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Caries dentaires: la Haute autorité de santé recommande le remboursement de quatre traitements

Face à un nombre encore élevé de Français souffrant de caries mal soignées, notamment chez les enfants et les personnes peinant à accéder aux soins, la Haute autorité de santé recommande jeudi de rembourser quatre types de traitements.Les actes concernés sont l’élimination de la carie, la mise en place d’un matériau pour sceller, la dévitalisation partielle, et la pose d’une couronne préfabriquée sur les dents de lait. La HAS avait été saisie par l’Assurance maladie pour évaluer l’intérêt de leur remboursement.En France, “environ 30% des enfants de 6 ans (jusqu’à 50% en zones défavorisées) et 25% des adultes de 35-44 ans présentent au moins une carie non soignée, avec un accès aux soins inégal selon l’âge, le territoire et le niveau socio-économique”, expose l’autorité indépendante de santé. Outre des douleurs prolongées et des infections locales, les caries non traitées peuvent provoquer des complications en cas de maladies chroniques (pathologies cardiovasculaires, diabète, cancer…). Et la perte de dents, en plus d’être un “handicap esthétique et social”, peut entraîner à terme des carences nutritionnelles.Certaines personnes – en situation de handicap ou âgées vivant en institution et rencontrant des difficultés à se déplacer, femmes enceintes, très jeunes enfants – sont “particulièrement vulnérables”.Or, à chaque stade d’une carie, un traitement est possible, permettant parfois de préserver la dent à long terme.La HAS, dont les avis sont généralement suivis par le ministère de la Santé, est donc favorable au remboursement par l’Assurance maladie d’une élimination de la carie via des instruments manuels – mais non rotatifs comme la fraise -, suivie de l’obturation de la cavité avec un matériau dentaire adhésif.Elle approuve aussi la prise en charge de l’application d’un produit de scellement au niveau d’une petite carie débutante, et celle du retrait d’une partie de la pulpe d’une dent cariée, accompagné de l’application d’un biomatériau protecteur et régénérant.La HAS recommande également le remboursement de la pose d’une couronne préfabriquée adaptable sur une dent de lait, notamment avec une technique de collage.Alors que l’approche préventive grandit progressivement en France, l’objectif dans la santé bucco-dentaire est d’éviter les problèmes dès le jeune âge, puis d’enrayer rapidement l’évolution d’une carie par des interventions peu invasives et conservatrices. L’espoir est aussi de limiter, à long terme, les traitements plus traumatiques et coûteux (prothèses et implants).

Génocide des Tutsi au Rwanda: la Banque de France visée par une plainte pour complicité

“Elle savait forcément !”: trente et un ans après l’extermination des Tutsi, la Banque de France est visée par une plainte pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité, accusée d’avoir validé plusieurs virements qui auraient facilité l’armement des forces génocidaires au Rwanda.La plainte, révélée par le journal Libération et consultée jeudi par l’AFP, a été déposée le 4 décembre auprès du doyen des juges d’instruction du Pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris.Elle vise à établir si la banque centrale française a manqué à ses obligations de contrôle alors que l’ONU avait instauré un embargo sur les ventes d’armes au Rwanda le 17 mai 1994.Selon les plaignants, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et ses fondateurs Alain et Dafroza Gauthier, non seulement la Banque de France n’a pas gelé le compte de la Banque nationale du Rwanda, mais elle a aussi effectué des transferts en sa faveur, pour un montant total de 3,17 millions de francs (soit environ 486.000 euros).”Il y a sept transferts d’argent entre le 5 mai et le 17 juillet 1994, en plein génocide des Tutsi, de la Banque Nationale du Rwanda vers des prestataires. Il s’agit de sommes relativement importantes”, a souligné Alain Gauthier auprès de l’AFP. “Elle savait forcément!”, assure celui qui se bat pour faire juger les génocidaires depuis trente ans. “Je pense que personne, personne dans le monde entier, mais surtout ici en France, ne pouvait ignorer ce qui se passait au Rwanda à la mi-mai” 1994, ajoute-t-il. Parmi les bénéficiaires figure notamment la société française Alcatel, soupçonnée d’avoir fourni des équipements de communication aux autorités rwandaises.- Achat d’armes ? -Selon des documents rapportés dans la plainte que l’AFP a pu consulter, un versement d’un montant de 435.000 francs a par exemple été effectué au bénéfice d’Alcatel, le 5 mai 1994.Plusieurs témoignages attestent que ce paiement était destiné à l’achat de téléphones satellites, considérés comme un équipement important par le gouvernement intérimaire rwandais, afin de maintenir les communications internationales.”D’autres versements sont à destination d’ambassades du Rwanda en Egypte ou en Ethiopie. Et on sait aujourd’hui que ces ambassades ont été utilisées pour aller acheter des armes”, soutiennent Mes Matilda Ferey et Joseph Breham, les avocats du CPCR, ajoutant que la Banque de France a agi alors même que d’autres établissements européens ont refusé d’émettre ces transferts.  Contactée, la Banque de France a déclaré n’avoir pu faire que des “recherches sommaires” étant donné le délai “particulièrement court” depuis le dépôt de la plainte. “A ce stade, nous n’avons trouvé aucune trace des virements évoqués. Ceci s’explique par le fait qu’au titre des diverses prescriptions réglementaires, toutes les pièces, bordereaux et éléments comptables des comptes bancaires doivent être détruits après un délai de dix ans”, a-t-elle déclaré.”Le génocide des Tutsi n’a pas seulement été l’œuvre de ceux qui tuaient à la machette. Il a été rendu possible par une multitude de criminels en col blanc, qui, confortablement assis dans leurs bureaux, ont autorisé des transferts et signé des opérations dans la banalité administrative, nécessaires à la machine génocidaire”, déclarent Mes Matilda Ferey et Joseph Breham.Le groupe BNP Paribas, accusé par plusieurs associations (Sherpa, Ibuka France, et le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda) d’avoir financé un achat d’armes au profit de la milice hutu, fait de son côté l’objet d’une enquête judiciaire depuis 2017 pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité. Celle-ci est toujours en cours, selon l’une des associations. Le génocide au Rwanda a fait plus de 800.000 morts selon l’ONU, essentiellement des Tutsi exterminés entre avril et juillet 1994.

Les “architectes de l’IA” désignés personnalités de l’année par le magazine Time

Les “architectes” de l’intelligence artificielle (IA), parmi lesquels le patron d’OpenAI Sam Altman, celui de Nvidia Jensen Huang ou celui de xAI Elon Musk, ont été désignés jeudi comme les personnalités de l’année par le magazine américain Time.”L’IA est assurément devenue l’outil le plus influent dans la compétition entre grandes puissances depuis l’avènement des armes nucléaires”, écrit la prestigieuse publication sur son site.Sa Une, décrite comme une “peinture”, montre huit personnalités de l’IA assises sur une poutre métallique comme suspendue au-dessus d’une ville, reprenant l’image emblématique d’ouvriers construisant un gratte-ciel à New York au début du XXe siècle.Ces patrons des géants de la tech, estime Time, “ont pris les rênes de l’histoire, développé des technologies et pris des décisions qui redessinent le paysage de l’information, le climat et nos moyens de subsistance.”Les huit personnalités représentées sur l’image sont les patrons de Meta Mark Zuckerberg, de AMD Lisa Su, d’xAI Elon Musk, de Nvidia Jensen Huang, d’OpenAI Sam Altman, de la division IA de Google, DeepMind, Demis Hassabis, d’Anthropic Dario Amodei, et enfin l’experte de l’université Stanford Fei-Fei Li, surnommée la marraine de l’IA.”Se livrant à une course à la fois côte à côte et les uns contre les autres, ils ont misé des milliards de dollars sur l’un des plus grands projets d’infrastructure de tous les temps. Ils ont réorienté des politiques gouvernementales, modifié les rivalités géopolitiques et introduit les robots dans les foyers”, écrit Time.Le magazine avait désigné Donald Trump, élu président pour un second mandat à la tête des Etats-Unis, personnalité de l’année fin 2024.La distinction, accordée depuis 1927, est généralement vouée à souligner le poids et l’influence d’une personnalité sur la scène internationale, pas forcément sa popularité ni le soutien du magazine new-yorkais, dont le palmarès va d’Adolf Hitler en 1938 à la superstar de la pop Taylor Swift en 2023.

Accord entre OpenAI et Disney, qui va laisser utiliser ses personnages sur la plateforme IA Sora

OpenAI et Disney ont annoncé jeudi avoir conclu un accord qui va permettre l’utilisation des personnages du groupe sur Sora, la plateforme de vidéo créées par intelligence artificielle (IA) générative, un signal fort pour l’écosystème des contenus IA.Dans le cadre de ce partenariat, Disney va prendre une participation au capital d’OpenAI à hauteur d’un milliard de dollars et recevoir des produits financiers dérivés (warrants) lui permettant d’acquérir, ultérieurement, davantage d’actions du créateur de ChatGPT.Lancé fin septembre, Sora se veut être un réseau social sur lequel il n’est possible de publier que des vidéos générées par IA.La plateforme s’appuie sur le modèle vidéo d’IA générative d’OpenaAI, Sora 2, successeur de Sora, dont le nom générique a été repris pour cette application.Dès les premières heures, Sora a été notamment nourri de contenus reprenant, sans autorisation, des marques, l’image de personnalités, ainsi que des univers graphiques inspirés de programmes existants, dessins animés, films ou séries.De nombreuses vidéos incluaient ainsi des personnages directement inspirés de ceux du studio Pixar, filiale de Disney, ainsi que de plusieurs dessins animés propriété du géant du divertissement, comme “Family Guy”.Quelques jours après, Sam Altman avait indiqué qu’OpenAI entendait offrir davantage de contrôle aux ayants droit quant à l’utilisation d’éléments théoriquement protégés par la propriété intellectuelle.La collaboration dévoilée jeudi prévoit que les utilisateurs de Sora pourront désormais créer des vidéos en puisant dans un catalogue de plus de 200 personnages des univers Disney, Marvel, Pixar et Star Wars, selon un communiqué conjoint.Il ne s’agit cependant que de personnages animés, masqués ou de créatures, mais pas de vrais acteurs à visage humain.Le rapprochement entre les deux groupes va au-delà de Sora, car Disney va devenir un “client majeur” d’OpenAI.L’entreprise de Burbank (Californie) va ainsi donner accès à ChatGPT à ses employés et utiliser les modèles d’IA d’OpenAI pour “créer de nouveaux produits, outils et expériences”.Le développement rapide de l’IA “est un moment important pour notre industrie”, a déclaré le directeur général de Disney, Bob Iger, cité dans le communiqué.Le partenariat avec OpenAI va offrir au groupe des “débouchés plus vastes à travers l’IA générative”, a-t-il ajouté, “tout en respectant et en protégeant les créateurs et leur travail.”Pour Sam Altman, également cité dans le communiqué, cet accord “montre que les entreprises d’IA et les éditeurs de contenu peuvent travailler ensemble de manière responsable pour promouvoir l’innovation”. 

La filière sport pèse 2,7% du PIB français, selon une étude BPCE

La filière sport pèse 2,7% du PIB français, estime le groupe bancaire BPCE, qui souligne que les entreprises du secteur ont bénéficié des JO-2024 et met aussi en avant le rôle “pilier” des communes dans le financement du sport.En 2024, le secteur du sport totalisait 147.000 entreprises, un nombre en forte croissance de 31% par rapport à 2019, pour un chiffre d’affaires de 80 milliards d’euros, selon le quatrième Observatoire de l’économie du sport publié jeudi par BPCE.Sont pris en compte aussi bien les industriels fabriquant du matériel sportif, les entreprises louant des skis et celles impliquées dans la construction ou la maintenance d’installations, tout comme l’enseignement, le coaching ou encore les salles de sport.La majorité de ces 147.000 entreprises (soit 121.500) sont des micro-structures sans salariés, au faible poids économique. A l’inverse, les 22.000 TPE employeuses et les 4.000 structures les plus importantes du secteur concentrent l’essentiel du chiffre d’affaires.Du côté de l’Etat et des collectivités territoriales, les dépenses publiques dans le sport sont estimées à plus de 24 milliards d’euros l’an dernier, ventilées entre les équipements sportifs, les salaires des professeurs de sport ou le soutien aux associations.Les communes “sont les piliers” de ce financement territorial du sport, avec 9,7 milliards d’euros dépensés à elles seules, alors que “le parc vieillissant de certaines infrastructures constitue un des principaux défis, en particulier pour les piscines”, note cet observatoire.Au total, l’économie du sport “représente une activité de 78 milliards d’euros, soit 2,7% du PIB”, estime le groupe bancaire mutualiste, dont 61 milliards correspondent à la consommation effective des ménages – soit l’achat d’articles de sport ou de billetterie pour des matchs, les licences en clubs et abonnements dans des salles, ou encore les paris sportifs.  “2,7% du PIB, c’est un peu plus que ce que nous avions estimé les années précentes, avec un effet Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024 à l’évidence”, a résumé lors d’un point presse José Bardaji, directeur des études et prospective du groupe BPCE.Cette “approche comptable” est cependant “réductrice” estime la banque, car elle ne prend notamment pas en compte le bénévolat, pourtant “cheville ouvrière du monde sportif: il y a 3,5 millions de bénévoles dans les associations sportives, et au moins 73% du volume de travail dans les associations sportives se concentre dans le bénévolat, c’est beaucoup plus que dans n’importe quel autre secteur associatif”, relève Julien Laugier, économiste de BPCE.

Emeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie: l’Etat condamné à verser 28 millions d’euros à Allianz

Le tribunal administratif de Nouméa a condamné jeudi l’Etat à verser plus de 28 millions d’euros à l’assureur Allianz, jugeant sa “responsabilité” engagée dans les dégâts causés lors des émeutes de mai 2024 pour n’avoir pas mis en place “un niveau raisonnable de sécurité”.L’Etat n’a pas tiré les conséquences “des alertes et des demandes formulées par le haut-commissaire de la République et de la multiplicité des signaux significatifs et convergents témoignant de la forte probabilité d’une insurrection à venir”, a écrit le tribunal dans sa décision.Le tribunal a estimé que, dans les jours précédant les violences, “l’État disposait en amont de délais suffisants pour mettre en place les mesures appropriées pour assurer un niveau raisonnable de sécurité”.La juridiction était saisie de quatorze requêtes déposées par Allianz, assureur de plusieurs commerces de la zone commerciale de Kenu In, dans le Grand Nouméa, incendiés et pillés entre le 15 et le 17 mai 2024.Des émeutes, en lien avec la contestation par le camp indépendantiste d’une réforme électorale, avaient éclaté le 13 mai 2024 au soir dans l’archipel, provoquant les violences les plus graves depuis les années 1980. Des centaines d’entreprises et des bâtiments publics avaient été pillés et incendiés pour des dégâts estimés au total à plus de deux milliards d’euros, et quatorze personnes au total ont perdu la vie.Kenu In, ouvert en 1989, était le plus grand centre commercial de Nouvelle-Calédonie avec 12.000 m2 de surfaces commerciales et 600 personnes employées. L’enseigne Decathlon a été la première à être prise pour cible par les émeutiers, le 15 mai. Deux jours plus tard, l’ensemble des commerces avait été pillé puis incendié.Cette condamnation intervient alors que plusieurs assureurs ont annoncé, depuis fin 2024, limiter fortement leur présence ou la couverture des risques liés aux dommages aux biens dans les outre-mer, jugeant le risque d’émeutes devenu trop fréquent et trop coûteux.Les représentants patronaux alertent eux depuis des mois sur les difficultés croissantes à assurer les entreprises.

“Tout le monde attend une solution” : autour de la seule raffinerie serbe, l’inquiétude grandit

Le gouvernement serbe assure qu’il ne faut craindre aucune pénurie, NIS promet de “respecter toutes ses obligations” envers ses employés, mais à Pancevo, où la seule raffinerie du pays est à court de brut, l’incertitude grandit.Pas une goutte de pétrole n’est entrée dans la raffinerie depuis le 9 octobre, quand les Etats-Unis ont imposé des sanctions à NIS, la principale compagnie pétrolière du pays, qui possède environ 20% des stations-service du pays, en fournit autour de 80% et exploite l’unique raffinerie serbe, à Pancevo.Les Etats-Unix exigent que les entreprises russes qui possèdent 56% de NIS, Gazprom Neft et Intelligence, sortent totalement du capital – ce qu’elles semblent refuser pour l’instant.Près de 1.700 employés travaillent encore à Pancevo, mais aucun d’entre eux n’accepte de parler. Comme les leaders syndicaux, qui ont tous refusé les demandes d’interview de l’AFP. Les employés s’attèlent “aux tâches effectuées lors d’arrêts planifiés des unités de production”, a indiqué NIS à l’AFP, soulignant que l’entreprise respectait “toutes ses obligations” envers ses plus de 13.500 employés à travers le pays.A Pancevo, à une vingtaine de kilomètres de la capitale Belgrade, le ballet des camions-citernes frappés du logo NIS n’est pas totalement à l’arrêt – il reste du carburant dans les réserves, même si on ignore combien. Et dans cette ville où la raffinerie est l’un des principaux employeurs, la fermeture est sur toutes les lèvres. Tomislav, qui refuse de donner son nom de famille, a travaillé pour NIS une grande partie de sa vie. “C’est un enjeu majeur – non seulement pour cette ville, mais pour tout le pays”, explique le retraité à l’AFP. NIS et ses filiales ont contribué en 2024 à hauteur de plus de 2 milliards d’euros aux revenus de l’Etat serbe, selon le rapport annuel de l’entreprise – soit près de 12% du budget national.”La raffinerie a été modernisée, et sur l’aspect technologique et sur l’aspect environnemental. C’est une excellente installation, j’espère qu’il y aura une solution à cette situation sera résolue”, ajoute Tomislav.A Pancevo, les inquiétudes sur l’Environnement, du fait de la raffinerie, étaient parmi les principales de la population, explique Biljana Dejanovic, qui travaille à la mairie. Mais désormais, ce qui fait peur, c’est l’idée que la raffinerie ferme.”Tout le monde attend une solution. Quelqu’un va devoir en trouver une”, ajoute-t-elle, précisant que la mise en veille a été un choc pour les travailleurs. “Et ce n’est pas juste la raffinerie. Cela affectera aussi Petrohemija [dont les usines sont en face de la raffinerie, ndlr] qui dépend du pétrole raffiné de la raffinerie pour produire des plastiques”, s’inquiète-t-elle.L’inquiétude pointe aussi chez Vladimir Mutavdzic, 33 ans. La situation “touche les transports, le chauffage — tous les aspects de nos vies … “.- ‘Les problèmes commencent’ -Au-delà de Pancevo, les risques qui pèsent sur NIS sont une épée de Damoclès sur l’Economie serbe. La banque centrale s’expose elle-même à des sanctions si elle continue à autoriser NIS – une entité sous sanction – à faire du commerce sur ses marchés.L’entreprise court donc le risque d’être coupée du système de paiement serbe, ce qui la forcerait à arrêter totalement ses activités, et à fermer ses près de 330 stations-service — environ une sur cinq en Serbie. Plus plus de 50 villes n’ont aucune alternative à proximité. Pour l’heure, les Américains n’ont pas imposé de sanctions secondaires, et la banque centrale autorise au jour le jour NIS à poursuivre ses activités. “La seule question est de savoir quand l’avertissement sur les sanctions secondaires arrivera”, a cependant prévenu le président serbe Aleksandar Vucic mercredi soir depuis Bruxelles. “C’est là que les problèmes commencent”. Face au bras de fer entre Washington et Gazprom, Aleksandar Vucic a donné jusqu’à la mi-janvier aux Russes pour vendre affirmant que des Hongrois et des Emiratis étaient intéressés.Mais si les Russes refusent de céder leurs parts, le président serbe a prévenu que son pays était prêt à racheter NIS et vient de mettre de côté, dans son budget 2026 tout juste adopté, 1,4 milliard d’euros à cet effet.La Serbie avait vendu la majorité des parts de NIS à Gazprom pour 400 millions d’euros en 2008.

Génocide des Tutsi au Rwanda: la Banque de France visée par une plainte

Une plainte pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité a été déposée contre la Banque de France, accusée d’avoir validé plusieurs virements qui auraient facilité l’armement des forces génocidaires au Rwanda.La plainte a été déposée le 4 décembre au doyen des juges d’instruction du Pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris, révélée par le journal Libération et consultée jeudi par l’AFP.Elle vise à établir si la banque centrale française a manqué à ses obligations de contrôle alors que l’ONU avait instauré un embargo sur les ventes d’armes au Rwanda le 17 mai 1994.Selon les plaignants, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et ses fondateurs Alain Gauthier et Dafroza Mukarumongi, non seulement la Banque de France n’a pas gelé le compte de la Banque nationale du Rwanda, mais elle a aussi effectué sept transferts en sa faveur, pour un montant total de 3,17 millions de francs (soit environ 486.000 euros), entre mai et août 1994, en plein génocide des Tutsi.Parmi les bénéficiaires figure notamment la société française Alcatel, soupçonnée d’avoir fourni des équipements de communication aux autorités rwandaises.Selon des documents rapportés dans la plainte que l’AFP a pu consulter, un versement d’un montant de 435.000 francs a par exemple été effectué au bénéfice d’Alcatel, le 5 mai 1994. Plusieurs témoignages attestent que ce paiement était destiné à l’achat de téléphones satellites, considérés comme un équipement important par le gouvernement intérimaire rwandais, afin de maintenir les communications internationales.”Le génocide des Tutsi n’a pas seulement été l’œuvre de ceux qui tuaient à la machette. Il a été rendu possible par une multitude de criminels en col blanc, qui, confortablement assis dans leurs bureaux, ont autorisé des transferts et signé des opérations dans la banalité administrative, loin du sang mais nécessaire à la machine génocidaire”, ont rappelé dans un communiqué Mes Matilda Ferey et Joseph Breham, les avocats du CPCR.Contactée, la Banque de France a déclaré n’avoir pu faire que des “recherches sommaires” étant donné le délai “particulièrement court” depuis le dépôt de la plainte. “A ce stade, nous n’avons trouvé aucune trace des virements évoqués. Ceci s’explique par le fait qu’au titre des diverses prescriptions réglementaires, toutes les pièces, bordereaux et éléments comptables des comptes bancaires doivent être détruits après un délai de dix ans”, a-t-elle déclaré.Le génocide au Rwanda a fait plus de 800.000 morts selon l’ONU, essentiellement des Tutsi exterminés entre avril et juillet 1994.

Avenir du chantier de l’A69: la cour administrative tranchera le 30 décembre

La cour administrative d’appel de Toulouse doit rendre le 30 décembre son arrêt sur la validité de l’autorisation environnementale du chantier de l’autoroute A69 et la poursuite des travaux, recommandée par le rapporteur public.Etant donné la “taille critique” du bassin de population et d’emploi des villes de Castres et de Mazamet, dans le sud du Tarn, il est, selon le rapporteur Frédéric Diard, “difficile de lui dénier la nécessité d’une liaison autoroutière” avec la métropole toulousaine.Dans ce dossier, devenu depuis deux ans un symbole des luttes écologiques, ce magistrat, dont la fonction est d’éclairer les juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, estime en outre que l’autoroute A69 fait partie “des conditions favorables” au développement de cette zone et lui permettra d’être reliée aux “grands équipements régionaux” présents à Toulouse (aéroport, universités, hôpitaux, etc.).”Si vous nous suivez dans nos conclusions, vous annulerez le jugement du tribunal administratif de Toulouse”, a conclu M. Diard, soutenant que l’autorisation environnementale accordée par l’Etat à ce chantier mais qui avait été invalidée le 27 février, était conforme au droit.Le tribunal toulousain avait à l’époque considéré que cette future liaison de 53 km ne présentait pas de Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), une condition juridique nécessaire pour autoriser les atteintes à l’environnement liées à des projets d’infrastructure comme l’A69.- “anomalie” -En appui du rapporteur public, pour l’Etat, Eric Sacher, sous-directeur des affaires juridiques au ministère de la Transition écologique, a estimé que cette première décision constituait une “anomalie” que la cour administrative d’appel devait désormais corriger.Du côté des collectivités locales favorables au projet, l’avocate Catherine Schlegel a mis en avant le principe d’égalité territoriale dont l’agglomération de Castres-Mazamet “n’a pas à être privée”.En réponse, l’avocate des associations opposées à l’A69, Julie Rover, a d’abord rappelé que la cour administrative d’appel de Toulouse se trouvait dans la position de clore l'”exceptionnelle saga juridictionnelle” qui a entouré le chantier de l’autoroute. “53.000 pages de procédure”, avait rappelé le président de la cour, Denis Chabert, en ouverture des débats.- “hors normes” -“Le droit et les avis techniques plaident pour la confirmation de la décision de première instance”, a soutenu Me Rover pour qui “l’anomalie juridique” serait un arrêt de la cour conforme à la position du rapporteur public, qui, selon elle, “ne manquera pas d’être censuré par le Conseil d’Etat”.Marine Yzquierdo, autre avocate des opposants, est de son côté revenue sur le rejet de la demande de récusation que les anti-A69 et leurs avocats avaient déposée il y a quelques jours. Elle visait plusieurs magistrats siégeant jeudi, dont le président Denis Chabert, au motif qu’ils avaient déjà participé à une première décision sur l’autoroute A69, autorisant en mai une reprise des travaux dans l’attente de l’audience d’appel.Elle a confié n’avoir “plus le cœur à plaider”, ayant “l’impression que les dés sont jetés”. Pour autant, affirmant “croire encore à la justice”, elle a appelé les cinq magistrats de la composition élargie de la cour à ne pas participer à une “politique de démolition massive du droit de l’environnement”.”La juridiction essaie de faire ce qu’elle doit faire”, a déclaré en clôture de l’audience Denis Chabert, reconnaissant que l’A69 constituait un dossier “hors normes”. “Hors normes dans sa dimension mais pas hors du droit”, a-t-il souligné, avant d’annoncer la date du 30 décembre pour le rendu de cette décision attendue.

Le Portugal au ralenti pour cause de grève générale

Transports fortement perturbés, écoles fermées et hôpitaux en services réduits: le Portugal est confronté jeudi à sa première grève générale en 12 ans, un mouvement social lancé par les syndicats pour protester contre une réforme du code du travail défendue par le gouvernement de droite.Les stations du métro de Lisbonne n’ont pas ouvert leurs portes, tandis que les ferries et les trains tournaient au rythme des services minimum décrétés, avec des tableaux d’affichage annonçant des annulations en cascade.”Je me suis levée à 4 heures pour aller travailler, mais là je suis bloquée car je n’ai toujours pas réussi à prendre le train”, a témoigné Nairene de Melo, une employée d’hôtel de 20 ans, à la station du Cais do Sodré, qui relie le centre-ville aux banlieues sud et ouest de la capitale portugaise.Les commerces, cafés et restaurants, étaient ouverts mais avec moins de clients qu’à l’accoutumée.”C’est beaucoup plus calme que d’habitude (…) Les gens se sont organisés à l’avance”, a raconté Fernanda Marques, 64 ans, employée dans un petit café à la sortie de la gare, en installant les tables en terrasse.L’ambiance était également plus calme que d’ordinaire dans les aéroports, la compagnie nationale TAP Air Portugal ayant supprimé plus de 200 vols, et la plus importante usine automobile du pays, une unité du groupe Volkswagen située dans la région de Setubal (sud) était paralysée.- “Attaque au monde du travail” -D’après des données compilées par la principale confédération syndicale, la CGTP, de nombreux services de collecte de déchets étaient à l’arrêt, de même que des dizaines d’unités hospitalières assurant des soins non urgents.L’autre centrale syndicale, l’UGT, a fait état d’un taux de participation de ses adhérents de 80%. La Fédération nationale des médecins a évoqué une adhésion de 90% et le premier syndicat enseignant a affirmé qu’elle était supérieure à 90%, provoquant la fermeture de centaines d’écoles.”La grande majorité des Portugais est au travail”, a toutefois assuré le porte-parole du conseil des ministres, Antonio Leitao Amaro, en ajoutant que le mouvement était comparable à “une grève partielle de certains secteurs de la fonction publique”.Cette grève est le plus important mouvement social depuis 2013, à une époque où le pays ibérique vivait sous perfusion de l’Union européenne et du Fonds monétaire international, qui lui avaient imposé une sévère cure d’austérité budgétaire et la dernière révision en profondeur de la réglementation du travail.L’actuel gouvernement a présenté en juillet un avant-projet de réforme comprenant plus d’une centaine de mesures visant à “stimuler la croissance économique pour créer plus d’emplois et payer de meilleurs salaires”, a fait valoir le Premier ministre Luis Montenegro.- “Corriger un déséquilibre” -L’exécutif souhaite notamment simplifier les procédures de licenciement, allonger la durée des contrats à durée déterminée, offrir plus de flexibilité aux entreprises pour organiser le temps de travail, ou encore élargir les services minimum en cas de grève.Pour la CGTP, qui organise jeudi une vingtaine de manifestations à travers le pays, cette réforme représente “une des plus grandes attaques faites au monde du travail”, a déclaré à l’AFP son secrétaire général Tiago Oliveira.Le président de la principale confédération patronale, Armindo Monteiro, a quant à lui dénoncé la “position radicale” des syndicats et qualifié cette grève de “prématurée”.L’avant-projet du gouvernement est “une base de discussion” qui vient “corriger un déséquilibre” provoqué par l’adoption en 2023, par le précédent gouvernement de gauche, d’une série d’amendements au code du travail plus favorables aux salariés, a-t-il commenté auprès de l’AFP.Bien que le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue au Parlement, il devrait pouvoir adopter cette série de mesures avec le soutien des libéraux et, surtout, de l’extrême droite, devenue la deuxième force politique du pays à l’issue des législatives de mai dernier.Alors que le Portugal affiche une croissance économique autour de 2% et un taux de chômage historiquement bas (environ 6%), M. Montenegro a fait valoir que le pays devait profiter de cette conjoncture favorable pour mener cette réforme.