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Les Bourses européennes terminent sans direction commune

Les Bourses européennes ont terminé sans direction commune vendredi, sous pression en raison des incertitudes autour des conséquences économique de l’intelligence artificielle et du retour des tensions géopolitiques.La Bourse de Paris a perdu 0,47%, Milan 0,46% et Francfort 0,02%. Seule la Bourse de Londres a terminé en hausse (+0,70%), inscrivant de nouveaux records en séance comme en clôture.

BMW mise sur des robots humanoïdes pour aider ses employés en usine

Le constructeur allemand de voitures haut de gamme BMW a annoncé vendredi le déploiement, pour la première fois, de robots humanoïdes dans une de ses usines afin d’automatiser certaines tâches de production, sans prévoir de suppressions d’emplois.A partir de l’été prochain, une phase pilote de plusieurs mois sera lancée dans l’usine de Leipzig (est de l’Allemagne), où deux robots à l’apparence humaine, développés par l’entreprise suédoise Hexagon, assisteront les employés sur des tâches essentielles à la production des véhicules.Lors d’une présentation devant la presse à Munich, le futur président du directoire de BMW et actuel directeur de la production, Milan Nedeljkovic, a souligné que l’intelligence artificielle (IA) intégrée à ces robots était “suffisamment intelligente” pour “leur permettre de prendre leurs propres décisions”, s’intégrant pleinement dans l’environnement industriel automobile.Baptisé AEON, le robot humanoïde – doté d’une tête et de deux bras – mesure 1,65 mètre pour 60 kilos.  Se déplaçant sur deux roues, il peut manipuler et transporter de manière autonome différents composants dans une usine entièrement scannée et numérisée.Avec ses 22 capteurs et différents types de caméras, le robot a “pleinement conscience de son environnement” et peut “trouver le chemin optimal”, a affirmé le président d’Hexagon Robotics, Arnaud Robert.Doté d’une autonomie d’environ trois heures, il peut remplacer sa batterie en une trentaine de secondes grâce à une station de recharge automatique.Le prix exact du robot n’a pas été communiqué, mais il s’agit selon M. Robert d’un montant “à six chiffres”.L’automatisation de processus avec l’IA suscite de plus en plus de craintes de potentielles suppressions d’emplois. Mais le responsable de la numérisation du groupe BMW, Michael Ströbel, a assuré qu’il “n’était pas prévu de réduire la main-d’œuvre” à cause de l’arrivée de robots. En janvier, le géant automobile sud-coréen Hyundai avait dévoilé au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas sa version du robot humanoïde Atlas, créé en collaboration avec ses créateurs chez Boston Dynamics, qu’il prévoit de tester dans des usines.Face à la concurrence asiatique, surtout chinoise, l’industrie automobile allemande en grande difficulté cherche à rattraper son retard en matière de compétitivité et d’innovation. Lors d’une visite d’Etat en Chine jeudi, le chancelier Friedrich Merz a assisté à une impressionnante danse coordonnée de robots humanoïdes conçus par l’entreprise chinoise Unitree, visant à montrer les progrès fulgurants que le pays a réalisés ces dernières années.

OpenAI lève 110 milliards de dollars, un record, à une valorisation de 730 milliards

La start-up américaine d’intelligence artificielle (IA) générative OpenAI a annoncé vendredi une levée de fonds record de 110 milliards de dollars auprès de trois géants technologiques, sur la base d’une valorisation totale de 730 milliards.Le géant américain Amazon va investir 50 milliards de dollars dans le créateur de ChatGPT, tandis que le spécialiste américain des puces Nvidia et le groupe japonais SoftBank apportent chacun 30 milliards.Acteur majeur du commerce en ligne mais aussi premier fournisseur mondial de services d’informatique à distance (“cloud”), Amazon va d’abord débloquer une première tranche de 15 milliards de dollars, le solde devant être versé dans quelques mois “une fois certaines conditions remplies”.OpenAI a indiqué qu’il avait d’ores et déjà prévu d’accueillir de nouveaux investissements pour compléter cette levée de fonds.La valorisation ayant été calculée avant l’injection des fonds, cela signifie que le groupe vaudra 840 milliards une fois l’opération finalisée.”Nous repoussons les limites en matière d’infrastructures, de recherche et de produits pour parvenir à une IA plus puissante, fiable et utile”, a déclaré le patron d’OpenAI, Sam Altman, cité dans le communiqué.Le groupe de San Francisco revendique plus de 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires de l’agent conversationnel d’IA ChatGPT, ce qui en fait, de très loin, l’application à la croissance la plus rapide jamais enregistrée.OpenAI entend maintenir le rythme et investir massivement dans de nouvelles capacités informatiques pour développer de nouveaux modèles d’IA et faire tourner sa gamme existante.Actuellement, son chiffre d’affaires, qui a atteint 13 milliards de dollars en 2025, est sensiblement inférieur à ses dépenses, ce qui implique de consommer pas moins de 218 milliards de trésorerie d’ici 2029.- 100 milliards pour Amazon -La transaction conclue avec Amazon permet à OpenAI de diversifier ses partenariats, lui qui était historiquement lié à Microsoft.Ce dernier s’était rapproché de la start-up dès 2016 avec un premier accord portant sur l’octroi de capacités informatiques pour développer ses modèles d’IA.Depuis 2019, le groupe de Redmond (Etat du Washington) a régulièrement investi au capital d’OpenAI, pour un total supérieur à 13 milliards de dollars.”Rien de ce qui est annoncé aujourd’hui ne modifie les termes de la relation entre Microsoft et OpenAI”, a assuré ce dernier, dans un communiqué séparé.Mais Amazon ne fait pas qu’investir au capital de l’entreprise californienne. Dans le cadre du contrat, OpenAI s’est engagé à louer pour 100 milliards de dollars de capacités de traitement supplémentaires auprès d’Amazon Web Services (AWS), filiale de “cloud” du groupe de Seattle, sur une période de huit ans.Cet engagement se superpose à un premier engagement de 38 milliards de dollars annoncé en novembre.OpenAI va notamment utiliser les processeurs maison d’AWS, appelés Trainium, développés en interne par Amazon et qui constituent une optin alternative aux puces de l’incontournable Nvidia, mais aussi de son concurrent AMD.”Nous restons impressionnés par ce qu’OpenAI est en train de bâtir”, a commenté le directeur général d’Amazon, Andy Jassy, cité dans le communiqué.”Nous sommes ravis qu’ils aient choisi de monter en puissance avec nos processeurs IA (Trainium)”, a-t-il ajouté, “mais aussi de l’opportunité d’investir dans l’entreprise et dans ce partenariat de long terme.”Cette union entre Amazon et OpenAI s’inscrit dans la droite ligne d’autres rapprochements qui font craindre à certains investisseurs que les grands acteurs du secteur soient trop interconnectés, avec un risque de séisme en cas de ralentissement de la demande d’IA.Après ce nouveau tour de table, OpenAI affichera une valorisation plus que doublée par rapport à sa dernière levée de fonds, en mars 2025, qui le situait à 300 milliards de dollars.En un an, le milieu de l’intelligence artificielle a enregistré les trois plus importants appels aux investisseurs de l’histoire, hors marché boursier.OpenAI a ramassé 40 milliards au printemps 2025, puis 110 annoncés vendredi, tandis que son rival Anthropic a lui reçu 30 milliards en février 2026.

Wall Street reste inquiète des conséquences du développement de l’IA

La Bourse de New York cède du terrain vendredi, toujours plombée par les inquiétudes des investisseurs sur les conséquences du développement de l’intelligence artificielle (IA) pour l’économie.Vers 15H05 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l’indice Nasdaq à forte coloration technologique reculait de 0,88% et l’indice élargi S&P 500 perdait 0,70%.L’IA “remet en question les tendances en matière d’emploi” et vient perturber le modèle économique de plusieurs secteurs, comme les logiciels, donc “les investisseurs ne savent tout simplement pas où investir”, a commenté auprès de l’AFP Sam Stovall, analyste de CFRA.Le dernier accroc pour le marché s’est manifesté par l’annonce du licenciement de 40% des effectifs du spécialiste des systèmes de paiement Block (ex-Square). L’entreprise fondée par Jack Dorsey – cocréateur et ancien patron de Twitter – a justifié cette décision par le déploiement en interne de l’IA.Si son titre bondissait de plus de 16% vers 15H05 GMT, “Block ne sera pas la dernière entreprise à faire ce type d’annonce, ce qui a effrayé le marché ce (vendredi) matin”, a relevé Patrick O’Hare, analyste de Briefing.com.Jeudi, ce sont les résultats de Nvidia qui avaient été accueillis sèchement.  Bien que le spécialiste des puces ait pratiquement doublé son bénéfice net au dernier trimestre 2025 (sur un an), son action a perdu 5,5%.Selon Sam Stovall, “les prévisions de croissance des bénéfices du secteur technologique pourraient ne plus justifier les valorisations (du secteur), exerçant une pression sur les cours boursiers”.Nvidia, première capitalisation mondiale, a vu son cours fondre d’environ 13% depuis son record atteint fin octobre.A ces tensions s’ajoutent des données économiques sans éclat aux Etats-Unis.L’inflation des coûts de production des entreprises a réaccéléré dans le pays le mois dernier, selon un indice officiel publié vendredi.”Cela implique que la prochaine étape sera une augmentation de l’inflation au niveau des consommateurs, et avec Donald Trump qui continue de faire pression pour l’instauration de droits de douane, les investisseurs ne voient pas l’inflation disparaître”, a souligné Sam Stovall.Ces chiffres “pourraient donner à la Réserve fédérale (Fed) une raison supplémentaire d’être plus patiente en matière de baisse des taux et d’attendre le second semestre avant d’apporter des changements”, a estimé Chris Zaccarelli, analyste de Northlight Asset Management.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts de l’Etat américain à 10 ans se détendait par rapport à la clôture la veille, à 3,97% contre 4,00%.A la cote, Netflix (+7,95% à 91,33 dollars) bondissait, après avoir abandonné son projet d’acquisition de Warner Bros Discovery.Le géant du streaming a refusé de rehausser son offre de rachat pour s’aligner sur les propositions de Paramount Skydance.Le fabricant d’ordinateurs et serveurs Dell (+17,57% à 142,77 dollars) était aussi en forte hausse, porté par ses résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes, notamment un bénéfice net par action de 3,89 dollars contre 3,53 dollars escompté.Le spécialiste de l’informatique à distance (“cloud”) Coreweave (-16,91% à 81,83 dollars) dévissait, ayant lui fait moins bien qu’attendu pour les trois derniers mois de 2025. L’entreprise a aussi communiqué des prévisions qui ont déçu le marché.

BASF supprime des postes à Berlin pour relocaliser en Asie, colère des salariés

Le géant allemand de la chimie en crise BASF a annoncé vendredi vouloir tailler dans ses services administratifs, relocalisés en Asie pour réduire les coûts, une décision qui suscite la colère des salariés à Berlin, le site le plus touché.Fournisseur de produits chimiques pour l’automobile, l’agriculture et la construction, BASF subit un ralentissement de la demande dans la chimie mondiale, conduisant à des surcapacités en Europe mais aussi en Chine et à devoir réaliser des économies supplémentaires.Le groupe s’est déjà séparé d’activités non stratégiques, vise la mise en Bourse l’an prochain de sa division agricole, et a supprimé des emplois dans son fief industriel de Ludwigshafen, situé sur le Rhin (sud-ouest).Il compte aller plus loin en taillant désormais dans ses emplois administratifs regroupés dans la division “BASF Global Business Services” comptant environ 8.500 personnes dans le monde, sur un total de près de 110.000 effectifs.Et pour cela “rationaliser davantage les services dans les domaines informatique (IT), finance et ressources humaines”, a expliqué le directeur financier du groupe, Dirk Elvermann, lors d’une conférence de presse sur les résultats 2025 du groupe, en net retrait au plan opérationnel.Une grande partie des fonctions de support vont être regroupées dans deux “hubs” en Asie, au détriment d’un important site à Berlin : un nouveau centre va être créé à Hyderabad, en Inde, pour la finance et les RH, et celui existant à Kuala Lumpur, en Malaisie, va se spécialiser dans la gestion des approvisionnements, a détaillé M.Elvermann, confirmant des annonces faites il y a deux semaines.L’élément nouveau: le tout se fera en “réduisant fortement les effectifs” au sein de l’ensemble des services centraux, selon le financier, qui n’a pas donné de chiffre précis.- “Avenirs sacrifiés?” –  Quel avenir se profile pour le centre informatique de Berlin, qui emploie environ 3.000 personnes? Brandissant des pancartes, dont l’une proclamant “Accords rompus, avenirs sacrifiés ?”, environ 300 personnes ont manifesté vendredi dans la capitale allemande devant le siège européen de BASF Global Business Services, selon le syndicat de la chimie IGBCE, pour dénoncer le plan de réduction des coûts de la direction.”Nous nous battons ensemble pour ce site” lancé il y a plus de vingt ans, a martelé le maire de Berlin Kai Wegner.”S’il le faut, nous lutterons (…) de manière visible, bruyante et déterminée, pour l’équité et pour chaque emploi”, a renchéri Stephanie Albrecht-Suliak, responsable régionale du syndicat.”Cela va être une crise pour la ville, 2.000 personnes vont se retrouver au chômage”, redoute Jesus Pinate, un Vénézuélien de 33 ans employé aux ressources humaines, interrogé par l’AFP.”Je sentais que cela allait arriver, car j’ai vu beaucoup de changements ces dernières années”, se résigne Iris Esteves, 40 ans, Portugaise arrivée à Berlin en 2021 pour travailler chez BASF.”Nous ne prévoyons pas de fermer Berlin”, mais celui-ci “disposera d’effectifs plus réduits qu’aujourd’hui”, a déclaré à Ludwigshafen M. Elvermann, ajoutant que les consultations avec les représentants de salariés n’en sont qu’au début.- Appartements vendus -BASF voit 2026 comme une nouvelle année de transition, comme le prouve le relèvement de l’objectif d’économies annuelles à 2,3 milliards d’euros, contre 2,1 milliards précédemment.Le résultat opérationnel ajusté devrait être compris entre 6,2 et 7,0 milliards d’euros, contre 6,6 milliards en 2025.Signe que BASF cherche par tous les moyens à économiser, il a annoncé plus tôt la vente de 4.400 appartements détenus à Ludwigshafen, occupés pour la plupart par des salariés et anciens salariés. Une décision que le syndicat IGBCE qualifie de bradage d’un “patrimoine précieux”.Face aux difficultés du secteur en Europe, BASF mise de plus en plus sur la Chine, où un nouveau site de production a été inauguré l’an dernier.

Mercosur: l’UE va appliquer l’accord de façon provisoire au grand dam de la France

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé vendredi que l’UE allait appliquer de façon provisoire l’accord commercial avec les pays du Mercosur, une décision saluée à Berlin, mais condamnée en France, où le président Emmanuel Macron a déploré “une mauvaise surprise”.Les réactions ont de nouveau montré les dissensions qui s’étaient exprimées au sein de l’UE lors de la négociation de ce gigantesque accord. “Les entreprises et les citoyens des deux continents peuvent enfin bénéficier d’une plus grande prospérité et d’une croissance accrue”, s’est félicité le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul, qualifiant l’accord d'”historique”.Contrairement à la France, l’Allemagne, dont l’économie est très dépendante de ses exportations, avait vécu comme un revers la suspension il y a un mois de l’application de l’accord, après un vote d’eurodéputés encouragés par un secteur agricole ayant multiplié les actions de protestation.Vendredi, dans une courte allocution devant la presse à Bruxelles, Mme von der Leyen a annoncé que la Commission allait désormais “procéder à l’application provisoire” de l’accord. Une décision prise après des échanges “approfondis” avec le Parlement et les États membres, a-t-elle dit.Les pays latino-américains du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et l’Union européenne ont signé mi-janvier ce traité créant l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde.Cet accord doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va toutefois bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.L’application du traité avait été suspendue par un vote du Parlement européen, dont les élus ont saisi la justice de l’UE afin de vérifier sa conformité avec les traités européens, une procédure censée prendre plusieurs mois.Malgré cela, la Commission avait la possibilité d’appliquer l’accord de façon temporaire, après de premières ratifications outre-Atlantique, ce que l’Argentine et l’Uruguay ont fait jeudi.Comme l’Allemagne, l’Espagne a salué l’annonce de Mme von der Leyen.”Dans un monde toujours plus incertain, l’Europe ne peut pas se permettre de rester à la traîne. L’accord avec le Mercosur est un grand pas dans la feuille de route de l’UE pour devenir plus autonome et plus résiliente”, a justifié le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, dans une déclaration transmise à l’AFP.Mais une pluie de critiques est venue de France.Emmanuel Macron a regretté que Bruxelles renforce ainsi “l’incertitude” du monde agricole. Il a évoqué “une mauvaise manière” faite au Parlement européen avec ce “choix unilatéral” de l’exécutif bruxellois.- “Déni de démocratie” -“C’est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leurs inquiétudes et pour lesquelles les Européens n’ont pas encore apporté la visibilité nécessaire”, a déclaré le président français.”En pleine semaine du Salon international de l’agriculture, Ursula von der Leyen choisit de passer en force”, a dénoncé pour sa part l’eurodéputée française Céline Imart, auprès de l’AFP. Elle a fustigé “le choix du mépris à l’égard du monde agricole”.”C’est un déni de démocratie. Mme von der Leyen s’assoit sur le Parlement de manière très claire, et d’ailleurs aussi sur la Cour de justice de l’Union européenne”, a renchéri Arnaud Rousseau, président du premier syndicat agricole en France (FNSEA), depuis le Salon de l’agriculture à Paris.Que va-t-il désormais se passer? La Commission doit maintenant notifier officiellement les pays du Mercosur de son intention d’appliquer cet accord. Il entrera en vigueur “le premier jour du deuxième mois” suivant les échanges sur cette notification formelle, a expliqué Olof Gill, un des porte-paroles de la Commission.Comme la Commission, la majorité des États européens sont favorables à ce traité de libre-échange. Tous soulignaient la nécessité de mettre en œuvre l’accord le plus vite possible, particulièrement au moment où le président américain Donald Trump agite la menace de nouveaux droits de douane contre l’Europe.”Nous avons besoin du Mercosur”, a martelé vendredi Olof Gill devant la presse.”L’application provisoire est, par nature, provisoire”, a toutefois défendu Ursula von der Leyen, s’engageant à continuer à dialoguer avec les responsables et élus européens au cours des prochains mois sur ce dossier.Pour entrer définitivement en vigueur, l’accord commercial avec le Mercosur doit être ratifié par les eurodéputés, un processus qui est donc retardé par l’avis réclamé à la Cour de justice de l’UE.

Allocations familiales: un coup de rabot pour financer le congé de naissance

La majoration des allocations familiales n’interviendra plus aux 14 ans de l’enfant, mais aux 18 ans, soit un manque à gagner pouvant atteindre 900 euros par an pour les familles concernées, en vertu d’une mesure qui entre en vigueur dimanche. Plusieurs associations déplorent cette mesure, qui vise à financer le nouveau congé de naissance, dans un contexte de chute historique de la natalité. – Ce qui change au 1er mars – Les allocations familiales, versées sous conditions de ressources, ne seront plus majorées lorsque les enfants atteignent l’âge de 14 ans. Jusqu’ici, les familles avec deux enfants bénéficiaient d’une augmentation quand le plus jeune atteignait cet âge, et celles avec trois enfants ou plus bénéficiaient de cette majoration pour chaque enfant franchissant cet âge, jusqu’à ses 20 ans.Désormais, la majoration n’interviendra qu’aux 18 ans de l’enfant. Les familles dont l’enfant a eu 14 ans avant le 1er mars continueront toutefois de percevoir l’ancien dispositif.Selon le gouvernement, la majoration de 14 ans représentait 75,90 euros supplémentaires par mois, au maximum, soit plus de 900 euros par an pour les familles concernées. – Quelles économies pour l’État? – Le ministère des Solidarités et des Familles justifie ce décalage par une logique de réallocation plus adaptée aux “besoins réels”. “Un enfant de 14 ans ne coûte pas plus cher qu’un enfant de 10 ans. Son coût augmente surtout avec les études supérieures et l’entrée dans la vie active”, explique-t-on.Selon le gouvernement, ce décalage permettra de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès cette année, puis 1,2 milliard par an d’ici à quatre ans.Elles permettront de financer le congé de naissance qui entrera en vigueur au 1er juillet, et s’ajoutera aux congés maternité et paternité. De deux mois pour chaque parent, il sera rémunéré à 70% du salaire net le premier mois et 60% le second.- Un choix critiqué – Le Conseil de la famille du HCFEA (Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge), qui conseille le gouvernement, est défavorable à cette mesure, qui va “affecter particulièrement les familles nombreuses et modestes” dans un contexte “où la pauvreté infantile augmente”, souligne sa présidente Hélène Périvier.La branche Famille de la Sécurité sociale est “excédentaire et n’a donc pas besoin de raboter les allocations familiales pour financer ce congé de naissance”, dit-elle à l’AFP, relevant que ses excédents sont depuis des années utilisés pour financer des mesures qui relèvent des autres branches de la Sécurité sociale (maladie, vieillesse…).L’économie réalisée par la suppression de la majoration sera deux fois supérieure au coût du congé de naissance, estimé à 600 millions d’euros à terme, note pour sa part l’Union nationale des associations familiales.Le conseil d’administration de la Caisse nationale aux allocations familiales (Cnaf), où siègent les associations, s’est prononcé contre le décret décalant la majoration.Une famille avec un adolescent a besoin de 250 euros de plus par mois qu’avec un enfant en primaire, a calculé l’Unaf.”Un adolescent mange davantage et plus souvent hors de la maison, on peut plus difficilement le faire partager la chambre d’un autre, il se déplace seul et plus loin. Ses vêtements, ses loisirs, l’équipement téléphonique sont plus coûteux”, décrit Céline Bouillot, chargée de mission à l’Unaf.- Chute de natalité – Cette mesure intervient de plus dans un contexte de recul historique de la natalité en France, observent des associations: 644.000 naissances en 2025, soit 2,3% de moins qu’en 2024 et 24% de moins qu’en 2010, soit le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale.L’instauration du nouveau congé de naissance, promesse d’Emmanuel Macron, est d’ailleurs la mesure emblématique de l’exécutif face à cette baisse historique. “La dénatalité est liée au fait que la société ne prenne pas assez en compte les familles. La réforme des allocations familiales revient à faire payer le congé de naissance par les familles modestes avec des adolescents, alors que les excédents de la Cnaf devraient servir aux familles”, regrette Mireille Lachaud de Familles de France.

Indonésie: le fils du “parrain de l’essence” condamné à 15 ans de prison

Un juge indonésien a condamné vendredi le fils d’un magnat du pétrole recherché par Interpol à 15 ans d’emprisonnement pour son implication dans un vaste scandale de corruption portant sur 17 milliards de dollars.Muhammad Kerry Adrianto Riza, 39 ans, a été reconnu coupable d’avoir manipulé des documents et de collusion avec plusieurs dirigeants du groupe public pétrolier Pertamina, selon un communiqué du bureau du procureur général.”Il a été prouvé (…) que Muhammad Kerry Adrianto Riza a commis des actes de corruption de concert” avec d’autres prévenus, selon le jugement.Le tribunal a condamné M. Kerry à 15 ans de prison, à une amende d’environ 50.000 euros et à rembourser quelque 146 millions d’euros.Son père Mohammad Riza Chalid, 66 ans, est recherché pour son implication présumée dans cette même affaire de corruption. Il a fui l’Indonésie. Une notice rouge a été émise à son encontre le 23 janvier.M. Riza, son fils et plusieurs hauts responsables de Pertamina ont été mis en cause en juillet dans ce dossier.Ils sont accusés d’avoir collaboré pour importer du pétrole brut auprès de fournisseurs étrangers à des prix plus élevés au lieu de s’approvisionner sur le marché intérieur comme l’exige la loi indonésienne.Durant cette même audience vendredi, Riva Siahaan, ancien directeur général d’une filiale de Pertamina, a été condamné à neuf ans d’emprisonnement.Selon le bureau du procureur général, l’opération de corruption porte sur environ 17 milliards de dollars (14,3 milliards d’euros). Au total, 18 personnes ont jusqu’à présent été désignées comme suspects dans cette affaire.L’archipel d’Asie du Sud-Est est depuis longtemps confronté à des scandales de corruption et de nombreux fonctionnaires et employés de sociétés publiques ont été arrêtés ces dernières années.En 2023, un ancien ministre des communications a été condamné à 15 ans de prison après avoir été reconnu coupable de corruption dans une affaire qui, selon les enquêteurs, a coûté au pays plus de 530 millions de dollars.

Encore plus de Français fortunés non imposés qu’on ne pensait, affirme l’ancien ministre Éric Lombard

Ce sont “autour de 50.000” foyers détenteurs d’un patrimoine élevé qui échappent à l’impôt sur le revenu ou sur les plus-values et dividendes, a affirmé vendredi l’ancien ministre de l’Économie, Éric Lombard, qui avait initialement lancé l’alerte.Cet ancien dirigeant de grands groupes financiers, au sein de BNP Paribas puis à la Caisse des dépôts et consignations, et ex-adhérent du Parti socialiste, a fait un bref passage à Bercy, de décembre 2024 à octobre 2025, dans le gouvernement de François Bayrou.Il a expliqué vendredi sur RTL qu’il avait alors souhaité s’intéresser à ces cas: “J’avais demandé qu’on creuse le sujet. Et je maintiens d’ailleurs cette demande”.C’est lui-même qui a ouvert la polémique en déclarant au journal Libération en janvier: “Parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu!”Des parlementaires, alertés par ses propos, ont alors réclamé à Bercy des détails sur la fiscalité des particuliers en 2024.- Produits financiers -L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) a concerné quelque 186.000 foyers en 2024. Parmi eux, des sénateurs en ont trouvé en février 13.335 avec un revenu fiscal de référence si faible qu’ils ont été dispensés d’impôt sur le revenu, les plus-values et les dividendes.Mais le chiffre des Français fortunés non imposés est en vérité encore plus élevé, a assuré vendredi M. Lombard.”Il y a, j’estime, autour de 50.000 ménages probablement, si on fait un calcul statistique rapide, qui ont un revenu fiscal de référence modeste par rapport à leur patrimoine financier”, a-t-il déclaré à l’AFP, auprès de laquelle il souhaitait apporter des précisions.M. Lombard inclut des foyers fiscaux qui ne sont pas redevables de l’IFI mais qui détiennent un montant élevé d’actifs mobiliers, comme des produits financiers.”Pour une part non négligeable, c’est lié à ce qu’on appelle la suroptimisation fiscale (…) C’est légal (…) Certains peuvent trouver des montages permettant de réduire leur base fiscale”, affirmait-il sur RTL.Selon lui, “ça touche entre 0,1 et 0,3% des Français, sur lesquels il faut qu’on analyse ce qu’il se passe”.- “Situations extrêmement différentes” -“Ma conviction, en termes d’équité, c’est qu’avec ces nouvelles méthodes permettant de piloter ses revenus, quand on a des revenus assez importants, il faut que l’imposition soit aussi indexée sur le patrimoine, en tout cas sur l’épargne financière”, a exposé l’ancien ministre.M. Lombard a cependant déploré que le fisc n’ait connaissance que d’une partie du patrimoine des contribuables, la partie immobilière. Conformément à la loi française, “il n’y a pas de déclaration des patrimoines financiers”, a-t-il fait remarquer à l’AFP.Interrogé par RTL sur son positionnement politique, M. Lombard s’est dit “indépendant”. Il “travaille pour faire une plateforme” afin de rassembler “du Parti socialiste jusqu’à LR”, a-t-il révélé.Sur ce sujet de la fiscalité des riches, le gouvernement de Sébastien Lecornu a adopté une position défensive.La nouvelle première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, lorsqu’elle était en janvier encore ministre de l’Action et des Comptes publics, avait déclaré à l’Assemblée nationale: “Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait”.Son successeur David Amiel, interrogé mardi également à l’Assemblée nationale, a dénoncé une “confusion dans ce débat”, avec des contribuables dans “des situations extrêmement différentes”.”Il y a des retraités qui possèdent des biens dans des zones qui ont connu une flambée immobilière. Il y a des entrepreneurs qui ont des revenus extrêmement variables”, avait avancé M. Amiel. Il a promis aux parlementaires “une analyse plus approfondie des différents cas possibles”.L’Assemblée nationale a créé le 11 février une commission d’enquête sur l'”imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et à leur contribution au financement des services publics”.En France, 53% des 41,5 millions de foyers ayant rempli une déclaration de revenus pour 2024 n’ont pas payé d’impôt sur le revenu.

Municipales: “le sujet de la probité doit être important”, prône la directrice de l’Agence française anticorruption

En pleine campagne des municipales, Isabelle Jégouzo, patronne de l’Agence française anticorruption (AFA), appelle à faire de la lutte contre la corruption un enjeu du débat, rappelant que près d’un tiers des décisions de justice pour atteintes à la probité concernent le bloc communal.Entre 2016 et 2024, le nombre d’enquêtes pour des faits de corruption a progressé de 51%. Sur 504 jugements analysés, 32,3% concernent le bloc communal (48% des maires et 52% des agents).”L’immense majorité des élus et des agents sont des gens honnêtes mais les quelques affaires révélées ont souvent des retentissements importants”, observe la magistrate dans un entretien à l’AFP.Toutefois, si la corruption a fait les gros titres avec les procès de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, le phénomène reste selon elle “très insidieux”.”Contrairement à d’autres infractions où une victime va porter plainte, en matière de corruption, la victime est la collectivité, qui ne sait pas qu’elle est victime”, souligne la directrice de l’agence créée en 2016 par la loi Sapin 2.Selon le dernier Eurobaromètre publié en 2024, 70% des Français considèrent la corruption comme assez répandue. Et 5% disent avoir vécu ou été témoins d’un cas de corruption lors des douze derniers mois.A l’approche des municipales, Isabelle Jégouzo estime “important” que ce sujet soit “placé haut dans le débat public” même si peu d’élus s’en sont emparés.Car la corruption fausse, selon elle, “tous les mécanismes institutionnels”. “Si vous n’avez pas confiance dans votre administration locale parce que vous dites que vous n’aurez pas votre place en crèche si vous ne versez pas un pot-de-vin (…) c’est très délétère pour la confiance dans l’action publique, et in fine pour la démocratie”.Urbanisme, ressources humaines, marchés publics, subventions aux associations: malgré certains garde-fous, les risques sont particulièrement élevés pour les élus.-“Serrer les boulons”-“Il est important que, dès le départ, les élus identifient les risques pour pouvoir se déporter le moment venu”, souligne la patronne de l’AFA, qui ne manque pas d’exemples: un maire qui modifie le plan local d’urbanisme de sa commune et achète, à cette occasion, un appartement à un prix remarquablement bas. Ou un agent qui, à l’occasion d’un appel d’offres, favorise une entreprise qui fera des travaux chez lui. Un maire qui recrute comme directrice des services sa maîtresse et lui offre une rémunération supérieure à tous les autres agents. Ou encore le “saucissonnage” de marchés publics qui évite de passer par un appel d’offres…”Il est aussi arrivé qu’un élu battu reparte avec le matériel informatique de la commune”, relate Isabelle Jégouzo.Les élections municipales peuvent même parfois favoriser les mauvaises pratiques. “On peut avoir des recrutements accélérés pour stabiliser la position d’un proche. Ou encore des dons d’argent ou des promesses de logement contre l’achat de voix”, énumère-t-elle.En dehors des collectivités, certains fonctionnaires sont aussi particulièrement exposés, du fait de la montée du narcotrafic. C’est le cas des agents pénitentiaires, dockers, voire des greffiers…Afin de prévenir le phénomène, le gouvernement a publié un plan national de 36 mesures. “On serre les boulons pour faire en sorte que le contrôle interne fonctionne, qu’il y ait un dispositif de prévention et de sanction”, souligne sa directrice.- “L’engrenage” du narcotrafic -A sa création, l’agence avait notamment pour mission de prévenir les poursuites dont faisaient l’objet des entreprises françaises à l’étranger. “La loi Sapin 2 s’est donc avérée très contraignante pour le secteur économique mais le fut un peu moins pour le secteur public”.”Dix ans après, on voit que le risque s’oriente plus vers le secteur public, notamment en lien avec la criminalité organisée”, estime Isabelle Jégouzo. Celle-ci joue sur sa capacité financière et ses moyens de pressions pour corrompre. Aux agents “pris dans l’engrenage”, “je leur dis que ça peut s’arrêter” s’ils “se signalent”, assure Mme Jégouzo.”Celui qui, par étourderie ou par négligence, a commencé à enfreindre la règle, c’est important, qu’il puisse se signaler pour en sortir, qu’il le dise à ses collègues, à sa hiérarchie,” avant que “l’engrenage ne l’entraîne de plus en plus loin”.L’agence a notamment élaboré un guide à destination des nouveaux élus. Une soixantaine de collectivités ont par ailleurs été contrôlées, à commencer par les plus grosses.Signe que les mentalités évoluent, le nombre de signalements a “explosé”, passant de 400 en 2023 à plus de 2.250 en 2025.