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Litige entre Google et sa filiale russe: une saisie conservatoire de 110 millions d’euros réalisée en France

Une saisie conservatoire de plus de 110 millions d’euros d’avoirs appartenant à Google a été réalisée en France mercredi, en application d’une décision de justice russe, a appris l’AFP auprès d’un avocat représentant Google Russie en France.Selon plusieurs documents consultés par l’AFP, des actions et des créances de Google France appartenant à la société mère Google ont été saisies mercredi par la voie de commissaires de justice mandatés par Google Russie.Sollicité par l’AFP, le groupe Google n’a pas répondu.Selon l’avocat William Julié, qui représente en France les intérêts de Google Russie et de ses liquidateurs, cette saisie conservatoire permet à la filiale de garantir la disponibilité des fonds, dans l’attente d’une décision de la justice française.D’après l’avocat, des procédures similaires ont été engagées en Espagne, au Brésil et en Turquie. “L’idée, c’est d’aller chercher les créances ou les actions de Google, en tant que maison mère, dans les filiales” du groupe dans plusieurs pays, détaille Me Julié auprès de l’AFP.Cette saisie conservatoire survient dans le cadre d’un litige entre le liquidateur de la filiale russe de Google et la maison mère, et alors que le dossier n’est pas encore arrivé devant la justice française. Avec cette procédure, les liquidateurs de la filiale russe, qui représentent désormais la société déclarée en faillite en 2023, tentent de faire appliquer une décision prononcée par la justice russe à l’été 2024. Cette dernière avait invalidé un paiement d’un montant de 9,5 milliards de roubles (environ 110 millions d’euros) envoyé en 2021 par la filiale russe à la société mère. Un virement qualifié par William Julié de “siphonnage de fonds” de la filiale.L’avocat pointe une modification unilatéralement décidée par la maison mère en 2018 du contrat qui liait les deux sociétés, et qui a eu pour conséquence d’augmenter significativement les fonds transférés par Google Russie. “On va maintenant engager une procédure de fond” devant la justice, ajoute Me Julié, afin de faire reconnaître la décision russe.

Dermatose: extension de la vaccination en Occitanie, sur fond de colère agricole

Le gouvernement a étendu vendredi les zones de vaccination obligatoire en Occitanie face “à la dégradation soudaine de la situation sanitaire”, dans un contexte de colère d’éleveurs contre la stratégie d’abattage de troupeaux jusqu’ici déployée.Alors que les manifestants réclament une vaccination préventive élargie du cheptel, le ministre du Commerce Serge Papin a estimé vendredi que “la solution, c’est le vaccin””On ne résoudra que par la vaccination”, a-t-il affirmé sur Europe 1. “Tout le monde est de bonne foi dans cette affaire. L’Etat doit prendre une décision et protéger l’essentiel”, a-t-il dit.Mardi, un cas de dermatose nodulaire contagieuse a été détecté en Ariège. Le lendemain, un autre l’a été dans les Hautes-Pyrénées. Ce sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie fin juin.”Face à la dégradation soudaine de la situation sanitaire, le ministère chargé de l’Agriculture a décidé d’étendre le dispositif de lutte en instaurant une zone vaccinale couvrant les départements de l’Aude, de la Haute-Garonne, du Gers, des Pyrénées-Atlantiques (à l’exception des communes déjà situées en zone règlementée)”, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse vendredi.Désormais, la vaccination de tous les bovins y est obligatoire et ils ne peuvent sortir de la zone vaccinale, sauf vers un abattoir, précise le ministère.Dans un communiqué séparé, le préfet des Pyrénées-Atlantiques cite aussi le département des Landes parmi ceux qui font l’objet de l’extension de la zone vaccinale.En Ariège, les agriculteurs sont toujours mobilisés contre la décision d’abattre un troupeau de vaches de la ferme où un cas de DNC a été détecté.La stratégie mise en place depuis l’apparition de la DNC en juin implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” de tous les bovins dans la zone concernée.Mais les opposants à cette stratégie, soutenus par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, dénoncent un protocole “injuste et inefficace” et réclament une vaccination élargie.Le puissant syndicat FNSEA, qui a jusqu’ici soutenu le choix gouvernemental, redoutant qu’une vaccination prive la France de son statut “indemne” et donc de sa capacité à exporter, a semblé jeudi infléchir cette position.Son président Arnaud Rousseau a annoncé jeudi soir dans une vidéo à ses adhérents avoir demandé à Mme Genevard une “extension de la zone vaccinale au-delà des zones règlementées”.Lors d’un comité spécial rassemblant tous les acteurs du dossier, le gouvernement a lancé mardi la “réflexion” sur la stratégie vaccinale à adopter en 2026.Apparue en juin en France, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est non transmissible à l’humain mais peut entraîner la mort des animaux.Le ministère estime que la situation est “stabilisée” dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Au Kazakhstan, l’essor des “Nouvelles routes de la soie” chinoises

Avec un immense chariot élévateur, Jandos Nourmagambetov empile des conteneurs sur les wagons d’un train prêt à filer à travers la steppe du Kazakhstan sur un nouveau chemin de fer crucial pour le commerce Chine-Europe via l’Asie centrale.”Un train de 39 wagons mesure environ 900 mètres. Nous effectuons cette opération en 40 minutes”, explique à l’AFP le grutier dans ce terminal balayé par les vents à Dostyk, une petite ville kazakhe frontalière avec la Chine.”Nous réceptionnons et expédions des marchandises provenant principalement d’Europe, d’Asie et de Russie”, dit M. Nourmagambetov, saisissant des caissons métalliques d’une vingtaine de tonnes avec les inscriptions “Xian” ou “Zhengzhou”, centres logistiques majeurs en Chine.Située dans les portes de Djoungarie, rare passage plat donnant accès au Xinjiang chinois, Dostyk est proche du pôle mondial d’inaccessibilité terrestre: la mer ouverte la plus proche, dans l’Arctique, est à environ 2.500 km.Malgré cet enclavement, les bourrasques et les tempêtes de poussière, Dostyk — “amitié” en kazakh– et sa ville-miroir chinoise Alachankou sont d’une importance stratégique pour le commerce ferroviaire sino-européen, passant à 85% par le Kazakhstan, neuvième plus grand pays du monde.Pour le fret, “Dostyk est la plus grande gare du Kazakhstan, c’est un noeud d’échanges à l’exportation et à l’importation”, dit Janat Outegoulov, l’un des responsables régionaux de la Kazakhstan Temir Joly, les chemins de fer kazakhs.- Corridor transcaspien -Les conteneurs partant de Dostyk/Alachankou mais aussi de Khorgos/Altynkol, plus au sud, peuvent relier l’Europe via la Russie, parcours traditionnel, ou désormais emprunter le Corridor médian à travers la mer Caspienne (TITR en anglais).Cette voie alternative soutenue par les Européens pour contourner la Russie fait l’objet d’un “intérêt accru depuis l’invasion russe de l’Ukraine”, note la Banque mondiale: les volumes ont augmenté de 668% entre 2021 et 2024, d’après les données officielles.A Dostyk, l’ouverture à l’automne d’une double voie doit multiplier le fret par cinq, avec le passage de 12 à 60 paires de trains quotidiens.Cette modernisation est nécessaire pour cette ex-république soviétique enclavée, grande comme cinq fois la France, qui espère s’imposer comme “un pont d’or entre la Chine et l’Europe”, selon son président Kassym-Jomart Tokaïev.”En 1991 avec l’indépendance, il était nécessaire d’établir des relations avec la Chine. Les premiers trains ont commencé à circuler”, raconte M. Outegoulov, après trois décennies de fermeture dues à la crise sino-soviétique des années 1960.D’après le responsable, “les premiers trains de conteneurs ont commencé à circuler en 2013, conformément aux accords sur le transport de fret entre la Chine et l’Europe via notre territoire”.En clair, le lancement des “Nouvelles routes de la soie”, plaçant l’Asie centrale au coeur de ce gigantesque projet d’infrastructures cher au dirigeant chinois Xi Jinping.Traverser cette immense région grande comme l’Union européenne réduit les temps de livraison et évite des itinéraires plus risqués – maritime via la mer Rouge et le canal de Suez encombré, ou terrestre par la Russie, compliqué par les sanctions occidentales.Sur le quai de la gare de Dostyk en reconstruction, une stèle portera le slogan “Une ceinture, une route”, nom chinois des Routes de la soie, où la ceinture représente les voies ferrées.- “Volume augmente” -Mais augmenter la cadence nécessite des ajustements techniques dans cette bourgade longtemps délaissée, à 165 kilomètres de la première ville kazakhe.”A Dostyk, nous avons deux types de voies: large de 1.520 millimètres (utilisée par les ex-républiques soviétiques) et étroite de 1.435 millimètres”, explique Erlan Kajibekov, aiguilleur du rail.Devant lui, un immense tableau où des lumières rouges jaunes et vertes s’allument pour coordonner le flux de trains, “dont le volume augmente”.”Le tronçon Alachankou–Dostyk est stratégique: des trains arrivent de la Chine vers l’Europe. Nous les transférons sur la voie large, les répartissons sur les rails et les envoyons, pareil pour les trains arrivant d’Europe”, explique le technicien.Serik Naïmanchalov, conducteur ayant connu le Dostyk endormi des années 1990, multiplie les allers-retours en Chine.”Grâce au développement du chemin de fer et à la construction de la double voie ferrée, nous voyageons souvent”, abonde-t-il.”Arrivés à Alachankou, nous remettons les documents de la cargaison. Nous dételons la locomotive et laissons la cargaison. D’autres wagons nous sont remis pour repartir au Kazakhstan”.Le président Tokaïev a déjà prévenu de “ne pas se reposer sur ses lauriers”. Pour éviter les embouteillages à Dostyk et Khorgos, l’ouverture d’un nouveau poste ferroviaire frontalier plus au nord est prévue pour 2027.

Transports: la RATP se cherche un ou une présidente

Après le départ de Jean Castex à la SNCF, la RATP se cherche un ou une présidente, dont la nomination pourrait intervenir “rapidement”, selon des sources concordantes.L’annonce se fera par communiqué de l’Elysée en vertu de l’article 13 de la Constitution qui prévoit que le président de la République nomme aux emplois civils et militaires de l’Etat.Suivront, deux semaines plus tard, deux auditions de l’impétrant devant les sénateurs, puis devant les députés. Les parlementaires ont la possibilité de s’opposer au candidat d’Emmanuel Macron s’ils réunissent trois cinquième de leurs votes cumulés contre le nom choisi par l’Elysée.En revanche, si le candidat est adoubé par le Parlement, son nom est proposé en conseil d’administration comme nouvel administrateur, puis confirmé dans la foulée par un décret suivant le conseil des ministres.Depuis l’arrivée de l’ancien Premier ministre Jean Castex à la tête de la SNCF début novembre, les rumeurs se multiplient sur le nom de celui ou celle qui sera chargé de lui succéder aux commandes de la Régie autonome des transports parisiens, vieille dame créée le 21 mars 1948 et désormais plongée dans le grand bain de l’ouverture à la concurrence.Les articles de presse pèsent les différents “profils” pressentis, politiques ou techniques qui pourraient “faire le job”.Les noms qui reviennent le plus souvent sont ceux de Xavier Piechaczyk, président du directoire du distributeur d’électricité RTE et ex-conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault et François Hollande, Alain Krakovitch, actuel directeur des TGV et Intercités à SNCF Voyageurs, Jean-François Monteils, président du directoire de la Société des grands projets (SGP) et selon la Tribune, Valérie Vesque-Jeancard, présidente de Vinci Airways et directrice déléguée de Vinci Airports.”Si le nom sort de l’Elysée avant la fin de l’année, cela permettrait au PDG de prendre ses fonctions fin janvier-début février” souligne un fin connaisseur des milieux ferroviaires qui requiert l’anonymat. – “Aller vite” -“Une entreprise industrielle comme la RATP ne peut pas rester sans pilote très longtemps” souligne une autre source, proche du dossier, qui requiert aussi l’anonymat, avant d’ajouter “il faut aller vite, car c’est aussi une boite politique, la RATP”.Une entreprise aux enjeux d’autant plus complexes, que malgré son ancrage initial parisien, la RATP dépend du financement de la région Ile-de-France pour ses matériels, s’étend de plus en plus loin dans la banlieue, voire en métropole, et gère des réseaux de transports dans 16 pays sur les cinq continents. En France, elle est notamment pressentie pour gérer les transports ferroviaires régionaux autour de Caen en Normandie à partir de 2027 après avoir répondu – via sa filiale RATP Dev – à des appels d’offre d’ouverture à la concurrence.A Paris, la RATP est en train d’introduire progressivement de nouveaux matériels sur son réseau. Le nouveau métro MF19 construit par Alstom, ira d’abord sur la ligne 10 puis sept autres lignes (7 bis, 3 bis, 13 d’ici 2027, puis 12, 8, 3 et 7 d’ici 2034). L’ensemble du processus prendra une dizaine d’années environ de travaux de modernisation sur les lignes concernées: beaucoup d’ingénierie fine à organiser pour réaliser les travaux pendant la nuit sans interrompre le trafic diurne et de désagréments pour les voyageurs.A échéance plus lointaine, le ou la future patronne devra déterminer la stratégie du groupe dans les nouvelles ouvertures à la concurrence qui se dessinent: les tramway en 2030 puis le métro en 2040.Sur le réseau de bus francilien, où la RATP a d’ores et déjà perdu son monopole, elle est parvenue à conserver l’exploitation de 70% des lignes d’autobus qu’elle gérait à l’issue des dernières vagues d’appels d’offre de mise en concurrence qui se sont achevées cet automne.En particulier, elle continue d’exploiter via RATP Dev tous les bus de Paris intra-muros et a engagé un processus de verdissement de sa flotte de bus, financé par Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports.Ses concurrents Keolis (filiale de la SNCF), Transdev et l’italien ATM ont pris les rênes le 1er novembre des lignes remportées.

Satellites: Eutelsat finalise son augmentation de capital et veut grandir encore

L’opérateur européen de satellites de communication Eutelsat a annoncé vendredi la finalisation de son augmentation de capital d’environ 1,5 milliard d’euros, avec une dernière tranche à 670 millions d’euros, et veut ainsi poursuivre sa croissance face à l’américain Starlink.Deuxième opérateur mondial de satellites en orbite basse, qui permettent de faire fonctionner des services de télécommunications, Eutelsat est souvent présenté comme une alternative européenne à Starlink, de l’entreprise américaine SpaceX, propriété d’Elon Musk. “Eutelsat annonce aujourd’hui le succès de son augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription des actionnaires d’un montant brut d’environ 670 millions d’euros”, a indiqué l’opérateur dans un communiqué.Cela s’ajoute à une première tranche de 828 millions d’euros, finalisée fin novembre dans le cadre d’une augmentation de capital de 1,5 milliard d’euros présentée en juin.A l’issue de l’opération, qui sera réglementairement achevée le 16 décembre, l’Etat français deviendra premier actionnaire du groupe, avec près de 30% des parts.Le deuxième actionnaire sera l’entreprise indienne Bharti Space Limited (près de 18%), devant l’Etat britannique (11%), le groupe français CMA CGM (7,5%) et le fonds stratégique de participations (FSP, 5%). Le public détiendra un peu moins de 30% du capital.La première tranche des investissements avait uniquement été effectuée par les grands actionnaires (Etat français, Bharti Space Limited, l’Etat britannique, CMA CGM et le FSP).La deuxième tranche, elle, était ouverte à l’ensemble des actionnaires. Les grands actionnaires avaient déjà souscrit 475 millions d’euros, et le reste des actionnaires avait la possibilité d’investir jusqu’à près de 200 millions d’euros.- “Souveraineté” -Selon Eutelsat, l’augmentation de capital “servira à renforcer sa structure financière et financer son plan stratégique”.Le groupe européen exploite plus de 600 satellites en orbite basse depuis sa fusion avec le britannique OneWeb en 2023. Cette activité est en pleine croissance, alors que la branche historique d’Eutelsat, la diffusion de la télévision dans les foyers, poursuit son déclin”Pour continuer cette histoire de croissance, on avait besoin de cette augmentation de capital, on avait besoin de lever ces fonds. C’est fait”, s’est félicité le directeur général d’Eutelsat, Jean-François Fallacher, sur la chaîne BFM Business.”On va lancer, grâce à cette augmentation de capital, 440 nouveaux satellites dans les trois ans qui viennent”, a-t-il poursuivi.Face à Starlink, “nous sommes la seule l’unique constellation basse orbite européenne”, a insisté M. Fallacher, qui y voit un enjeu de “souveraineté”. “On aimerait avoir d’autres États européens qui viennent au capital d’Eutelsat, il faut qu’on engage des discussions”, a-t-il dit.Les clients d’Eutelsat ne sont pas le grand public, mais “les grandes entreprises, les gouvernements, (…) les compagnies aériennes, les grandes compagnies maritimes”, auxquels l’opérateur “fournit (des) services d’accès de très haut débit”, a rappelé le dirigeant.Pour la deuxième tranche de l’augmentation de capital, la demande pour acheter des actions a dépassé l’offre, selon Eutelsat. “A l’issue de la période de souscription qui s’est achevée le 9 décembre 2025, la demande totale s’est élevée à environ 891.581.211 euros, soit un taux de souscription d’environ 133%” par rapport au montant prévu de 670 millions d’euros.”C’est une très bonne nouvelle, ça prouve que le marché s’intéresse à ce qu’on fait”, a commenté M. Fallacher. Le groupe a réalisé sur son exercice 2024/2025 un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. Dans les premiers échanges de la Bourse de Paris vendredi, le cours d’Eutelsat perdait 5,36% à 1,98 euro, peu après avoir chuté de plus de 8%, dans un marché en légère hausse.

Brandt: le gouvernement “ne laisse pas tomber” et veut “un nouveau projet”

Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, affirme vendredi qu’il “ne laisse pas tomber” Brandt et estime qu’il est possible “d’imaginer un nouveau projet”, au lendemain d’une décision de justice ordonnant la liquidation judiciaire du groupe d’électroménager.”Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt”, a déclaré le ministre, soulignant qu'”il y a un site industriel qui est présent, il y a des savoirs-faire qui sont présents et donc la capacité d’imaginer un nouveau projet industriel sur ce site”, vendredi sur TF1.Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, qui employait quelque 700 personnes, notamment près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel du groupe, avec 350 salariés.La justice a ainsi rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois.”D’ici la fin de l’année, on va se revoir avec les acteurs locaux pour essayer de rebâtir un projet. Un autre projet peut-être, un projet sérieux, tout aussi sérieux que celui-ci, avec plus d’investisseurs privés sans doute aussi”, a ajouté M. Martin. Il n’a cependant pas écarté, dans un premier temps, l’échéance du plan social: “on accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit”, a-t-il assuré, ajoutant compter sur les entreprises “dynamiques” du bassin d’emploi d’Orléans, pour permettre à des salariés de Brandt de retrouver un emploi.  A l’annonce de la décision du tribunal, jeudi, le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, et Sébastien Martin, ont rappelé que l’Etat et les collectivités avaient mobilisé une vingtaine de millions d’euros, et déploré que “les autres acteurs indispensables” n’aient “pas souhaité se positionner pour sauver Brandt”, désignant, sans les nommer, les banques.”Il y a eu peu de partenaires bancaires, c’est vrai”, a déclaré vendredi Sébastien Martin, qui aurait souhaité que, “face à l’urgence de la situation, on se dise que les procédures habituelles, on pouvait faire un peu mieux, un peu plus vite”.”Je suis prudent, mais il reste encore une possibilité après la liquidation judiciaire”, a renchéri Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, dans le même temps vendredi, sur Europe 1. “Les banques qui font défaut actuellement, (…) en voyant le sérieux et la robustesse d’un projet alternatif pourraient peut-être s’engager”, a-t-il ajouté. 

Dermatose: les gendarmes contrôlent la ferme d’Ariège, abattage du troupeau à venir

Après deux jours de mobilisation d’agriculteurs contre la stratégie d’abattage du gouvernement, des gendarmes sont stationnés vendredi autour d’une ferme d’Ariège, où doit être abattu un troupeau de vaches en raison d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a constaté l’AFP.Faisant usage de gaz lacrymogène, les gendarmes mobiles ont pris le contrôle de cette exploitation, située dans le village des Bordes-sur-Arize, jeudi en fin de soirée. Plusieurs centaines d’agriculteurs y étaient rassemblés depuis mercredi matin pour s’opposer à l’euthanasie des 207 bovins et bloquer l’accès aux services vétérinaires.Vendredi matin, il n’y avait plus qu’une dizaine de manifestants mais plus de tracteurs à proximité de la ferme, dont l’accès est toujours bloqué par plusieurs véhicules de la gendarmerie mobile.L’abattage des bovins devrait avoir lieu vendredi, l’accès aux services vétérinaire étant désormais possible. A 7h30, certaines des vaches de l’exploitation étaient toujours en vie, a observé un journaliste de l’AFP.Le préfet de l’Ariège a assuré jeudi que les deux frères propriétaires du troupeau lui avaient donné leur accord pour l’abattage, conformément au protocole sanitaire de lutte contre la DNC.Cette affirmation a été démentie par Pierre-Guillaume Mercadal, dirigeant de la CR du Tarn-et-Garonne, venu sur place. “Ils sont deux frères, un a cédé, l’autre non. Ils sont en train de déchirer cette famille, en plus de l’accabler du deuil de leurs vaches”, a-t-il répondu au préfet.L’abattage, seule méthode efficace pour éviter que “la maladie se diffuse dans l’ensemble du cheptel français”, se fera “dès que possible” puis une campagne de vaccination sera lancée dans le département, a annoncé jeudi le représentant de l’État.Les syndicats agricoles locaux et la chambre d’agriculture ont proposé en vain un protocole expérimental au ministère de l’Agriculture, demandant notamment que seules les vaches contaminées soient abattues et qu’une campagne de vaccination massive soit lancée.

Taxation des petits colis chinois: l’UE passe aux travaux pratiques

Le principe a été acté, reste à régler les modalités pratiques : les 27 doivent trouver vendredi une solution provisoire pour taxer les montagnes de petits colis chinois importés dans l’Union européenne “dès que possible” en 2026, sans attendre l’échéance initiale fixée à 2028.Quelque 4,6 milliards d’envois d’une valeur inférieure à 150 euros sont entrés sur le marché européen en 2024, soit plus de 145 chaque seconde. Sur ce total, 91% provenaient de Chine.Il y a un mois, les ministres des Finances européens avaient approuvé la suppression dès l’an prochain de l’exonération de droits de douane dont bénéficient ces colis.Si cette mesure doit s’appliquer aux colis en provenance de tous les pays extérieurs à l’UE, elle vise surtout à lutter contre le déferlement sur le Vieux Continent de produits chinois à bas prix et ne respectant souvent pas les normes européennes, achetés sur des plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou AliExpress.Cet afflux de paquets importés sans aucun droit de douane est dénoncé avec plus en plus de vigueur comme une forme de concurrence déloyale par les producteurs et les commerçants européens.De plus, la masse de colis arrivant dans les aéroports et ports européens est telle que les douaniers sont fréquemment dans l’incapacité de contrôler leur conformité. Difficile dans ces conditions d’intercepter les produits dangereux ou contrefaits avant qu’ils n’arrivent dans les mains des consommateurs.”Il y a quatre ans, il y avait un milliard de colis qui arrivaient de Chine. Aujourd’hui, c’est plus de quatre milliards”, souligne le ministre français de l’Economie Roland Lescure.”Ces colis, aujourd’hui, (représentent) une concurrence déloyale par rapport à un commerce de centre-ville qui lui paie des taxes et donc il est essentiel d’agir et d’agir vite, sinon on agira trop tard”, a-t-il expliqué à l’AFP.- Des travaux d’Hercule -La France, en plein bras de fer avec le géant de l’e-commerce d’origine chinoise Shein, après le scandale de la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A, a mené cette bataille à Bruxelles pour lever l’exonération des droits de douane sur ces envois de faible valeur.La mesure était en fait déjà prévue dans le cadre de la réforme de l’Union douanière (le système douanier européen), mais celle-ci ne doit s’appliquer qu’en 2028.En novembre, les 27 se sont entendus pour la mettre en place “dès que possible” en 2026.Mais cela nécessite de trouver une solution “simple et provisoire” pour taxer ces milliards de colis, en attendant que la plateforme de données douanières prévue dans la réforme, qui doit grandement faciliter la perception des droits de douane, devienne opérationnelle.Appliquer dès 2026 aux petits colis les droits de douanes habituels, dont les taux varient selon des grilles de catégories ou sous-catégories de produits et en fonction des pays d’importation, serait une tâche herculéenne, risquant d’engorger encore plus des services douaniers déjà débordés.M. Lescure a précisé jeudi qu’il défendrait “une taxe forfaitaire, parce que nous souhaitons que les mesures prises en Europe aient de l’impact”, plutôt qu’une “taxation proportionnelle” qui ne serait pas assez dissuasive, selon lui.- Une première étape -“Est-ce que ce sera le 1er janvier ? Est-ce que ce sera le 1er avril ? On verra. Mais en tout cas, je souhaite que ça aille très vite en 2026”, a ajouté M. Lescure.Cependant, mettre en place un système transitoire “n’est pas simple, car nous devons le faire avec nos moyens existants”, relève un diplomate européen qui refuse de s’avancer sur la date d’entrée en vigueur du dispositif provisoire.La taxation des petits colis n’est qu’une première étape d’une offensive de l’UE contre l’avalanche de produits chinois qui entrent sur son territoire : elle devrait s’accompagner de l’instauration à partir de novembre 2026 de frais de traitement sur ces même colis valant moins de 150 euros. Bruxelles a proposé en mai de les fixer à deux euros par paquet.Cette somme aidera à financer le développement des contrôles, et contribuera selon l’UE, avec la perception des droits de douane, à rééquilibrer les règles du jeu entre les produits européens et la concurrence “made in China”.

Prêt-à-porter: décision vendredi sur la reprise d’IKKS

Le tribunal des activités économiques de Paris se prononce vendredi sur la reprise du groupe de prêt-à-porter IKKS, placé en redressement judiciaire, qui emploie quelque 1.000 salariés en France.Une dizaine d’offres de reprise, certaines très partielles, avaient initialement été déposées dans ce dossier, symbole parmi d’autres de la crise du secteur de l’habillement en France, plombé par la concurrence de la seconde main et de la mode ultra-éphémère.Plusieurs offres ont finalement été retirées avant l’audience fin novembre mais une offre semble tenir la corde, selon une source proche du dossier: celle présentée par Santiago Cucci, actuel président de la holding HoldIKKS, et Michaël Benabou, cofondateur de Veepee (ex-Vente-privée). La moitié des emplois pourraient être sauvés si cette offre est choisie.”Même avec les meilleures offres, on ne récupérera pas l’ensemble des emplois, on est plutôt à 50% de la reprise des effectifs”, déplorait fin novembre une source syndicale, selon laquelle d’autres propositions sont “franchement infamantes” pour les salariés.Malgré un plan de relance, la marque IKKS a été placée en redressement judiciaire début octobre.L’entreprise possédait fin août 473 points de vente en France et dans 11 autres pays, et employait 1.287 salariés dans le monde, dont 1.094 en France, selon les administrateurs judiciaires.IKKS, fondée en 1987, est une marque de prêt-à-porter haut de gamme pour femmes, hommes et enfants. Son siège social est situé dans le Maine-et-Loire.

Cryptomonnaies: 15 ans de prison pour Do Kwon, à l’origine d’une faillite monumentale

Entrepreneur à succès devenu paria de la finance, le magnat sud-coréen des cryptomonnaies Do Kwon, à l’origine d’une faillite frauduleuse de plus de 40 milliards de dollars en 2022, a été condamné jeudi à 15 ans de prison à New York.Agé de 34 ans, l’ancien cofondateur et patron de Terraform Labs, entreprise spécialisée dans la blockchain et les cryptomonnaies, avait plaidé coupable de complot en vue de fraude et fraude électronique.Les procureurs exigeaient contre lui une peine qui ne soit pas inférieure à 12 ans de prison, estimant qu’il avait trompé et provoqué la faillite de milliers de victimes, sa défense en espérait cinq.Après avoir fui la Corée du Sud et Singapour, où était basée sa société, Do Kwon avait été arrêté au Monténégro, où il pensait avoir trouvé refuge, avec son directeur financier. Réclamé à la fois par les autorités américaines et coréennes, il avait finalement été extradé vers les Etats-Unis en fin d’année dernière.Diplômé de la prestigieuse université de Stanford, passé par Apple et Microsoft, l’entrepreneur avait connu un succès rapide, attirant des milliards d’investissements en lançant en 2020 le Terra, présenté comme un “stablecoin”, c’est-à-dire une devise numérique dont le cours était théoriquement arrimé à une devise classique, en l’occurrence le dollar.Mais à la différence d’autres monnaies électroniques de ce type, comme le Tether ou l’USDC, le produit de la vente de Terra n’a pas été placé dans des actifs sûrs, comme du numéraire ou des obligations d’Etat, susceptibles d’être récupérés rapidement en cas de problème.- Petits investisseurs ruinés -Terraform Labs, l’entreprise fondée par Do Kwon, faisait reposer la valeur du Terra sur un algorithme.Au printemps 2022, après la dégringolade de l’autre cryptomonnaie créée par Terraform Labs, le Luna, le Terra a fait l’objet de ventes massives par des investisseurs devenus suspicieux.La valeur du Terra est descendue au-dessous d’un dollar, ce qui a poussé Terraform Labs à utiliser la presque totalité de ses réserves pour soutenir Luna et Terra, en vain.Au total, l’effondrement des deux cryptomonnaies a réduit de plus de 40 milliards de dollars la valeur des avoirs de leurs détenteurs, en quelque 48 heures.”Do Kwon a mis au point des stratagèmes élaborés pour tromper les investisseurs et gonfler la valeur des cryptomonnaies de Terraform à son propre bénéfice”, a déclaré le procureur fédéral Jay Clayton jeudi dans un communiqué. “Lorsque ses crimes l’ont rattrapé, Kwon s’est lancé dans une campagne de relations publiques trompeuse pour dissimuler sa fraude, a blanchi les produits de ses activités illégales et a cherché à acheter une protection politique dans des pays étrangers afin d’échapper à des poursuites pénales”, a-t-il ajouté.Lors de l’audience à New York, le juge en charge de l’affaire a fait lire de nombreux témoignages de victimes, souvent de petits investisseurs ayant énormément perdu dans cette fraude.”J’ai investi environ 10.000 dollars” en Terra “pensant qu’il s’agissait d’un actif stable et digne de confiance. Après (son) effondrement, la valeur de mon investissement est tombée à moins de 100 dollars, entraînant une perte financière grave et totalement inattendue”, a écrit l’un d’eux, Alessandro Zuccaro, dans un document rendu public.”Le choc, le stress et le sentiment d’impuissance causés par cette perte ont contribué à une période de dépression, durant laquelle j’ai eu du mal à faire face sur le plan émotionnel et mental. Cette situation a fini par affecter ma capacité à travailler, et j’ai finalement perdu mon emploi”, raconte-t-il.Do Kwon risque également une peine de prison en Corée du Sud, où une procédure contre lui est en cours.Le ministère américain de la Justice, dans un document au tribunal, a récemment estimé possible un transfert en Corée du Sud pour y effectuer la peine à laquelle il vient d’être condamnée aux Etats-Unis à condition qu’au moins 50% de celle-ci ait été faite aux Etats-Unis.