Donald Trump a vilipendĂ© le prĂ©sident ukrainien devant les camĂ©ras dans le bureau ovale, lui reprochant de manquer de gratitude envers les Etats-Unis.Des pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens Ă  Istanbul puis une rencontre au sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska n’ont dĂ©bouchĂ© sur aucune avancĂ©e concrète vers la paix, et Washington a annoncĂ© en octobre des sanctions contre le secteur pĂ©trolier russe.Des nĂ©gociations internationales se sont cependant tenues fin novembre sur la base d’un projet de plan amĂ©ricain, dont la version initiale avait Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e par Kiev et ses alliĂ©s europĂ©ens comme largement favorable Ă  Moscou.Après un nouveau cycle de pourparlers avec les Ă©missaires de Trump en dĂ©cembre, l’Ukraine a dĂ©clarĂ© que des “progrès” avaient Ă©tĂ© accomplis, mĂŞme si la question des territoires ukrainiens contrĂ´lĂ©s par la Russie demeure un point de blocage.Sur le front, l’armĂ©e russe a poursuivi sa lente avancĂ©e dans l’est, après avoir totalement repoussĂ© en mars les forces ukrainiennes de la rĂ©gion russe frontalière de Koursk. Moscou a multipliĂ© les frappes sur les infrastructures Ă©nergĂ©tiques et le rĂ©seau ferroviaire ukrainiens, tandis que Kiev ciblait des installations pĂ©trolières en Russie.- Guerre commerciale mondiale – Arguant d’Ă©changes commerciaux dĂ©favorables Ă  son pays, Donald Trump a mis en place, en plusieurs vagues, des surtaxes sur les produits importĂ©s aux Etats-Unis, variant selon les pays ou zones d’origine. Il a aussi imposĂ© des droits de douane spĂ©cifiques sur des secteurs jugĂ©s stratĂ©giques (acier, aluminium ou cuivre).Tandis que les pays visĂ©s envisageaient ou mettaient en oeuvre des reprĂ©sailles commerciales, d’âpres nĂ©gociations ont Ă©tĂ© engagĂ©es, dĂ©bouchant sur de nombreux accords, comme avec l’Union europĂ©enne ou, fin octobre, avec la Chine, marquant le dĂ©but d’une trĂŞve dans un conflit qui a Ă©branlĂ© l’Ă©conomie mondiale.Les nĂ©gociations bilatĂ©rales ont en revanche Ă©tĂ© suspendues avec le Canada après une publicitĂ© antiprotectionniste jugĂ©e offensante par le prĂ©sident amĂ©ricain.Sous pression pour faire baisser le coĂ»t de la vie pour les AmĂ©ricains, Donald Trump s’est rĂ©solu mi-novembre Ă  annuler des droits de douane sur certains produits alimentaires, comme le cafĂ© ou le boeuf importĂ©s.- Un nouveau pape, LĂ©on XIV – Robert Francis Prevost est devenu le 8 mai, Ă  69 ans, le premier pape amĂ©ricain, après le dĂ©cès de son prĂ©dĂ©cesseur François dont il Ă©tait un conseiller très Ă©coutĂ©. La fumĂ©e blanche annonçant l’Ă©lection du 267e chef de l’Eglise catholique s’est Ă©levĂ©e au-dessus de la chapelle Sixtine au terme d’un court conclave des cardinaux, ayant durĂ© moins de 24 heures.Souriant et discret, ce natif de Chicago, classĂ© parmi les cardinaux modĂ©rĂ©s, a pris le nom de LĂ©on XIV. Le nouveau souverain pontife, qui fut pendant près de 20 ans missionnaire au PĂ©rou dont il a pris la nationalitĂ©, s’est inscrit dans la lignĂ©e de son prĂ©dĂ©cesseur argentin avec une teinte rĂ©solument sociale, en faveur des pauvres, des migrants et de l’Ă©cologie. Il a parallèlement donnĂ© des gages aux milieux conservateurs, rĂ©-autorisant la tenue d’une messe traditionaliste au Vatican après trois ans de restrictions. Il a exclu à court terme l’ordination de femmes diacres ou la reconnaissance du mariage homosexuel.- Soulèvements de la gĂ©nĂ©ration Z – En Asie, Afrique ou AmĂ©rique latine, les jeunes de la gĂ©nĂ©ration Z (moins de 30 ans) ont multipliĂ© les mobilisations contre les conditions de vie, le blocage des rĂ©seaux sociaux ou la corruption des Ă©lites.Ils ont dĂ©filĂ© au PĂ©rou contre l’insĂ©curitĂ© croissante et la classe politique, ou au Maroc oĂą les autoritĂ©s se sont engagĂ©es Ă  des efforts dans des domaines sociaux, mais ont engagĂ© des poursuites contre plus de 2.000 personnes. Dans d’autres pays, les protestations, violemment rĂ©primĂ©es, se sont muĂ©es en une contestation plus large du pouvoir en place: après des Ă©meutes au NĂ©pal, le Premier ministre maoĂŻste K.P. Sharma Oli n’a eu d’autre choix que de dĂ©missionner. A Madagascar, le mouvement a conduit au renversement par l’armĂ©e du prĂ©sident Andry Rajoelina, qui a fui Ă  l’Ă©tranger. En Tanzanie, les jeunes ont largement participĂ© aux manifestations post-Ă©lectorales, matĂ©es dans le sang.Le drapeau pirate du manga One Piece (une tĂŞte de mort coiffĂ©e d’un chapeau de paille), souvent arborĂ© par les manifestants, est devenu sous l’impulsion des rĂ©seaux sociaux un symbole de la lutte contre l’oppression sur plusieurs continents.- Investissements colossaux dans l’IA – Les gĂ©ants technologiques et startups spĂ©cialisĂ©es ont dĂ©pensĂ© des sommes toujours plus colossales pour financer la croissance effrĂ©nĂ©e de l’intelligence artificielle (IA). Selon le cabinet amĂ©ricain Gartner, les dĂ©penses mondiales dans l’IA devraient atteindre environ 1.500 milliards de dollars en 2025 (+50% en un an) et dĂ©passer les 2.000 milliards l’an prochain.Les valorisations boursières faramineuses du secteur – celle du gĂ©ant amĂ©ricain des puces Nvidia a un temps grimpĂ© Ă  un niveau inĂ©dit de plus de 5.000 milliards de dollars – font cependant craindre aux marchĂ©s une possible bulle spĂ©culative.Les inquiĂ©tudes suscitĂ©es par l’IA ont par ailleurs Ă©tĂ© alimentĂ©es par de nouveaux exemples de dĂ©sinformation, des accusations de violation de droits d’auteur ou des licenciements massifs, chez Amazon notamment.Les parents d’un adolescent californien qui s’est suicidĂ© ont mĂŞme accusĂ© l’assistant IA d’OpenAI, ChatGPT, d’avoir encouragĂ© son geste avec des conseils prĂ©cis. La startup a depuis renforcĂ© les contrĂ´les parentaux, tandis que la Californie a promulguĂ© une lĂ©gislation rĂ©gulant les agents conversationnels, ou “chatbots”.- Spectaculaire cambriolage au Louvre – Le 19 octobre, des malfaiteurs vĂŞtus de gilets d’ouvriers s’introduisent en plein jour, au moyen d’un monte-charge servant d’ordinaire Ă  des dĂ©mĂ©nagements, dans le prestigieux musĂ©e parisien du Louvre après avoir brisĂ© une vitre. Ils dĂ©coupent Ă  la disqueuse des vitrines et y dĂ©robent des joyaux de la Couronne estimĂ©s Ă  88 millions d’euros, le tout en huit minutes.En prenant la fuite en scooter, ils laissent tomber la couronne de l’impĂ©ratrice EugĂ©nie (Ă©pouse de NapolĂ©on III) qui sera retrouvĂ©e endommagĂ©e.Ce casse spectaculaire est commentĂ© dans le monde entier et met en lumière les failles sĂ©curitaires du plus cĂ©lèbre musĂ©e de la planète.Quatre hommes soupçonnĂ©s d’avoir composĂ© le commando ont Ă©tĂ© inculpĂ©s et Ă©crouĂ©s, mais le butin n’a pas Ă©tĂ© retrouvĂ© Ă  ce jour.- Frappes amĂ©ricaines dans les CaraĂŻbes et le Pacifique – Washington a dĂ©ployĂ© depuis aoĂ»t un important dispositif militaire au large du Venezuela, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue Ă  destination des Etats-Unis.Une sĂ©rie de frappes ont Ă©tĂ© menĂ©es ces dernières semaines dans les CaraĂŻbes et le Pacifique contre des embarcations soupçonnĂ©es de transporter de la drogue, faisant une centaine de morts, des opĂ©rations Ă  la lĂ©galitĂ© mise en doute par les experts. Caracas y voit un prĂ©texte visant Ă  renverser le prĂ©sident Nicolas Maduro et Ă  s’emparer des rĂ©serves pĂ©trolières du pays. Après avoir saisi le 10 dĂ©cembre un pĂ©trolier transportant du brut vĂ©nĂ©zuĂ©lien, Washington a annoncĂ© un “blocus total” contre les “pĂ©troliers sous sanctions” allant au Venezuela ou le quittant.Washington accuse Nicolas Maduro d’ĂŞtre Ă  la tĂŞte d’un cartel et offre une rĂ©compense de 50 millions de dollars pour sa capture.- EvĂ©nements climatiques records – Inondations meurtrières, puissantes tempĂŞtes… Les phĂ©nomènes mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes se sont succĂ©dĂ©s, leur frĂ©quence et leur intensitĂ© Ă©tant accentuĂ©es par le dĂ©règlement climatique gĂ©nĂ©rĂ© par l’activitĂ© humaine, selon les scientifiques.L’ouragan Melissa, l’un des plus puissants Ă  avoir jamais balayĂ© les CaraĂŻbes, a dĂ©vastĂ© des rĂ©gions entières de la JamaĂŻque et inondĂ© HaĂŻti et Cuba.En Asie du Sud-Est, les Philippines ont Ă©tĂ© frappĂ©s en moins de deux mois par les typhons Ragasa, Kalmaegi et Fung-wong. Le Vietnam a Ă©tĂ© meurtri par des tempĂŞtes, inondations et glissements de terrain, tandis que deux tempĂŞtes tropicales ont fait des centaines de morts en fin d’annĂ©e au Sri Lanka et en IndonĂ©sie.Alors que les tempĂ©ratures grimpaient, les feux de forĂŞt se sont intensifiĂ©s en Europe, avec un nombre record d’hectares brĂ»lĂ© pendant l’Ă©tĂ©. Le pourtour mĂ©diterranĂ©en français a connu son pire incendie depuis 50 ans.Aux Etats-Unis, des feux dĂ©clenchĂ©s par la foudre ont entraĂ®nĂ© mi-juillet la fermeture de la rive nord du cĂ©lèbre Grand Canyon (Arizona) pour le reste de la saison touristique.burs-jc-paj/maj-ang/jco

Les Etats-Unis saisissent un second pĂ©trolier au large du Venezuela qui dĂ©nonce un “vol”

Les Etats-Unis ont saisi samedi un second pĂ©trolier au large du Venezuela au nom de ce que Washington prĂ©sente comme la lutte contre le trafic de drogue, Caracas dĂ©nonçant un “vol” et un acte de “piraterie navale”.En dĂ©but de semaine, Donald Trump a annoncĂ© un “blocus total” contre des pĂ©troliers sous sanctions se rendant ou partant du Venezuela. Le prĂ©sident amĂ©ricain a mĂŞme dĂ©clarĂ© vendredi qu’il n’excluait pas une guerre avec ce pays pĂ©trolier d’AmĂ©rique du Sud prĂ©sidĂ© par le socialiste Nicolas Maduro, bĂŞte noire des Etats-Unis.Selon Caracas, l’administration Trump utilise des accusation fallacieuses de trafic de drogue pour chercher Ă  renverser le dirigeant vĂ©nĂ©zuĂ©lien et prendre le contrĂ´le des importantes ressources pĂ©trolières du pays.La ministre de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure, Kristi Noem, a annoncĂ© samedi sur X l’interception avant l’aube le 20 dĂ©cembre par les garde-cĂ´tes amĂ©ricains et avec le soutien du Pentagone d'”un pĂ©trolier qui avait accostĂ© pour la dernière fois au Venezuela”.Un message accompagnĂ© d’une vidĂ©o de près de huit minutes avec des prises de vue aĂ©riennes montrant un hĂ©licoptère au-dessus du pont d’un pĂ©trolier en mer et un soldat y dĂ©barquant.- Pas de sanctions sur le pĂ©trolier -“Les Etats-Unis continueront de traquer le flux illĂ©gal de pĂ©trole sous sanctions qui sert Ă  financer le narcoterrorisme dans la rĂ©gion”, a martelĂ© Mme Noem.Son ministère a donnĂ© le nom du bateau, le Centuries, qu’il a accusĂ© de “transporter du pĂ©trole sous sanctions amĂ©ricaines”. Selon le site TankerTrackers, le navire bat pavillon panamĂ©en et a chargĂ© 1,8 million de barils de brut dans un port vĂ©nĂ©zuĂ©lien pour le compte d’une sociĂ©tĂ© chinoise.Le Centuries n’apparaĂ®t toutefois pas sur la liste des personnes morales ou physiques sous sanctions du TrĂ©sor amĂ©ricain examinĂ©e par l’AFP.”Le pĂ©trolier contient du pĂ©trole de la PDSVA (la compagnie pĂ©trolière publique vĂ©nĂ©zuĂ©lienne) sous sanctions”, a justifiĂ© sur X une porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly.D’après elle, le navire navigue sous “un faux pavillon et fait partie de la flotte fantĂ´me vĂ©nĂ©zuĂ©lienne pour du trafic de pĂ©trole volĂ© et financer le rĂ©gime narcoterroriste de Maduro”.- Embargo amĂ©ricain -“Le Venezuela dĂ©nonce et rejette catĂ©goriquement le vol et l’enlèvement d’un nouveau navire privĂ© transportant du pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien, ainsi que la disparition forcĂ©e de son Ă©quipage, actes commis par des militaires des Etats-Unis”, a tonnĂ© Caracas dans un communiquĂ©.L’armĂ©e amĂ©ricaine a saisi le 10 dĂ©cembre un premier pĂ©trolier au large du Venezuela, ce que M. Maduro avait qualifiĂ© de “piraterie navale”.”Ces actes ne resteront pas impunis”, a averti Caracas samedi, promettant une “dĂ©nonciation devant le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies”.Soumis Ă  un embargo amĂ©ricain depuis 2019, le pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien est Ă©coulĂ© Ă  des prix infĂ©rieurs aux prix du marchĂ©, Ă  destination notamment de la Chine.Caracas dĂ©ment toute implication dans le trafic de drogue et assure que Washington cherche Ă  renverser le prĂ©sident Maduro pour s’emparer des rĂ©serves pĂ©trolières du pays.Pour justifier le blocus, Donald Trump affirme que le Venezuela se sert de l’or noir pour financer “le narcoterrorisme, la traite d’ĂŞtres humains, les meurtres et les enlèvements”.Il a Ă©galement assurĂ© cette semaine que le Venezuela avait volĂ© du pĂ©trole et des terres appartenant aux Etats-Unis, sans Ă©tayer cette accusation qui semble liĂ©e Ă  la nationalisation de l’industrie pĂ©trolière vĂ©nĂ©zuĂ©lienne dans les annĂ©es 1970 et Ă  l’obligation imposĂ©e aux “majors” Ă©trangères prĂ©sentes dans le pays de travailler au sein d’entreprises mixtes contrĂ´lĂ©es par PDVSA.Les Etats-Unis ont dĂ©ployĂ© depuis cet Ă©tĂ© un important dispositif militaire dans les CaraĂŻbes, et bombardĂ© des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte contre le trafic de drogues, des opĂ©rations Ă  la lĂ©galitĂ© mise en doute par des experts, ONG et responsables des Nations unies.Ces opĂ©rations ont tuĂ© au moins 104 personnes dans les CaraĂŻbes et le Pacifique, sans que Washington ne fournisse la moindre preuve que les navires visĂ©s Ă©taient effectivement impliquĂ©s dans un quelconque trafic.Et le prĂ©sident amĂ©ricain agite depuis des semaines la menace d’une intervention terrestre.En marge du sommet du Mercosur samedi Ă  Foz do Iguaçu, au BrĂ©sil, le prĂ©sident Lula a mis en garde contre une “catastrophe humanitaire” en cas de conflit armĂ© au Venezuela, alors que son homologue argentin Javier Milei a au contraire saluĂ© “la pression” des Etats-Unis.burs/nr/phs

Le Venezuela accuse les Etats-Unis du “vol” d’un second pĂ©trolier

Le Venezuela a dĂ©noncĂ© samedi le “vol” par les Etats-Unis d’un second pĂ©trolier au large de ses cĂ´tes, quelques jours après la mise en place par Washington d’un blocus naval visant Ă  accentuer la pression Ă©conomique sur le pays prĂ©sidĂ© par Nicolas Maduro.En dĂ©but de semaine, le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a annoncĂ© la mise en place d’un “blocus total” contre des pĂ©troliers sous sanctions se rendant ou partant du Venezuela. Il a mĂŞme dĂ©clarĂ© vendredi qu’il n’excluait pas une guerre avec ce pays pĂ©trolier d’AmĂ©rique du Sud, bĂŞte noire des Etats-Unis depuis des dĂ©cennies.L’administration Trump est soupçonnĂ©e de chercher Ă  faire partir le prĂ©sident socialiste Maduro, qu’elle accuse d’ĂŞtre Ă  la tĂŞte d’un rĂ©seau de trafiquants de drogues.”Lors d’une opĂ©ration menĂ©e avant l’aube ce matin du 20 dĂ©cembre, les garde-cĂ´tes amĂ©ricains, avec le soutien du ministère de la Guerre (le Pentagone, NDLR), ont interceptĂ© un pĂ©trolier qui avait accostĂ© pour la dernière fois au Venezuela”, a annoncĂ© sur X la ministre amĂ©ricaine de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure, Kristi Noem.Son message est accompagnĂ© d’une vidĂ©o de près de huit minutes avec des prises de vue aĂ©riennes montrant un hĂ©licoptère au-dessus du pont d’un pĂ©trolier en mer et un soldat y dĂ©barquant.- “Narcoterrorisme” -“Les Etats-Unis continueront de traquer le flux illĂ©gal de pĂ©trole sous sanctions qui sert Ă  financer le narcoterrorisme dans la rĂ©gion”, a martelĂ© Mme Noem, une fidèle de Donald Trump.Selon le New York Times, le navire saisi samedi bat pavillon panamĂ©en et transporte du pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien appartenant Ă  une compagnie chinoise.”Le Venezuela dĂ©nonce et rejette catĂ©goriquement le vol et l’enlèvement d’un nouveau navire privĂ© transportant du pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien, ainsi que la disparition forcĂ©e de son Ă©quipage, actes commis par des militaires des Etats-Unis”, a tonnĂ© le gouvernement dans un communiquĂ© samedi.Les forces amĂ©ricaines avaient dĂ©jĂ  saisi le 10 dĂ©cembre un pĂ©trolier au large du Venezuela, une opĂ©ration qualifiĂ©e de “piraterie navale” par Nicolas Maduro.Caracas a assurĂ© que “ces actes ne resteraient pas impunis”, et a promis d'”exercer toutes les actions (adĂ©quates), y compris la dĂ©nonciation devant le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies, d’autres organismes multilatĂ©raux et les gouvernements du monde”.- Embargo amĂ©ricain -Soumis Ă  un embargo amĂ©ricain depuis 2019, le pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien est Ă©coulĂ© sur le marchĂ© noir Ă  des prix infĂ©rieurs et Ă  destination notamment de la Chine.Caracas dĂ©ment toute implication dans le trafic de drogue et assure que Washington cherche Ă  renverser le prĂ©sident Maduro pour s’emparer des rĂ©serves pĂ©trolières du pays.Pour justifier le blocus, Donald Trump affirme que le Venezuela se sert de l’or noir pour financer “le narcoterrorisme, la traite d’ĂŞtres humains, les meurtres et les enlèvements”.Il a Ă©galement assurĂ© cette semaine que le Venezuela avait volĂ© du pĂ©trole et des terres appartenant aux Etats-Unis, sans Ă©tayer cette accusation qui semble liĂ©e Ă  la nationalisation de l’industrie pĂ©trolière vĂ©nĂ©zuĂ©lienne dans les annĂ©es 1970 et Ă  l’obligation imposĂ©e aux “majors” Ă©trangères prĂ©sentes dans le pays de travailler au sein d’entreprises mixtes contrĂ´lĂ©es par PDVSA.Les Etats-Unis ont dĂ©ployĂ© depuis cet Ă©tĂ© un important dispositif militaire dans les CaraĂŻbes, et bombardĂ© des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte contre le trafic de drogues, des opĂ©rations Ă  la lĂ©galitĂ© mise en doute par des experts, ONG et responsables des Nations unies.Ces opĂ©rations ont tuĂ© au moins 104 personnes dans les CaraĂŻbes et le Pacifique, sans que Washington ne fournisse la moindre preuve que les navires visĂ©s Ă©taient effectivement impliquĂ©s dans un quelconque trafic.Et le prĂ©sident amĂ©ricain agite depuis des semaines la menace d’une intervention terrestre.Les tensions entre les deux pays se sont imposĂ©es samedi au programme du sommet du Mercosur Ă  Foz do Iguaçu, au BrĂ©sil.Le prĂ©sident brĂ©silien Lula a mis en garde contre une “catastrophe humanitaire” en cas de conflit armĂ© au Venezuela, alors que son homologue argentin Javier Milei a saluĂ© “la pression” de Washington sur Caracas.burs-ph-pgf/nr/gmo

Lula et Milei aux antipodes face au risque de conflit au Venezuela

Le prĂ©sident brĂ©silien Lula a mis en garde contre une “catastrophe humanitaire” en cas de conflit armĂ© au Venezuela, samedi lors du sommet du Mercosur Ă  Foz do Iguaçu au BrĂ©sil, oĂą son homologue argentin Javier Milei a saluĂ© “la pression” des Etats-Unis sur Caracas.Les deux dirigeants sud-amĂ©ricains, aux antipodes sur l’Ă©chiquier politique, ont tenu ces propos diamĂ©tralement opposĂ©s après que le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump n’a pas Ă©cartĂ© la possibilitĂ© d’une guerre contre le Venezuela lors d’un entretien Ă  la chaĂ®ne NBC diffusĂ© vendredi.Samedi, le bloc sud-amĂ©ricain Ă©tait censĂ© sceller l’accord de libre-Ă©change avec l’Union EuropĂ©enne (UE), mais les rĂ©ticences de la France et de l’Italie ont reportĂ© la signature au dernier moment.Et Lula a tenu Ă  Ă©voquer face Ă  ses homologues sud-amĂ©ricains le sujet brĂ»lant de l’escalade des tensions entre les Etats-Unis et le Venezuela.Washington a dĂ©ployĂ© un important dispositif militaire dans les CaraĂŻbes depuis cet Ă©tĂ©, et menĂ© une sĂ©rie de frappes visant des embarcations de trafiquants de drogue prĂ©sumĂ©s dans les CaraĂŻbes et le Pacifique.Au moins 104 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans ces frappes depuis le dĂ©but de ces opĂ©rations, sans que le gouvernement amĂ©ricain n’ait jamais fourni la moindre preuve que les navires visĂ©s Ă©taient effectivement impliquĂ©s dans un quelconque trafic.En parallèle, le prĂ©sident amĂ©ricain agite depuis des semaines la menace d’une intervention terrestre.Samedi, les Etats-Unis ont saisi un nouveau pĂ©trolier au large du Venezuela, ont rapportĂ© samedi plusieurs mĂ©dias amĂ©ricains.Les forces amĂ©ricaines avaient dĂ©jĂ  saisi la semaine passĂ©e un pĂ©trolier au large des cĂ´tes du pays, une opĂ©ration qui avait Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e comme de la “piraterie navale” par le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien Nicolas Maduro.”Quatre dĂ©cennies après la guerre des Malouines, le continent sud-amĂ©ricain est Ă  nouveau hantĂ© par la prĂ©sence militaire d’une puissance” Ă©trangère, a affirmĂ© Lula Ă  Foz do Iguaçu.”Une intervention armĂ©e au Venezuela serait une catastrophe humanitaire pour l’hĂ©misphère (sud) et un prĂ©cĂ©dent dangereux pour le monde”, a-t-il insistĂ©.M. Milei a au contraire saluĂ© “la pression des États-Unis et de Donald Trump pour libĂ©rer le peuple vĂ©nĂ©zuĂ©lien”.”La dictature atroce et inhumaine du narco-terroriste Nicolas Maduro projette une ombre sombre sur notre rĂ©gion. Ce danger et cette honte ne peuvent pas continuer d’exister sur le continent, sinon ils finiront par nous entraĂ®ner tous avec eux”, a lancĂ© le dirigeant ultralibĂ©ral. – Accord UE-Mercosur signĂ© en janvier? -Les prĂ©sidents du BrĂ©sil et de l’Argentine sont en revanche alignĂ©s au sujet de l’accord entre l’UE et le Mercosur.”Sans volontĂ© politique et sans courage de la part des dirigeants, ce ne sera pas possible de conclure une nĂ©gociation qui traĂ®ne depuis 26 ans”, a dĂ©clarĂ© Lula.”Hier, j’ai reçu une lettre des prĂ©sidents de la Commission europĂ©enne et du Conseil europĂ©en, dans laquelle tous deux expriment l’espoir de voir l’accord approuvĂ© en janvier”, a-t-il ajoutĂ©.L’Argentine, le BrĂ©sil, le Paraguay et l’Uruguay espĂ©raient initialement parapher le traitĂ© ce samedi, tout comme la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne, Ursula von der Leyen, et la plupart des pays de l’UE.Mais cette signature a finalement Ă©tĂ© reportĂ©e, face Ă  la colère des agriculteurs europĂ©ens, notamment en France et en Italie.Au sujet de la rĂ©ticence de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a jugĂ© une signature samedi “prĂ©maturĂ©e”, Lula a affirmĂ© qu’elle lui avait assurĂ© au tĂ©lĂ©phone qu’elle serait “prĂŞte” Ă  l’accepter dĂ©but janvier.”Si elle est prĂŞte Ă  signer et qu’il ne manque plus que la France, Ursula von der Leyen et AntĂłnio Costa (prĂ©sident du Conseil europĂ©en, ndlr) m’ont assurĂ© que la France ne pourra pas, Ă  elle seule, bloquer l’accord”, a-t-il ajoutĂ©.L’accord UE-Mercosur permettrait aux europĂ©ens d’exporter davantage de vĂ©hicules, machines, vins et spiritueux en AmĂ©rique du Sud. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrĂ©e en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-amĂ©ricains, ce qui alarme les filières concernĂ©es.Samedi, des barrages sont toujours en place sur des axes routiers et autoroutiers du sud-ouest de la France, au premier jour des vacances scolaires dans le pays. 

Accord UE-Mercosur: Lula en appelle au “courage” des dirigeants europĂ©ens

Le prĂ©sident brĂ©silien Luiz Inacio Lula da Silva a appelĂ© samedi les dirigeants de l’Union EuropĂ©enne (UE) Ă  faire preuve de “courage”, après le report de la signature de l’accord de libre-Ă©change avec le Mercosur.”Sans volontĂ© politique et sans courage de la part des dirigeants, ce ne sera pas possible de conclure une nĂ©gociation qui traĂ®ne depuis 26 ans”, a dĂ©clarĂ© Lula en ouverture du sommet du bloc sud-amĂ©ricain, Ă  Foz do Iguaçu, dans le sud du BrĂ©sil.”Hier, j’ai reçu une lettre des prĂ©sidents de la Commission europĂ©enne et du Conseil europĂ©en, dans laquelle tous deux expriment l’espoir de voir l’accord approuvĂ© en janvier”, a-t-il ajoutĂ©.L’Argentine, le BrĂ©sil, le Paraguay et l’Uruguay espĂ©raient initialement parapher le traitĂ© ce samedi, tout comme la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne, Ursula von der Leyen, et la plupart des pays de l’UE.Mais cette signature a finalement Ă©tĂ© reportĂ©e, face Ă  la colère des agriculteurs europĂ©ens, notamment en France et en Italie.Vendredi, des dizaines d’agriculteurs ont manifestĂ© devant la villa du prĂ©sident français Emmanuel Macron au Touquet, dans le nord de la France, dĂ©versant des tonnes de fumier, de pneus et de branchages Ă  l’entrĂ©e de la rĂ©sidence.Et samedi, des barrages sont toujours en place sur des axes routiers et autoroutiers du sud-ouest de la France, au premier jour des vacances scolaires dans le pays. M. Macron a jugĂ© qu’il Ă©tait “trop tĂ´t” pour dire s’il acceptera la signature le mois prochain.”Nous connaissions tous la position historique de la France, ce n’Ă©tait pas une nouveautĂ©”, a dĂ©clarĂ© Lula samedi.Au sujet de la rĂ©ticence de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a jugĂ© “prĂ©maturĂ©e” une signature de l’accord samedi, le prĂ©sident brĂ©silien a affirmĂ© qu’elle lui avait assurĂ© lors d’une conversation tĂ©lĂ©phonique qu’elle serait “prĂŞte” Ă  l’accepter dĂ©but janvier.”Si elle est prĂŞte Ă  signer et qu’il ne manque plus que la France, Ursula von der Leyen et AntĂłnio Costa (prĂ©sident du Conseil europĂ©en, ndlr) m’ont assurĂ© que la France ne pourra pas, Ă  elle seule, bloquer l’accord”, a lancĂ© Lula.- “DĂ©fense du multilatĂ©ralisme” -L’accord UE-Mercosur permettrait aux europĂ©ens d’exporter davantage de vĂ©hicules, machines, vins et spiritueux en AmĂ©rique du Sud. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrĂ©e en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-amĂ©ricains, ce qui alarme les filières concernĂ©es.Une source au sein de la Commission europĂ©enne et deux diplomates ont indiquĂ© que la nouvelle Ă©chĂ©ance visĂ©e est dĂ©sormais le 12 janvier au Paraguay, qui va succĂ©der au BrĂ©sil Ă  la prĂ©sidence tournante du Mercosur.Mais le ministre paraguayen des Affaires Ă©trangères, RubĂ©n RamĂ­rez, avait affirmĂ© vendredi n’avoir reçu “aucune communication officielle” au sujet de cette date.Il avait Ă©galement mis en garde l’UE, affirmant que la patience du Mercosur avait des limites.”Nous sommes prĂŞts Ă  aller de l’avant, sachant que l’Europe a ses dĂ©lais Ă  respecter pour rĂ©gler les questions institutionnelles internes, mais en mĂŞme temps, ces dĂ©lais ne sont pas infinis”, avait-il lancĂ©.Lula avait mis un point d’honneur Ă  ce que le traitĂ© soit signĂ© dans son pays, avant de transmettre la prĂ©sidence du Mercosur au Paraguay.”Nous avions entre nos mains l’occasion de transmettre au monde un message important en dĂ©fense du multilatĂ©ralisme et de renforcer notre position stratĂ©gique dans un contexte mondial de plus en plus compĂ©titif. Mais, malheureusement, l’Europe ne s’est pas encore dĂ©cidĂ©e”, a-t-il dĂ©plorĂ©.

Colère agricole: des barrages persistent dans le Sud-Ouest, au premier jour des vacances

“On ne va pas lâcher”: au lendemain de nouvelles annonces de SĂ©bastien Lecornu et malgrĂ© les appels gouvernementaux Ă  une “trĂŞve de NoĂ«l”, des barrages d’agriculteurs ont Ă©tĂ© maintenus samedi sur des axes routiers et autoroutiers du Sud-Ouest, au premier jour des vacances scolaires.Ă€ Cestas, au sud de Bordeaux, l’A63 doit rester bloquĂ©e “minimum jusqu’Ă  dimanche soir”, selon la Coordination rurale de Gironde (CR33), qui dĂ©nonce la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine.”Rien n’est prĂ©vu pour lever le camp. On a dit au prĂ©fet qu’on avait Ă  manger jusqu’Ă  dimanche soir, mĂŞme plus”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Ludovic Ducloux, viticulteur et coprĂ©sident de la CR33, alors qu’une trentaine de taxis sont arrivĂ©s en convoi jusqu’Ă  ce barrage autoroutier samedi en fin de matinĂ©e pour soutenir les agriculteurs.Les manifestants ont toutefois dĂ©cidĂ© de rouvrir samedi une bretelle d’accès Ă  l’autoroute dans le sens Bordeaux-Bayonne afin de ne pas pĂ©naliser les vacanciers et ils ont dĂ©blayĂ© l’Ă©changeur concernĂ©, a constatĂ© un journaliste de l’AFP TV. La prĂ©fecture de Gironde a confirmĂ© que le trafic pouvait reprendre de Bordeaux Ă  Bayonne, moyennant une courte dĂ©viation de deux kilomètres au niveau du barrage.”On ne va pas bloquer les voitures pour que les gens puissent aller voir leur famille ou partir en vacances”, a soulignĂ© Ludovic Ducloux.- TrĂŞve partielle -Samedi matin, l’autoroute A64 Toulouse-Bayonne restait fermĂ©e sur plus de 180 km, de la Haute-Garonne aux PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, comme Ă  Carbonne près de Toulouse. “On ne va pas lâcher ce coup-ci”, a prĂ©venu Thierry LĂ©on, coprĂ©sident de la CR des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques.Sur l’A89 entre Clermont-Ferrand et Bordeaux, des barrages ont Ă©tĂ© levĂ©s en Corrèze et en Dordogne, ont annoncĂ© les prĂ©fectures concernĂ©es. Et sur l’A20, la circulation a repris Ă  hauteur de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), mais seulement dans le sens Toulouse-Paris.Des blocages persistaient en revanche sur l’A75 en Aveyron, oĂą une opĂ©ration escargot prĂ©vue ce samedi a Ă©tĂ© interdite par la prĂ©fecture. Dans l’Ariège, la RN20 Toulouse-Andorre, route d’accès Ă  la station de ski d’Ax-Trois-Domaines, reste coupĂ©e Ă  Tarascon-sur-Ariège.Le blocage doit se poursuivre “jusqu’Ă  ce que (le Premier ministre) SĂ©bastien Lecornu annonce la fin de l’abattage total” des troupeaux de bovins Ă  la dĂ©couverte d’un cas de DNC, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Christophe GouazĂ©, Ă©leveur ariĂ©geois membre de la ConfĂ©dĂ©ration paysanne.Reçues hier Ă  Matignon, la Coordination rurale et la ConfĂ©dĂ©ration paysanne n’ont pas appelĂ© Ă  la levĂ©e des blocages en cette pĂ©riode de fĂŞtes de fin d’annĂ©e.Les sections dĂ©partementales sont libres de continuer le mouvement, a confirmĂ© samedi matin sur France Inter le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CR, François Walraet, tout en appelant Ă  “faire une pause” pendant NoĂ«l.- “Le compte n’y est pas” -La FNSEA, suivie par les Jeunes agriculteurs, a appelĂ© vendredi Ă  une “trĂŞve”, conditionnĂ©e Ă  un “courrier” avec “l’ensemble des intentions” du Premier ministre.Dans ce courrier consultĂ© par l’AFP vendredi, SĂ©bastien Lecornu a de nouveau dĂ©fendu la stratĂ©gie gouvernementale de lutte contre la dermatose, consistant notamment Ă  abattre la totalitĂ© d’un foyer touchĂ© par la maladie, et a fait passer le montant du fonds d’urgence annoncĂ© en dĂ©but de semaine de 10 Ă  11 millions d’euros.”Les rĂ©ponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloquĂ©s, la sĂ©curisation Ă©conomique des exploitations ou encore le soutien aux cĂ©rĂ©aliers, ne sont pas au rendez-vous. Le compte n’y est pas”, a rĂ©agi la FNSEA, qui soutient la stratĂ©gie sanitaire actuelle mais demandait notamment au gouvernement des “garanties” sur la taxe carbone europĂ©enne appliquĂ©e aux engrais.Un courrier “pas suffisant” non plus pour leurs alliĂ©s des Jeunes agriculteurs, a expliquĂ© sur France 2 leur prĂ©sident Pierrick Horel. “On fera des actions coup de poing ça et lĂ  d’ici Ă  NoĂ«l, mais pas de blocages routiers pour nous”, a-t-il ajoutĂ©.”Les annonces, globalement, sont assez faibles. Ce ne sont que des promesses, a rĂ©agi François Walraet. Il est indispensable que l’État se mette Ă  rĂ©flĂ©chir” sur le protocole d’abattage.tb-jed-mdz-bdu/alv

Galeries Lafayette vend les murs du BHV Ă  un investisseur anglo-saxon

Nouveau rebondissement pour le magasin parisien BHV: Galeries Lafayette a annoncĂ© samedi entrer en nĂ©gociations exclusives avec un investisseur anglo-saxon, pour lui cĂ©der les murs du bâtiment dès janvier, le groupe SGM continuant d’assurer l’exploitation du BHV.Le nom de ce groupe “disposant d’une expertise reconnue dans la gestion d’actifs immobiliers”, selon le communiquĂ©, n’a pas Ă©tĂ© donnĂ©. C’est un nouvel Ă©pisode pour le BHV dont le fonds de commerce a Ă©tĂ© rachetĂ© il y a deux ans par le groupe SGM, cofondĂ© par FrĂ©dĂ©ric Merlin et qui se trouve dans la tourmente depuis l’annonce de son alliance dĂ©but octobre avec le gĂ©ant du commerce en ligne Shein.Initialement, SGM Ă©tait sur les rangs pour racheter les murs du magasin: le groupe Ă©tait liĂ© aux Galeries Lafayette par une promesse de vente arrivant Ă  Ă©chĂ©ance vendredi. Mais le tour de table s’est avĂ©rĂ© plus difficile que prĂ©vu, en particulier après que SGM a Ă©tĂ© lâchĂ© par la Banque des territoires, dans le sillage du scandale Shein.AuditionnĂ© fin novembre Ă  l’AssemblĂ©e nationale, M. Merlin avait Ă©voquĂ© des “discussions extrĂŞmement prĂ©cises” avec des “fonds d’investissement” Ă©trangers non chinois.C’est donc finalement un groupe anglo-saxon, dont ni SGM, ni Galeries Lafayette contactĂ©s par l’AFP, n’ont voulu donner le nom, qui devrait acheter les murs. Cette vente se fait selon les conditions qui avaient Ă©tĂ© proposĂ©es au groupe SGM, est-il ajoutĂ© sans prĂ©cision.”Cette acquisition serait rĂ©alisĂ©e par l’investisseur en accord avec le groupe SGM, qui continuera Ă  assurer l’exploitation du BHV”, ajoute le communiquĂ©.”Nous sommes heureux de cette nouvelle Ă©tape franchie”, a rĂ©agi auprès de l’AFP un porte-parole de SGM, “nous restons focalisĂ©s sur la finalisation de cette opĂ©ration”.- Plus d’espace pour Shein -Dans un entretien mi-dĂ©cembre au magazine spĂ©cialisĂ© LSA, FrĂ©dĂ©ric Merlin a dĂ©voilĂ© ses nouveaux projets pour le BHV avec notamment une halle alimentaire de 1.000 m2 en juin 2026, la crĂ©ation d’une marque BHV, l’implantation d’un restaurant de type “bouillon” ou encore une offre de parapharmacie.Loin d’ĂŞtre refroidi par la polĂ©mique, le patron du BHV entend Ă©galement donner plus de place aux produits Shein, qui occupent dĂ©jĂ  un espace de plus de 1.000 m2, en leur dĂ©diant un Ă©tage entier.FrĂ©dĂ©ric Merlin a suscitĂ© un tollĂ© en annonçant dĂ©but octobre l’installation, au sein du BHV, du premier magasin physique au monde aux couleurs de la marque asiatique de mode ultra-Ă©phĂ©mère, accusĂ©e de nombreux maux (concurrence dĂ©loyale, pollution…). La Banque des territoires, entitĂ© de la Caisse des dĂ©pĂ´ts, avait par la suite annoncĂ© son retrait des nĂ©gociations entamĂ©es en juin avec SGM pour l’aider Ă  s’offrir le bâtiment, invoquant une “rupture de confiance”.Refusant de voir son nom associĂ© Ă  Shein, Galeries Lafayette a par ailleurs rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province – rebaptisĂ©s BHV.A cela s’est ajoutĂ© le dĂ©part du magasin parisien de nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) en raison d’une accumulation d’impayĂ©s ou par opposition Ă  Shein.Mardi, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo avait accentuĂ© la pression en manifestant l’intĂ©rĂŞt de la capitale pour les murs du grand magasin, situĂ© comme son nom l’indique (BHV pour Bazar de l’HĂ´tel de Ville) juste sous les fenĂŞtres de l’HĂ´tel de ville. Son adjoint chargĂ© du commerce, Nicolas Bonnet-Oulaldj, avait estimĂ© le montant de la transaction Ă  300 millions d’euros.

En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d’Europe suspendu au sort de colĂ©optères

A l’heure oĂą l’Europe cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  accroĂ®tre son autonomie stratĂ©gique, les plans de dĂ©veloppement du plus grand gisement de terres rares du continent se heurtent aux craintes suscitĂ©es par l’impact sur des colĂ©optères, mousses, champignons et autres espèces menacĂ©es.A deux heures de route au sud-ouest d’Oslo, Ulefoss, ancienne bourgade minière de quelque 2.000 habitants, repose sur un trĂ©sor, le Fensfeltet: 8,8 millions de tonnes de terres rares, des mĂ©taux indispensables Ă  la transition Ă©nergĂ©tique et numĂ©rique, et dĂ©finis comme critiques par l’Union europĂ©enne.”Vous avez des terres rares dans la poche quand vous avez un smartphone sur vous. Vous roulez avec des terres rares quand vous ĂŞtes au volant d’un vĂ©hicule Ă©lectrique, et vous avez besoin de terres rares pour fabriquer du matĂ©riel de dĂ©fense comme les avions F-35″, explique Tor Espen Simonsen, responsable local de Rare Earths Norway, l’entreprise qui dispose des droits d’extraction.”Aujourd’hui, l’industrie europĂ©enne importe presque la totalitĂ©, 98%, des terres rares dont elle a besoin depuis un seul pays: la Chine. Nous sommes donc dans une situation oĂą l’Europe doit se procurer davantage de ces matières premières par elle-mĂŞme”, ajoute-t-il.Dans son règlement sur les matières premières critiques (CRMA), destinĂ© Ă  sĂ©curiser ses approvisionnements, l’UE s’est fixĂ© l’objectif de subvenir Ă  au moins 10% de ses besoins Ă  l’horizon 2030. Or, aucun gisement de terres rares n’est aujourd’hui en exploitation sur le continent.- “Se hâter lentement” -Rare Earths Norway a dĂ©jĂ  dĂ» repousser son calendrier et envisage dĂ©sormais d’entamer l’extraction dans la première moitiĂ© de la dĂ©cennie 2030 en raison de prĂ©occupations environnementales.Si son projet dit de “mine invisible” limite son empreinte Ă©cologique en prĂ©voyant une extraction et un concassage sous terre – par opposition Ă  une mine Ă  ciel ouvert – ainsi que la rĂ©injection sous le sol d’une grande partie des rĂ©sidus miniers, l’emplacement privilĂ©giĂ© pour son parc minier pose problème.L’entreprise souhaiterait faire remonter ses minerais derrière une colline, dans une zone Ă  l’abri des regards et essentiellement recouverte de forĂŞts naturelles anciennes, riches en biodiversitĂ©.Des expertises y ont recensĂ© 78 espèces animales et vĂ©gĂ©tales placĂ©es sur la liste rouge, c’est-Ă -dire menacĂ©es – Ă  des degrĂ©s divers – de disparition: diffĂ©rents colĂ©optères saproxyliques (liĂ©s au bois mort), des ormes de montagne, des frĂŞnes communs, une quarantaine de types de champignons, des mousses…A tel point que le prĂ©fet, lors du cycle de consultations, s’est dit formellement opposĂ© Ă  cet emplacement. D’autant que la dĂ©charge de stĂ©riles (roches sans valeur commerciale) dans la zone aurait aussi des consĂ©quences extrĂŞmement nĂ©gatives pour les systèmes aquatiques.”Nous devons exploiter le plus rapidement possible pour pouvoir nous passer des chaĂ®nes de valeur polluantes en provenance de Chine”, souligne Martin Molvaer, conseiller de Bellona, une ONG environnementale technophile norvĂ©gienne.”Mais cela ne doit pas aller si vite que nous dĂ©truisions une grande partie de la nature au passage: il faut donc se hâter lentement”, dit-il.- “Peste et cholĂ©ra” -Face Ă  ces objections, la municipalitĂ© a Ă©tĂ© contrainte de revoir sa copie et d’examiner plus attentivement des emplacements alternatifs pour les futures installations en surface de la mine.Une autre zone, Ă©cologiquement moins sensible, existe bien, mais elle n’a les faveurs ni des promoteurs miniers ni de la population locale.”Nous reconnaissons que nous devrons sacrifier une partie importante de notre nature”, confie la maire Linda Thorstensen, “c’est un peu comme devoir choisir entre la peste et le cholĂ©ra”.Mais dans une bourgade qui perd ses emplois et ses jeunes depuis des dĂ©cennies, l’Ă©dile reste très favorable au projet, y voyant “une nouvelle aventure”.”Beaucoup de personnes vivent en marge du marchĂ© du travail, nombreuses sont celles qui perçoivent une aide sociale ou une pension d’invaliditĂ©. Nous avons donc besoin d’emplois et de perspectives”, dit-elle.Dans les rues clairsemĂ©es d’Ulefoss, la population est aussi prudemment positive.”Nous voulons une dynamique qui nous permette de nous enrichir, que la commune en retire quelque chose. Nous avons besoin d’argent et de davantage d’habitants”, tĂ©moigne Inger Norendal, enseignante Ă  la retraite de 70 ans. “Mais l’exploitation minière a aussi Ă©videmment le revers de sa mĂ©daille.”

Report de l’accord UE-Mercosur: le Paraguay s’impatiente

Le Paraguay a averti vendredi l’Union europĂ©enne que le temps n’Ă©tait pas “infini” pour signer l’accord commercial avec le Mercosur, lors d’une rĂ©union du bloc sud-amĂ©ricain bousculĂ©e par le report de la signature de ce texte qui attise la colère des agriculteurs europĂ©ens.L’Argentine, le BrĂ©sil, le Paraguay et l’Uruguay, rĂ©unis dans la ville brĂ©silienne de Foz do Iguaçu (sud), espĂ©raient initialement y parapher le traitĂ© samedi, tout comme la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne, Ursula von der Leyen, et la plupart des pays europĂ©ens.Mais cette signature a finalement Ă©tĂ© reportĂ©e, face Ă  la grogne des agriculteurs europĂ©ens, notamment en France et en Italie.”Nous sommes prĂŞts Ă  aller de l’avant, sachant que l’Europe a ses dĂ©lais Ă  respecter pour rĂ©gler les questions institutionnelles internes, mais en mĂŞme temps, ces dĂ©lais ne sont pas infinis”, a mis en garde le ministre paraguayen des Affaires Ă©trangères, RubĂ©n RamĂ­rez.Ce dernier a rencontrĂ© vendredi ses homologues du bloc avant que les chefs d’Etat ne se retrouvent samedi.MalgrĂ© le report, Mme von der Leyen s’est dite “confiante” sur la possibilitĂ© d’une signature en janvier de cet accord nĂ©gociĂ© depuis plus de 25 ans, qui prĂ©voit la crĂ©ation de la plus grande zone de libre-Ă©change au monde.Il permettrait aux europĂ©ens d’exporter davantage de vĂ©hicules, machines, vins et spiritueux en AmĂ©rique du Sud. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrĂ©e en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-amĂ©ricains, ce qui alarme les filières concernĂ©es.Une source au sein de la Commission europĂ©enne et deux diplomates ont indiquĂ© que la nouvelle Ă©chĂ©ance visĂ©e est dĂ©sormais le 12 janvier au Paraguay, confirmant une information du mĂ©dia spĂ©cialisĂ© Euractiv.- Colère -Le gouvernement allemand, l’un des plus favorables au traitĂ©, a jugĂ© vendredi que la signature Ă©tait acquise.Mais le prĂ©sident français Emmanuel Macron a jugĂ© qu’il Ă©tait “trop tĂ´t” pour dire s’il acceptera la signature en janvier.”Je l’espère, parce que ça veut dire qu’on aura obtenu des avancĂ©es pour certaines qui seront des avancĂ©es historiques”, a-t-il ajoutĂ©.Le report a Ă©tĂ© annoncĂ© en marge d’un sommet europĂ©en Ă  Bruxelles oĂą des milliers d’agriculteurs sont venus faire entendre leur colère, avec pneus en feu, jets de pommes de terre et de projectiles auxquels ont rĂ©pondu des canons Ă  eau et des tirs de gaz lacrymogènes de la police.En France, première puissance agricole en Europe oĂą le secteur traverse une grave crise multiforme, le syndicat FNSEA a appelĂ© ses adhĂ©rents Ă  rester mobilisĂ©s, car “le Mercosur, c’est toujours NON!”.Vendredi, des dizaines d’agriculteurs ont manifestĂ© devant la villa de M. Macron au Touquet (nord), dĂ©versant des tonnes de fumier, de pneus et de branchages Ă  l’entrĂ©e de la rĂ©sidence.- “Patience” -Le prĂ©sident brĂ©silien Luiz Inacio Lula da Silva avait mis un point d’honneur Ă  ce que le traitĂ© soit signĂ© dans son pays, qui assure cette annĂ©e la prĂ©sidence tournante du Mercosur.Il s’est rĂ©solu Ă  un report, expliquant jeudi que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, lui avait demandĂ© de la “patience” lors d’un Ă©change tĂ©lĂ©phonique.”Si ce n’est pas possible de le signer maintenant car ils ne sont pas prĂŞts, je ne peux rien y faire”, a-t-il dĂ©plorĂ©, soulignant que la signature de l’accord serait “importante pour la dĂ©fense du multilatĂ©ralisme”.Des “clauses de sauvegarde” sont prĂ©vues en cas de dĂ©stabilisation des marchĂ©s agricole, mais “dans l’opinion publique française, il y a des choses dĂ©passant le rationnel qui empĂŞchent la signature” de l’accord, a dit Ă  l’AFP une source gouvernementale brĂ©silienne.La rĂ©union du Mercosur sera par ailleurs marquĂ©e samedi par la prĂ©sence du prĂ©sident argentin, l’ultra-libĂ©ral Javier Milei, aux antipodes de Lula sur l’Ă©chiquier politique.Des divergences exacerbĂ©es cette semaine par une publication de M. Milei sur Instagram qui a suscitĂ© la polĂ©mique: on y voit une carte d’AmĂ©rique du Sud reprĂ©sentant le BrĂ©sil et d’autres pays gouvernĂ©s par la gauche comme une Ă©norme favela et l’Argentine comme un pays futuriste, tout comme le Chili, qui vient de basculer Ă  l’extrĂŞme droite.