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Un budget à portée de main ? Le gouvernement appelle à un dernier effort

Le gouvernement a appelé mardi les députés à un “dernier effort” en vue d’un compromis autour du budget de l’Etat, de retour à l’Assemblée où une majorité semble toujours inatteignable et un recours au 49.3 difficile à éviter.Un moment décisif pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, de nouveau sous la menace d’être censuré, fragilisé par une crise agricole, et qui joue sa crédibilité.”Le budget est à portée de main. L’urgence est de s’accorder sur le fond. Un dernier effort est nécessaire”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure aux députés, à l’ouverture de la nouvelle lecture du projet de loi de finances.Pour fournir un “cap aux entreprises”, “préserver la confiance des investisseurs” et face à “la situation internationale préoccupante”, le ministre a redit la volonté du gouvernement d’aller vite. Et l’objectif de ramener le déficit sous la barre des 5% en 2026, contre 5,4% en 2025.Après “les centaines d’heures de débats” et l’examen de “plusieurs milliers d’amendements”, il est “l’heure” de “faire aboutir” les discussions, a souligné à sa suite la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. Elle a listé “trois grands sujets” sur lesquels l’Assemblée doit encore “rapprocher ses positions”. D’abord, sur le financement des collectivités, dont l’examen des articles devrait commencer dans la soirée. Puis sur “les dépenses d’avenir”, l’enseignement, la recherche, la transition écologique ou encore le logement. Et enfin sur le pouvoir d’achat, “pour mieux protéger les plus modestes”.Trois priorités détaillées par le groupe socialiste dans ses négociations avec le gouvernement dont la clémence est cruciale pour la survie du gouvernement. “Je crois que le gouvernement a entendu nos points”, affirmait plus tôt le député socialiste Arthur Delaporte.- Vers le 49.3 ? -Mais si l’exécutif continue d’afficher sa volonté d’aboutir à un accord, un vote dans l’hémicycle semble toujours aussi improbable. Le Rassemblement national d’un côté, la France insoumise, les écologistes et les communistes, de l’autre, ont redit leur opposition au texte.L’hémicycle a toutefois balayé la motion de rejet préalable défendue par le groupe LFI, permettant à l’examen de se poursuivre.Ainsi le recours à l’article 49.3 de la Constitution ou aux ordonnances semblent quasi inéluctables pour doter la France d’un budget. Une partie de la classe politique presse le gouvernement d’abréger les débats en recourant rapidement à l’article constitutionnel qui lui permet de faire adopter un texte sans vote mais l’expose à une motion de censure.Le rejet du texte la semaine dernière en commission a renforcé les interrogations. Faut‑il laisser les débats se dérouler ou écourter sans tarder ? Il faut y avoir recours “le plus tôt possible”, et éviter de “s’abîmer dans des discussions dont on sait hélas qu’elles n’aboutiront pas”, a appelé le député MoDem Jean-Paul Mattei en conférence de groupe.L’exécutif semble, pour l’heure, privilégier la première option.- Tracteurs -Sébastien Lecornu “veut traîner le plus longtemps possible”, confie à l’AFP l’un de ses proches. Recourir au 49.3 serait un “échec” pour lui, et “s’il l’utilise, c’est qu’il est allé jusqu’au bout ”.Car pour Sébastien Lecornu, c’est non seulement prendre le risque d’être renversé, mais aussi de se dédire. Le Premier ministre s’était en effet engagé à ne pas utiliser ce 49.3, dans un Parlement sans majorité. “Les étapes qui viennent seront importantes sur sa popularité, sur l’image qu’il renvoie”, affirme à l’AFP une ministre.Le Premier ministre a peu à craindre de deux motions de censure du Rassemblement national et de La France insoumise, sur la question de l’accord de libre-échange Mercosur, depuis que les socialistes ont affiché leur intention de ne pas voter ces motions qui devraient être examinées mercredi.Mais sur le budget, il devra composer avec leurs demandes sans braquer la droite, qui a réaffirmé son refus d’augmenter les impôts et son attachement à réduire les dépenses.Selon une ministre, le gouvernement choisira son moment pour actionner le 49.3 en fonction du “climat” ambiant, plutôt que sur le fond du compromis, alors que la colère agricole persiste.Des centaines d’agriculteurs avec leur tracteurs étaient encore mobilisés mardi en début de soirée devant le Palais Bourbon, où les klaxons résonnaient jusque dans l’hémicycle. Face à cette pression, Sébastien Lecornu a annoncé “une loi d’urgence agricole” examinée avant l’été.bur-are-sl-od-cma/gbh/spi

Le début du procès d’Elon Musk contre OpenAI et ses dirigeants fixé au 27 avril (tribunal)

Une juge fédérale d’Oakland (Californie) a fixé mardi au 27 avril la date de début du procès d’Elon Musk contre OpenAI et deux de ses dirigeants historiques, selon un document publié par le tribunal.L’entrepreneur accuse le patron Sam Altman et le président Greg Brockman d’avoir fait dévier la start-up d’intelligence artificielle (IA) de sa mission initiale, soit celle d’une société à but non lucratif, en obtenant notamment la modification de ses statuts, l’an dernier.Co-fondateur d’OpenAI en 2015, Elon Musk a pris ses distances en 2018, abandonnant la co-présidence de l’entreprise. Il a néanmoins continué à échanger avec les dirigeants et a fait don de plusieurs millions de dollars à la structure lors des mois qui ont suivi.L’homme le plus riche du monde affirme avoir eu l’idée du nom OpenAI, destiné à symboliser la philosophie de l’entreprise, imaginée comme un “contrepoids” à Google et son laboratoire DeepMind, qui travaillerait à une IA “bénéfique pour l’humanité, pas pour les actionnaires ou une société à but lucratif”, selon l’assignation déposée par Elon Musk.Les co-fondateurs s’étaient aussi entendus sur le fait que les modèles d’IA mis au point par OpenAI devaient être publiés en “open source”, c’est-à-dire que leur programme soit proposé en libre accès, ce qui a été le cas jusqu’à la version GPT-2, sortie en 2019.Mais le groupe a alors pivoté vers des modèles dits fermés, c’est-à-dire dont le code source ou les lignes de programmation du logiciel ne sont pas consultables par des tiers, à l’instar de l’approche de tous les grands géants occidentaux de l’IA, à l’exception de Meta.En 2025, il a ensuite obtenu la modification de ses statuts pour se transformer en entreprise à mission (public benefit corporation), soit une société privée avec des objectifs non financiers. Cette nouvelle structure, plus proche de celle d’une société commerciale classique, facilite les levées de fonds et renforce le pouvoir des actionnaires privés.L’un des principaux investisseurs d’OpenAI, la société japonaise d’investissement SoftBank, avait fait de cette refonte des statuts une condition nécessaire à l’injection de 40 milliards de dollars d’argent frais.Un procès pourrait jeter une lumière crue sur la gestion d’OpenAI par Sam Altman. En novembre 2023, le conseil d’administration l’avait démis de ses fonctions, lui reprochant de manquer de transparence malgré plusieurs avertissements.Il avait été réintégré quelques jours plus tard après un mouvement de soutien de nombreux employés d’OpenAI qui menaçaient de quitter le navire.Après avoir critiqué publiquement le changement de stratégie d’OpenAI, Elon Musk a lui-même lancé, en 2023, sa propre start-up d’IA générative, xAI, à but lucratif.

La Bourse de Paris en baisse après l’inflation américaine

La Bourse de Paris a fini en légère baisse mardi manquant d’entrain après la publication des chiffres de l’inflation américaine qui semblent écarter une baisse des taux de la Fed en janvier.Le CAC 40 a terminé la journée en petite forme (-0,14%), perdant 11,56 points à 8347,20 points. La veille, l’indice vedette parisien était resté stable (-0,04%).Aux Etats-Unis, l’indice CPI de l’inflation en décembre, publié mardi, est resté stable par rapport à novembre, à 2,7% sur un an. Inférieur aux attentes mais toujours supérieur à l’objectif de 2% de la Réserve fédérale américaine (Fed).Les analystes estiment majoritairement que cela devrait convaincre la Fed de maintenir ses taux à leur niveau lors de sa prochaine réunion de politique monétaire, les 27 et 28 janvier, de nouvelles baisses étant cependant à prévoir en 2026.L’indice “permet au moins de tempérer un discours autrement très restrictif de la part des responsables de la Fed”, selon Christophe Boucher, d’ABN AMRO Investment Solutions.L’institution fait par ailleurs toujours face aux pressions de Donald Trump pour baisser les taux. Et son président Jerome Powell a rendu publique dimanche, dans un rare message, une procédure lancée à son encontre par le ministère américain de la Justice.Les dirigeants de grandes banques centrales, parmi lesquels la Banque centrale européenne, ou celles du Canada, d’Angleterre et du Brésil, ont apporté mardi leur soutien à Jerome Powell, et des personnalités américaines de tous bords ont défendu avec force l’indépendance de la Fed, selon elles menacée par une tentative de déstabilisation inédite du gouvernement Trump.En France, les acteurs de marché restent attentifs à la situation politique et budgétaire alors que les députés entament mardi une nouvelle lecture du projet de loi de Finances, en présence du Premier ministre.Mais “pour le moment, à Paris, on n’a pas l’impression que la politique française ait un impact significatif sur la Bourse”, souligne Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques de CPR AM, à l’AFP.”Dans l’hypothèse d’une dissolution, l’incertitude économique qui en découlerait pourrait en revanche avoir un impact”, prévient-il.Faute d’accord trouvé en fin d’année, le projet de budget de l’Etat est revenu mardi dans l’hémicycle, sans majorité en vue et avec un recours au 49.3 qui paraît de plus en plus difficile à éviter. “Le budget est à portée de main”, a cependant affirmé le ministre de l’Economie Roland Lescure aux députés.Sébastien Lecornu a par ailleurs agité vendredi le spectre d’élections législatives anticipées en cas de censure, expliquant ensuite qu’il ne souhaitait pas ce scénario mais voulait “la stabilité et repousser le désordre”.Côté obligataire, le rendement d’emprunt de la France à dix ans a atteint 3,52%, contre 3,50% lundi en clôture, quand son équivalent allemand, référence en Europe, a fini à 2,84%, contre 2,83%.TotalEnergies profite de la hausse du pétroleLe groupe pétrolier a terminé la séance en hausse de 2,21%, à 56,53 euros, profitant de la hausse des cours du pétrole, après la menace par Donald Trump lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis.En outre, le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a affirmé mardi qu’un éventuel retour du groupe français dans le pétrole vénézuélien ne figurait “pas en haut de (sa) liste de priorités”.

Le monde économique défend l’indépendance de la Fed, Trump persiste

Le président américain Donald Trump a continué mardi d’éreinter le président de la banque centrale (Fed) Jerome Powell et à demander des baisses de taux d’intérêt, sans s’émouvoir des appels à sauvegarder l’indépendance de l’institution.La Réserve fédérale (Fed) fait face depuis des mois aux pressions de l’administration Trump pour réduire les coûts d’emprunt et nourrir la machine économique américaine.L’affaire a pris une tournure spectaculaire quand Jerome Powell a lui-même annoncé dimanche soir, via une allocution solennelle, que le ministère de la Justice avait lancé une enquête pouvant conduire à des poursuites pénales à son encontre.Il a ainsi pris à témoin l’ensemble du monde économique d’une attaque “sans précédent” contre l’indépendance de la banque centrale la plus influente au monde.Il a affirmé sans détour que la procédure était fondée sur un “prétexte”, l’important coût des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington, qui cache selon lui la raison véritable: l’institution n’a pas fourni à Donald Trump les baisses de taux d’intérêt qu’il réclamait.Le chef de l’Etat affirme ne pas être au courant des développements judiciaires, tout en répètant ses griefs à l’égard de Jerome (“Jay”) Powell, qu’il a propulsé à la tête de l’institution pendant son premier mandat.Le chantier de la Fed “a dépassé le budget de plusieurs milliards. Soit il est incompétent, soit il est malhonnête”, a-t-il lancé devant la presse mardi.Dans un message sur sa plateforme Truth Social, il a en parallèle vertement appelé Jerome Powell à baisser les taux d’intétêt “DE MANIERE SIGNIFICATIVE”, estimant que l’inflation était “FAIBLE”, après la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour décembre.- “Pas une bonne idée” -Mardi, les dirigeants des grandes banques centrales de la planète, de l’Union européenne à la Corée du Sud en passant par le Brésil, ont apporté leur soutien à leur homologue américain.”Le président Powell a exercé ses fonctions avec intégrité, fidèle à son mandat et avec un engagement indéfectible envers l’intérêt public. Il est pour nous un collègue respecté, tenu en haute estime par tous ceux qui ont travaillé avec lui”, affirment la douzaine de signataires dans un communiqué commun, défendant “l’indépendance des banques centrales”.La Banque centrale du Japon fait partie des absents. Le courrier précise que d’autres noms peuvent s’ajouter ultérieurement à la liste.Les anciens chefs de la Fed les avaient précédés en dénonçant lundi une instrumentalisation de la justice destinée à “saper l’indépendance” de l’institution.Jerome Powell a aussi reçu le soutien de parlementaires républicains, le camp politique de Donald Trump.Ou encore du patron de la banque américaine JPMorgan Chase, Jamie Dimon. Cette figure de Wall Street a déclaré mardi qu’il avait “énormément de respect pour Jay Powell”.”Tout le monde autour de nous croit en l’indépendance de la Fed et (…) tout ce qui pourrait la compromettre n’est probablement pas une bonne idée”, a-t-il dit, soulignant que les investisseurs comptaient sur la banque centrale pour maîtriser l’inflation.L’économiste d’EY, Gregory Daco, a pointé dans une note que la démarche pouvait être contre-productive pour Trump, en incitant les responsables monétaires à laisser les taux d’intérêt inchangés plus longtemps qu’ils ne l’auraient fait dans d’autres circonstances, pour ne pas donner l’impression de céder aux pressions.La Fed a diminué ses taux trois fois d’affilée en fin d’année dernière. Les marchés s’attendent à ce que cette détente soit gelée tout le premier trimestre 2026, selon l’outil de veille CME FedWatch. 

Agriculture: Lecornu promet un projet de “loi d’urgence” pour mars

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi aux agriculteurs qu’il présenterait en mars un projet de “loi d’urgence” sur la politique de l’eau, la “prédation” du loup et les “moyens de production”, qui sera examiné par le Parlement “avant l’été”.Ce texte était réclamé depuis plusieurs semaines par la FNSEA, premier syndicat agricole, qui manifeste mardi à Paris avec ses tracteurs et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA), tout comme les autres mesures déroulées par le Premier ministre sur X.”J’ai demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”, a indiqué le Premier ministre. Le projet devra “associer en amont toutes les forces politiques parlementaires” et “d’autres simplifications peuvent être prises dans les prochaines semaines”, a-t-il ajouté. La période précédant le Salon de l’agriculture, qui se tiendra du 21 février au 1er mars, a été propice aux annonces politiques en faveur des agriculteurs au cours des trois derniers hivers de contestation agricole.En attendant le texte de loi, le Premier ministre a ajouté qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon”. Cette question concentrait les demandes de la FNSEA, qui réclame depuis des années des “moyens pour produire” (eau, pesticides, etc.).Sébastien Lecornu a aussi demandé, d’ici la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question de l’eau et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables jusqu’à septembre”.”Je demande aux préfets de me remonter directement les projets hydrauliques agricoles bloqués sur les territoires: je veux en libérer un maximum”, a-t-il ajouté.La question des retenues d’eau destinées à l’irrigation, et surtout des bassines, a fait l’objet de tensions ces derniers mois.Sébastien Lecornu se dit aussi “prêt à demander à la Commission européenne de faire évoluer le cadre existant” de la directive nitrates, qui encadre notamment les plans d’épandages d’engrais par les agriculteurs sur leurs champs, un texte en “totale déconnexion du terrain”, selon la FNSEA.”En attendant, avant le salon de l’agriculture, les préfets concernés et leurs services seront réunis” pour étudier “les possibilités de dérogation” à cette directive européenne, a-t-il précisé, demandant du “discernement” lors des contrôles par l’Etat d’exploitations agricoles.Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.

Face aux tracteurs de la FNSEA à Paris, Lecornu annonce une “loi d’urgence agricole”

“Une loi d’urgence agricole” examinée au Parlement “avant l’été”: le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu mardi à la demande principale de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, venus à leur tour en tracteurs à Paris pour clamer leur “révolte”.”J’ai demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”, a indiqué le Premier ministre sur X. “Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été”, a-t-il promis. Il a ajouté qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon” qui se tiendra du 21 février au 1er mars.Il a aussi demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question de l’eau et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”. Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.- Réponse à la FNSEA -Les annonces de mardi répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien — qui va jusqu’au Pas-de-Calais — ont lancé leurs tracteurs sur Paris.La FNSEA demandait depuis plusieurs semaines “une loi spéciale” pour aborder “la prédation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau”, la suspension de la directive nitrates et un moratoire sur “l’ensemble des sujets eau”.Entrés à l’aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas, conditionnant leur départ à un rendez-vous à Matignon qui a eu lieu dans l’après-midi. Après les annonces de Sébastien Lecornu, les responsables de la FNSEA reçus plus tôt se concertaient devant l’Assemblée sur les réponses à donner.Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants ont stationné aux abords de l’Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde: cadeau aux Parisiens.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.- “Au bout du bout” -“On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap”, déclarait mardi matin devant l’Assemblée nationale Guillaume Moret, 56 ans, venu en tracteur depuis le Val d’Oise et responsable FNSEA en Ile-de-France.Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi au Paraguay de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.En 2024, la FNSEA avait déjà lancé ses tracteurs dans Paris pour demander des revenus, un allègement des normes et des simplifications pour les agriculteurs.En fin de matinée, les manifestants ont échangé avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a annoncé une séance le 10 février consacrée à l’application notamment de la loi Duplomb, réclamée par l’alliance FNSEA-JA.À quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, les agriculteurs ont aussi multiplié leurs opérations ailleurs en France, notamment au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l’A1, ou au Havre. Sur l’A64, près de Toulouse, les manifestants ont accepté de lever le barrage.bur-sb-mdz-cho-are/ved/yk

Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli revendique des hausses de prix “sans précédent” en 2025

Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli affirme avoir obtenu des hausses de prix “sans précédent” en 2025, qui ont contribué à faire monter ses ventes, malgré d’âpres négociations avec les géants de la distribution en France et en Suisse, des analystes signalant que les volumes ont eux reculé. Le géant suisse, connu pour ses pralines Lindor, a procédé à des hausses de prix “de 19% à l’échelle du groupe”, a-t-il chiffré dans un communiqué mardi, favorisant une très nette progression de son chiffre d’affaires, mais moins forte. Le tout dans un contexte généralisé de “recul des volumes à travers le secteur”, a-t-il reconnu. Le chiffre d’affaires a progressé, lui, de 8,2% à 5,92 milliards de francs suisses (6,36 milliards d’euros), dépassant les prévisions des analystes interrogés par l’agence suisse AWP, qui l’attendaient en moyenne à 5,88 milliards de francs, tandis que sa croissance organique – qui reflète ses ventes hors effets de change – s’est montée à 12,4%.Cependant, à 15H44 GMT, l’action Lindt, la plus chère de la Bourse suisse, perdait 2,56% à 114.200 francs suisses. Son bon de participation cédait pour sa part 2,63% à 11.120 francs suisses, alors que le SPI, l’indice élargi de la Bourse suisse, se repliait de 0,69%.D’emblée, le chocolatier avait dit s’attendre à une croissance plus élevée que de coutume en 2025 compte tenu des hausses de prix qu’il comptait négocier face à la flambée des cours du cacao. Dès janvier, il avait dit compter sur une croissance organique de 7% à 9% en 2025, puis avait relevé cet objectif aux environs 9% à 11% en juillet lors de la publication de ses résultats semestriels. Pour 2026 et les années suivantes, il s’attend à renouer avec son objectif de moyen à long terme de 6% à 8%. Le groupe ne donnait mardi qu’une première indication sur ses ventes en 2025. Il doit publier ses résultats complets le 10 mars, avec davantage de détails sur sa marge bénéficiaire et les volumes de ventes.  – Hausse sans précédént -Dans un commentaire boursier, Patrik Schwendimann, analyste à la Banque cantonale de Zurich, estime que le groupe s’en est bien sorti dans “une année difficile”, malgré une baisse des volumes “d’environ 6,6%”, qui a pu être compensée par ces hausses de prix “sans précédent”.Les cours du cacao s’étaient envolés pour toucher un plus haut historique le 18 décembre 2024 à 12.931 dollars la tonne sur le marché à New York.Ensuite, grâce à la perspective de meilleures récoltes en Côte d’Ivoire et au Ghana, ils ont reflué en 2025 pour terminer l’année 2025 à 6.065 dollars, soit une chute de 48% durant l’année, mais se maintiennent à des niveaux élevés. Le groupe risque toutefois de n’en bénéficier qu’à partir “de 2027” compte tenu des achats de couverture, prévient Patrik Schwendimann. Entre 2010 et 2022, les cours oscillaient encore entre 2.000 et 3.500 dollars, rappelle l’analyste.- D’âpres négociations -Dans un commentaire de marché, Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, note que la croissance de Lindt & Sprüngli s’est normalisée en Europe au second semestre mais reste “robuste”, en dépit de “dé-référencements partiels en Suisse et en France”.Il note aussi que la croissance a nettement accéléré en Amérique du Nord durant le second semestre, malgré un climat de consommation “anémique”. Les négociations de prix ont donné lieu à un bras de fer avec Migros, la première chaîne de supermarchés en Suisse, avec laquelle Lindt & Sprüngli est finalement parvenu à un accord début décembre mais aussi avec E.Leclerc en France.”Certaines références de Noël ont été exclues des rayons au profit d’une offre plus accessible” a indiqué mardi le numéro un de la grande distribution en France, contacté par l’AFP, précisant que “les discussions commerciales traditionnelles et annuelles avec la marque se poursuivent”. 

“Continuez à manifester”, “l’aide est en route”, lance Donald Trump aux Iraniens

“Patriotes iraniens, continuez à manifester”: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à poursuivre leur mouvement et à renverser leurs institutions, promettant que “l’aide” arrivait.Le président américain a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l’un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.La répression a fait au moins 600 morts, selon une ONG qui craint un bilan réel plus élevé. De nouvelles vidéos, authentifiées par l’AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux d’une scène qui avait déjà émergé, montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.Les condamnations internationales ont afflué mardi: la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé le bilan “effroyable” de morts, et l’ONU s’est dit “horrifié” par la “répression”.Paris, Berlin, Londres et d’autres capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la “répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations” depuis des années, des mots de la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper.”CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!”, a écrit le président américain sur son réseau Truth social, disant avoir “annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêtaient pas”.La veille, La Maison Blanche avait affirmé que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait “la première option”.Et Donald Trump avait annoncé des sanctions douanières contre les partenaires commerciaux de l’Iran – des droits de douane de 25%, prenant effet “immédiatement”. – “Tueries à grande échelle” -L’Iran reste privé d’internet pour le sixième jour consécutif. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression qui a fait 648 morts au total, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, évoquant aussi 10.000 arrestations.Cette organisation a également cité des informations non confirmées allant jusqu’à 6.000 morts.Des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, affirme également l’ONG Human Rights Watch.”La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard”, relate Kian Tahsildari à Istanbul, reprenant le témoignage de ses amis à Mashad (nord-est de l’Iran).Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l’Iran vers l’étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l’AFP à Téhéran.Dans la capitale, les forces de sécurité étaient moins visibles aux principaux carrefours de la ville qu’en fin de semaine dernière, au plus fort des manifestations.Les journaux faisaient leur Une sur les rassemblements massifs de la veille organisés à l’appel du pouvoir, le quotidien ultraconservateur Kayhan titrant sur “l’humiliation historique” infligée selon lui à l’Amérique et d’Israël.Les médias d’Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux dizaines de membres des forces de sécurité” victimes du “terrorisme” ourdi, selon le pouvoir, par Israël et les Etats-Unis.- “Opérations terroristes” -Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des “émeutiers” pilotés par l’étranger d’être à l’origine des violences.Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l’internet avait été prise en raison “d’opérations terroristes” dont “les ordres venaient de l’étranger”.  “Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts”, a-t-il ajouté.Agé de 86 ans, l’ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d’importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.Mais ces manifestations “représentent sans doute le défi le plus sérieux” pour le guide suprême “depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites”, relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l’immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le corps des Gardiens de la Révolution, où aucune division n’est apparue pour le moment.Le peuple, “sans défense”, a besoin de la communauté internationale, a lancé mardi le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or du festival de Cannes. 

Boeing a vendu davantage d’avions qu’Airbus en 2025, une première depuis 2018

Le constructeur aéronautique américain Boeing a vendu près de 1.200 avions au cours de l’année 2025, un niveau de commandes qui lui a permis de devancer son grand rival européen Airbus pour la première fois depuis 2018.Selon des données publiées mardi sur son site internet, Boeing a reçu 1.175 commandes brutes, soit 1.173 commandes nettes après annulations, conversions et ajustements comptables.A fin décembre, son carnet de commande atteignait 6.130 avions commerciaux.De son côté, Airbus a annoncé lundi avoir engrangé 1.000 commandes brutes en 2025 de la part de 57 clients (889 nettes).”Nos équipes ont effectué un travail fantastique tout au long de 2025 pour améliorer les livraisons, dans les temps, d’avions sûrs et de qualité”, a commenté Stephanie Pope, présidente de la branche aviation commerciale (BCA) de Boeing.Pour Boeing, l’année 2025 a été marquée par la poursuite de sa convalescence après de gros problèmes de qualité de sa production révélés par un incident en vol sur un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines en janvier 2024.L’une des conséquences a été le plafonnement par l’autorité de régulation de l’aviation (FAA) de la production du monocouloir 737 MAX, avion le plus vendu de Boeing, à 38 exemplaires par mois. Ce n’est qu’en octobre 2025 qu’il a eu le feu vert pour grimper à 42, avec l’objectif d’aller au-delà courant 2026.En revanche, le géant américain – première entreprise exportatrice des Etats-Unis – n’a pas fait mieux que son grand rival européen en matière de livraisons.Sur l’ensemble de l’année, Boeing a livré 600 avions, du jamais vu depuis 2018 quand il avait remis 806 avions à ses clients. C’est malgré tout inférieur aux 793 livrés par Airbus (+4%) en 2025.En 2024, marquée également par une grève de plus de 50 jours dans deux usines cruciales, Boeing avait reçu 569 commandes brutes (317 nettes) et livré 348 avions.A noter en 2025, la livraison de 65 avions à des compagnies aériennes chinoises.Pékin a été le dernier pays à accepter de nouveau, fin 2023, les avions de Boeing après les accidents de deux 737 MAX 8 en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont fait 346 morts au total.

Arabelle Solutions, filiale d’EDF, fournira des turbines pour le projet nucléaire en Pologne

La société française Arabelle Solutions, filiale d’EDF, a été choisie par le consortium américain Westinghouse-Bechtel pour fournir trois ensembles de turbines à vapeur et de générateurs destinés au premier projet nucléaire en Pologne, a indiqué mardi le groupe polonais responsable du projet. Varsovie et le consortium américain ont signé en septembre 2023 un accord sur la conception d’une première centrale nucléaire en Pologne, prévue pour être mise en service dans le nord du pays d’ici dix ans.Le coût de la construction, qui doit débuter en 2026, avait alors été estimé à 100 milliards de zlotys (24 mds EUR). Le premier réacteur de 1250 MW de cette centrale, d’une capacité attendue de 3750 MW, doit être mis en service en 2033.Le choix d’Arabelle Solutions “a été confirmé par Polskie Elektrownie Jądrowe (PEJ), la société publique polonaise chargée de la construction de la première centrale nucléaire en Pologne, qui sera implantée dans la commune de Choczewo (nord)”, a indiqué PEJ dans son communiqué.Selon Ed Gore, directeur du projet Poland AP1000 pour Bechtel,”Arabelle Solutions apporte une riche expérience acquise dans des projets menés dans cette partie de l’Europe et offrira aux fabricants polonais de vastes possibilités de participation au projet”. “Cette étape marque un jalon essentiel dans la réalisation du projet et la preuve d’un partenariat solide, indispensable pour la construction de la première centrale nucléaire en Pologne”, a-t-il déclaré dans le communiqué. De son côté, le groupe français, s’est dit “fier” d’avoir été choisi et de pouvoir contribuer ainsi “à fournir au pays une électricité fiable et bas carbone”, selon sa présidente Catherine Cornand, citée dans un communiqué.La Pologne prévoit actuellement de construire à terme trois sites nucléaires de trois réacteurs chacun, avec une puissance maximale globale de 15 GW, ce qui représenterait environ 30% du mix énergétique du pays.