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Dermatose: les forces de l’ordre prennent le contrôle d’une ferme ariégeoise après des affrontements

Les forces de l’ordre ont pris dans la soirée de jeudi le contrôle d’une ferme ariégeoise où se trouvaient plusieurs dizaines d’opposants à l’abattage d’un troupeau de vaches, en raison d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a constaté un journaliste vidéo de l’AFP.Faisant usage de gaz lacrymogène, les gendarmes mobiles ont investi peu avant 23h00 l’élevage situé dans le village des Bordes-sur-Arize, éloignant les manifestants alors que des affrontements ont ponctué la soirée, les grenades lacrymogènes répondant à des jets de projectiles dans un paysage nocturne éclairé par des feux de bottes de foin ou de palettes.”L’action conjointe des forces de sécurité intérieure a permis de sécuriser l’exploitation agricole. La situation est désormais sous contrôle”, a indiqué la préfecture de l’Ariège, peu avant 00h00.Depuis mercredi matin et l’annonce du cas de DNC, les agriculteurs s’étaient rassemblés sur le site pour bloquer l’accès aux services vétérinaires, chargés d’euthanasier 207 blondes d’Aquitaine. Au plus fort de la mobilisation, ils ont été plusieurs centaines d’agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (CR), de la Confédération paysanne ou de simples sympathisants à protester dans le calme.Le préfet de l’Ariège a assuré jeudi en début de soirée que les deux frères propriétaires du troupeau lui avaient donné leur accord pour l’abattage, conformément au protocole sanitaire de lutte contre la DNC.Cette affirmation a été démentie par Pierre-Guillaume Mercadal, dirigeant de la CR du Tarn-et-Garonne, venu sur place. “Ils sont deux frères, un a cédé, l’autre non. Ils sont en train de déchirer cette famille, en plus de l’accabler du deuil de leurs vaches”, a-t-il répondu au préfet.- Vaccinations -L’abattage, seule méthode efficace pour éviter que “la maladie se diffuse dans l’ensemble du cheptel français”, se fera “dès que possible” puis une campagne de vaccination sera lancée dans le département, a annoncé le représentant de l’Etat. Sur les 33.000 bovins d’Ariège, 3.000 ont déjà été vaccinés le mois dernier, dans les zones proches des Pyrénées-Orientales où des foyers ont été détectés.Les syndicats agricoles locaux et la chambre d’agriculture ont proposé en vain un protocole expérimental au ministère de l’Agriculture, demandant notamment que seules les vaches contaminées soient abattues et qu’une campagne de vaccination massive soit lancée.- “Zones réglementées” -Jusqu’ici, la règlementation visant à stopper la propagation de la maladie prévoit que l’ensemble du troupeau concerné soit abattu et l’instauration de “zones règlementées” dans un rayon de 50 km autour du foyer de DNC, périmètre dans lequel les déplacements de bovins sont interdits ou restreints.Dans les Hautes-Pyrénées, un autre troupeau d’une vingtaine de bêtes doit être abattu vendredi, a annoncé le préfet de ce département, Jean Salomon. Dans cette exploitation, située à Luby-Betmont, quelques dizaines d’éleveurs sont aussi mobilisés pour empêcher l’action des services vétérinaires.”Les tentatives de blocage ou les regroupements observés en proximité des exploitations font courir à tous les éleveurs un risque de propagation supplémentaire de la maladie”, s’est inquiété M. Salomon.En Ariège, “c’est vraiment une place de résistance et j’espère qu’elle va tenir le plus longtemps possible”, avait souhaité dans l’après-midi Bertrand Venteau, président de la CR.”La mobilisation paye, ça a retardé l’échéance”, avait-il jugé, en appelant également à une vaccination massive et à “une grande unité du monde agricole”.La ministre de l’Agriculture “Annie Genevard doit changer sa politique, sinon elle va nous foutre le feu dans les campagnes”, a-t-il poursuivi, estimant que la maladie “n’est pas sous contrôle”. Apparue en juin en France, non transmissible à l’humain mais pouvant entraîner la mort des animaux, la DNC est “sous contrôle”, soutient au contraire le ministère de l’Agriculture qui a ouvert mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français.Contrairement à la CR et à la Confédération paysanne, la FNSEA y est plus réticente en raison du “risque d’effondrement des exportations et des prix” qu’elle pourrait entraîner, a expliqué mardi à l’AFP son président, Arnaud Rousseau.Jeudi soir, ce dernier a cependant annoncé dans une vidéo avoir demandé à Mme Genevard une “extension de la zone vaccinale au-delà des zones règlementées”.Les cas détectés de DNC en Ariège et Hautes-Pyrénées sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie le 29 juin 2025. 

Dermatose: l’opposition à un abattage en Ariège dérive en affrontements

La mobilisation d’agriculteurs destinée à éviter l’abattage d’un troupeau de 200 vaches dans une ferme en Ariège a dégénéré jeudi soir en affrontements entre manifestants et gendarmes.Depuis mercredi matin et l’annonce d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans cet élevage du village des Bordes-sur-Arize, des agriculteurs s’étaient rassemblés en nombre pour bloquer l’accès aux services vétérinaires, chargés d’euthanasier 207 blondes d’Aquitaine.En début de la soirée, à l’arrivée des forces de l’ordre près de la ferme, alors que la nuit était tombée, de multiples tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes par les gendarmes ont répondu aux jets des pierres et de différents projectiles des manifestants.Vers 22H30, les forces de l’ordre étaient en train d’investir la ferme, tandis que l’essentiel des manifestants, repoussés par les gaz lacrymogènes, s’éloignaient, a constaté un journaliste vidéo de l’AFP.Plusieurs centaines d’agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (CR) et de la Confédération paysanne et des sympathisants du mouvement, avaient d’abord protesté dans le calme.Selon les forces de l’ordre, 200 manifestants demeuraient sur place vers 22H00, “dont quelques dizaines de militants d’ultragauche” alors que d’autres chantaient des cantiques, en portant une croix face aux forces de l’ordre.Le préfet de l’Ariège a assuré que les deux frères propriétaires du troupeau lui avaient donné leur accord pour l’abattage des bêtes, conformément au protocole sanitaire de lutte contre la DNC.Cette affirmation a été démentie par Pierre-Guillaume Mercadal, dirigeant de la CR. “Ils sont deux frères, un a cédé, l’autre non. Ils sont en train de déchirer cette famille, en plus de l’accabler du deuil de leurs vaches”, a-t-il répondu au préfet.- Vaccinations -“Il reste ce (jeudi) soir un noyau de personnes qui veulent en découdre, je lance un appel à la raison. On ne doit pas être dans l’affrontement”, a déclaré le préfet Hervé Brabant, lors d’une point de presse en début de soirée, demandant “à tous les manifestants de respecter cette volonté des éleveurs et de quitter les lieux dans le calme”.L’abattage, seule méthode efficace pour éviter que “la maladie se diffuse dans l’ensemble du cheptel français”, se fera “dès que possible” puis une campagne de vaccination sera lancée dans le département, a-t-il annoncé. Sur les 33.000 bovins d’Ariège, 3.000 ont déjà été vaccinés le mois dernier, dans les zones proches des Pyrénées-Orientales où des foyers ont été détectés.Les syndicats agricoles locaux et la chambre d’agriculture ont proposé en vain un protocole expérimental au ministère de l’Agriculture, demandant notamment que seules les vaches contaminées soient abattues et qu’une campagne de vaccination massive soit lancée.- “Zones réglementées” -Jusqu’ici, la règlementation visant à stopper la propagation de la maladie prévoit que l’ensemble du troupeau concerné soit abattu et l’instauration de “zones règlementées” dans un rayon de 50 km autour du foyer de DNC, périmètre dans lequel les déplacements de bovins sont interdits ou restreints.Dans les Hautes-Pyrénées, un autre troupeau d’une vingtaine de bêtes doit être abattu vendredi, a annoncé le préfet de ce département Jean Salomon. Dans cette exploitation, à Luby-Betmont, quelques dizaines d’éleveurs sont mobilisés pour empêcher l’action des services vétérinaires.”Les tentatives de blocage ou les regroupements observés en proximité des exploitations font courir à tous les éleveurs un risque de propagation supplémentaire de la maladie”, s’est inquiété M. Salomon.En Ariège, “c’est vraiment une place de résistance et j’espère qu’elle va tenir le plus longtemps possible”, a affirmé Bertrand Venteau, président de la CR.”La mobilisation paye, ça a retardé l’échéance”, a-t-il jugé, en appelant également à une vaccination massive et à “une grande unité du monde agricole”.La ministre de l’Agriculture “Annie Genevard doit changer sa politique, sinon elle va nous foutre le feu dans les campagnes”, a-t-il poursuivi, estimant que la maladie “n’est pas sous contrôle”. Apparue en juin en France, non transmissible à l’humain mais pouvant entraîner la mort des bêtes, la DNC est “sous contrôle”, soutient au contraire le ministère de l’Agriculture qui a ouvert mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français.Contrairement à la CR et à la Confédération paysanne, la FNSEA y est plus réticente en raison du “risque d’effondrement des exportations et des prix” qu’elle pourrait entraîner, a expliqué mardi à l’AFP son président, Arnaud Rousseau.Jeudi soir, ce dernier a annoncé dans une vidéo avoir demandé à Mme Genevard une “extension de la zone vaccinale au-delà des zones règlementées”.Les cas détectés de DNC en Ariège et Hautes-Pyrénées sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie le 29 juin 2025. pac-bdu-ap-alh/ap-elr/er

Wall Street: nouveaux records du Dow Jones et du S&P 500, le Nasdaq recule

La Bourse de New York a terminé sur une note contrastée jeudi, les résultats d’Oracle -moins bons qu’attendu- ayant incité les investisseurs à se détourner des actions technologiques à fortes capitalisations au profit du reste du marché.L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 0,25%, tandis que le Dow Jones (+1,34%) et l’indice élargi S&P 500 (+0,21%) ont tous les deux atteint des nouveaux records en clôture, respectivement à 48.704,01 et 6.901,00 points.L’indice Russell 2000, qui réunit 2.000 entreprises de taille moyenne, a aussi évolué proche de ses plus hauts niveaux.”Tous les secteurs ont progressé, à l’exception des valeurs technologiques, qui ont subi un revers suite à la publication d’un rapport trimestriel décevant par Oracle”, remarque Jose Torres, d’Interactive Brokers.Le géant de l’informatique à distance (cloud) a chuté de 10,82% à 198,88 dollars à Wall Street jeudi, ce qui représente une perte d’environ 70 milliards de dollars de capitalisation boursière.Oracle, qui s’est massivement endetté pour être un des leaders de l’infrastructure pour l’intelligence artificielle (IA), a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 16,06 milliards de dollars, en hausse de 14% sur un an, mais en dessous des attentes du marché.Il a aussi relevé de 15 milliards à 50 milliards de dollars son plan de dépenses en 2026.”Il existe encore beaucoup d’appréhension quant à la viabilité et la rentabilité de certains des plans d’investissement” des géants de l’IA, commente auprès de l’AFP Dave Grecsek, d’Aspiriant.Le sort d’Oracle jeudi “a porté un coup au secteur de l’IA (…) dans son ensemble”, remarque Patrick O’Hare, analyste de Briefing.com, à l’instar des grands noms des puces Nvidia (-1,55%), Broadcom (-1,60%) et Micron (-1,99%).Le reste du marché a été soutenu par la poursuite de l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), note Dave Grecsek.L’institution a conclu la veille sa dernière réunion de l’année par une baisse des taux directeurs d’un quart de point, la troisième consécutive, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.Et certains analystes estiment que les commentaires du président de la Fed, Jerome Powell, ont été plus accommodants qu’anticipé.M. Powell a surpris en ne donnant “pas l’impression qu’une longue pause” allait arriver, souligne Matthew Ryan, analyste chez Ebury.Pour le moment, la médiane des prévisions des responsables de la Fed ne fait apparaître qu’une seule réduction des taux en 2026.Côté indicateurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties jeudi au-dessus des attentes du marché (à 236.000 contre 220.000 escomptées).Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans, évoluait autour de 4,15% vers 21H20 GMT, contre 4,14% à la clôture la veille.A la cote, l’éditeur de logiciels Adobe (+2,13% à 350,43 dollars) a profité de performances trimestrielles meilleures qu’escompté, aidé notamment par ses outils IA.Son bénéfice net rapporté par action, donnée de référence pour les marchés, s’est établi à 4,45 dollars, contre 4,29 dollars attendu par les analystes.Walt Disney a terminé dans le vert (+2,43% à 111,48 dollars) après avoir annoncé jeudi un accord avec OpenAI, qui va permettre l’utilisation des personnages du groupe sur Sora, la plateforme de vidéo créées par IA générative.

OpenAI lance un nouveau modèle pour défendre son trône face à Google

OpenAI a lancé jeudi son nouveau modèle d’intelligence artificielle (IA), GPT-5.2, dans une tentative de réaffirmer sa suprématie quelques jours après le déclenchement d’une “alerte rouge” en interne face à la concurrence grandissante du Gemini de Google et d’autres modèles.Ce lancement intervient alors que le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait demandé, dans un message d'”alerte rouge” à ses équipes début décembre, de recentrer en urgence les ressources sur ChatGPT, le produit phare de l’entreprise de San Francisco.La directrice des applications d’OpenAI, Fidji Simo, a confirmé dans un point presse jeudi que cette “alerte rouge” avait permis “une augmentation des ressources allouées à ChatGPT” et été “utile” pour finaliser GPT-5.2. Mais elle a contesté l’idée que la sortie de GPT-5.2 avait été avancée en raison de ce climat d’urgence, selon le média Wired.OpenAI présente cette nouvelle itération, qui se décline en plusieurs modèles (instantané, raisonnement, professionnel), comme sa version la plus performante à ce jour. L’entreprise revendique des progrès notables en matière de raisonnement, de création de présentation, de perception des images, de gestion d’une série de tâche et de code informatique.OpenAI assure que la version “Thinking” commet 38% d’erreurs factuelles (ou “hallucinations”) en moins que la précédente.Ces améliorations visent à endiguer les avancées de la concurrence, comme le modèle Claude d’Anthropic, moins connu du grand public mais réputé parmi les professionnels, et la percée de Google.- Vidéo payantes -Le géant de la recherche en ligne a lancé en novembre son modèle Gemini 3 et revendiqué plus de 650 millions d’utilisateurs mensuels pour son assistant. De son côté, OpenAI affirme que 800 millions d’internautes utilisent ChatGPT chaque semaine.A la différence de Google, qui dégage des milliards de dollars de trésorerie chaque trimestre grâce à son activité ancienne, essentiellement publicitaire, OpenAI perd lui de l’argent chaque mois et ne prévoit pas d’être rentable avant 2029.Son patron Sam Altman s’est toutefois voulu rassurant jeudi sur la chaîne américaine CNBC. “Nous sommes confiants dans notre capacité à continuer de stimuler la croissance des revenus pour répondre à cette montée en puissance du calcul”, a-t-il déclaré.OpenAI s’est en effet engagé à acquérir, sur huit ans, pour 1.400 milliards de dollars de capacités informatiques supplémentaires, autrement dit pour acheter des millions de puces, construire les centres pour les faire fonctionner et assurer l’électrification et le refroidissement de ces structures.Ces montants colossaux suscitent des interrogations croissantes, vu l’écart avec les revenus actuels d’OpenAI. L’entreprise devrait atteindre fin 2025 un chiffre d’affaires annualisé d’au moins 20 milliards de dollars, avait déclaré début novembre Sam Altman, promettant “plusieurs centaines de milliards d’ici 2030″.”Sans cette montée en puissance du calcul, bien sûr, nous ne pouvons pas stimuler la croissance des revenus, mais nous voyons bien plus de raisons d’être optimistes que pessimistes”, a-t-il assuré jeudi.Le dirigeant a également noté qu’OpenAI facturait désormais les utilisateurs pour la génération de vidéos via son outil Sora. “Les utilisateurs n’ont manifesté aucune réticence à payer pour générer des vidéos qu’ils aiment”, a assuré Sam Altman.Sam Altman avait par ailleurs annoncé en octobre un assouplissement à partir de décembre des restrictions de ChatGPT pour permettre les conversations érotiques pour les adultes.Fidji Simo a indiqué à la presse qu’elle s’attendait à voir ce “mode adulte” finalement disponible au premier trimestre 2026, l’entreprise souhaitant mieux prédire l’âge des utilisateurs avant d’introduire cette fonctionnalité.

“Un choc”: la liquidation de Brandt prononcée, quelque 700 emplois supprimés

“Un choc”: la justice a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, fleuron industriel français qui disparaît en laissant quelque 700 salariés au chômage et les plonge dans une grande détresse à la veille de Noël.”C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française”, a indiqué à l’AFP le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau, évoquant un “traumatisme” de voir les quelque 700 emplois du groupe supprimés après cette décision du tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre. Il a fait part de son “incompréhension” face à cette décision.Bercy a de son côté exprimé sa “profonde tristesse” après la liquidation d’un “fleuron français”.Près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel de Brandt avec 350 salariés, M. Bonneau, accompagné de la préfète de la région Sophie Brocas et du président de la métropole d’Orléans Serge Grouard, s’est rendu auprès d’une partie d’entre eux.”Il nous manquait quatre millions” pour empêcher cette marque de disparaître au profit “des produits chinois”, a pesté M. Grouard, fustigeant un “manque de temps” pour convaincre les banques de la viabilité du projet.Ils ont notamment promis leur accompagnement, assurant auprès de l’AFP que tous avaient fait preuve d’une “grande dignité”.- “Tout casser” -Une réunion avec certains employés et les élus locaux s’est tenue sur place, à la mi-journée. Tout comme dans l’autre usine, située à Vendôme dans le Loir-et-Cher où travaillent 93 personnes.Une soixantaine d’entre elles ont fait part de leur dépit toute la matinée, allumant des braseros et brûlant des documents administratifs pour “dire au revoir à Brandt”.Certains ont même décidé d’y brûler leurs bleus de travail siglés aux couleurs de la marque.”J’ai plus que de colère, j’ai de la hargne, j’ai de la rage”, confie à l’AFP Laurent Brindeau, 40 ans d’ancienneté. “J’ai envie de tout casser”.Face à ce risque particulièrement redouté, un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, devait pourtant permettre de sauver au moins 370 emplois.Présentée comme celle de la dernière chance, l’offre avait reçu ces derniers jours un large soutien d’une majorité de salariés et des pouvoirs publics, qui ont assuré avoir trouvé les 20 à 25 millions nécessaires à une relance de l’activité.- “Le néant” -Au total, quelque 700 emplois disparaissent et les salaires ne seront plus versés après le 15 décembre.”C’est une grosse tristesse. On y a cru, on a voulu s’attacher à cet infime espoir. Mais maintenant, c’est le néant, c’est fini”, se résigne, les larmes aux yeux, David Mongrédien, 26 ans de maison.Sac à la main, il a franchi une dernière fois, comme 200 de ses collègues présents jeudi à la mi-journée, les tourniquets d’accès au site.Avec cette décision, le fabricant des produits Brandt disparaît tout comme les trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. Contacté par l’AFP, le groupe Cevital n’avait pas réagi dans l’immédiat.L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager.Ce dernier a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023, symbole selon le groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils et d’équipements ménagers (Gifam) d’une difficulté à rester compétitif “face à la montée en puissance des produits fabriqués à bas coût, notamment en Chine”.

Bataille autour de la préservation de l’eau dans l’Ouest

Pesticides, inondations, sécheresses: comment préserver l’eau potable, altérée par des pratiques agricoles et industrielles, et atténuer les effets du changement climatique? Trois ans de discussion n’ont pas permis de dégager un compromis pour des mesures concernant six départements de l’Ouest.Elus, représentants des mondes agricole, industriel, associatif devaient se retrouver jeudi à Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) pour la révision du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin versant du fleuve Vilaine. Ce texte vise à améliorer la qualité des masses d’eau, aujourd’hui très mauvaise, sur ce territoire qui englobe six départements de la Mayenne au Morbihan, avec 1,3 million d’habitants.Après une quinzaine de réunions, une enquête et une consultation publiques, cette réunion de la Commission locale de l’eau (CLE) devait être la dernière. Elle a été annulée en dernière minute.Cette décision a été prise car l’accès à la salle était bloqué, a expliqué à l’AFP le président de la CLE, Michel Demolder. Un tracteur et une balle de paille en interdisaient l’accès. “Des organisations syndicales n’acceptent pas le débat démocratique”, a-t-il regretté.Une règle cristallise les tensions, dans un territoire très agricole: l’interdiction d’herbicides pour maïs dans des parcelles sensibles à l’érosion, situées dans une poignée d’aires de captage en eau potable. Il s’agirait d’une première en France.Le but: éviter qu’en cas de pluie, ces polluants se retrouvent dans l’eau. Des dérogations restent possibles en cas d’impasses techniques ou climatiques et une aide financière est prévue pour passer au désherbage mécanique.Cela concernerait 2,5% de la surface du SAGE Vilaine, selon M. Demolder.Le vote final pour la révision du SAGE Vilaine, prévu jeudi, a été repoussé au 16 janvier. La réunion de la CLE aura lieu “sous une forme ou une autre”, pour une adoption avant les élections municipales, a indiqué M. Demolder.- “Coup de force” -Premier syndicat agricole, l’alliance FNSEA-JA, opposée au texte, était venue en force à Châteaubourg, avec environ 200 tracteurs, 700 agriculteurs, des canons effaroucheurs, avant de se rendre à Rennes devant la préfecture où ils ont déversé du fumier et du foin, de même que devant le siège de Rennes métropole.”Je condamne très fermement les dégradations commises à Rennes par des syndicalistes agricoles”, a réagi par communiqué la maire de Rennes Nathalie Appéré (PS). Ce comportement “inacceptable” entraînera le dépôt d’une plainte, a-t-elle précisé. La préfecture d’Ille-et-Vilaine a signalé peu avant 20H00 la fin de la manifestation. Selon elle, 360 manifestants étaient présents à Rennes.La Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, aussi contre le texte, a manifesté à part, à Châteaubourg, avec un effectif beaucoup plus réduit d’une trentaine de personnes.Les partisans du SAGE Vilaine, la Confédération agricole, AgroBio35 et des associations, étaient une centaine, selon les forces de l’ordre.La dernière version de la règle générant les tensions, pourtant amendée par les chambres d’agriculture, ne passe pas auprès de la FNSEA-JA.Marie-Ève Taillecours, de la Confédération paysanne, défend au contraire la révision du SAGE Vilaine. Elle juge “consternante” l’annulation de la réunion de la CLE par “un coup de force, en montrant les gros bras”. L’association Eau et Rivières dénonce de son côté “la pression d’acteurs qui veulent ignorer les impacts sanitaires” et “refusent le dialogue”.”C’est un problème de santé publique”, martèle Pascal Hervé, vice-président de Rennes métropole. Mais aussi environnemental et économique, avec des entreprises agro-industrielles très consommatrices d’eau. En jeu, l’explosion prévue des coûts de dépollution de l’eau dans les années à venir, aujourd’hui payés par les consommateurs. S’il est possible de rajouter des traitements pour potabiliser l’eau, “il serait suicidaire de les considérer comme une solution définitive, en raison de risques d’impasses technologiques et économiques”, alerte Régis Taisne, de la FNCCR, une fédération de collectivités.Ces dernières demandent notamment “une réelle application du principe pollueur-payeur”, poursuit-il, pour éviter que les hausses de facture retombent uniquement sur les consommateurs.”On voit qu’il y a une très forte opposition de la profession agricole contre un certain nombre de mesures qui sont présentées”, a admis auprès de l’AFPTV le préfet de Bretagne Franck Robine, qui s’est dit par ailleurs “optimiste” pour trouver, avec le temps, une forme d’équilibre.

OpenAI lance un nouveau modèle pour défendre son trône face à Google

OpenAI a lancé jeudi son nouveau modèle d’intelligence artificielle (IA), GPT-5.2, dans une tentative de réaffirmer sa suprématie quelques jours après le déclenchement d’une “alerte rouge” en interne face à la concurrence grandissante du Gemini de Google et d’autres modèles.Ce lancement intervient alors que le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait demandé, dans un message d'”alerte rouge” à ses équipes début décembre, de recentrer en urgence les ressources sur ChatGPT, le produit phare de l’entreprise de San Francisco.La directrice des applications d’OpenAI, Fidji Simo, a confirmé dans un point presse jeudi que cette “alerte rouge” avait permis “une augmentation des ressources allouées à ChatGPT” et été “utile” pour finaliser GPT-5.2. Mais elle a contesté l’idée que la sortie de GPT-5.2 avait été avancée en raison de ce climat d’urgence, selon le média Wired.OpenAI présente cette nouvelle itération, qui se décline en plusieurs modèles (instantané, raisonnement, professionnel), comme sa version la plus performante à ce jour. L’entreprise revendique des progrès notables en matière de raisonnement, de création de présentation, de perception des images, de gestion d’une série de tâche et de code informatique.OpenAI assure que la version “Thinking” commet 38% d’erreurs factuelles (ou “hallucinations”) en moins que la précédente.Ces améliorations visent à endiguer les avancées de la concurrence, comme le modèle Claude d’Anthropic, moins connu du grand public mais réputé parmi les professionnels, et la percée de Google. Le géant de la recherche en ligne a lancé en novembre son modèle Gemini 3 et revendiqué plus de 650 millions d’utilisateurs mensuels pour son assistant. De son côté, OpenAI affirme que 800 millions d’internautes utilisent ChatGPT chaque semaine.A la différence de Google, qui dégage des milliards de dollars de trésorerie chaque trimestre grâce à son activité ancienne, essentiellement publicitaire, OpenAI perd lui de l’argent chaque mois et ne prévoit pas d’être rentable avant 2029.Sam Altman avait annoncé en octobre un assouplissement à partir de décembre des restrictions de ChatGPT pour permettre les conversations érotiques pour les adultes.Fidji Simo a indiqué à la presse qu’elle s’attendait à voir ce “mode adulte” finalement disponible au premier trimestre 2026, l’entreprise souhaitant mieux prédire l’âge des utilisateurs avant d’introduire cette fonctionnalité.

Le français Verkor inaugure son usine de batteries pour véhicules électriques

Le nouveau fabricant tricolore de batteries pour véhicules électriques Verkor a inauguré jeudi dans le Nord sa première gigafactory, la troisième désormais de la vallée française de la batterie, dans un contexte toutefois très incertain pour le secteur automobile en Europe.”Il y a des doutes et des questionnements sur le développement de cette industrie, mais nous sommes là, nous avançons” a déclaré le président et cofondateur de Verkor Benoit Lemaignan dans l’usine flambant neuve à Bourbourg, près de Dunkerque.La start-up fondée en 2020 à Grenoble doit essentiellement fournir Renault, qui détient environ 10% [BIEN 10%] de son capital.”Nous avons besoin de protection, nous sommes une industrie naissante” en Europe, a-t-il plaidé, en allusion aux arbitrages très attendus de la Commission européenne sur le secteur automobile.Bruxelles doit notamment se prononcer mardi prochain sur un éventuel assouplissement de son interdiction des ventes de voitures neuves thermiques dans l’UE à compter de 2035. Cet objectif fixé il y a deux ans est jugé intenable par certains Etats, notamment l’Allemagne, et par la plupart des constructeurs automobiles.Un report de cet objectif sans aides supplémentaires importantes pour le tout-électrique risquerait de sérieusement plomber ce segment de marché et la filière européenne émergente des batteries.Le président de la République Emmanuel Macron, qui n’était pas présent, s’est réjouit selon un communiqué de Verkor de ce projet par lequel “nous consolidons notre autonomie technologique et énergétique.- “Esprit de résistance” -Présents à Bourbourg, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut et le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin ont rappelé la position de la France, qui souhaite dévier le moins possible de la trajectoire vers le tout-électrique.”L’Europe doit d’abord récompenser les constructeurs automobiles qui vont faire le choix d’acheter des composants fabriqués sur son sol” en particulier certains composants critiques comme les batteries, a souligné Mme Barbut.”Nous défendrons une préférence européenne accompagnée d’une bonification, afin de soutenir la filière automobile et ses équipementiers”, a-t-elle ajouté.Dressant un parallèle avec le massif du Vercors, haut lieu de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, M. Martin a aussi salué “l’esprit de résistance, l’esprit de combat autour de la réindustrialisation” en France, dont cette nouvelle “gigafactory” est un “symbole” selon lui.”Cette ambition d’électrification de la mobilité demeure au coeur de nos priorités”, a renchéri M. Martin, tout en reconnaissant qu’il faudra “une volonté européenne extrêmement forte” pour accompagner l’engagement français dans le tout-électrique.”Je pense que l’Europe va sans doute apporter quelque flexibilité parce qu’on voit bien que le 100% en 2035 est un objectif qui sera difficile à atteindre”, a-t-il néanmoins avancé. “Peut-être qu’elle peut autoriser d’autres technologies le temps d’arriver à cet objectif”.- 1.200 emplois espérés -Verkor a entamé en 2023 la construction de sa première usine de 100.000 m2, où sont assemblées pour l’instant des batteries destinées aux voitures Alpine électriques et aux utilitaires FlexEVan de Renault.Interrogé sur d’autres clients potentiels, le président de Verkor a évoqué “un certain nombre en discussion, mais tout le monde nous dit +on va vérifier que vous savez bien faire+”. “Ca va prendre encore un petit peu de temps”, a-t-il ajouté.Cette giga-usine représente un investissement de 1,5 milliard d’euros – dont près de la moitié provenant d’aides publiques – et doit générer 1.200 emplois.Désormais opérationnelle, elle commercialisera ses premières cellules de batteries début 2026, selon Verkor.Avec ce site, Verkor vise une production de batteries lithium-ion capable d’équiper 300.000 véhicules électriques par an, “à peu près” à l’horizon 2027, a confirmé jeudi à l’AFP Philippe Chain, cofondateur et conseiller stratégique de la société. L’usine peut également être agrandie par la suite.Deux autres gigafactories produisent déjà dans la vallée française de la batterie, ancrée dans les Hauts-de-France: en 2024 celle d’ACC, co-entreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et Saft (filiale de TotalEnergies), puis cette année celle d’AESC, groupe japonais majoritairement détenu par le chinois Envision.Le taïwanais ProLogium a lui repoussé à 2028 l’ouverture de sa gigafactory à Dunkerque, expliquant avoir dû revoir sa conception après avoir décidé de miser sur la quatrième génération de sa technologie innovante de batteries lithium-céramique.

La poursuite de l’encadrement des loyers adoptée à l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale a adopté jeudi en première lecture une proposition de loi socialiste visant à pérenniser l’encadrement des loyers, contre l’avis du gouvernement qui souhaite attendre les conclusions d’une mission d’évaluation avant de légiférer.Cette proposition de loi a été adoptée par 105 voix contre 56, grâce à l’unité de la gauche et à une faible mobilisation du camp gouvernemental et de l’extrême droite, opposés à la mesure.Porté par le député PS Inaki Echaniz, le texte entend d’abord éviter la disparition du dispositif, actuellement expérimenté dans 72 collectivités et censé s’achever en novembre 2026.Examiné dans le cadre de la niche parlementaire socialiste, il prévoit de permettre à toutes les communes dites “tendues” (et celles limitrophes se situant dans la même intercommunalité) de mettre en place l’encadrement des loyers. Elle plafonne également le complément de loyer à 20 % du loyer maximal et double les sanctions contre les propriétaires récalcitrants.Face à la crise du logement, “deux choix s’offrent à nous: rester passifs face à l’envolée des prix (…) ou agir pour encadrer cette hausse”, a plaidé M. Echaniz, soulignant aussi la nécessité de considérer, comme le fait son texte, les “élus locaux comme les plus responsables de savoir ce dont leur territoire a besoin”.Chargés d’une mission d’information parlementaire sur le sujet, Inaki Echaniz et la députée Renaissance Annaïg Le Meur ont conclu dans leur rapport publié en septembre que “le dispositif fonctionnait et méritait d’être poursuivi”.Ils affirmaient également que le dispositif “n’était pas la cause de la baisse générale de l’offre locative, qui affecte aussi les villes sans encadrement”.- “Calendrier prématuré” -Le ministre de la Ville et du logement Vincent Jeanbrun (LR) a jugé le “calendrier prématuré” alors qu’une mission d’évaluation du dispositif confiée par le gouvernement à deux économistes n’a pas encore rendu ses conclusions.Prévu à l’automne, leur rapport ne sera pas prêt avant le printemps. M. Echaniz estime que rien n’empêche de prendre de l’avance, face à la lenteur du processus parlementaire, afin que la loi soit bien promulguée avant la fin de l’expérimentation.Philippe Lottiaux (RN) a dénoncé une mesure “contreproductive” qui, selon lui, “à vouloir trop protéger les locataires” risque de réduire davantage l’offre locative et rajouter “un clou au cercueil” du logement.M. Echaniz lui a répondu en fustigeant “l’hypocrisie” du Rassemblement national “qui prétend défendre les classes moyennes et populaires” mais refuse toute régulation.Communistes et Insoumis ont pour leur part déploré un dispositif “trop limité” pour protéger les locataires et ne permettant pas une baisse des loyers déjà trop élevés, mais l’ont toutefois voté.Les socialistes ont défendu un texte d’équilibre, rappelant qu’il devra passer par le Sénat, où une alliance de la droite et du centre est majoritaire, et dit ne pas vouloir “vendre un texte maximaliste qui n’aurait aucune chance d’être voté”.Les fédérations de propriétaires et de professionnels de l’immobilier s’opposent à cette proposition de loi qui selon elles pénalise les propriétaires et réduit l’offre locative.Les associations de défense des locataires défendent en revanche la pérennisation et l’amélioration de l’encadrement des loyers pour protéger le pouvoir d’achat des locataires.Selon un sondage réalisé par Ipsos pour la Fondation pour le logement des défavorisés, 87% des 1.000 personnes interrogées se disent favorables au dispositif d’encadrement des loyers, y compris parmi les propriétaires (85% d’avis favorables).

La revanche d’Athènes: le Grec Pierrakakis élu à la tête de l’Eurogroupe

Dix ans après avoir manqué de se faire éjecter de la zone euro, la Grèce tient sa revanche: son ministre des Finances Kyriakos Pierrakakis a été élu jeudi par ses pairs à la tête de l’instance qui la gouverne, l’Eurogroupe.”C’est la reconnaissance la plus éclatante de la trajectoire positive de notre patrie”, s’est félicité le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, saluant “un jour de fierté pour le pays, pour le gouvernement et pour tous les citoyens”.”Il y a 10 ans, le débat ici à Bruxelles était de savoir si la Grèce allait sortir ou pas de la zone euro. Et pourtant, elle a tenu bon. C’est un témoignage de bien des choses, de la force collective de notre peuple, et de la solidarité européenne”, a déclaré à la presse M. Pierrakakis.”Il y a un peu plus de 10 ans, c’est à l’Eurogroupe qu’ont été pensées et mises en oeuvre des mesures pour le sauvetage de la Grèce qui était à l’époque dans une situation économique et financière très difficile”, a renchéri le ministre français de l’Economie, Roland Lescure.”La Grèce a parcouru un si long chemin au cours des 10 dernières années”, a résumé le président du Conseil, Antonio Costa.Kyriakos Pierrakakis, 42 ans, est ministre des Finances depuis mars, après avoir piloté la transformation de l’administration grecque depuis 2019 en tant que ministre de la Gouvernance numérique, puis de l’Education.Dans sa candidature, il avait mis en avant “le pouvoir de la résilience” dont sa génération a fait preuve, après la tourmente des années 2010, lorsque la crise de la dette grecque a failli provoquer l’implosion de la zone euro.Une “crise existentielle” qui a démontré selon lui “le coût de la complaisance, la nécessité des réformes et l’importance de la solidarité européenne”.Kyriakos Pierrakakis était opposé au ministre belge du Budget Vincent Van Peteghem, 45 ans, membre de l’Eurogroupe depuis 2020.- Nomination à Francfort -Les deux hommes, tous deux membres de partis de droite, se sont lancés après la démission surprise de l’Irlandais Paschal Donohoe, qui exerçait la fonction depuis 2020 et avait été réélu à la tête de l’Eurogroupe il y a quelques mois seulement.Cette instance, créée en 1997, coordonne les politiques économiques et budgétaires des 20 pays de la zone euro, bientôt au nombre de 21, la Bulgarie s’apprêtant à adopter la monnaie unique le 1er janvier prochain.Le président de l’Eurogroupe est chargé de préparer les réunions mensuelles des ministres des Finances de la zone euro et la représente dans différents organismes internationaux (FMI, Banque mondiale, G7 Finances…), ce qui lui procure une stature internationale.Parallèlement, l’Eurogroupe a lancé officiellement jeudi le processus de nomination pour un autre poste européen convoité: la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE).Il s’agit cette fois de trouver un successeur à l’Espagnol Luis de Guindos, dont le mandat au sein de l’institution installée à Francfort s’achèvera fin mai 2026. L’Eurogroupe joue un rôle central dans ce processus car il devra sélectionner début 2026 l’une des candidatures proposées par les pays de la zone euro. Leur choix devra ensuite être validé par les dirigeants des 27, après consultation du Parlement européen et du conseil des gouverneurs de la BCE.La succession de M. de Guindos est considérée comme un tour de chauffe avant l’expiration en 2027 des mandats de trois des six membres du directoire de la BCE, dont celui de la présidente Christine Lagarde qui devrait attirer les convoitises de plusieurs pays.